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J-Music

Oui, vous pouvez vous trémoussez comme Hyde, ou tout simplement balancer la tête, c'est permis ici !

The Bawdies : rock’n roll baybe !

⊆ mars 14th, 2012 | ≡ Topic: Articles, J-music | | ˜ 3 Commentaires »

The Bawdies

Cela n’est peut-être pas évident depuis début 2012 mais ce blog se consacre également à la J-music et notamment au rock nippon. Je renoue donc aujourd’hui avec la présentation d’un groupe japonais aux sonorités rock : The Bawdies, pour la sortie du live de leur premier Budokan.

L’influence anglaise et américaine sur la pop-rock japonaise ne date pas d’hier mais nous allons aujourd’hui nous intéresser à un groupe qui pousse l’influence et la référence bien plus loin que les autres. Un rock old school teinté de rythm’n blues et d’un swing en anglais dans le texte. Ladies and gentlemen, let’s go !

The Bawdies : The Story

Tout commence en janvier 2004. Taku Funayama alias Taxman invite ses ex-camarades de classe – tous né comme lui en 1983 – à le rejoindre : The Bawdies est né.

Ce quator est d’une constitution classique : un chanteur / bassiste (Ryo Watanabe alias Roy), deux guitaristes (Taku Funayama alias Taxman et Yorihiko Kimura alias Jim) et Masahito Yamaguchi alias Marcy, qui complète la formation en tant que batteur. Les trois musiciens accompagnent également Roy pour les chœurs.

The Bawdies

La carrière du groupe démarre réellement en 2006, avec leur premier album : YESTERDAY AND TODAY et leur première tournée. Leur attrait pour les sonorités étrangères ne tarde pas à les entrainer en dehors des frontières nippones : en 2007 The Bawdies entame sa première tournée en Australie et renouvèle l’expérience en novembre 2008. En 2009, le succès est tel que les 7 représentations live se sont vendues le jour même !

À ce jour le groupe a sorti 7 singles et 5 albums sous le label japonais SEEZ RECORDS puis en major sous Getting Better, leur dernier album remontant à mi 2011 (leur discographie complète est ici). Cet opus a rencontré suffisamment de succès sur les terres nippones pour permettre au groupe de tenir son premier Budokan en novembre dernier. Pour voir ce que donne le groupe en live, je vous propose deux extraits : celui de It’s Too Late joué au AX en octobre 2010 puis le trailer de leur DVD live du Budokan qui contient quelques extraits de leur dernière tournée :

Un Rock’n roll vintage enveloppé dans une Beatles attitude

Le groupe évolue vers des sonorités rock’n roll qui cartonnait en Angleterre et aux États-Unis dans les années 60 et 70, pleines de vitalité. Ce rock naissant est celui de la télé noir et blanc où les musiciens perdent toute retenue, une attitude qui valut rapidement à ce style musical et ses interprètes une étiquette de mauvaise graine jouant une musique de sauvage. Il se veut pourtant positif : il parle pas mal d’amour, de cool attitude et d’une philosophie de vie plutôt peace and love. Il emprunte ses mélodies très chantantes au ryth’m blues, sur des tempos assez rapides et entrainants.

Pour en revenir plus spécifiquement à The Bawdies, et leurs inspirations… On peut commencer par mélanger Little Richard ou Ray Charles pour la voix de Roy : grave et rauque. Ce timbre peu banal au Japon dénote des productions habituelles et se combine à une autre originalité : les morceaux sont chantés dans la langue de Shakespeare, dans un accent tout à fait correct et qui enrobe les compositions d’un certain swing. Une spécificité qui peut déconcerter ceux qui aiment aussi la musique nippone pour l’élocution unique de la langue japonaise.

Roythe_bawdies live

Les autres influences, évidentes, viennent des Beatles, pour le look et une attitude trompeuse de garçons de bonne famille, qui cachent sous leur costume impeccable l’énergie du rockeur, toujours prêt à mettre le feu. Un punch qu’on retrouve dans leurs morceaux, plus rock que pop. Les guitares électriques délivrent en effet des mélodies plus proches des Rolling Stones que de la pop british…

Entre influences anglaises et américaines The Bawdies mixe modernité et des éléments vintage en veillant toujours à conserver une image très “clean et classe” : un site internet en forme de journal papier à la façon New York Time, la sortie de titres au format vinyl, des costards taillés sur mesure avec des coupes dignes des Beatles. On peut juste regretter qu’à l’image de leurs morceaux, le site ou même le compte Twitter restent uniquement dans la langue de Tezuka.

L’actualité de The Bawdies

Tout d’abord un single est sorti le 8 février dernier : Rock me Baby, puis la formation a annoncé une tournée en duo avec un groupe étranger, chose assez rare au Japon mais complètement logique chez The Bawdies. Le groupe en question se nomme the Sonics, une formation US entre punk et garage rock, célèbre dans les années 60 et qui a repris son activité en 2008. Initialement prévue en 2011, la tournée a été repoussée suite au séisme du Tohoku et débute le premier avril pour 3 dates.

Sonics X The Bawdies

Le groupe va ensuite enchaîner avec une autre tournée, le Rock me Baby tour.

On arrive au bout de cette présentation et j’en termine par un excellent duo avec la chanteuse Ai, pour le titre Love you, need you.

Voilà ce qu’on pouvait dire sur ce groupe original aux sonorités nippo-américaines. Je ne peux que vous conseiller leur tout dernier album Live the life i love, un vrai coup de fouet !


mars 14th, 2012
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[French J-Music Awards] : Le j-top 50 pop-rock de 2011

⊆ janvier 16th, 2012 | ≡ Topic: Articles, J-music | | ˜ 1 Commentaire »

JMA2012Pour la seconde année de suite, votre serviteur a répondu présent à l’appel des J-music Awards. Shito (le Blog J-pop) a passé l’allumette à Mathieu (Ongaku Dojo) pour qu’il enflamme à nouveau cette compétition hexagonale concernant les meilleurs artistes nippons de l’année 2011.

Quelques changements ont eu lieu, sur les plans visuels, techniques et éditoriaux. Le résultat est ici.

La sélection propose 12 artistes par catégories. Des catégories qui vont une fois de plus du single à l’album, de l’artiste masculin au groupe à leader féminin, du meilleur concert au meilleur DVD… Un large panel de 15 sections possibles sont à votre disposition pour donner vos préférences sur l’année écoulée. Sachant que vous pouvez voter pour toutes les catégories ou uniquement pour celles qui vous intéressent.

La sélection est réduite plutôt qu’exhaustive pour éviter de noyer les votants sous des noms qu’ils ne connaissent ni d’Eve ni d’Adam. Car sous la masse de nom, les éditions précédentes ont montré que les gens finissaient par voter uniquement pour les gens déjà connus, quitte à ne connaître que le nom et pas le morceau. Résultat : des duels de stars et un manque d’objectivité qui parasite les résultats… On espère que cette sélection vous poussera à aller découvrir  davantage les artistes, au delà de vos favoris, car la scène j-music est d’une richesse peu commune. La mise en avant des artistes est incomplète cette année – mea culpa – il nous faudrait plus d’informations et des vidéos… Je plébiscite ces dernières depuis mon arrivée au JMA et je pense qu’on finira par s’y mettre l’an prochain.

Donc, en attendant, on va se faire plaisir ! Revenons sur les meilleurs clips de l’année, pour poursuivre dans un esprit de découverte. Cette sélection est un panorama rock et pop-rock de l’année écoulée, avec quelques digressions hip-hop ou électro que vous me pardonnerez (parce que j’aime bien vous donner l’illusion que vous avez le choix 😉 ).

Le tout représente un choix de 50 titres, dans l’ordre alphabétique des noms d’artistes ou de groupe, pour s’y retrouver plus facilement. Vous pouvez même ouvrir ou fermer les parties qui ne nous intéressent pas en cliquant sur le “-/+” de chacune. C’est parti !

A à C -/+

D à L -/+

M à P -/+

R à S -/+

T à Z -/+

Et voilà, vous êtes maintenant prêt pour aller voter aux French J-music Awards, et défendre les couleurs du pop-rock nippon !


janvier 16th, 2012
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Débat J-music 2 – Épisode 3 : Motivations et rayonnement

⊆ janvier 6th, 2012 | ≡ Topic: Articles, Interview, J-music | | ˜ 6 Commentaires »

Débat J-music épisode3

Troisième et dernière partie de notre deuxième débat consacré à la J-music. L’occasion de se pencher sur les gens qui y travaillent et sur le rayonnement de ce genre musical à travers les médias.

La J-music est-il un milieu solitaire ? Qu’est-ce qui poussent ses acteurs à s’investir autant pour une réussite incertaine ? Et quel est le meilleur intermédiaire médiatique pour le grand public : radio, web, presse généraliste ou télévision ?

Pour avoir un début de réponse, lisez ce qui suit 😉

Bosser dans la j-music, vous en avez rêvé ? Certains l’ont fait !

Quand j’ai demandé un jour  à Xavier quel était son rêve en j-music, il m’avait dit qu’il en avait déjà réalisé un, en organisant des concerts de j-music. J’ai donc demandé à mes intervenants quels étaient leurs objectifs et leurs rêves. S’agit-il pour eux de préserver un statut quo fait de concerts ponctuels ou de faire connaître à la j-music un boom équivalent à celui qu’a connu le manga ?

Van est le premier à répondre: « Actuellement on reste dans un microcosme encore peu connu et souvent raillé mais quand les majors désireront de s’exporter en Europe, le phénomène prendra de l’importance. Pour preuve les Coréens, dans leur projet délirant d’exportation culturel, ont l’air d’avoir réussi leur coup avec un vrai impact médiatique… Cependant cela va-t-il durer ?

Au passage le marché du manga est devenu une grande poubelle privilégiant la quantité sur la qualité… Je ne suis pas sûr de vouloir que la j-music suive le même chemin. »

Sylvain rebondit sur cette comparaison avec le marché du manga et donne son opinion : « Je ne pense pas que la j-music connaitra un jour un “boom” comparable au manga. En terme de ventes CD, j’imagine que ça restera toujours compliqué et peu rentable.

Par contre côté concerts, si les labels et artistes japonais acceptent de venir dans des conditions un peu inférieures à ce dont ils bénéficient au Japon (transport, hébergement, salles), ça pourrait tout à fait fonctionner. Des artistes avec une notoriété certaine (je ne parle pas des superstars) pourraient tout à fait attirer 1500 ou 2000 personnes sur une date, et définitivement rentabiliser leur venue avec le merchandising. »

Au-delà des perspectives pour le marché de la J-music, Kaoruline évoque ses espoirs, ses envies de passionnée : « Mon rêve c’est de partager ma passion pour la j-music. Grâce à Nolife, je peux le faire et j’espère que ça continuera encore longtemps. Mon autre rêve était de voir des artistes comme Ayumi (photo ci-dessous) ou Namie faire des Bercy en France. Je pense que ce rêve ne se réalisera pas mais j’aime toujours autant parler des artistes japonais, les présenter eux et leurs clips ou encore aller les rencontrer en concert. Ce que j’espère c’est qu’avec le temps, il y ait plus d’artistes attendus par les fans en France qui puissent faire le déplacement. »

ayumi_hamasaki

Les perspectives sont mitigées, donc quelles sont les raisons « de se battre » lorsque l’on est acteur de la j-music ?

Jay répond tout d’abord de manière pragmatique : « Déjà je me bats pour garder mon travail soyons honnêtes 😛 » mais ça ne l’empêche pas de faire son métier par passion : « il me suffit de voir ne serait-ce qu’une personne contente d’avoir vu son groupe préféré pour être satisfait de mon boulot. »

Sylvain est lui aussi dans cette idée de découverte et de partage : « En étant à Nolife, simplement faire découvrir au plus grand nombre la pluralité de la j-music. »

Fan lui aussi, Xavier résume bien ce qui attire chacun dans la musique nippone : « Moi je continue dans la J-Music car c’est une scène unique et très riche en tout et en n’importe quoi. »

Puisque nous parlons du milieu francophone de la j-music… Durant les années 90, plusieurs fans de j-music sont passés de l’autre coté, pour en devenir des acteurs. Mais la stagnation de ce marché dans les années 2000 a découragé certains, qui ont décidé de passer à autre chose. De nouveaux fans de j-music arrivent mais quid de la relève des professionnels ? Nos invités voient-ils de nouvelles têtes arriver ?

Jay confirme que la relève n’est pas encore chez les pros : « Oui il y en a mais c’est des fans », tout comme Xavier : « Moi je ne vois pas de nouvelles têtes. C’est dommage d’ailleurs ». Même constat pour Kaoruline.

Du coté des journalistes web de la première heure, Van témoigne: « Je confirme. Les grands rédacteurs historiques qui ont amené le phénomène ont depuis longtemps lâché l’affaire, pour plein de raisons, mais probablement une certaine frustration et un manque de reconnaissance.

Personnellement j’ai tenu le coup en restant sur un aspect très alternatif de la j-music… N’intéressant qu’une petite minorité des fans de j-music français. (ndr : cf son site ci-dessous)»

Van j-music

Il ajoute ensuite son regard sur les relations presse-professionnels : « Je pense qu’il ne faut pas trop attendre une reconnaissance des pros. Avant ils étaient des passionnés toujours prêt à intégrer les webmasters dans l’organisation des concerts, par exemple.

Maintenant ils se contentent d’envoyer des communiqués de presse à publier, sans avoir vraiment le droit d’émettre un avis critique sur les artistes ou l’organisation, sous peine d’être rayé définitivement de leurs listes. Je généralise bien sur, ne me tombez pas dessus… »

Si la relève n’est pas encore là et qu’on se situe, en quelque sorte, dans le creux de la vague, que peut-on envisager pour plus tard ? Est-ce que les fans d’aujourd’hui, catalogués plus volatiles, pourront devenir les acteurs de demain comme nos interlocuteurs l’ont un jour fait ?

Du coté du web, Van se montre pessimiste : « et bien honnêtement je doute que la nouvelle génération s’investisse dans le web sur ces sujets…Les sites ferment mais personnes ne prend leur place. »

D’autres y croient davantage ou en tout cas veulent y croire. Jay a déjà constaté quelques éléments encourageants : « Tout est possible, j’ai eu des stagiaires qui sont à la base des fans et qui sont très prometteurs. Time will tell ».

Fan ou professionnel, passion ou compétence, voilà des mélanges qui sont depuis toujours des réalités de ce milieu, comme l’évoque très bien Jay : « c’est toujours compliqué (ndr : de passer de fan à professionnel dans la j-music) mais certains s’en sortent bien. Il y aura toujours une relève, et ça sera toujours un mix entre des fans inexpérimentés et de professionnels opportunistes… Certains fans passent très bien de l’autre coté heureusement, il y a des exceptions 😉 »

Même avec la meilleure volonté du monde, le métier ne s’apprend pas si facilement, comme l’explique Van : « La fan attitude des pros avait du bon pour leur public… Mais pas pour eux-mêmes. La plupart ont arrêté aujourd’hui car ils n’ont pas réussi à être rentables. Ce sont les négociations qui les perdent ^^ On se rappelle de PVP pour le 2ème concert d’Akino (ndr : Akino Arai, photo ci-dessous

Akino Arai

Qu’on soit fan ou professionnel, on attend de voir ce que va devenir la J-music à l’heure d’une mutation générale de la musique. Pendant qu’un modèle s’écroule, tout le monde tâtonne pour trouver la parade… Les labels et tourneurs de j-music ne roulaient pas sur l’or quand le marché du disque se portait relativement bien, pourront-ils faire mieux maintenant ?

Mieux vaut donc espérer la reconnaissance que la fortune et pour ça, direction les médias !

 

Au pays des médias, qui est le roi ?

Pour rebondir sur le premier débat j’ai entamé cette discussion sur les médias avec deux plate-forme alternatives et innovantes : les web radios et les blogs. Solution par défaut ou vrai potentiel ?

Comme dit précédemment, tout le monde tâtonne et observe, comme Van : « On verra. Le marché est en pleine  transition et la consommation de la musique a totalement changé. »

Kaoruline apprécie les webradios pour leur action première : « on peut profiter du son ! » et Sylvain y voie un bon outil de transition : « Les webradios pourraient être un premier pas vers une offre en streaming légale, et de qualité, ce qui je pense manque le plus actuellement en France. »

La musique est une chose, l’écrit en est une autre, comme le souligne Van : « Difficile avec une webradio ou sur des réseaux sociaux de proposer un travail approfondi. Pour moi l’écrit est plus important. En plus pour payer les droits d’auteur ou de diffusion ça demande un investissement financier.

Cela dit avec une bonne écriture, un ton très personnel et unique, des gens motivés et des moyens, une webradio pourrait marcher. »

Après tout dépend de ce que chacun recherche, comme conclut Sylvain : « Ça dépend ce que recherche chacun ensuite. Juste écouter du son, ou vraiment s’intéresser à ce milieu, et s’informer dessus.»

En ce qui concerne la presse dite traditionnelle, la J-music est-elle condamnée à une presse spécialisée ? (cf ci-dessous Rock One un magazine qui a parlé a de nombreuses reprises de J-music avant de s’éteindre l’an passé)

Rock OnePour Jay, l’équation est simple : « J musique = Musique spécialisée. Il en va de chaque artiste de décider ou non de sortir du moule, au risque de perdre des fans. Viser un public plus large peut être casse gueule »

Le manga a aussi mis un certain temps avant de parvenir aux colonnes des grands journaux… Van dresse un parallèle : « Concernant le manga, si l’on exclut les torches cul pour adolescent, la presse généraliste ne met en avant que les œuvres majeures, artistiquement plus élaborées qu’un Naruto quelconque. Je pense que ça sera le cas pour la j-music.

J’ai déjà lu des articles sur des artistes japonais dans des journaux et magazines sur la musique ou plus généraliste. Ces articles mettaient en exergue des grands artistes de talent, je me rappelle avoir lu des articles sur Hajime Chitose, Miharu Koshi, Aiko Shimada, Tenniscoats et la communauté folk électro indépendante.

Je pense que c’est la qualité artistique (tout comme pour certains mangas) que la presse généraliste mettra peu à peu en avant. Il faut attendre, ça viendra peut être. Pour une fois que je suis optimiste… Le travail paye toujours. »

C’est aussi une question de choix de label, comme le dit Jay : « Il faut voir plus large… Il y a le visual kei, la musique japonaise, les musiques étrangères et enfin LA musique. Chaque groupe et chaque boite peut décider de la case dans laquelle se mettre, plus c’est ciblé plus il est facile de trouver son public mais plus celui-ci est restreint et vice versa. »

Il va effectivement falloir que la j-music sorte de sa niche, comme l’explique Sylvain : « tant que ça reste confidentiel, ça ne sera pas traité. Si ça se développe un jour, comme le manga, ce ne sera certainement pas encensé dès le départ. Et un jour on arrivera peut-être à un équilibre. Mais à ce titre, ça va être intéressant de suivre le traitement de la K-pop en France par ces médias généralistes ».

Un traitement qui a déjà commencé, sur le site internet de journaux comme Le Monde, ou lors d’un reportage du Petit Journal sur la SM Town… Mais cette couverture médiatique se fait « parce que c’est ‘in’ » comme le dit Jay, « mais je pense que ça s’estompera avec le temps. Il n’y aura pas de suivi, c’était juste un ‘petit coup de pub’, sans aller plus loinLes papiers réalisés parlent plus du public ado que de la musique elle-même.»

Après pour réussir à intéresser tout ce beau monde c’est aussi – et surtout – une question de relation selon Xavier : « De toute façon pour les medias généralistes tout dépend de l’attaché(e) de presse. Selon moi on peut placer n’importe quoi et n’importe où à partir du moment qu’on a le bon réseau et le bon portefeuille. » Sylvain et Kaoruline sont pleinement d’accord.

Néanmoins à ce petit jeu, nos intervenants sont d’accord pour dire que la Kpop et surtout les Coréens ont su faire parler d’eux. « Il faut dire que Polydor met les bouchées doubles en France pour les Girl’s Generation (ndr : cf photo ci-dessous)en ce moment » commence Sylvain, et quand on y met les moyens ça change tout souligne Xavier. Sans oublier que, comme le dit Van :  « la Kpop a su s’approprier de nombreux codes qui font mouche. Ils savent se vendre et bénéficie de la politique délirante de l’expansionnisme culturel Coréen… et donc du financement de l’état etc. »

girls-generation

En dehors du journalisme, la télévision peut aussi faire naître des passions… c’est la télé qui a fait naitre l’engouement pour la japanimation après tout. Est-ce qu’avec les clips, la télé peut faire des miracles ?

Sylvain explique que les choses évoluent, lentement certes, mais dans le bon sens : « la réactivité n’est pas le point fort des japonais (euphémisme), car avant d’investir le marché européen, ils doivent s’occuper de leur propre marché, qui reste de toutes façons le plus rentable. Mais du point de vue de Nolife, on voit que les choses évoluent positivement, mais elles prennent du temps :

– Il y a 4 ans, on avait 60 clips, pour plus de 1700 actuellement.

– On ressent clairement la confiance accordée par certains labels, managers et artistes.

– Et tout ça aura joué, notamment sur les venues des Morning Musume, de Uplift Spice ou prochainement de Buono!

On peut espérer que ça continuera dans ce sens là. »

Jay plussoie et pense que la chaîne a un réel potentiel : « Moi je crois en Nolife. D’ailleurs Uplift en est la preuve! C’est clairement un groupe ‘Nolife’! »

Mais pour que ça marche il faut du contenu explique Sylvain : « La télé nécessite des supports visuels, et sans ça, c’est très compliqué. Kaoruline a testé dans OTO (covers qui tournent), le résultat n’est pas probant. Ensuite les japonais font d’avantage confiance à la TV qu’au web, je pense par peur du piratage.

Après le web est plus adapté pour présenter des artistes, et faire du fond, ne serait-ce parce que c’est plus simple de joindre des liens, etc. »

Kaoruline parle également de l’impact croissant de ces diffusions sur le public : « je dirais que beaucoup de gens découvrent la j-music via Nolife. En tout cas, entre il y a 4 ans et aujourd’hui, j’ai beaucoup plus de gens qui me disent que c’est grâce à Nolife qu’ils ont découvert tel ou tel artiste. La télé c’est une sacrée fenêtre en fait ! »

Pour essayer de quantifier cette évolution j’interroge Sylvain pour savoir s’il note une progression ou une régression de l’audimat sur ce thème ?

Sylvain : « Je pense qu’il faut distinguer les votants, qui prennent donc part de manière active à la chose, et les simples spectateurs. En moyenne on a entre 2000 et 2500 votants par semaine au J-Top, et Médiamétrie nous dit que l’émission (le samedi à 19h30) est regardée en moyenne par 15000 téléspectateurs, ce qui est honorable.

Mais si évolution il y a, elle est très lente, on entend encore trop souvent “j’aime pas la J-Music, et pis c’est tout”. »

logo-nolife

Et oui, la j-music, avec ces “chansons étranges, cette langue bizarre, ses clips chelous“… Nombre d’entre nous possèdent des affinités communes avec la culture japonaise, sa philosophie et sa langue. Mais ce n’est pas le cas de tout le monde et cette musique et autant étrangère qu’étrange pour le grand public.

« La barrière de la langue ce n’est pas forcement ne pas comprendre c’est surtout accepter une sonorité différente et ça, c’est plus ou moins facile selon les gens. » Explique Jay.

Van enchaîne : « le Japonais est très austère et étrange pour une oreille non habituée, c’est pour cela qu’aucun artiste japonais n’a pu amener un vrai tube international. De plus, culturellement, les latins sont trop éloignés des asiatiques, donc c’est peu probable… À moins qu’un artiste japonais chante en anglais sur une production américaine. Et encore cela n’a pas vraiment marché pour Utada et BoA, malgré de très bons albums. »

Et quand on ne connait pas vraiment un univers on catégorise, comme l’explique Sylvain : « Les français restent peu familier de la langue japonaise et, par méconnaissance, réduisent trop souvent la J-music à des courants bien spécifiques, comme la musique traditionnelle, ou des styles purement japonais, comme les idols ou le visu. »

« Et il ne faut pas oublier que la France est un des pays qui laisse le moins de place aux musiques étrangères » souligne Jay, pour finir. En étant obligé de diffuser au moins 40% de musique française à des heures d’écoute significatives, la place pour le Japon n’en est que plus restreinte !

Nous arrivons à la fin de ce second débat et je laisse donc mes invités prendre la parole pour finir comme bon leur semble notre entrevue…

C’est Sylvain qui se lance en premier, pour passer un message au Japon : « J’aimerais que les japonais se lancent au moins une fois, en envoyant en Europe (voir en France ^^) un artiste reconnu en concert (Perfume, One Ok Rock, Yui, les AKB, …). Je suis sur que le public répondra présent. Et à titre totalement perso : Hikki, si tu t’ennuies dans ta retraite, n’hésite pas à revenir 😛 »

Van envoie un double message à tous les acteurs francophones :  «Bonne chance à ceux qui veulent agir dans ce milieu, que ce soit un tourneur, un label ou un blogueur. Il faut s’accrocher, rester fidèle à ses convictions et surtout ne pas attendre une reconnaissance immédiate. Elle arrivera, peut-être, avec les années et surtout le travail.

Et si un label ou tourneur Français cherche des artistes. J’en ai des dizaines qui me demandent de les exporter en Europe, d’éditer leurs albums et d’organiser des concerts… »

Kaoruline la joue positive et pleine d’espoirs : « J’espère que Nolife continuera longtemps à diffuser de la j-music et qu’un jour on puisse voir de grands artistes japonais venir en France. Je ne perds pas espoir. Et tant que les gens continueront à découvrir des artistes qui leur plaisent sur Nolife. Je serais contente 🙂 Si en plus on peut revivre de grands moments comme le concert de US, ça serait le top ! Voilà ! »

Jay remercie le public : « Tout simplement Merci au public fidèle, merci de soutenir les gens qui essaye de faire bouger le petit monde de la J-music ! »

Et Xavier, tout comme moi, espère que ce débat aura éclairci les choses : « Merci à Paoru pour avoir organisé cette intéressante discussion. Je pense que ce type d’article permet aux gens d’y voir plus clair sur le fonctionnement de l’industrie de la musique. Je reste à l’écoute si jamais des personnes ont des questions sur mes activités. »

J’en profite pour remercier une fois de plus tous mes interlocuteurs pour ce second débat qui est venu compléter le premier. J’espère que vous avez appris pas mal de choses, ce fut le cas pour moi en tout cas.

Tout n’a pas été dit, certes,  mais je ne pense pas relancer un débat j-music tout de suite pour autant, pour éviter trop de redondance. Dans quelques mois, l’été prochain peut-être.

Ce qu’il nous manque c’est la parole des japonais eux-mêmes. À travers ces débats nous n’avons pas cessé de leur reprocher leur immobilisme mais leur mode de pensée leur appartient. Ils sont chiants mais ils sont comme ça.

De plus nous n’avons pas évoqué les nombreuses arnaques du passé à notre charge, comme le cas AB productions ou, plus récemment, les affaires Goldorak et Konci / Square Enix qui n’ont fait qu’ajouter de la glace sur leur Iceberg.

Bref, j’espère que ces deux débats vous ont plu et qu’ils vous ont donné envie de vous intéresser davantage à ce genre musical et à son milieu, d’en parler et de le défendre à votre tour, de partager cette passion qui nous et vous anime pour la j-music… On compte sur vous en tout cas.

Sur ce je vous souhaite une bonne année, pleiiiiiiiine de J-music 😉

Si vous avez raté les autres épisodes, c’est par ici :

Débat J-music 2

Partie 1 : Quels invités pour l’hexagone ?

Partie 2 : Les concerts, de A à Z…

Partie 3 : Motivations et rayonnement

Débat J-music 1

Partie 1 : Public J-music où es-tu, qui es-tu ?

Partie 2 : Majors, label et tourneurs, que fait la France et qu’espérer du Japon ?

Partie 3 : Des médias J-music à ré-inventer ?


janvier 6th, 2012
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Débat J-music 2 – Épisode 2 : Les concerts, de A à Z

⊆ décembre 24th, 2011 | ≡ Topic: Articles, Interview, J-music | | ˜ 2 Commentaires »

Débat J-Music partie 2

Voici la seconde partie de notre deuxième débat consacré à la J-music. Après avoir parlé des différents artistes susceptibles – ou non –  de venir en Europe et dans l’hexagone, nous sommes passés aux concerts et tournées en France elles-mêmes. Qu’il s’agisse de petites salles ou de concerts sur festivals, de rentabilité ou de droit d’auteur et de diffusion, voici l’occasion d’en savoir plus du coté des acteurs comme des journalistes… Bonne lecture !

Concerts J-music : et toi, t’es en quelle salle ?

LAZYguns Brisky, sur le dernier JE Live HouseDans notre premier débat nous avons évoqué Soundilicious comme étant un tourneur d’avenir… Or la société de Sae Cibot est surtout connue grâce à la JE Live House, l’event musical indissociable du Japan Expo, qui regroupe chaque année plus d’une dizaine d’artistes et groupes japonais en tout genre.

Nous avons déjà discuté du sujet avec l’intéressée mais les autres, ils en pensent quoi ?

Ils en pensent déjà que Soundlicious a bien fait de se recentrer sur le live, « ce qui est normal aujourd’hui » explique Xavier. Sur l’event en lui-même, Kaoruline donne un premier avis : « C’est devenu un peu incontournable à mon goût, car même si beaucoup d’artistes ne sont pas connus du public français, cela permet de très belles découvertes tous les ans pour moi. »

Xavier ajoute qu’ « il devrait y avoir des events de ce type sur des festivals de musiques généralistes ». Jay plussoie : « Ca serait parfait pour exporter la musique japonaise. Certains artistes ont la chance de faire des festivals en France et c’est toujours bénéfique, c’est indéniable. » Notre j-tourneur en profite ensuite pour mettre en lumière le défaut principal de la JE Live House : « même si j’aime tout le monde… l’organisation est chaotique ^_^ » et il est aussitôt rejoint par Kaoruline.

Pour Van, le vrai souci est ailleurs, car il n’adhère pas au panel d’artistes proposé par l’évènement. Il s’explique, en ayant précisé au préalable que sa tirade sera un peu salé… La preuve : « le problème (pour moi) est que ce concert réunit des artistes trop différents sans réelle logique artistique… On dirait que les organisateurs ont tapé dans une poubelle et ramassé ce qui en est sorti. Bien entendu ils n’ont pas les moyens d’inviter n’importe qui.

De toute façon je ne me suis jamais retrouvé dans ce genre de concert où j’estime la majorité des artistes sans réel talent. Les rares bons artistes sont noyées autour de nullités, cela ne donne pas envie et je préfère largement venir à un concert de l’artiste, même si le coût sera largement supérieur…

Pour moi la JE Live House est une sorte de worst off artificielle qui n’est qu’un autre produit de consommation de la Japan Expo… Cependant c’est probablement une très bonne initiative. »

L’avis de Sylvain est à l’opposé : « Je trouve que c’est une bonne chose : salle dédiée, programmation diversifiée. Sur la dernière édition, il manquait peut-être une tête d’affiche… »

Même si nos intervenants sont d’accord avec l’absence de logique artistique, ils expliquent que ce n’est pas le but du Live House, de toute façon. Sylvain détaille sa pensée : « comme pour tout le reste à Japan Expo, chacun fait son programme et choisis les artistes qu’il veut voir. Ça s’inscrit dans cette même logique, je ne pense pas que le but soit que les spectateurs scotchent une après-midi entière dans la salle. »

Kaoruline ajoute que le Live House permet aussi de proposer de la musique à d’autres personnes que les fans d’anime et de manga : « à la dernière Japan Expo, il, y’avait peu d’artistes qui avaient un lien avec les animes ou les mangas…  Je pense à Taro & Jiro, Golden Bomber, les Passpo, qui constituent d’ailleurs un ensemble bien diversifié… ». Autre exemple de la dernière Live House : Shanti.

C’est justement ce mélange qui gêne Van : « Je pense qu’on ne peut pas composer avec tout les genres. Mettre un groupe de rock, des idoles et une chanteuse folk électro, ça n’a aucun sens… Même si je comprends l’idée de départ.» Ce mélange hétéroclite est effectivement le but d’un festival, comme le justifie Sylvain « le but est justement de satisfaire un public très varié, typiquement celui que tu pourras croiser dans une convention ».

Le Live House remplit donc globalement ses objectifs, qu’on les approuve ou pas. En dehors des problèmes d’organisation, le bilan est donc plutôt positif d’autant que, comme le dit Sylvain : « Il faut reconnaitre que la scène du JE Live House est une belle scène ».

 Puisque nous parlons de j-music en festival je me tourne alors logiquement vers Xavier – responsable Bishi-Bishi je le rappelle – qui a proposé il y a peu un concert d’Aural Vampire sur la scène de Japan Expo Belgium… Le concert sur salon est-elle finalement la meilleure recette ?

L’intéressé explique : « grouper les concerts et salons, c’est juste que c’est plus pratique pour vendre du merchandising. »

En dehors de l’aspect pratique, on peut également se demander qui paye quoi. En effet, comme l’explique Van : « produire un concert de A à Z hors structure hors convention est un énorme défi et coute une vraie fortune. En passant par des salons, les coûts mobilier et immobilier sont diminués, sans parler de l’aspect logistique. L’autre aspect et bien évidement d’assurer un minimum d’entrée. Les gens sont dans le salon, pourquoi pas ne pas aller à un petit concert, qui est souvent une raison secondaire à la venue sur le salon. »

Kaoruline, qui se met dans la peau de la spectatrice, confirme : « En tout cas, moi j’aime bien quand il y a des concerts en salon, je trouve ça très pratique ».

Les salons financent en partie les coûts même si, comme le dit Xavier, « tout dépend des salons ». Jay précise d’ailleurs : « Quand le salon c’est Japan Expo et que la prod c’est Soundlicious ça aide ^^ ». Et oui, pour ceux qui ne le savent pas encore, les deux sont issus de la même boite, la SEFA.

Mais en dehors de cette exception, comment se rentabilise un concert en salon, vu l’absence du ticket de concert rémunérateur ? Nous entrons alors dans une discussion d’une certaine complexité sur les royautés, la JASRAC et la SACEM.

SACEM et JASRAC : les cartes de membre c’est collector ?

SacemEn plus du merchandising d’autres revenus existent : « les royautés ou royalties liés aux concerts » commence Xavier. « Normalement le salon paye les droits SACEM au producteur du concert, mais il faut pour cela que les œuvres joués et l’artiste soient inscrits à la SACEM pour toucher l’argent lié au concert. S’il n’est pas représenté dans le pays concerné c’est l’artiste qui est payé directement en échange de ses droits. »

Pour la SACEM, le droit d’entrée, d’un peu plus de 120 euros n’est collecté qu’une seule fois pour les droits des artistes. Mais la SACEM doit également être payée sur les concerts, en fonction des bénéfices de ce dernier. En contrepartie elle reverse les royautés l’année suivante (quand tout se passe bien !) aux éditeurs ou directement aux artistes selon les cas.

Sur les intérêts d’inscription à la SACEM, Jay ajoute : « Déjà la SACEM ça te couvre, tu es protégé de tout plagiat et si on utilise tes chansons, tu gagnes « un peu » de sous. » Mais, comme l’explique Xavier, cela ne fonctionne que pour la France : « après pour les autres pays européens tu dois t’inscrire partout : à la GEMA pour l’Allemagne, à la SABAM pour la Belgique, etc. »

Sur la GEMA, Jay ajoute d’ailleurs qu’elle « est devenu super chère et comme tu dois la payer à chaque concert, même pour des petites dates, c’est devenu quelque chose à prendre en compte dans le budget d’une tournée si tu produis des dates, ce qui est souvent le cas des petites productions.»

Organigramme de la JASRACMais quid de la JASRAC (organigramme ci-contre) , « l’équivalent japonais » de la SACEM ?

En théorie, depuis sa création en 1939, elle s’occupe des artistes qui y sont inscrits, même à l’étranger, comme nous le dit Sylvain : « Selon la SACEM, cette dernière possède un accord avec la JASRAC. Donc normalement les japonais touchent ce qu’il faut, même s’ils ne sont pas inscrits à la SACEM. »

Mais entre théorie et pratique, il y a parfois des différences… « Non ça c’est complètement faux, malheureusement » rétorque Xavier. « Cet accord est théorique mais en fait l’accord ne fonctionne que s’il y a un représentant dans chaque pays. Un artiste japonais doit être inscrit à la JASRAC ET à la SACEM pour que ça fonctionne, et pas à un seul.  Après tu peux avoir des représentants, c’est-à-dire des sous-éditeurs pour chaque territoire, qui collecte tes droits

Sylvain et Xavier sont donc d’accord sur la théorie, moins sur la pratique… L’accord existe entre les sociétés civiles de droits d’auteurs que sont JASRAC et SACEM, personne ne le conteste. Mais on peut se demander pourquoi, quand aucun ayant droit japonais n’est représenté en Europe, la JASRAC et des sociétés privées interviennent dans le contrôle des œuvres nippones. Ces dernières sont-elles négligées par la SACEM ? La question est posée.

Un domaine assez nébuleux, et pour ne rien arranger des rumeurs sur la JASRAC circulent : elle ne rétribuerait pas correctement (voire pas du tout) les artistes qui y sont inscrits, qui doivent se contenter, comme le dit Van « d’une belle carte de membre ». Sur ces rumeurs, il réagit : « La JASRAC m’a toujours étonnée. Comment ont-ils les moyens de venir emmerder un pauvre fan qui met une petite vidéo You Tube sur sa chanteuse préférée ou glisse un petit mp3 sur un forum ou sa page web, en le menaçant d’horribles poursuites judiciaires… Hallucinant !

Il serait temps que les artistes japonais refusent l’historique JASRAC et fassent appel à d’autres pour protéger leurs musiques. Je ne suis donc pas étonné sur ce point…»

Mais le problème est complexe car SACEM et JASRAC sont surtout des outils à disposition des ayants-droits, qui sont des acteurs non négligeables dans ce système de rétribution. Dans les grands labels les départements de gestion des droits sont immenses et certaines sociétés privées s’y consacrent entièrement… Attention donc à ne pas jeter trop vite la pierre sur un seul maillon du système.

Comme le dit Xavier, bien concerné par ce genre de problème : « Étant éditeur et membre de la SACEM, les histoires JASRAC et SACEM c’est un peu plus complexe que ça et à mon avis trop long à expliquer par écrit… »

Cependant, puisque l’on parle rumeur, j’en profite et j’en propose une seconde à mes invités : la présence des yakuzas au sein des labels. Personne ne nie, mais attention à l’image d’épinal : « les yakuzas se sont reconvertis, ce sont des hommes d’affaires loin des clichés et certains ont de grandes responsabilités au sein même des majors. » Explique Jay. Kaoruline plussoie et oriente même sa pensée : « je suis sure à 99% qu’il y a des yakuzas dans de gros label, je pense par exemple à Avex. Je n’ai pas de preuves, mais j’en suis intimement persuadée. »

Néanmoins le marché de l’Entertainment n’est pas pour autant un milieu mafieux… « C’est vrai qu’il y a beaucoup de morts dans la J-Music … » ironise Xavier, ce qui provoque d’ailleurs un fou-rire général ^^

Et on passe à la dernière partie…

Concerts : et sinon, ça paye ?

Uplift Spice, une j-tournée qui a bien marché !Les concerts sont-ils rentables pour leur producteur ? Les sons de cloches n’étant pas tous les mêmes, je demande leurs avis aux intervenants du soir…

Jay est mitigé : «bonne question… Non pour certain, oui pour d’autres… Mais c’est compliqué en ce moment, il y a plus de bas que de hauts». Même chose pour Kaoruline : « je ne sais pas… Je dirais que ça dépend des artistes mais que les concerts rentables ne sont pas majoritaires ».

Pour ce qui est de la musique en général, Xavier donne une tendance : « Les concerts restent une des activités rentables dans l’industrie de la musique avec l’édition et la gestion des droits. »  Il ajoute cependant que : « La concurrence est rude, d’ailleurs les majors rachètent beaucoup de boites de production. Nous prod (ndr :  Japan Anime Live, Lady Gaga) a été racheté par Warner par exemple. »

Puisque chacun est d’accord pour dire que cela dépend des concerts, je leur demande simplement les derniers concerts rentables… Ou pas.

Van ironise en évoquant l’un des bides de l’année : « Gackt ? ^^ », pendant que Xavier pense au-delà de la J-music : « Black Eyed Peas ! ».

Entre les deux, Jay évoque sa dernière tournée en date, dont vous avez entendu parler à de nombreuses reprises sur ce blog : « Uplift Spice. Tout est relatif mais dans l’ensemble la tournée est un succès en tous points ».

Ainsi s’achève cette seconde partie. Pour finir ce second débat nous avons ensuite évoqué le monde de la J-music lui-même, un milieu où se mélange encore fans et professionnels, voir les deux en même temps. Un univers de niche compliqué dans tous ces secteurs, de l’édition à la presse, en raison d’un public réduit et d’une langue japonaise qui reste un frein à la popularité.

Tous ces sujets et bien d’autres encore dans notre prochain numéro !

Si vous avez raté les autres épisodes, c’est par ici :

Débat J-music 2

Partie 1 : Quels invités pour l’hexagone ?

Partie 2 : Les concerts, de A à Z…

Partie 3 : Motivations et rayonnement

Débat J-music 1

 Partie 1 : Public J-music où es-tu, qui es-tu ?

Partie 2 : Majors, label et tourneurs, que fait la France et qu’espérer du Japon ?

Partie 3 : Des médias J-music à ré-inventer ?


décembre 24th, 2011
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Débat J-music 2 – Épisode 1 : Quels invités pour l’hexagone ?

⊆ décembre 18th, 2011 | ≡ Topic: Articles, Interview, J-music | | ˜ 3 Commentaires »

Débat J-music 2, le retour !

Après les nombreuses réactions suscitées par le dossier-débat sur la j-music je me suis dit que tout n’a pas encore été dit. Si le public est restreint, le sujet reste vaste.

J’ai donc mis le nez dans mon carnet d’adresse en cherchant à inviter cette fois-ci quelques professionnels  et de nouveaux journalistes, pour donner la parole à un champ d’acteur plus large de la j-musico-sphère… En veillant également à amener des visions différentes pour éviter un résultat trop uniforme.

Voici nos invités, je les laisse se présenter eux-mêmes !

Sylvain (ci-dessous en haut à droite) :  Sylvain Dreyer, ou Zed, responsable de la conduite antenne de Nolife, et blogueur râleur à mes heures perdues.

Jay (ci-dessous, en haut à gauche) : Jay Midori, Tour Manager européen de 26 ans spécialisé en groupes japonais, je suis un freelance fidèle associé à TORPEDO PRODUCTIONS anciennement GEKIDO TOUR, qui était le département japonais de RAGE TOUR.

Kaoruline (ci-dessous, en bas à gauche) : Caroline Segarra, animatrice, journaliste, monteuse, chargée des clips à Nolife. Fan de j-music depuis 10 ans. J’ai d’abord fait une émission hebdomadaire sur une web radio (Radio Junior) pour présenter quelques artistes japonais puis le classement oricon, jusqu’au jour où Nolife s’est lancé.

Xavier (ci-dessous, en bas à droite) :  Xavier NORINDR, expérience dans l’industrie de la musique (Warner, Roadrunner Records ), fan de J-Music, Co-fondateur de J-Music Distrib.Store/live, fondateur de AZN Consulting et Responsable de Bishi-Bishi et des contenus audio chez Ankama Music.

Van (ci-dessous, en bas au centre) : Van, Jeune gérontophile à l’âge incertain, j’ai travaillé pour de nombreux sites allant de feu Animillusion à feu Mikan Music Network. J’ai aussi développé de nombreux fans sites sur des artistes, comme Yoko Takahashi, Yuri Shiratori, Noon, Emiko Shiratori et bien entendu mes deux derniers, sur les chanteuses Rurutia et Arai Akino. De depuis 2008 j’ai lancé un blog alternatif Van J-music, mêlant news, critiques, et bien évidement découverte.

Invités du second débat J-music

C’est avec ces cinq intervenants de tous horizons que nous nous sommes lancés dans deux heures d’une discussion tous azimuts sur la j-music. Une discussion synthétisée en trois parties, qui débute aujourd’hui par une question majeure : quels artistes pour la France ?

Entre majors et indépendants, entre Corée et Japon, entre l’offre et la demande… Quels sont les meilleurs choix pour les acteurs du système ?

Bonne lecture 😉

 J-Pop et K-Pop sont dans un bateau, J-Pop tombe à l’eau ?

 Pour commencer notre débat, j’ai laissé nos invités d’un soir réagir sur le débat précédent en leur posant une question simple : Le bilan qui a été fait du marché français de la j-music n’est pas des plus joyeux. Faites-vous le même constat ?

Si tous sont d’accord pour dire que l’heure n’est pas à la fête, les analyses divergent. Sylvain encourage à la patience et à l’optimiste, alors que Van est déçu que le potentiel de la j-music ne soit pas correctement exploité. Il n’est d’ailleurs pas sans critique à l’égard des acteurs de ce marché, notamment les français :

« Hélas oui, la grande époque est désormais derrière nous, malgré un intérêt grandissant pour la japan culture en France. Les sites web et blogs, qui sont les vitrines indispensables de ce phénomène, ce délitent, perdent en intérêt, en qualité et en pédagogisme (comme l’a très bien dit Shito).

Bien entendu la réticence des majors et la difficulté de négocier avec les Japonais ont un rôle dans cette stagnation. Une major n’a aucun intérêt produire un show en France forcément à perte et encore à moins à déléguer ce travail à des producteurs (amateurs) français. Des tourneurs et producteurs français qui pour ne pas être en perte sont obligés de monter outrageusement les prix des places et de multiplier les artistes préfabriqués vendus comme des stars japonaises […] On se contente d’artistes de seconds ordres, sans vrai carrière japonaise et de petites salles inadaptées, mais toujours au même prix…

À l’image du dernier concert de KOKIA, qui passe d’une salle prestigieuse avec 5 musiciens (ndr : cf clip ci-dessous) à un unique guitariste, dans une salle à l’acoustique monstrueuse et aux prix malhonnêtement gonflés… Pire par souci de rentabilité, ils ont réussi à vendre plus de place que la salle pouvait en contenir… Les choses ont bien changé. è Il me semble avoir contredit ça en expliquant les vraies raisons et surtout en disant que c’est faux cette histoire de places en trop…

De plus je trouve que le marché de l’édition CD d’artistes Japonais se limite de plus en plus… Même chez Wasabi Record (qui pourtant dépend de Kaze qui marche bien) ne sort plus rien… Même plus les albums annuels de KOKIA… Raisons financières ou échec des négociations ?

Cela me désespère encore plus car je suis en contact avec un grand nombre d’artistes qui aimeraient se développer en Europe… Que leur proposer ??? »

Sur ces salles de plus en plus petites, Jay explique simplement que le public n’est plus toujours au rendez-vous : « Objectivement parlant, si le nombre de fans baisse, les salles sont de plus en plus petites, logiquement. Pour reprendre KOKIA, avant d’aller au Théâtre Michel on à tenté la Cigale l’année précédente qui était 2 fois plus petite que sa première salle en France et on s’est ramassé… Il n’y a jamais eu de survente de place qui plus est, plutôt des journalistes pas invités et mécontents… »

Sur le nombre de fans, Xavier apporte une petite correction : pour lui le nombre de fans ne baissent mais il y a plutôt « Trop d’offres et pas assez de demandes. Il y a trop de concerts et le public sélectionne. »

Un changement dans le comportement que valide d’ailleurs Jay : « En quelques années on est passé d’un fan disant “Un artiste japonais viens en Europe ? ALLONS Y ! ”  à “Ah ouai c’est qui ? Hum, pas mon groupe préféré, je préfère garder mes sous pour un autre ! ” »

Le rapport qualité /quantité des concerts est évidemment mis sur le tapis. Par Sylvain tout d’abord : « malheureusement on voit en France un peu trop d’artistes prêt à tout pour marcher un minimum. Après j’imagine que ces groupes profitent de la place laissée libre par les grands groupes et labels. »

Van réitère ensuite sur le sujet : « des offres un peu discount, privilégiant la quantité sur la qualité… A-t-on besoin de se taper un énième groupe pseudo Visual qui n’a même pas de vraie carrière au Japon ? »

Néanmoins la qualité n’est pas forcément une histoire de gout musical et le succès du Visual Kei force le pragmatisme, comme l’explique Jay : « un groupe “pseudo visu” au moins ca ramène plus qu’une vieille légende japonaise inconnue ici. Et les moyens ne sont pas les mêmes soyons réalistes ».

Si Van a bien compris les réalités du marché, il n’en regrette pas moins un manque de variété dans les programmations. Malheureusement, comme l’explique Jay, varier les plaisirs c’est bien, mais encore faut-il que le public réponde présent. Entre ce que veut le public et ce qu’il soutient, la différence semble palpable et le débat et donc loin d’être clos. Pour éviter de nous éterniser nous passons à la suite.

La non-venue d’artistes réclamés est aussi imputable aux acteurs japonais. C’était donc le moment rêvé pour parler de ces derniers car le TIMM, ou Tokyo International Music Market s’est clôturé il y a peu. Le TIMM c’est « un évènement où les acteurs de l’industrie de la musique viennent pour proposer des groupes ou en acquérir. On y fait ses courses en quelques sortes », nous explique Xavier, présent sur place tout comme  Seb et Suzuka, de Nolife.

TIMM : Tokyo International Music Market

Xavier raconte : « L’ambiance était plutôt bonne, il y avait des sociétés du monde entier et beaucoup de français ! ». Seb et Suzuka n’étaient pas parmi nous mais Kaoruline résume leurs propos : « ce que j’ai retenue dans ce qu’ils m’ont dit, c’est que les japonais étaient plutôt inquiets à propos de la K-pop… ». Une inquiétude également ressentie par Xavier et qui ne date d’ailleurs pas d’hier.

Cependant pas de réaction nationale anti-K-pop encore en vue : « Tout dépend de la stratégie de chaque société » explique Xavier. Et de toute façon, comme le dit Sylvain : « Je ne suis pas sur que les japonais aient trouvé une parade, il n’y a qu’à voir leur propre marché, sur lequel les coréens marchent fort. »

Cet impact Coréen est lié à de nombreux facteurs. Leur rentabilité tout d’abord, pour des raisons structurelles et économiques, comme explique Van : « C’est une histoire de cout de production. Tout est moins cher en Corée, du salaire des artistes au cout de production… La Corée est en plein boom économique, le Japon est en pleine récession. Donc les coréens seront toujours plus rentables que les japonais. Tu prends deux artistes identiques… Le Japonais coutera 100 et le Coréen 40… »

Après la nationalité ne fait bien sur pas tout et Jay et Xavier insistent bien sur ce point : « Comme le dit Jay, tout dépend des groupes, de où ils enregistrent, de où ils jouent, ce n’est pas une question de nationalité ».

Si les coûts sont faibles, la rentabilité provient aussi des recettes et pour ça kaoruline pense que  si les coréens sont « plus que “rentables” c’est qu’ils sont de plus en plus populaires et qu’ils ne freinent à aucun moment la promotion de leur culture… Donc rentables oui car ils peuvent remplir des Bercy mais ils ne les remplissent pas pour rien, pour moi c’est leur popularité qui fait beaucoup. »

Le Music Bank, quand la K-pop se lance dans un Bercy

Quoi qu’il en soit, les japonais vont devoir réagir, mais sans doute sur leur propre marché –le numéro 2 mondial on le rappelle – avant le notre. Donc en attendant que faire ?

Si on exclue les majors il nous reste les indépendants, « ces artistes qui sont maitres de leur carrière, qui financent leur production. Ils sont dans des labels, qui éditent leur CD ou DVD. Mais ces derniers n’entre pas dans les autres aspects de la production. » comme le redéfinit Van.

Sur ce point, nos intervenants tous sont unanimes, à commencer par Van justement, qui donne « un grand oui !» à cette possibilité pour l’hexagone.

Il s’explique : « Beaucoup d’artistes indépendants font des tournées européennes. De nombreux jeunes artistes indépendants souhaitent venir se produire hors Japon. Un phénomène grandissant puisque la plupart des jeunes artistes en question proposent un site officiel en Anglais et offrent une possibilité d’acheter ou de télécharger légalement leurs albums pour le reste du monde, via iTunes ou un site de ventes ouvert.

Leurs arguments sont souvent les mêmes, ils souhaitent tout simplement ne pas se limiter au territoire japonais pour « offrir leurs talents » (vendre leur musique). Je le répète les artistes indépendants sont très accessibles ! Et on peut négocier avec eux directement. Ils n’hésitent pas à envoyer leur album et se plier à une interview même pour un blog ou un fansite. Et comme ils n’ont pas une major protectionniste ou plein de producteurs… Ils sont maitres de leurs choix en matière de communication et d’expression…

À titre d’exemple : je réalise des interviews pour mon blog, la plupart du temps je n’ai aucun mal à négocier avec l’artiste (qui est souvent très content qu’on l’écoute en France^^). Là Je suis en contact avec un artiste « un peu peut plus important », en contrat avec une grosse major, l’artiste m’a donné un accord de principe, mais hélas c’est sa maison de disque et ses producteurs qui vont décider des détails de la forme et du fond… C’est infernal et démotivant ! »

Sylvain plussoie « À Nolife, on a pas mal de clips d’artistes ou de labels indés, qui ne cherchent pas forcément à s’exporter en Europe, mais juste diffuser d’avantage leur musique.» Xavier, qui propose de nouveaux artistes indépendants chaque semaine au catalogue Bishi-Bishi, les voit lui aussi comme apte à se développer chez nous.

Nolife                       BISHI_BISHI

Entre stars de la K-pop et artistes indés nippons, c’est donc à chacun de faire son choix !

Cela dit, une fois que l’artiste est choisi, comment se prépare un concert ? Comment peut-on le rendre rentable ? Ajouter un concert dans une expo est-il le bon plan ? Toutes ces questions et d’autres dans notre seconde partie !

Si vous avez raté les autres épisodes, c’est par ici :

Débat J-music 2

Partie 1 : Quels invités pour l’hexagone ?

Partie 2 : Les concerts, de A à Z…

Partie 3 : Motivations et rayonnement

Débat J-music 1

Partie 1 : Public J-music où es-tu, qui es-tu ?

Partie 2 : Majors, label et tourneurs, que fait la France et qu’espérer du Japon ?

Partie 3 : Des médias J-music à ré-inventer ?


décembre 18th, 2011
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Jay : rencontre avec un J-tourneur

⊆ novembre 25th, 2011 | ≡ Topic: Interview, J-music | | ˜ 8 Commentaires »

At La maroquinerie for Uplift Spice by Christophe Cussat-Blanc

Il y a quelques semaines vous avez pu découvrir une grande partie des labels et tourneurs de la j-music, dans notre dossier-débat qui leur a été consacré. En attendant de vous en offrir un second en décembre, j’ai profité du concert d’Uplift Spice le mois dernier pour revoir une connaissance j-musicale qui travaille comme tourneur depuis plusieurs années : Jay Midori. Il a travaillé sur des tournées et concerts comme Doping Panda, Joe Hisaishi, Versailles, Plastic Tree, Détroit7, Gari et j’en passe. Avec ce palmarès et cette longue expérience – et en plus c’est un mec sympa – il était évident que j’allais l’interviewer !

Jay est un tour manager européen de 26 ans en freelance, même si c’est un fidèle associé de Torpedo Productions, anciennement Gekido Tour, qui était le département japonais de Rage Tour (n’hésitez pas à relire cette phrase si vous vous êtes perdu en chemin). Pour en savoir plus sur son parcours et son métier, sur l’organisation d’une tournée et sur les japonais quand ils ne sont pas sur scène…Lisez ce qui suit !

Bonjour Jay, première question : tu es tour manager… Mais tour manager c’est quoi ?

Salut à toi. Un tour manager, c’est comme son nom l’indique un manager mais sur une durée déterminée, en l’occurrence le temps d’une tournée.

Ça consiste à prendre en charge un groupe de A à Z. Ensuite il en va du budget, du fonctionnement de la boite et du tour man lui-même de s’adonner à toutes les tâches qu’une tournée comprend ou à les déléguer à diverses personnes (ingé son, ingé lumière, driver, merchandiser, etc.).

Ça comprend généralement aussi toute la pré-production à savoir le booking des hôtels, le déroulements des journées, la préparation du backline … En gros, ce sont des heures au téléphone et des dizaines de mails avant la tournée, puis sur place ce sont de grosses responsabilités ainsi qu’une bonne dose de stress car même une tournée bien préparée a toujours son lot d’imprévus.

La camionnette Gekido Tour et les Uplift SpicePour ma part, si la tournée ne se fait pas en Tour Bus, je suis très souvent driver. Il m’arrive de faire la lumière et bien souvent je fais office de technicien/backliner et/ou je fais le lien entre les techniciens des salles et le groupe, lors des installations, des balances et aussi pendant le concert si toutefois je ne suis pas pris par un autre poste (il est impossible de faire la lumière et d’être sur les côtés de la scène en même temps ^_^).

Tout dépend des organisateurs, de la taille des salles et du nombre de personnes dans le staff. Sur des « petites » tournées /« petits » groupes, je suis souvent seul et j’ai donc pas mal de casquettes, par contre dès que le budget le permet, je suis accompagné de divers membres de staff (merchandiser/driver/lumière/…), mais du coup cela fait plus de personnel à gérer, et donc plus de responsabilités.

Quel est le parcours qui t’a mené jusqu’à ce boulot ?

Disons que je me suis trouvé au bon endroit au bon moment.

Passionné de musique en général, j’étais d’un côté manager d’un petit groupe français (REZISTENZA), et d’un autre côté très attiré par le Japon… Et donc souvent présent lors des concerts japonais en Europe.

Je n’ai pas fait d’études en lien avec ce métier, par contre je pense que le fait d’avoir un BAFA et de venir d’une fac de Sociologie est un plus pour moi car s’occuper de japonais demande beaucoup d’écoute, beaucoup de social et de « maternage » si je peux me permettre le terme ^_^.

Et donc, en 2007, j’ai rencontré un tourneur expérimenté mais qui débutait dans le monde de la J-musique (Bertrand Maurin). Et de par ma passion, ma petite expérience dans le monde de la musique et ma motivation, je suis passé de simple conseillé à assistant manager, puis à driver, responsable merchandising et enfin, après quelques petites formations et autres tournées très formatrices, tour manager.

Comment se décroche une tournée avec des artistes japonais ?

Avant de répondre, j’aimerais préciser quelque chose, il ne faut pas confondre booking et tour management. Même si certains font les 2, pour ma part je ne fais pas de booking. La plupart du temps, je ne suis en contact avec les groupes que lorsque les deals sont établis et que les dates sont bookées.

Joe Hisaishi, le dernier concert de Torpedo ProductionDonc pour ma part, pour décrocher des tournées, je me contente de répondre présent lorsqu’une boite (Jostone Traffic/Alerte Orange/SOUNDLICIOUS/…) fait appel à moi pour une tournée…  À l’exception de TORPEDO PRODUCTIONS, pour qui je travaille le plus souvent et où je suis donc plus investi car plus impliqué.

Et d’ailleurs est-ce que les artistes japonais ont leur mot à dire ou c’est le label qui choisi ?

Cette question est compliquée car il n’y a pas forcément de label, aussi bien français que japonais. Le management japonais est très souvent exigeant et avant qu’une tournée se fasse ce sont des centaines d’e-mails afin de négocier  au mieux pour tout le monde le contrat et donc la tournée envisagée. Chaque boite/label/groupe/… a ses objectifs, ses exigences, ses attentes, ses peurs, ses restrictions…

Le plus souvent c’est le management japonais qui deal avec l’agent européen.

Tous les groupes ne peuvent se permettre toutes les demandes possibles et imaginables, de la même manière que selon les boites toutes les exigences des groupes ne pourront être accordées. Tout le monde a plus ou moins son mot à dire, ensuite c’est une question de compatibilité et de possibilités.

On se désespère ce temps-ci que les labels japonais ne s’intéressent pas ou peu à l’Europe… Ton point de vue là-dessus ?

Je pense que les labels s’y intéressent, mais ne proposent pas forcement les artistes qui sont attendus en Europe.

L’Europe c’est souvent le coup de boost des groupes qui peinent à percer. Un label qui a une multitude d’artistes proposera toujours en premier ceux qui ne marchent pas très bien au Japon car il n’y verra aucun intérêt à exporter un groupe qui se suffit à jouer au Japon.

Après, cela dépend du style musical, de la motivation et des objectifs du label et du groupe.

D’ailleurs comment se portent les tourneurs et organisateurs de concerts ces derniers temps ?

Cette question est trop large je ne saurais répondre pour tout le monde.

Je peux toutefois dire sans trop m’avancer que c’est un métier à risques et que parfois ça marche, d’autres pas. La crise n’aide pas à la réussite puisque les concerts font partie des loisirs et ceux-ci passent après les priorités des gens, ce qui est logique. J’ai vu d’une manière générale la fréquentation des salles de concerts baisser d’environ 30% en quelques années…

Pour faire une tournée il faut trouver des salles… C’est difficile ?

Versailles au Chateau de la Charbonnière près d'Orléans. Une salle assez particulière ^^Alors comme dit plus haut ce n’est pas mon métier de trouver des salles, mais force est de constater que c’est très difficile. D’ailleurs la plupart du temps, les salles n’achètent pas les concerts mais louent aux organisateurs car le marché n’étant pas connu, ils ne veulent pas prendre de risques. Il faut donc débourser de grosses sommes sur la majorité des dates d’une tournée et ensuite espérer avoir du monde, c’est surtout ça qui est difficile.

Le fait que ce soit des artistes japonais c’est un plus ou un moins pour trouver des salles d’ailleurs ?

C’est un moins, mais heureusement la plupart des boites ont leurs réseaux. Et comme dit plus haut, ce qui est dur c’est de vendre l’artiste, pour ce qui est de « trouver une salle » rien de plus simple, il suffit d’avoir les sous pour la louer, ce qui est difficile c’est de bien doser la capacité afin d’avoir un rapport prix/audience et donc dépenses/recettes positif.

Qu’est-ce qui te plait dans ce boulot ?

C’est un tout. Ce qui me plait avant tout, c’est de faire des rencontres, d’être toujours en contact avec des gens et de voyager. Je ne pourrais pas bosser sur des machines dans une usine ni même dans des bureaux. Ensuite, je suis assez libre et j’aime ça. Et pour finir, je suis simplement content d’être un acteur du monde de la musique, un petit maillon d’une grande chaine qui procure du bonheur et de bons moments aux gens. Ça me touche toujours de voir des fans heureux et émus aux concerts.

Qu’est-ce qui est le plus difficile ?

Le plus difficile c’est toute la préparation, tout le stress et les responsabilités qui te planent au-dessus de la tête constamment. Ce qui est aussi difficile, bien que moins important, c’est d’essayer de bien s’alimenter et de bien dormir. En tournée j’ai un rythme assez décalé et je dors en moyenne 4h à 5h par nuit, mais parfois c’est bien moins que ça, les nuits blanches en tournée ça arrive… Difficile quand en plus des concerts il y a des trajets très longs à assurer.

Tu fais ce métier depuis quelques années, quels sont les artistes qui t’ont marqué ?

Voici une liste non exhaustive, pour n’en citer que quelques-uns :

Detroit7, (ndr : voir leur clip ci-dessous, Samidarukimi)  plus qu’un simple « groupe japonais » c’est pour moi un des meilleurs groupes de rock de la planète ! Je n’ai jamais vu une énergie pareille sur scène ! Et c’est aussi bien plus qu’un groupe pour moi, avec le temps nous sommes devenus comme une famille, ce sont des gens géniaux !

Les membres de Gari, qui m’ont appris mes premiers mots en japonais et qui sont vraiment cools !

Nana et Taizo de Loveless, qui sont adorables, intéressants, cultivés, ouverts au monde et passionnés.

Les Jet Boys, groupe punk complètement déjanté qui n’a de japonais que le pays d’origine.

Kokia, qui est une artiste très simple et d’une grande générosité.

Les groupes Plastic Tree & D, qui malgré l’étiquette visual kei sont des artistes simples, cool, et vrais !

Et récemment Uplift Spice, un groupe jeune, énergique et très drôle. Encore une nouvelle famille que j’espère revoir très vite !

À vrai dire, hormis une ou deux tournées, je garde un bon souvenir de tous les artistes et tous m’ont marqués d’une manière ou d’une autre.

On sait les japonais timides dans la vie… Et les artistes nippons sur une tournée ça donne quoi ?

Cela dépend vraiment des artistes. En général, ils sont un peu comme des grands enfants, un peu perdus, il faut faire attention à eux, etc. Certains ont beaux se lâcher sur scène, une fois le costume enlevé, ils redeviennent le japonais lambda. D’autres sont identiques au quotidien comme sur scène. Et il n’est pas rare de rencontrer de véritables spécimens avec lesquels les moments « off » sont des purs moments.

N’oublions pas que pour beaucoup d’entre eux, une tournée européenne c’est bien plus que faire des concerts. C’est souvent l’occasion de sortir de leur pays (pour certains c’est la première fois), ils comptent donc en profiter pour aussi s’amuser et visiter l’Europe. Il est fréquent que les day off deviennent des journées touristiques et/ou de détente.

Une anecdote de tournée ?

Une ? Impossible, en tournée les anecdotes c’est plusieurs par jour… Il y en a tellement que je ne saurais choisir… Et puis ce qui se passe en tournée reste en tournée (^_~)

Sans citer de groupes, pour ce qui est des purs moments, il m’est arrivé entre autre, d’aller en forêt pour cueillir des champignons juste avant un concert, de faire du ski et du snow sur une route enneigée que j’avais emprunté la veille avec mon van, de faire trempette au bord de l’océan ou bien encore de transformer une laverie en salle de danse hip-hop.

Emmener des artistes japonais faire des courses, c'est ça aussi une tournée :)Qu’est-ce qui les marquent en général à leur arrivée en France ?

Mon van dans un premier temps ^_^, puis la nourriture, le fait d’avoir des fans ailleurs que dans leur pays, et tout simplement la différence de culture.

Le public des concerts japonais, il est fait de qui ? Des fans uniquement ?

La réponse est dans la question, il est fait en partie de fans de musique japonaise.

Après cela dépend du style, les fans de visu sont pour la plupart fan de musique japonaise car visu = japon, mais pour les groupes punk par exemple, il y a des gens dit « casual », des curieux, des fans de la culture japonaise,  et des punk.

Kokia de son côté a un public très éclectique, alors que D a un public de fans de visu. Detroit7 ont démarré en Europe avec un public essentiellement composé de fan de musique japonaise et avec le temps, le public s’est agrandi et beaucoup de gens présents aux concerts étaient fans de musique rock/rock‘n’roll tout simplement.

Ce qui est dommage, c’est qu’il est difficile d’exporter la musique japonaise hors des réseaux liés à la culture japonaise, et donc le manque de publicité dans les autres réseaux (musicaux mais non japonais) fait qu’il est quasiment impossible de toucher un nouveau public. Pour toucher un public plus large, il y a aussi les festivals, qui brassent un public très large et qui permet aux groupes qui y jouent de toucher un autre public et, si talent il y a, de le conquérir très rapidement. Mais cela reste aussi très difficile, peu de groupes japonais ont leur noms sur les programmations des festivals en France et dans le reste de l’Europe.

Et pour finir, quel est l’artiste ou le groupe dont tu rêverais de faire la tournée ?

Ce dont je rêve, c’est continuer de faire des nouvelles tournées et revoir les artistes avec qui j’ai déjà tourné.

Et pour citer un artiste que j’aurais rêvé de faire tourner et qui méritait bien plus de renommée qu’il n’a eu, je dirais NUJABES (Jun Seba) !

Merci Jay !

De rien Ramzy ! (ndr : oui Jay m’appelle Ramzy, maintenant vous savez tout ^^)

Jay by Maya

Merci donc à Jay pour son temps et sa simplicité et réservez lui un accueil chaleureux la prochaine fois que vous croisez l’homme à la mèche sur un concert nippon. Vous le recroisez de toute façon sur ce blog car il fait partie de la seconde sélection d’acteurs de la j-music pour le second débat consacré à ce thème.


novembre 25th, 2011
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Interview Uplift Spice

⊆ novembre 11th, 2011 | ≡ Topic: Evènement, Interview, J-music | | ˜ 4 Commentaires »

Uplift Spice

Suite et fin de notre petite série Uplift Spice à l’occasion de leur tournée française. Après un concours, une biographie, un live report, terminons en beauté par l’interview des 4 membres du groupe.

Timides au départ puis rapidement détendus et souriants, Yookey, Chiori, Kenji et Tovita ont accepté de répondre à nos questions quelques heures avant leur premier date hexagonale. Au programme : la scène et le public français, l’écriture et la composition des morceaux du groupe. Un moment privilégié, pour lequel je remercie Soundlicious… C’est maintenant à votre tour d’en profiter, enjoy 😉

YookeyBonjour Uplift Spice. Première question, toute simple : à quelques heures du concert, comment vous vous sentez ?

Yookey : J’ai super hâte d’y être !

 Et pour les autres ?

Les autres : Nous aussi ! (Rires)

Quelle image avez-vous du public français ? À quoi vous attendez-vous ?

Yookey : Chiori a un ami français qui lui a dit que le public français était très sage, qu’il ne bougeait pas beaucoup et se contentait juste d’écouter la musique. On n’a pas d’attente particulière ou d’image précise cela dit, mais c’est comme ça qu’on nous l’a décrit.

 À propos de votre setlist, comment la préparez-vous : avec vos morceaux préférés ou les plus populaires ?

Chiori : Au Japon, on vient de sortir notre nouvel album, Paradigm Shift, donc lorsqu’on tourne là-bas on joue surtout les morceaux de cet album. Mais pour notre venue en France, comme les gens connaissent surtout des morceaux de nos précédents albums qui sont passés en clip, on a mis pas mal de ces morceaux dans la setlist.

Quel est le morceau que chacun préfère jouer sur scène ?

Tovita : Justice.

Chiori cherche…

Kenji : Omega Rythm

Chiori cherche encore…

Yookey : Hallelujah

Mais euuuuh, arrêtez de vous moquer !Et pendant ce temps, Chiori cherche toujours, ce qui ne manque pas de faire rire tout le monde !

Chiori : C’est difficile ! (Rires) Je dirais, en fait, que ça dépend des jours. Ça dépend aussi de la réaction du public. S’il est plutôt calme, jouer un morceau plutôt doux ça marche bien et je trouve ça agréable. S’il est en train de bouger dans tous les sens je vais plutôt me sentir à l’aise dans un morceau plus « destroy »…

Ce qui compte c’est donc d’être en adéquation avec le public…

Chiori : Voilà c’est ça.

Yookey, quand vous composez vos morceaux est-ce que vous pensez à la scène ?

Yookey : Pas du tout ! (Rires) Mais par contre cela arrive qu’on adapte ensuite les morceaux pour la scène.

Quelles sont vos sources d’inspirations pour l’écriture des morceaux et des paroles ?

Yookey : Pour la musique tout ce qui rentre dans mes oreilles est source d’inspiration, que ce soit de la pop, de la dance, du métal… Tout ce qui j’entends me sert pour mes propres compositions.

Chiori : J’écoute assez peu de musique japonaise, plutôt de la musique occidentale, même si j’écris en japonais. Donc je ne peux pas vraiment dire que je sois inspirée par un artiste en particulier. En fait quand j’entends les compositions de Yookey, j’essaye de voir ce qui colle le mieux.

Quand j’écoute des morceaux dans une langue étrangère je ne comprends pas grand-chose mais certains passages me restent dans la tête et j’essaye de faire en sorte que nos morceaux produisent le même effet.

Kanojo est l’un des morceaux les plus populaires en France, comment est-il né ?

Chiori : Quand Yookey me file ses compositions et ses démos, je chantonne la mélodie et sur Kanojo c’est le refrain « Machine gun demo kowasenakute » qui m’est venu en premier…

 Que ce soit dans Kanojo ou sur d’autres morceaux on ressent une vraie explosivité dans vos morceaux. Qu’est-ce qui vous rend si explosif et d’où vient toute cette énergie ?

Question qui laisse tout le monde pensif… Et ce gros blanc se termine bien sur par un rire général.

Fou rire général ^^

Tovita : Tous les sentiments comme le stress qu’on accumule dans la vie de tous les jours explosent sur scène. À vrai dire on est tous un peu timide et tout ce qu’on n’ose pas dire dans la vie, on l’exprime sur scène.

La question suivante concerne les musiciens : qu’est-ce que vous aimez dans les textes de Chiori ?

Kenji & Tovita, les deux frèresYookey : Ce qu’il y a de bien dans ses paroles c’est qu’il y a plusieurs niveaux de lectures et on ne peut pas tout comprendre à la première lecture. Plus on lit et plus on comprend la profondeur des paroles. Si deux personnes lisent le texte, chacun en aura une interprétation différente.

Chiori : Du coup, parfois, même des Japonais disent qu’ils ne captent rien aux paroles ! (Rires)

Tovita : J’aime bien qu’elle utilise pas mal de mots peu usités en japonais.

Et réciproquement, Chiori, qu’est-ce que vous aimez chez vos musiciens ?

Chiori : En fait il y a deux choses que j’aime bien. D’une part en concert, quand il faut y aller à fond, on est tous sur la même longueur d’onde, personne ne fait son truc dans son coin.

D’autre part ils sont tous très sérieux, se donnent à fond pour le groupe. Il n’y en a pas un seul qui veut tirer la couverture à lui, pas de « moi, je ». Et pour ça je les respecte. Il y a ce sentiment de vraiment faire partie d’un groupe et d’avancer tous ensemble qui est très agréable.

Yookey, qui la charrie un peu : Ouais attend, tu nous le dis jamais ça, d’où tu nous respectes ? (Rires)

 Qu’est-ce que vous aimeriez que les Français se disent après vos concerts ?

Yookey : Que c’était trop bien ! (Rires)

Chiori : L’idéal serait qu’ils aient envie de nous revoir, donc on va tout faire pour qu’ils aient cette envie-là !

 On vous le souhaite… Merci Uplift Spice !

 Remerciements à Chiori, Yookey, Tovita et Kenji pour leur temps et leur simplicité. Merci également à Sae pour son travail d’interprète et à Stéphane pour la mise en place de l’interview.


novembre 11th, 2011
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Uplift Spice : Live report version longue d’un chocobo conquis

⊆ novembre 1st, 2011 | ≡ Topic: Articles, Evènement, J-music, Report | | ˜ 4 Commentaires »

Uplift Spice

Après une bonne soirée j-music en live comme je n’en avais pas fait depuis longtemps (depuis Abingdon Boys School en 2009, c’est dire !), j’ai pu assister au concert d’Uplift Spice samedi dernier à la Maroquinerie, à Paris. Comme j’ai eu également l’opportunité d’être présent dès 14h pour une interview du groupe (en ligne dès la semaine prochaine). Nous voilà donc parti pour un report version longue ! Bonne lecture 😉

Uplift Spice : une tournée j-rock qui démarre fort !

Vendredi 29 octobre, aux alentours de 17h…. Quatre jeunes gens débarquent dans un aéroport parisien. Leur manager, tout aussi excité qu’eux, mitraille l’arrivée du groupe pour nous en faire profiter sur Twitter. Uplift Spice quitte pour la première fois sa terre natale et vient de débarquer en France. Une première occasion pour saluer deux fans qui guettaient leur arrivée avec une évidente impatience !

これでツアー回るぞ〜 on Twitpic出待ち写真UP忘れてた〜↓↓↓ on Twitpicただいまスーパーで買い物中。 on Twitpic

Le groupe de punk-rock est invité par le tourneur Soundlicious pour une tournée de 6 dates dans l’hexagone, avec l’aide du célèbre camion de Gekido Tour, qui a déjà transporté moult artistes nippons (il pourrait en dire des choses ce camion !).  Bref, les choses sérieuses ont commencé dès le lendemain par un sold out à la Maroquinerie, de quoi remplir de joie le quatuor japonais, aussi curieux que désireux de tester la scène française.

Avec ma chère pingu-caméragirl (aka Gally) nous avons pu les rencontrer pour l’une de leur première interview puis nous avons laissé le groupe vaquer à ses occupations, c’est à dire la répétition et la réalisation de la balance (équilibrer le son entre les différents instruments entre eux et avec la voix de Chiori). Nous nous sommes faits aussi petits que possible et pris quelques photos pour vous faire profiter de cet instant sympathique et (presque) détendu.

Répétition Uplift SpiceRépétition Uplift SpiceRépétition Uplift Spice

18h est rapidement arrivé… Les premiers fans, ravis, sont venus occuper le premier rang de la salle puis c’est un flot continu de personnes en tous genres qui remplit la fosse et les gradins : du monsieur et mademoiselle tout le monde, des métalleux, des jeunes filles excitées comme un chat sauvage sur une souris en sous-vêtements Aubade, des geek Nolifiens, des journalistes qui repèrent les quelques coins au bon potentiel photographique, etc. Bonne humeur, fébrilité et impatience étaient là, il ne restait plus qu’à attendre.

20h : les lumières s’éteignent, avec un peu de retard. Les membres du groupe arrivent, chargés à bloc, et saluent la foule tel des boxeurs sur le bord du ring. Le concert débute avec Zero In puis Justice et la première partie de la setlist. Uplift Spice démontre que sa réputation de groupe vif et puissant n’est pas volée. On sait déjà que Chiori sait donner de la voix et du peps et ce soir on constate que tout le groupe fait preuve de la même énergie.

Chiori galvanise la foule

La salle jouit d’une bonne acoustique et sa taille modeste permet à tout le monde d’en profiter, des premiers rangs de la fosse aux gradins plus en hauteur. Le premier MC est l’occasion pour Chiori de tenter quelques mots en français, soutenue par une foule qui a quelques notions de japonais. L’échange n’est pas toujours facile, mais les tentatives de la chanteuse sont portées par la ferveur du public, qui en profite pour ponctuer le tout de quelques “CHIORI ! DAISUKIIIII !” qui amusent l’intéressé et les autres membres du groupe. De toute façon, chacun a eu le droit à sa déclaration ce soir. L’ambiance est plutôt bonne et tout se passe très bien.

Le concert reprend avec Ni jū san-ya et une énergie intacte. Les morceaux s’enchainent, provenant de l’ensemble du répertoire du groupe, avec plusieurs titres de leur dernier album, Paradigm Shift, sans oublier les morceaux qui les ont rendus célèbres, sur Nolife et ailleurs : Kanojo, Omega Rhythm, Memento, NGC 224, etc. Qu’ils soient récents ou plus anciens, chaque morceau est joué sans fausse note, même avec les bonds répétés des guitariste et bassiste… Tovita n’est pas en reste non plus et enchaîne les paires de baguettes, visiblement moins solides que lui.

 Kenji brille de milles feux à la basseUplift SpiceUplift Spice

Arrive ensuite un second MC où le groupe a bien compris que le public français est survolté et lui délivre un “ vous êtes chaud ! ” bien mérité, avec après une reprise en cœur réussie de Kanojo. Alors que le concert entame son derniers tiers, la chanteuse en profite pour remercier la chaîne Nolife, a qui le groupe doit une bonne partie de sa popularité dans l’hexagone. Suzuka, animatrice de la chaîne, est d’ailleurs présente avec une large partie de ses collègues et elle en profite pour saluer Chiori en hurlant avec joie de l’autre bout de la salle. Le lien entre Uplift Spice et Nolife est donc bien là… Et fait plaisir à voir !

Jusqu’au bout, le groupe enchaîne les morceaux en se donnant à fond, malgré un jetlag de 10 heures dans les gencives qui pourrait en assommer plus d’un. Le concert s’achève une première fois sur un Hallelujah survolté et une salle en transe, qui aurait bien voulu repartir pour une seconde heure de show. Uplift Spice est donc revenu pour un rappel avec Hanabi no Iro et des remerciements au public avant de le quitter…

ChioriYookey

Ou pas. En effet, même avec le manque de sommeil et un concert dans les pattes, Uplift Spice se lance ensuite dans une séance de dédicaces. Plus d’une centaine de personnes s’étaient procuré le poster à l’effigie du groupe et ils ont pu rencontrer Chiori, Yookey, Tovita et Kenji, tous les 4 sur un petit nuage après cet essai transformé avec le public de la capitale.

Ainsi s’achevait la première soirée Uplift Spice…Quoique non, pas encore !

Une vingtaine d’irréductibles fans décide d’attendre leur idoles à l’extérieur de la salle, devant la fameuse “ sortie des artistes “. Une fois la salle rangée et nos stars du soir fin prêtes à rendre l’âme sur l’oreiller, ils saluent donc, une dernière fois, leurs admirateurs avec quelques bye bye et coups de klaxon bien mérités. Après tout la soirée fut réussie et on souhaite, nous aussi, que les autres salles leur réservent le même accueil. Car Uplift Spice en concert, ça le fait bien !

 

Tovita qui finit en beauté !

Pour ceux qui ont envie de rejoindre le groupe sachez qu’il reste encore trois dates à Toulouse, Marseille et à Bruxelles en Belgique. Plus d’infos sur le site web de Soundlicious.

Setlist : 01.ZERO-IN 02.Justice 03.鬼(Oni) 04.シェルター(Shelter) 05.二十三夜(Nijuu san ya) 06.スターバースト(Star blast) 07.ガリレオ(Galileo) 08.マイノリティ・パレード(Minority parade) 09.カノジョ(Kanojo) 10.Memento 11.銀河赤道(Ginga sekidou) 12.NGC224 13.カタチ(Katachi) 14.リバティ・ベル(Libdrty bell) 15.オメガリズム(Omega rhythm) 16.hallelujah -encore- 花火の色(Hanabi no iro)


novembre 1st, 2011
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Concours Uplift Spice : and ze winner is…

⊆ octobre 26th, 2011 | ≡ Topic: Concours J-music, J-music, News | | ˜ 2 Commentaires »

Voici enfin les résultats du concours d’octobre, consacré à Uplift Spice.

Uplift Spice

Ce mois-ci le blindtest vous a donné quelques suées, je tacherai de disséminer des indices si un jour l’occasion se présente d’en faire un nouveau !

Le gagnant du mois est Francis C., bravo à lui ! Il sera ajouté sur la liste des invités avec une personne de son choix, merci à lui de m’envoyer les coordonnées nécessaires par mail à concours@paoru.fr avant demain soir ! Bravo également à Sakura, Déborah, Mei, Cédric, Hélène, Dimia, Zia, Ghi, Rodolf, louloutte, Angel et Flo pour votre tentative et félicitations pour les sans fautes de certains ! Merci à eux et à tous les participants.

Merci également à Stéphane de Soundlicious pour l’organisation de ce concours !

Place maintenant aux réponses, en clip bien sur !

1. RADWIMPS – 25kome no senshokutai

2. Superfly X Jet – I spy I spy

3. Arashi – Troublemaker

4. UVERworld – GOLD

5. Abingdon Boys School – Howling

6. L’Arc~en~Ciel – Dune

7. Hilcrhyme – Daijoubu

8. Dragon Ash – Ambitious

9. B’z – C’mon

10. Soul’d OUt – To All The Dreamers

11. Sakanaction – Aruku Around

Rendez-vous en novembre pour un nouveau concours, avec un artbook à la clé !


octobre 26th, 2011
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Uplift Spice, du j-rock explosif !

⊆ octobre 22nd, 2011 | ≡ Topic: Articles, Evènement, J-music | | ˜ 4 Commentaires »

Uplift SpiceChose promise chose due, voici un petit papier sur un groupe de j-rock dont la tournée hexagonale s’avère prometteuse : Uplift Spice. Tout le monde en parle – surtout pour faire gagner des places – mais peu de choses sont écrites sur le groupe lui même, donc j’y vais de ma plume ! Il est géré par Soundlicious pour la tournée française et fait son bonhomme de chemin grâce à la diffusion, entre autres, de ses clips sur la chaîne Nolife depuis 2010. Des clips populaires et régulièrement classés dans le top 3 du J-top de la chaîne.

Uplift Spice est un groupe de punk-rock créé en 2005 et composé de 4 membres : Chiori au chant, YOOKEY à la guitare, tovita à la batterie et enfin son petit frère kenji à la basse. Les choses sérieuses ont commencé en 2006, avec la sortie de leur premier mini-album Shateki.

Guidés par une batterie percutante, les morceaux d’Uplift Spice se reconnaissent surtout à la voix de Chiori, qui écrit les paroles sur les compositions de YOOKEY. Voici d’ailleurs la demoiselle avec le titre Hanabi no Iro, qui a donné son nom au deuxième album, sorti en 2007. Il servira également de générique au film japonais Heat Island :

Aigüe et typiquement japonaise, cette voix se révèle néanmoins pêchue et se marie parfaitement à la guitare très électrique de YOOKEY qui monte en puissance au sein des morceaux pour qu’instruments et vocaux explosent ensemble le temps d’un refrain. Chiori évite le piège de la voix kawaï dans lequel elle aurait pu facilement tomber pour balancer une dose massive d’énergie sur ces morceaux.

Le groupe se forge donc petit à petit son identité et continue son chemin. En juillet 2008 arrive leur premier album Uplift Spice, qui contient une chanson qui me trotte dans la tête depuis facile 3 semaines : Kanojo. La voici, sous-titrée en français par Nolife… Une bonne occasion pour jeter un œil au texte d’Uplift Spice, sans concession.

Si on compile les références de l’ensemble du groupe on retrouve : The Used, Saosin, System of a Down, Pantera, Jojo Mayer, Thomas Lang, Oscar Peterson et Bill Evans… Et j’en passe. Suite au premier album le quatuor se lance dans les tournées et sort un second album en août 2009 : Omega Rhythm, l’occasion de passer du label Sledgehammer à un label plus important :  Dynamord, le label – entre autres – d’ELLE GARDEN. Ce changement ne modifie heureusement pas le son du groupe, tout aussi énergique et bondissant ! Preuve en est du morceau titre de l’album que voici, une fois de plus, dans sa version Nolife pour profiter du texte !

En septembre 2009 sort le troisième album, Memento, du nom d’un des morceaux (on retrouve également le morceau Justice dans l’album). Fidèle à leur image de groupe punk, le groupe invite ses fans à bouger, se lâcher et on a forcément hâte de voir ce que donne cette énergie sur scène. On finit d’ailleurs avec un live report – interview de leur concert à Shibuya en 2010 signé par Nolife :

Rendez-vous donc à la Maroquinerie (où votre serviteur ira se bouger les plumes) ou sur l’une des autres dates de la tournée et n’oubliez pas, 2 places sont à gagner pour le premier concert qui s’annonce explosif… Vivement vivement !

Uplift Spice

 


octobre 22nd, 2011
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[300ème] La J-music, partie 3/3 : des médias j-music à ré-inventer ?

⊆ octobre 14th, 2011 | ≡ Topic: Articles, Interview, J-music | | ˜ 2 Commentaires »

 chocoboson4

Troisième et dernière partie du dossier spécial J-music pour la 300e du blog. Après le public et le potentiel de la J-music suivi de la questions des labels européens et Japonais, terminons ce dossier-débat avec un domaine d’activité actuellement entre deux époques et deux générations : les médias J-music.

Les médias j-music sont à l’image du public niche correspondant : peu nombreux, forcément. Mais que dire des présents ? Lorsqu’on demande à nos interlocuteurs ce qu’ils lisent pour se tenir au courant de l’actualité, la réponse n’est pas engageante : « rien de français ».

En dehors des dates de concerts et des sorties hexagonales d’albums qui ne se bousculent pas les unes les autres, l’actualité nippone des groupes est donc ailleurs : ce sont les sites japonais et anglophones qui reviennent dans les bouches de nos interlocuteurs… Natalie, Barks, Oricon news et Skream pour Chtite_asu,  auquel Tanja ajoute Yahoo et d’autres.

Oricon

Néanmoins le web francophone n’est pas sans intérêt, heureusement. Shito et Tanja citent par exemple l’agrégateur jpopDB, pour se tenir au courant de l’avis de leurs compatriotes sur l’actualité ou les sorties. Nunya complète avec les Street Teams fr pour ces possibilités francophones.

Mais quid des gros sites internet, des institutions dans le domaine ? Dans une époque pas si lointaine je me souviens du site JaME qui dominait le marché et d’autres Orient Extrème et Asia-Tik. Pour être honnête je n’entends plus parler de ces derniers que par des problèmes au sein de rédaction ou par des rumeurs de fermeture et en terme éditorial la scène web a pris des allures de désert parsemé de rares blog-oasis. Cependant je suis relativement étranger à ses sphères et j’ai donc posé la question suivante à nos intervenants : les leaders d’hier semblent en perte de vitesse, en termes d’audience, de crédibilité et/ou d’impact…Qué pasa ?

Shito, observateur de tout cette époque – pendant et après Mimu – liste les raisons possibles de ce ralentissement : « Rédacteurs de la “grande époque” blasés par la perte de vitesse des artistes qui ont motivé leur engagement initial, difficulté à recruter des rédacteurs compétents et disponibles à l’heure où les réseaux sociaux occupent l’essentiel du temps consacré par les jeunes à leur vie virtuelle, manque de relief actuel du marché musical japonais : un trio explosif qui, à mon sens, a tout fait s’effondrer. »

Mais si Shito relie ces difficultés à celles du marché concerné et au virage des réseaux sociaux, d’autres vont plus loin et soulignent les erreurs des sites eux-mêmes. Pour Matthieu ces derniers n’ont tous simplement pas su évoluer : « JaME ne parle pas de la bonne chose et ils sont à côté de la plaque. C’est devenu un site de trad, une (belle) vitrine et une grosse régie de pub. Ils n’ont aucune politique claire et ils ont été incapables de prendre du recul sur ce qu’ils font. »

JaME

Nunya donne ensuite son point de vue et la corrélation entre perte de succès des uns et montée en puissance des autres… « Il y a une incompréhension totale du marché, du public, d’une part, et du médium d’autre part. […] La vraie source de la perte d’audience, et qui explique aujourd’hui à contrario je pense le succès de Japan FM, c’est la capacité à fédérer la jeune génération en utilisant ses codes et ses outils, comme l’a bien souligné Shito, d’ailleurs. »

Si JaME, ancien leader, est celui qui est ici pointé du doigt, les mêmes problèmes sont constatés pour de nombreux sites autrefois significatifs mais qui sont de plus en plus méconnus (inconnus ?) par les nouveaux fans.

Et comme une simple critique est un exercice stérile, je propose ensuite à mes interlocuteurs leurs propres solutions : Le site web j-music idéal, il ressemblerait à quoi ?

Depuis la fermeture de Mimu, Shito a bien sur réfléchi à la question et pourrait en parler pendant des heures mais on peut résumer son propos ainsi :

« Le site idéal ce serait un site conçu et réalisé par des passionnés, pas par opportunisme […] qui s’adresse à tout le monde, […] qui soit un site de J-music, et qui parle de J-music de façon représentative de ce qu’est le marché japonais et pas de ce qu’est le marché français.

Mimu, le feu-site de Shito

Côté contenu : une exhaustivité sur les news/l’actu, […] une véritable mission de partage de découvertes, avec l’aide bien sur des sites d’hébergement vidéo aujourd’hui incontournables, […] une vraie ligne éditoriale… Ce qui n’implique pas d’imposer un avis/une ligne de conduite aux rédacteurs, mais d’imposer aux rédacteurs d’avoir un avis/une ligne de conduite. La critique est une composante saine et essentielle du paysage médiatique français, et le site J-music idéal doit pour moi proposer des textes engagés et engageants, qu’ils soient positifs ou négatifs, écrits par des personnalités identifiables. La mise en valeur du rédacteur, c’est aussi lui assurer un maximum de retours et de visibilité, ce qui est au final sa seule rémunération, et donc sa principale source de motivation. Or la motivation, c’est capital pour qu’un site soit pérenne !

Enfin un retour “pédagogique” qui me semble indispensable à l’attention du jeune public sur ce qui, à mon sens, a été l’âge d’or de la Jpop, la période 1995-2005 en somme. »

Matthieu insiste ensuite sur la nécessité d’indépendance éditoriale : « ce n’est pas évident parce que un site n’est jamais idéal, surtout quand il s’agit d’un site avec un lien avec le commerce : on doit trouver le juste milieu entre brosser ses partenaires dans le sens du poil et avoir une politique éditoriale objective. »

Nunya complète le tableau : « Un site qui serait un gigantesque mass média capable de fédérer autant que d’entretenir, de ne pas insulter le nouveau public mais au contraire de le prendre véritablement au sérieux.

Ça passe par une véritable utilisation des codes d’aujourd’hui, ça passe par une équipe soudée de gens compétents, ça passe par l’exploration, le tâtonnement. Ça passe par une webradio, par du newsing, par du cumul de reportage vidéo, tenus par des gens qui savent y faire, et auquel l’égo est une chose secondaire.

Ah et un truc con, ça passe aussi par des gens qui parlent un peu japonais. C’est bien aussi, ça peut aider… Plutôt que de retraduire ses propres news anglophones. »

Ce côté bilingue est également plébiscité par Chtite_asu : “Je pense qu’il faut tout d’abord que le site soit multilingue afin qu’il soit viable sur long-terme. Les labels japonais sont très prudents lorsqu’ils ne comprennent pas les textes écrits par les rédacteurs. Si l’on souhaite avoir une crédibilité et montrer aux japonais quels projets seraient viables, alors c’est un élément indispensable.

D’un autre côté, une version anglophone permettrait tout simplement d’attirer un public plus large. Il est vrai que Tokyohive est un géant difficilement dépassable, mais ce site se contente quasi-exclusivement de faire des news. Les lecteurs d’aujourd’hui souhaitent avoir des opinions afin d’être confortés dans leurs choix et vice-versa. Les news attirent les gens, mais les articles permettent de les fidéliser et il est donc important d’y accorder une attention particulière. Bien sûr, les rédacteurs doivent avant tout avoir du temps à revendre, se lancer dans l’aventure avec passion et ne pas avoir peur d’exprimer leur point de vue, pour le meilleur ou pour le pire. Tout en étant à l’écoute des deux sons de cloche, le site ne doit devenir ni la marionnette des médias et labels, ni celle de ses lecteurs.

Tokyohive

La plus grande difficulté dans tout ceci ? Matthieu mets sans doute le doigt dessus : « le souci aujourd’hui c’est de trouver les personnes capables et ayant l’envie de s’impliquer. » Tout le monde plussoie, Tanja en tête.

En attendant que ce rêve devienne réalité, je laisse à mes intervenants le micro, ou plutôt la plume, pour finir cette conversation.

Ils peuvent maintenant délivrer le message de leur choix, vers le public français, les labels franco-euro-japonais, les radios, la presse… Comme ils le sentent !

Tanja lance le premier message, à qui veut bien l’entendre : « paix et amours entre les différents sites web français. Ça fait 11 ans que je suis sur le net et ça fait 11 ans que je vois les gens s’étriper :/ »

Un message résolument positif approuvé par tous les présents et complété par Nunya : « Mon message, c’est simplement une espérance candide, celle qui croise les doigts, met son chapeau et serre les fesses pour que la guerre des égos se tassent et que les acteurs de la J-Music en France viennent à se poser, réfléchir et se solidifier, ensemble, pour proposer un média francophone crédible et actuel, tout en comprenant, pour la première fois, que le succès de la J-Music viendra aussi et avant tout de la fédération et du renouvellement de son public, trop souvent pris – très injustement – pour une succession de profanes demeurés venant gratter le saint graal de vieux hipsters que nous sommes depuis plus de dix ans.

C’est peut-être un mélange d’incurable optimisme et d’une volonté inébranlable, mais je pense qu’il y a encore tout à (re)construire du côté de la musique japonaise. 

UN MESSAGE D’ESPOIR ET D’AMOUR MERDE ! »

L’autre message, c’est celui de Shito, à destinations des labels japonais, sans prétention d’être entendu : « Messieurs-dames, les choses changent, le monde change. Vous avez la chance d’avoir aujourd’hui un rayonnement culturel sur lequel vous pourriez capitaliser. Vous avez une porte d’entrée bien établie auprès de toute la jeune génération occidentale, pour qui aujourd’hui la culture pop nippone est une composante parfaitement intégrée des habitudes de consommation globales.

 Mais vous avez aussi compris que ce n’était pas si facile, le marché occidental n’a rien d’un eldorado. Il vous faut une politique d’engagement sur le long terme, ça vous l’avez compris. Mais après bien des déceptions, il vous faut clairement marquer le coup, faire savoir au public occidental que vous lui donnez réellement sa chance, lui montrer que s’il s’investit il aura quelque chose en retour.

Il y a en France des interlocuteurs capables de vous aider à mieux connaître le public français, sa façon de fonctionner, de consommer, ses goûts, et il vous est nécessaire de faire appel à eux car, vous devez l’accepter, vous ne connaissez pas bien ce public qui est radicalement différent du public nippon, n’a pas les mêmes attentes, les mêmes références culturelles, les mêmes priorités de dépense de son argent. La balle est dans votre camp, mais dans tous les cas, un changement de mentalité est indispensable : pour ne pas rater le train de la mondialisation, il faut commencer par arrêter de se replier sur soi, aussi structurel que soit ce comportement dans votre héritage culturel… »

Espérons que ces deux messages seront entendus, compris et qu’il en ressortira surtout du positif…

À l’image de ce qu’a fait Tanja ou Shito ici, il est nécessaire que la première génération de fans et journalistes fassent profiter de leur indéniable expérience à ceux qui arrivent, sur un pied d’égalité et en étant prêt à leur laisser le champ libre. Personne n’est devenu plus con en une décennie, et ça vaut autant pour les anciens que les nouveaux fans, journalistes ou acteurs de cet univers que nous chérissons. Il va falloir « éduquer » ces nouvelles générations, leur faire découvrir une J-music derrière les têtes de gondoles imposées par les majors… Ou leur expliquer les arcanes de la communication franco-japonaise (tout un programme !).

Si un jour les japonais se décident à passer la seconde, il faudra des gens en face… Mais mon petit doigt me dit que de nombreuses personnes lèvent déjà la main !

Merci en tout cas à Tanja, Chtite asu, Shito, Matthieu et Nunya pour leur participation à cette discussion autour de la J-music. Ce fut aussi instructif que sympathique 🙂

Bon c’est bien beau tout ça mais pour la 400e… On fait quoi ?

 

PS : Ce dossier-débat n’a jamais eu pour but d’être exhaustif, donc pardon aux labels, sites web ou autres sociétés qui n’ont pas été cités… De la même façon, si ceux qui ont été mis en avant veulent participer intelligemment au schmilblick, ce sera avec joie que j’organiserai d’autres tables rondes pour ne léser personne et donner aux lecteurs une vue de plus en plus complète de ce marché, progressivement… Parce que le sujet est vaste, public de niche ou pas. La porte est ouverte,  le mail c’est ramza AT paoru.fr 😉

Si vous avez raté les autres épisodes, c’est par ici :

Débat J-music 2

Partie 1 : Quels invités pour l’hexagone ?

Partie 2 : Les concerts, de A à Z…

Partie 3 : Motivations et rayonnement

Débat J-music 1

Partie 1 : Public J-music où es-tu, qui es-tu ?

Partie 2 : Majors, label et tourneurs, que fait la France et qu’espérer du Japon ?

Partie 3 : Des médias J-music à ré-inventer ?


octobre 14th, 2011
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[300ème] La J-music, partie 2/3 : majors, label et tourneurs, que fait la France et qu’espérer du Japon ?

⊆ octobre 12th, 2011 | ≡ Topic: Articles, Interview, J-music | | ˜ 6 Commentaires »

Seconde partie du dossier spécial J-music pour la 300e du blog. Après le public et le potentiel de la J-music, intéressons-nous aux acteurs du système : les labels et les tourneurs, en France puis au Japon.

Lorsque l’on demande à Tanja, Chtite_asu, Shito, Matthieu et Nunya de nous citer les labels et tourneurs officiant dans l’hexagone, les premiers noms sortent aisément : Soundlicious et Bishi Bishi.

C’est après que ça se gâte, comme le dit Shito : « Je réfléchis, je réfléchis… Et en fait, je me rends compte qu’il n’y a vraiment plus grand monde. »

D’autres noms finissent par arriver, avec parfois des points d’interrogation sur leur existence actuelle, symbolique il faut l’avouer de vrais soucis de communication : Gan-Shin, Gekido, Nous Prod, Torpedo ou Rage Tour. D’autres enfin font débat quand à leurs choix artistiques et la crédibilité qui en découle : Ramen Events et Wasabi.

On peut toujours accuser nos intervenants de mal connaître la cartographie nationale de leur profession mais, comme le dit Chtite_asu: « c’est un grand bordel en fait »… Manque de moyen ou de compétence ? Un peu des deux mon capitaine, l’occasion donc d’aborder les sujets qui fâchent : Quels sont leurs principales qualités et leurs principaux défauts ?

Pour les qualités, une revient dans toutes les bouches : tous, ou quasiment tous, sont des passionnés. Une qualité qui peut aussi être un lourd défaut, comme l’explique Nunya : « Leur défaut principal c’est une incroyable incapacité à trouver des gens compétents et faire du travail autre que bâclé. Et ce n’est pas qu’une question de moyen, même en terme de marketing viral il y a un vrai, vrai gap de connaissances.

Il y a des erreurs tellement hallucinantes en terme de concrétisation d’une date qu’ils ont le défaut de leur qualité, ce (ne) sont (que) des passionnés. Être passionné c’est génial, si tu as le professionnalisme et la compétence qui va avec. Là après, t’es imbaisable. En attendant, empiriquement ce n’est pas le cas…»

Soundlicious

Bien entendu, tout le monde n’est pas mis dans le même panier, et certains sortent du lot. Shito détaille : « Soundlicious est dirigé par une personne indubitablement passionnée, engagée, et compétente. L’association avec la SEFA lui impose sans doute des entraves mais lui donne aussi des moyens qu’elle n’aurait jamais eus sinon. Il y a un savoir-faire réel dans cette boîte, qui devient une grosse machine.

Mais c’est encore un peu tôt pour juger de la pérennité de la chose, car l’ambition rend Soundlicious très dépendante de la volonté des japonais de s’investir sur  notre marché, et de leurs caprices qui sont nombreux. Bishi Bishi, ma foi, j’avoue que l’initiative est super louable : découverte à moindre frais, c’est vraiment bien. Mais le modèle économique, je n’y crois pas. Le jour où les japonais comprendront qu’ils peuvent être présents par eux-mêmes sur iTunes dans le monde entier, Bishi Bishi n’aura plus de source de revenus. Et faire tourner des petits artistes, on le sait, ça ne rapporte pas non plus. »

Bishi Bishi sème en effet le doute chez nos journalistes, qui aiment globalement l’initiative mais attendent du concret. Nous prod est également cité à deux reprises comme label / tourneur à potentiel. Enfin les autres sociétés ne semblent pas ou plus à même d’être porteur d’espoir.

Néanmoins, il est bon de le préciser, le but de cette entrevue est d’établir un constat plutôt que de se tourner vers la polémique avec ouverture officielle du club des langues de putes. Je cite même Matthieu : « après je pense qu’il ne faut pas trop casser du sucre sur eux car, oui, il y a des erreurs mais ils prennent ce qu’ils ont sous la main et ceux qui veulent bien venir. Je crois que dans le développement de la j-music en France les principales erreurs ont été faites pas les japonais. »

Car nous sommes unanimes : une fois filtrés les quelques opportunistes du marchés – pas si nombreux finalement – il s’agit de gens passionnés et courageux au vu de l’état actuel du marché du disque et de la passivité japonaise.

Nos journalistes sont d’ailleurs divisés sur leur choix face à l’opportunité fictive de création d’un label ou un tourneur.

« On nous propose de créer / diriger un label ? Je dis non. » Tranche Shito, avant de développer : « L’activité d’un label, c’est d’éditer des CDs. A l’heure de la mondialisation et sans tomber dans la grande hypocrisie du web qui s’arrêterait aux frontières, je ne vois pas ou peu l’intérêt de sortir 6 mois, 1 ans, 2 ans après la sortie japonaise un CD en France. Surtout quand les ventes de CD chutent. Et éditer du numérique, useless aussi : si ça marche les japonais vont s’empresser de le faire par eux-mêmes et nous couper l’herbe sous le pied : le modèle économique n’a aucune chance d’être viable. Organiser des concerts, ça, pourquoi pas. Mais là encore, ça resterait très compliqué, parce que les rapports avec les Japonais sont compliqués… »

Bishi-bishi

Nos petits jeunes, aka Chtite_Asu, Matthieu ou Nunya ont avec eu la fougue de la jeunesse et sont prêt à tenter ce genre d’aventure mais chacun parle de la même condition sine qua non : s’entourer de gens compétents !

Cependant, comme dit plus haut, un problème de taille demeure : travailler avec les japonais. Et d’ailleurs comment peut-on décrire les labels japonais, à l’autre bout de la chaine ?

« Japonais » résume parfaitement Nunya. Matthieu nous délivre également une jolie métaphore : « moi je prendrais l’image d’un Koala ou d’un paresseux : il se contente de ce qu’il y a autour de lui, il ne va surtout pas se risquer à aller sur une autre branche sauf si c’est calculé et bien réfléchi. »

C’est encore Shito qui développe le mieux… « Les labels japonais sont le reflet de ce que sont les japonais d’une manière plus globale : ils ont une culture d’auto-suffisance; une manière de travailler très particulière et très différente de la nôtre et les attentes qui vont avec ; une vision du marché occidental pas du tout réaliste auquel on ne peut pas appliquer les mêmes méthodes que sur le marché japonais; des relations avec les media là aussi impossibles à reproduire ici.

Leur obsession de la propriété intellectuelle, leur obsession du contrôle, leur tendance au clonage de toutes les formules qui marchent, leur peur de ce qu’ils ne connaissent pas / ne maîtrisent pas, tout ça colle avec ce qu’est la société japonaise de longue date. Et cela n’a jamais posé de problème à personne car les labels japonais travaillaient à la japonaise pour le public japonais et en collaboration avec des entreprises japonaises.

Aujourd’hui s’ouvrir au monde est pour eux une nécessité, mais ils ont beau s’en rendre compte, c’est très difficile pour eux parce que ça ne leur est vraiment, vraiment pas naturel. Ils sont le 2ème marché mondial, ils n’ont jamais eu besoin de personne et pensent savoir mieux que tout le monde, et pendant longtemps ils ont effectivement mieux su que tout le monde. On est aujourd’hui dans une période transitoire où les japonais se testent et nous testent timidement. »

Avex Group

Ces tests et ces venues parcellaires d’artistes japonais sur la France, Nunya les décline, avec humour, en 4 points :

« Dans l’état actuel, ça les attire pour ce que j’appelle le quatuor O.S.E.F :

– L’Orgueuil (L’Arc~en~ciel, aussitôt revenu au Japon monte un musée l’Arc à Paris, sexe en main, pour se la toucher d’avoir quasi « sold outé » un Zénith en France).

– La Survivance (Tous ces groupes qui périclitent au Japon et qui viennent s’offrir une deuxième jeunesse chez nous, c’est à dire la grande majorité du visu depuis 10 ans)

– L’Existence (Ces artistes dont tout le monde s’en fout sur place mais pas ou peu chez nous, Jelly Beans, HITT…)

– Le Fantasme (Des gens comme VAMPS, qui rêvent de faire le tour du monde sur la pointe de leur kiki pour s’éclater comme leurs idols Motley Crue et autres le faisaient, avec toujours une petite pointe d’orgueil à la japonaise) »

 Cela dit, pour rebondir pour la première partie du débat : que faire de public de niches quand on est le second marché mondial ? C’est flatteur certes, mais après ?

Shito : « Avec les difficultés que rencontre le marché nippon depuis quelques temps, les labels japonais ont commencé à s’intéresser à l’exportation. Mais certainement pas par considération pour le marché occidental, non, et pour cause : là encore un concert en Europe, c’est un investissement qui se fait de façon quasi-certaine à perte. […]

Twitter AyuLa plupart des managers nippons que j’ai pu interroger disent clairement qu’ils préfèrent se concentrer sur la promotion de leurs artistes au Japon, même s’ils se disent touchés de l’intérêt des européens. Exemple simple : Ayu. La chanteuse soigne sa fanbase internationale depuis pas loin de 2 ans via twitter. Mais ça s’arrête là : l’opportunité d’un concert européen a bien été étudiée, mais rien de réalistement concret n’a émergé. […] Du coup, à part nous envoyer des produits de seconde main (groupes qui ne marchent pas/plus au Japon, produits créés spécialement pour nous à bas coût), je ne vois pas à court terme quel intérêt les labels (je ne parle pas des artistes mais bien de leurs labels) japonais pourraient avoir à s’intéresser à nous. »

Ce qui m’a amené la question fatidique, qui a récolté autant de oui que de non parmi nos intervenants : à part attendre le changement de mentalité des majors nippones on reste impuissant ?

Nunya pense que tout n’est pas forcément dans les mains des boites japonaises, et s’en explique : « On a pas attendu 20 ans la Shueisha pour ramener la bande dessinée en France. Il faut de vrais mass médias, des gens compétents, un peu plus de cojones, moins d’ego, une pointe d’inhibition, et encore un peu de cojones. »

Au débat qui se lance alors où Tanja pose la primordiale question des moyens financiers, Chtite_asu se tourne vers la seule piste qui semble possible : « les gros labels internationaux. Universal sont aussi présents en France, qu’aux states ou au japon ». Nunya, complètement d’accord, renchérit : « Pourquoi un artiste sud américain lambda arriverait à rentabiliser des dates parisiennes alors qu’un gros artiste japonais paye une fortune pour vendre à perte avec des sumimasen partout ? »

Mais il faudra, entre autre, du temps et beaucoup d’essais comme Mucc ou Miyavi avant que quelque chose de plus conséquent se développe et pour passer outre la frilosité de ces investisseurs.

Le phénomène Kpop tend à prouver que les fans peuvent avoir un impact mais entre marketing malin et fans suiveurs, difficile de discerner qui, entre la poule et l’œuf, a commencé cette histoire.

En tout cas une chose semble acquise : ce sont ces gens des labels internationaux qu’il faut convaincre… si c’est faisable. Et pour les convaincre les médias auront évidemment un rôle prépondérant.

Tiens les médias, ça tombe bien, c’est notre troisième et dernière partie !

Si vous avez raté les autres épisodes, c’est par ici :

Débat J-music 2

Partie 1 : Quels invités pour l’hexagone ?

Partie 2 : Les concerts, de A à Z…

Partie 3 : Motivations et rayonnement

Débat J-music 1

Partie 1 : Public J-music où es-tu, qui es-tu ?

Partie 2 : Majors, label et tourneurs, que fait la France et qu’espérer du Japon ?

Partie 3 : Des médias J-music à ré-inventer ?


octobre 12th, 2011
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Concours Uplift Spice : Gagnez 2 places pour le concert parisien !

⊆ octobre 11th, 2011 | ≡ Topic: Concours J-music, Evènement, J-music, News | | ˜ Pas de commentaires »

Voici le concours du mois sur Paoru.fr et pour la première fois, il s’agit de J-music !

C’est en effet 2 places pour le concert d’Uplift Spice, le 29 octobre 2011 à La Maroquinerie, qui vous attendent ! C’est avec la société de Sae CibotSoundlicious (VAMPS, Iruma Rioka,…), que je vous propose aujourd’hui de tenter votre chance pour la première date de cette tournée française. Merci à eux d’ailleurs.

Uplift Spice

Uplift Spice est un groupe créé en 2005 et composé de Chiori au chant, YOOKEY à la guitare, tovita à la batterie et enfin son petit frère kenji à la basse. Depuis leurs débuts le groupe a sorti trois mini-album (Shateki, Hanabi no Iro, Rasen) et trois albums (UPLIFT SPICE, Omega Rhythm et Memento) dont vous avez sans doute entendu quelques morceaux sur la chaîne Nolife  : Memento, Justice, Kanojo, Hanabi no Iro, Omega Rhythm ou encore Nijuusan Ya.  Pour ceux qui ne conaissent pas, voici ce que ça donne :

Afin de remporter vos deux places de concert, pour vous et une personne de votre choix, il faudra cette fois-ci venir à bout du mix de clips j-music ci-dessous, en déterminant le groupe et le nom du morceau, parmi ces 11 extraits. Envoyez les noms des groupes et des titres à l’adresse concours@paoru.fr, le tout avant le 25 octobre minuit !

Uplift SpiceUn gagnant sera tiré au sort parmi les bonnes réponses et gagnera les deux places pour le concert du 29 octobre.

J’en profite d’ailleurs pour rappeler l’ensemble des dates de la tournée :

Paris le 29 Octobre à La Maroquinnerie
23 rue Boyer, Paris 20ème à partir de 19h00

Orléans le 30 Octobre à Japan Expo Centre .

Limoges le 31 Octobre à la Fourmi .
3 rue de la Font Pinot – 87000 Limoges à partir de 18h30

Toulouse le 02 Novembre au Ramier .
18 avenue du Grand Ramier – 31400 Toulouse à partir de 18h30

Marseille le 03 Novembre au Poste à Galène .
103 Rue Ferrari – 13005 Marseille à partir de 19h00

 Bruxelles le 05 Novembre à Japan Expo Bruxelles .

Voilà c’est désormais à vous de jouer… Amusez-vous bien, et bonne chance 😉


octobre 11th, 2011
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[300ème] La J-music en France, partie 1/3 : Public J-music où es-tu, qui es-tu ?

⊆ octobre 10th, 2011 | ≡ Topic: Articles, Interview, J-music | | ˜ 4 Commentaires »

chocoboson

Voici le 300ème post de ce blog… Cool non ?! Quand je me suis demandé ce que j’allais y mettre je dois bien avouer que mon cerveau a fumé pendant une bonne semaine. Et, petit à petit, je me suis dis que ce serait sympathique et utile de laisser la parole à d’autres. Mais sur quel sujet et quels autres ?

Le choix s’est finalement porté sur la j-music, car jamais une année n’a été aussi mouvementé dans le domaine de la musique asiatique que cette année 2011 : outre le choc du 11 mars, je parle bien sur du phénomène Hallyu qui a électrisé les jeunes foules mais qui a surtout fait comprendre, par contraste, que toute une génération de fans de j-music se devait de faire un deuil. Celui de la venue des artistes de leur génération. Car dans le milieu de la j-music, beaucoup des fans de la première heure ont franchement les boules… Rectification, ils ont eu les boules pendant des années et maintenant ils expriment leur lassitude et leur désarroi (ici ou) face à un marché aussi grippé qu’une Roselyne Bachelot.

Mais si, d’un côté, une génération de j-journalistes semblent progressivement rendre les armes, que se passe-t-il du côté des nouveaux arrivants, des jeunes fougueuses et jeunes fougueux, et que laisse leurs prédécesseurs en héritage ? Ces questions je me les suis posé à plusieurs reprises cette année, aussi suis-je allez chercher 5 personnes d’expérience et au cœur de ce milieu… Laissons les d’ailleurs se présenter :

Intervenants au débatTanja : Fan de visu de 33 ans, je suis cofondatrice de JaME que j’ai quitté en 2009. Je rédige désormais mon blog musique : Doko. Je participe à divers projets fanzines, webzines, magazines depuis 1997. (ndr : au milieu à droite sur la photo)

Chtite_asu : webmaster de Play of medley et rédactrice pour divers sites web (ex-JaME, mais actuellement chez Total Manga, Orient-Extrême et le Journal du Japon), j’écoute de la musique japonaise depuis 2000.(ndr : en bas à gauche sur la photo)

Matthieu Boutaud : webmaster d’Ongaku Dojo anciennement Japmusic (il y a longtemps) depuis 2006 et accessoirement fan de C.h.a.o.s.m.i.t.h. (ndr : en haut à gauche sur la photo)

Nunya : jeune juriste demi-chauve de 23 ans, pâtissier magicien de Japan FM (anciennement AZN Radio) et de Kpop FM, depuis 2010, fondateur de Hydeist France et cofondateur des VAMPS et One ok Rock FST. Blogueur sur Nuny… Ah non.(ndr : au milieu à gauche sur la photo)

Shito : 28 ans, a travaillé sur un certain nombre de sites Jpop comme Nihon-fr par exemple mais aussi à monter mes propres structures, la plus connue étant mikan music network alias mimu, que j’ai dirigé pendant quelque chose comme 4 ans. Après sa fermeture, j’ai ouvert quelques mois plus tard mon blog, le blog Jpop,  pour garder une tribune, un espace d’expression libre de ma passion. (ndr : en haut à droite sur la photo)

Les présentations sont faites, il est donc temps d’entamer le débat. Une discussion de plus de 2h qui a été tellement riche qu’elle vous sera présentée en 3 parties : Le public J-music, aujourd’hui, les labels et tourneurs Franco-européen et Japonais dès mercredi et enfin les médias J-music vendredi, pour finir cette semaine spéciale 300ème / J-music. Allez hop, trêve de bavardage, c’est parti !

Partie 1 : Public J-music, où es-tu, qui es-tu ?

 Le marché de la J-music est – et a toujours été – un marché de niche, de petite niche d’ailleurs, qui le situe (bien loin) derrière les mangas qui se vendent par millions. On peut débattre de son étendue exacte mais comme le dit Shito : « quelques milliers, mais 5, 10, 15, je ne sais pas… Cela dit ça ne change pas grand chose. »

Quant à dire si le succès est croissant ou non, nos intervenants répondent généralement par la négative même si chacun analyse la tendance différemment. Tous sont en tout cas d’accord pour dire qu’il y a eu un coche de raté et qu’une génération a été globalement sacrifiée par les labels nippons : « La J-music en France n’est plus dans une dynamique de croissance, les fans se sont sans doute lassés d’attendre. De plus les japonais n’ont jamais donné la possibilité aux  amateurs français de faire de la promotion » explique Tanja.

Chtite_asu plussoie : « Ca n’a jamais abouti à quelque chose d’aussi important que ce que la Kpop a à nous offrir. Je pense que la J-music a laissé passer sa chance alors qu’elle aurait pu atteindre un public plus large en envoyant d’anciens gros vendeurs de musiques d’anime comme Porno Graffitti, Uverworld, Orange range, etc »

pornograffitti

Cependant il y a bien eu une évolution ces dernières années : « de plus en plus de gens qui y touchent de par l’installation solide de la culture anime/manga dans le background de consommation des jeunes/ados. Mais de moins en moins de passionnés dont la musique japonaise est le centre d’intérêt n°1 dans leur passion plus globale pour le Japon » ajoute Shito.

Pour Matthieu, la messe n’est pas encore dite : « je pense qu’il y a un peu des deux. Si ça continue comme ça, c’est à dire qu’on ne fait venir que ceux qui veulent bien venir, et sans que les japonais n’aient conscience de ce qui se passe, oui, on passe à une chute vertigineuse. »  Nunya développe : « D’un côté, on a un succès croissant dans le renom des groupes qui viennent ramener leurs ondes ici, l’Arc~en~Ciel, X-Japan, The Gazette […] et une crédibilisation de certains artistes via leur incorporation dans de vrais évènements musique (Maximum the Hormone au Hellfest, Soil & Pimp Sessions, Miyavi…).

Mais de l’autre côté, on a une érosion évidente du système avec un décalage horaire de cinq ans entre la venue des groupes et leur âge d’or au Japon – ce que j’appelle les erreurs d’époque. »

Une assise s’est formée à travers en 10-15 ans mais sa fragilité supporte mal le poids de nombreuses années d’attente de certains… Toute une génération a compris ses derniers mois qu’ils ne verront jamais les idoles de leur début et que X-Japan ou Laruku ne seront que des exceptions à cette règle.

De plus, au sein du jeune vivier des nouveaux fans potentiel, toute une partie pourrait bien choisir d’allez s’asseoir ailleurs, sur le banc que leur propose en ce moment la Kpop par exemple.

Une tendance qui fait d’ailleurs pas mal parler depuis la venue de nombreuses stars du marché et de la confirmation récente qu’il ne s’agissait pas seulement d’une simple écume mais bien d’une vague.

Hallyuwave

Nous espérons tous que ce mouvement entrainera la musique japonaise dans son sillage, en créant les preuves d’une potentialité dont semble douter les labels japonais. Cependant, une fois de plus, la prudence et le doute sont là : « ça peut les aider mais de là à traduire ca dans les faits… » débute Matthieu, suivi par Tanja : « j’espère que ça boostera les japonais, mais pas tous. Certains ne voient pas plus loin que le marché local et les sous qu’ils peuvent se faire. »

Les projets sont une chose, le concret une autre, comme précise Nunya avec humour : « Elle (ndr :  la Kpop) les booste déjà sur le papier, il y a des projets japonais qui voudraient se monter dans les mois et années à venir, qui prêtent plus à rire qu’autre chose. Dans la pratique, on se rappelle que les japonais avaient voulu lancer un JaME japonais, et qu’aujourd’hui on en rit autant que mon propre blog. »

Enfin il ne faut pas oublier que les Coréens sont aussi des concurrents, y compris sur le marché japonais : « Je crois que les japonais pensent surtout à s’en sortir dans leur pays avant d’essayer de les concurrencer en Europe » analyse Chtite_asu. « La Kpop est en train de prendre de plus en plus de place sur le marché musical et les classements Oricon commencent à parler d’eux-mêmes. »

Et pour finir avec la fameuse hallyuwave, il faut également préciser que la taille du marché Coréen pousse les “K-labels” à un export en Asie et ailleurs, là où le Japon aime à défendre son auto-suffisance culturelle.

Cela dit, quel potentiel réel pour la j-music chez nous ?

Pour Shito, ce public potentiel est proche de celui du Japan Expo : « Je peux imaginer qu’avec une offre plus adaptée et plus visible, la J-music puisse progressivement toucher l’ensemble du public qui fréquente des lieux comme Japan expo, là où aujourd’hui il n’intéresse qu’une faible partie de ce public […] Tout au plus 5-6% des passionnés du Japon s’intéressent un minimum à la musique japonaise, ce qui est peu. »

Cela dit au-delà de ce public japonisant, un réel succès public semble improbable. À la question de l’occidentalisation du son nippon, chacun pense que cette musique peu très bien s’exporter telle quelle. De plus, comme le précise Nunya : « d’autres vecteurs de communication de la culture japonaise (bande dessinée, cinéma…) n’ont pas vraiment eu besoin de s’occidentaliser. Même en terme de jeux vidéo si on veut se la jouer nerd névrosé. Comme toute culture exotique qui y met les moyens, je pense que la J-Music peut percer sans avoir à se prostituer. »

Un dilemme est cependant bien présent dans cette conversation : quid de la langue japonaise ? Barrière rédhibitoire ou pas ? Pour Shito, la réponse est oui : « La barrière de la langue reste quelque chose de vraiment trop violent. Il fut une époque où je mettais ELLEGARDEN en tête de liste des groupes/artistes à gros potentiel. Ca s’annonce mal aujourd’hui ! ^^ Les popstars japonaises ne sont pas assez bonnes en anglais. Donc en dehors de quelques groupes de rock ou d’artistes électros, vraiment, je ne vois pas. »

Chtite_asu se permet une petite caricature : « je pense que l’anglais est indispensable, il y a trop de clichés en Europe… Japon=Chine=langue incompréhensible= tching tchong tching »

Après, tout dépend une fois de plus de quoi on parle quand on parle de potentiel, et « si le public manga/jeux vidéos aurait sûrement rien à redire avec le japonais » comme le dit Chtite_asu, « c’est sûr que le grand public lui aurait du mal » conclue Tanja.

Cela dit les japonais n’ont pas attendu nos supputations pour tenter de se mettre à l’anglais et en comprendre le potentiel : « je pense aussi que le mélange anglais et japonais est indispensable, mais ça les groupes japonais portés vers l’international l’ont déjà compris, en usent et abusent. » Précise Nunya.

Et puisque nous parlions du public j-music, nous en avons profité pour le redéfinir… De par ses choix tout d’abord.

En tête de liste, les Johnny’s apparaissent pour tous comme les leaders, suivi par les groupes pop rock, à l’origine de nombreux génériques d’anime. Au milieu de tout ceci on retrouve également l’exception The Gazette à la communauté très active, dans un marché visual kei dont les grandes heures se situent aujourd’hui dans le rétroviseur. Et puisque que l’on parle de rétroviseur : « Les popstars qui ont fait les belles heures du web J-music francophone sont aujourd’hui clairement larguées. » entérine Shito

Ce public – qui vient maintenant autant des dramas que des animes – peut aussi se définir par son âge. On perçoit nettement une fracture générationnelle : «Une part d'”anciens” plus ou moins désabusés par la perte de vitesse/d’intérêt des stars de l’âge d’or, et une grosse part de (très) jeunes débarqués en marge d’un intérêt plus large pour la culture pop japonaise qui se partagent en petites communautés : les fans de générique d’anime, les fans de boysbands, les fans de visu…» explique Shito

Nunya va plus loin dans la description de cette nouvelle génération : « Contrairement à la première, elle ne découvre pas la culture nippone, elle vit avec. Ensuite, les adolescents sont ultra loin d’écouter que les Johnny’s. D’ailleurs, les fans actuels de The Gazette sont des adolescents, très clairement. Idem si je vais sur la page One ok Rock FST, je regarde les statistiques et la trèèèès large majorité des membres sont des filles / femmes entre 10 et 20 ans »

Chtite_Asu fait de son côté la comparaison : « personnellement quand j’écoutais l’arc au collège tout le monde me prenait pour une extraterrestre. Je pense que la situation n’a pas vraiment changé, c’est juste que les ados d’aujourd’hui ont des communautés où ils ont la chance d’en parler du coup leurs actions/réactions sont plus visibles. »

Un public français en pleine évolution donc, qui se renouvelle et qui évolue dans ses choix, en suivant – un peu comme autrefois – ce que les majors offrent au public Japonais. Difficile de savoir si ce public, plus éphémère, saura se montrer aussi motivé et patient que leurs prédécesseurs face à l’immobilisme nippon.

Vous l’aurez compris : les labels, les majors et les tourneurs – ceux qui sont censés faire la pluie et le beau temps – seront donc l’objet de notre seconde partie… 

Si vous avez raté les autres épisodes, c’est par ici :

Débat J-music 2

Partie 1 : Quels invités pour l’hexagone ?

Partie 2 : Les concerts, de A à Z…

Partie 3 : Motivations et rayonnement

Débat J-music 1

Partie 1 : Public J-music où es-tu, qui es-tu ?

Partie 2 : Majors, label et tourneurs, que fait la France et qu’espérer du Japon ?

Partie 3 : Des médias J-music à ré-inventer ?


octobre 10th, 2011
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Do As Infinity : Death and Rebirth

⊆ septembre 28th, 2011 | ≡ Topic: Articles, J-music | | ˜ 1 Commentaire »

do-as-infinity

Voici comme promis la suite du dossier consacré au groupe Do As Infinity, aujourd’hui méconnu et pourtant incontournable. Pour en savoir plus sur leur début et leur arrivée en haut des charts, je vous conseille de commencer par la première partie de cette biographie, disponible ici. Pour ceux qui l’ont déjà lu, je vous laisse découvrir ci-dessous la mort et la renaissance du groupe… Bonne lecture !

2003 – 2004 : Tournées et chanson populaires… Jusqu’ici tout va bien.

En ce début 2003, Do As Infinity n’a pas le temps de se tourner les pouces avec la tournée True Song et l’enregistrement dans la foulée de leur 15e single : Mahou no Kotaba / Would You Marry me ? qui est leur première sortie de l’année. Il est utilisé comme thème principal du drama  Chocolat mais le plus amusant c’est qu’il devient, de part son texte qui parle de mariage, l’une des chansons les plus utilisées pour cette fameuse cérémonie à travers tout le Japon. Si sur le coup il ne se hisse donc que 4e de l’Oricon et se vend à 65 000 exemplaires, c’est donc un succès sur le long terme qu’il rencontre. En voici le clip :

Honjitsu wa Seiten Nari / Today is Going to be a Fine Day, 16e single, sort le 25 septembre 2003. La pochette du single et le clip de promotion sont réalisés lors du concert du a-nation, le concert annuel des stars du groupe Avex et on considère rapidement le morceau comme la chanson officielle du festival 2003. Il reste 8 semaines dans l’Oricon, grimpe jusqu’à la 4e place et se vend à 48 000 exemplaires.

Le groupe est toujours populaire mais les ventes s’effritent peu à peu. Heureusement leur 17e single va faire la preuve de leur talent, une fois de plus. Nommé Hiiragi, il débarque le 6 novembre avec l’annonce du 5e album du groupe, Gates of Heaven. Le single devient le thème du drama Koibumi : Watashitachi ga Aishite Otoko et rejoint les grands succès du groupe : il reste 13 semaines dans l’Oricon et même s’il ne dépasse par la 7e place il se vend à 149 300 exemplaires. En voici le clip :

Le 27 novembre l’album sort au Japon. En plus des singles il contient également le titre Azayaka na Hana / Vivid Flower, un morceau écrit par Ryo bien avant son audition pour Do As Infinity, pour son groupe précédent Peek-A-Boo! . Il le reprendra également lors de sa carrière solo. Grimpant jusqu’à la troisième place de l’Oricon, Gates of Heaven reste 16 semaines dans le top album et se vend à 293 835 copies.

Le trio fait ensuite une pause pendant laquelle sort Live in Japan, un album live issu de la tournée Gates of Heaven. Le groupe réapparait à l’été 2004 à l’occasion d’une mini-tournée américaine qui sera suivi d’une date en Corée avec le groupe jtl.

DAI

2005 : Death…

Cette année funeste démarre pourtant sous de bons auspices avec la sortie de Need your love le 16 février. Dans cet album on retrouve le single Rakuen qui fait partie de l’OST du quatrième film d’Inu Yasha. Autre morceau notable : For the future. Voici les clips de ces sympathiques singles, pour le plaisir :

L’album monte jusqu’à la 3e place de l’Oricon album et reste dans le top pendant 14 semaines mais ne dépasse pas les 137 000 ventes, un résultat assez mitigé. Même si Do As Infinity est toujours un trio, Dai Nago n’apparait quasiment plus en public, que ce soit en promotion ou dans les clips. Il continue cependant d’être le compositeur et cerveau du groupe.  En juillet sort le 20e single du groupe : Tao. Ce dernier devient le thème principal du jeu vidéo Tales of Legendia. Il devait à la base être présent sur l’album Need Your Love mais Nago le juge hors-sujet. Anecdotique ou pas, les paroles d’Aurora, la B-side de ce single, sont en quelque sorte une fin à l’histoire commencée dans leur album Break of Down, le tout premier du groupe.

Même si les fans ne savent pas vraiment pourquoi le groupe s’est séparé, la rumeur veut que la décision vienne de Van qui souhaite à l’époque débuter une carrière solo, selon le magazine japonais MINA. Une théorie confirmée par Jun Harada, aka Saiko Kawamura, l’un des paroliers du groupe avec Van et Ryo. Dans les commentaires de leur best of  Do The A-Side, il explique que “Au milieu de la tournée, durant le printemps (ndr : 2005), Van avait pris sa décision. Notre prochaine destination était donc le Budokan (ndr : pour leur dernier concert).”

Toujours est-il que Do As Infinity annonce le 14 septembre leur séparation prévue pour le 29 du mois, soit six ans jour pour jour après leur début. Un dernier concert au Budokan est alors programmé le 25 novembre 2005. Un concert très émouvant pour le public comme pour le groupe…

S’cusez, une petite poussière dans l’œil…

2008 : … And rebirth !

Dès 2006 chacun continue sa carrière. Van sort un album solo, Farewell, qui fait presque un flop à moins de 40 000 exemplaires vendus. Ryo Owatari travaille avec son groupe, Missile Innovation et ils sortent leur premier single en février. Ryo collabore également avec d’autres artistes d’Avex comme Ayumi Hamasaki, Ai Otsuka ou encore AAA. Quant à Dai Nago il collabore avec Amasia Landscape et d’autres artistes sous le label True Song. Rien d’inoubliable et les fans commencent à faire leur deuil… Tout en espérant quand même.

Mais en 2008, un groupe mystère est annoncé pour le concert annuel a-nation d’Avex. Un groupe qui annonce son retour, avec une grosse, grooosse patate, même que ça fait plaisir à voir :

Le groupe se reforme officiellement le 29 septembre 2008, trois ans après sa séparation et se lance dans une tournée pour fêter son retour. Un an plus tard, en juin 2009, le 21e single arrive dans les bacs : Infinity 1. Depuis ils ont ressorti deux albums, Eternal Flamme en 2009 puis Eight cette année. Même si le succès de ces derniers n’est en en rien équivalent à ce qu’il fut pour les autres, Van et Ryo semblent toujours se faire plaisir, et c’est le principal…

Longue vie à DAI !

Cover アリアドネの糸


septembre 28th, 2011
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