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Chroniques

A lire, à voir ou à écouter, que du bon !

13 mangas à lire, pour vous porter chance !

⊆ février 20th, 2015 | ≡ Topic: Chroniques, Manga, Manga / Japanimation | | ˜ 2 Commentaires »

Comme je vous le disais sur les réseaux sociaux, je ne comptais pas vraiment vous faire une série de chroniques en ce moment, car je préfère toujours me concentrer sur les gros coups de cœur. C’est pour cela que, depuis le début de l’année je vous ai parlé de Snow Illusion, de Vagabond ou de Prisonnier Riku. Il y a eu A Silent Voice également mais je vous en reparlerai plus tard, vu que l’ami Ben a déjà fait un premier tour d’horizon sur Journal du Japon. Néanmoins, si je regarde le compteur de mes lectures depuis le premier janvier 2015 j’ai déjà avalé près de 50 tomes.

Or il se trouve que ce début d’année s’est montré particulièrement intéressant, autant pour le cœur du lecteur que pour le cerveau du critique. J’ai donc décidé de faire un tour de table, à travers une liste de 13 convives et 600 à 700 signes par invité, pour que ça reste digeste à la longue. Exit donc le résumé – un lien avec résumé éditeur ou un article est présent à chaque fois au début, pour les curieux – et je me suis concentré sur le ressenti et les choses marquantes, en bien ou en mal.

Voilà, en route pour ces 13 chroniques !

Chroniques manga Paoru 2015

Nouveautés : des surprises en tous genres

Minuscle de Takuto Kashiki chez Komikku : ma nouveauté préférée du lot. Je m’attendais à une histoire mignonne à souhait : là-dessus, le contrat est dument rempli. Avec ses personnages de 9 centimètres de haut qui vivent à la façon des mini-pousses, on fond rapidement sous leur charme. D’autant que nos deux héroïnes vivent dans un monde à notre échelle – elles sont de la hauteur d’un champignon – mais leur univers est aussi rempli d’animaux qui parlent et vivent avec elles, conférant un coté féerique très attendrissant. Si on ajoute un dessin foisonnant d’une grande minutie et des touches de poésie inattendues qui apporte de la profondeur au récit, on ressort très intrigué par ce premier tome. Vivement le tome 2, en mai !

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L’homme qui marche de Jirô Taniguchi chez Sakka : si on m’avait dit qu’un jour je chroniquerai du Taniguchi de moi-même, j’aurais sans doute bien ri. Et pourtant, cette réédition de son premier manga hexagonal m’a laissé songeur, sans doute car elle a fait écho à mon intérêt pour la balade sans but précis, celle qui vous emmène dans des ruelles mystérieuses, par simple curiosité, par l’envie de savourer le temps qui passe. Et ce coup-ci, la voix-off qui m’avait tant gonflé dans Le sommet des dieux s’est fait discrète, les planches silencieuses favorisent l’observation et l’immersion… Même si on se dit, quand même, que cet homme qui marche a un patron et un emploi du temps bien cool pour pouvoir suivre ses envies comme ça ! Bref, voilà un Taniguchi bien sympathique, il y en aura peut-être d’autres qui suivront !

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Démokratia de Motorô Mase chez Kazé Manga : même si l’homme maîtrise de mieux en mieux son coup de crayon, son chara-design est de moins en moins ma tasse de thé. Mais bon, l’auteur d’Ikigami reste l’auteur d’Ikigami, capable d’accoucher d’idée de départ assez forte : avec Démokratia, il remet en question le principe du choix démocratique à travers des votes qui décident de la vie d’un robot humanoïde. Le scénario a été très soigneusement réfléchi, mais le mangaka s’est embarqué dans une thématique casse-gueule : qui dit démocratie veut dire peuple et donc une ribambelle de personnages, qui sont pour l’instant les clichés de leur catégorie socioprofessionnelle. C’est original et le personnage principal est séduisant donc je pousserai jusqu’au tome 2, mais ça ne vaut pas un bon Tsutsui pour le moment.

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Come to me de Nachi Yuki chez Soleil Manga : après s’être torturé les méninges sur Démokratia, voici une lecture récréative et assez amusante. Une love story entre une demoiselle pure mais démunie et un beau garçon gentil et plein aux as. Un pitch hyper cliché j’en conviens, mais ce tome se concentre uniquement sur deux personnages et ne se perd pas en fioriture. On nous donne ce qu’on a envie de lire en somme : une love-story naissante, pas mal d’humour avec une héroïne qui se voit comme un déchet qui vient souiller un trésor national de beauté, un peu de fond avec un passé auréolé de mystère et de tristesse pour le héros. Bref, un petit quotidien romantique et léger qui donne le sourire. C’est rafraîchissant, comme on dit souvent !

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Noragami de Adachi Toka chez Pika Editions : Je découvrais la mangaka de Alive Last Evolution et je suis agréablement surpris. C’est bien croqué, déjà, avec une bonne gestion de l’encrage et des volumes, du soin sur les décors, un bestiaire sympathique, des lignes de forces et un sens de la baston intéressant. Du bon boulot quoi. Mais ce qui m’a vraiment botté c’est le héros de l’histoire : un dieu de troisième zone, un looser mégalomane qui distille des phrases cruelles, mais qui a un fond très intriguant. On le suit donc avec plaisir et on s’y attache rapidement, idem pour l’héroïne. Le seul souci, c’est que c’est un shônen truffé d’ados exaltés ou immatures : Bishamon-ten en mini-jupe et sous-tif… ce n’est pas trop mon truc. Ça marchera sans doute pour le public cible et c’est juste une question de goût, en définitive.

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Nude de Mihiro & Makoto Ojiro chez Glénat Manga : alors celui là, il me pose problème, mais je vous en parle justement car il m’a interpellé sur la vie des idols. Voici l’adaptation d’une biographie d’une idol, aka la femme nue en couverture. Pour devenir une star, elle est passée par le porno pendant des mois voir des années et c’est ce parcours que l’on suit. C’est décrit crûment, avec une certaine violence mais la demoiselle tient le coup. Seulement voilà, elle en devient détestable : tout est bon pour devenir une étoile, quitte à bousiller son entourage, quitte à se montrer un brin nymphomane. L’histoire se finit par une vengeance réussie mais l’héroïne est à vomir et on ne peut que s’interroger sur la postface où elle remercie tout le monde pour avoir réussi sa vie. On a l’impression d’avoir lu l’histoire d’un lavage de cerveau et c’est encore plus troublant quand on sait que c’est une histoire vraie. Aussi choquant qu’édifiant en tout cas.

nude-glenat Nude Planche

Suites : toujours aussi prenantes ?

Radiant #3 de Tony Valente chez Ankama éditions : Seth et ses compagnons sont enfin de retour ! L’attente en valait la peine : ce nouveau tome regorge d’action avec des combats magiques et /ou physiques très bien chorégraphiés… Les coups sont bien mis en valeur par un excellente mise en scène : qu’ils soient secs et vifs ou amples et d’une grande puissance, on ressent bien leur dynamique et leur impact. Tony Valente (interview here) y insère aussi sa patte avec un humour omniprésent et hilarant qui rend ce titre assez unique, un peu sa french touch à lui. Enfin ce troisième tome marque la fin d’un premier arc et on a le droit aux révélations qui vont avec, via un très bon flashback. On en apprend aussi un peu plus sur Grimm, personnage à bandelette très charismatique, et d’autres nouveaux bad guys font leur apparition. L’aventure prend donc de l’ampleur et le rebondissement final nous fait déjà regretter l’attente jusqu’au prochain volume ! Damn you mister Valente !!!

 radiant-3 Radiant

Orange #3 de Ichigo Takano chez Akata : mais quel talent ! Sur le plan graphique la gestion des ombres, des trames et des volumes est remarquable et accompagne un trait d’une grande douceur. De plus, le travail épatant sur le regard des personnages sublime la mise en scène. En effet, on suit  avec plaisir les allers-retours entre présent et futur qui mixent les révélations, les regrets et les sentiments et toute cette trame arrive parfois à des sommets d’émotions, avec des déclarations d’amitiés et d’amour qui sont des vrais instants de grâce. Et là ce sont donc les yeux qui parlent, des larmes qui se transmettent aux lecteurs, des visages qui rougissent avec une candeur qui nous fait fondre. Orange est un manga magnifique, dans tous les sens du terme. Candide diront peut-être certains, mais il vous fait battre le cœur comme personne.

orange-03  Orange 3

Seven Deadly Sins #7 de Nakaba Suzuki chez Pika Editions : le plaisir est présent là aussi, mais c’est très différent. Quand je lis ce manga je m’amuse comme un gosse, comme le gosse qui a lu Dragon Ball il y a 20 ans. Seven Deadly Sins propose à son lecteur des combats bourrés d’adrénaline, des chorégraphies qui jouent avec bonheur des lignes de forces mais aussi avec la démesure des attaques : ça te découpe des montagnes d’un revers de main et ça te rase un village à la massue… Et c’est assez jouissif il faut bien le dire. Enfin, au sommet de toute cette action, le manga ne se prend pas deux secondes au sérieux : les héros aiment se charrier et s’affronter pour le fun. Y a pas à dire, Seven Deadly Sins est un shônen vraiment très cool.

 Seven Deadly Sins 7 Seven Deadly Sins 7 planche

Fate Zero #6 de Shinjirô & Gen Urobuchi chez Ototo : amateur de rhétorique guerrière, ce tome est fait pour vous !  Après les monstruosités perpétuées par Caster, c’est Rider qui occupe le devant de la scène. C’est à nouveau un personnage réussi et qui apporte une dose d’humour bienvenue : voici un guerrier fonceur et bon vivant qui se saisit de son destin des deux mains. Son coté montagne de muscle va avec un sens aigue de l’honneur, du combat et, surtout, de la royauté. Le cœur de ce tome est en effet un débat sur les valeurs et les devoirs qui vont avec la condition de Roi,entre Rider, Saber et Archer. Mais sans arme pour le coup, plutôt autour d’un bon verre. Qu’est-ce qu’un bon Roi, comment gouverner et inspirer son peuple, qu’est-ce qu’un Roi doit et peut laisser après lui ? Plusieurs points de vue bien défendus et surtout une bonne grosse baston pour clore le débat. Action et réflexion, une série toujours aussi bien équilibrée et passionnante !

Fate-zero-6 Fate-zero-6

Haikyû #8 de Haruichi Furudate chez Kazé Manga : ah ça c’est une fin de match comme on les aime dans les shônens sportifs. Toujours hyper classique dans sa construction, Haruichi Furudate continue d’emballer son lecteur en maniant le ballon et la plume comme personne, avec un art consumé du fish eye et de la perspective déformée, pour insuffler vitesse et puissance à l’impact : ça continue donc de claquer au-dessus du filet, avec des points de vue toujours aussi bien choisis, et ça plonge avec l’énergie du désespoir en défense, sur un terrain où la tension ne descend jamais d’un cran. Même si les personnages n’ont rien de révolutionnaire on finit par s’y attacher, indépendamment de leur originalité mais grâce à leur passion communicative pour ce sport. Car c’est finalement ça le héros de Haikyû : le volley-ball et ses matchs endiablés !

Haikyu 8  Haikyu 8

Vertical #8 de Shinichi Ishizuka chez Glénat Manga : un seinen qui a le don de vous changer les idées. A travers ses tranches de vie d’une équipe de secouriste en haute montagne, on vit des instants qui happent toute notre attention : est-ce que celui là aussi est mort ? Qu’est-ce qu’il est allé chercher dans la montagne ? Avec un taux de survie assez faible (moins d’une personne sur deux semble survivre dans la série), chaque petite histoire apporte son lot d’inquiétude, de peine… et de gens réconfortants, comme Sanpo, ce modèle de bonté qui vous redonne foi en l’âme humaine. Lire Vertical c’est un peu ça, c’est croire en la vie et en l’espèce humaine, par petite bouffée. Donc forcément cela m’attriste que le titre se vende mal, sans pour autant que ça m’étonne car la narration en tranche de vie tout comme la gentillesse n’ont jamais été des arguments marketings percutants. Mais lisez Vertical, j’insiste. Vous verrez, ça vous fera du bien.

Vertical 8 Vertical 8 planche

Say I love you #3 de Kanae Hazuki chez Pika Editions : Ce shôjo lycéen se démarque par la subtilité de ces personnages comme la fragile héroïne, Mei, qui enchaîne les blocages dans sa relation avec le grand et beau Yamato. Alors, certes, les demoiselles intimidées par de beaux garçons on connait, mais Mei est plus crédible que la moyenne : quand vous êtes vraiment timide vous êtes une asociale, une fille renfermée et difficile à approcher…  Pas un mignon petit truc que tout le monde aime. La timidité et le mal-être peut aussi faire des ravages et vous mener sur une mauvaise voie, comme on le voit avec la garce mal dans sa peau Aïko. Say I Love you est une histoire faite de gens différents, un peu – voir carrément – à coté des normes et qui apprennent à interagir ensemble. Parfois c’est dur, parfois c’est doux. En tout cas c’est toujours touchant.

  Say I love you 3 Say I love you 3 planche

Et voilà la fin de cette sélection… Une fois de plus je pourrais continuer à vous parler de mangas : 6000, Jabberwocky, Area D #6, Dream Team #17/18, Moyasimon #3, Uwagaki #3, Ad Astra#4 mais il faut bien s’arrêter pour cette fois… Et puis je ne vous parle même pas de ce qu’il me reste à lire dans un avenir proche :

Pile manga Paoru

On n’a pas fini de parler de manga cette année, c’est moi qui vous le dit !!!


février 20th, 2015
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Manga : une rétrospective digestive au coin du feu…

⊆ janvier 1st, 2015 | ≡ Topic: Chroniques, Manga, Manga / Japanimation | | ˜ Pas de commentaires »

Rétrospective manga 2014

Alors le thé c’est boooon, le petit gâteau choco-gingembre-citron est sorti du four, les chaussettes triple épaisseur sont aux pieds, la cheminée irradie de chaleur tout le salon…

AH ! Vous voilà… Entrez, entrez donc !

Installez-vous jeunes gens, il est l’heure de parler de cette année de lecture. 2014 fut d’une richesse très appréciable et j’ai en mémoire plus de 300 lectures durant ces douze derniers mois. Bien évidemment tout n’était pas bon (ouh là, non, du tout !) mais il faut bien avouer que je suis bien repus après cette multitude de saveurs nippones. Maintenant que ces fêtes entament leur crépuscule, il est temps de passer à la digestion de ces dizaines de séries, en se remémorant les meilleurs plats, ces alliances savoureuses d’humour, d’action et de suspens, ces romances qui fondent en bouchent, ces rires enivrants et chaleureux…

Pour fêter dignement les 5 années de ce blog je me lance donc dans ce que j’aime faire : vous parler de manga. Bonne digestion à toutes et à tous… Et bonnes lectures !

Dès l’apéritif, ils ont pris les armes !

De l’action, encore de l’action, toujours de l’action… Voilà de quoi commencer ce repas de fête sur les chapeaux de roue très chers invités ! Quand je dis action je pense bien sûr aux shônens, mais je n’envisage pas de m’étaler sur les petits fours habituels, que nenni, car mon palais avait des envies de changement cette année. En effet, en 2014, j’ai bien mangé quelques chapitres de One Piece, Bleach, Naruto ou même le finish de Soul Eater mais avec un enthousiasme limité, et mes papilles se sont tournées vers l’avenir de la catégorie, un peu à l’image des choix gustatifs du lectorat japonais. Dans cette section grand public le plateau d’amuse-bouches était composé de L’attaque des titans, Seven Deadly Sins, Blue Exorcist, Dimension W et du petit Haikyû en bonus, parce que le sport c’est bon pour la santé et qu’il faut bien perdre quelques grammes après tout ça. Mais regardons ça de plus près.

Blue-exorcist-13-kazeAvec un univers fantastique cohérent et bien exploité, Blue Exorcist a parcouru pas mal de chemin depuis ses débuts et se montre assez mature, vis à vis de concurrents comme Blood Lad ou Witchcraft Works par exemple.  Si les personnages sont classiques et proches des archétypes du shônen, leur excellent chara-design et la bonne mise en scène des drames qui les tiraillent ont permis au lecteur de se plonger facilement dans leurs destins respectifs. Dorénavant on a l’impression de tous les connaître, le lien est établi avec le lecteur. Dans un cercle assez restreint de personnages de premier et second plan, Kazue Kato prend soin d’alterner les coups de projecteur sur chacun des exorcistes phares… Sans trop s’y attarder non plus, pour conserver une excellente rythmique dans le déroulement son histoire. Le scénario s’avère très bien structuré et tout s’imbrique parfaitement qu’il s’agisse de flashbacks, de révélations ou d’introspections. En glissant ça et là des indices et des phrases sibyllines, la mangaka sait aussi éveiller la curiosité du lecteur et le tenir en haleine : comment chaque personnage va-t-il lutter contre son destin, qu’est-ce que mijotent les hautes sphères du pouvoir, quelle est la puissance d’untel, qui est du coté de qui… Tout comme le petit four que tout le monde s’arrache dans le premier tour de plateau – «c’était bon, dommage du peu !» – on regrette que seul deux tomes de Blue Exorcist paraissent chaque année, mais c’est peut-être là une clé de la réussite.

Réussite toujours, mais à une autre échelle : L’attaque des titans est passé du manga à succès au manga phénomène au Japon, via un marketing et une communication savamment orchestrés. Sur les tomes sortis en 2014 en France, il n’y a pas grand chose à redire de plus : le chara-design est toujours aussi vieillot et la mise en page est ultra classique – on dirait une vieille mini-quiche au saumon, pour rester dans la thématique – mais la mise en scène et un art consumé du rebondissement balaient allègrement tous les défauts de l’ouvrage, qui se dévore toujours aussi goulûment. Hajime Isayama réussi à produire un titre totalement addictif par son scénario et sa narration, et sait transmettre avec brio le désespoir, la peur, l’effarement ou la rage de vivre de ses personnages à ses lecteurs. Un succès mérité. Parce que, quand c’est bien fait, on s’en moque de la tête que ça a, la quiche au saumon.

dimension-w-3Plus subtil et assez original, façon verrine aux drôles de couleurs et au goût inattendu : Dimension W, le premier Yuji Iwahara qui semble connaître un vrai succès commercial en France. Comme la verrine, voilà un titre au look et à l’univers assez sexy qui renvoie au culte Cowboy Bebop : un monde futuriste et bourré de nouvelles technologies avec un héro taciturne tourné vers le passé qui possède un style de combat plutôt simple voir rétro, à base d’arts martiaux et d’aiguilles meurtrières, mais ultra efficace. On plonge d’entrée dans une histoire de fond très mystérieuse et intrigante.

L’action se déroule dans un monde où le pouvoir est au main d’une multinationale aux allures de Big Brother cybernétique, qui s’est probablement mise pas mal de sang sur les mains pour en arriver là. La force de l’ouvrage est de diversifier ses thématiques en prenant le temps de bien les exploiter, sur une douzaine de chapitre en moyenne. Après une mise en place de l’histoire menée tambour battant, on a le droit a une une enquête policière et un meurtre en chambre close qui bifurque au final vers le paradoxe temporel. Cela peut paraître capillotracté à première vue mais que nenni, car l’univers parallèle, la fameuse dimension W du titre, permet de revisiter habilement un genre ou simplement d’étoffer un récit. Enfin, coté personnages, les réels ennemis sont encore dans l’ombre et on croise pour l’instant des secondes mains ou de simples mauvais types mais on sent que, petite histoire après petite histoire, cette verrine pourrait bien se muer en un vrai plat. On a hâte d’y goûter.

Pour finir cet apéritif, arrosons les amuses-bouches avec deux bons cocktails, deux jeunes crus de 2014.

Le pétillant Haikyû tout d’abord, mon coup de cœur sportif après Dream Team ces dernières années. Voici un titre qui a bien commencé, avec des personnages sympathiques d’emblée et qui nous fait redécouvrir le volley-ball qu’on avait malheureusement perdu de vue (depuis Jeanne et Serge pour certains, c’est dire !). Et comme tout bon verre qui se respecte, ce breuvage a son petit truc en plus qui lui donne un coté festif et ludique : son graphisme hyper percutant vous chatouille les yeux comme un champagne vous titille le palais. La séduction s’opère dans les phases de jeu : le temps suspend son vol au-dessus du filet ou lors d’une réception plongeante et l’impact sur le ballon claque vite et fort !

Le tout est porté par des angles de vues inédits, qui mettent le joueur en exergue avec beaucoup de classe. Qui a déjà smashé le ballon aura rapidement envie de tester ces combinaisons sur le terrain. De plus, s’il est vif en en bouche, Haikyû sait aussi se montrer équilibré et il conserve sa saveur sur le moyen terme : il propose des parties endiablés tout en laissant une large marge de progression à ses héros, tant sur le plan physique que psychologique et relationnel. A travers les premiers tomes, nous avons assisté à la naissance d’un duo : un passeur et un pointu, un cérébral et un fonceur, qui commencent tout juste à se confronter au haut du panier. On sent que l’équipe n’est pas encore au complet mais les seconds rôles, dont certains disparaîtront logiquement lors des années scolaires suivantes, ont droit à leur part de bulles. Reste à voir si la cuvée 2014 a trouvé son public et si les millésimes suivant conserveront tout leur piquant.

Haikyu 1  Seven Deadly Sins 4

Ceux qui cherchaient davantage un alcool fort, façon blockbuster, se sont dirigés vers le bar pour commander le séduisant cocktail de Seven Deadly Sins. J’en ai déjà parlé ici et donc je fais court mais disons que, comme dans Blue Exorcist, on découvre un petit nombre de personnages et on se prend à apprécier progressivement la petite bande d’anciens mercenaires, très bien dépeints et qui prennent un plaisir communicatif à combattre. Les affrontements sont d’ailleurs nombreux et réguliers, lisibles et bien chorégraphies, avec une très bonne gestion des lignes de force, des postures et des alternances entre planches chargés et planches épurées pour dicter la rythmique des duels. C’est dans ses combats que l’oeuvre exploite tout son potentiel : on y découvre la psychologie des personnages – dis moi comment tu te bats, je te dirais qui tu es – on y explore leur passé quand ils ressortent les supers pouvoirs “d’antan” – et c’est aussi ces duels qui déterminent ce que chaque nouveau personnage va devenir : il va rejoindre la joyeuse troupe, devenir un ennemi mortel récurent ou bien tout bonnement disparaître. La mise en scène d’attaques à la puissance démesurée et l’insouciance du héros Meliodas nous rappellent par moment Dragon Ball et on ne boude pas notre plaisir de savourer ce parfum d’aventure qui fleure bon le millésime de 30 ans d’âge – sans glaçon, merci – chargé de bons souvenirs !

Durant l’entrée, ils se sont aimés un peu, beaucoup, à la folie !

Say i love you 2Ah, l’amour ! Après les premiers échanges autour de l’apéritif, le festin de 2014 a été l’occasion de connaître de nouveaux amours, de nouvelles histoires de femmes attachantes et séduisantes. Avant d’aller m’asseoir pour le premier plat j’ai donc rencontré la jeune Chiaki dans Uwagaki une demoiselle de caractère qui s’avère attendrissante, tout à fait le genre de mélange entre petit minois et fort tempérament qui m’aurais transpercé le cœur à l’adolescence. J’ai suivi avec intérêt le début de son aventure improbable avec le garçon a qui elle colle un râteau mais qui se voit offrir une seconde chance. Quand le scénario offre au malheureux la possibilité de séduire son clone, c’est une multitude de question sur l’amour qui est posée, dans une comédie romantique originale et loufoque, où les flirts vont de pair avec les premières expériences, heureuses ou douloureuses.

Après avoir humé ces parfums de jeunesse et devant la longue liste d’entrées possibles, j’ai décidé de picorer dans les assiettes de mes voisines, pour continuer de faire connaissance. J’ai ainsi prolongé les récits d’adolescence, comme celle du couple de Say I Love you, entre une jeune fille taciturne et un beau gosse qui n’ont- rien d’extraordinaire sur le papier mais qui gagne vraiment à être connu. Sous ses airs de demoiselle timide, le coté défensif et revêche de la jeune Mei la rend attendrissante, surtout lorsque son franc parler sort d’un coup et qu’elle est capable d’asséner un “mais… tu bandes ?!” à un Yamato entreprenant mais toujours plein d’attention et de précaution pour ne pas brusquer sa chère et tendre. Derrière les apparences et les façades de ses personnages on découvre donc des gens qui s’explique et se confie dans des dialogues toujours prenants. Une rencontre inattendue accouchant d’une certaine affection pour des protagonistes, et le tout en seulement deux tomes.

orange-01J’étais donc bien entouré lors de ce premier plat mais cela ne m’a pas empêché de suivre, à quelques couverts de là, les débuts d’une conversation tout aussi passionnante, à al table Orange présidée par Ichigo Takano. La conversation portait sur le voyage dans le temps et la possibilité d’envoyer à son moi passé les événements au jour le jour pour essayer de réparer ses erreurs, d’effacer ses regrets et empêcher que se déroule une tragédie. C’est ainsi que Naho reçoit les prédictions et conseil de son moi futur, de 10 ans son aîné, pendant que ce même moi futur continue d’évoluer sous nos yeux avec ses amis eux aussi plus âgés. Deux lignes de temps autrefois aligné qui vont petit à petit diverger, deux histoires qui ne faisaient plus qu’une qui vont progressivement se singulariser et ainsi garder leur part de mystère et inattendu. Au milieu de ce scénario narré avec talent et un peu de poésie, les histoires d’amours s’entremêlent dans un mélange agréable de candeur et de drame,  de moments légers et de moments plus dur, conséquences de tragédies qui sont encore méconnues.

Pour parachever ses échanges pleins d’émotions diverses et variées, rien de tel qu’un bon vieux verre de Parapal, qui continue de dérouler son histoire, en développant ses amours et ses pouvoirs venus d’ailleurs, tout en conservant son rapport original vis à vis de la sexualité. Un mixe de romance et de SF au parfum unique. Ça me fait penser qu’il reste une dernière bouteille, la neuvième, à déguster dès aujourd’hui chez tous les bon cavistes !

Puis vint le plat principal : complexe, intense… et plutôt ensanglanté

L’appétit déjà un peu calé et la tête désinhibée par l’alcool, le repas de fête battait son plein. Le moment des partis pris, des opinions et des scénarios tranchés, ainsi que des débats de haute voltige. En 2014,nous avons été gâté par les seinens glauques, barrés et un peu tortueux dans leur psychologie.

ressentiment-1-ki-oonLe premier débat enflammé de cette année fut de savoir si on pouvait faire d’un looser un héros. Une discussion entamée il y a quelques années avec I am a Hero, l’excellent titre zombiesque de Kengo Hanazawa. Nous avons donc rebondi sur sa sortie 2014 : Ressentiment . Ce n’est pas forcément le manga le plus marquant de l’année mais dans ce premier double tome on suit les aventures d’une loque, une vraie de vraie comme peu de mangaka osent en dépeindre. Takuro – c’est le nom de la loque – est moche, pas spécialement intelligent, plutôt crade et un peu vicieux. Il fait un boulot de merde pour un salaire de misère et, à 30 ans, il vit encore chez sa mère. Le genre de déchet que refuse la société mais c’est pourtant la même société qui lui offre un divertissement inattendu, celui d’un monde virtuel plus vrai que nature. Et, pour une fois, pas de miracle : le pervers ne se transforme pas en prince charmant dans ce nouveau monde. Takuro essaie bien de se refaire une virginité avec un avatar potable, mais chassez le looser et il revient au galop. S’en suit un combat contre lui-même puis un combat contre ce monde virtuel beaucoup plus complexe et dangereux qu’il n’y parait. Un traitement réaliste de la nature humaine à travers un fantasme ultime d’un mec raté, un concept à la Hanazawa quoi !

Toujours chez les loosers, La tour Fantôme, se dirige plutôt vers le polar noir, articulé autour d’une série d’événements macabres que tentent de démêler un duo improbable, fait d’un pauvre mec et d’un jeune et beau garçon… Qui est en réalité une femme, tenant une position très ambiguë dans la série de meurtres. Bien loin du gentillet Détective Conan, voici un seinen aux allures de thriller haletant qui montre qu’on n’a pas forcément besoin d’être le plus intelligent ou le plus bienveillant de la classe pour résoudre une série de crime. L’instinct de conservation, de l’amour propre et la quête d’un bonheur qui se dérobe constamment sous vos pieds peut aussi résoudre des problèmes. Coups bas, mensonges, secrets de familles, jalousies, fausse identité, monstres dans le placard… Voici donc un catalogue de personnages malsains et un duo qui navigue dans un épais brouillard, toujours à regarder derrière lui si personne ne les suit avec une petite hache, histoire de faire du bois pour l’hiver. On se croirait dans un Stephen King par moment, dans un suspens flippant toujours aux limites du fantastique avec des rôles secondaires qui ont parfois d’étranges penchants. Pour le coup le coté looser du héros n’est pas le centre du sujet, mais il apporte sa dose d’inattendu en nous évitant le justicier superficiel et l’histoire manichéenne dans une quête bidon de la vérité. Dans La tour Fantôme le soleil brille très rarement, et c’est très bien comme ça.

Tout en argumentant, nous avons évidemment profiter du plat avec sa sauce et son éventail d’accompagnement. Et tout était vraiment très bon. Il y avait du Gangsta, une purée de marrons qu’on aurait pu ranger dans la catégorie manga d’action, avec ses luttes entre factions mafieuses et les combats de haute voltige de leurs combattants hors-normes. Mais c’est surtout le monde sans foi ni loi qui séduit, avec des vies solitaires et jonchées de morts, de trahison et de viols, du matin jusqu’au soir. La loi du plus fort régi la ville d’Ergastulum et il est fortement déconseillé de s’attacher à qui que ce soit, pour nos héros comme pour le lecteur, sous peine de vouloir le sauver et d’aller au devant de grandes désillusions. Un manga sans pitié et sans temps mort, l’une des perles de l’année chez Glénat avec la Tour Fantôme.

Gangsta tome 1 La tour fantôme Tokyo Ghoul 7

Transition toute trouvée puisque c’est chez cet éditeur, encore, que j’ai trouvé la viande bien charnue de Tokyo Ghoul. Je vous parlais de ce seinen fantastique dès ses premiers volumes mais après avoir pâturé une partie de l’année c’est en septembre qu’on a abattu la bête pour nous l’offrir sur un plateau. Ce fut l’un de mes moments de lectures les plus goûtu de l’année qui met en scène un passage pourtant classique du shônen, celui où le héros révèle son pouvoir caché et rend la monnaie de sa pièce à celui qui l’a poussé à bout. J’ai expliqué ça en détail ici mais disons que ça dépote aussi bien dans la torture sadique que dans la vengeance jouissive. La difficulté sera de maintenir le charisme de ce héros maintenant métamorphosé et badass alors qu’il se la jouait plutôt United color of Benetton entre goule et humain il y a quelques tomes. Le tome huit tenait bien le challenge en tout cas, donc on observera ça avec plaisir en 2015. Histoire d’y re-goûter même si on n’a plus faim, par gourmandise.

fate-zero-manga-volume-4Parmi les amateurs de viande, certains on préféré le steak sanguinolent à l’agneau juteux avec l’adaptation de light novel : Fate / Zero. Comme souvent avec les adaptations de roman, je me suis délecté de la multiplicité des saveurs, qui ont diverti autant mon palais que mon esprit. Il y a les stratégies pour la conquête du graal avec des passages littéraires et psychologiques, mais aussi des affrontements de figures mythiques à la personnalité bien travaillée et dessinées par le pas-manchot-du-tout Shinjirô, l’auteur de Taboo Tatoo. Enfin, et c’est le truc en plus qui change tout, le steak était vraiment saignant, presque cru et à même l’animal : éviscération en pagaille et tortures aussi abjectes que possibles étaient au programme. Ce n’est pas toujours beau à voir et ce n’est définitivement pas à mettre entre toutes les mains, mais les salopards de Fate / Zero ne font pas le choses à moitié. On plonge donc dans la folie humaine et ses sous-sols nauséabonds, pour qu’en ressortent de manière éclatante les actions héroïques de quelques valeureux guerriers. Cela dit ces derniers auront bien des ennuis car personne n’est vraiment digne de confiance dans cette série, comme en témoignent toutes les introspections qui parsèment le récit. On me disait beaucoup de bien des scénarios de Gen Urobuchi, je sais maintenant pourquoi…

J’en finis, pour n’oublier personne, avec les amoureux de poisson, qui tortille frénétiquement leur scénario pour ne jamais se laisser saisir et nous filer toujours entre les pattes. Je parle ici du nouveau titre de Kei Sanbe (L’île de Hozuki) : Erased. Voilà un plat bien mystérieux et préparé avec beaucoup d’intelligence par son cuisinier. Le mélange entre saut dans le temps et enquête policière nous vaut souvent des bonnes histoires au cinéma ou dans les romans, et c’est idem ici : les sauts temporels de l’apprenti mangaka Satoru vont l’emmener à enquêter sur le parcours d’un génie du crime, qui vieille toujours à détourner les indices vers un coupable parfait, pour continuer de perpétuer ces meurtres à travers plusieurs décennies. Notre héros a beau revivre les événements de son passé pour les remettre d’aplomb, il va avoir fort à faire avec cet homme, surtout que ce dernier a choisi de faire de Satoru son prochain coupable tout désigné. Un mélange diablement habile et chaque tome, très dense en dialogues ou en réflexions, ne vous laisse pas respirer avant que vous ayez tourné la dernière page. Trois tomes seulement de parus pour le moment, mais ce thriller temporel est un petit bijou de scénario et de narration. Un plat mystérieux qu’on a hâte de recroiser, car on n’a qu’une envie : percer le secret de sa composition !

Oh j’allais oublier, mais tout ceci était accompagné de charmants petits légumes ravageurs : les sorcières extraterrestres de Magical Girl of the End, réunies pour un ovni qui colle très bien à la nouvelle collection WTF d’Akata. Une narration nerveuse comme il faut et un massacre de masse sanglant et amoral qui est assez plaisant, surtout quand ça s’amuse à casser les codes des genres shônens, zombie et survival.

Pour le dessert, rien de tel qu’un peu d’originalité !

MoyasimonBien décidé à éviter les bûches et autres gâteaux génoise-beurre-crème-chocolat-et-rebeurre derrière, j’ai cherché et trouvé quelques histoires originales. Mais avant de passer au dessert, nous avons fait un tour par le plateau de fromages, l’occasion de déguster des choses moisies et de parler des bactéries de Moyashimon, ce manga où le jeune Tadayasu est capable de voir les bactéries à l’œil nu. Son entrée dans une université agricole est donc l’occasion de se confronter à des spécialistes en plats hautement périmés, qui vous fouettent l’odorat à des niveaux dont nous n’avons certainement pas conscience. Mais bon, dans notre beau pays des fromages qui puent, on sait que ce qui sent fort est potentiellement bon, donc on déguste avec curiosité ce titre avec lequel on rigole autant qu’on apprend, sur le saké et sa fabrication par exemple… Bref, ce titre de Masayuki Ishikawa dont le 3e fromage sort en janvier est un titre unique et qui est tout sauf aseptisé !

Avec ce plateau de fromage de pays, les plus âgés de notre table ont échangé sur les petits producteurs locaux, l’occasion idéale de plébisciter Silver Spoon, la comédie pédagogico-romantico-humoristique d’Hiromu Arakawa qui entamait sa seconde année et qui nous a dévoilé toute sa profondeur cette année, avec des problématiques agricoles traitées avec beaucoup d’humanisme en sachant rester pragmatique : la dure réalité du métier n’est jamais l’occasion de verser dans le larmoyant. Le personnage principal, Hugo, issu de la ville et étranger à cette fatalité paysanne devient de plus en plus charismatique, que ce soit en se retroussant les manches au point d’amocher sa santé ou lors de ses prises de position aussi courageuses que généreuses. Ajoutez-y une romance qui se développe et vous tenez là encore un titre pas comme les autres, qui réussi le mariage de la forme et du fond, de l’humour et de la prise de conscience, de la rugosité des personnages et de leur rêves pourtant très profonds.

Space Brothers 8Et donc, pour finir, le dessert… c’est celui de deux frères, qui ont su tout jeune qu’ils voulaient aller ailleurs et qui nous emmène avec eux. Ce gâteau de l’infini n’est pas un space cake faites de substances illicites mais par contre les jeunes hommes sont bien, indeed, des Space Brothers, dont la vie nous est conté par Chûya Koyama. Et pourtant, si vous croisez ce gâteau en vitrine, vous risquez fort de passer votre chemin : ses différentes couvertures n’ont rien de bien sexy et ce n’est pas avec la photo ou le CV du grand frère Mutta que vous aurez forcément envie de franchir le pas. Et pourtant c’est bien un fratrie de génie qui est à l’oeuvre, avec une intelligence peu commune et une détermination à toute épreuve.

Un tel plat, qui parait pourtant plein de défaut, devient intriguant au fil des bouchés et chaque coup de cuillère dans ces textures mystérieuses se fait plus gourmande, car on perçoit un potentiel qui se développe. Pendant ce voyage, on s’amuse souvent des imperfections, qui nous rappelle que les dons n’empêchent pas les failles, que les gens exceptionnels sont aussi des gens tous courts. Et lorsque que ce plaisir à plusieurs étages finit par décoller et se prend pour une fusée, c’est avec passion qu’on suit son envolée et qu’on lève les yeux vers le ciel pour regarder, avec envie mais aussi un peu d’anxiété, ce qu’il va arriver à ces deux frères. Parce que ce dessert est vraiment trop bon, donc attention aux cuisiniers, on ne veut vraiment pas qu’il leur arrive malheur !

Un café et l’addition s’il vous plait…

C’est donc autour d’un chaud breuvage noir que s’achève ce repas.A l’image du savoureux Coffee Time de Tetusya Toyoda, cette histoire a pris différentes saveurs, a permis de nombreuses rencontres, a multiplié les saveurs grâce à des mélanges classiques et efficaces ou plus aventureux et originaux. A l’heure de l’addition, je m’aperçois que je dois remercier Glénat, Pika, Ki-oon, Akata et Ototo pour leur carte 2014 particulièrement à mon gout, sans oublier de garder un œil sur Kurokawa, Doki-Doki, Kana ou Kazé Manga, qui produisent régulièrement des plats très alléchants.

Cette liste de souvenir n’est, bien sûr, pas exhaustive. J’aurais pu vous parler des riches et prenants Suicide Island,  Spice & Wolf, Billy Bat, Cesare, Vertical ou Montage, des débuts notables des titres historiques comme Le Chef de Nobunaga et Ad Astra, des sports enthousiasmants dans Ippo ou Dream Team, de l’engagé et touchant Daisy mais à chaque repas ses plats, et j’en ai d’ailleurs toujours quelques restes à finir, comme Bakuman, Hokusai, Vagabond et Real, car il fut impossible de tout manger en 2014.

D’ailleurs, chers invités, j’espère bien que vous avez eu vous aussi un coup de fourchette généreux cette année. A cette heure des résolutions qu’on ne tient jamais en voici donc une facile à tenir : en 2015 comme en 2014, en manga comme pour le reste, SOYEZ GOURMANDS !!!

 Post-scriptum : comme un menu ne fait pas l’autre, je vous conseille de faire un détour et de passer chez Nostroblog pour terminer de remplir votre besace de bons moments… C’est par ici !


janvier 1st, 2015
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Chroniques manga : c’est bon ça, c’est très très bon !

⊆ septembre 14th, 2014 | ≡ Topic: Chroniques, Manga, Manga / Japanimation | | ˜ Pas de commentaires »

Chroniques septembre manga

Comme je vous le disais dans le top des lectures de fin août, la rentrée manga 2014 est chargée : plus de 160 sorties pour ce mois de septembre. Après avoir lu une vingtaine de mangas depuis fin août, en voici 4 qui méritent votre attention et qui ont en commun de talentueux -voir brillants – mangakas. Au programme : Tokyo Ghoul #7, de l’enthousiasmant Ishida, Billy Bat #11 des malins et déroutants Urasawa & Nagasaki, Space Brothers #7 de l’inhabituel Koyama et enfin Seven Deadly Sins #4 du prometteur Suzuki.

En route pour ce top 4 de septembre !

Tokyo Ghoul #7 : une quête identitaire violente et jouissive…

Tokyo Ghoul Tome 7J’ai déjà réalisé une critique de l’oeuvre en janvier dernier, à l’occasion du tome 3, mais ce tome 7 mériterait presque un article à lui tout seul. Un opus marquant, pour le lecteur et dans le déroulement de l’histoire. Et notable pour sa violence, aussi. Pour ceux qui ne connaissent pas la série disons succinctement que tout commence le jour où  Ken Kaneki est pris en chasse par une goule et que, suite à un accident, cette dernière meurt et l’on transplante ses organes à Ken, pour le “sauver”. Ce jeune homme timide devient un être hybride plongé dans un monde sanglant et sans pitié où il faut manger de l’humain pour survivre. Ajoutez-y une guerre entre les clans de goules, répartis dans différents quartiers, qui se battent aussi contre les sections spéciales des forces de polices : on obtient donc un monde sordide mais de plus en plus complexe et prenant.

Et donc jusqu’ici notre cher Ken, toujours timide et un brin mollasson, jouait le rôle du garçon entre deux peuples, mi-humain et mi-goule, refusant d’abandonner sa sensibilité d’humain mais apprenant petit à petit à maîtriser ses pouvoirs de goule, avec un petit coté shônen / nekkutsu pour les plus âgés, hémoglobine et cannibalisme obligent. Mais au fur et à mesure que les anciens ennemis de Ken deviennent des alliés, séduit par son refus de la violence et sa recherche de la paix, il faut bien amener de nouveaux ennemis. Des Némésis en veux-tu en voilà, bien décidés à instaurer un nouvel ordre établi où la goule domine sans partage la chaîne alimentaire. Ken, capturé par ces troupes obscures, a le malheur de croiser la route de Jason, une goule sadique et cruelle, qui prend son pied dans la torture de son prochain. Et quand on sait que la goule qui sommeille en Ken a une capacité de régénération hors-norme, on comprend rapidement le manège qui s’annonce derrière ce sceau rempli à ras-bord de phalanges.

Ken. Va. Souffrir. Beaucoup. Longtemps. Jusqu’à la folie. Et alors que les troupes spéciales se décident à attaquer la place forte des goules, la quête identitaire de notre jeune hybride va sauter un pas de géant, nous entraînant alors dans un combat de virtuose entre la victime et son bourreau. Alors que de nombreux personnages secondaires font leur apparition et annoncent du lourd pour la suite, le héros de l’histoire reprend sa place : il se transcende et emballe l’intérêt du lecteur. Ne hurlez pas au scandale si je vous dis qu’il y a un peu de la grande bataille de Marine Ford (One Piece) dans ce tome 7 de Tokyo Ghoul, dans une version totalement horrifique, folle et malsaine, avec une trentaine de personnages prêt à en découdre. La série de Sui Ishida était réussie, mais ce volume la fait passer au niveau supérieur et constitue l’un des meilleurs tomes seinen de l’année. Rien que ça.

Billy Bat #11 : mais où nous emmènes-tu Urasawa ?

Billy Bat tome 11Billy Bat aussi je l’avais évoqué dans ces colonnes, avant la sortie du tome 10 en mars dernier. Après la séquence sur Oswald et Disney, l’histoire a bifurqué pour revenir au Japon depuis quelques tomes, pour la chasse au rouleau censé contrôler la chauve-souris. A l’image de l’arc précédent, je m’attendais à un passage mêlant à nouveau le scénario de Billy Bat et l’Histoire mais c’est finalement sur ces personnages principaux et le mystère de la chauve-souris que se concentrent Naoki Urasawa et Takashi Nagasaki.

Enfin je dis qu’il ne touche pas au passé mais les deux auteurs semblent incapables de s’en empêcher complètement et nous prépare un joli coup fourré à propos du premier voyage sur la Lune de 1969. Néanmoins le sujet principal n’est pas là pour le moment, et on suit donc trois générations de mangakas héritiers de la chauve-souris… Enfin plutôt DES chauves-souris, puisqu’il est maintenant clair que deux d’entre-elles œuvrent pour des destinées très différentes de notre monde. Ces trois auteurs, Kevin Yamagata, son maître Zofu et le maître de son maître, dessinent donc l’avenir et tentent de de déjouer des tragédies de deux périodes clés, entre 1924 et 1964.

Au milieu de tout ça le lecteur peut rapidement se perdre, car trop de complexité peut tuer la complexité et Urasawa ne sait pas toujours s’arrêter et se dépêtrer des imbroglios qu’il créé. Heureusement les tomes 9 à 11 de Billy Bat parviennent à conjuguer scénario riche et lecture trépidante :  les événements de 1924 et de 1964 sont très bien mis en parallèle et nous paraissent quasi-simultanés, comme dans un effet papillon où l’on observait en même temps les premiers battements d’ailes et la venue de l’ouragan qui en découle 40 ans plus tard. Les rebondissements, la psychologie des personnages et les quelques révélations qui viennent éclaircir la trame de fond nous permettent d’être captivé dans le récit, d’être surpris par les bifurcations du scénario… mais sans finir avec un horrible mal de crâne. Urasawa et Nagasaki ont compris qu’il fallait laisser le lecteur résoudre quelques petits puzzles, même si ces derniers ne sont en fait que des pièces pour un tableau plus grand, dont on ignore encore la taille… Même si on a l’impression de commencer à en voir les bords.

20th Century Boys semblait prendre un certain plaisir à noyer son lecteur. L’imagination d’Urasawa est toujours aussi grande qu’un océan mais au moins, dans Billy Bat, on arrive à peu près à y nager. Reste à savoir où est-ce qu’on va aller…

Seven Deadly Sins  #4 : c’est qu’on s’y attache à cette bande de malfrats !

Seven Deadly Sins Tome 4On change totalement d’univers pour parler shônen cette fois-ci. Celui là aussi j’en avais parlé il y a 2 tomes  mais j’étais plus mitigé à l’époque. Je pensais que le manga de Nakaba Suzuki allait plaire – ça,il y avait de bonnes chances – mais je ne me doutais pas qu’il allait ME plaire. Seven Deadly Sins, c’est un shônen d’aventure qui narre les péripéties de 7 combattants déchus et plus ou moins disparus de la surface de la Terre. Enfin de la surface de Britannia pour être précis, car ce récit se veut l’adaptation TRÈS libre des légendes arthuriennes, une préquelle pour être exact. A la façon d’un Übel Blatt ces 7 anciens mercenaires se sont fait piégés, ont été tués, mis au rebut ou déclarés dangereux et recherchés, et ceux qui ont pris le pouvoir depuis dirigent les pays d’une main de fer et sous un régime totalitaire.

Les gentils de l’ordre établi sont donc des salopards et les soi-disant bandits sont des gens sympas et incompris avec un cœur gros comme ça. Vous ajoutez une petite princesse à l’âme innocente – et aux fringues courtes – qui veut sauver le monde et on pourrait donc s’arrêter là. C’est bien croqué, avec une mention ++ pour les décors, l’univers est bien mis en place et les scènes de baston n’ont rien à envier, globalement, à la concurrence. Un travail classique et efficace.

Le petit plus, car il y en a un finalement, vient des personnages, qui sont rapidement attachants. Là encore, si vous cherchez de l’originalité, vous pouvez passez votre chemin, mais un bon ingrédient peut aussi se suffire à lui-même, sans forcément créer la surprise. Nakaba Suzuki fait du bon travail et sait attribuer à chacun de ces protagonistes un chara-design singulier et en forger des personnalités sympathiques. Pour rappel ou pour info, ces Seven Deadly Sins sont rattachés aux 7 péchés capitaux dont ils tirent en partie leur nom. Mais ce trait de caractère (colère, avarice, paresse, etc.) n’est pas prépondérant, pour le moment en tout cas. Ban l’avare se caractérise plus pour sa nonchalance et son oisiveté, King la paresse est avant tout à la recherche de justice, Meliodas la colère est un bon-vivant un tantinet pervers… Bref, chaque personnage propose bien plus que sa fiche d’identité et la bonne camaraderie qui se dégage de cette bande finit d’en faire des anti-héros plutôt cools, il faut bien l’avouer. Que l’ont soit le public cible ou non, voici donc une aventure qu’on prend plaisir à suivre !

Space Brothers #7 : il y a de la fierté dans ce tome…

Space Brothers tome 7Un drôle d’ovni pour finir ces chroniques, sans mauvais jeu de mots. Que ce soit par le manga ou l’anime je suppose que vous avez déjà entendu parler de cette histoire de deux frères qui veulent aller sur la Lune. Et bien ça y est, ils y sont. Enfin IL Y EST. Hibito, le petit frère classe à qui tout réussi, qui a toujours foncé tout droit vers son rêve parvient enfin à l’atteindre. Après avoir passé 6 tomes à suivre les périples de Mutta, le loser qui-n’en-n’est-finalement-pas-un-et-à-qui-on-s’attache, on avait tendance à trouver Hibito trop sympa, trop intelligent, trop fort… Trop parfait. Parfait il l’est toujours, mais au fur et à mesure qu’il se rapproche de la Lune on se rend compte de l’exploit qu’il accompli, un exploit personnel qui prend toute sa saveur à l’alunissage, un exploit familial avec la découverte de deux parents tordants et très humains, et un exploit national, car il est le premier Japonais a arriver sur la Lune. Et on est emballé, il faut bien le dire, par cet évènement : on se prend au jeu, dans la peau de Mutta, et on écrase une larme de joie ou on applaudit mentalement. Du décollage à l’arrivée sur la Lune, Space Brothers nous a offert un chouette moment.

Mais Space Brothers c’est plus que ça, c’est aussi un suspens et une angoisse latente pour le lecteur. Où est-ce que Chûya Koyama veut nous emmener nom d’une pipe, qu’est-ce qui se cache dans le destin de ces deux frères, à quand le drame et y en a-t-il qui se profile pour eux ? Avec ce manga tranche de vie de deux astronautes pas comme les autres, on est toujours dans l’attente d’un décollage – pas celui de la fusée pour le coup – qui serait caché en embuscade. Après avoir refermé le tome 6, nous évoquions avec ma chère Gally l’imminence d’une catastrophe ou d’une grosse surprise. Mais non, pas encore. Et pourtant il semble bien qu’on nous donne des indices mais ils restent encore difficile à appréhender : une vie extra-terrestre ? Un drame sur la Lune ? Raaaaaah they’re must be something, damnit ! Je veux la suite où je bute un bébé chat en mettant un flingue dans les mains d’un bébé panda, c’est clair ?!

Bref, vous l’aurez compris : Space Brothers, sous ses faux airs de série banale, a de quoi devenir un drogue dure pour le lecteur. La série n’a pas volée ses awards Shogakukan et Kodansha et on se dit vivement le 15 octobre pour la sortie du tome 8.

Voilà donc pour ces 4 titres, ces 4 coups de cœur. Pour le reste je vous conseille également Erased #2, qui confirme le talent de scénariste et de narrateur de Kei Sanbe. Si vous aimez les thrillers – polars jetez-vous dessus. Il y a aussi Dream Team #16 pour les fans de basket, où l’équipe phare enchaîne les défaites et les coups durs, pour une fois. Mais le mois de septembre est loin d’être fini et l’avalanche de titre est loin d’être finie. Pour glaner d’autres idées de lecture je vous conseille donc notre sélection spéciale rentrée sur Journal du Japon ET de continuer à passer ici dans les semaines à venir, pour deux sélections spéciales : un point sur les sagas shônens à rallonge et un special tome 10. On a vraiment de quoi se mettre sous la dent pour cette rentrée… C’est boooon ça, c’est très très bon !


septembre 14th, 2014
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Chroniques manga : 4 lectures de l’été qu’il ne fallait pas rater !

⊆ août 29th, 2014 | ≡ Topic: Articles, Chroniques, Manga, Manga / Japanimation | | ˜ Pas de commentaires »

Chroniques manga aout

Pendant que les votes pour le concours photo de l’été battent leur plein (résultats vers le 10 septembre), le chocobo revient de vacances après une multitude de bonnes lectures.  Depuis là sélection de 5 tomes 1 en juillet, j’ai eu l’embarras du choix parmi les bons mangas en cet été 2014. Un article n’y suffira pas et les mois de septembre et octobre s’annoncent des plus riches en chroniques et critiques dans ces colonnes, surtout avec ce qui arrive à la rentrée. Pour commencer, j’avais envie de mettre en avant 4 séries qui m’ont vraiment plu ces dernières semaines, sans thématique précise. Qu’elles prennent leur envol ou s’approchent de leur conclusion, ces séries brillent par leur très bon niveau global et un intérêt tout particulier pour leur scénario ou leur narration / mise en scène. Il s’agit de Ad Astra, Bakuman, Jeux d’enfants et Fate / Zero… Voici donc un mix d’Histoire (on se refait pas, hein !), de shônen qui parle de shônen, d’horror – survival game et enfin de dark-fantasy bien glauque.

C’est donc parti pour ces chroniques, bonne lecture 😉

Ad Astra #2 : veni, vidi mais pas du tout vici

Ad Astra tome 2J’ai déjà évoqué le premier volume plus tôt dans l’année et je disais, en résumé, que le sujet des guerres puniques au IV & III siècle avant JC était potentiellement passionnant. Depuis, chose amusante, je n’ai pas cessé de croiser des articles et des références à l’Empire romain, de sa genèse à sa chute. Donc pouvoir lire un manga sur la confrontation entre le mythique Hannibal, le barbare de Carthage, et Scipion, le génie militaire romain, avait tout pour plaire. Néanmoins, le premier tome de Ad Astra avait laissé quelques points d’interrogations dans mon avis de lecteur… En effet, l’auteur avouait qu’il s’agissait d’une inspiration plutôt libre, et on sait que les mangakas sont tout aussi capables de respecter l’Histoire que de la détourner totalement. Finalement, c’est dans le camp des fidèles que se situe Mihachi Kagano.

Même si nous ne sommes pas dans le soucis du détail bibliographique d’un Cesare, le mangaka vieille à reprendre et respecter les moments clés de ces batailles aux abords de la Méditerranée, puis il essaye de combler les blancs en sublimant les duels entre les deux armées et leurs chefs respectifs. Si Hannibal est déjà à la tête de plusieurs dizaines milliers d’hommes, Scipion doit se contenter d’observer la déroute des soldats romains, menés par des élites vaniteuses qui prennent de haut les barbares. Une constante dans l’histoire de Rome qui la conduira à sa perte six siècles plus tard, d’ailleurs.

Ce second tome décrit à merveille les batailles clés et balaie donc les doutes sur la crédibilité de l’ouvrage. En bonus pour tous les amoureux des tactiques militaires vous aurez le droit a des explications enrichissantes sur les différents contingents présents et sur les phases de la bataille, qu’il s’agisse du bluff psychologique d’Hannibal avec ses éléphants ou de sa façon de profiter des spécificités géographiques ou météorologiques. C’est passionnant sur le fond et de mieux en mieux sur la forme, et j’ai maintenant hâte de voir comment l’armée romaine va contre-attaquer dans le 3e volume, qui sort le 11 septembre !

Bakuman #19 : une série marquante, mine de rien !

Couverture Bakuman 19Alors que cette série se rapproche de la fin, je me rends bien compte que les péripéties de Mashiro, Takagi, Niizuma et les autres vont me manquer. Cela fait plus de six ans que Takeshi Obata et Tsugumi Ohba ont revisité à la sauce shônen le quotidien d’une génération d’auteurs du mythique Weekly Shônen Jump. Je ne vais pas vous refaire l’histoire de la série, tout le monde la connait bien, mais plutôt constater que dans ce tome 19 l’empathie avec nos deux héros, qui commencent à toucher leur rêve du bout des doigts, est réelle. Même si Mashiro et Takagi ne sont peut-être pas les meilleurs personnages de la décennie, on ne peut que saluer le talent des deux auteurs pour avoir transmis au lecteur la passion et la hargne de ces derniers dans la poursuite de leur rêve.

Après nous avoir emmené dans les coulisses du magazines de la Shueisha et nous avoir appris pas mal de choses, on lit avec autant de plaisir la conclusion des différentes destinées dans ces derniers volumes qu’il s’agisse des carrières des uns, des histoires d’amours des autres ou de l’amitié qui les lie tous ensemble. Ces histoires, souvent exaltées, sont emplies de pureté et de foi en des idéaux – ce qui peut sans doute déplaire – et ces ingrédients toujours sincères font honneur au genre shônen. Enfin, après autant d’efforts de leur part et autant de temps à lire chaque tome pour nous (1h pour chaque volume, c’est quelque chose !), une alchimie qu’on ne soupçonnait peut-être pas s’est développée et apparaît au grand jour pour le début de cette fin. Beaucoup a déjà été écris sur la série donc je ne m’étends pas plus, et je remercie chaleureusement les deux mangakas pour cette histoire inédite, enrichissante et pleine d’entrain. Et comme je suis resté scotché une bonne minute et avec un large sourire devant cette double page symbolique, je vous la remets pour le plaisir et sans le texte pour ne pas vous spoiler :

© Tsugumi Ohba·Takeshi Obata / SHUEISHA Inc. All rights reserved.
© Tsugumi Ohba·Takeshi Obata / SHUEISHA Inc. All rights reserved.

Jeux d’enfants #4 : les délires ludiques de dieu

jeux-d-enfants,-tome-4Un autre avant-dernier volume mais pour une histoire beaucoup plus courte et radicalement différente. Ici, je vous le rappelle, il s’agit d’un jeu pour la survie qui a débuté dans tous les lycées du Japon et qui décapite, explose, découpe ou écrase tous les perdants ou absents aux différentes épreuves de la mort proposées par des mystérieux robots / extraterrestres / trucs bizarres et un brin flippant. Le carnage continue dans ce tome 4, qui voit les survivants de chaque lycée du Japon s’affronter pour une ultime série de duel. Avec la fin de l’histoire qui approche, quelques révélations se profilent sur l’identité du soi-disant Dieu qui régente cette valse macabre, ainsi que sur son passé. Un être mystérieux et mystique, lunatique et complètement dans son trip… Ce qui nous vaut d’ailleurs une double-page d’anthologie où l’on peut lire dans une seule et même bulle le nom des 311 “enfants de dieu” qui ont réussit à survivre aux différentes boucheries lycéennes. Idée anecdotique au final, mais qui renforce le coté barré de la série.

Mais c’est surtout pour ses rebondissements et son excellente narration, très dynamique, qu’on prend du plaisir à lire ce titre. Le scénariste, Muneyuki Kaneshiro, continue de mettre en place des jeux inédits toujours loufoques et inspirés de très grand classiques, qu’il revisite dans des versions des plus meurtrières. Dans ce volume, il s’agit d’une Qourse à pied, mélange de course à pied et d’un QCM : le dernier meurt, celui qui répond mal meurt, et si vous vous faites ratraper par la poupée qui vous colle aux basques, vous êtes avalés tout cru. Il faudra quelques cadavres à nos protagonistes afin de comprendre toutes les subtilités du jeux, l’occasion pour l’auteur de s’amuser avec les codes du genre et de découper en morceaux toutes les figures un tant soit peu héroïques.

Car, dans ce manga un peu vicelard qu’est Jeux d’enfants, ce ne sont pas vraiment les gentils propres sur eux qui gagnent : ceux qui ont survécu depuis le premier tome ont tous un coté dérangé et prennent plus ou moins leur pied dans cette compétition des plus risquées. Ces protagonistes sont parfaitement croqués par Akeji Fujimura, dont le dessin d’une apparente banalité dévoile tout son talent dans les scènes d’action trépidantes, avec des jeunes gens qui se transcendent quand ils font face à la mort, le visage parfois déformé par la panique ou l’adrénaline. Sadique et dynamique, Jeux d’enfants reste donc une lecture récréative et fort sympathique !

Fate / Zero : la vraiment très très DARK fantasy

fate-zero-manga-volume-4Comme je le disais pour Ad Astra, les Japonais sont tout aussi forts pour être fidèle à l’Histoire que pour la détourner, mais encore faut-il que ce soit bien fait et qu’on ne parte pas totalement en sucette. Après Drifters de Kohta Hirano qui reste une référence en la matière, j’évoquais en janvier ma première bonne impression sur Fate / Zero, nouvelle licence Ototo signé par Shinjirô (dessin) et le scénariste bien connu Gen Urobuchi, qui relèvent le gant du melting pot historique à la sauce WTF. Je dis “bonne première impression” car ce seinen qui réinvente la bataille pour le Saint Graal est une adaptation très réussie d’un light novel nippon, qui a gardé toute la profondeur de la version littéraire avec des affrontements prenants, qu’ils se déroulent sur le terrain ou dans les manigances et les manipulations. Avec un excellent chara-design, une transcription réussie des émotions ou des sentiments et une chorégraphie des affrontements facile à suivre et toute en puissance, on prenait donc beaucoup de plaisir à suivre ce titre très bien équilibré entre action, stratégie et psychologie.

Si je vous en RE-parle aujourd’hui c’est parce que, depuis le tome 3, Fate / Zero a pris le parti de s’enfoncer dans le sombre et le glauque avec l’arrivée de nouveaux personnages des plus inquiétants. Le premier est Barbe Bleu, alias Gilles de Rais, compagnon d’arme de Jeanne d’Arc et héros de la Guerre de Cent Ans, mais surtout l’un des premiers serial killer connus de l’histoire, puisqu’il fut condamné simultanément à la pendaison et au bucher pour la sodomie, le meurtre et autres joyeusetés perpétrées sur au moins 140 enfants. Le mec que l’on inviterait bien à diner quoi, surtout qu’il est doté de pouvoir de mage et capable d’invoquer des esprits démoniaques, afin si besoin de vous découper tout en vous gardant en vie par la magie. Juste pour le fun. Et voilà que le Graal décide de réincarner et confier ce monstre à, je vous le donne en mille, un serial killer. Un duo qui commet donc les pires atrocités dans le tome 3 et qui se retrouve à combattre, dans le 4e, l’héroïne de la saga notre chère Arthur (oui Arthur est une femme ici, mais on s’y fait).

Et comme si cela ne suffisait pas, l’histoire d’un second duo en remet une couche : un mage quasiment immortel mais sur le déclin adopte une jeune fille afin de faire d’elle la future génitrice d’un mage surpuissant qui pourra remporter le Graal. Pour se faire, l’enfant qui à peine 10 ans se retrouve violée de toutes les façons possibles et en continu par des vers magiques, phalliques et immondes, qui ont pour but d’ouvrir les circuits magiques dormant en elle puis de la féconder après des semaines voir des mois entiers de souffrance. L’héritier prévu de cette sinistre famille qui avait pris le large – on le comprend ! – est pris de remords et décide d’arrêter la torture de cette innocente en reprenant sa place d’héritier. Un an plus tard on le retrouve donc en invocateur du fameux Berseker, tentant de remporter le Graal avant que son corps ne lâche. Après tout ce que les vers lui ont fait subir pour en faire un mage, il n’en a plus pour longtemps. Fate / Zero plonge donc dans un univers des plus noirs avec une belle cohorte de sadiques, de fous et de vaniteux, mais également quelques héros dans le sens noble du terme qui apportent une part de lumière bienvenue au récit. Un titre inédit de Dark Fantasy, à ne pas mettre entres toute les mains, mais qui excelle dans tous ses choix et dans leur mise en scène.

Fate Zero  tome 4

Voilà qui clôture cette petite sélection pour amorcer la rentrée bien chargée. Je vous donne d’ailleurs rendez-vous en début de semaine prochaine pour parler un peu de jeu vidéo et de la saga des Tales Of avec Hideo Baba, l’une des rencontres les plus sympathiques de la dernière Japan Expo, avant d’enchaîner avec les résultats du concours photo et le retour d’un concours manga classique, puis une ou deux critiques et une nouvelle sélection spéciale que je muris depuis quelques semaines. Sans oublier que le chocobo va probablement repartir à la rencontre des éditeurs pour une nouvelle salve d’interviews… On ne va pas chômer cet automne, c’est moi qui vous le dit !


août 29th, 2014
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Fun, enrichissante ou sympathique, cinq lectures qui tombent à pic !

⊆ avril 1st, 2014 | ≡ Topic: Chroniques, Manga, Manga / Japanimation | | ˜ Pas de commentaires »

Selection manga nouveautés

Cette semaine je me suis dit que je ferais simple, sans prise de tête. Après avoir pesé le pour et le contre à n’en plus finir sur Seven Deadly Sins voici les 5 dernières bonnes surprises qui ont croisé ma pile de lecture. Voici donc un mélange de tomes 1 et tomes 2, pour vous proposer quelques nouvelles lectures dans des genres assez différents : de l’histoire librement adapté avec Le Chef de Nobunaga et Ad Astra, du sport avec le second tome de Haikyû, du thriller fantastique avec la Tour fantôme et enfin, qui l’eut cru, l’un des romans graphiques de chez Pika, l’amusant Sans âme. C’est parti !

Le chef de Nobunaga : un top chef au cœur de l’histoire

le-chef-de-nobunaga-komikku-tome-1Comme le savent les lecteurs réguliers du blog, je ne manque jamais de vous parler de mangas historique mais je ne m’attendais pas forcément à être séduit par Le chef de Nobunaga, un titre qui mélangent récit historique, cuisine et voyage dans le temps. Ken est amnésique depuis qu’il s’est cogné la tête mais une chose est sure : il appartient au 21e siècle et il se demande bien comment il a pu atterrir dans le Japon féodal de l’année 1568 ! Ses souvenirs sont très confus mais il va rapidement comprendre qu’il est un cuisinier hors-pair au savoir encyclopédique sur l’histoire de la gastronomie japonaise. Avec cinq siècles d’avance en matière de cuisine, il va rapidement se faire remarquer par l’homme le plus important de cette époque : le despote d’Owari, plus connu sous le nom de Nobunaga Oda ! Les deux hommes s’apprivoisent et Ken, devenu le cuisinier personnel d’Oda, ne cesse de prouver sa valeur à travers des plats totalement innovants pour l’époque et une grande détermination. Il va aussi traverser l’histoire avec un grand H, en côtoyant Oda, Hideyoshi Toyotomi ou encore le jeune Tokugawa.

Guerre et gastronomie, voilà un mélange inattendu.  Le voyage dans le temps semble au départ un artifice qui permet au fameux Ken de se retrouver rapidement aux cotés d’Oda mais il est assez amusant de voir comment le scénariste Mitsuru Nishimura imbrique les faits et gestes de Ken pour les plier au récit des livres d’histoire. Tout se déroule comme si la vie d’Oda avait bien compté ce cuisinier exceptionnel dans ses rangs mais qu’il ait agit en second plan et que les livres n’aient retenu que les actions du guerrier… Après tout, qui peut se douter qu’un cuisinier peut changer le cours des grandes guerres de cette époque ? Pour ceux qui sont néophytes sur cette période d’unification du Japon, n’ayez crainte, car ces deux premiers tomes replacent régulièrement le contexte historique nécessaire pour comprendre les enjeux de chaque chapitre. Vous pouvez aussi faire un tour ici pour lire les articles du blog consacré à cette époque.

L’histoire avance assez vite, d’une date importante de la vie d’Oda à une autre, et on prend plaisir à découvrir de grands noms qui prennent vie sous la plume du dessinateur Takuro Kajikawa. Le bémol que l’on peut ajouter à ces débuts enrichissants vient cependant de ce même dessinateur dont le chara-design est assez fade et un peu grossier, même s’il respecte la ressemblance avec les figures historiques. Heureusement il se rattrape sur la partie cuisine et des plats bien appétissants. Globalement, pour finir, la partie culinaire du manga est plutôt sympathique. Ken doit toujours essayer de surprendre son public tout en s’adaptant à diverses situations : ingrédients inconnus, ustensiles assez pauvres, invités venant de l’étranger ou encore plats de gourmets à consommer sur un champ de bataille. Même si ce n’est pas une révolution du genre, tout ceci  est fait avec intelligence et raffinement et enrichit l’œuvre qui s’avère in fine bien complète. S’ouvrir l’appétit tout en se cultivant, c’est plutôt cool comme mélange !

Le Chef de Nobunaga Visuel Paoru

© 2011 Mitsuru Nishimura / Takuro Kajikawa / Houbunsha

Pour info, ce titre a connu une adaptation en drama pour 9 épisodes en janvier 2013 et une saison 2 est attendue en juillet prochain, ce qui explique aussi pourquoi le manga a dépassé le million d’exemplaires vendus avec 9 tomes parus depuis aout 2011.

Ad Astra : la revanche de Carthage

Ad AstraSicile, 241 avant J.-C. Plus rien ne semble arrêter l’armée romaine qui enchaîne les conquêtes sur la méditerranée. Hamilcar Barca, commandant de l’armée carthaginoise l’a bien compris. Après la défaite vient le temps des impôts et des dettes envers les romains qui étouffent les citoyens. Sur les îles voisines de Corse et de Sardaigne, Rome cherche a étendre encore son influence. Mais en humiliant une fois de plus le peuple de Carthage, la délégation romaine commet une erreur fatale et provoque le courroux du dieu Baal. Il s’exprime à travers un jeune garçon d’à peine 10 ans : Hannibal Barca. La tyrannie de Rome a donné vie à un monstre qui va prendre les armes 20 ans plus tard, et son génie militaire va lui ouvrir les voies de la vengeance. Personne dans l’armée romaine ne semble capable d’arrêter les plans fous et totalement imprévisibles de cet homme. Mais au sein d’un empire bouffi d’orgueil et trop sûr de sa toute puissance, un autre esprit brillant réussi à faire surface : celui de Publius Cornelus Scipion. Fils d’un grand stratège, il est le seul qui parvient à mettre des battons dans les rouages d’Hannibal. Mais leur bataille ne fait que commencer…

Je vous ai récemment parlé de toute cette époque, avec le titre Eureka ! aux éditions Komikku qui effleurait cette période de l’histoire. Mais Hannibal n’y était qu’une figure symbolique et le titre s’intéressait davantage à Syracuse et aux machines de guerre d’Archimède. Là c’est bien le duel entre Hannibal et Scipion qui est au cœur de l’ouvrage.  Le mangaka Mihachi Kagano y explique comment Rome a du faire face à l’un des plus grands stratèges de l’histoire pour arriver Ad Astra, jusqu’aux étoiles. Le récit reprend donc les grandes batailles qu’Hannibal a mené et le premier volume nous présente sa première confrontation avec le fameux Scipion. Néanmoins l’auteur brode à sa convenance autour de ces quelques éléments (de son propre aveu en fin de volume). Il cherche surtout à sublimer cet affrontement légendaire, quitte à faire quelques entorses et approximations aux faits.

Fort heureusement cette histoire reste tout à fait plausible et les personnalités fortes nous emmènent dans cette guerre, qui s’avère passionnante sur le plan stratégique : utilisation judicieuse du terrain, manipulation des peuplades opprimées, brouillage des pistes quand aux chemins empruntés par les troupes… Les ruses sont multiples et Hannibal a la bonne attitude de ne jamais être là où on l’attend. Pour peu que le dessin par ordinateur qui prend parfois des airs de cell-shading ne vous pose pas de problème, ce titre mérite donc votre attention. Les prochains volumes nous diront ce qu’il a réellement dans les tripes.

Haikyû : des premières impressions qui se confirment !

haikyû tome 2Et oui, souvenez-vous, je vous avait donné un premier avis en janvier sur le tome 1 d’Haikyû, ce shônen sportif dédié au volleyball. Ce second volume débute par un match d’entrainement du duo phare : l’expérimenté passeur Tobio et l’attaquant rookie Shôyô. Leur combinaison est encore en rodage mais donne déjà lieu à de très belles phases offensives. Le récit ne faiblit pas une seconde puisque ce tome enchaîne directement sur un premier match contre un autre lycée avec l’équipe au grand complet, ce qui nous permet de prendre un peu de recul sur tous les membres du club. L’occasion aussi de mettre le projecteur sur les postes offensifs : passeur, attaquant ailier, central… En attendant de parler de la défense dans les prochains volumes.

Puisque l’attaque est pour l’instant à l’honneur, on savoure sans se priver de la puissance ou de la vitesse qui se dégage des planches de Haruichi Furudate. Le mangaka n’hésite pas à en faire un peu trop mais on a encore de la marge par rapport aux folies d’un Captain Tsubasa… On n’en est qu’au volume deux cela dit. Par contre on ne peut qu’applaudir pour le choix des angles et la mise en scène des matchs qui rendent les matchs palpitants et nous offrent de jolies planches en situation, dessinées à travers l’oeil du joueur. Un plus pour les amateurs de ce sport a qui ces moments devraient évoquer quelques souvenirs.

Enfin on apprécie aussi l’histoire de fond et les personnages qui enchaînent pour l’instant les victoires, mais de justesse, en exprimant aussi bien leur potentiel que leurs lacunes. De nouveaux protagonistes et surtout de futurs ennemis sont encore à venir, et on se doute que la première grande défaite, celle qui remet les pendules à l’heure, va bien finir par arriver… Mais quand et comment vont-ils la gérer, c’est une autre histoire !

La Tour fantôme : le thriller malsain comme on aime bien

la-tour-infernale-1-glenatAprès Tokyo Ghoul et Gangsta, les éditions Glénat Manga continuent de proposer des scénarios dont les apparences sont souvent trompeuses et des personnages qui ont souvent beaucoup à cacher. Taro Nogizaka, le mangaka de Team Medical Dragon change complètement de registre et débute son récit en 1952 lorsqu’une vieille femme est retrouvée brisée en deux sur le cadran d’une horloge au sommet d’une tour. Deux ans plus tard, c’est le jeune Amano Taïchi qui est victime de la même agression sur la même tour, mais il échappe de justesse à la mort grâce à un étrange garçon du nom Tetsuo, qui l’entraîne dans une chasse au trésor.  Looser endetté, Amano accepte de suivre Tetsuo et ses rouages tordus afin de devenir riche et d’en finir avec les humiliations. Mais la quête va se révéler aussi innatendue que dangereuse… Et sans retour.

Ambiance glauque et meurtres sanglants bonjour ! Ce manga à suspense est l’une des nombreuses versions de Une Femme dans le gris, roman du 19e siècle d’Alice Muriel Williamson, adapté au Japon par Ruiko Kuroiwa len 1899 puis par le célèbre Ranpo Edogawa en 1937. Ici c’est la version de Kuroiwa qui est mis en image par Taro Nogizaka et très librement adapté. Néanmoins on a toujours l’impression de lire un roman mixant suspens et épouvante, comme dans une œuvre d’Edgar Allan Poe, avec des personnages mystérieux voir malsains. Certains opèrent sans concession pour atteindre leur but pendant que d’autres tentent de lutter contre eux-même mais sont incapables de changer leur nature profonde. En dehors du héros dont on perçoit facilement la banalité et la nullité, les autres personnages sont recouverts d’un élégant vernis qui fait d’eux des êtres au-dessus du lot, maîtrisant parfaitement leur destin et pensant toujours à tout. En apparence en tout cas.

A l’inverse Amano rêverai d’une autre vie que la sienne et plonge la tête baissée devant une proposition trop belle pour être vraie. Le lecteur sait, lui, qu’il va amèrement le regretter et qu’il risque de se réveiller trop tard, irrémédiablement enchevêtré dans quelque chose de forcément sordide. Heureusement Amano n’est pas complètement stupide et il comprend rapidement que la méfiance est de mise. Il a intérêt car ses alliés et ses adversaires semblent avoir passés des pactes avec le diable… A moins qu’ils ne soient eux-même des démons sanguinaires. Bref, vous l’aurez compris, ce premier volume met l’eau à la bouche dans une ambiance aussi malsaine qu’envoutante, en attendant que l’horreur nous saute au visage au moment où on l’attend le moins !

Sans âme : alors ça pour une surprise !

le-protectorat-de-l-ombrelle-globalmanga-volume-1-simpleQui aurait pu croire que j’allais m’amuser à la lecture de ce titre de la collection Black Moon Graphics, chez Pika. Je ne suis normalement pas le public visé par cette histoire romantico-fantastique où Mademoiselle Alexia Tarabotti, une jeune femme de bonne famille, à hérité d’un don un peu particulier : elle est une para-naturelle, une sans âme capable d’annihiler les pouvoirs des êtres surnaturels. Dans ce Londres de l’époque victorienne elle est donc à cheval entre deux mondes, celui des humains – avec sa famille qui se désespère de la caser avec un bon parti – et celui des vampires et loups-garous qui sont intrigués par ce spécimen unique. Alexia se retrouve rapidement embarquée dans des intrigues pleines de dangers aux cotés des agents du BUR (Bureau du registre des non-naturels). De plus, cette enquête surnaturelle est dirigée par le séduisant Lord Conall Maccon, loup-garou de son état, qui pourrait bien plonger notre jolie mondaine dans le plus grand des embarras !

Cette adaptation graphique est inspirée par les romans de Cail Carriger, alias Tofa Borregaard, romancière qui connait le succès depuis 2011 avec les aventures d’Alexia Tarabotti. Les dessins ont été confiés à une certaine REM / Priscillia Hamby qui n’a pas à rougir de son style très nippon : le chara-design est correct, dans la lignée des global manga standard, les décors et les costumes sont très classiques mais remplissent leur rôle d’étiquette de l’époque victorienne, tout comme le phrasé très ampoulé de la famille d’Alexia. Sur le plan visuel, on regrette juste l’encrage pas terrible et l’usage abusif des trames. Pour le reste, comme je le disais plus haut, cela n’a rien d’original mais ça demeure sympathique.

C’est surtout pour la romance entre Alexia et le lord – garou Conall Maccon qu’on finit par accrocher à l’histoire. Elle est une fille intelligente et pleine de caractère dans une époque ou la bienséance et les courbettes sont une façon de vivre,  lui est un être surnaturel qui fait de son mieux pour mener à bien ses enquêtes mais son coté animal et pataud lui donne un certain charme. L’intrigue de ce tome sur fond d’intolérance inter-espèce est sans prétention mais forme un bon prétexte pour le chassé-croisé amoureux très maladroit entre nos deux amants. Le tout est teinté d’un humour bien dosé, d’un peu d’action et d’érotisme soft qui accouche finalement d’une lecture tout à fait récréative. C’est fun donc si c’est votre genre d’histoire, essayez-le !

Voilà pour ce lot de chroniques et de nouveautés, si vous en voulez encore, je peux vous conseiller de jeter un oeil aux 5 tomes 1 que j’avais décortiqué il y a quelques semaines ici, ou vous pouvez aussi jeter un oeil au sélection mensuelle de Journal du Japon. Celle d’avril arrive d’ailleurs la semaine prochaine !


avril 1st, 2014
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Dimension W : Ô joie, voici le retour d’Iwahara !

⊆ février 23rd, 2014 | ≡ Topic: Chroniques, Manga, Manga / Japanimation | | ˜ 1 Commentaire »

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Dans la liste des mangakas de ma génération, je suis de près le travail de Yuji Iwahara, l’auteur du Roi des ronces, de Nekoten, du monde de Misaki ou encore de l’oeil du loup que j’avais traité de manière succincte aux débuts du blog. Après quelques années sans parution en France, l’auteur signe son retour avec Dimension W, œuvre de science-fiction qui met en scène un duo, un chasseur de prime et une jeune androïde, au cœur d’une avancée scientifique pleine de mystère, les coils.

L’œuvre a débuté en 2011 au Japon dans les pages du bimensuel Young Gangan de l’éditeur Square Enix. Ce magazine publie ou a publié de nombreux succès de l’éditeur Ki-oon : Übel Blatt, Jusqu’à ce que la mort nous sépare, Jackals et les œuvres de Tetsuya Tsutsui pour ne citer qu’elles. Dimension W compte actuellement 5 volumes au Japon, au rythme de 2 tomes par an, et le premier est sorti chez nous le 13 février dernier, aux éditions Ki-oon justement. Ce tome 1 est actuellement à gagner sur le blog donc si la chronique vous plait, rendez-vous ici pour tenter votre chance !

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Voilà pour les informations de base, en route pour la découverte de cette nouveauté et de son mangaka !

Bienvenue dans la quatrième dimension…

Au 19e siècle le célèbre scientifique Nikola Tesla devient l’un des père fondateurs de l’électricité, au même titre que Thomas Edison. Le 20 mai 1891, Tesla envisage pour la première fois le concept d’énergie gratuite : « Dans quelques générations nos machines seront animées grâce à une énergie disponible en tout point de l’univers.[…] [En effet,] dans l’espace, il existe une forme d’énergie. Est-elle statique ou cinétique ? Si elle est statique, toutes nos recherches auront été vaines. Si elle est cinétique – et nous savons qu’elle l’est –, ce n’est qu’une question de temps, et l’humanité mettra en harmonie ses techniques énergétiques avec les grands rouages de la nature. »

En 2036, l’homme est enfin parvenu à exploiter cette nouvelle dimension où une nouvelle forme d’énergie semble circuler : la dimension W. Pour exploiter cette énergie inépuisable, l’homme a mis au point une technologie révolutionnaire, un dispositif à induction électromagnétique qui traverse les dimensions : le coil. Grâce à une soixantaine de tours érigées de par le monde, les coils reçoivent un apport continue d’énergie où qu’ils se trouvent sur le globe. Les anciens systèmes de production et d’acheminement de courant ou de combustible sont obsolètes… Le système global est né.

Dimension W

Trente-six ans plus tard, cette manne est entre les mains de la toute puissante compagnie New Tesla. Bien entendu, un marché noir de coil s’est organisé et des versions illégales circulent. Pour mettre la main dessus, on fait appel à des récupérateurs. Dans la ville de Central 47 l’un des plus fameux se nomme Kyoma Mabuchi. Pour des raisons personnelles, camouflées derrière un lourd passé, Kyoma a une sainte-horreur des coils et de tout ce qui s’en rapproche. Il vit en ermite et fait figure de dinosaure avec une voiture qui roule encore à l’essence, un look de l’ère Edo et il se bat contre les trafiquants de coils à coup de grandes aiguilles. Mais son travail est efficace et il est un chasseur de primes reconnu.

Jusqu’au jour où, en enquêtant sur deux petites frappes des bas quartiers, il croise le chemin de Mira, une humanoïde dont le destin est lié aux coils et à leur créateur. Malgré son aversion pour ces derniers, il se retrouve avec cette jeune fille sur les bras, embarqués tout deux dans une aventure qui pourrait bien mener l’humanité à sa perte !

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Yuji Iwahara, vous connaissez ?

Yuji IwaharaCette homme, né dans une petite bourgade de la région d’Hokkaido, a réalisé des études d’art avant d’intégrer l’entreprise de jeux vidéo Hudson Soft, en tant que graphiste. Après 4 ans là bas, l’homme a envie de mener un projet de lui-même et de A à Z. Sa vie de mangaka débute alors en 1994 dans le magazine Afternoon de la Kodansha. Il y a gagne d’ailleurs plusieurs awards pendant ses deux premières années d’auteur. On retrouve une partie des récits courts de ses premières années dans le recueil l’oeil du loup : le serpent (1996), l’oeil du loup (1997), le siècle du fer (1998). Sa première véritable série, en 3 volumes, se nomme Koudelka et elle publiée entre 1999 et 2000 chez un autre éditeur, Kadokawa Shoten. Il s’agit d’une side-story issue d’un jeu vidéo éponyme, sur Playstation.

Il a désormais le pied à l’étrier et enchaîne une nouvelle histoire en trois volumes : le monde de Misaki, un récit fantastique sur une créature qui l’est tout autant, Nio, et une petite fille au passé mystérieux, Misaki. Cette série est arrivée chez nous chez Akata / Delcourt, mais à la fin des années 2000. En France, son premier manga publié est son œuvre suivante : Le Roi des ronces, une série futuriste et fantastique en 6 volumes qui connait un vrai succès critique mais qui peine à trouver son public en France, aux éditions Soleil. Ce sera d’ailleurs le cas de tous les mangas d’Iwahara, que ce soit Le monde de Misaki chez Delcourt ou Nekoten, la série qui succède au Roi des ronces en 2006 et qui arrive dans l’hexagone en 2008 chez Asuka / Kazé Manga. On notera que pour Nekoten, au Japon, le mangaka a encore changé d’éditeur et se retrouve chez Akita Shoten.

Pour la France, l’histoire de Yuji Iwahara s’est arrêté là en 2009 (si on excepte le film d’animation tiré du Roi des Ronces). Même si le coup de crayon du mangaka est remarquable, ses séries pour le jeune public ne parviennent pas à sortir du lot : les pitchs de départ sont sympathique, mais leur suite est parfois trop prévisible. Si on lit le Roi des ronces, on comprend que l’homme semble plus taillé pour le seinen. Ses thématiques autour du fantastique et de l’incapacité de l’homme à respecter la nature nécessitent sans doute un traitement plus adulte pour exprimer leur réel potentiel.

le-roi-des-ronces-tome-1Ensuite, Iwahara est aussi un touche à tout dans le domaine graphique comme Yusuke Kozaki – même si leurs styles sont complètement différents et ils sont tous les deux très forts dans la création de personnages charismatiques… Une âme de chara-designer, même si Iwahara a, en plus, un don prononcé pour les décors et la création d’univers fantastique ou alternatif. Ce talent d’Iwahara est d’ailleurs mis à contribution dans une série que vous connaissez sans doute : Darker Than Black. L’occasion pour le mangaka de changer ENCORE d’éditeur nippon : pour cette œuvre en 4 volumes qui se situe entre les saisons 1 et 2 de l’anime, il travaille pour Square Enix, (comme pour Dimension W, donc).

Il travaille sur cette adaptation, de son nom complet Darker Than Black – Shikkoku no Hana, de fin 2009 à 2011, et participe aussi au chara-design de Darker than Black: Kuro no Keiyakusha. C’est à partir de là qu’il se lance dans Dimension W comme je vous l’expliquais plus haut. Ah, j’oubliais, il a même travaillé avec Marvel, pour le projet de magazine destiné aux lecteurs de mangas US, Tsunami, à travers un un récit intitulé Quest.

L’homme a donc un parcours plutôt sinueux, entre les univers des jeux vidéo, les animes et les mangas, à travers des récits entre shônen et seinen, publiés chez de multiples éditeurs… Avec 20 ans de carrière à son actif cette année, Dimension W pourrait être “l’œuvre de la maturité“. Évitons de juger sur son seul premier volume mais tachons déjà de statuer, au moins, sur son potentiel…

The Bounty hunter, the android girl and the big coil company…

Comme tout bon chara-designer qui se respecte, Yuji Iwahara sait créer des personnages aux looks bien étudiés qui définissent d’emblée leur personnalité. Il exprime aussi un certain background quand c’est nécessaire, comme c’est le cas pour Kyoma : un vieux garçon, solitaire et un peu râleur sur les bords qui s’est enfermé dans son passé. Il refuse les coils et l’évolution technologique pour des raisons qui nous sont encore inconnues même si, visiblement, il y a une femme là dessous. En dehors de son coté taciturne, on retrouve chez ce chasseur de primes quelques points communs avec l’ultra-charismatique Spike de Cowboy Bebop.

Kyoma

D’ailleurs Yuji Iwahara partage avec le studio Bones et certains de ses cadres (Tensai Okamura, Toshihiro Kawamoto) des influences US communes, une certaine patte graphique avec des contours épais et un talent pour les protagonistes qui ont de la gueule. On retrouve aussi un mélange entre vintage – jazzy – old school d’un coté et une autre face technologique ou mystique, en avance sur l’homme et pourtant emprunte d’innocence. Dans Dimension W, cette modernité est incarnée par Mira, une robot-androide-humanoïde – on ne sait pas encore vraiment – dont le père n’est autre que l’inventeur du coil. Cachée des yeux de tous depuis sa création, la demoiselle ne connait rien du monde extérieur et n’est pas vraiment armée pour son destin, même si elle est sans doute ce qui se fait de plus avancée en matière de robotique.

Ce personnage est aussi le point central de l’intrigue, qui tourne autour de  l’assassinat de sa famille par une branche de la New Tesla compagnie. Une compagnie qui a des airs de Big Brother, de grand trust énergétique très opaque sur son fonctionnement, son histoire, son lobbying et sa manipulation des masses. Hasard ou clin d’œil, le mot coil rappelle le mot oil qui désigne le pétrole, un secteur tout puissant et qui travaille aussi beaucoup dans l’ombre.

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Au sein de cette histoire, qui se met doucement en place et qui tisse ses ramifications obscures, le duo Kyoma-Mira est un point central autour duquel gravite une galerie de protagonistes, tous très bien campés : Mary, la patronne de Kyoma qui gère tous les chasseurs de primes de la ville avec ses allures de mama toute puissante, Albert, le beau-gosse bien propre sur lui qui travaille à la New Tesla company mais qui a le profil d’un arriviste peu scrupuleux et enfin, pour n’en citer que 3, le célèbre Loser, un voleur superstar qui donne à Dimension W son coté Edgar le cambrioleur… même si l’homme a plus le look d’un Iron Man en soirée de gala. L’influence des comics et du cinéma hollywoodien sur Iwara n’est plus à démontrer mais, à travers ce personnage il est assez criant (cf planche ci-dessous). D’autres personnages secondaires complètent la galerie et possèdent tous leur part de mystère pour le moment. Pour en apprendre plus sur eux et leur intentions, il faudra encore un peu attendre, car il parait que l’histoire prend toute son ampleur au tome 3.

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Sachez, enfin, que ce tome 1 s’avère d’excellente facture : superbe couverture en relief et phosphorescente mais surtout des pages couleurs au début et en plein milieu de l’œuvre, tout ça pour bon rapport qualité prix (208 pages, 7.90 euros).

A travers ce premier volume, Yuji Iwahara présente son univers et ses personnages dans un ensemble cohérent, dans une mise en scène sans temps mort notable. Tout ceci n’est pour l’instant que la face émergée de l’iceberg mais on a hâte de plonger plus profondément dans cette histoire pour en déceler la véritable ampleur et suivre des héros déjà séduisants. Bref, vivement le tome 2, prévu pour le 10 avril prochain !

Fiche descriptive

DimensionW_1Titre : Dimension W
Auteur : Yuji Iwahara
Date de parution du dernier tome : 13 février
Éditeurs fr/jp : Ki-oon / Square Enix
Nombre de pages : 208 n&b et couleur
Prix de vente : 7.90 €
Nombre de volumes : 1/5

Visuels : © Yuji Iwahara / SQUARE ENIX CO., LTD.

Pour en savoir plus sur Yuji Iwahara, vous avez le choix : une interview qui date un peu (2006) et qui tourne autour du Roi des Ronces essentiellement, ou un dossier plus récent de Manga News autour de l’œuvre du mangaka, il y a quelques pistes d’analyses intéressantes.


février 23rd, 2014
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Chronique manga : 5 tomes 1 pour débuter 2014

⊆ février 7th, 2014 | ≡ Topic: Articles, Chroniques, Manga, Manga / Japanimation | | ˜ 4 Commentaires »

Manga T1

Cette semaine je vous propose de revenir sur les premières nouveautés de l’année. Depuis début janvier une vingtaine de nouvelles séries ont vu le jour. J’ai déjà évoqué Haikyuu qui m’a fait une très bonne impression mais ce n’est pas le seul titre qui a attiré mon attention…

Voici donc cinq tomes 1, plutôt orientés seinen, qui pourraient bien vous intéresser : Jeux d’enfants chez Pika, Reversal chez Doki-Doki, Fate-Zero chez Ototo, Gangsta chez Glénat et enfin Eurêka chez Komikku. Pour chacun un petit résumé et un avis succinct vous attendent ainsi que le magazine de prépublication nippon, le nombre de tomes, etc. Tout ce qu’il faut pour vous faire un avis quoi.

En route pour ce petit panorama, et bonnes lectures !

Jeux d’enfants : un, deux, trois… T’es mort !

jeux-d-enfants-1-pikaSigné par Muneyuki Kaneshiro (scénario) et Akeji Fujimura (dessin), ce titre est paru chez Pika Edition et a été publié en 2011 au Japon,  dans les pages du mensuel Bessatsu Shônen (L’attaque des titans, Sankarea) de la Kodansha. Dans ce thriller,  tout commence avec la vie ennuyeuse de de Shun Takahata. C’est lui-même qui l’a qualifie ainsi. Le lycéen enchaîne les journées banales mais, avec ce qui va lui arriver, il aurait peut-être du en profiter davantage.

Un beau matin, en plein cours de mathématiques, la tête de son professeur éclate et, sur son bureau, un daruma impose à la classe un drôle de jeu : 1,2,3… Soleil. Sauf qu’il n’y a rien de vraiment ludique dans cette activité, car le premier qui bouge quand le daruma se retourne voit sa tête exploser ! Le temps que les élèves comprennent ce qui  arrive, il n’en reste plus beaucoup de vivants. L’hécatombe risque bien de s’aggraver car un compte-à-rebours est affiché sur le dos du daruma. Personne n’a envie d’attendre pour voir ce qu’il va se passer lorsque le compteur affichera zéro !

On retrouve dans ce titre le modèle du survival game lycéen que nous avons découvert dans Battle Royale et qui a été remis au gout du jour par des seinens comme King’s Game. Ce n’est pourtant pas mon genre de lecture mais j’ai dévoré ce premier tome qui détourne des jeux hyper simples, habituellement anodins mais mortellement détournés. On ne tombe pas pour autant dans le récit simpliste car chaque défi est l’occasion de surprises et de rebondissements qu’on ne voit pas forcément venir : le maneki neko de 8-10m de hauteur pour jouer à chat, il fallait l’oser ! Tournés vers l’action (et la boucherie, un peu), ce titre joue sur l’adrénaline que ressentent nos héros, qui est assez bien véhiculée au lecteur. Le scénario avance vite, très vite, et on ne se cantonne pas au lycée intra-muros : dès la fin du premier tome, la sélection a déjà achevé 99% des élèves et il ne reste plus que 3 survivants. Mais la catastrophe n’en est qu’à ses débuts et les crimes se sont déjà étendus à l’échelle internationale. Suspens pour la suite !

Reversal : une geisha chez les zombies

reversal-1-dokiAction et fantastique vous attendent au programme de ce manga en 2 volumes, signé Kemuri Karakara chez Doki-Doki. Il a été publié en 2012 au Japon dans le Web Comic Beat’s, un bimensuel méconnu de l’éditeur Mag Garden (Amanchu!, Coeurs à coeurs). Tout commence lorsqu’une apprentie geisha de Kyoto, du nom d’Ayame, se retrouve embarquée dans un monde parallèle. Elle qui a toujours voulu être une héroïne, on pourrait la croire ravie de plonger dans cette aventure extraordinaire, mais la réalité est beaucoup moins alléchante… La voici coincée dans une Kyoto alternatif où les seuls êtres qu’elle rencontre sont des morts-vivants avides de chair humaine. Et pourtant ceci est un jeu, morbide certes, mais régit par quelques règles. Chaque arrivant a le droit à une arme et doit essayer de trouver la sortie, sans se faire tuer si possible. Jusqu’où Ayame devra-t-elle aller pour survivre ?

C’est toujours délicat de jauger une histoire en deux tomes, donc j’attends de lire le second avant de proposer un article complet – ou pas –  mais le premier volume est plutôt bien mené : joli coup de crayon, du chara-design aux décors en passant par les costumes, les personnages sont classiques mais expressifs, on apprécie les petites touches d’humour avec une héroïne juste ce qu’il faut de rêveuse et un compagnon canin bourru mais sympathique et on enrobe le tout avec un peu de suspens, d’action et de rebondissements… Bref Reversal est donc bien dosé sur tous les plans et constitue une bonne lecture récréative qui mérite d’être feuilletée un soir de détente. Rendez-vous au tome 2 pour voir si ça va plus loin.

Gangsta : des mercenaires redoutables et très séduisants…

Gansgta GlénatAprès des lycéens et une jeune geisha, passons à des hommes d’âge mûr ! Ce titre signé par une mangaka inconnue du nom de Kohske arrive dans le catalogue Glénat et il est publié depuis 2011 au Japon, dans les pages du mensuel Gekka Comic @ Bunch (Btooom, Woodstock) de la Shinchosha. Notre histoire prend place à Ergastulum, une ville sordide où la corruption, la prostitution et les criminels en tout genre mènent la danse. Au milieu de cette cité mafieuse, un duo de mercenaire accepte des petits boulots plus ou moins louches ou sanglants : Nicolas Brown le sourd et Worick Arcangelo le gigolo. Même si c’est la loi du plus fort ou du plus riche qui l’emporte chaque jour, les deux hommes vont décider de se mêler de ce qui ne les regarde pas afin de sauver la vie d’Alex, une belle prostituée… C’est forcément le début des ennuis !

Avec Jeux d’enfants, voici un autre titre très prometteur. Ce qui frappe en premier c’est l’ambiance de cité sans loi qui regorge de gangs, d’affaires sordides et de désillusions. Avec des décors minimalistes faits de petites ruelles délabrées, on a l’impression de se retrouver plongé dans une Sicile mafieuse loin des sentiers touristiques. Dans un quartier qui peut paraître paisible aux néophytes, les femmes tentent en réalité d’échapper à la prostitution et les hommes tuent sur commande… Ou presque. S’il y en bien deux qui ne roulent que pour eux-mêmes ce sont bien Nicolas et Worick, deux mâles dans la trentaine qui ont grandi et vécus au sein des clans, des meurtres et de la violence en général.

Ces deux antihéros transpirent de charisme et ont de quoi plaire aussi bien au lectorat masculin que féminin : Angelo, le gigolo borgne mais séduisant est toujours à plaisanter, mais il camoufle un passé très sombre. Nicolas, sourd et taciturne, a toujours une pensée pour les gens qu’il apprécie, mais s’avère aussi un redoutable mercenaire. Il fait d’ailleurs parti d’une espèce à part : les indexés, des combattants hors-normes qui font preuve de toute leur superbe sur le champ de bataille.

Entre un Gunsmith Cat’s désabusé et un Gunslinger Girl en moins cartésien, Gangsta n’est pas le nouveau fer de lance du nouveau Bunch Comic pour rien… A suivre !

Fate /Zero : le Saint Graal est de retour !

fate-zero-ototo-cover-tome-1Ambiance heroic fantasy et combattants légendaires dans ce titre signé par Shinjirô (Taboo Tatto) au dessin et le fameux Gen Urobuchi au scénario. Cette nouveauté du catalogue Ototo nous vient des pages nippones du mensuel Young Ace (Blood Lad, Mirai Nikki, MPD Psycho) de l’éditeur Kadokawa Shoten. La série, parue en 2006-2007 au Japon, compte déjà quelques volumes et sert de préquelle au plus connu Fate/stay night, visual novel qui s’est fait un nom avec son adaptation en anime et en manga.

Fate/Zero prend place 10 ans avant et nous présente l’histoire de la Guerre Sainte où sept grands magiciens sont nommés par le Saint Graal pour combattre en son honneur, afin qu’il n’en reste qu’un (Mac Leod, si tu nous écoutes !). Chacun de ces hommes, aussi appelé maître, a le droit d’invoquer un esprit mythique pour le mener à la victoire. Victoire qui lui permettra de voir son vœu le plus cher exaucé par la sainte relique. Le scénario s’ouvre avec deux des sept maitres : Kirei Kotomine et Kiritsugu Emiya. Si le premier regrette d’avoir été choisi pour cette quête, le second est bien décidé à tout faire pour acquérir le Saint Graal, et ce n’est pas sans raison qu’on l’appelle aujourd’hui “le tueur de mages“…

Voilà pour le pitch de cette histoire qui constitue ma première initiation à la saga Fate, même si j’en entends parler depuis quelques années. Impossible, donc, de comparer ce titre là aux autres de la saga mais j’ai ouï dire que cette préquelle lève quelques mystères sur les origines des conflits et les antagonismes de la saga. Cela dit, en tant que tel, ce premier volume est déjà intéressant, même pour un néophyte. L’histoire est construite soigneusement et on sent bien son origine romanesque puisqu’il s’agit à la base d’un light novel.

Pour l’instant le récit est construit autour de nombreux dialogues, pour présenter les personnages : les maitres et leurs esprits mythiques sont dévoilés les uns après les autres. Je sais donc, enfin, qui est cette mystérieuse combattante qui apparait sur toutes les affiches de la saga et en couverture de ce tome 1 : Arthuria, aka le Roi Arthur de la légende ! Cela prête à sourire au début mais bon, en tant qu’amateur des loufoqueries de la série Kaamelot, je me dis pourquoi pas une version féminine ?! Au bout de quelques pages on n’y prête plus trop attention de toute façon, et on se plonge dans les manigances des différents ennemis dans ce premier round d’observation. Les choses sérieuses commencent en fin de volume avec un premier duel à l’horizon… On a hâte de voir ce que ça donne puisque le coup de crayon est plutôt bon pour le moment.

Voici donc un bon moyen de débuter la série et sans doute un immanquable pour tous les fans de la saga… A essayer !

Eurêka : j’aimerai tant voir Syracuuuuuse ♫

eureka-manga-volume-1-simple-76767Finissions cette sélection avec un titre historique, comme il en fleurit de plus en plus depuis quelques temps. Ce one-shot de 260 pages est paru en 2002 dans les pages du Young Animal Harashi, un mensuel dont aucune œuvre n’était encore arrivée chez nous, avec pas mal de hentai / ecchi visiblement, et qui appartient à l’éditeur Hakusensha.

Certains connaissent déjà son auteur puisqu’il s’agit de Hitoshi Iwaaki, le mangaka de Parasite. Ce récit historique nous emmène au IIIe siècle avant J.C., lors de l’affrontement entre Rome et Carthage (la seconde guerre punique pour les amateurs), qui voit s’affronter deux grands généraux : Hannibal Barca et Marcus Claudius Marcellus. L’armée romaine cherche à prendre possession de la ville sicilienne de Syracuse, base essentielle pour progresser en Méditerranée.  Face à Marcellus ce n’est pas Hannibal qui l’attend dans la place fortifiée mais un génie d’un autre genre : le savant Archimède, qui a mis au point de redoutables pièges pour mettre à mal l’armée romaine…

Au départ, le titre fait de belles promesses : Hannibal, Marcellus, Archimède, la Sicile et Syracuse… C’est pas mal non ? D’autant que, depuis l’apparition d’Hannibal et de Marcellus dans le Drifters de Kohta Hirano, ma curiosité a été piquée et j’avais envie d’en savoir plus sur ces ennemis jurés. Première déception : Hannibal ne fait qu’une brève apparition en début de volume et passe aux oubliettes. On n’apprends pas grand-chose si ce n’est que la date de sa mort en épilogue. En tant que scientifique et professeur de physique je me rabats donc sur le célèbre Archimède… Le résultat est alors mitigé : ce sont les machines d’Archimède qui sont mises à l’honneur. Assez inventives et destructrices, elles font de jolis ravages dans les troupes romaines. Cependant, Archimède n’est plus que l’ombre de lui-même, et on le présente comme un vieillard un peu sénile et dur de la feuille. Marcellus a plus d’envergure mais on n’en découvre pas beaucoup sur son compte non plus.

Ce sont finalement des anonymes qui sont au cœur du récit et qui lui donnent une partie de son intérêt, et l’on constate que la Sicile est plus particulièrement Syracuse est partagée entre la mère patrie Italienne et le désir d’indépendance, un demi-siècle après la soumission de l’île par Rome. Bref, ce titre survole pas mal de personnages et de faits historiques mais ne va pas, malheureusement, en profondeur. Il est donc à réserver aux amateurs d’histoire avant tout, et leur donnera sans doute envie de creuser plus avant la question après avoir refermé ce tome. Pour les plus curieux d’entre-vous, donc !

Voilà donc pour ce petit tour d’horizon pour ceux qui sont à la recherche d’une nouveauté ou deux pour leurs étagères. Et si rien ne vous tente, ne vous inquiétez pas, d’autres tomes 1 sont attendus pour ce mois de février. Pour ma part, c’est Dimension W, qui signe le retour de Yuji Iwahara, qui a toute mon attention… Et vous ?


février 7th, 2014
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Haikyū!! : premières impressions et premiers smashs

⊆ janvier 16th, 2014 | ≡ Topic: Chroniques, Manga, Manga / Japanimation | | ˜ 3 Commentaires »

Haikyuu

Cette semaine, on continue les découvertes : après les 3 premiers volumes convaincants de Tokyo Ghoul, j’avais envie de partager mes premières impressions sur Haikyū !! de Haruichi Furudate dont le premier tome vient de paraître aux éditions Kazé Manga.

Ce manga représente un nouvel essai de l’éditeur dans le shônen sportif, après Kuroko’s Basket il y a 2 ans. Cette fois-ci c’est le volley-ball masculin, un sport aussi populaire au Japon qu’en France, qui est mis à l’honneur. Ce manga a débuté en février 2012 dans les pages du célèbre hebdomadaire Weekly Shônen Jump (One Piece, Naruto, Bleach,…) de la Shueisha. La série compte déjà 9 volumes au Japon et le premier tome, sortie chez nous le 3 janvier, sera immédiatement suivi d’un second à la fin du mois (le 29 normalement). Noté qu’il est aussi disponible en version numérique chez Izneo.

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Le mangaka, Haruichi Furudate, est assez jeune dans le métier. Né en 1982, l’homme a débuté sa carrière en 2009 avec la série Kiben Gakuha, Yotsuya Senpai ni Kaidan, un titre mélangeant horreur et mystère souvent comparé à Neuro. Il a ensuite publié le pilote de Haikyū sous la forme d’un one-shot dans le Jump NEXT !. La série connait depuis un bon succès et s’est classée l’an dernier à la 22e position dans le classement Oricon, avec 2.06 millions d’exemplaires vendus. Suite logique du succès : une adaptation en anime prévue pour le printemps 2014, par les studios I.G. A noter qu’un roman en deux volumes existe aussi au Japon. Enfin, en 2012, Furudate a également réalisé un one-shot du nom de Nisekyuu!!, un cross-over avec la série Nisekoi.

Les présentations étant faites, voici maintenant les débuts de cette histoire… En route pour la critique !

Devant moi se dresse… un mur immense

HaikyuLe jeune Shôyô rêve de devenir, un jour, comme son modèle : le « petit géant », un joueur de volleyball plus petit que la moyenne qui a pourtant réussi à trouver sa place dans le haut niveau du volley-ball lycéen. Avec ses 1m63, Shôyô est encore plus petit que son idole mais il est au moins aussi motivé. Pour compenser sa petite taille, il peut compter sur sa grande vitesse de réaction et surtout une incroyable détente qui lui permet de bondir sur tous les ballons.

Seulement, voilà, le volley-ball est un sport d’équipe. Alors que sa dernière année de collège touche à sa fin, il n’a trouvé personne pour le faire réellement progresser ni d’équipe digne de ce nom pour atteindre les sommets. Tout reste donc à faire lorsqu’il arrive au lycée Karasuno, celui où a brillé le fameux petit géant. Mais depuis que la dream team de l’époque s’en est allée l’équipe de volley-ball est sur le déclin et s’est trouvé affublée du sobriquet de « corbeaux sans ailes ». Tout semble à rebâtir.

Shôyô ne demande pas mieux mais sa première épreuve est de réussir à s’entendre avec une autre nouvelle recrue : Tobio. A l’inverse de notre petit rêveur, Tobio a déjà fait partie d’une équipe de volley-ball durant le collège et a participé à plusieurs compétitions. Il était, sans nul doute, le meilleur élément de son équipe et peu de passeur de son âge sont arrivés à son niveau… Malheureusement, obsédé par le volley-ball et sa propre réussite, Tobio s’est toujours comporté comme un solitaire et un dictateur sur le terrain, vociférant après les joueurs qui n’arrivent pas à le suivre. Ses capacités et son attitude lui ont valu un surnom à double sens : « Le roi du terrain », au dessus des autres mais seul sur son trône.

S’ils veulent poursuivre leur passion pour le volley-ball, Shôyô et Tobio vont devoir jouer ensemble désormais. S’ils parviennent à former un vrai duo, qui pourra les arrêter ?

Aaaaaaattack !

Je suis un bon client des shônens sportifs sans les lire tous pour autant, de manière aveugle s’entend. Ce qui m’a attiré chez Haikyū peut se résumer en deux points : le volley-ball et le graphisme.

Le volley-ball, d’abord, est un sport que je pratique à l’occasion et qui a pas mal d’adeptes en France (environ 100 000 licenciés de souvenir). Au Japon c’est le volley-ball féminin qui est le plus populaire, l’équipe nationale étant classée au 3e rang mondial. Le volley masculin est, quand à lui, aussi populaire qu’en France et les nations sont d’ailleurs au coude à coude au classement mondial (16e et 17e). J’apprécie aussi que ce sport à la notoriété discrète ne se soit pas encore « starisé » même si, pour autant, tous les joueurs ne sont pas interchangeables.

Le premier tome de Haikyū introduit les postes clés de ce sport : le receveur, le passeur et l’attaquant avant d’évoquer, en fin de volume, les bloqueurs. Entre deux chapitres, des fiches de personnages présentent les différents protagonistes avec leurs caractéristiques de volleyeur : force, détente, rapidité, endurance, technique et intelligence de jeu. Sans noyer le lecteur sous un jargon technique, ce manga devrait progressivement l’initier aux bases du jeu puis, progressivement, à ses techniques et à ses subtilités.

Haikyu

C’est donc une immersion des plus plaisantes dans ce sport rarement dépeint dans les mangas et qui ne faisait quasiment plus parler de lui depuis le mythique anime Jeanne et Serge dans les années 80. Le shôjô Crimson Prince a bien tenté l’aventure mais le volley-ball n’y était qu’anecdotique alors qu’il occupe ici le cœur de l’histoire.

Comme je le disais plus haut c’est le coup de crayon de Haruichi Furudate qui m’a conforté dans l’achat du premier tome. Pour un shônen sportif réussi, l’aspect visuel ne peut pas être négligé : on doit ressentir pleinement les phases d’accélération, la rapidité de certains joueurs, la puissance d’autres et le chara design doit permettre aux protagonistes de se démarquer les uns des autres pour en faire des personnages marquants au sein de l’équipe.

Sur ces deux points Haruichi Furudate démarre bien sa série : les quelques phases de jeu du premier volume sont parfaitement lisibles, la vitesse bien rendue, les smashs et services particulièrement percutants. Furudate force sur ses ombres et ses noirs lors des moments clés pour décupler leur poids et les rendre plus intenses. Afin de représenter la détermination de ses joueurs, il n’hésite pas non plus à jouer avec les perspectives pour donner l’impression que le joueur est prêt à tout donner pour attraper le ballon ou frapper dedans.

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Ajoutez à tout ceci un chara-design assez ovoïde, avec des têtes un peu inspirées par les masques traditionnels japonais, et on obtient un univers graphique qui a déjà sa propre identité, même s’il a encore une marge de progression dans les proportions de l’anatomie. J’ai essayé de trouver des points de comparaison pour le rendu visuel mais en dehors de petites touches de Eye Shield 21 pour la force des scènes sportives et d’Ohba / Obata pour le menton en pointe ou les coupes de cheveux. Furudate créé donc un style qui lui est propre.

Haikyū !! : la naissance d’un duo

TobioSi le rendu visuel et le thème m’ont poussé à ouvrir le premier tome, j’y ai aussi trouvé quelque chose qui m’incite à continuer la série : l’importance de l’esprit d’équipe. Dans ce premier tome, une citation de l’entraineur de l’équipe nationale du Brésil, l’une des meilleurs au monde, en dit long sur l’état d’esprit de l’auteur : « Les joueurs ne sont pas des solistes, mais les membres d’un orchestre. Si un seul d’entre eux pense qu’il est spécial, c’est foutu. »

Le principe du volley-ball avec ses 3 touches et ses 3 temps (réception, passe et smash) font qu’il est contre-nature pour un joueur d’effectuer une action individuelle et qu’il est inutile de chercher à briller pour soi-même. L’importance du jeu collectif est incarnée par l’échec de Tobio, qui s’est isolé dans son désir de jeu millimétré, qui cherche la perfection du geste avant la réussite de la passe… et qui hurle sur les joueurs incapables de suivre son timing. Tobio peut être à tous les postes mais s’il continue à vouloir faire tout par lui-même, il finira par ne rien faire. C’est ainsi que, malgré son talent, aucun lycée de haut niveau en volley ne l’accepte dans ses rangs et qu’il arrive au lycée Karasuno.

C’est là qu’il va se heurter à Shôyô. Ce gamin possède comme lui une détermination solide mais il ne semble jouer que pour le plaisir. Il est à la recherche de partenaires de jeu qui lui permettront de s’éclater sur le terrain et de balancer des smashs à tout va, pour devenir un jour ce fameux « petit géant » qu’il idolâtre, sans se rendre bien compte du travail qui se cache derrière. D’ailleurs, en dehors des smashs, Shôyô est complètement à la ramasse sur le plan technique et n’est pas intéressé par les entrainements qui consistent à répéter le même geste jusqu’à la perfection. Cela dit, c’est tout l’intérêt de l’histoire : si Shôyô maitrisait déjà le volley-ball de A à Z, que resterait-il ?

Shoyo-tobio

Shôyô et Tobi forme donc un duo qui se complète, le premier devant apprendre les bases du volley-ball et le second devant s’ouvrir aux autres et au jeu d’équipe. Haikyū, c’est donc la naissance d’un duo qui sera surement complété dans les prochains volumes par d’autres joueurs qui nous restent encore à découvrir !

Fiche descriptive

Haikyu tome 1Titre : Haikyū!! Les As du volley
Auteur : Haruichi Furudate
Date de parution du dernier tome : 2 janvier 2014
Éditeurs fr/jp : Kazé Manga/ Shueisha
Nombre de pages : 192 n&b
Prix de vente : 6.79 €
Nombre de volumes : 1/9

Visuels : HAIKYU!! © 2012 By Haruichi Furudate / SHUEISHA Inc.

 Pour vous faire une idée par vous-même, les premières pages du tome 1 sont disponibles ici. Il existe aussi un site internet pour la série, en japonais, et un compte Twitter. On finit avec le trailer encore très mystérieux de l’anime :


janvier 16th, 2014
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Rétrospective manga : souvenirs de lectures 2013 – 1er semestre

⊆ décembre 20th, 2013 | ≡ Topic: Articles, Chroniques, Manga, Manga / Japanimation | | ˜ 6 Commentaires »

Lectures manga 2013 1/2

Après le premier bilan plein de chiffres des ventes nippons, revenons au plaisir de la lecture pour essayer de se souvenir des meilleurs moments de cette année 2013, mois par mois. Entre nouveautés marquantes et séries qui confirment ou infirment leur potentiel, 2013 a été une année bien chargée.

On comptait 1621 publications en 2012 et l’ACBD annonce 1555 pour 2013 (j’aurais parié sur beaucoup plus, comme quoi). En effectuant une sélection de plus en plus drastique – et en ratant certainement quelques bons titres – votre serviteur a réussi à lire 300 mangas, environ… Voici ce qu’il en a retenu !

Janvier

Bye Bye my brother2013 a été l’année du zombie pour tous les éditeurs manga pour le meilleur et pour le pire, certains ayant déjà débuté la thématique dès 2012 comme I am a Hero chez Kana. En ce début d’année, c’est Pika qui propose en premier sa tentative originale avec Sankarea. Le zombie est UNE zombie, autrefois lycéenne bien comme il faut mais un peu prisonnière de sa famille. Elle va finalement s’ouvrir à la vie… à partir du jour de sa mort. Cette comédie loufoque n’a rien d’extraordinaire sur le long terme mais reste une lecture plutôt fun, récréative dirons-nous.

Autre lecture originale en ce début d’année, nettement plus prenante et émouvante : Bye Bye my Brother chez Sakka, un one-shot qui raconte la vie d’un boxeur déchu et rongé par la culpabilité qui voit s’ouvrir une voie de la rédemption en entrainant un futur champion. Avec ses personnages-chats attachants et une histoire classique mais bien écrite, c’est la petite séquence émotion de ce début d’année.

Ce mois de janvier sera aussi l’occasion de laisser tomber une série avant la fin, ce que je ne fais que très rarement : Sprite et son volume 7 achève de me lasser et de me décevoir. Le scénario de départ était bon (une sorte de thriller temporel où c’est le temps lui-même qui joue le chasseur), les personnages pas mauvais mais ça traine en longueur et ça multiplie les rebondissements qui sonnent creux… Donc après quelques tomes d’hésitation, on arrête et on revend le tout, pour faire de la place à une nouvelle série ou à d’autres qui continuent.

Le second tome de Gisèle Alain a l’effet inverse par exemple : il me rassure sur le potentiel de la série. Cette histoire de jeune femme à tout faire péchait par excès de légèreté (l’histoire hein, pas la jeune femme), mais elle accueille de nouveaux personnages secondaires qui apportent du fond à la trame principale et remettent les pieds sur terre à une héroïne aux accents british. C’était sympathique, ça devient intéressant !

Je finis janvier en avalant d’un coup les 3 tomes de Level E, histoire fantastico-humoristico-barrée de Yoshihiro Togashi (Yuyu Hakusho, Hunter X Hunter) qui a visiblement déçu pas mal de monde mais qui m’a personnellement bien amusé : c’est certes un gros n’importe quoi scénaristique mais c’est rempli d’humanité et d’humour un peu louf’, avec quelques personnages excentriques qui se moquent complétement des codes moraux. Le genre de cocktail qui me plait, que j’ai du mal à retrouver dans les derniers tomes de Hunter X Hunter d’ailleurs.

Février

Barakamon-1-ki-oonAvec un peu de retard je commence Terra Formars, qui s’est avéré le lancement le plus réussi de l’année chez Kazé Manga, en terme de ventes. 100% action, ce seinen de SF est plutôt sympathique, mixant baston métamorphe et cocktail génétique alien sur la planète Mars. Malheureusement ma lecture est en pause sur cette série, pour les 3 sacro-saintes raisons qui font qu’on ne peut pas tout lire : le temps, l’argent… Et la place sur les étagères !

Mais j’en entends beaucoup de bien, j’envisage une session de rattrapage en 2014 grâce au marché de l’occasion. Même son de cloche pour d’autres très bon titres mis en hiatus forcé cette année : l’excellent Ascension depuis le volume 11 ou le méconnu Monju au volume 8. Cette année, j’ai donc encore pris du retard…

Pour en revenir à ce mois de février 2013, je me fais surtout plaisir en lisant du Ki-oon : Barakamon me séduit petit à petit malgré un premier tome pas hyper convaincant. Le troisième opus trouve son rythme dans une narration où se côtoie tranches de vie, humour et promotion de la campagne japonaise. Les personnages s’étoffent et finissent par devenir attachants. Une amélioration qui se poursuit de volume en volume cette année et qui permet à la série d’avoir un cœur de lecteurs fidèles et enthousiastes, qui continue de grossir. Un manga positif qui fait du bien.

Ki-oon toujours avec The arms Peddler qui rattrape la parution japonaise avec son tome 6. Il faudra se montrer très patient pour lire la suite car malgré tout ce que l’on dit sur le net, on ne sait en réalité pas grand chose hormis que la série est en pause. Les éditions Ki-oon interrogées à ce sujet préfèrent ne pas donner plus d’infos mais encouragent les lecteurs à ne pas croire tout ce est dit sur le net et à être patient, car ça devrait s’arranger. On vous tiendra informé dès qu’on en sait plus.

Après la looooongue pause d’Übel Blatt, Ki-oon semble avoir la poisse avec la dark fantasy. Et puisque j’évoque le fameux retour d’Übel Blatt, soyons honnête : il laisse ses lecteurs un peu dubitatif. Exemple : le retour du sexe un peu facile et un tome 14 à la couverture… discutable dirons-nous. Plus généralement, Übel Blatt reste une bonne série, mais les nouveaux choix scénaristiques d’Etorouji Shiono semble vouloir nier ce qu’il a construit sur la première partie de son œuvre. On attend donc de comprendre où il veut en venir en espérant une bonne surprise.

Et enfin, pour en finir avec les séries longues, je savoure aussi le 4e tome de Wolfsmund de Mitsuhisa Kuji une série historique et médiévale sur les fondations de la Suisse et la tyrannie exercée par le gardien d’une forteresse, au Col du Loup. Le tome 4 sonne l’heure de la révolte après toute une série de tragédies des plus cruelles. Le retour de l’espoir après le désespoir, il n’y a rien de tel. Donc vivement le tome 5, prévu pour février.

Avec un tome par an, sautez le pas et essayez cette excellente série aux ventes bien trop modestes, à cause d’un graphisme vieillot et des couvertures pas forcément très sexy. Note à moi-même : le mangaka est un ancien assistant sur la série Berserk, faut vraiment que je me mette à cette série !

Mars

Cesare-tome-1-de-Fuyumi-SoryôAaaaaah … Mars. Le Salon du Livre 2013 fut un cru très agréable : rencontre avec Takehiko Inoue, un des mangakas les plus cools du monde quand même, puis rencontre avec Kim Bedenne qui a donné un coup de fouet notable aux éditions Pika dans son éditorial, et enfin gros grooooos kiff sur le manga Cesare dont j’ai pu rencontrer les deux auteurs : Fuyumi Soryo et Motohaki Hara. Je dévore chaque nouveau tome de cette série qui peut postuler sans rougir au prix de meilleur nouveauté de l’année. Ce seinen sur la vie et le destin de Cesare Borgia est très bien écrit, éminemment documenté tout en étant novateur dans ses postulats historiques. Il met en avant des débats politico-idéologiques intéressants et expose avec justesse les contradictions des hommes de pouvoir. Le tout se fait dans des décors réalistes qui nous transportent avec plaisir dans l’Italie de la Renaissance. C’est juste génial.

L’autre découverte notable du mois est Chihayafuru, un titre sur la passion de trois enfants puis trois adolescents pour le Karuta, un jeu de carte traditionnel nippon. L’histoire humaine et une romance sous-jacente prennent rapidement la main sur le jeu de carte lui-même et le lectuer se prend d’affection pour le trio principal, deux garçons et une fille, qui découvre la vie avec ses hauts et ses bas. J’étais bien emballé sur les 3-4 premiers tomes : les personnages sont bien castés et bien présentés, les histoires des protagonistes principaux possèdent pas mal de profondeur et de défis à relever pour le passage à l’âge adulte… Bref tout se met bien en place. Néanmoins mon engouement connait quelques petits doutes dernièrement, à la lecture du 5e tome, qui tourne un peu en rond par moment. Mais c’est juste une impression sur quelques passages d’un tome, à surveiller en 2014.

Sinon, en mars,  je me permets d’évoquer une fin de série qui m’a laissé un goût amer d’arnaque dans la bouche : Shimbarada s’achève sur son 3e volume. Soyons direct : éditer une série pareille n’est pas un travail sérieux. Ce shônen d’aventure a été tué en plein vol, alors qu’on commence tout juste à découvrir une histoire intéressante autour de golem-méchas issus d’arbres qui évoluent dans un univers à la Waterwolrd, avec des dessins plus qu’honorables. Malheureusement cette série n’a pas rencontré ses lecteurs au Japon et elle a été contrainte de s’arrêter dès le volume 3, avec une fin minable. Bon c’est le système japonais qui veut ça, à eux de faire avec. Mais pourquoi Tonkam a voulu nous proposer ce titre avorté ? Trois tomes que je ne pourrais jamais revendre et qui prendra la poussière ad vitam (car jeter un manga à la poubelle, j’avoue que j’ai du mal).

Je finis sur une note plus positive : Peace Maker de Ryouji Minagawa est un excellent manga de western qui entame un deuxième arc des plus prenants : un bon dessin, de bons personnages et surtout de bons choix dans le scénario et la mise en scène. Comme je le dis depuis quelques temps déjà, trop peu de mangaka se décident à tuer leurs personnages secondaires, ou alors ils les font revenir comme par magie dès que le besoin s’en fait sentir. Alors que pour la dramaturgie, une mort amenée par un cliffhanger ou assenée violemment par un rebondissement, ça vous transcende une histoire comme un héros (j’ai Gurren Lagann qui me vient en tête tiens, special dédicace !). De toute façon c’est quand même la moindre des choses lorsque des protagonistes se tirent ou se frappent dessus à plein temps, que l’un d’entre eux finissent par manger des pissenlits par la racine !

Avril

pil-castermanPeu de nouveauté marquante dans ce 4e mois de l’année, une seule même : Pil de Mari Yamazaki (Thermae Romae). En fait je pense que cette mangaka est faite pour des histoires plutôt courtes (j’ai toujours pensé qu’on aurait pu enlever un tome sur les 6 de Thermae Romae). L’histoire est en partie autobiographique et nous raconte la vie d’une jeune adolescente japonaise qui vit avec son grand-père : choc des générations, problèmes de communication, souvenirs de musique punk et beaucoup de tendresse envers des personnages toujours justes et attachants. Pil est d’ailleurs a rajouter dans la liste des mangas qui font de bons ambassadeurs de la BD nippone : un peu hybride dans ses thématiques et son dessin, un seul volume, une belle histoire assez universelle. J’ai pu faire le test avec quelques néophytes : les retours ont été très positifs.

A défaut d’autres nouveautés j’ai, en revanche, pris un plaisir fou sur la série Dream Team depuis l’arrivée du volume 10 en ce mois d’avril : il y a une suite de rebondissements prenants et émouvants, les personnages secondaires sont de vraies grande gueules avec un bon fond, possédant  des psychologies complexes comme on en fait plus, avec une gestion des émotions très spontanée, sans jamais prendre le chemin facile des séquences trop calculées ou téléphonées. Voici un excellent mélange de furyo (un peu) et de compétition sportive (beaucoup), qui commence à frôler les sommets qu’on a pu atteindre avec Slam Dunk. Le mangaka Takeshi Hinata n’est pas aussi fort en humour que Takehiko Inoue, mais ses personnages ont en plus un petit quelque chose dans l’âme qui me fait penser aux protagonistes de Masanori Morita (Rookies, Racailles blues). Le cocktail est vraiment plaisant. La série compte 38 volumes au Japon et j’ai hate de lire la suite.

A propos de dévorer les nouveaux tomes je finis sur ce mois avec Ippo, que je lis avec plaisir depuis maintenant 19 tomes et le début de la saison 3. J’aime tellement les aventures de Makunouchi le boxeur et son ascension vers les sommets que j’ai commencé à m’acheter la première saison, par coup de 2-3 volumes quand je les trouve d’occasion. J’ai commencé la série alors qu’il est champion du Japon et qu’il tente de conserver son titre, et j’ai autant envie de la voir partir à la conquête du monde que de comprendre comment il en est arrivé là. Je reste aussi admiratif de George Morikawa qui parvient à multiplier les combats de boxe sans qu’on n’ait jamais l’impression de lire deux fois le même combat. Respect.

Mai

parapal-01Je lis assez peu de shôjo mais en ce mois de mai je m’en suis trouvé un qui me plait beaucoup : Parapal. Ce titre fait pas mal parler de lui, à cause de sa façon de traiter la sexualité mais aussi le viol. J’avoue avoir laisser la polémique à ceux qui la font (Akata-Delcourt et Animeland) et ne pas bien la comprendre. Car, in fine, le titre est plutôt bon et surtout original : des extraterrestres s’installent dans le cerveau de quelques adolescent(e)s, entrainant une augmentation de leur faculté sensorielle : l’héroïne devient hyper sensible aux odeurs, un autre personnage aux sons et ainsi de suite. Forcément quand on est adolescent et que les rapports garçons-filles sont assez compliqués, ces capacités ont des conséquences en tous genre. Les rapports humains sont assez justement présentés, les histoires d’amitiés et d’amours se développent sur un bon tempo, il y a ce qu’il faut de quiproquos et d’humour… Et les personnages sont aussi maladroits qu’attachants sans pour autant être des bisounours… C’est même plutôt le contraire.

En ce mois de mai j’avale aussi un paquet de séries que je lis depuis longtemps : je mets à jour ma lecture des Bakuman par exemple, ce manga sur les mangakas que je trouve toujours aussi chouette, notamment la séquence du personnage qui cherche le succès à tout prix, sans aucun scrupule ni aucune morale. Il faut toujours une bonne heure pour lire chaque tome, et c’est tant mieux… En plus je me suis aperçu que, depuis le temps que je suis les aventures de Mashiro et Takagi, j’ai fini par bien les apprécier et ils me manqueront lorsqu’on arrivera au tome 20 et la fin de la série. Des personnages réussis donc. Cela dit ce sera aussi l’heure de découvrir une nouvelle série de Ôba et Obata ce qui est, en soi, une bonne nouvelle.

Je continue aussi de lire Blood Lad, qui développe ses personnages, en ajoute quelques uns, multipliant les mystères et secrets de sa trame de fond. Il a fallu 8-9 tomes pour que Blue Exorcist développe un réel arc, on verra donc l’an prochain où va vraiment nous emmener Blood Lad En attendant je savoure ce titre d’action bourré d’humour qui est vraiment bien gratté. Ah, j’allais oublier, j’ai aussi lu Woodstock, le titre musical de Yukai Asada sur la genèse d’un groupe de rock. L’univers est une mine de références sur la musique punk et rock du siècle dernier, l’histoire et les personnages sont plutôt bons, la mise en scène sympa et il s’en dégage une vraie passion pour le rock et ceux qui le font… Mais qu’est-ce que c’est moche ! Je suis désolé pour le titre qui aurait mérité mieux mais il y a un moment un visuel raté (surtout au niveau du chara-design) finit par me couper l’envie s’il perdure, même avec un bon feeling sur les premiers volumes et sur le fond. Pour ceux que ça ne dérange pas par contre, faites vous plaisir !

Juin

sket-dance-4-kazeFin mai début juin je m’attaque à Sket Dance, ce shônen humoristique lancé par Kazé Manga en tout début d’année. Le titre ne paie pas de mine comme ça, avec trois persos lambdas, un chara desing bateau et des chapitres sous forme de petit sketch assez simple. Mais au bout de 2-3 tomes la magie opère. L’humour fait mouche en s’appuyant sur des quiproquos, de situation absurdes et de bonnes parodies. Autre détail qui donne un vrai plus: l’auteur laisse un petit message à chaque fin de chapitre et nous en dit plus sur la construction de ses histoires. Il s’établit ainsi un lien appréciable entre auteur et lecteur. Les titres humoristiques ont toujours du mal à trouver leur place en France mais je n’avais rien lu de loufoque et drôle dans ce genre là depuis Yakitate Japan, donc je me fais plaisir de temps à autre je me procure un volume pour lire quelque chose qui change un peu. C’est fun.

En juin je vois aussi passer un nouveau tome de Billy Bat. Je me dis que je suis vraiment très en retard (je n’ai pas encore dépassé le tome 2) mais que ça va me prendre un jour et que je vais tout m’enfiler d’un coup car ils sont déjà à la maison. Je l’avais fait pour Pluto, histoire de pondre un papier un peu original et d’avoir une expérience de lecture plus immersive.

En ce mois de juin, je lis aussi un tome de Naruto. Je sais que ce manga hyper populaire est mal aimé des connaisseurs de manga, que c’est presque un truc honteux / inavouable pour celui qui se veut expert en la matière mais voilà, ça me plait toujours autant de le lire. Autant j’ai eu du mal avec le ninja orange pendant près de 25-30 tomes car il me tapait sur les nerfs, autant je trouve que depuis qu’il a entamé un vrai dialogue avec Kyubi, il possède un certain charisme. Bon ok la technique de manipulation des âmes qui permet de ressortir n’importe qui de la tombe m’horripile par principe mais, sinon, le grand combat qui se déroule depuis quelques volumes est bien mis en scène. Je trouvais Naruto sympa à lire il y a 10 ans sans pour autant sauter au plafond, et c’est toujours ce que je pense.

Tiens, pour rester chez Kana, je débute ma lecture de Gamaran et j’avale les trois premiers volumes. Oh ! Tiens ! Des personnages qui meurent dans chaque volume ! Bon ok, ce sont des méchants qui passent de vie à trépas, mais c’est un bon début. J’aime aussi ce titre pour son autre parti pris : se dévouer entièrement à l’action, avec une suite de combats sans aucun répit. Il y aura certainement une pause à un moment mais au moins le manga va droit au but et son auteur Yôsuke Nakamaru est plutôt adroit avec la mise en scène et le graphisme des combats. Du bon travail qui me rappelle l’époque ou je lisais Kenshin, et j’ai hâte d’aller acheter les 3 tomes qui me manquent pour creuser ça plus avant !

Voilà, c’est ainsi que s’achève cette première partie consacrée à mes lectures du premier semestre. Je m’aperçois que j’ai beaucoup de retard à rattraper durant les vacances qui arrive, et j’ai déjà commencé en lisant tous les jours un tome de Samidare. Billy Bat will be next.

En tout cas dans ce que j’ai lu, si je ne devais garder que 5 titres, je dirais assez facilement : Barakamon, Cesare, Parapal, Dream Team et Pil.

Et vous ?

Edit : la seconde partie de la rétrospective est en ligne, ici !


décembre 20th, 2013
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Chroniques d’automne : il fait un temps à lire des mangas !

⊆ novembre 17th, 2013 | ≡ Topic: Chroniques, Manga, Manga / Japanimation | | ˜ Pas de commentaires »

Chroniques manga

Et revoici les chroniques du blog, avec les dernières lectures de l’équipe passées au crible depuis la fin septembre. Vous y retrouverez un point sur des titres populaires comme Blue Exorcist qui a dépassé les 10 volumes et Thermae Romae dont c’est (normalement) le dernier tome, mais surtout sur des séries qui tentent leur envol comme Green Blood, Chihayafuru, La Main Droite de Lucifer et Malicious Code. Enfin on finit par deux coups de cœur : Nobles Paysans, l’autobio déjantée de Hiromu Arakawa et La mélodie de Jenny, un trésor bien nommé de Tsukasa Hôjo !

Voilà pour le programme, en route et bonne lecture 😉

Success stories…

Thermae-romae-6-castermanThermae Romae #VI de Mari Yamazaki chez Sakkapar Ramza

Suite et fin d’un manga qui aura fait parler de lui. Forcément, on se demandait tous comment ça allait pouvoir finir. Après 3 premiers tomes dotés une mécanique amusante mais un peu répétitive, la seconde partie de la série a proposé une histoire de fond qui a mêlé romance et drame historico-humain. Ces éléments ont pris le pas sur la thématique des bains, devenu simple véhicule de l’histoire. C’est d’ailleurs là qu’on reconnait la patte de Mari Yamazaki, qui finit toujours par se révéler dans la description des rapports humains, quelque soit la thématique. Son one-shot Pil en est une autre preuve.

Cette histoire s’achève de fort belle manière, avec quelques rebondissements inattendus, un dénouement qui se tient et des personnages à la hauteur de nos attentes, notamment l’héroïque Tetsuzô, le père de la belle Satsuki. En 6 tomes seulement, Thermae Romae a donc rempli son objectif : divertissement, romance, protagonistes de choix et voyage culturel sur le thème des bains. La mangaka peut s’estimer satisfaite de son œuvre. Mais on s’aperçoit, dans un témoignage bonus à la fin du tome, que cette fin est surtout un soulagement pour elle. Elle évoque même une popularité au revers cruel et brutal. Néanmoins, pour ne pas laisser de questions sans réponses et sans doute ravir son éditeur, elle a prévu quelques séquelles sur les personnages secondaires, qui ont débuté en octobre 2013 dans les pages du Comic Beam. Affaire toujours à suivre, finalement !

Blue Exorcist #11 de Kazue Kato chez Kazé – par Olivier

Blue-Exorcist-Tome-11Que se passe-t-il dans le dernier tome de Blue Exorcist ? Pas grand chose en fait, car la tranche de vie étudiante prend ses quartiers, alors que la force de la série était plutôt de rentrer rapidement dans le vif du sujet. C’est d’autant plus frustrant que des événements majeurs ne demandent qu’à se produire. Beaucoup de révélations nous font languir : la nature cachée de Yukio, les dessous de Mephisto et ses frères, Satan… Il ne faudrait pas que l’auteure s’embourbe dans des obligations d’un shônen-fleuve.

Néanmoins,  Blue Exorcist peut toujours s’appuyer sur son univers riche et ses personnages bien travaillés, notamment Rin et Yukio. Chacun suit une quête identitaire et travaille pour devenir plus adulte mais ces deux frères, gémélité oblige, restent très liés et essentiels à la série. Pour en revenir à Yukio on l’a vu passer du statut de grand-frère quasi héroïque – dévoilant ses compétences d’exorciste et d’érudit devant un Rin novice – à celui  d’un personnage au fond du trou. Lorsque l’ado-démon capte l’intérêt dans l’arc de Kyoto, notre cher lunetteux est en proie aux doutes et amorce une quête personnelle très intéressante via sa rencontre avec Todo. Kazue Kato confie d’ailleurs que la frontière entre les frangins est longtemps restée floue pendant leur conception, à tel point que le héros de la série s’est d’abord appelé Yukio !

Blue Exorcist est sans conteste un shônen majeur des années à venir, mais Kazue Kato doit garder une qualité d’écriture constante et ne pas diluer ses points forts pour exploiter au mieux le potentiel de sa création.

Pendant ce temps, chez les nouveaux…

main-droite-lucifer-3-ki-oonLa main droite de Lucifer #3 de Naoki Serizawa aux éditions Ki-oonpar Painfool

Les aventures de Yû Katsumi, maintenant en charge de la clinique Minatono, se poursuivent, pour notre plus grand bonheur. L’aspect médical de la série reste très marginal à mesure que la série avance, laissant la part belle à l’action. Si les ficelles scénaristiques utilisées sont assez grossières, la recette fonctionne cependant plutôt bien. Ce tome met en opposition la « méchante » organisation de « l’hydre » venue de l’étranger, sans foi ni loi, et le « gentil » clan de yakuza du Kôdangumi. De quoi donner du fil à retordre aux chasseurs de galinettes cendrées : quelle est la différence entre une bonne organisation criminelle et une mauvaise ?

Ce volume marque aussi l’arrivée d’un sidekick pour notre docteur, histoire de compléter la galerie de personnages secondaires. La fin de volume retourne tranquillement vers une histoire plus axée sur la vie de la clinique, en rupture avec les histoires de pègre qui se sont succédées depuis le début de la série. L’auteur de Saru Lock se donne même le luxe de finir le tome sur un cliffhanger médical complètement improbable. Toujours est-il que, personnellement, je suis curieux de voir comment Naoki Serizawa va réussir à le justifier… Espérons que la série ne lui glisse pas des mains !

Chihayafuru #5 de Yuki Suetsugu chez Pika Éditionpar Fabien

Chihayafuru #5Nous avions laissé le club de karuta du lycée Mizusawa dans une situation assez problématique lors du précédent volume. Nous retrouvons désormais notre héroïne plus en forme que jamais dans la compétition individuelle destinée aux lycéens. Se tenant toujours dans le sanctuaire Ômi, cette dernière va permettre à Chihaya d’affronter Shinobu, la plus jeune Queen de toute l’histoire de la discipline. Bien que prévisible dans son dénouement, ce match est très intéressant à suivre tant il met le mental de notre héroïne et de son adversaire à rude épreuve.

Mais ce tome n’est pas seulement centré sur ces deux protagonistes puisque nous retrouvons les autres membres du club de Mizusawa, particulièrement Taichi, l’ami d’enfance de Chihaya. Se terminant sur une note beaucoup plus calme, ce volume ouvre des perspectives intéressantes pour la suite du récit, notamment avec la rivalité naissante entre Chihaya et Shinobu. Le dessin est une nouvelle fois de bonne qualité et le trait de Yuki Suetsugu semble donner le meilleur de lui-même dès qu’il s’agit d’exprimer les émotions des personnages principaux.

Toujours aussi concentré sur ces personnages et leur destins prenants, Chihayafuru est un titre visant vraiment tous les publics, aussi bien scénaristiquement que visuellement. On attend les prochains matchs avec impatience !

Malicious Code #3, de Masahiro Ikeno aux éditions Komikkupar Painfool

malicious-code-3-komikkuAvec sa vision du manga très académique, Masahiro Ikeno continue de nous offrir un shônen d’une qualité impeccable. Malicious Code est toujours détonnant d’action, avec une montée en puissance grâce aux « extensions ». Discrètes dans les tomes précédents, elles offrent un peu plus de technicité aux affrontements. Hiiro le héros est le grand absent des deux premiers tiers du manga, ce qui permet à l’auteur de développer les personnages secondaires sans quitter le fil rouge de l’histoire.

Grâce à son pouvoir, c’est finalement Anna qui prend de l’ampleur. Si on regarde sa situation de « petite-amie-mais-pas-tout-à-fait » du personnage principal, ce n’est pas vraiment surprenant. De plus, on peut d’ores et déjà s’attendre à ce qu’elle soit la clé qui apportera son dénouement à la série. Cela est très symptomatique du seul reproche qu’on pourrait faire à Malicious Code : le classicisme de son traitement peine à surprendre le lecteur. Tout, jusqu’à la trame scénaristique, respecte les règles du genre. C’est à la fois une force et une faiblesse, puisque le résultat est de qualité, avec des combats immersifs, mais le scénario n’offre pas vraiment de surprise.

Il reste cependant encore à savoir comment Masahiro Ikeno va réussir à clore son scénario convenablement avec seulement un seul tome !

Green Blood #2 de Masasumi Kakizaki chez Ki-oonpar Fabien

Green Blood #2Introduite en France depuis le mois de juillet, la dernière série en date de Masasumi KakizakiGreen Blood – continue d’écrire son histoire sur nos terres via Ki-oon et la publication de son second volume. Après un rapide tour de présentation des personnages, nous avons découvert dans le premier acte un univers et une ambiance, cruelle et sans pitié. Après une introduction de qualité et prometteuse, la suite de cette série prévue en 5 tomes est-elle à la hauteur de nos espérances ?

Notons tout d’abord l’entrée en scène d’un nouveau protagoniste : un autre tueur à gages, du nom de Ray. Il bouleverse les bases de la série, en faisant jeu égal avec notre ténébreux tueur et en bouleversant la main mise de sa bande sur le quartier de Five Points. Dans ce deuxième volume, aucune pause n’est permise, l’ennui n’a pas le temps de s’installer tant les événements s’enchaînent avec un rythme bien calibré. De l’action, du suspense et des révélations, voilà comment décrire ce deuxième opus.

Quant au dessin, il s’adapte parfaitement à l’univers de la série : à la fois sombre et précis, le trait de Masasumi Kakizaki ne faiblit pas un seul instant. Une constante dans toutes les œuvres du mangaka, d’ailleurs. Le premier volume de Green Blood n’était donc pas un heureux hasard, ce second volume confirme tout le bien qu’on peut en penser. Et dès qu’on a lu le cliffhanger final, c’est le 3e tome qu’on attend !

Coups de cœur, du rire aux larmes…

Nobles Paysans #1 de Hiromu Arakawa chez Kurokawa – par Ramza

Nobles-Paysans-1En refermant ce tome, je me suis fait la réflexion suivante : voici le titre le plus drôle de l’année. Il y a quelques années on appréciait les petits délires de Full Metal Alchemist et depuis l’an passé on rigole de bon cœur des mésaventures de Yûgo dans Silver Spoon. Mais c’est la vie d’Hiromu Arakawa herself qui reste la plus désopilante, et de loin. Dans un récit totalement débridée, la mangaka nous raconte sa vie, ses 7 longues années de labeur avant qu’elle embrasse sa carrière de mangaka, puis les raisons qui l’ont poussé à écrire Silver Spoon… Et même les débats échevelés avec son éditrice pour publier l’ouvrage que nous avons dans les mains.

Durant 13 chapitres, elle enchaîne les anecdotes les plus loufoques, dont voici une liste loin d’être exhaustive : pourquoi les vaches sont les animaux les plus forts et gagnent les bastons de regards avec les chiens, la longue liste d’accidents normalement mortels de son père qui se porte comme un charme, la lutte contre les ours, les pilleurs très polis et le tamia de Sibérie ou, enfin, les saumons qui poussent dans les champs…Mais ça c’est teeeeellement évident, tout le monde le sait !

En se mettant en scène avec un tempérament souvent exalté elle défend aussi, haut et fort, les couleurs de l’agriculture en tirant à boulets rouges sur les clichés de la ferme et sur  le mépris de son pays natal pour ce secteur d’activité. Elle a bien envie de proclamer l’indépendance de sa région natale d’Hokkaïdo, qui se tape une bonne partie du sale boulot agricole pour ces ingrats de Japonais ! Cela dit les agriculteurs en prennent aussi pour leur grade, et sont parfois décrits comme des grands malades que l’on croirait venus d’une autre planète.

Sans jamais se prendre en sérieux la mangaka bovine se lâche complétement mais arrive ainsi à faire passer de nombreux messages et à dévoiler une étonnante personnalité. Même si l’objet peu paraître un un peu cher (9.10 euros pour 136 pages en 148*210) c’est un pur concentré d’humour qu’on ne peut que vous recommander… Franchement, qu’est-ce qu’on s’marre !

La mélodie de Jenny de Tsukasa Hôjo chez Ki-oon – par Olivier

la-melodie-de-jenny-manga-volume-1-reedition-73118Tout d’abord je me confesse : je n’avais pas de mangas d’Hôjo chez moi avant celui-ci (note de Ramza, de toute l’équipe et surement des lecteurs : bouuuuuuuh ! Démission !). La faute à des tomes devenus difficilement trouvables ou à des éditions Deluxe trop onéreuses.

C’est donc une grande première pour moi lorsque j’ai ouvert La mélodie de Jenny et que j’ai découvert des planches à couper le souffle. Nous connaissons tous les traits du City Hunter via sa série animée, ultra-populaire, mais les dessins du mangaka sont infiniment plus riches et plus beaux.

La mélodie de Jenny est composé de 3 histoires à la qualité égale et centrées sur même thème : la Seconde Guerre Mondiale. Elle est traitée différemment à chaque fois, de la guerre chez les soldats aux conséquences directes et indirectes pour les civils, mais on conserve une constante : des hommes se font enlever leurs rêves injustement, emportés par un courant trop fort.

Voici des histoires crédibles, où le scénariste ne perd pas de temps à pointer du doigt des dirigeants politique (la guerre c’est sale, pas la peine d’y revenir), mais met plutôt en avant les bouleversements et les drames engendrés par ces temps de violence et de haine. A ceci s’ajoute une petite touche de nostalgie pour des récits qui s’avèrent très bien écrits : ni trop courts, ni trop longs. Ils plairont autant aux fans d’histoire qui veulent découvrir un autre visage de ce conflit, qu’à ceux qui aiment passer un bon moment de lecture sur un one shot, grâce à de belles mais tragiques histoires.

Voilà donc pour les lectures du moment. On se retrouve fin décembre pour retracer toute une année de lecture, car il y a de quoi dire sur 2013 ! En attendant lisez du manga, et venez nous en parler dans les commentaires ou sur les réseaux sociaux, on vous attend 🙂

Paoru.fr : retrouvez les chroniques de l’équipe !

2013

Hiver : Si t’as froid, lis un manga !

Printemps : Voici venu le teeeemps, des chroniques de printemps ♫

Mangas, plage, soleil, vacances… OH OUI !

Pour la rentrée, 7 mangas arrivé à maturité !

Chroniques d’automne : un temps à lire des mangas !


novembre 17th, 2013
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Yotsuba& : 12 tomes et 12 raisons de le lire !

⊆ octobre 14th, 2013 | ≡ Topic: Articles, Chroniques, Manga, Manga / Japanimation | | ˜ 7 Commentaires »

Yotsuba&

Enfin ! Eh oui, j’ai ENFIN pu me mettre à jour dans ma lecture des Yotsuba&, le manga humoristique de Kiyohiko Azuma (Azumanga Daioh) publié chez Kurokawa depuis plusieurs années. Pour ma part, voilà maintenant deux ans que j’ai découvert les aventures de la jeune fille aux cheveux verts et quasiment autant de temps que j’avais envie de vous en parler.

Depuis le temps que les mots me trottent dans la tête, ils ont formé de multiples arguments pour vous convaincre de lire cette série qui dure depuis 10 ans au Japon, dans le Dengeki Daioh (Blood Alone, Gunslinger Girl) de l’éditeur ASCII Media Works. Et comme beaucoup d’articles ont déjà défendu ce manga humoristique qui est resté longtemps méconnu, je vais essayer d’apporter une pierre originale à l’édifice…

Bonne lecture 🙂

12 raisons de lire Yotsuba&

Yotsuba, Yanda et son pèreRaison numéro 1 : Yotsuba& vous mettra forcément de bonne humeur… à l’image de son slogan, Enjoy Everything, et de son héroïne, une jeune fille du nom de Yotsuba. Elle vit avec son père et découvre le monde qui l’entoure, jour après jour, chapitre après chapitre et le tout du haut de ses 5 ans : la balançoire ou le réchauffement climatique, ses voisins ou les cigales, le vélo ou la fabrication des ramens… Yotsuba se passionne pour tout et s’amuse de tout avec une pêche inamovible et une bonne humeur communicative qui attrape petit à petit le lecteur. Comme tout enfant, Yotsuba croit tout ce qu’on lui raconte dur comme fer, même si vous lui expliquez que vous êtes un super-héros du nom de slipman ! Elle fait du quotidien une fête permanente, débordant de gags et de candeur, sans jamais devenir mièvre… Bref, elle vous mettra de bonne humeur !

Raison numéro 2 : Yotsuba& vous réapprend l’art de s’occuper avec rien, voir de glander bien comme il faut. Pour Yotsuba, une journée bien remplie peut se résumer à manger une pastèque chez les voisines ou apprendre à faire ses lacets. A une heure où nous sommes tous hyper-solicités par une myriade de loisirs, c’est toujours sympathique de voir qu’un auteur peut faire un chapitre réussi sur une gamine qui s’éclate avec un bout de carton, qui s’extasie devant un vol d’hirondelle ou dans le ramassage des glands et des châtaignes. À 5 ans la vie EST une découverte en soi et avec sa curiosité chronique dont elle a le secret, Yotsuba nous fait rapidement réaliser que nous nous blasons à tort de notre quotidien. Et s’il n’y a vraiment rien à faire ? C’est sans doute que c’est l’heure de la sieste ou que l’on va bientôt manger… ce qui est donc une bonne nouvelle pardi !

Raison numéro 3 : Yotsuba& est une excellente façon de découvrir la vie japonaise… Le quotidien de Yotsuba est fait de tranches de vie tout ce qu’il y a de plus nippones. On connait déjà, en partie, l’alimentation japonaise mais est-ce que vous vous êtes déjà baladé dans un supermarché nippon pour faire des courses ? Est-ce que vous avez déjà vécu de l’intérieur la période des typhons au Japon ? Est-ce que vous avez déjà participé à une fête de quartier avec les fameux Matsuri ? Le camping à la japonaise, l’importance des climatiseurs, la capture des cigales, vous connaissez ? Tous ces épisodes de vies sont décrits avec une authenticité très appréciable et l’enthousiasme de Yotsuba pour chacun de ces moments donne envie d’aller les vivre de l’intérieur. Sans omettre que les décors sont toujours réussis et qu’ils renforcent l’immersion. On a vraiment l’impression d’y être.

Raison numéro 4 : Yotsuba& c’est aussi une gamine avec une “tronche” incroyable. Si tous les personnages de la série ont un  chara-design simple mais équilibré et sympathique, c’est celui de Yotsuba qui marque les esprits. Ses cheveux verts avec 4 couettes inamovibles (Yotsuba = trèfle à 4 feuilles  = 4 couettes vertes), sa bouche et ses yeux aux vraies allures de smiley démontrent tout le talent des japonais pour multiplier les expressions faciales avec un petit nombre de traits. Yotsuba arbore donc régulièrement des XD, 🙂 , O_O, >,< et des centaines d’autres variantes qu’on aurait envie de reprendre à notre compte pour faire comprendre à notre entourage nos humeurs et nos émotions.

Raison numéro 5 : Yotsuba& c’est aussi des personnages secondaires bien sympathiques… Un père qui en est venu à adopter Yotsuba et qui tache d’éduquer cette tornade, son ami Jumbo le géant qui aime blaguer à froid et aussi les jolies filles. Il est donc ravi de croiser les voisines de Yotsuba, de tous les âges, qui font rapidement partie du cercle familial et deviennent d’excellentes amies. La plus grande, Asagi, adore se jouer de la candeur de sa petite voisine et le résultat est souvent épique ! Dans un genre proche il y a Yanda, aka le sale type, qui apparait dans le volume 5 et qui adore embêter Yotsuba et faire ressurgir son caractère bien trempé. Mais Yotsuba la maligne le lui rend bien, et souvent c’est l’arroseur qui est arrosé ! Enfin, impossible de ne pas citer personnage de Cartox / Danboard, un robot en carton qui apparait à de rares occasions mais qui est devenu assez populaire sur le net. Lui aussi part régulièrement à l’aventure, le temps de quelques photos.

 yotsuba & yanda Yotsuba & Cartox

Raison numéro 6 : Yotsuba& vous décrit à quel point le Japon est un pays “safe”. Ce n’est pas compliqué, chez nous, on s’attendrait tous les soirs à voir le portrait de Yotsuba dans un spot Alerte Enlèvement. Elle se promène régulièrement dans son quartier, seule ou avec un ou deux amis qui n’ont que quelques années de plus qu’elle. Et à chaque fois, aucun soucis. Yotsuba part régulièrement à la découverte de son environnement en oubliant les conseils de son père, y croise des commerçants qui discutent et s’amusent un peu avec elle. Même si elle s’égare, il y aura toujours quelqu’un pour la secourir. La série met aussi en avant l’aspect vie de quartier, où tout le monde connait tout le monde, où les voisins sont régulièrement les uns chez les autres. Tout ceci est un peu idéalisé mais donne une ambiance paisible à la série, et il se dégage une aura protectrice et bienfaisante autour ce petit coin de Japon. Et, de toute façon, Yotsuba est invincible, l’auteur semble en avoir décidé ainsi.

Yotsuba & foodRaison numéro 7 : Parce que bien manger, c’est important ! Ce qui participe au charme de la demoiselle c’est qu’elle ne plaisante pas avec le bonheur… et surtout celui de son estomac ! Plus d’une fois l’objectif de Yotsuba sera culinaire : réussir à attendre l’heure du gouter pour manger des “nezclair” puis trouver une combine pour remplacer celui de son père qu’elle a mangé bien avant l’heure, poursuivre sa voisine jusqu’au lycée pour lui livrer du lait parce qu’il est “trobon”, découvrir la fête de l’école sur une rumeur de gâteau gratuit, bien s’habiller parce qu’on est au restaurant (et laisser sa bave sur le menu). En tout cas, à chaque fois que le but est atteint, c’est la fête des papilles, le regard illuminé et une assiette qui sera nettoyé de fond en comble !

Raison numéro 8 : Yotsuba& peut se lire, se relire et se re-relire avec plaisir. Avec un tome par an environ, le temps d’attente entre deux volumes est bien long mais chaque chapitre fourmille toujours de petits détails humoristiques qu’on oublie facilement et qui refont rire à chaque relecture : la tête de Yotsuba quand elle a compris qu’elle a fait une bêtise, les vérités qu’elles se fabriquent du haut de ses 5 ans, le plaisir des autres à la faire tourner en bourrique, etc. Ces tranches de vie peuvent se relire dans le désordre et à tout moment : pour un voyage, avant de dormir, avant de partir pour un rendez-vous… Mais ne laissez jamais un tome de Yotsuba dans les toilettes par contre, vous oublieriez d’en sortir !

Raison numéro 9 : Yotsuba& est l’occasion de vous rappeler les 400 coups que vous avez pu faire durant votre enfance. Parce que Yotsuba va en faire des boulettes ! C’est une vraie casse-cou et une impayable gaffeuse, se baladant sous un typhon avec un parapluie histoire de bien s’envoler à la première bourrasque, repeignant une chaise de la cuisine en bleu sans aucune précaution ou protection, piquant un somme dans un lit de supermarché, faisant de la balançoire tellement fort qu’elle en fait presque un 360° autour du portique, partant à vélo beaucoup plus loin qu’elle a le droit et sans forcément bien regarder devant elle. Yotsuba oublie d’obéir plus qu’elle ne choisit de désobéir, totalement accaparée par ce qui l’entoure ou par les missions qu’elle se confie elle-même ! Heureusement tout se finit toujours bien, mais avec une punition à la hauteur de la bêtise… et ça aussi ça nous rappelle des souvenirs !

Raison numéro 10 : Yotsuba& est aussi un manga pour ceux qui aiment les gens avec du caractère et de la répartie ! Comme je l’évoquais plus haut, la demoiselle a du répondant et il ne faut pas essayer de la lui faire à l’envers. Elle prend également les missions qu’on lui donne très à cœur. Plus décidé que le preux chevalier qui doit sauver sa princesse, elle joue l’adulte hyper-sérieuse et plus rien ne semble avoir d’importance dans sa vie… Sauf si elle croise un truc quelconque qui va la distraire, et alors elle oublie tout, quitte à bondir de son lit la nuit suivante pour exécuter la fameuse tâche qu’elle avait, sans le vouloir, mise de coté. Enfin, le plus drôle reste son envie de reproduire les actions des adultes et leurs reparties, forcément décalées et amusantes dans la bouche d’une fille de 5 ans. La voici par exemple, en tueur à gages :

yotsuba yotsuba yotsuba

Raison numéro 11 : Yostuba& c’est aussi une façon d’éduquer un enfant. Forcément, on pourrait facilement tout lui pardonner, car tout est toujours fait sans mauvaise intention. Mais Kiyohiko Azuma n’a pas voulu créer une quelconque enfant roi, bien heureusement : Yotsuba est régulièrement punie, que ce soit par une classique frappe sur la tête, par une confiscation prolongée du jouet incriminé, ou par une colossale frousse pour lui faire comprendre qu’elle a mal agi. Yotsuba se retrouve par exemple persuadée que la peinture qu’elle a mise sur ses mains, en vandalisant la cuisine au passage, ne partira plus jamais, et son père laissera passer un bon moment avant de lui donner la solution. Les leçons sont toujours appliquées jusqu’à ce qu’elles soient retenues. Même si ça ne l’empêche pas de trouver de nouvelles bêtises à réaliser ^^.

Raison numéro 12 : Yotsuba& est une lecture qui se partage avec vos amis… Même s’il faut quelques volumes le temps d’adopter cette enfant espiègle, tout le monde succombe tôt ou tard à sa fraicheur de vivre. Et c’est alors un véritable plaisir de se remémorer quelques scènes avec des amateurs de la série. Sur le web, sur les réseaux sociaux ou avec vos connaissances mangaphiles, vous trouverez toujours quelqu’un pour se marrer avec vous quand vous évoquez telle ou telle aventure de la jeune fille aux cheveux verts. Yostuba& c’est un peu comme un épisode de Friends ou How I Met Your Mother, ça se raconte entre copains avec des rires et des “tu te souviens la scène avec truc ou ils se retrouvent obligés de …“. Tout le monde aime Yotsuba& et on vous aimera aussi quand vous en parlerez !

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Voilà vous savez maintenant pourquoi tous ceux qui ont lu Yotsuba& ont fini par l’adopter et se font un plaisir d’en parler autour d’eux. A votre tour maintenant de lire (ou de relire) cette excellente série !

Fiche descriptive

Yotsuba 12  jaquetteTitre : Yotsuba&
Auteur : Kiyohiko Azuma
Date de parution du dernier tome : 12 septembre 2013
Éditeurs fr/jp : Kurokawa / ASCII Media Works
Nombre de pages : 208 n&b
Prix de vente : 7.65 €
Nombre de volumes : 12/12 (en cours)

Visuels YOTSUBA © KIYOHIKO AZUMA / YOTUBA SUTAZIO / ASCII MEDIA WORKS

Pour plus d’infos sur les produits dérivés et l’actu de la série retrouvez le site officiel nippon et le Twitter de Yotsuba&, ou encore le blog de l’auteur.


octobre 14th, 2013
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Gewalt : un furieux chez les furyos !

⊆ octobre 4th, 2013 | ≡ Topic: Articles, Chroniques, Manga, Manga / Japanimation | | ˜ 1 Commentaire »

Gewalt

Cette semaine, mise en avant d’une nouvelle publication audacieuse des éditions Doki-Doki : un furyo du nom de Gewalt, signé par Kôno Koji.

Le furyo est un genre de manga qui raconte le quotidien d’adolescents ou de jeunes adultes qui  passent leur temps à se battre, tout simplement. Ces jeunes hommes, des durs au grand cœur, n’arrivent pas à trouver leur place dans la société, à cause de leurs caractèresYoung-King-Sun-Ken Rock, de situations familiales difficiles et d’une société japonaise souvent trop rigide. Ils s’expriment alors avec leurs poings mais ne sont pas sans foi ni loi pour autant. Beaucoup sont attachés à des valeurs comme l’honneur, l’amitié, la fidélité et bien sûr la bravoure… Des notions capitales dans un milieu des plus violents où se côtoient  les hommes les plus dangereux et autodestructeurs du pays.

Rookies et Racaille Blues, aucun n’a réussi à rééditer un succès équivalent. Celui s’en rapprochant le plus est probablement Sun-Ken Rock, chez Doki-Doki justement ! Et comme un hasard n’arrive jamais seul, Gewalt a été publié en 2012 dans le même magazine que son ainé, le Young King de l’éditeur SHÔNEN GAHÔSHA. L’auteur est un mangaka de bientôt 40 ans qui a déjà fait ses armes avec une demi-douzaine de titres bien trempés mais inconnus chez nous (Loser par exemple, qui a connu une adaptation en drama).

Doki-Doki retente donc l’aventure avec prudence, pour 3 volumes, et Arnaud Plumeri, le directeur éditorial, parle surtout d’un coup de cœur pour cette œuvre : « Nous l’avons publié car c’est un coup de cœur de l’équipe. Nous avons une base de lecteurs intéressés par la baston, donc nous avons toujours un œil sur le genre. Mais il y a rarement un traitement aussi intéressant que dans Gewalt (ou Dämons si tu te souviens bien) et on tombe souvent dans le racolage. »

Voilà pour les présentations, voyons maintenant si ce manga sait taper là où il faut… En route pour la critique !

« Je ne serais plus jamais transparent !!! »

Ruito est un lycéen ordinaire. Et, franchement, il en a marre. Son quotidien se résume à rester dans les clous, à avoir des résultats corrects et être comme tout le monde, quitte à modeler sa personnalité et ses gouts pour ne pas passer pour un gros naze aux yeux de son entourage.

Mais voilà, tout finit par se savoir et ses penchants d’otaku vont être exposés en plein jour et lui valoir la pire humiliation de sa vie. Sauf qu’après avoir mouillé son caleçon devant tout le monde, Ruito va basculer de l’autre coté des convenances : perdu pour perdu, il préfère dorénavant régler ses problèmes avec ses poings.

Gewalt Ruito Gewalt

Bien évidemment, on ne devient pas un dur en claquant des doigts, et Ruito n’a rien d’un grand bagarreur. Il va donc encaisser pas mal de coups avant de pouvoir en donner. Mais sa volonté ne cesse de se renforcer et, très rapidement, il arrête de céder à la peur. Un coup de poing ça fait mal, mais surtout quand on le craint.

Entre satisfaction et doutes, Ruito va rencontrer les différentes bandes de son lycée et enchaîner maladresses et quiproquos qui vont rapidement dégénérer en guerre de gang… De quoi initier pour de bon son apprentissage sur le terrain et mettre fin à sa non-existence !

Quand le mal-être explose… La baston s’impose !

RuitoTous les furyos manga que j’ai pu lire jusqu’ici, de Rookies et Racaille Blues à Gangking, Sun-Ken Rock ou Bakuon Retto, ont pour caractéristiques de dépasser la dizaine de volumes, et présentent des histoires assez longues. En se condensant sur 3 volumes, Gewalt est donc contraint de ne pas perdre une minute. On obtient un scénario qui va droit au but, une narration sans fioritures et un héros… Explosif.

Le lecteur découvre  le dénommé Ruito qui est, dès le départ au bord du gouffre. Déjà obligé de contorsionner sa façon d’être, il frise sans cesse la chute dans la fosse aux losers. Il est élève de la section générale d’un lycée banal et se rassure sur son niveau social en suivant les moqueries de ses camarades adressés aux voyous de la section technologique. Seulement cette attitude lâche et défensive n’est pas une vie : Ruito étouffe dans son costume d’ado lambda est se voit comme un bon à rien. Ses artifices pour avoir un semblant de cool attitude sont balayés dès le premier chapitre : ses gouts d’otaku qu’il planquait soigneusement lui reviennent en pleine figure et il est désormais le mec le plus naze de la section générale, et futur bizut de ses anciens “amis”.

On nous présente souvent un timide qui doit arpenter un long chemin pour oser affronter le monde, mais dans Gewalt, Ruito pète directement un plomb. Il achève le premier chapitre en soulevant une table à bout de bras en plein cours, et en la balançant par la fenêtre du x-ème étage. Plus de retour en arrière possible, d’autant que Ruito apprécie particulièrement d’attirer enfin les regards d’un entourage médusé et rapidement craintif. Que ce soit de la peur ou du respect pour le moment il s’en moque : IL EXISTE !

Dis-moi qui tu tapes, je te dirais qui tu es…

S’il se lance dans une nouvelle vie c’est que notre jeune homme a bien observé un autre cinglé, une pièce unique du lycée général qui se trouve dans sa classe : Gurio Anno, un génie de la baston qui l’a précédemment sauvé lors d’une altercation. Ruito va lui coller au basque et lui demander de lui apprendre les bases : il veut devenir comme lui, fort et craint de tous ! Mais Gurio refuse, prétextant que Ruito n’est qu’un poussin de la section générale qui veut juste s’encanailler, mais qui n’a pas l’étoffe d’un vrai dur à cuire.

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Là encore, l’auteur réduit l’introspection à l’essentiel et remet notre héros au pied du mur. Après son coup d’éclat en classe, impossible de revenir en arrière : il part alors tenter l’aventure en plein lycée technologique. Évidemment il n’a pas la tête de l’emploi, et les élèves du technologique décident d’en faire un punching-ball. Mais à force de recevoir des droites ou des coups de batte, Ruito va comprendre que se battre est finalement beaucoup plus intéressant que de se faire taper, et qu’il n’a plus besoin d’endosser son costume oppressant de jeune homme comme les autres. Avec cette nouvelle liberté en poche, il développe une volonté de plus en plus inébranlable, se débarrassant progressivement de ses réflexes de froussard pour rentrer dans le tas… Et il va y prendre gout.

Néanmoins on ne brise pas ses chaînes avec une lime à ongles et Ruito va mettre le souk partout où il se bat. Même s’il tape toujours pour la bonne cause – se défendre ou aider des plus faibles – il va s’attaquer à beaucoup plus fort et haut placé que lui dans la hiérarchie des gangs du lycée, jusqu’à amorcer une guerre entre les deux factions les plus puissantes… Et tout ça en un seul tome, sur un rythme effréné qui ne peut que séduire le lecteur.

Baston générale !

Avec un graphisme original et un peu old school, sorte de mix entre GTO, Dragon Head et I am a Hero, Kôno Koji parvient à véhiculer de vives émotions, introverties comme extraverties, grâce à un chara-design qui mise sur l’expressif et des planches ultra-vivantes malgré le classicisme de leur découpage. On décèle aussi un talent de cadreur, pour choisir le bon angle au bon moment, pour parfaire l’intensité du titre.

Gewalt est donc un manga explosif, centré sur l’action et la baston, qui suit la course folle d’un héros fonçant tête baissée dans une nouvelle vie. Peu importe la violence et les nouveaux camarades psychopathes tant qu’on existe dans le regard de son prochain et qu’on peut gouter à la liberté d’être soi-même… Donc Adieu inexistence, et Bonjour fureur de vivre !

Fiche descriptive

GEWALT T01Titre : Gewalt
Auteur : Kôno Koji
Date de parution du dernier tome : 09 octobre 2013
Éditeurs fr/jp : Doki-Doki / SHÔNEN GAHOSHA
Nombre de pages : 192 n&b
Prix de vente : 7.50 €
Nombre de volumes : 1/3 (terminé)

Visuels Gewalt © KÔNO Köji / Shönen Gahösha

 Retrouvez la preview de la série pour vous faire votre propre idée. Vous pouvez aussi jeter un oeil au site web du mangaka.


octobre 4th, 2013
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Chroniques Manga : 7 séries arrivées à maturité…

⊆ septembre 28th, 2013 | ≡ Topic: Articles, Chroniques, Manga, Manga / Japanimation | | ˜ Pas de commentaires »

Critique manga Paoru

Pour ce début d’automne, nos chroniques de groupe s’engage sur une thématique qui me trottait dans la tête depuis un certain : les mangas qui, après un an ou deux de parutions, se sont dévoilés, ont pris de l’ampleur et ont muri. Comme beaucoup d’entre-vous “attendent de voir” ce que peut donner telle ou telle série avant de faire souffrir votre porte-monnaie, l’équipe de Paoru.fr a sélectionné sept séries qui ont débuté en 2011 ou 2012. Certaines ont fait parler d’elle dès leur premier tome, d’autres ont mis du temps à se dévoiler, mais chacune suscite désormais un vrai plaisir de lecture et l’impatience entre deux tomes… Même si le temps peut, parfois, révéler aussi quelques défauts.

Quoi qu’il en soit, en route pour la sélection, et bonne lecture 😉

Blood Lad 6Blood Lad de Yûki KODAMA, 6 tomes chez Kurokawa. Par Julien B.

Dès son premier tome, Blood Lad parvient à accrocher très efficacement le lecteur. On est immédiatement conquis par Staz, vampire otaku complètement blasé par sa condition, et un humour débridé bourré de références geek et japanime. Pourtant, aussi agréable que soit ce cocktail, on peut craindre que ces deux seuls ingrédients ne suffisent pas à maintenir l’intérêt sur le long terme. Et on regrette notamment une ligne directrice pas forcément motivante et des personnages assez transparents, en dehors cet anti-héro qui écrase le reste du casting de son charisme.

Heureusement, après quelques tomes ces doutes s’envolent à mesure que les petits défauts disparaissent, tandis que les qualités initiales perdurent. Une véritable intrigue se révèle, connectant tous les évènements qui nous ont parus indépendants et qui s’assemblent parfaitement sans laisser la place au hasard. Staz reste prépondérant et toujours aussi savoureux, mais les personnages secondaires s’affirment. De prime abord assez superficiels voire simplistes pour certains, ils gagnent en épaisseur, en intérêt… et même en classe ! Enfin, cerise sur le gâteau, l’humour ne faiblit pas comme c’est le cas dans de nombreux shônens qui se prennent trop au sérieux, ce qui achève de nous convaincre : ce titre vaut définitivement le détour.

The Arms Peddler 6The Arms Peddler, de NIGHT Owl et NANATSUKI Kyôichi, 6 tomes chez Ki-oon. Par Julien B.

C’est d’abord l’univers de The Arms Peddler qui séduit. Kyôichi NANATSUKI prend habilement son temps pendant plus de 3 tomes pour poser soigneusement un monde apocalyptique, que l’on découvre en même temps que Sona, jeune garçon en quête de vengeance. Un monde qui s’enrichit à chaque nouvel arc, en mixant des univers que parfois tout oppose. Western, médiéval fantastique, épées et armes de guerre modernes, revenants, mutants ou monstres en tous genres… Loin de former un patchwork indigeste et incohérent, l’auteur réussit un melting pot riche et sombre à souhait. Mais pendant tout ce temps c’est surtout Garami, la marchande d’arme aussi belle que froide, qui fascine et aiguise de plus en plus notre curiosité.

Et justement, au beau milieu d’un nouvel arc, sans prévenir, l’auteur passe la vitesse supérieure. Il nous livre enfin les premiers éléments de la probable intrigue principale du titre. Quelques réponses qui soulèvent plus encore de questions… Pour notre plus grand plaisir c’est bien la mystérieuse Garami qui se révèle être le véritable pilier de l’histoire. Après un interlude, le dernier tome sorti en début d’année nous le confirme. On a alors d’autant plus hâte de lire la suite, et d’en apprendre plus sur les sombres secrets que cache notre troublante héroïne.

Spice and Wolf #7Spice and Wolf  de Keito Koume , 7 tomes chez Ototo

Déjà connu depuis quelques années grâce à ses adaptations animées, Spice and Wolf est désormais publiée depuis plus d’un an en France dans sa version manga. Sept volumes plus tard, le bilan est plutôt positif. Plusieurs arcs scénaristiques ont été présentés et tous s’avèrent intéressants. Assemblant tranche de vie et économie, Spice and Wolf nous fait voyager dans le passé avec plaisir tout en développant la relation entre nos deux protagonistes, Holo et Lawrence, qui continue à avancer tranquillement. Trop parfois, et c’est parfois le défaut de la série : l’intrigue évolue lentement et si on y ajoute l’aspect financier qui est assez complexe, on pourrait friser l’ennui… Heureusement, si on se donne le mal de comprendre un minimum les différentes transactions financières, l’intérêt reste bel et bien présent, surtout avec les différents personnages secondaires que nos héros croisent, qui sont eux aussi sympathiques.

À côté de ça, il y a le trait  réussi de Keito Koume qui colle parfaitement à l’ambiance de la série. En bref, Spice and Wolf est à conseiller à tous ceux qui veulent découvrir un autre genre, à condition de s’intéresser un minimum au point central de la série, l’économie.

Bonne Nuit Punpun #8Bonne Nuit Punpun de Inio Asano, 8 tomes chez Kana. Par Taikawa.

Cela fait désormais quelques mois que l’on observe l’évolution de Punpun à travers les pages de Bonne Nuit Punpun. Simple écolier dans le premier volume, notre héros est désormais entré dans la vie active et, durant toutes ces années, sa vie a été des plus mouvementée ! Depuis le début de la série, Inio Asano prend un malin plaisir à faire souffrir ses personnages en nous offrant tout un tas de situations inattendues et dramatiques. Parfois, le bonheur est là, mais cela ne dure jamais. Ce manga nous fait principalement passer par deux émotions, la joie et la tristesse. Toujours réaliste, l’œuvre a de grandes chances de vous rappeler des moments courants de la vie – de votre vie – qu’ils soient heureux ou tout l’inverse.

C’est bien là la grande force de Bonne Nuit Punpun, son apparente banalité. Banal, mais intéressant car comme dans toutes les vies, il se passe de nombreuses choses. La série n’est clairement pas à mettre entre toutes les mains tant elle est cruelle, mais pour ceux qui apprécient le genre tranche de vie, qui se déroule pour une fois dans une ambiance dramatique, le plaisir sera là tant l’histoire est bien racontée et passionnante. Ajoutons à cela le dessin de l’auteur, réaliste lui aussi, et nous obtenons un des incontournables de 2012, l’année de son lancement dans l’hexagone. On a qu’une seule hâte, découvrir ce que la vie réserve de plus à ce pauvre Punpun !

barakamon-6-ki-oonBarakamon de Satsuki Yoshino, 6 tomes chez Ki-oonpar Ramza

 Voici un exemple typique de série qui prend son temps. Au premier volume je suis resté dubitatif : chara-design pas follement original, présentation d’une vie de campagne un peu idéalisée, déjà vue et entendue. Mais l’humour poussait à continuer le chemin. Une fois arrivé au tome 3, on se prend finalement au jeu… L’histoire de ce jeune calligraphe trop imbu de lui-même et figé dans une vie citadine trop calculée redécouvre une nouvelle façon de vivre faite d’imprévus, de rapports humains et d’un nouveau rythme de vie, avec des voisins qui deviennent rapidement ses amis.

Tout comme le dessin, l’univers et les personnages se dégrossissent et le titre présente des messages plus subtils, se met à sonner juste et rappelle même des souvenirs de vacances à la campagne. Avec un univers où le temps s’écoule différent, le lecteur entre progressivement dans une bulle, met ses soucis en pause le temps d’une lecture, et rigole des tracas quotidien de notre jeune héros, sans cesse bousculé dans son quotidien cloisonné. Comme je le disais dans cet article, on apprend à aimer Barakamon en 3 tomes… Et aujourd’hui, au bout de 6 opus, on l’adore !

Dream Team 12Dream Team de Takeshi Hinata, 12 tomes chez Glénatpar Ramza

Dream Team a pour l’instant joué de malchance car il est arrivé sur le territoire français en même temps qu’un blockbuster : Kuroko no Basket. Les deux œuvres proposent des traitements très différent du basket et répondent à des lectorats distinct mais rien n’y fait : tout le monde n’a pas le porte-monnaie assez garni pour se payer deux shônens sportifs sur le ballon orange et choisit l’un ou l’autre. Avec un anime réussi dans son CV, Kuroko a donc remporté la première manche ses deux dernières années, en terme de vente.

Et pourtant, avec ses tomes 10 à 12, Dream Team a dévoilé une histoire beaucoup plus profonde que son concurrent, faite de coups du sorts et de beaucoup plus d’échec qu’habituellement. Si jouer la surenchère et admirer les capacités aussi impressionnantes qu’improbables de stars d’un Kuroko est votre plaisir, très bien. Mais ceux qui enfilent régulièrement leurs baskets pour aller faire quelques shoots trouveront dans Dream Team une authenticité très appréciable, en même temps qu’une belle leçon de courage face à l’adversité et à un monde injuste. Dans Dream Team on ne nait pas super héros du basket… On commence au plus bas de l’échelle et, éventuellement, on le devient.

kimi-no-knife-5-paniniKimi no Knife de Yua Kotegawa, 5 tomes chez Paninipar Painfool

Quand Yukitaka a accepté de s’adonner au meurtre, afin de payer les frais d’hospitalisation exorbitants de sa sœur, il n’aurait jamais pu imaginer dans quel monde il venait de mettre les pieds ! Il apprend à ses dépends que prendre une vie n’est pas sans conséquences morales, même si sa cible est un criminel.

Aux cotés de Kuzumi, un policier énigmatique, et d’Itsuki, une fille douée d’un don de prescience séquestrée par sa première cible, Yukitaka devra trouver des réponses à ses questions tout en échappant à la police, dont l’étau se resserre lentement mais sûrement autour de notre équipe.

 Avec son scénario pour le moins atypique, Kimi no Knife a su montrer son potentiel dès le départ, et monter doucement en puissance au fil des tomes, sans hâte ni lenteur. L’action est présente, nous guide intelligemment au fil des situations de crise. Elle est agrémentée de maladresses, celles d’un amateur qui fait de son mieux, expérimente, réussit, échoue.

Au cinquième tome de cette série qui en compte 10, il reste difficile de voir où Yua Kotegawa nous emmène. Vu comme elle mène tranquillement ses lecteurs par le bout du nez, de chapitre en chapitre, il y aurait fort à parier que le suite regorge de surprises et de twists divers !

Voilà pour cette sélection qui vous guidera, on l’espère, dans vos prochains achats. Si jamais vous cherchez des séries encore plus récentes, n’oubliez pas que Journal du Japon a récemment proposé une sélection de tomes 1 et que toutes les critiques de Paoru sont consultables sur l’index du blog ! On attend aussi vos avis et vos conseils de lecture 🙂

Rendez-vous la semaine prochaine pour un petit évènement : la 500ème de Paoru.fr !

Paoru.fr : retrouvez les chroniques de l’équipe !

2013

Hiver : Si t’as froid, lis un manga !

Printemps : Voici venu le teeeemps, des chroniques de printemps ♫

Mangas, plage, soleil, vacances… OH OUI !

Pour la rentrée, 7 mangas arrivé à maturité !

Chroniques d’automne : un temps à lire des mangas !


septembre 28th, 2013
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montage : mais qui a volé les 300 millions de yen ?

⊆ septembre 21st, 2013 | ≡ Topic: Articles, Chroniques, Manga, Manga / Japanimation | | ˜ Pas de commentaires »

Montage-manga copieCette semaine, focus sur un titre entre polar et thriller : montage de Jun Watanabe, aux éditions Kana.

Ce titre classé dans la collection Big Kana s’inspire d’un fait réel du Japon : le vol de 300 millions de yen le 10 décembre 1968 qui reste la plus grande affaire non élucidée du pays. L’auteur, Jun Watanabe a débuté en 1989 et il est devenu illustrateur dans les années 90 pour des titres inédits chez nous (Emblem Take 2, Kibun wa Super Tough). Il est ensuite devenu un auteur à part entière en 2007 avec RRR, juste avant montage, débuté en 2010 dans les pages du Young Magazine (Akira, Higanjima, Chobits ou XXX Holic) de la Kodansha.

montage compte aujourd’hui 12 volumes et il est toujours en cours. En France les deux premiers tomes sont sortis simultanément cette semaine, le 20 septembre plus précisément.

Voilà pour les présentations, mais tout ceci ne nous dit pas QUI a volé le butin n’est-ce pas ? En route pour l’enquête et la critique, bonne lecture 😉

« Ne fais confiance à personne »

2004, ville de Nagasaki. Yamato Narumi a 10 ans et ne s’attendait pas à trouver un homme agonisant dans une ruelle, sur le retour de l’école. Juste avant de disparaître, cet ancien inspecteur de Tokyô va révéler au bambin que son père, Tetsuya, est l’auteur du vol des 300 millions de yen. Malheureusement Yamato ne pourra jamais demander des explications à l’intéressé car il disparait le soir même. Quelques jours plus tard on retrouve un corps sans vie, boursoufflé et méconnaissable, dans la baie de Tokyo. Il est identifié comme Tetsuya Narumi. Sans mère, Yamato est désormais seul et sans réponse.

6 ans plus tard, il vit désormais chez la famille Odagiri, dont le père Takeo est un grand kendoka et ancien disciple de Tetsuya. Leur fille Miku est aussi la meilleure amie de notre orphelin et elle a assisté avec lui aux révélations du vieil inspecteur mourant, dans cette ruelle sordide. Tout deux se souviennent du dernier conseil de cet homme : « ne fais confiance à personne ». Elle espère que tout ça appartient au passé mais il semble que la roue du destin en ait décidé autrement…

montage-watanabe-jun

Miku et Yamato sont progressivement entrainés dans une spirale infernale ou leurs proches disparaissent les uns après les autres, où leur vie est menacée et où ils sont accusés, à tort, de crimes par des forces de police aux intentions… douteuses.

La seule façon de s’en sortir est de tirer tout ça au clair, de résoudre l’affaire des 300 millions de yen et de surtout – SURTOUT  – ne faire confiance à personne !

L’affaire des 300 millions de yen…

photo montage du criminelLe 10 décembre 1968, un véhicule de transport de fonds de l’agence de Kokubunji transporte les primes des employés de Tokyo Shibaura Denki. La somme est de 300 millions de yen. Un homme habillé en policier arrive à moto et hurle aux agents que leur véhicule est piégé et qu’il risque d’exploser. L’homme inspecte alors le dessous du véhicule et une grosse fumée s’échappe de sous la voiture. Les agents entendent le policier qui crie : « ça va exploser !!! ». Ils s’éloignent alors rapidement.

Le policier monte à bord du véhicule… Et s’enfuit avec le butin.

Onze jours plus tard on publie dans la presse un portrait robot de ce faux policier et des sommes colossales sont dépensées pour mettre la main sur le voleur. Mais en vain. Le 10 décembre 1975, 7 ans après les faits, ce vol tombe sous le coup de la prescription. L’affaire est abandonnée et demeure à ce jour la plus grande affaire criminelle irrésolue du Japon.

Le 10 décembre 1968 naissait également un certain Jun Watanabe qui, 42 ans plus tard, est devenu le mangaka qui nous raconte cette histoire…

Un thriller addictif !

montagemontage est donc l’histoire d’une enquête sur cette affaire auréolée de mystère, qui pointe d’emblée le responsable du braquage : c’est le père du héros qui a fait le coup ! Mais rien n’est aussi simple et aucune vérité n’est absolue… C’est tout le contraire.

Avant que son père ne disparaisse, Yamato Narumi est élevé par un homme calme et souriant, un maître reconnu de kendo qui mène une vie des plus normales, sans richesse particulière. Et du jour où l’enfant de 10 ans croise cet ancien inspecteur, tout se détraque une première fois : son père qui n’était pas un amateur de pèche est soi-disant retrouvé mort suite à un accident de bateau dans la baie de Tokyo. Mais le plus troublant est à venir… Dans le costume de kendoka légué par son père, Yamato met la main, 6 ans plus tard, sur un des billets numérotés du fameux braquage.

Jun Watanabe enclenche alors les rouages d’une virée en enfer pour Yamato et Kumi : leurs proches disparaissent, on les accuse des faits et dès qu’ils s’embarquent sur la piste du fameux butin, certains policiers vont se montrer de plus en plus collants, et rapidement très dangereux !

Tous les ingrédients sont donc présents pour entamer une course-poursuite en quête de vérité, sur un chemin sera parsemé de mensonges de faux semblants. Avec la prescription, celui qui met la main sur le jackpot le gagne sans crainte de conséquence ! Tout le monde est donc suspect, amis comme ennemis et seule l’intelligence hors-norme de Yamato lui permet d’échafauder des plans pour le tirer d’affaire, puis d’avancer dans ce dédale que son père lui a laissé en héritage.

montage-YamatoLa narration menée tambour battant est interprété par des protagonistes parfaitement castés et croqués, à la hauteur d’acteur de cinéma (avec un petit air du film Le Fugitif, le grand classique du genre avec Harisson Ford). Yumi est la jeune fille honnête mais émotive, qui a du mal à supporter la tension et la folie de cette traque, l’inspecteur Sekiguchi est un policier inquiétant et sans scrupule avec une pointe de folie qui vous colle des sueurs froides, monsieur Taisei est une aide précieuse mais sent le double jeu à plein nez… Yamato, lui, est un héros intelligent, calculateur et hyper méfiant qui comprend rapidement qu’il lui faut sortir du système, inefficace et corrompu, s’il veut atteindre son but.

Tout le monde est en place au sein de cette mise en scène réaliste qui entraine le lecteur en quelques pages. Le coup de crayon suit cette même logique avec un chara-design classique et solide qui favorise l’introspection des personnages mais aussi leur colère, leur surprise et toutes formes de tensions qui peuvent jaillir lors des rebondissements.

Ces deux premiers tomes de montage sont donc de très bonnes facture et devraient vous plonger dans une lecture rapidement addictive. Difficile de savoir si le rythme effréné des 2 premiers tomes peut perdurer sur douze et plus mais une chose est sure : on attend déjà la suite avec impatience, le 6 décembre prochain !

Fiche descriptive

montage-1-kanaTitre : montage
Auteur : Jun Watanabe
Date de parution du dernier tome : 20 septembre 2013
Éditeurs fr/jp : Kana / Kodansha
Nombre de pages : 208 n&b
Prix de vente : 7.45 €
Nombre de volumes : 2/12 (en cours)

Visuels MONTAGE © Jun Watanabe / KODANSHA Ltd.


septembre 21st, 2013
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Vertical : la montagne, le plus beau cimetière du monde…

⊆ septembre 10th, 2013 | ≡ Topic: Articles, Chroniques, Manga, Manga / Japanimation | | ˜ 2 Commentaires »

Vertical

Le problème avec la rentrée c’est qu’avec toutes ces sorties, on risque toujours de rater un bon titre. Justement, parmi les nombreuses séries qui débute en ce moment vous avez peut-être manqué Vertical de Shinichi Ishizuka, publié par les éditions Glénat. C’eut été dommage, d’autant que le titre est bon et traite d’un sujet pas si fréquent : l’alpinisme.

Sous la plume d’un mangaka également alpiniste à ses heures, ce seinen décrit le quotidien d’une équipe de secouriste de haute montagne. Il a été publié sous le nom de Gaku – Minna no Yama de 2003 à 2012 dans le Big Comic Original de la Shôgakukan, le fameux magazine où sont passés plusieurs succès de Naoki Urasawa, Monster et Pluto entre autres. Vertical s’est achevé en juin dernier au Japon, après 18 tomes et environ 5 millions d’exemplaires vendus. Il a également remporté le tout premier prix Manga Taishô (cf photo ci-dessous) en 2008, dont les élus sont très convoités par les éditeurs français et qui a récompensé Chihayafuru, Thermae Romae et Silver Spoon pour ne citer qu’eux.

Ishizuka aux Taisho Awards

Regardons maintenant de plus près ce titre, pour voir s’il mérite son pedigree !

Sanpo Shimazaki, un alpiniste qui vous veut du bien…

Lorsque Kumi Shiina, jeune policière de Nagano, est mutée en haute montagne, elle se demande bien ce qu’il l’attend. Il faut bien avouer que le secours en montagne, ça ne s’improvise pas vraiment : il se passe souvent plusieurs jours avant d’être informé d’un drame ou d’une disparition et les conditions d’accès pour le sauvetage sont parmi les plus difficiles qui existent !

Heureusement, Shiina et sa nouvelle équipe peuvent toujours compter sur Sanpo Shimazaki, un secouriste bénévole qui a parcouru tous les monts du globe en solitaire et qui est revenu sur sa terre natale, les Alpes japonaises, pour vivre en solitaire, en haute altitude. Il a conquis les plus hauts sommets et connait parfaitement les techniques d’alpinisme lui permettant de partir à la rescousse des accidentés les plus inaccessibles.

Gaku_1 copie

Si Sanpo admire la beauté de ces montagnes blanches, il n’en occulte pas un seul instant les tragédies qu’elles renferment et multiplient aussi bien les gestes de préventions que les expéditions de recherche et de sauvetage. Que l’histoire se termine bien ou qu’elle s’achève face à des corps sans vie, notre homme ne renonce jamais, dans le respect des victimes, de la montagne, et de leur passion commune pour l’alpinisme !

Le plus beau cimetière du monde…

Gaku_2 copieComme je le disais plus haut, l’alpinisme et la haute montagne ne sont pas des sujets si répandus dans le manga, en tout cas chez ceux qui sont publiés dans l’hexagone. Depuis quelques années on peut même dire que l’excellent Ascension de Shin’Ichi Sakamoto truste un peu seul cette catégorie, pourtant si propice à des histoires fortes, au dépassement de soi et à des rebondissements tragiques. De part sa nature d’archipel volcanique et fortement montagneux, les montagnes japonaises (qui occupent 63% du territoire tout de même) bercent sa population d’histoires et d’aventures. De nombreux enfants ont passé leur enfance à contempler d’inaccessible cônes blancs, tout comme notre héros Sanpo Shimazaki, qui gravit des sommets depuis l’âge de ses 10 ans.

Après avoir parcouru le monde et les pics les plus dangereux de la planète, l’homme est de retour dans les Alpes japonaises, le plus important massif nippon (92 des 100 plus hautes montagnes du pays). Original, il a décidé de faire de cette sierra sa maison, et il vit dorénavant au beau milieu des rochers, de la neige et du vide. Shinichi Ishizuka nous présente un homme dans la trentaine souriant et sympathique, mais jamais désinvolte : c’est un observateur éclairé de la montagne, d’une vigilance constante. Après de nombreuses années à parcourir les places les plus élevées de la planète, il a compris qu’on gagne toujours à se montrer humble devant la nature, à rester à son écoute.

Devenu sauveteur, il cherche aussi bien à secourir les malchanceux qu’à mettre en garde les imprudents, sans pour autant les blâmer lorsqu’il n’en font qu’à leur tête… car il sait combien les monts majestueux peuvent exalter ceux qui désirent les défier. La pureté de ces lieux fait parfois oublier qu’ils ne sont pas sans danger, bien au contraire. Avalanches, crevasses, tempêtes de neige, falaises abruptes et corniches instables sont sans pitié et ce récit nous le rappelle sans cesse : Vertical n’a rien d’un manga joyeux qui vous parle de vacances à la montagne… Vraiment pas. Beaucoup d’accidentés s’en sortent mais les missions de Sanpo ont quelques conclusions funestes : un accidenté gravement blessé peut facilement mourir lors de son sauvetage, et il faut savoir abandonner un disparu à une mort certaine pour être sur d’en ramener deux autres à bon port.

Au milieu de tous les dangers Sanpo a la lourde responsabilité des blessés qu’ils transportent et, même lorsqu’il est trop tard, il tente toujours de respecter la volonté du défunt. De la même façon, il doit aussi gérer les émotions extrêmes qu’il rencontre, comme la colère d’un proche de la victime, fou de douleur, ou encore l’entêtement d’un alpiniste à ne pas suivre ses consignes, à vouloir rester sur les lieux d’une avalanche pour rechercher un compagnon. Avec calme, fermeté et ce qu’il faut de sourire pour redonner espoir, il ramène les égarés chez eux.

La montagne, l’altruiste et la morale de l’histoire…

Le talent de Shinichi Ishizuka est de placer un personnage fondamentalement altruiste au centre de son récit sans tomber dans l’excès de bons sentiments ou la redondance d’une morale sur les “vilains-alpinistes-qui-ne-savent-pas-respecter-la-montagne“. Quelque soit la situation Sanpo est là pour sauver sans poser de question, sans n’émettre aucun jugement…

Sanpo

Par contre le lecteur aura droit, lui, au background des accidents, à quelques flashbacks sur la vie des blessés. Coincés dans des endroits toujours plus escarpés, les victimes ont tout le temps de réfléchir face au vide et aux jours qui s’écoulent sans que personne ne vienne à leur secours. Remords ou regrets les envahissent alors et on partage avec eux cette expérience entre le désespoir et l’attente d’un secours… ou de la mort.

Ces tranches de vie se révèlent assez prenantes et l’éternelle bonne humeur de Sanpo n’est finalement pas de trop. D’autant qu’il n’est pas l’unique personnage de cette histoire : on y rencontre Shiina, la débutante qui est un bon prétexte pour apprendre au lecteur les dangers de la montagne, les phénomènes climatiques, physiques et dynamiques qui lui sont propres. Shiina découvre aussi, avec nous, le métier de sauveteur de haute montagne, sa difficulté et son manque de reconaissance du grand public.

Gaku-14-shogakukan Gaku-Minna-no-Yama-16

En dehors des collègues sauveteurs de Sanpo, on rencontre aussi les amis qu’il a pu se faire à travers le monde en gravissant les sommets. Ces alpinistes chevronnés l’accompagnent aussi bien pour le plaisir que pour le sauvetage, et possèdent eux-aussi une personnalité bien taillée. Et même au sein de ce bloc d’amis et d’experts, Sanpo doit, au fil des années, dire adieu à certains d’entre-eux, définitivement englouti par les rocheuses et la neige…

Tout ceci fait donc de Vertical un manga original, qui parvient à alterner les sauvetages à suspens et des réflexions sur la façon dont nous décidons de mener nos vies et de gravir, par métaphore ou non, nos propres sommets. Un titre beaucoup plus prenant qu’il en a l’air, on vous le conseille !

Fiche descriptive

Vertical tome 1Titre : Vertical
Auteur : Shinichi ISHIZUKA
Date de parution du dernier tome : 28 août 2013
Éditeurs fr/jp : Glénat / SHOGAKUKAN
Nombre de pages : 224 n&b
Prix de vente : 7.60 €
Nombre de volumes : 1/18 (terminé)

Gaku © 2005 Shinichi ISHIZUKA / SHOGAKUKAN

Le manga a aussi connu une adaptation en film en 2011 sous le nom de Gaku, et voici le trailer :


septembre 10th, 2013
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