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Prisonnier Riku : un shônen plus que bienvenu !

Prisonier Riku © 2011 by Shinobu Seguchi (AKITASHOTEN, Japan)

Un an après le début de leur aventure solo, il est désormais évident que les éditions Akata font des excellents choix de licence : Orange, Daisy ou Magical Girl of the End ont marqué l’année 2014 de leur empreinte et il ne manquait qu’un shônen au catalogue de l’éditeur limousin pour compléter le tableau. C’est chose faite depuis novembre dernier, avec Prisonnier Riku.

Clin d’œil du destin, en cette semaine noire d’une tristesse et d’une absurdité infinie, c’est mercredi, justement, que sortait le 4e tome de cette série dont le héros cherche à survivre, à refuser les injustices et, sans forcément le chercher, à apporter de l’espoir dans un monde pourri. Il m’a donc semblé évident de mettre en avant ce manga de Shinobu Seguchi qui présente l’aventure d’un jeune garçon accusé à tort du meurtre de l’adulte qui viellait sur lui, puis envoyé en prison pour 30 ans ferme.

Au Japon, ce titre est publié sous le nom de Shûjin Riku depuis 2011 dans les pages du Weekly Shônen Champion de l’éditeur japonais Akita Shoten. Il compte actuellement 20 volumes, est toujours en cours, et sort à un rythme de un volume par mois en France. Inconnu en France, Shinobu Seguchi, né le 27 décembre 1970, grand lecteur de BD franco-belge, a déjà signé une série en 6 volumes, Tatami no Hanamachi qui a d’ailleurs eu le droit à une réédition récente au Japon suite au succès de Riku. Le mangaka a aussi été assistant de King Gonta et a même travaillé, sous un autre pseudo, sur Ninja Busuke pour la Kodansha.

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© 2011 by Shinobu Seguchi (AKITASHOTEN, Japan)

Voilà pour les présentations… En route pour la critique, bonne lecture !

 « Je survivrai ! »

prisonnier_riku © 2011 by Shinobu Seguchi (AKITASHOTEN, Japan)

Prisonnier Riku © 2011 by Shinobu Seguchi (AKITASHOTEN, Japan)

Dans un futur proche, la chute d’une météorite sur Tokyo coupe la ville en deux : les riches sont désormais en périphérie et c’est le bidonville, sous une cloche de verre, qui occupe le centre de la mégalopole. C’est dans ces quartiers pauvres que vit, au jour le jour, le jeune Riku. Casse-cou et buté comme un âne, ce jeune orphelin doit subsister au milieu des crimes, des trafics et de la corruption omniprésente. Malgré cet environnement, le modèle de Riku est un policier, son papy comme il l’appelle, qui veille sur lui et avec qui il partage des valeurs de justice et d’entre-aide, avec toujours une main tendue vers les plus fragiles.

Malheureusement la droiture de ce policier lui a attiré des ennuis et Riku va assister, impuissant, au meurtre tragique de cet homme par un fonctionnaire aussi véreux et cruel que haut placé. Du haut de ses 13 ans Riku parvient tout de même à blesser le meurtrier, mais c’est un sort pire que la mort qui l’attend en représailles : 30 ans de prison ferme dans le pénitencier de haute sécurité de l’île du paradis.

Clamant haut et fort son innocence, Riku s’est juré de s’évader et de se venger de l’homme qui l’a fait enfermer ! Mais avant ça il va falloir survivre, et cela s’annonce difficile dans ce lieu où la seule règle est la loi du plus fort : les matons maltraitent, briment et brisent tout ceux qui leur résistent et, au sein des prisonniers, des gangs sont dirigés par des chefs terrifiants et impitoyables. Comment Riku, avec ses petits poings de gamin de 13 ans, parviendra-t-il à tenir le coup ? Un moral d’acier et des convictions inébranlables peuvent-ils suffire dans cet enfer… L’espoir est-il permis ?

Furyô-sement shônen ?

Riku tome 20 Prisonnier Riku © 2011 by Shinobu Seguchi (AKITASHOTEN, Japan)

Riku tome 20 Japon

Comme le laisse présager la prépublication dans le Weekly Shônen Champion, qui édite Saint Seiya Lost Canvas, Baki et d’autres, Prisonnier Riku appartient bien à la catégorie phare du manga : on suit la vie de Riku Kurita, adolescent et orphelin vivant dans un bidonville. Livré à lui-même, il a survécu tout en étant attaché à la justice et au partage, quelques soient les difficultés qu’il rencontre. Malheureusement, son destin est de perdre l’homme qui l’a encouragé et éduqué dans cette voie, tué devant ses yeux par une incarnation du mal. Si ça ce n’est pas un héros et un destin de shônen !

Seulement voilà, de nombreux ingrédients de nature sociale et ancrée dans la réalité entourent et transforment cette histoire, poussant à la réflexion et attisant l’intérêt des regards plus matures. Si le meurtre cité plus haut est bien l’injustice et le drame classique de ce type de sagas, notre héros ne va pas chercher un ami elfe et une compagne magicienne pour aller remettre le démon Zorg dans les geôles de l’enfer. Non, notre héros va en prison, pour longtemps, et c’est le milieu carcéral qui sera le terrain de son « aventure ».

Même la loi du plus fort, autre élément clé du shônen, est amenée vers d’autres horizons : ceux de l’injustice sociale avec un Némésis qui n’est autre que le garant de l’autorité policière : Monsieur le Préfet. Les matons de la prison sont eux aussi des tortionnaires, sadiques et arrivistes. Des éléments qui rappellent le seinen de Masasumi Kakizaki et  George Abe, Rainbow. Le système de bloc de cette prison et la forte notion de territoire qui accouche des clans – et donc des chefs de clan- nous emmènent eux vers le genre furyô, plutôt enclin à délivrer des mangas entre shônen et seinen (Racailles Blues, Rookies, Bakuon Retto,…). On pourrait aussi citer des contre exemples shônen – je pense notamment à la volonté inébranlable d’un Ippo face à la douleur physique – mais c’est bien dans un contexte métissé et novateur, en tout cas pour le lectorat français, que l’on découvre ce nouveau manga.

La violence des combats, enfin, termine d’achever le tableau plutôt adulte de la situation : dans une prison on brise les os et les mâchoires, on marche sur la tête des hommes à terre, on crève les yeux, on torture psychologiquement les fortes têtes. Prisonnier Riku mérite donc bien son étiquette de shônen réaliste et social, avec un parcours initiatique bourré d’action et de bastons de rues, ensanglantés et défigurantes mais aussi pleines à craquer de valeurs… Et d’idéaux.

Prisonnier Riku © 2011 by Shinobu Seguchi (AKITASHOTEN, Japan)

La force des convictions

Comme dans tout bon shônen, les premiers antagonistes et premiers ennemis de notre jeune héros sont violents et sans pitié, mais possèdent une histoire qui les a poussés vers le coté obscur malgré eux. Face à la conviction inébranlable de Riku, qui n’a aucun super pouvoir, aucune arme et s’en prend plein la tête parce qu’il ne sait pas se taire (ça vous rappellera forcément quelqu’un ça), on constate que les compagnons de cellule puis les chefs de gang sont perturbés et transformés. Ils passent par la colère, par le doute, par le souvenir de leurs anciennes convictions et de leur ancienne vie, puis enfin par le respect… teinté d’un peu d’admiration.

Prisonnier Riku

Aussi différents les uns des autres, par leur background et dans leur caractère, c’est toute une panoplie de destins, de sentiments et de valeurs conflictuels que l’on observe : confiance et méfiance, vengeance et pardon, honneur et lâcheté, courage et peur, trahison et loyauté… Dans sa mise en scène Shinobu Seguchi utilise ses protagonistes pour personnifier ces facettes de l’âme humaine puis les confronter dans la violence, en utilisant les poings et la douleur comme langage, pour les pousser à bout, les mettre à genoux, leur purger le cerveau de toute leur noirceur et laisser de la place pour un peu de lumière.

Prisonnier Riku reste un shônen et donc une fable et une fiction exaltée, bien entendu, mais il s’avère aussi original dans son univers qu’enthousiasmant dans son propos… et fait de son personnage principal, Riku, un héros plus que bienvenu.

Fiche descriptive


Prisonnier-Riku-1-akataTitre :
Prisonnier Riku / Shûjin Riku
Auteur : Shinobu Seguchi
Date de parution du dernier tome : 27 novembre 2014
Éditeurs fr/jp : Akata / Akita Shoten
Nombre de pages : 192 n&b
Prix de vente : 6.95 €
Nombre de volumes : 4/20 (en cours)

Visuels : © 2011 by Shinobu Seguchi (AKITASHOTEN, Japan)

Preview disponible sur le site de l’éditeur. Vous avez aussi à votre disposition des fonds d’écran.

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