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Radiant, le shônen qui fait changer d’avis sur les mangas français ?

Radiant

Oui, je pourrais résumer la chose ainsi car, globalement, je n’ai jamais accroché aux mangas français. Ça ne retire en rien la qualité de certains, la passion de leur auteur que j’ai souvent pris plaisir à rencontrer… Ce n’est d’ailleurs pas un papier où je veut dire du mal de ces derniers – ne vous y trompez pas – c’est juste que je ne suis pas le public de Dreamland, de City Hall et d’autres. Après j’aime certaines BD où l’on trouve des influences nippones mais ce sont des BD, comme Maliki par exemple, et donc le débat est ailleurs. De la même façon je n’aime pas les œuvres de Taniguchi car je n’ai pas l’impression d’avoir un manga entre les mains. C’est juste une question de goût. Fin du préambule.

Et donc, il y a peu, j’ai découvert une exception à cette règle : Radiant, de Tony Valente, publié chez Ankama et dont le second tome vient de sortir cette semaine. Le premier opus remonte à quelques mois, Japan Expo 2013 pour être précis. Le tome 1 m’avait bien plu, j’ai pu réaliser une interview très sympathique avec son auteur – elle arrive sur JDJ la semaine prochaine – et j’attendais le second volume pour statuer. Et hier soir, boum, coup de cœur et enthousiasme quasi-immédiat. Et puis des fous rires, beauuuuucoup de fous rires.

Radiant Tome 1  Radiant tome 2

Je me devais donc de vous raconter tout ça. En route pour l’aventure !

Je veux détruire le berceau des Némésis !

Seth est un jeune sorcier en apprentissage, habitant la région des Pompo Hills. Impulsif, fonceur, cet apprenti est un nid à problème pour Alma, sorcière confirmée et indépendante qui en a la charge. Seth essaye de combattre les Némésis, ces créatures tombées du ciel qui contaminent ou déciment tous ceux qu’elles touchent. En fait, comme tous les sorciers, Seth est un “infecté”, c’est à dire l’un des rares êtres à survivre au contact des Némésis, et il veut régler son compte à ses créatures démoniaques qui tuent et mettent en danger des populations entières. Et qui ont ruiné sa vie, accessoirement.

En son for intérieur Seth souhaite aussi sortir de l’exclusion dont il est victime depuis qu’il a été infecté, depuis que cette maladie l’a mis au même rang que les Némésis. Il en a plus qu’assez d’être montré du doigt et accusé de tout et de rien par ceux qui l’entourent ou d’être chassé par la terrible inquisition. De plus, avec son impulsivité de gentil bourrin, il fait souvent autant de mal que de bien et il facilite le travail des gens qui veulent le cataloguer comme une menace. Il ne reste plus qu’une solution pour Seth : partir à la recherche du Radiant, le berceau présumé des Némésis, et mettre fin à cette injustice !

Radiant

Des influences nippones extrêmement bien digérées…

A la lecture de Radiant, pour peu qu’on soit amateur de shônen, on est rapidement encerclé par les influences multiples que l’on croise. Puis positivement surpris de voir avec quelle réussite elles s’imbriquent. On retrouve l’encrage très noir d’un Blue Exorcist, un héros isolé des autres par son pouvoir comme Naruto, de la magie et de la fantaisie qui m’évoque Fly / Dragon Quest, des personnages inspirés par Dragon Ball, One Piece ou Bleach, un dynamisme qui rappelle du Yuko Osada (Run Day Burst) ou un chara-design influencé par Yusuke Morata (Eye Shield 21). On peut y trouver aussi un peu de Lanfeust comme référence franco-belge et des inspirations qui viennent surement du jeu vidéo mais le tout donne un univers indéniablement nippon et immerge le lecteur dans une ambiance très appréciable. On s’y sent comme à la maison.

Radiant parvient à retranscrire le charme indéfinissable des shônens des années 80 – 90, à redonner foi en des personnages là où pas mal de titres actuels cherchent plutôt à nous faire douter de tout le monde, à mettre en avant la noirceur des êtres humains et leur individualisme. Non, ce n’était pas mieux avant, mais l’enthousiasme et le charme des titres de cette époque est une denrée rare actuellement, c’est tout.

On retrouve un héros jeune, naif, un peu couillon et bourrin mais qui possède assez de caractère et de force de conviction pour soulever des montagnes. On se surprend à lui laisser les clefs de notre lecture, sans lui reprocher d’être un héros standard avec une quête simpliste et basique. On la connait bien cette quête de la tolérance et de l’acceptation, elle accompagne notre parcours de shônenophile depuis toujours, mais on s’y replonge avec plaisir. Sans doute parce qu’elle est assumée par l’auteur, qui ne cherche pas à nous la faire à l’envers, qui veut proposer au lecteur les mêmes émotions et le même enthousiasme que lui ont procuré les mangas qu’il a dévoré. Une des choses qui m’a toujours titillé dans le “manga français” c’est cette volonté d’incorporer à la fois du français et du japonais dans un désir tout à fait louable d’innovation et de métissage, mais qui fait qu’on perd une partie de l’âme originelle. Radiant et son auteur ne cherche pas à révolutionner un genre, il lui rend hommage et son auteur tente avec une vraie humilité de nous proposer une œuvre qui se rapproche de ses grandes et palpitantes sagas.

radiant radiant_DB

Le risque est donc de se faire traiter de copieur. Ce n’est pas grave, s’il est comparé à ces grands héros du manga, Tony Valente le prendra comme un compliment de toute façon. Mais, fort heureusement pour lui, Radiant revisite des situations connues ET parvient à y incorporer quelques ingrédients qui en renouvelle la saveur, la remet au gout du jour peut-être, en utilisant la verve et les tics de ses personnages avec une grosse dose d’humour et un peu de sadisme…

Parce que, en plus, on se marre !

Je crois que c’est ça qui a créé le déclic qui m’a amené à cette article : l’humour et le sort que Tony Valente réserve à ses pauvres personnages. Les malédictions contractées par les sorciers sont l’occasion pour l’auteur de se faire plaisir sur des protagonistes de 3e ou 4e plan : des ailes de chauve-souris sur le haut du crane, uriner des glaçons, avoir des cheveux qui sentent le cassoulet, en voilà des destins peu enviables ! Les personnages plus en avant ont, eux aussi, droit à leur particularité : Mélie, sorcière traqueuse, voit son humeur passer de foncièrement gentille à insupportable (façon Lunch dans Dragon Ball mais sans l’éternuement) et elle est accompagné par une créature volante toute mignonne. Sauf que Monsieur Boobrie, la bestiole en question, est en réalité sadomasochiste et n’aime que la version odieuse de sa maîtresse. Quand à Doc, sorcier chercheur, il a des gros soucis de “vocabularisation” et se retrouve toujours dans des galères pas possibles, avec une tendance à s’évanouir ou à vomir quand le danger se montre trop…euh… dangereux !

Dans le volume 2 on découvre aussi quelques running gags qui font mouche comme ce bon père de famille qui s’emporte facilement et dont la femme lui verse un peu de thé pour qu’il se calme. Au début elle le verse bien dans une tasse ce thé… Mais au début seulement. Et pour dire un mot des bad guys il y a Konrad de Marbourg (très librement inspiré de ça), capitaine inquisiteur et chevalier colérique, d’un racisme crasseux mais dont l’orgueil lui joue toujours des tours et qui se retrouve souvent à crier des ordres contradictoires à ses soldats. Ce personnage m’offre l’occasion de toucher du doigt un petit “coté français” de Radiant dans certains tacles de Tony Valente, qui met dans la bouche du capitaine les termes basanés ou karchériser ou qui “rend hommage” au journalisme-cliché-anxiogène à travers une caricature de circonstance. Là encore on aime ou pas, mais c’est direct et assumé…

Mélie Radiant_Konrad

Bref, vous aurez compris que je suis conquis par ces deux premiers tomes qui parviennent à mixer de très nombreuses influences japonaises aussi bien old school que modernes – de Dragon Ball à Blue Exorcist en somme – et qui proposent un titre entrainant et bourré d’humour. Espérons que Radiant trouve son public pour ne pas s’achever au 3e tome, comme le stipule le deal avec Ankama en cas d’échec. Ce serait dommage, on tient vraiment un bon manga !

Fiche descriptive

Radiant Tome 1Titre : Radiant
Auteur : Tony Valente
Date de parution du dernier tome : 07 mars
Éditeurs fr/jp : Ankama
Nombre de pages : 184 n&b et couleur
Prix de vente : 7.95 €
Nombre de volumes : 2/3

Visuels :  Radiant / Tony Valente © Ankama Editions 2014

Vous pouvez suivre Tony Valente sur son blog, Kaméha, ou suivre l’actualité de Radiant sur Facebook. Pour ceux qui ont prévu d’y aller, sachez que Tony Valente sera présent pour des dédicaces au festival Polymanga du 18 au 21 avril à Montreux en Suisse.

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3 Commentaires pour “Radiant, le shônen qui fait changer d’avis sur les mangas français ?”

  1. walder a dit :

    Sublime travail de cet auteur. Etant dessinateur, je suis très impressionné par la qualité
    du dessin et de la narration. J’adore !!

  2. dixxie a dit :

    Une maison d’édition, plus connue pour éditer Tintin que des mangas, a pour projet d’adapter en bande dessinée une série populaire et romanesque française. Les auteurs retenus cogitent et reviennent vers elle avec l’idée… d’un manga. L’éditeur, Casterman, approuve et donne ainsi le jour à la première adaptation française en bande dessinée d’Angélique. La Marquise des Anges, tiré du roman à succès d’Anne Golon, récit historique dans la France du 17e siècle qui n’a d’ailleurs pas grand chose à voir avec les adaptations libidino-culcul faites au cinéma dans les années soixante.

  3. On a lu… des mangas – Top Shop a dit :

    […] > Résumé […]

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