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Dimension W : Ô joie, voici le retour d’Iwahara !

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Dans la liste des mangakas de ma génération, je suis de près le travail de Yuji Iwahara, l’auteur du Roi des ronces, de Nekoten, du monde de Misaki ou encore de l’oeil du loup que j’avais traité de manière succincte aux débuts du blog. Après quelques années sans parution en France, l’auteur signe son retour avec Dimension W, œuvre de science-fiction qui met en scène un duo, un chasseur de prime et une jeune androïde, au cœur d’une avancée scientifique pleine de mystère, les coils.

L’œuvre a débuté en 2011 au Japon dans les pages du bimensuel Young Gangan de l’éditeur Square Enix. Ce magazine publie ou a publié de nombreux succès de l’éditeur Ki-oon : Übel Blatt, Jusqu’à ce que la mort nous sépare, Jackals et les œuvres de Tetsuya Tsutsui pour ne citer qu’elles. Dimension W compte actuellement 5 volumes au Japon, au rythme de 2 tomes par an, et le premier est sorti chez nous le 13 février dernier, aux éditions Ki-oon justement. Ce tome 1 est actuellement à gagner sur le blog donc si la chronique vous plait, rendez-vous ici pour tenter votre chance !

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Voilà pour les informations de base, en route pour la découverte de cette nouveauté et de son mangaka !

Bienvenue dans la quatrième dimension…

Au 19e siècle le célèbre scientifique Nikola Tesla devient l’un des père fondateurs de l’électricité, au même titre que Thomas Edison. Le 20 mai 1891, Tesla envisage pour la première fois le concept d’énergie gratuite : « Dans quelques générations nos machines seront animées grâce à une énergie disponible en tout point de l’univers.[…] [En effet,] dans l’espace, il existe une forme d’énergie. Est-elle statique ou cinétique ? Si elle est statique, toutes nos recherches auront été vaines. Si elle est cinétique – et nous savons qu’elle l’est –, ce n’est qu’une question de temps, et l’humanité mettra en harmonie ses techniques énergétiques avec les grands rouages de la nature. »

En 2036, l’homme est enfin parvenu à exploiter cette nouvelle dimension où une nouvelle forme d’énergie semble circuler : la dimension W. Pour exploiter cette énergie inépuisable, l’homme a mis au point une technologie révolutionnaire, un dispositif à induction électromagnétique qui traverse les dimensions : le coil. Grâce à une soixantaine de tours érigées de par le monde, les coils reçoivent un apport continue d’énergie où qu’ils se trouvent sur le globe. Les anciens systèmes de production et d’acheminement de courant ou de combustible sont obsolètes… Le système global est né.

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Trente-six ans plus tard, cette manne est entre les mains de la toute puissante compagnie New Tesla. Bien entendu, un marché noir de coil s’est organisé et des versions illégales circulent. Pour mettre la main dessus, on fait appel à des récupérateurs. Dans la ville de Central 47 l’un des plus fameux se nomme Kyoma Mabuchi. Pour des raisons personnelles, camouflées derrière un lourd passé, Kyoma a une sainte-horreur des coils et de tout ce qui s’en rapproche. Il vit en ermite et fait figure de dinosaure avec une voiture qui roule encore à l’essence, un look de l’ère Edo et il se bat contre les trafiquants de coils à coup de grandes aiguilles. Mais son travail est efficace et il est un chasseur de primes reconnu.

Jusqu’au jour où, en enquêtant sur deux petites frappes des bas quartiers, il croise le chemin de Mira, une humanoïde dont le destin est lié aux coils et à leur créateur. Malgré son aversion pour ces derniers, il se retrouve avec cette jeune fille sur les bras, embarqués tout deux dans une aventure qui pourrait bien mener l’humanité à sa perte !

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Yuji Iwahara, vous connaissez ?

Yuji IwaharaCette homme, né dans une petite bourgade de la région d’Hokkaido, a réalisé des études d’art avant d’intégrer l’entreprise de jeux vidéo Hudson Soft, en tant que graphiste. Après 4 ans là bas, l’homme a envie de mener un projet de lui-même et de A à Z. Sa vie de mangaka débute alors en 1994 dans le magazine Afternoon de la Kodansha. Il y a gagne d’ailleurs plusieurs awards pendant ses deux premières années d’auteur. On retrouve une partie des récits courts de ses premières années dans le recueil l’oeil du loup : le serpent (1996), l’oeil du loup (1997), le siècle du fer (1998). Sa première véritable série, en 3 volumes, se nomme Koudelka et elle publiée entre 1999 et 2000 chez un autre éditeur, Kadokawa Shoten. Il s’agit d’une side-story issue d’un jeu vidéo éponyme, sur Playstation.

Il a désormais le pied à l’étrier et enchaîne une nouvelle histoire en trois volumes : le monde de Misaki, un récit fantastique sur une créature qui l’est tout autant, Nio, et une petite fille au passé mystérieux, Misaki. Cette série est arrivée chez nous chez Akata / Delcourt, mais à la fin des années 2000. En France, son premier manga publié est son œuvre suivante : Le Roi des ronces, une série futuriste et fantastique en 6 volumes qui connait un vrai succès critique mais qui peine à trouver son public en France, aux éditions Soleil. Ce sera d’ailleurs le cas de tous les mangas d’Iwahara, que ce soit Le monde de Misaki chez Delcourt ou Nekoten, la série qui succède au Roi des ronces en 2006 et qui arrive dans l’hexagone en 2008 chez Asuka / Kazé Manga. On notera que pour Nekoten, au Japon, le mangaka a encore changé d’éditeur et se retrouve chez Akita Shoten.

Pour la France, l’histoire de Yuji Iwahara s’est arrêté là en 2009 (si on excepte le film d’animation tiré du Roi des Ronces). Même si le coup de crayon du mangaka est remarquable, ses séries pour le jeune public ne parviennent pas à sortir du lot : les pitchs de départ sont sympathique, mais leur suite est parfois trop prévisible. Si on lit le Roi des ronces, on comprend que l’homme semble plus taillé pour le seinen. Ses thématiques autour du fantastique et de l’incapacité de l’homme à respecter la nature nécessitent sans doute un traitement plus adulte pour exprimer leur réel potentiel.

le-roi-des-ronces-tome-1Ensuite, Iwahara est aussi un touche à tout dans le domaine graphique comme Yusuke Kozaki – même si leurs styles sont complètement différents et ils sont tous les deux très forts dans la création de personnages charismatiques… Une âme de chara-designer, même si Iwahara a, en plus, un don prononcé pour les décors et la création d’univers fantastique ou alternatif. Ce talent d’Iwahara est d’ailleurs mis à contribution dans une série que vous connaissez sans doute : Darker Than Black. L’occasion pour le mangaka de changer ENCORE d’éditeur nippon : pour cette œuvre en 4 volumes qui se situe entre les saisons 1 et 2 de l’anime, il travaille pour Square Enix, (comme pour Dimension W, donc).

Il travaille sur cette adaptation, de son nom complet Darker Than Black – Shikkoku no Hana, de fin 2009 à 2011, et participe aussi au chara-design de Darker than Black: Kuro no Keiyakusha. C’est à partir de là qu’il se lance dans Dimension W comme je vous l’expliquais plus haut. Ah, j’oubliais, il a même travaillé avec Marvel, pour le projet de magazine destiné aux lecteurs de mangas US, Tsunami, à travers un un récit intitulé Quest.

L’homme a donc un parcours plutôt sinueux, entre les univers des jeux vidéo, les animes et les mangas, à travers des récits entre shônen et seinen, publiés chez de multiples éditeurs… Avec 20 ans de carrière à son actif cette année, Dimension W pourrait être “l’œuvre de la maturité“. Évitons de juger sur son seul premier volume mais tachons déjà de statuer, au moins, sur son potentiel…

The Bounty hunter, the android girl and the big coil company…

Comme tout bon chara-designer qui se respecte, Yuji Iwahara sait créer des personnages aux looks bien étudiés qui définissent d’emblée leur personnalité. Il exprime aussi un certain background quand c’est nécessaire, comme c’est le cas pour Kyoma : un vieux garçon, solitaire et un peu râleur sur les bords qui s’est enfermé dans son passé. Il refuse les coils et l’évolution technologique pour des raisons qui nous sont encore inconnues même si, visiblement, il y a une femme là dessous. En dehors de son coté taciturne, on retrouve chez ce chasseur de primes quelques points communs avec l’ultra-charismatique Spike de Cowboy Bebop.

Kyoma

D’ailleurs Yuji Iwahara partage avec le studio Bones et certains de ses cadres (Tensai Okamura, Toshihiro Kawamoto) des influences US communes, une certaine patte graphique avec des contours épais et un talent pour les protagonistes qui ont de la gueule. On retrouve aussi un mélange entre vintage – jazzy – old school d’un coté et une autre face technologique ou mystique, en avance sur l’homme et pourtant emprunte d’innocence. Dans Dimension W, cette modernité est incarnée par Mira, une robot-androide-humanoïde – on ne sait pas encore vraiment – dont le père n’est autre que l’inventeur du coil. Cachée des yeux de tous depuis sa création, la demoiselle ne connait rien du monde extérieur et n’est pas vraiment armée pour son destin, même si elle est sans doute ce qui se fait de plus avancée en matière de robotique.

Ce personnage est aussi le point central de l’intrigue, qui tourne autour de  l’assassinat de sa famille par une branche de la New Tesla compagnie. Une compagnie qui a des airs de Big Brother, de grand trust énergétique très opaque sur son fonctionnement, son histoire, son lobbying et sa manipulation des masses. Hasard ou clin d’œil, le mot coil rappelle le mot oil qui désigne le pétrole, un secteur tout puissant et qui travaille aussi beaucoup dans l’ombre.

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Au sein de cette histoire, qui se met doucement en place et qui tisse ses ramifications obscures, le duo Kyoma-Mira est un point central autour duquel gravite une galerie de protagonistes, tous très bien campés : Mary, la patronne de Kyoma qui gère tous les chasseurs de primes de la ville avec ses allures de mama toute puissante, Albert, le beau-gosse bien propre sur lui qui travaille à la New Tesla company mais qui a le profil d’un arriviste peu scrupuleux et enfin, pour n’en citer que 3, le célèbre Loser, un voleur superstar qui donne à Dimension W son coté Edgar le cambrioleur… même si l’homme a plus le look d’un Iron Man en soirée de gala. L’influence des comics et du cinéma hollywoodien sur Iwara n’est plus à démontrer mais, à travers ce personnage il est assez criant (cf planche ci-dessous). D’autres personnages secondaires complètent la galerie et possèdent tous leur part de mystère pour le moment. Pour en apprendre plus sur eux et leur intentions, il faudra encore un peu attendre, car il parait que l’histoire prend toute son ampleur au tome 3.

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Sachez, enfin, que ce tome 1 s’avère d’excellente facture : superbe couverture en relief et phosphorescente mais surtout des pages couleurs au début et en plein milieu de l’œuvre, tout ça pour bon rapport qualité prix (208 pages, 7.90 euros).

A travers ce premier volume, Yuji Iwahara présente son univers et ses personnages dans un ensemble cohérent, dans une mise en scène sans temps mort notable. Tout ceci n’est pour l’instant que la face émergée de l’iceberg mais on a hâte de plonger plus profondément dans cette histoire pour en déceler la véritable ampleur et suivre des héros déjà séduisants. Bref, vivement le tome 2, prévu pour le 10 avril prochain !

Fiche descriptive

DimensionW_1Titre : Dimension W
Auteur : Yuji Iwahara
Date de parution du dernier tome : 13 février
Éditeurs fr/jp : Ki-oon / Square Enix
Nombre de pages : 208 n&b et couleur
Prix de vente : 7.90 €
Nombre de volumes : 1/5

Visuels : © Yuji Iwahara / SQUARE ENIX CO., LTD.

Pour en savoir plus sur Yuji Iwahara, vous avez le choix : une interview qui date un peu (2006) et qui tourne autour du Roi des Ronces essentiellement, ou un dossier plus récent de Manga News autour de l’œuvre du mangaka, il y a quelques pistes d’analyses intéressantes.

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Un commentaire pour “Dimension W : Ô joie, voici le retour d’Iwahara !”

  1. [Concours] : profitez de vos vacances pour gagner du Ki-oon ! - Journaldujapon a dit :

    […] Le 28 mars remportez le premier tome  de Dimension W,  l’un des succès 2014 du talentueux Yuji IWAHARA, plébiscité par notre partenaire Paoru.fr […]

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