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Asian sounds : initiation rafraichissante à la musique indie asiatique

Asian soundsAlors que je cherchais ce weekend un nouveau sujet de post pour ce blog l’ami Dimitri de Kochipan est arrivé à point nommé avec Asian sounds volume 1, une compilation de 18 morceaux de groupes indies asiatiques et issue d’une collaboration entre Kochipan et Social Alienation. Elle est proposée sous forme digitale, disponible gratuitement et en auto-financement sur la plate-forme bandcamp.

Dimitri travaille depuis des années à la promotion des artistes indépendants nippons et asiatiques et il est à l’origine de découvertes musicales plus qu’intéressantes, comme ce fut le cas pour Tsubasa, par ricochet sur Gaijin Sentai et encore d’autres, prochainement, comme Anam Kawashima.

Asians Sounds est un album sous forme de compilation : 18 morceaux et 18 groupes différents, de plusieurs nationalités : 8 viennent du Japon, dont un mix franco-japonais, 5 de Taiwan, 2 de Hong-Kong, 2 de Macao et 1 de Singapour, l’occasion de découvrir des nouveaux artistes nippons mais aussi de nouveaux pays, par leur musique.

Une expérience des plus rafraichissante qui mélange tous les styles de musique : rock, metal melodique, folk, électro, instrumental… Le tout dans une bonne ambiance – entre moments de douceur et morceaux plus dynamiques et entrainants – qui donne envie de partir vers de nouveaux horizons, ceux de cette musique indie asiatique, plus que jamais ouverte au monde.

Autant de raisons de vous parler de cet album par une review à chaud puis d’en savoir plus par la bouche son so-créateur, le fameux Dimitri, qui a accepté de répondre à quelques unes de nos questions. Pour profiter au mieux de l’interview je ne peux que vous conseiller de lancer l’album dans le player ci-dessous, et de vous laisser porter par la musique et les mots !

Initiation à l’indie asiat, en 18 épisodes

A l’heure où j’écris ces lignes j’écoute moi-même l’album, pour la première fois. Alors que le 18e et dernier morceau vient de débuter, évoquons les morceaux les plus plaisants d’Asian Sounds. Comme toute bonne compilation, elle regroupe des morceaux très différents qui plairont donc à une audience assez large, chacun y trouvant son petit bonheur. Dans le lot, j’ai retenu une dizaine de titres, regroupés ci-dessous. Vous y trouverez le nom du groupe, de la chanson et de la piste, puis la présentation officielle, mes impressions à chaud puis un ou quelques liens pour en savoir plus sur le groupe :

  • Deux DouxPalala (1) : Ce duo réuni une chanteuse française, Angélique Talhouarne et un artiste japonais, Ayumu Haitani, notamment connu pour sa participation au groupe 4 Bonjour’s parties. Un premier morceau surprenant, surtout avec une chanteuse française qui débute un album de musique asiatique. Mais une fois la surprise passée, on apprécie ce petit bout de folk. Liens : leur page Facebook et leurs morceaux sur leur soundcloud.
  • Little Fat PigLittle Fat Pig I Love Hong Kong (3) : Little Fat Pig se décrit comme une formation « Pork Rock ». Ayant changé certains de ses membres depuis ses débuts, c’est la chanteuse Kasa qui se retrouve aujourd’hui mise en avant. Marrant ce morceau, comme on en entend souvent au Japon. Speed et bondissant, avec une chanteuse à la voie aiguë et nasillarde comme il faut, sur une bonne compo et des riffs de guitare sympathiques. Marrant quoi. Liens : leur page Facebook et l’interview du groupe sur Kochipan.
  • The Tic TacEmber Spark (6) : The Tic Tac est une formation emmenée par le guitariste et chanteur Chad Hsu. Catégorisé rock, il souhaite puiser dans les différents mouvements musicaux contemporains. Un morceau qui commence sous des airs de Beatles, avec des chœurs chantant en anglais et en fond une mélodie simple mélangeant entre autre une clochette, un piano et une batterie. On se surprend à chantonner et à dodeliner de la tête sur ce morceau. Très agréable. Liens : leur page Facebook et leur site.
  • Laufen12:00 AM (8) : Cuka et Katsu forment ce groupe venu d’Hokkaido qui se caractérise par des compositions pop/rock propres à une invitation musicale pour tout type de public. Mon groupe coup de cœur de l’album, grâce à une composition aérienne interprétée par de bons musiciens et portée par un chant très agréable. Le morceau est rock, entrainant, entêtant… Je vous le conseille vivement ! Liens : leur page You Tube et leur site.
  • Ricing starRicingstarHappy Song (9) : Emily est au cœur de cette formation pop-rock qui depuis 3 ans met le feu sur l’île de Taïwan. Un morceau qui porte bien son nom, dont l’énergie et la mélodie rock-folk me fait un peu penser à Superfly, même si le chant sont assez différents. Liens : leur page Facebook et leurs morceaux sur leur You Tube.
  • Sore KaraNiwaka Ame (10) : Influencé par la brit-pop Sore Kara souhaite mettre en avant un esprit mélodique faisant la part belle à l’esprit rock. Un morceau enflammé, avec les tripes, qui vous emmène comme savent le faire les bonnes balades rock. A écouter chez soi pour rêver d’ailleurs ou au volant de sa voiture, à tombeau ouvert ! Liens : leur site web et leurs morceaux sur leur You Tube.
  • TinörksFullrene (11) : C’est un mélange entre les musiques traditionnelles et la musique électro qui caractérise le monde du groupe d’Osaka Tinörks. C’est aussi un pari dans cet album, celui d’inclure de l’instrumental au beau milieu de titres chantés. Et pourtant ce morceau trouve parfaitement sa place : un son électro léger et doux à l’ambiance aquatique, qui pourrait plaire aux amateurs d’Emilie Simon par exemple. Pari réussi, donc. Liens : leur site web et leurs morceaux sur leur You Tube.
  • tokageTokageMy Long Road (12) : De la j-pop vitaminée avec une dose de rock, c’est ainsi que Tokage œuvre depuis quelques années sur la scène musicale japonaise. Le morceau est doté d’une intro bien catchy et présente un rock efficace qui doit bien valoir le coup en live. Note à moi-même : voir ce que ça peut donner sur un album complet. Liens : leur site et leur interview sur Kochipan.
  • MacaroomHome Phone TE (15) :  Aux frontières de la musique expérimentale, Macaroom invite ses auditeurs à un voyage où les influences ne connaissent aucune limite. Un morceau que j’ai hésité à mettre dans cette sélection, de part son coté vraiment spé. Mais je voulais à vous inviter à ne pas zapper dès les premières secondes car il change de cap au bout de 1:30, avec un beat de fond qui le transforme et lui donne une autre dimension si bien qu’on finit par se laisser emmener pour un voyage sympathique. Liens : leur site et leurs morceaux sur leur soundcloud.
  • Mami HatanakaSekken no Uta (18)Mami Hatanaka est la nouvelle révélation folk japonaise insufflant une dose pop à cette énergie mélodique. On retrouve à ses côtés le producteur Robert Regonati déjà évoqué à de nombreuses reprises sur ce blog pour Tsubasa ou Gaijin SentaiLiens : leur site web et ses morceaux sur son You Tube.

Le projet Asian sounds en 10 questions…

Pour nous parler de ce projet, rien de tel que l’un de ses initiateurs Dimitri Desmé. La genèse de l’album, le pourquoi et les comment, du choix des artistes a celui du format… C’est parti !

kochipanBonjour Dimitri…

Alors, tout d’abord, comment est né ce projet de réunir tous ces artistes dans un album ?

Bonjour. Concernant ce projet il s’est fait progressivement et logiquement. A travers les interviews réalisées sur Kochipan j’ai eu la chance de pouvoir établir des liens avec différents artistes qui ont perduré au fur et à mesure du temps. Par ailleurs la collaboration étroite avec Social Alienation (Clément Fauré et Jérémy Corral) et les événements que l’on avait mis en place conjointement (les concerts de Tsubasa) nous ont donnés l’envie d’aller plus loin ou voir d’autres moyens de promouvoir ce formidable vivier qu’est la musique asiatique, plus particulièrement la scène indépendante. Au gré de nos discussions, de ce que l’on voyait en France et en Asie, le projet s’est construit progressivement et au printemps dernier on s’est vraiment lancé. Cela s’est fait après un bon repas asiatique bien sûr 😉

Quel est l’esprit et le but du projet ?

Le but premier est de faire connaître ces différents artistes asiatiques d’une autre manière que par le biais des interviews. Il s’agit également de créer à la fois un pont entre la France et l’Asie mais aussi entre les pays asiatiques eux-mêmes. L’esprit est de sensibiliser le public français à la scène musicale indépendante asiatique à travers la liberté d’écoute et le téléchargement de cet album. Qu’ils puissent découvrir la richesse de ces univers et qu’ils puissent ressentir le même plaisir que l’on a eu à voyager à travers ces compositions. Toutefois on souhaitait aussi laisser le choix aux auditeurs de participer financièrement à cet album à hauteur de leurs moyens mais aussi s’ils le souhaitent. La démarche doit aussi venir d’eux plutôt qu’une obligation en amont.

Comment avez-vous choisi les groupes puis les morceaux pour chacun ?

Pour les différents artistes cela s’est fait très simplement puisqu’ils ont tous été interviewés auparavant sur Kochipan. Il faut savoir que je réalise des interviews d’artistes que j’apprécie au préalable. Je les ai recontactés en leur faisant part de ce projet et en leur expliquant quel but nous visions. Concernant le choix des morceaux même si Clément, Jérémy ou moi-même avons nos préférences pour chaque artiste, la règle était qu’ils choisissent eux-mêmes le visage musical qu’il souhaitait transmettre au public français. Après tout ils savent mieux que personne quelle sensibilité, quelle composition… sera la plus effective pour toucher les auditeurs. Même si, pour l’anecdote, il y eut des artistes qui m’ont demandé de choisir et de faire mon choix comme je le souhaitais parmi leur discographie. Je n’avais qu’à me servir (Rires). Mais nous n’aurions plus été dans la logique.

Pourquoi le choix de la musique indépendante ?

Social AlienationC’est dans la continuité de ce qui est fait à travers Kochipan et Social Alienation. Social Alienation est le label français de la musique indépendante asiatique donc pour cette association cela correspond parfaitement à leur ligne éditoriale. Pour Kochipan, la plupart des artistes musicaux interviewés et mis en avant son indépendants également. On a pu remarquer que la musique asiatique vibrait, osait et décollait notamment via la scène indépendante. On est toujours surpris de voir le panache et la maturité de ces artistes, qui comme nous, font cela avant tout par passion plus que pour avoir un plan de carrière. Leur humilité n’a d’égal que leur talent.

Au niveau sonore on trouve aussi que cela permettait de montrer un autre visage que la musique asiatique qui se  réduirait à des clichés trop souvent véhiculés par des médias généralistes.

Il ne s’agit pas pour autant de dénigrer les artistes qui sont dans des majors. On en apprécie beaucoup d’entre eux également mais Asian Sounds ne les intéresse probablement pas (Rires).

Quelles ont été les réactions des artistes lorsque que vous les avez contactés pour cette compilation ?

Ceux qui nous ont répondus ont été très enthousiastes. Par ailleurs au fur et à mesure des mois ou des années, un lien de confiance s’est établi entre nous. Ils savent donc avec quel esprit on a abordé ce projet. Je dois dire qu’une fois les choses expliquées, ils ont été très réactifs. Les échanges ont été alors constants pour mettre en place Asian Sounds. Je crois vraiment que si nous n’avions pas ces relations, cela aurait été bien plus dur.

On y retrouve un peu tous les genres musicaux… Comment présenter cet album, musicalement parlant et pourquoi cet éclectisme ?

C’est à l’image de ce que nous sommes et de ce que nous souhaitons faire. Kochipan est à la base peut être plus grand public et plus pop/rock tandis que Social Alienation n’hésite pas à fouiller sur des mouvements plus undergrounds parfois moins accessibles en lorgnant sur la noise ou le dark metal. C’est cette complémentarité qui est mise en avant. L’idée est de dire « oubliez vos préjugés ! ». A titre personnel je suis plutôt issu d’un public nettement pop et progressivement je me suis ouvert à d’autres horizons. Nous faisons bien sauter les barrières entre la France et l’Asie, allons jusqu’au bout de la logique et faisons de même au sein des styles musicaux.

De plus, vouloir catégoriser à tout prix amène parfois à mettre de côté certains éléments essentiels des artistes. Pour s’en convaincre il suffit de se rendre sur certaines plateformes de téléchargement légal en France.

Enfin en Asie cette catégorisation se pose rarement. Ainsi certains artistes présents dans Asian Sounds n’hésitent pas à puiser dans différents éléments pour créer quelque chose d’unique. Et puis regardez certains événements tels que Japan Expo ou la Taïwan music night en France, le mélange des genres est également de mise lors de ces concerts. Si l’on souhaite présenter cet album ce serait de dire que l’on a un petit panorama de la scène musicale actuelle asiatique sans préjugés ni barrières mais avec une passion commune.

Taiwan Music Night

L’album est né d’un partenariat entre toi pour Kochipan et Social Alienation… Qui fait quoi dans ce duo ?

On fait tout ensemble sauf quand ça devient trop intime. (Rires)

Blague mise à part, notre complémentarité aura été l’atout essentiel de cette compilation. Il y a des choses que nous avons fait en commun comme la mise en place contractuelle, la ligne éditoriale et l’esprit que l’on souhaitait véhiculer. De mon côté j’ai pris attache avec les différents artistes, je leur ai fourni la partie explicative et j’ai réceptionné les éléments de base pour cette compilation. Quant à Clément il a mis en place matériellement et visuellement la compilation. Même si les rôles de chacun ont été clairement définis cela n’a jamais été figé et on n’hésitait jamais à se donner des coups de main l’un à l’autre. Et ce sera la même chose maintenant pour la communication autour de ce projet. Un vrai travail d’équipe au final.

Asian soundsComment s’est fait le choix de la couverture ?

C’est Clément qui en a eu l’idée. Chose étonnante j’avais dans l’idée quelque chose dans ce style et quand il me l’a présenté cela a fait « tilt » immédiatement. Pour Clément il était difficile de représenter l’Asie et cette compilation sur une photo générale. Il a eu donc l’idée de cet instrument pris en photo lors d’un de ses voyages en Asie qui représente justement cette partie du monde mais aussi l’idée de sonorité.

Comment s’est construit le format de cet album, à savoir le digital et le financement participatif ?

Pour le format digital c’était ce qu’il y avait de plus simple à la fois d’un point de vue contractuel mais aussi d’un point de vue matériel. En effet nous n’avons pas besoin d’éditer de CD ou de passer par des intermédiaires. Nous souhaitions garder ce lien le plus direct possible avec les artistes car au final c’est eux qui créent cette compilation. D’un point de vue réaliste on sait également que la musique est en majorité écoutée via internet et puis cette plateforme nous permet, même si l’on vise clairement le public français, de toucher un public plus large.

Le financement participatif nous semblait un bon compromis. L’absence d’obligation permet aux auditeurs de venir sans appréhension sur Asian sounds et d’apprécier ces morceaux en ayant l’esprit libre. La possibilité de financement résulte de notre philosophie : il faut que cela vienne directement des auditeurs et que le travail des artistes puissent être récompensé aussi financièrement. Ils le méritent grandement. Dans ce domaine nous n’avons rien inventé et beaucoup d’artistes ont pu pratiqué ainsi comme Radiohead par exemple. A l’heure des débats enflammés sur le téléchargement de la musique sur internet, il nous a semblé intéressant de procéder ainsi.

Vous avez des objectifs en termes de téléchargement, de retombées ?

Le premier objectif est que l’on parle des artistes et de leurs travaux. Sans eux Asian Sounds n’aurait jamais existé. Ensuite on espère que cela éveillera un peu l’intérêt pour cette scène indépendante asiatique auprès des aficionados de culture pop asiatique mais aussi auprès du grand public. Enfin on souhaite vraiment pouvoir avoir des retombées financières pour les transmettre aux artistes et les remercier matériellement de nous avoir fait confiance mais aussi pour envisager des événements culturels asiatiques comme nous l’avons fait avec Tsubasa ou comme nous le ferons avec Anam Kawashima en octobre (et hop petite pub;)).

C’est un volume 1… Donc il y aura un volume 2 ?

On espère et on le souhaite vivement. Il y a encore tant d’artistes et de musique à découvrir dans un monde musical en perpétuel mouvement. Par ailleurs nous aimerions mettre en avant également d’autres mouvements musicaux mais aussi explorer d’autres zones géographiques notamment la Chine continentale qui possède un vivier extraordinaire bien loin de la pop formatée trop souvent présentée sur les télévisions chinoises. Tout dépendra de l’accueil fait sur ce premier volume et de ce qu’en auront pensé les artistes. Avant tout cela déjà profitez bien d’Asian Sounds, régalez-vous et n’hésitez pas à nous part  de vos impressions !

Merci Dimitri, et bonne chance au projet !

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Un commentaire pour “Asian sounds : initiation rafraichissante à la musique indie asiatique”

  1. Marcel Trumm a dit :

    Laufen est super !!! J’espère que Laufen devient plus célèbre en Europe. Cet album est un bon début.
    \(^o^)/
    Laufen is great !!! I hope that Laufen becomes more famous in Europe. This album is a good start.
    \(^o^)/

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