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Zéro pour l’éternité : l’histoire du kamikaze qui ne voulait pas mourir

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Alors que je n’avais pas revu ce sujet depuis quelques années, trois titres évoquent depuis quelques mois la Seconde Guerre Mondiale vue du Japon et des Japonais : L’île des téméraires chez Kana, La mélodie de Jenny chez Ki-oon et le titre qui a retenu mon attention aujourd’hui : Zéro pour l’éternité, chez Delcourt. Ce titre est adapté d’un roman de Naoki Hyakuta avec Souchi Sumoto au dessin.

Ce titre est le récit, sous forme de témoignages, des années militaires de Kyûzô Miyabe, pilote de l’aéronavale, mort en tant que kamikaze durant la Seconde Guerre Mondiale. Un récit mêlant histoire, action et tragédie publié au Japon dans le magazine Manga Action (Dômu, Coq de Combat, King’s Game et plusieurs Taniguchi) de l’éditeur Futabasha. Sous son titre original Eien no zero, ce seinen compte 5 volumes sortis de 2010 à 2012 au Japon. La série a débarqué chez nous en janvier dernier et 3 tomes sont disponibles à ce jour. Le prochain sort le 13 novembre 2013.

Zéro pour l'éternité tome 1 Zéro pour l'éternité tome 2 Zéro pour l'éternité tome 3

Plus d’informations en fin de critique, passons aux choses sérieuses !

Qui fut Kyûzô Miyabe ?

Kentarô Saeki, 26 ans, est un étudiant diplômé qui prépare actuellement le concours national de la magistrature… du fin fond de son lit. Sans motivation, le jeune homme passe en réalité ses journées à ne rien faire et mène une vie sans but. Le jour où Keiko, sa sœur, l’appelle pour lui demander d’enquêter sur sa famille, il traine des pieds et n’accepte finalement que pour le salaire qui l’attend. Il part alors à la recherche du passé d’un inconnu : son grand-père biologique Kyûzô Miyabe, pilote de chasse de la marine impériale décédé à l’âge de 26 ans en kamikaze, quelques jours seulement avant la fin de la Seconde Guerre Mondiale.

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Avant que tous les anciens combattants s’éteignent, Kentarô part recueillir les témoignages de tout ceux qui ont croisé le chemin de son grand-père. Les premières révélations ne sont guère encourageantes : Miyabe était un trouillard, qui tenait a tout prix à revenir en vie des raids aériens. A l’époque où tous les militaires clament leur désir de mourir pour leur patrie et alors qu’il est un engagé volontaire, ce pilote n’hésite pas à fuir lorsqu’il sent la situation trop périlleuse.

Mais la réalité est plus complexe. Avec les témoignages qui se multiplient, l’homme apparait comme un as du pilotage, un homme intelligent et bon tacticien, un leader soucieux de ses ailiers… Mais son attachement à la vie continue d’en faire un trouillard aux yeux des autres et un paria dans ce Japon sans concession. Mais qu’a-t-il vécu, alors, pour finir comme kamikaze volontaire ? Qui était vraiment cet homme, qui voulait tant revoir sa femme et rencontrer enfin sa fille… et qui détestait la guerre ?

La guerre, au dessus de l’océan pacifique…

Guerre du pacifiqueSi je suis assez friand d’histoire japonaise, j’avoue être assez ignorant du déroulement précis de la Seconde Guerre Mondiale, du côté de l’Asie et de l’Océanie. Connu chez nous comme la Guerre du Pacifique et là bas comme celle de l’Asie Orientale, elle a débuté par la célèbre attaque par le Japon de Pearl Harbor, le 7 décembre 1941, qui a sonné l’entrée en guerre des États-Unis. Elle se démarque du conflit qui va se dérouler sur notre Vieux Continent par un rôle prépondérant des forces navales et aéronavales, là où les forces terrestres ont marqué les esprits chez nous. Elle s’achève le 2 septembre 1945 par la capitulation sans condition du Japon.

Zéro pour l’éternité raconte donc le destin d’un pilote de chasse aux commandes du mythique chasseur de la flotte nippone : le Zéro. Créé en 1939 par Jiro Horikoshi puis adopté en 1940 par l’armée japonaise, ce chasseur de nouvelle génération était capable de performances supérieures à celles de n’importe quel autre appareil en service dans le monde : plus rapide, plus maniable, avec un plus grand rayon d’action et capable d’opérer depuis un porte-avions…

Grâce à ces capacités et à des pilotes très bien entraînés, l’entrée en guerre du Japon est jalonnée de victoires : Pearl Harbor bien sur, mais aussi la conquêtes des Philippines ou de la Malaise et de Singapour. A cette époque les États-Unis débutent seulement leur entrée en guerre et les britanniques ont envoyé leurs meilleures troupes en Europe et Afrique du Nord.

Au printemps 1942 le Japon a quasiment rempli tous ses objectifs mais la résistance en Océanie va les pousser à vouloir prendre le contrôle de la Nouvelle Guinée pour isoler l’Australie et, éventuellement, la conquérir. Mais c’est là que la marine nippone va connaître son premier gros revers, durant les premiers jours de juin, lors de la bataille de Midway. C’est le tournant de cette guerre que va, progressivement, perdre le Japon.

Ce sont ces 4 années de conflit que retrace Zéro pour l’éternité, à travers ces batailles majeures auxquelles Kyûzô Miyabe prend part. Elles nous sont racontées par plusieurs survivants, qui entremêlent leur histoire personnelle à la description des combats aériens, qui occupent la majeure partie de la vie des pilotes. Les phases à terre sont assez peu évoquées dans cet ouvrage, si ce n’est pour revivre des discussions avec Miyabe, personnage sur lequel je reviendrai plus bas.

La plus grande partie des récits se déroulent donc dans le ciel, pour le plus grand plaisir des yeux : pour ces scènes aériennes, Souchi Sumoto fait preuve d’un talent remarquable en tout point. Le mythique avion de chasse semble ne plus avoir de secret pour lui et il parvient à lui donner une ligne très pure sans omettre, pourtant, aucun détail. Les explosions en plein vol et les avions en feu, forcément nombreux, évoquent avec réalisme les nombreux films sur le sujet… On entend presque le vrombissement des zincs agonisants qui vont s’abimer en mer et le tactactactac des mitrailleuses.

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Les autres forces armées n’ont rien à envier aux avions : les destroyers, porte-avions et autre représentants de la marine sont eux aussi réussis et impressionnent par leur taille et leur puissance de feu. On ne peut pas, enfin, ne pas citer la magie des décors en haute altitude, qui ne se laissent observer que de brefs instants… Car le danger et l’ennemi rôdent sans cesse et l’inattention peut s’avérer fatale !

Revenir en vie, lors de la Seconde Guerre Mondiale…

Zéro pour l’éternité est donc un récit historique qui sait se montrer dynamique et prenant, nous replongeant par moment au cœur de batailles épiques. Mais c’est aussi l’histoire d’un homme qui va à contre-courant de son époque, qui n’hésite pas faire d’un tabou sa ligne de conduite : sa priorité est de revenir en vie. Si personne n’est dupe des images de propagande de cette guerre, où les kamikazes partaient souriants et fiers de se sacrifier pour leur pays, les militaires n’avait effectivement le droit que de vaincre l’ennemi, et de défendre l’honneur de leur pays et de son Empereur. Et s’il fallait mourir pour accomplir ces devoirs, ainsi soit-il !

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Si Miyabe revient donc à la base mission après mission, avec un avion toujours intact, ce n’est pas uniquement parce qu’il est doué, mais c’est aussi qu’il veut, un jour, revoir sa femme et faire la connaissance de sa fille, née après son départ. C’est sans doute ça, aussi, qui en fait un pilote hors pair, qui s’entraîne plus que quiconque, toujours hyper-concentré et excessivement prudent dès qu’il entre en territoire ennemi. Personne plus que lui ne veut remporter cette guerre, mais c’est pour qu’elle s’achève plus que pour crier victoire. Il va même jusqu’à bafouer le code d’honneur des pilotes, qui veut qu’on laisse en vie le vaincu d’un duel qui s’éjecte en parachute. Pour Miyabe, seul un ennemi mort ne pourra plus revenir pour vous tuer. Difficile donc de qualifier l’homme de lâche et sa volonté inébranlable finit par forcer le respect.

Miyabe est finalement un homme intriguant et plus l’enquête de son petit-fils avance plus on se demande pourquoi il a finalement décidé de devenir kamikaze, un choix des plus contradictoires.

Ce personnage tout sauf manichéen pousse donc à la réflexion sur la valeur d’une vie, un débat déjà évoqué dans de nombreux mangas. Naoki Hyakuta y ajoute également une question plus moderne mais tout aussi violente : qu’est-ce que différencie les kamikazes japonais de la Seconde Guerre Mondiale des terroristes religieux de ces dernières années ? Même si on a tout de suite envie de monter au créneau pour dire que tout ceci n’a rien à voir, des points communs existent et la question mérite bien d’être posée, en second plan, par le journaliste qui à l’origine du reportage de Kentarô. Ces deux réflexions au cœur de deux époques très différentes forcent le lecteur à s’arrêter sur ces sujets, à se débarrasser des clichés, à comprendre que la guerre à de nombreuses facettes, à l’image de ceux qui la font…

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J’en termine cette critique avec un conseil qui me semble important : Zéro pour l’éternité est un récit enrichissant, qui porte des histoires et témoignages prenants, touchants parfois, mais il ne pourra pas intéresser tout le monde. Il est destiné aux amateurs d’histoires ou de films de guerre et aux plus curieux qui veulent en savoir plus sur cet épisode de l’histoire du Japon. En effet, le héros, ce jeune Kentarô parait bien fade à côté de tous ces récits ou même de son ancêtre, que ce soit au niveau graphique ou encore de la personnalité, et ses réflexions sont trop évidentes pour enrichir le fond de l’histoire. Son voyage initiatique à travers le passé l’étoffe mais il reste décevant.

Heureusement sa place n’est que symbolique et on finit par l’effacer de notre lecture pour aller jusqu’au témoignage suivant et remonter au bord du Zéro, pour d’autres destins cruels… et passionnants !

Fiche descriptiveZéro pour l'éternité tome 1

Titre : Zéro pour l’éternité
Auteur : Naoki Hyakuta (scénario) / Souichi Sumoto (dessin)
Date de parution du dernier tome : 3 juillet 2013
Éditeurs fr/jp : Akata-Delcourt/ Futabasha
Nombre de pages : 224
Prix de vente : 7.99 €
Nombre de volumes : 3/5 (terminé)

EIEN NO ZERO © 2010 by Naoki Hyakuta, Souichi Sumoto / FUTABASHA PUBLISHERS LTD., Tokyo

Vous pouvez découvrir le titre grâce à la preview disponible sur le site de l’éditeur. Souichi Sumoto possède également un site internet, ici, si vous voulez en savoir plus sur ses autres mangas (sur des thèmes très variés avec visiblement un attrait pour le mah-jong). Enfin, le roman original a également été adapté en film, dont voici un trailer :

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