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Opus de Satoshi Kon : un mangaka qui parle d’un mangaka qui parle d’un manga où finit un mangaka…

OPUS

Après avoir évoqué l’Attaque des titans, un blockbuster qui divise les critiques, je voulais changer mon fusil d’épaule et aborder un titre qui me fait de l’oeil depuis quelque temps, car beaucoup de monde en dit du bien : il s’agit de Opus, de Satoshi Kon, publié par IMHO.

Si feu Satoshi est avant-tout connu pour la réalisation d’anime comme Perfect-Blue, Tokyo Godfathers, Paranoid Agent ou Paprika, il a débuté sa carrière par l’écriture de manga, de 1985 à 1996. A cette époque il pond 5 œuvres donc une majorité de one-shot, à l’exception du dernier d’entre eux, Opus, qui compte deux volumes, publiés au Japon chez l’éditeur Gakushû Kenkyûsha devenu depuis Gakken, un éditeur qui fait maintenant plus dans l’éducatif, puis chez Tokuma Shoten, un énorme éditeur nippon pourtant peu connu chez nous, qui publie des mangas, des jeux vidéo, des films et des magazines comme le légendaire Famitsu… Et dont une des filiales est d’ailleurs le Studio Ghibli.

Pour en revenir à notre titre du jour, je tenais à vous prévenir : avec 2 volumes Opus reste malheureusement une œuvre plus ou moins achevée, suite à l’arrêt du magazine de prépublication Comic Guys dans laquelle elle paraissait. Néanmoins l’édition japonaise récente, de 2011, propose des crayonnés dans le second tome qui pourront faire office de conclusion. De toute façon ce coté inachevé n’est pas, pour autant, une raison de bouder l’œuvre. Et je vais essayer de vous expliquer pourquoi…

Il faut faire tomber le masque !

OPUSChikara Nagai est un mangaka dont l’œuvre phare, Resonance, est sur le point de s’achever… Il y raconte l’affrontement entre Satoko, une policière capable de lire dans les esprits, et Le Masque, le gourou d’une secte qui possède de nombreux pouvoirs psychiques. Alors que l’ampleur de la secte devient des plus inquiétante, le jeune femme est aidée par Rin, lui aussi doté de capacités paranormales qui va venir à bout du masque, mais mourir dans l’affrontement… Enfin, normalement.

Alors que Chikara est en train d’achever ses dernières planches, celle où Rin et Le masque portent ensemble leur coup fatal vient de disparaître… Volée par Rin lui-même ! Avant de comprendre ce qui se passe, Chikara est absorbé par l’une de ses pages et se retrouve projeté en plein cœur de son propre manga !

Pendant que Rin fait tout pour ne pas laisser son destin entre les mains de son ingrat de mangaka, ce dernier tente tant bien que mal de savoir comment il a bien pu arriver dans sa propre histoire, et surtout comment en ressortir.

La fin de Resonance est encore bien loin d’être écrite !

Entre planches et réalité…

Deux ans avant le long-métrage Perfect Blue qui va le rendre célèbre, Satoshi Kon se passionne déjà pour le mélange entre réalité et fiction et il le manipule à merveille. Pour Opus, il navigue sur le pitch d’un manga qui parle d’un mangaka et mélange la vie de l’auteur à l’univers de son œuvre, parvenant à rendre ce premier volume tout aussi passionnant qu’un Billy Bat… On aurait, d’ailleurs, adoré voir Kon et Urasawa en concurence se poussant l’un l’autre à exceller avec un même point de départ mais des directions aussi différentes qu’originales.

Pour ce seinen, Satoshi Kon mélange donc un univers ordinaire et une dimension parallèle et en 2D, où certains humains sont dotés de capacité extra-sensorielles. Un être tout puissant, Le Masque, tente d’asservir l’humanité mais un duo, Rin et Satoko lui met des bâtons dans les roues. Les pouvoirs du fameux Rin lui ont permis de comprendre le monde qui l’entoure au point de pouvoir s’en échapper et de se glisser dans la dimension de son auteur, mais également de voyager dans la chronologie de sa propre histoire, en passant d’un tome à l’autre. De son coté, happé malgré lui dans son manga, Chikara tombe au beau milieu d’un duel entre Satoko et Le Masque, le fameux duel qui devait clore l’histoire.

OPUS

Du fait de cette intrusion imprévisible, le scénario prend alors un nouveau tournant et il se produit encore des choses qui n’ont pas été écrites : on se cogne par exemple à certains endroits du manga inachevés par l’auteur, qui prennent l’allure de décors en carton digne de vieux plateaux de cinémas… L’occasion d’une touche d’humour de la part de Chikara, qui avoue un peu honteux son manque de soin pour les décors. Satoshi Kon utilise les outils et les brouillons des mangakas pour nous rappeler que nous ne sommes pas vraiment dans un monde alternatif mais bien dans un manga : on croise par exemple des esquisses de personnages.

OPUS

Après une première incursion, les passages d’une réalité à l’autre s’enchainent, Satoko se retrouvant à déambuler dans notre monde, tombant même nez à  nez avec le manga dont elle est l’héroïne… Encore l’occasion d’une touche d’humour, puisqu’elle croise des fans du dit manga qui la dévisage comme une femme qui a passé l’âge de faire du cosplay. Les absurdités amenées par la rencontre entre réalité et fiction sont donc parfois anodines et sujettes à quelques rires mais peuvent aussi épaissir l’intrigue à l’image des paradoxes temporels et dimensionnels : que se passera-t-il si le mangaka se met à dessiner pendant qu’il erre dans les pages de son propre manga, que peut-il advenir des personnages qui débarquent dans notre réalité ?

Des questions qui n’ont pas pris une ride pour les amateurs des univers multiples et que Satoshi Kon pose déjà avec énormément de justesse.

Graphisme et mise en scène : Otomo & Kon

Si le pitch et l’histoire de ce premier tome pourrait être né d’une plume il y a seulement quelques mois, c’est par son visuel que Opus nous renvoie aux années 90. Si les pouvoirs parapsychiques feront tiquer tout ceux qui ont lu Akira ou Dômu de Katsuhiro Otomo, le feuilletage de ce manga achève de vous replonger dans le graphisme des années 90. Rien que de très normal au final, quand on sait que Satoshi Kon a justement été l’un des assistants d‘Otomo, a travaillé avec lui sur plusieurs projets dans les années 90 et reconnait d’ailleurs l’influence de ce dernier sur son travail et se dit grand fan de Dômu justement. De fait, même si le chara-design de Kon est moins rond et plus ciselé que celui de son ainé, on retrouve des cadrages, des courses, des expressions qui ne sont pas sans rappeler des liens entre  cette œuvre et celles d’Otomo, qu’ils soient des clins d’œil voulus où des références plus instinctives.

Néanmoins, et heureusement, Opus n’a rien d’une pâle copie. Il règne dans le titre de Kon une ambiance beaucoup plus légère, folle aussi, que dans les drames d’Otomo, en raison de l’humour que j’évoquais plus haut, qui prend la place de toute la violence, le sang et les morts que l’on peut croiser chez l’auteur d’Akira. On ressent également un attachement du mangaka pour ses personnages, assez malicieux et rapidement attachant, qui s’accroche à la vie ou préfère fuir la mort plutôt que de devenir un héros sacrifié. Si l’action se teinte parfois de drame, un humour omniprésent entre auto-dérision et comique de situation évite toujours à l’œuvre de sombrer dans la tragédie…

Opus

On ressort donc de ce premier d’Opus en étant autant intrigué qu’amusé, déjà attaché aux 3 personnages principaux et incapable de prédire ce qu’il va bien pouvoir leur arriver au sein de cet imbroglio en 2 dimensions…Vivement la suite, le second et dernier volume, prévue pour octobre !

Fiche descriptiveOPUS tome 2

Titre : Opus
Auteur : Satoshi Kon
Date de parution du dernier tome : 6 juin 2013
Éditeurs fr/jp : IMHO / Gakken & Tokuma Shoten
Nombre de pages : 202
Prix de vente : 14 €
Nombre de volumes : 1/2 (terminé)

Visuels Opus © KON’ STONE, Inc. 2011

(Merci à Herbv pour les infos sur la prépub, c’était un vrai bordel ^^)

anime manga aggregator sama Sama It!


4 Commentaires pour “Opus de Satoshi Kon : un mangaka qui parle d’un mangaka qui parle d’un manga où finit un mangaka…”

  1. Herbv a dit :

    Ça va, Ramza, pas trop embêté par le “vol” d’images de ma chronique d’Opus sur du9.org ?

    Sais-tu que tu peux demander à l’éditeur de te fournir des éléments ? Après tout, c’est ce que j’ai fait ! Et tant qu’à “reprendre” des trucs de ma chronique, tu aurais pu utiliser les bonnes informations concernant la prépublication puis les rééditions plutôt que colporter les erreurs que l’on trouve un peu partout sur le net 🙂

  2. ramza a dit :

    Hello Herbv, je vois que ce papier t’as fait bondir pour réagir à chaud le soir même de la publication.

    Pour te répondre : Embêté ? Non puisqu’il s’agit en rien d’un vol, ce ne sont pas tes images. Si je t’avais pris des photos que tu avais faites je pourrais comprendre mais si on parle bien de visuels que tu as récupérés auprès de l’éditeur (c’est bien ça non ?)… Tu m’as fait gagner du temps, plutôt que d’aller demander à IMHO, je t’en remercie, et je ne vois pas quoi dire de plus ?! (Encore que, avec le temps d’écrire ce post, le temps gagné, bof…).

    Après sur les deux incriminés il n’en reste finalement plus qu’une (j’ai réussi à mettre la main ce matin sur une meilleure image sur le site web de Satoshi Kon, j’ai donc remplacé la seconde). Mais sur celle qui reste si l’as eu en exclusivité ou que tu l’as retaillé dans un format particulier n’hésites pas à me le signaler, je la retirerai. Ensuite si je suis tombé dessus ces deux images c’est via google image, à ne pas confondre avec un pillage intentionnel ou quoi que ce soit, en guillemet ou pas.

    Pour les erreurs entre wikipedia fr ou wikipedia en, les interviews de Kon sur ANN notamment, les infos dans le tome 1 et Manga-news, ça fait une masse d’info donc si j’ai fait une erreur ce serait plus constructif de me signaler laquelle parce que j’ai justement trouvé dans ton papier une info concernant les croquis du tome 2 et la prépublication, qui se croisait avec un autre site… Donc je suppose que l’erreur n’est pas ici. Mais c’est concernant Gakkuen ? La date de 2011 pour la réédition trouvé à la fin du tome 1 ? Tokuma Shoten ?

  3. Herbv a dit :

    Tout d’abord, bravo et merci d’avoir validé mon commentaire, surtout vu la diplomatie avec laquelle je me suis exprimé 🙂

    En fait, ce qui m’a fait réagir, c’est la récupération de la bannière que j’ai réalisé spécialement pour du9 (que tu as remplacé, et c’est parfait ainsi). Cela n’apparait pas mais j’ai passé pas mal de temps à la faire et c’est la voir réutilisée telle quelle, sans travail d’intégration à ton propre texte, que j’ai trouvé cavalier.

    Alors, peut-on parler de “vol d’image” ? Oui et non. Effectivement, je n’en suis pas le propriétaire mais ce sont toutefois des visuels que j’ai réalisés spécialement pour accompagner ma chronique à partir des PDF presse demandés à l’éditeur (je préfère faire moi-même les visuels à partir du matériel fourni par les éditeurs). Ils sont donc adaptés pour un support en particulier, en fonction de contraintes particulières.

    Après, je dois dire que tout le monde peut récupérer la couverture ou les planches que j’avais choisies et retraitées, je m’en fiche totalement. Moi-même, je l’ai fait un nombre incalculable de fois (quoique je les retraite le plus souvent ensuite pour mon propre usage) 🙂

    Pour l’erreur reprise du net, c’est l’information concernant Gakken (je pense qu’elle vient du site de l’auteur même). J’ai fait la même dans les premières versions de ma chronique et ce n’est qu’à la lecture du tome 2 que je m’en suis aperçu, grâce au mot expliquant les raisons de l’arrêt d’Opus. Alors, certes, c’est une erreur extrêmement mineure mais Gakken Publishing (la branche édition, donc) n’existe que depuis 2009 suite à la réorganisation du groupe. À l’époque de l’arrêt du magazine Comic Guys, Gakken Publishing n’existait pas. La maison d’édition dudit mangashi était Gakushû Kenkyûsha et rien d’autre 🙂

  4. ramza a dit :

    Ah ouai cette erreur là j’aurais pu chercher sans jamais la retrouver dis donc, et j’ai même demandé à Benoit de IMHO qui n’avait que le dernier éditeur alias Tokuma dans ces fichiers, à première vue. Donc c’est corrigé et je t’ai linké pour les infos 😉

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