Paoru.fr


Manga & Japanimation

Adachi, Yukimura, Inoué, Morita et les autres, le dernier Bones ou un opening fandard, c'est ici !

Shōnen, seinen et shōjo, des critères inutiles ?

Mangas

Tout le monde connait ces critères historiques de classification du manga. Tout le monde les utilise. Tout le monde a un avis sur ce qu’ils représentent. Et pourtant, aujourd’hui en France, personne ne les utilise de la même façon, n’y apporte la même signification, et ne les définit par rapport à la même norme. Et pourtant tout le monde a, à chaque fois, un peu raison et un peu tort.

Essayons d’y voir aujourd’hui un peu plus clair dans ce joyeux bordel…

Définitions incomplètes

Basiquement ces trois critères correspondent à trois publics cibles, trois cibles éditoriales distinctes au Japon :

  • Le  shōnen ou shōnen manga (少年 ou jeune garçon) dont la cible éditoriale est avant tout constituée par les jeunes adolescents.
  • Le shōjo ou shōjo manga (少女 ou jeune fille) dont la cible éditoriale est avant tout constituée par les jeunes adolescentes.
  • Le seinen ou seinen manga  (青年 ou jeune homme) dont la cible éditoriale est avant tout constituée par les jeunes adultes (15 à 30 ans) de sexe masculin. Il arrive cependant qu’il soit destiné à des personnes plus âgées.

On pourrait ajouter le josei, l’équivalent du seinen au féminin, mais qui n’a pas d’existence réellement officielle chez nous, pour le moment.

Ces critères sont donc fonction du type de public. Comme vous vous en doutez ces 3 ou 4 critères sont bien insuffisants pour classifier l’ensemble de la production manga, même en France où elle est moindre par rapport au Japon. Les éditeurs japonais ont donc mis en place des sous-catégories, que les éditeurs français ont plus ou moins suivi. Et c’est là qu’apparaissent les ennuis.

L’exportation à la française d’une classification japonaise

Shingeki no kyojin / L'attaque des titansJe vais me répéter mais les trois termes shōnen, shōjo et seinen ont été mis en place par des éditeurs japonais, donc pour un public japonais, avec sa culture, ses catégories socioprofessionelles et ses clichés. Ces catégories ne peuvent donc pas fonctionner systématiquement en France et ça, les éditeurs français l’ont bien compris. Ils adaptent ainsi certains titres en les transférant d’une catégorie à une autre : on voit régulièrement un seinen devenir un shōnen ou inversement et on constate que le shōjo englobe souvent le josei… Sauf quand ce dernier, de par son caractère adulte, finit en seinen. L’éditeur français recalibre donc la catégorie à son propre public cible, celui de l’hexagone.

Deux exemples récents chez Pika : Shinkgeki no Kyojin aka L’attaque des Titans est publié au Japon dans le magazine shōnen Bessatsu Shōnen Magazine, mais sa violence l’oriente chez nous dans le catalogue seinen de l’éditeur, car on déconseille ce genre de lecture aux plus jeunes dans notre pays. Second exemple : Chihayafuru est un manga publié au Japon dans Be Love, magazine josei. Pika l’a classé dans sa collection shōjo. L’éditeur ne possède pas de collection josei à proprement parler donc on pourrait l’accuser d’une publication par défaut, mais l’héroïne du manga est une enfant dans les premiers tomes puis une adolescente par la suite, et on ne peut pas nier qu’une romance avec un triangle amoureux va se mettre en place. Rien d’aberrant donc, à faire figurer ce titre en shōjo chez nous.

Une ambiguïté est donc née et a grandi dès lors qu’on changeait le panel originel d’une catégorie MAIS en gardant le même nom. En vingt ans de publication française on finit donc par ne plus parler tous la même langue, certains restant attachés à la classification japonaise, d’autres à son adaptation pour notre pays par les éditeurs français. D’autant qu’avec des catégories aussi larges, les frontières qui les séparent le sont aussi… Beaucoup de titres se retrouvent donc entre deux eaux et ne peuvent donc pas se classer entièrement dans l’une ou l’autre.

Je pense que l’exemple le plus criant chez nous se situe sur la ligne de démarcation entre shōnen et shōjo, dans laquelle je me prends souvent les pieds d’ailleurs.

  • D’un coté on a le shōnen, dont la catégorie phare se nomme le nekketsu, ce genre où un héros naïf recèle en lui un pouvoir énorme, dont le père est souvent absent, qui va suivre un chemin initiatique où il va rencontrer des ennemis de plus en plus forts et se faire des amis d’une fidélité sans faille.
  • D’un autre coté on a le shōjo, dont la catégorie phare est la romance, un genre où une héroïne est amoureuse d’un beau garçon, et où elle tache de faire face au quotidien, dans lequel peut se cacher un drame, des querelles de lycéennes plus ou moins cruelles et une love story qui se complique à travers un triangle amoureux.

X de ClampCes genres ne sont pas seuls dans leur catégorie : on peut citer ce qu’on appelle le shōnen sportif (Slam Dunk, Dream Team) dans le shōnen et le magical girl (Card Captor Sakura, Sailor Moon) en shōjo. Mais on reste dans l’idée globale de l’action pour les garçons et de la romance pour les filles. Sauf que lorsque la romance est vécue par un garçon, on reste dans le domaine du shōnen : Video Girl Ai ou I’s, sont classés comme shōnen au Japon. Alors qu’un grande partie de son lectorat est féminin.

Même problème sur nombres de mangas des CLAMP comme X ou RG Veda qui, malgré l’action et des héros masculins, sont des shōjos en raison de la dramaturgie, des nombreuses romances et que sais-je encore… Comme le disent un grand nombre de défenseurs du shōjo, cette catégorie est donc beaucoup plus large dans la classification japonaise que chez nous mais en voulant conserver ce critère de public cible très péremptoire avec une culture différente on a superposé nos clichés à ceux des japonais pour obtenir, au final, une pile de contradictions.

On pourrait achever le tableau avec les adaptations en animes qui font parfois le choix de réorienter – plus ou moins sensiblement – la cible éditoriale en simplifiant certains points du scénarios, car l’éditeur s’est aperçu, lors de la publication du manga, que le potentiel vendeur du titre ne se situait pas forcément là où il l’avait prévu.

Un manga pour un public mais des publics pour un manga

On vient donc de voir que ces termes permettent de classer aisément un grand nombre de mangas mais que, lorsque l’on sort des sentiers battus, la confusion règne. Malheureusement, ce n’est pas le seul problème. La classification shōjo, shōnen et seinen est une grande génératrice de clichés alors que la réalité du lectorat est tout autre : les shōnens sont lus par un public féminin de plus en plus important tandis que des nouvelles générations de mangakas jouent avec plusieurs archétypes : on peut citer Soul Eater par exemple, un shōnen pur souche dont l’héroïne est une jeune fille. Même problème avec une augmentation des shōnens et des shōjos de plus en plus sombre… Un titre comme Life peut-il être mis dans les mains d’une pré-ado de 8/10 ans ? Non.

D’ailleurs si je lis à la fois du shōnen, du shōjo, du seinen et du josei je suis quoi, un homme-enfant hermaphrodite ? Cette classification permet de définir un public de vente, mais qu’est-ce que le public recherche lui ? Dans une classification et un rangement par public cible, un amateur ou une amatrice de fantasy ou de romance se coupe de nombreux titres parce qu’il ne rentre pas dans les cases.

Collection LatitudesVous l’aurez bien compris shōnen, shōjo ou seinen devraient donc rester des critères à caractère indicatif, car ils définissent des catégories sociales basées sur des clichés. Clichés qui ne vieillissent pas très bien avec les années et les évolutions des mœurs, d’ailleurs.

C’est pour cela qu’aujourd’hui de plus en plus d’éditeurs tentent de se démarquer de cette publication contre-productive. Certains éditeurs initient des collections thématiques : Latitudes chez Ki-oon, Gothic, Jeux vidéo, ou Classique chez Soleil, Humour chez Kurokawa. Ces derniers optent pour une mise en avant simple, présentée avec le plus de pédagogie possible et des titres de collections parlants.

Mais le succès n’est pas toujours au rendez-vous et les clichés ont la vie dure. Exemple historique : l’éditeur Akata a baptisé ses collections des doux noms de Sakura, Jôhin, Take, Fumetsu etc. Cette classification existe toujours mais est restée incomprise car, une fois de plus, trop japonaise. L’éditeur la propose donc toujours mais de manière plus discrète et met désormais en avant sur son site le trio classique agrémenté de trois autres catégories : Young, Josei et Gekiga.

Pourquoi cette machine arrière et pourquoi certains conservent encore ces trois catégories pour répartir leurs œuvres ? Parce qu’ils peuvent classer correctement une bonne partie de leur catalogue sans souci, d’une part, mais aussi car il existe dans la chaîne du livre un maillon épineux directement concerné par la classification : le libraire.

Un problème en librairie ?

La classification à la japonaise est assez inhabituelle dans le monde de l’édition où l’on propose des collections qui mélangent sur un même niveau les deux critères, de public et de thème, voir même qui mettent en avant l’aspect thématique plutôt que la cible. Combien de collection de romans ou de BD ont fleuri ces dernières années sur le thème de la fantasy par exemple. L’exception à la règle est la collection jeunesse de nombreuses maisons d’édition, manga y compris, mais là aussi dans un soucis marketing, pour que les parents et les libraires puissent facilement recommander des ouvrages aux tous petits sans risque et sans prise de tête. Malheureusement, la littérature pour enfant ayant une étiquette simpliste voir bas de gamme, certains éditeurs comme nobi nobi ! la trainent par moment comme un boulet.

librairie-le-bateau-livre

Si les catégories japonaises ont su s’implanter durablement chez nos libraires, c’est sans doute qu’elles ont le don de simplifier le travail, voir de le prémâcher. N’auraient-elles pas, d’ailleurs, permis à de nombreux libraires néophytes en manga de s’y mettre sans trop se casser la tête, les rendant inaptes aujourd’hui à aborder notre marché prolifique avec précision et à leur éviter le travail d’approfondissement nécessaire au fameux “conseil du libraire” ?

Si je me pose la question c’est que, lorsque l’on demande aux éditeurs français de manga pourquoi ils conservent cette classification à la japonaise ils expliquent tous, invariablement “que cela permet une classification simple pour les libraires“. Et pourtant ces derniers organisent depuis des années des dizaines, voire des centaines, de collections de Roman et de BD qui ne s’appellent pas pour autant “jeune garçon”, “ouvrier de chantier” ou “ménagère de plus de 50 ans”.  Le problème n’est donc pas tellement que les libraires puissent être des fainéants ou des mous du bulbes – pas plus qu’ailleurs en fait – mais plutôt qu’ils ne puissent utiliser qu’une classification à la fois et que la classification par public n’est pas forcément la meilleure.

librairie-momie-manga

Résultat ? Chaque libraire a fini par faire lui aussi comme il le pouvait… Le mien, par exemple, classe par éditeur, ce qui permet à la fois de se simplifier la vie et de conserver les collections d’éditeurs intactes. La FNAC continue la classification nippone suivi d’une classification alphabétique, mais on sait tous qu’on ne va jamais dans cette enseigne pour se faire conseiller sur une nouvelle lecture. Le public s’est donc  adapté comme il a pu face à ces imbroglios en se renseignant sur le net au préalable et en arrivant déjà bien décidé au moment de l’achat.

A ce sandwich qui contient déjà plusieurs couches indéfinies s’ajoute une bonne tranche de magazines et de sites où là aussi, chacun y va de sa version, de son rangement, contribuant au marasme (ici aussi, soyons honnêtes). A l’image des éditeurs qui mélangent les classifications par public et par thème les sites possèdent une base de données qui multiplie les mots clés : tel titre est par exemple un shônen de type seinen qui parle d’aventure et qui regorge d’action. Franchement à quoi sert la première partie de la description ? Le mix aventure / action se suffit largement à lui-même pour orienter le lectorat donc pourquoi s’encombrer de mots qui, au mieux, n’apportent pas grand chose de plus et, au pire, induisent en erreur ?

Après l’avoir indiqué pendant des années, je me suis donc décidé à éliminer ces trois termes, qui ne mettent personne d’accord et obligent à être trop catégorique, au profit de présentations thématiques, qui peuvent s’additionner sans se contredire et qui sont beaucoup plus révélatrices du contenu. Mais le plus important est, au final, de laisser chacun faire comme il l’entend, et de ne pas se figer sur une terminologie.

Et vous ? Comment classez-vous vos mangas et comment conseillez-vous vos amis ?

Lagaffe

PS : merci à tous ceux avec qui j’en ai parlé cette semaine, que l’on soit d’accord ou pas : vous avez nourri ma réflexion !

anime manga aggregator sama Sama It!


36 Commentaires pour “Shōnen, seinen et shōjo, des critères inutiles ?”

  1. Gemini a dit :

    Nous n’avons pas déjà eu ce débat, genre, une trentaine de fois ?
    Les catégories shônen et compagnie subsistent car le public est demandeur. Sauf qu’il ne les comprend pas.
    “Pour les filles” ou “pour les garçons”, cela recouvre non seulement des tranches d’âge larges mais aussi des sensibilités forcément différentes d’un individu à l’autre. Le Japon a réglé le problème avec ses magazines de publication, qui sous les dénominations “shônen” ou “shôjo” peuvent se spécialiser dans des genres ou des lectorats précis ; par exemple, Cookie vise des lectrices plus âgées que Ribon, pourtant ce seront toujours des shôjo. J’ignore ce qu’il en est pour les autres éditeurs, mais la Shueisha indique sur ses volumes reliés le magazine d’origine de chaque série.
    La solution trouvée par les éditeurs français, ce sera soit d’adapter leur propre classification – en fonction du lectorat qu’ils pensent toucher – tout en utilisant les termes japonais, soit de ne tout simplement pas sortir les titres trop différents de l’image que se fait le lecteur de chaque catégorie. X ne sortirait qu’aujourd’hui, Tonkam le mettrait parmi ses shônen ou au pire dans ses shônen girl. Bien sûr, c’est n’importe quoi, mais il faut bien qu’ils vendent d’une façon ou d’une autre.

  2. Sebkun!! a dit :

    Ayant travaillé à Tonkam 9 ans, je peux dire que j’aurai bataillé ferme pour que X ne soit pas classé en shônen ou en shônen girl, mais aujourd’hui, c’est possible qu’ils auraient fait ce choix.

    En tout cas, je suis d’accord avec une partie de ce que tu dit Ramza, la classification shônen/shôjo/seinen ne suffit pas… de là à la supprimer, je ne suis pas forcément d’accord dans la mesure où, quand ceux qui l’utilisent le fond correctement, ça donne des indications quand même quand au type de récit qu’on aborde.

    Le tout est peut-être plutôt d’attendre de la part des éditeurs, des libraires et de la presse un peu plus de professionnalisme… la situation serait sûrement moins confuse si les professionnels ne clamaient pas haut et fort régulièrement des âneries comme “Video Girl Aï et Maison Ikkoku sont les premiers shôjo publiés en France”… parce que ces récits présentent des histoires d’amour.

  3. ramza a dit :

    L’utiliser correctement voudrait dire faire machine arrière, déclassifier et reclassifier, combattre les clichés qui se sont établis au risque de planter des collections… Quel éditeur suffisamment compétent et couillu le fera et a-t-il une décennie devant lui pour faire changer les gens d’avis ? J’en doute :/

  4. Trit’ a dit :

    Il est clair que cette classification mériterait d’être revue et je suis content de voir que tu ne jettes pas la pierre qu’aux éditeurs, car les libraires ont effectivement leur part dans les classements malheureux.

    Je pense essentiellement à un exemple en particulier : “Clannad”, par Ototo. L’éditeur le publie dans sa collection “Seinen” (les pastilles vertes dans les O). Or, à Sauramps (grande librairie de Montpellier), je trouve ce manga dans les étagères “Shōjo” ! Certes, ce n’est pas tout à fait incongru quand on sait que l’histoire de “Clannad”, pour aussi dramatique qu’elle soit au fur et à mesure qu’elle se dévoile, contient aussi de nombreux instants de comédie légère et de romance à en faire fondre bien des cœurs endurcis ! Mais c’est pas le classement voulu par Ototo, à la base, sinon il aurait fait figurer des pastilles roses.

    Au-delà de cette histoire de pastilles colorées, j’aimerais mettre en évidence le fait que les libraires en font parfois à leur tête dans les classifications “shōnen-shōjo-seinen”, même lorsque l’éditeur, pour sa part, se montre plus judicieux (encore que j’ignore dans quelle catégorie le manga “Clannad” a été vendu au Japon).

  5. ramza a dit :

    On est d’accord, chacun fait à sa sauce dans la chaine du livre : de l’éditeur japonais, puis au français et enfin au libraire…Des critères aussi subjectifs que ce lit un garçon, une fille, un ado ou un adulte ne peuvent conduire qu’à un mic-mac puisque chaque maillon de la chaîne à son propre public après tout. C’est pour ça que je dis que tout le monde a raison et tort en début de billet :/

    PS : oh punaise quelque avec une adresse mail aol, je pensais que j’étais le dernier ^^;;

  6. a-yin a dit :

    A propos du shônen romantique: “Alors qu’un grande partie de son lectorat est féminin.” Tu veux dire au Japon ou en France? Car je n’ai pas l’impression que tant de filles lisent Video Girl Ai ou I”s. Love Hina, c’est un public très mixte, d’accord. Mais les deux autres… Je ne parle même pas de ce qui est To Love ou Pretty Face.

    Dans le cas du josei ou ladies, je me souviens d’un article à ce propos dans le N°3 de la revue d’étude 10 000 Images des Editions H intitulé “le manga au féminin”. Cet article parlait d’une frontière très floue même au Japon entre shôjo et josei. Et que de nombreux éditeurs parlent directement de shôjo tout court, indiquant effectivement le magazine de prépublication.

    Enfin, les collections de Akata, je n’y ai jamais rien compris ^^; .

    Pour moi, les shôjo, seinen et shônen m’aident juste à comprendre dans quels mag les manga ont été prépubliés au Japon, et donc quelle était la cible “marketing” (car ne nous leurrons pas, les publicités seront bien entendu adaptées dans le mag!) d’origine, ou encore, l’âge-cible du récit. Le mag de prépu d’origine donne quand même une indication, par exemple, je ne me sens pas du tout d’affinité avec un mag du type Young Jump.

    Il existe quand même des tendances, des styles communs aux mag. Le Nemuki, par exemple, vise un lectorat féminin avec des histoires d’horreur ou de fantômes. Le Feel Young abrite un certain type de dessin.

    Mais quizz d’un manga qui était dans un mag de prépu seinen, mais qui, à cause d’une faillite d’éditeur passe dans un mag de prépu shôjo? Le cas d’un Onmyôji par exemple. Les catégories éditoriales japonaises sont donc mouvantes. Et même au sein des mag de prépu shônen, on a un Black Butler qui est complètement pensé et écrit pour un public… féminin.

    J’ai quand même l’impression qu’en Asie, enfin par expérience de vécu personnel, on est beaucoup plus “fixé” sur un le genre féminin et masculin. Les frontières sont beaucoup plus floues ici, au niveau de la lecture, et c’est dommage que les éditeurs continuent à véhiculer du n’importe quoi et des clichés… surtout autour du manga féminin qui est celui qui en souffre le plus, la lie du manga quoi xD. Non y’a le hentai pour ça, c’est vrai.

  7. Arnonaud a dit :

    Je pense qu’en France, on est plus habitué à un tri par genres, et les gens recherchent plus des genres d’histoires que des histoires pour tel ou tel public.
    De toute manière, de manière générale les trois classifications se délimitent comme ça :
    – Shonen : Action, baston avec le jeune héros masculin qui progresse.
    – Shojo : Romance, triangle amoureux, jeune héroïne
    – Seinen : Action violente, manga sombre, héros un peu plus âgé.
    Du coup, ça entraîne des confusions quand on veut parler des pantsu/ecchi (je ne sais plus si il y a une vraie différence entre ces deux appellations, et ça reste de toute façon des histoires du même type) avec des gens qui penses que ce sont des shojo et donc pour un public féminin, et les couvertures roses n’arrangent pas l’affaire…
    De même, le Seinen regroupe un large panel de type d’histoires. Et c’est énervant/dommage de voir que quand l’on dit qu’on aime le seinen, les gens s’imaginent qu’on aime les trucs dark plein d’action alors qu’on parle de manga tranche-de-vie type Genshiken, Yotsuba&, Thermae Romae, La cité saturne ou les mangas d’Urasawa (et l’ensemble de ces titres n’a que peu de rapport avec les titres comme Berserk, Gantz ou Vinland Saga).

  8. ramza a dit :

    A-yin > Merci pour le commentaire bien détaillé 🙂 Tu fais partie de la petite proportion de gens qui lisent les mags jap et qui les conaissent bien et je suis d’accord avec toi sur ce point : les éditeurs jap conaissent bien mieux le sens de leur terminologie – logique c’est la leur en mm temps – mais ca ne les empêche d’etre contradictoire.

    De tt façon le critère de public cible amène ce genre de souci : on a ts une vision de ce que lit une fille, un ado, un adulte… Et avec tt les intermédiaires du mangaka au libraire français, c’est évident que c’est casse-gueule.Et si on respecte aveuglément la classification jap on se gourre également, car le public cible est différent.Sans compter ceux qui font effectivement n’importe quoi a coup de cliché dévastateur :/

  9. Yomigues a dit :

    Je suis d’accord avec toi Gemini, c’est vrai que c’est un sujet vu et revu, mais Paoru l’explore lui aussi très bien. Du début à la fin de la chaîne, nous devons tous être vigilent. C’est plutôt pour le jeune lectorat que je m’inquiète, une gamine de 10 piges avec X de Clamp entre les mains ou Life parce que c’est classé Shôjo et que c’est ce que sa mère lui prend à l’habituel… Soyez vigilants :/

  10. Shōnen, seinen et shōjo, des crit&egr... a dit :

    […] Ils adaptent ainsi certains titres en les transférant d'une catégorie à une autre : on voit régulièrement un seinen devenir un shōnen ou inversement et on constate que le shōjo englobe souvent le josei… Sauf quand ce dernier, …  […]

  11. Natth a dit :

    Pour ma part, j’apprécie la classification japonaise pour son coté “évolution historique” (ou plutôt micro-historique vu que le manga date du début du 20è), sans oublier l’influence économique et sociale sur le milieu de l’édition. On ne touche pas un garçon ou une fille des années 70 de la même façon qu’un ado des années 2000, mais l’accès à l’ensemble de la catégorie éditoriale donne accès à certains côtés de l’évolution culturelle du pays. Lorsque l’on s’intéresse suffisamment à un certain type de manga, c’est aussi un nouveau regard sur ce que l’on apprécie, un enrichissement qui vaut la peine qu’on se donne un peu de mal pour y accéder. Mais tout cela, ce n’est pas rentable. Il est donc tout à fait normal que les éditeurs français créent de nouvelles collections, comme tu le signales dans ton article. Au niveau de l’évolution du manga, cela me paraît d’ailleurs plus sain. Mais ceux qui s’accrochent aux termes japonais devraient savoir ce que cela veut dire, qu’ils ont impliqué des changements de thèmes et d’auteurs (comme le développement du shônen d’auteurs féminins) et qu’ils sont donc à des kilomètres du classement thématique que l’on sous-entend en France. Pour résumer, j’ai l’impression que la réelle richesse du classement shônen/shojo/seinen et autres est trop souvent mal comprise. Dans ce cas, je pense qu’il faudrait effectivement oublier ce type de classement.

  12. a-yin a dit :

    D’accord avec toi Natth, c’est intéressant de savoir dans quelle catégorie éditoriale un titre fait partie, dans quel mag il a été prépublié, pour voir l’évolution culturelle d’une population. Tout à fait. Du coup, ces histoires de catégories, ce serait plus intéressant pour un public curieux voire connaisseur qui se pose des questions au final.

    Enfin, à ramza: je ne lis aucunement le japonais ^^; je galèrerais beaucoup moins sinon. Ce serait chouette mais j’ai raté le coche comme on dit.

  13. Natth a dit :

    Il y a des sites comme Manga-Updates, Comipedia ou Amazon.jp qui permettent de s’intéresser au marché japonais sans maîtriser la langue et sans recourir au scantrad. Il y a parfois un côté très frustrant quand on accroche bien à un résumé, mais c’est toujours plus constructif que de ne rien savoir.

  14. Shōnen, seinen et shōjo, des crit&egr... a dit :

    […] Tout le monde connait ces critères historiques de classification du manga. Tout le monde les utilise. Tout le monde a un avis sur ce qu'ils représentent. Et pourtant, aujourd'hui en France, personne ne les utilise de la même …  […]

  15. ramza a dit :

    Tu es donc la preuve qu’on peut s’intéresser aux magazines japs sans parler la langue, +1 !

  16. ramza a dit :

    Tiens du coup, toi qui t’y intéresse Natth, que vaut la section VO de manganews ?

  17. ramza a dit :

    Tu as très bien décrit l’utilité de ces critères et de leur analyse.

    En fait j’ai du préciser, dans mon titre, “en France”. Car c’est bien l’exportation de cette terminologie et son utilisation en catégorie de classification primaire qui me gêne, comme des noms de collections. En plus, avec le temps et les maladresses ils sont devenus trop brouillons, contradictoires et discordants entre le Japon et la France, entre les différents lecteurs, entre les libraires et les éditeurs.

    Et, mais là c’est plus perso, j’avoue je ne suis pas d’accord avec cette classification en plus, sur son fondement de tri par public cible, surtout sur les frontières que ça engendre. Je suis partisan du young-seinen ou shonen up par exemple, même si un seul terme serait pas mal avant d’embrouiller encore les gens, et je pense qu’on devrait accepter – une bonne fois pour toute – de parler de titres qui sont plusieurs catégories à la fois ou entre les deux, quitte à débattre sur l’influence prédominante…

    Je me demande si des collections par sous-genres nippons comme le nekkutsu, le magical girl, etc – thématiques donc – avec une bonne pédagogie, pourrait être un bon “nouveau” départ, et elle nous apporterait des clés de compréhension en plus. Mais pour un éditeur avec des collections déjà établis depuis x années, je ne vois pas comment il pourrait le faire. Faudrait avoir des sacrés corones quand même !

  18. Kiba-chan a dit :

    Moi ce que je trouve dommage dans ce classement c’est que un libraire qui s’y tient et qui n’y connait pas grand chose en plus n’a pas les conseils appropriés. Personnellement je suis un peu touche à tout et du coup je me souviendrais toujours de cette fois où j’ai demandé conseil à mon libraire alors que j’étais au collège et il m’a directement mise sur des shojo parce que j’étais une fille alors que ce que je recherchais c’était avant la romance, une histoire plutôt fantastique/ aventure et j’ai trouvé ça navrant comme si on me fermait dans une cage. Après je ne suis pas aussi calée en manga que vous mais sur tout ce que je lis pour enrichir ma culture manga j’aime justement piocher dans tout les genres et je me rends comptes que la classification japonaise à chez nous parfois des sens très larges. Je suis d’accord également que c’est trompeur de rester sur les grandes catégories japonaises comme je l’ai lu dans le commentaire précédent pour l’achat de X ou Life sous prétexte que c’est dans la catégorie shojo. Pire j’ai des amies qui se focalisent que sur ça sous prétexte que shonen c’est que pour les mecs j’ai tenté une fois de lui faire lire autre chose sans lui dire que c’était un shonen et elle a adoré. Enfin voilà moi je trouve que l’idée de lancer des collections comme Latitudes chez Ki-oon c’est plutôt une bonne idée. Ma bibliothèque perso je la range par auteur donc je n’ai pas trop le problème de classification par genre. Mais ce que tu as dit dans ton article me semble très juste.

  19. ramza a dit :

    Je fais aussi le classement par auteur, pour mes préférés, qui ont leur deux étagères pour eux. Et le reste par genre en général.

  20. a-yin a dit :

    Je n’apporterai rien, mais je trouve ce que tu dis révoltant Kiba-chan.

  21. Oncle Joe a dit :

    J’ai arrêté de me poser des questions en voyant dans la plupart des librairies (FNAC et Virgin entre autre) Yotsuba&, Suzumiya Haruhi, School Rumble et K-on rangés dans les “shoujo”… ça me rappelle comment je fais bien d’être un weeaboo qui n’achète que ses manga en VO chez junku, ça empêche de s’agacer inutilement.

  22. ramza a dit :

    Dans quel sens, parce que tu es d’accord ou l’inverse ?

  23. Natth a dit :

    Je n’ai pas vraiment d’avis sur le côté VO de Manga-News, car je ne l’utilise pas. Je ne liste que mes mangas VF pour éviter les doubles et ne pas rater une sortie. Cependant, j’ai remarqué que l’équipe de ce site réagit rapidement lorsqu’il s’agit de rajouter un manga dans la base. Elle me paraît plutôt riche d’ailleurs, car ils n’attendent pas non plus les demandes pour enregistrer la plupart des titres.

  24. Gemini a dit :

    ramza >> En France, il s’agit totalement de noms de collection, ce qui explique notamment que les éditeurs se permettent de ne pas respecter la classification japonaise à laquelle ces mots se réfèrent à l’origine. En fonction du public qu’un éditeur veut toucher en France, il s’adapte en plaçant un manga dans la collection correspondante ; Prunus Girl (j’adore cet exemple) a été publié dans un mangashi shônen au Japon, mais Soleil Manga pense qu’il intéressera plus le lectorat féminin dans la mesure où il s’agit d’une comédie romantique en milieu scolaire, donc il le classe dans sa collection shôjo. Idem pour 7Seeds, Trinity Blood, ou Kids on the Slope dans des collections seinen. Dans la mesure où les éditeurs doivent composer avec des lecteurs qui demandent ces termes mais n’en saisissent pas toujours les subtilités, cela me parait nécessaire.

  25. Oncle Joe a dit :

    Le problème, c’est qu’il est temps que les gens se rendent compte que la classification shounen/shoujo/seinen des “tankoubon” (les manga publiés sous forme de volume) n’existe qu’en occident, un de ces stéréotypes de “gaijin” bien de chez nous sur le japon en somme. Certes, les manga sont publiés dans des magazines qui ciblent un public précis, du salaryman qui aura son magazine avec des manga se passant dans le milieu des entreprises à la dame d’un certain age qui aura son magazine avec romances historiques à la Sissi l’impératrice. Mais rendez-vous dans une librairie au japon (ou pour les parisiens junku/book-off pour avoir un aperçu), et vous verrez que les manga sont classés par ÉDITEUR japonais peu importe leur appartenance shounen/seinen. Ça va faire parler les féministes mais seul le “shoujo” est une catégorie à part (reconnaissable par le flan rose et/ou gros caractères/logo rouge ou or) comme peut l’être le “hentai” par exemple. Ceci est du au fait que l’on considère encore aujourd’hui qu’un manga “shounen” est lu tout aussi bien par des filles, alors qu’un “shoujo” n’est lu pratiquement que par des filles.

    De plus, essayer de catégoriser un manga tout-public en SOIT shounen SOIT shoujo est tout simplement stupide. Demandez à un français de vous donner le nom d’un manga shounen, 8/10 il vous donneras le nom d’un manga de chez Jump magazine, car c’est principalement de chez Jump que sortent les “shounen de base” les plus connu, et c’est avec cette image stéréotypée des shounen qu’en occident on essaie d’étiqueter les autres manga en shounen/shoujo. Donc qu’en est-il des manga de chez Kadokawa, Kirara ou Champion ? Dans quelle catégorie on met des manga comme Suzumiya Haruhi, K-on, School Rumble, Soredemo Machi ga Mawatteiru, Prunus Girl ou Ika-musume ?

    Peu importe le magazine dans lequel ces œuvres sont publiés. Jump est ciblé shounen (jeune garçon) parce que la majorité du contenu est “shounen”, mais ce n’est pas le cas de TOUT les manga publiés dans Jump. Quand un manga sort en ‘tankoubon’ il devient ‘indépendant’, les autres manga du magazine ne sont plus là pour “influencer” l’image du manga. Même si mystérieusement, les shoujo restent “shoujo manga” quoi qu’il arrive. La seule chose qui donne une impression de pseudo-classification est le fait que comme les manga sont classés par éditeur, alors forcement on va retrouver les manga baston/shounen de base d’un côté (parce que principalement de chez Jump), les tout-public au milieu et les seinen de l’autre, avec au bout le rayon tout rose du shoujo.

    Donc en gros pour résumer (pour ceux qui ont la flemme de lire et scrollent jusqu’en bas), la catégorisation des tankoubon au japon est principalement : Tout-age Tout-public Tout-genre// Shoujo // Large (manga grand format, type K-on). Le coup du shounen/shoujo/seinen c’est juste un de ces bon vieux stéréotypes de gaijin qui veut faire absolument “japonais” pour faire “staïle”… un peu comme ces gens qui appellent “shounen-ai” ce qu’on appelle tout simplement au japon “BL (boys love)”…

  26. Shōnen, seinen et shōjo, des crit&egr... a dit :

    […]   […]

  27. Céline a dit :

    “Un titre comme Life peut-il être mis dans les mains d’une pré-ado de 8/10 ans ? Non.”

    Merci ! Enfin quelqu’un qui s’en est rendu compte…
    Il y a encore plus choquant : Peach Girl (qui traite du même sujet que Life en beaucoup moins bien).

    L’héroïne se fait juste violée dedans… mais oui c’est un shôjô “positif”, “coloré” qui plaira à toutes les jeunes filles qui aiment la romance.
    Le jour où je l’ai lu j’ai été scandalisé. (En même temps si je ne m’abuse c’est Panini, on aurait dû leur retirer leur licence).

  28. La revue de presse du 6 au 12 mai | Club Shojo a dit :

    […] Shōnen, seinen et shōjo, des critères inutiles ? […]

  29. Shōnen, seinen et shōjo, des crit&egr... a dit :

    […] "Tout le monde connait ces critères historiques de classification du manga. Tout le monde les utilise. Tout le monde a un avis sur ce qu’ils représentent. Et pourtant, aujourd’hui en France, personne ne les utilise de la même façon, n’y apporte la même signification, et ne les définit par rapport à la même norme. Et pourtant tout le monde a, à chaque fois, un peu raison et un peu tort."  […]

  30. Lucille Glenn a dit :

    Sur la totalité des mangas édités en France, seulement 4 séries ont été tirées à plus de 20000 exemplaires, ce qui est très peu. Du fait de leur thématique romantique et de leur image plutôt négative, les shôjo ont beaucoup de mal à recruter de nouveaux lecteurs notamment parmi le public masculin, à la différence du shônen qui parvient à séduire de nombreuses lectrices.

  31. Allan a dit :

    La classification, qu’on se le dise, elle est toujours perfectible, jamais parfaite. Mais j’ai l’impression que ce débat soulève une autre question, plus large et récurrente dans le monde du livre : celle de la réception. C’est à dire que la permanence du texte se heurte à l’impermanence de la lecture. Il y a toujours un écart entre les deux, un écart qui est déterminé par un horizon d’attente. L’horizon d’attente, lui, est représenté par plusieurs facteurs :

    – l’expérience préalable que le public a du genre dont l’œuvre relève.
    – la forme et la thématique d’œuvres antérieures dont l’œuvre présuppose la connaissance.
    – l’opposition entre monde imaginaire et réalité quotidienne ; à savoir que l’oeuvre est appréhendée par rapport à l’arrière plan de l’expérience quotidienne de la vie du lecteur.

    Quand une oeuvre change notre vision du monde, elle remet en question ces facteurs.

    (c’était la petite introduction théorique un peu barbante) Mais voilà où je veux en venir :

    Dans le cas du manga, le débat est d’autant plus complexe qu’il doit prendre en compte un phénomène d’acculturation. Phénomène qu’on sait compliqué étant donné qu’il subsiste un fossé énorme entre la culture occidentale et la culture nippone. Le problème ne date pas d’hier. Lorsque le manga est arrivé en France, les éditeurs étaient déjà confrontés à des problèmes de codes : entre autre, concernant le sens de lecture à adopter pour le public français. Encore aujourd’hui, des auteurs tel que Taniguchi, bénéficiant d’un large succès en France, sont encore publiés dans un sens de lecture française. Sans doute, dans ce cas, parce que l’esthétique du manga se rapproche beaucoup d’une esthétique de la BD franco-belge et que l’éditeur français joue évidemment avec ce rapprochement. Pour certains libraires, d’ailleurs, Taniguchi représente une sorte de passerelle entre la BD et le manga et ils tâchent de le présenter ainsi au lectorat dans le but de favoriser une plus grande ouverture au manga.

    Il me semble du coup que la classification japonaise se rattache également à des critères esthétiques (l’utilisation des trames, le style de dessin, le découpage des scènes, etc…), à des critères thématiques (concernant le degré de maturité des thèmes et des sujets abordés) et je dirais aussi à des critères de censure (sur la question de la violence et du sexe par exemple). Je crois qu’à ce sujet, transposer la classification shonen/shojo/seinen en France, de manière à ce que le système reste utilitaire pour tout le monde et pertinent, présuppose un minimum de connaissance de la part des acteurs de la chaîne du livre à la fois sur la culture nippone (ses moeurs, sa société, son histoire, ses arts et ses degrés d’interdits), sur les codes du manga et sur la réception de ce dernier au japon. Les publics ne sont effectivement pas les mêmes. Le travail d’adaptation est donc nécessaire mais doit, à mon avis, se faire intelligemment. Plaquer des catégories japonaises n’est pas une solution. Les supprimer n’est pas mieux. Les comprendre et les adapter en mettant notamment en place une nomenclature explicative me semble être une réponse plus constructive et respectueuse d’un art à part entière. Il manque l’essentiel à la réception du manga en France : que nous lui accordions, comme les japonais, autant de légitimité qu’aux autre formes d’expressions. Il est passé le temps où nous considérions le manga comme une pacotille bon marché (surtout depuis que son prix ne cesse d’augmenter ! ^^), la France est aujourd’hui le deuxième lecteur de manga au monde après le Japon. Gardons ce qui fait sa singularité.

    Admettons que la première question que se pose un médiateur du livre lorsqu’il s’apprête à conseiller un manga n’est pas “A quel genre ou thème appartient t-il ?” (la frontière entre les genres est presque plus poreuse et restrictive qu’entre les catégories) mais plutôt “A quel public s’adresse-t-il ?”. C’est une réalité qui met bien souvent en jeu la confiance entre le libraire et son client, d’autant plus lorsque le client est une collectivité (telle qu’une bibliothèque ou un CDI collège/lycée…). Libre à un enfant d’acheter à la fnac un Ubell Blatt ou un Berserk, avec ou sans l’accord de ses parents mais le libraire ne peut s’engager à conseiller ces titres pour un collège par exemple (avec à la clé la plainte de parents d’élèves). Son jugement se base en amont sur une lecture critique, qui n’est pas tout le temps évidente, c’est vrai. Un des gros problèmes qui touche aujourd’hui le secteur du manga, problème qui se répercute par la suite sur sa réception et sa classification, est que le marché du manga au japon est saturé. Saturation que l’on retrouve en France. La quantité de “déchets industriels” (il n’y a pas d’autres mots) venant s’échouer sur les tables des libraires est tout simplement colossale… Il faudrait pouvoir filtrer cette production pour offrir au lectorat une meilleur visibilité. Là, il me semble, se situe un enjeu important. Ne restons pas buté sur deux positions stériles : une consistant à dénaturer un paysage éditorial étranger et une autre, puriste, consistant à s’identifier coûte que coûte à ce paysage. Au fond, la classification shonen/shojo/seinen est sans doute trop simplificatrice mais d’un autre côté, celle-ci simplifie quand même la réception du manga en France. Accompagnée, comme je le disais, par une nomenclature plus détaillée et par le professionnalisme des médiateurs culturels (rendant toute sa richesse au manga), cette classification peut rester, dans les grandes lignes, relativement pratique.

    En revanche, je ne suis vraiment pas convaincu par un classement par éditeurs… Je n’y vois pas de logique à vrai dire. Ça ne parlerait pas à un lecteur et cela pourrait instaurer une concurrence plus déloyale encore entre les grands éditeurs et les plus petites structures… Ceci dit, je reste ouvert au débat !

  32. Bidib a dit :

    le sujet est peut-être un peu surfait, mais moi je n’est presque rien lu dessus du coup, ben… j’ai trouvé cet article intéressant ^^

    Personnellement je suis pour garder la classification japonaise. Plus par curiosité qu’autre chose. Quand je lis quelque chose j’aime bien avoir des info dessus : sur le genre, le type, l’auteur… des petites infos pour contextualiser (tant qu’à faire, j’aime autant qu’on garde la classification d’origine).

    Par ailleurs, le fait de garder ces catégorie ne gène en rien la classification par le libraire qui peut faire ce qui bon lui semble dans sa boutique, s’il sait ce qu’il vends, y a pas de problème. Dans certains commentaire j’ai comme l’impression qu’on infantilise les libraires et/ les lecteurs, qui les pauvres, ne vont pas s’en sortir. Avant d’acheter un manga pour une jeune fille de 10 ans, ben, on fait la même chose qu’avec n’importe qu’elle autre livre : on lis le résumé on feuillette et on demande conseil au libraire, peut importe le rayon ou il est rangé. Si le libraire ne sait pas quoi répondre, une seule solution : changer de libraire ! Certes le libraire ne peut pas tout lire, mais, s’il fait bien son boulot, il se renseigne sur la signification de chaque catégorie, étudie un minimum son catalogue et cible un peu près le public de tel ou tel album. Quand je dit cibler, je n’entends pas par la garçon/fille. La dernière fois que j’ai voulu acheter un manga pour ma petite sœur je suis aller direct voir le vendeur : “je cherche un manga pour une fille de tel âge qui aime ça ça et ça”. Il m’a très bien conseillé, un shônen.

    On en fait toute une polémique, ce qui me semble assez absurde. C’est pas parce qu’il y a des catégories et qu’elle sont basé sur une cible marketing qu’il faut si cantonner. C’est pas parce que j’aime lire des romans SF que je vais lire que de la SF. Ben là c’est pareil, non?

  33. Lunch a dit :

    Bonjour !
    J’ai tendance à me planter régulièrement sur la classification mais comme tu le dis si bien : nous n’avons pas le même héritage entre la France et le Japon, nous n’avons pas les mêmes codes et de ce fait, c’est normal qu’il existe une certaine distanciation avec les appellations des genres.
    Maintenant, j’aurais quand même tendance à garder les classifications, voire même pourquoi pas à les développer plus encore (josei, yaoi, etc…) histoire peut-être d’en faire quelque chose d’un peu moins mystique.
    Après, j’ai bien conscience que tout n’est pas classable. En Franco-Belge aussi nous en avons des inclassables… A-t-on vraiment besoin d’un cloisonnement ? Je pense pas… maintenant j’aime bien aussi la tradition et surtout le respect de la tradition.

    Un très chouette article en tout cas, bravo !

  34. ramza a dit :

    Bidib > on est d’accord, l’information est interessante , tt qu’elle est contextualisé et entouré d’autres critères, tant qu’on n’en fait pas un critère principal et sacro-saint, qu’on accepte sa subjectivité et son caractère finalement facultatif en fait, pour mieux s’armer, comme tu le fais qd on part a la recherche d’un nouveau titre pour soi ou pour d’autres.

  35. ramza a dit :

    Merci, ravi que ca t’ai plu.

    Je suis assez de ton avis sur le dvpmt des sous genres et j’y ajouterai une classification thématique pour relativiser l’importance du public cible : pour qui c’est ET de quoi ça parle donc.

  36. Shōnen, seinen et shōjo, des crit&egr... a dit :

    […] "Tout le monde connait ces critères historiques de classification du manga. Tout le monde les utilise. Tout le monde a un avis sur ce qu’ils représentent. Et pourtant, aujourd’hui en France, personne ne les utilise de la même façon, n’y apporte la même signification, et ne les définit par rapport à la même norme. Et pourtant tout le monde a, à chaque fois, un peu raison et un peu tort."  […]

≡ Laissez un commentaire

Facebook Twitter Flux RSS

Cherche, petit chocobo !

Lectures manga & Instagram

Facebook

Partenariats


Plumes, le collectif j-blogueur
Le blog de gally

Agr�gator SAMA Jpop DB

Twitter



Archives -/+


Copyright © 2019.Toutes les images et vidéos présentes sont copyright leurs auteurs.
Paoru.fr réalisé sous WP par Ramza et le Nature WP Theme de miloIIIIVII . Connexion | RSS.