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Manga & Japanimation

Adachi, Yukimura, Inoué, Morita et les autres, le dernier Bones ou un opening fandard, c'est ici !

Le shônen sportif ? Parce qu’il le vaut bien !

  • Sumo

Eyeshield-21

Cela fait un bon bout de temps que j’avais envie de vous proposer un article thématique. Grâce à la page que m’offre régulièrement le Shadonia Mag, j’ai récemment réalisé un papier sur l’un des sujets que j’affectionne tout particulièrement dans nos BD nippones : le sport. Ce genre cartonne depuis des décennies au Japon et il est régulièrement présent dans les top 10 des ventes, preuve en est le succès de Kuroko no Basket au Japon l’an dernier.

Néanmoins, sous nos latitudes, les maisons d’éditions ont coutume de l’estampiller “voué à l’échec” ou du moins à un succès très relatif, voir “confidentiel”. Le genre a pourtant eu, très tôt, son heure de gloire en France. Lorsque la japanimation a débarqué sur nos écrans de télévision dans les années 80-90, nous avons découvert que le sport pouvait être le centre d’histoires passionnantes. Impossible de ne pas se remémorer Jeanne et Serge, Olive et Tom, Cynthia ou le rythme de la vieUne vie nouvelle, etc.

Quelques années plus tard le manga papier a connu à son tour son envol et quelques titres sportifs comme Captain Tsubasa ou Slam Dunk ont marqué les mémoires. Après quelques années assez calmes et trustées par une ou deux sagas, ce genre revient en force dans le catalogue de plusieurs éditeurs qui espèrent bien qu’un jour, ces titres redeviennent populaires. Cette tendance – qui je l’espère est une tendance de fond – est l’occasion de revenir sur les codes de ces histoires, où les relations humaines sont transcendées dans l’effort sportif, où chaque personnage se dépasse pour la victoire. Voici donc un modeste article sur ce sujet maintes fois évoqué sur le web, destiné aux néophytes (surtout) et aux passionnés (qui sont insatiables sur le sujet) !

Bienvenue donc… Dans le shônen sportif.

slam-dunk-manga

Nekketsu et quête de soi-même : les codes du shônen sportif

Le nekketsu, ou « sang brûlant » en japonais, est un terme caractéristique du shônen. Il appelle aux valeurs de l’amitié, de l’effort et du dépassement de soi. Un triptyque idéal pour toute compétition sportive. Le héros d’un shônen sportif vit par et pour ce nekketsu : rien ne compte plus pour lui que la victoire et celle de ses coéquipiers, rien n’est plus exaltant que l’affrontement avec le plus fort des adversaires, qui le pousse à se dépasser.

Le genre fait la part belle au talent mais aucun sportif ne fera long feu s’il ne mouille pas son maillot. L’adversaire trop sûr de lui est toujours battu. Néanmoins, la notion de bien et de mal est légèrement différente des standards du shônen. Ici ce némésis sportif n’incarne pas forcément le mal absolu, il force le respect par son talent et son amour du sport. Initialement ennemis, héros et adversaires se quittent d’égal à égal. Ils se serrent dignement la main et se promettent, un jour, de remettre ça… Juste pour le plaisir du jeu.

Hajime-no-Ippo-Georges-Morikawa

Les codes moraux de ces histoires sont simples et universels : l’entraide dans la difficulté, le respect de l’adversaire, la combativité et l’abnégation. Une jolie jeune fille, un pari qui a mal tourné, une sanction disciplinaire, un recrutement forcé sont parfois les déclencheurs qui convertissent au sport les garçons les plus mal famés ou les plus solitaires, mais c’est ensuite par eux-même qu’ils se transformeront en plus grands génies de leurs générations. Pour les plus âgés le sport devient une voie de la rédemption, un moment de pureté dans une existence trouble tandis que les plus jeunes y trouvent une quête d’identité qui représente l’alternative prometteuse à une adolescence sans issue…

S’entremêlent ensuite la découverte du sport lui-même puis celle du talent insoupçonné qui sommeille en vous et vous fera sortir du lot, suivi de l’apprentissage de  l’abnégation et de l’effort, deux clés nécessaires pour transformer le minerai brut en diamant à 1000 facettes. Le chemin est long mais il regorge de succès, souvent in-extremis. Les défaites, moins nombreuses, seront d’autant plus retentissantes. Mais les amitiés qui sont nées sur le terrain prennent alors tout leur sens et insufflent l’énergie nécessaire pour un retour en force tonitruant !

Peu importe le stade, pourvu qu’il y ait l’ivresse !

Le shônen sportif se moque bien de la nature du sport tant que ce dernier privilégie l’esprit sportif et l’ambiance survoltée de la compétition. On retrouve donc un large panel d’activité, les sports populaires au Japon étant les plus représentés : football (Captain Tsubasa, Inazuma Eleven, Angel Voice), basket-ball (Slam Dunk, Dream Team, I’ll, Real et Kuroko no basket), base-ball (Rookies, Major, les œuvres de Mitsuru Adachi), volley-ball (Jeanne et Serge, Crimson Hero), kendo (Bamboo Blade) et autres arts martiaux (Rough, Evil Heart), etc.

Rookies

Néanmoins, les codes sont facilement déclinables et le shônen sportif peut se jouer sur des terrains plus inhabituels : l’escalade (Ascencion), le ping-pong (Ping Pong Dash), le football américain (Eye Shield 21), la natation (Rough), le tennis (Happy!, Prince du tennis), la plongée (Amanchu !), la boxe (Ashita no Joe, Hajime no Ippo, Katsu !, Racaille Blues), etc.

Certains shônens sportifs se mélangent à d’autres genres et peuvent donner naissance à des hybrides. En pôle position : le sport et les mauvais garçons tout droit sortis des mangas furyos. Un combo dans lequel Masonori Morita a connu la réussite avec Racailles Blues puis Rookies. Cela dit le nombre de mix possibles peut quasiment s’étendre à l’infini: course automobile et aventure pour Run day Burst, volley-ball et romance pour Crimson Hero ou encore la recette du moment qui réunit, dans Kuroko no basket, une touche de shônen ai avec du basket… Les beaux athlètes qui transpirent, ça marche et ça attire le lectorat féminin !

Kuroko No Basket

Des sagas sportives pour toutes les générations…

Le shônen sportif possède une autre caractéristique, celle de pouvoir vous accompagner toute votre vie, ou presque. En effet, il offre aussi bien des séries pour les plus jeunes comme Inazuma Eleven ou pour les plus âgés avec Real ou encore Ascencion, qui donnent alors une part plus importante à la psychologie du sportif ou à sa vie hors du terrain. On remplace alors les attaques surpuissantes et incroyables – souvenez vous des légendaires techniques des frères Eric dans Olive et Tom – par un discours plus profond sur la vie exigeante de l’athlète, qui s’accompagne de solitude et de doutes.

Real

Certains titres vont même jusqu’à relever le challenge de vous suivre pendant plusieurs décennies comme Hajime no Ippo, qui a dépassé 100 tomes en juillet dernier au Japon, après 24 années d’existence… Et l’aventure continue toujours ! Les shônens sportifs sont de toute façon des sagas et se déroulent généralement sur plusieurs dizaines de tomes. La raison est toujours la même : parti de rien, notre héros commence dans son petit club de province pour défaire le champion local puis il progresse pour affronter des adversaires de plus en plus forts et remporte des titres de plus en plus prestigieux : champion de la ville, du département, de la région, du pays et enfin champion du monde ! Impossible à raconter en moins de 10 tomes !

Certains poussent même le vice jusqu’à un ultime affrontement qui regroupe une dream team des stars de la série pour un baroud d’honneur. Mais, même sans ça, il existe des ficelles pour prolonger les mangas les plus populaires : chaque sport peut aussi se vivre par saison ! Chaque année connait sa ligue des champions et les coupes du mondes et autres jeux olympiques peuvent s’enchaîner quasiment à l’infini, en théorie. Là où les shônens classiques connaissent des arcs d’une qualité variable, certaines séries sportives vont elles pousser le bouton de la surenchère plus ou moins loin, suscitant là aussi des réactions mitigées. À l’inverse, quelques auteurs vont réussir à se contenter d’une simple histoire à travers une courte saison sportive… Comme Mitsuru Adachi qui compte quelques œuvres aux alentours de la dizaine de tomes. Tout peut même se jouer sur un seul combat, comme dans le récent one-shot Bye Bye My Brother, de Yoshihiro Yanagawa.

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Pour finir, dans la forêt de titres disponibles le chocobo vous conseille Slam Dunk et Real, un shônen et un seinen sportif de Takehiko Inoue qui sont deux incontournables, Eye Shield 21 pour son humour décapant et un graphisme très réussi, Rookies ou Racaille Blues de Masanori Morita pour le charisme de ses personnages, Hajime no Ippo pour des combats hyper-tendus, et enfin l’œuvre de Mitsuru Adachi en général, un spécialiste du genre qui conjugue avec brio sport et amours adolescents…

Voilà, vous savez tout, à vous maintenant de rentrer sur le terrain !

anime manga aggregator sama Sama It!


6 Commentaires pour “Le shônen sportif ? Parce qu’il le vaut bien !”

  1. a-yin a dit :

    Merci pour ce chouette article 🙂 !!! Je voudrais quand même souligner que Crimson Hero, qui mélange sport et romance comme tu le dis, est un shôjo sportif et non un shônen sportif. De même il est fait mention de REAL et Evil Heart qui sont des seinen. Après, si c’est pour présenter le manga sportif, d’accord. Mais comme le titre de l’article parle du shônen sportif…

  2. a-yin a dit :

    Désolée pour le double commentaire… je voulais tout de même recommander chaudement Dream Team en manga sur le basket, qui est effectivement très long, mais néanmoins excellent. Surtout aux lecteurs qui n’ont jamais lu Slam Dunk. Enfin, toujours en basket, je recommande I’LL dans un registre qui mélange la chronique adolescente, un peu poseur mais également très beau, très poétique. Chez Adachi, il y a quand même deux saga de baseball très longues, H2 et Touch. Pour ma part, j’ai une préférence pour Katsu! et Rough (boxe et natation). Rookies est sublime, quant à Racialle Blues, on y parle toujours de boxe, mais la vraie vocation ne commence pour le héros que sur les 4-5 derniers volumes sur les 42 la composant! D’ailleurs, le reste est surtout du manga de furyo, mélangeant des combats plus ou moins longs, et une vie scolaire absolument truculente, registre dans lequel excelle Morita. Je ne peux que recommander ces moments de douce connerie ^^

  3. ramza a dit :

    Oui effectivement j’ai regroupé les manga sportifs. Le genre est prédominé par le shônen, d’où le titre de l’article, mais c’est vrai que j’ai élargi le champ… Je dépasse même la ligne sur Racaille Blues qui est beaucoup plus furyo que sportif j’en conviens… Mais moi dès que je peux parler de Racaille Blues, je n’hésite pas ^w^

    Content que l’article t’ai plut 🙂

  4. arnonaud a dit :

    Mais… On parle de manga sportif et on parle pas du sublime Ashita no Joe ? Je pense qu’il fait parti des bonnes lectures du genre !
    Sinon, en élargissant le champ, et en sortant du shonen, le sommet des dieux est aussi un chef d’oeuvre de manga sportif.

  5. ramza a dit :

    Bonjour Arnonaud,

    Ashita no Joe est bien cité dans les mangas de boxe 😉

    Le sommet des dieux non, autant pour moi. Sans doute parce que je n’aime pas Taniguchi et du coup je l’ai zappé :/

  6. Le shônen sportif ? Parce qu'il le vaut b... a dit :

    […] Le nekketsu, ou « sang brûlant » en japonais, est un terme caractéristique du shônen. Il appelle aux valeurs de l'amitié, de l'effort et du dépassement de soi. Un triptyque idéal pour toute compétition sportive.  […]

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