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Les éditeurs recrutent fans et journalistes… C’est grave docteur ?

Aujourd’hui, je vous propose de se poser deux secondes, et de réfléchir. Je prend la plume pour mettre en lumière un sujet qui me chagrine : le recrutement par des éditeurs de fans et de web-journalistes pour l’écriture de contenu.

Cet écrit ne se veut pas forcément polémique, même si une remise en question peut difficilement éviter ce terrain, mais il a pour but de faire réfléchir à deux fois avant de foncer tête baissée dans des propositions qui semblent enthousiasmer unilatéralement le web. Je me fais donc l’avocat du diable, un chocobo à plumes rouges et à fourche, deux petites pointes sur le haut du crane.

Depuis hier il existe deux cas de figures, et donc deux pistes de réflexions…Mais avant je fais un petit rappel.

J’ai déjà évoqué le sujet des services presses l’an dernier. Pour rappel, l’éditeur nous fournit une œuvre afin de pouvoir la chroniquer sur notre propre média, en donnant notre avis. Soit l’éditeur nous envoie l’œuvre et se risque à le faire pour rien si la plume en face n’est pas convaincue, soit c’est le journaliste qui la demande car il a choisi d’en parler. Bon l’indépendance de ce système est remise en cause de temps à autres mais c’est ainsi que le journalisme professionnel marche depuis toujours et ce n’est pas le sujet du jour.

Le rappel est fait, passons au premier cas, qui a été lancé il y a quelques mois : celui de Bishi-Bishi.

Bishi-Bishi : les web-journalistes présentent les œuvres

Bishi-BishiAfin de mettre en avant les œuvres de ses artistes le directeur éditorial de Bishi Bishi, que nous avons déjà croisé ici pour le débat j-music, a proposé à une dizaine de plumes rodées et qui ont fait leurs preuves d’écrire sur les nombreux artistes du catalogue.

Précision importante : il a été demandé de faire une présentation et non pas une critique. Donc pas de reproche possible sur l’influence de l’éditeur sur le contenu publié. C’est au rédacteur de choisir les artistes dont il a envie de parler, l’éditeur lui fournit les morceaux au format numérique et il parlera du papier et du média impliqué contre les quelques lignes de ce dernier. Le deal me parait honnête et m’a tenté mais j’avoue que je n’ai pas réussi à caler un projet bénévole de plus dans mon planning.

Pas de paiement en argent ou en nature donc pas de risque d’intérêt à écrire plus pour gagner plus, un libre choix de contenu que l’on met en avant et pas d’avis sur le titre. Bref, le rédacteur n’a pas suffisamment à gagner pour être taxé de corrompu et en plus il publie les papiers sur son média, qui est donc nourrit.

Le média prend un petit risque en terme d’image – car pour, certains collaboration avec pro veut dire corruption ipso facto – et l’éditeur est 100% gagnant (pas besoin d’embaucher quelqu’un pour faire une com qui se fait tout seul, et un bon point en terme d’image), mais après tout c’est lui qui a eu la bonne idée. Et puis pour une fois qu’on propose à des rédacteurs-fans d’entrer dans la boucle, on ne va pas jouer les pucelles effarouchées !

La nouvelle proposition qu’a fait hier Kana me laisse plus perplexe…

Kana “embauche” des chroniqueurs pour son blog

Kana

Plusieurs des précautions prises par Bishi-Bishi semblent avoir disparu ici. Le rédacteur est toujours bénévole ? Plus ou moins en fait : “vous recevrez des tomes en avant-première et de nombreux autres cadeaux pour votre participation à notre communauté.” Pas de rétribution financière mais entre des albums au format numérique du cas précédent et des cadeaux pour participation à la communauté, il y a un petit pas de franchi. Les rédacteurs sont donc plus ou moins à la même enseigne que certains petits et moyens médias web, dans le sens ou nombre sont eux aussi semi-bénévoles. Sauf que là, ils opèrent pour Kana, ce qui m’amène au second point…

Demander de publier une chronique et donc de donner son avis sur un titre qui sera publié sur le blog de l’éditeur ? Si Kana accepte de prendre complètement le risque et publie les papiers négatifs sur ses titres les plus faibles on pourra tous l’applaudir pour l’éditorial. On attend donc avant de porter un jugement mais on peut mettre en avant des contradictions probables…

Comme tout site éditeur, il s’agit d’un espace de communication et de mise en avant de contenu. Les éditeurs grincent des dents lorsqu’ils font de la communication dans un média et que ce dernier descend le titre qui est justement en pub. Est-ce que l’image gagnée par la création d’une communauté participative vaut une mauvaise image pour un titre ? Bonne question.

Pour revenir à la gestion de cet éditorial : “En échange d’une chronique hebdomadaire et de l’un ou l’autre dossier, vous recevrez des tomes en avant-première et de nombreux autres cadeaux pour votre participation à notre communauté.” 4 chroniques hebdos… Sur les mêmes titres pour donner un avis plus large et plus crédible ? Des chroniques différentes pour que chacun ne chronique que ce qu’il aime ? Et d’ailleurs les tomes, qui choisit ce qui est envoyé ? Kana ou le rédacteur ?

Dernier point : on met les questions sur l’éditorial de coté, on passe à un autre problème. Si tout fonctionne dans le meilleur des mondes sur cette plate-forme et que les autres éditeurs décident de se lancer dans le même genre d’aventure, quid des web-journalistes ? Pour en revenir au cas particulier de Kana, si j’en juge des relations presses qui vont d’excellentes à fantomatiques selon les cas, de quel œil doit-on voir ce projet ? Y aura-t-il mise en concurrence de cette plate-forme et d’autres ? Si on peut espérer qu’il n’en sera rien pour les sites web déjà installés et de premier plan, que dire du cas des blogs ?

Alors que ces derniers émergent de plus en plus – et de mieux en mieux – depuis quelques années, cet initiative est-elle complémentaire ? Une preuve d’une reconnaissance ? Destinée à remplacer ceux qui travaillaient jusqu’ici avec les éditeurs ? On ne peut pas incriminer Kana sur leurs intentions, on ne les connait pas et rien ne nous dit qu’ils ne cherchent pas une relation gagnant-gagnant avec leur public, mais la généralisation de ce genre de projet sera-t-il un boosteur pour les plates-formes blogueuses ou le contraire ?

Comme vous le voyez tout ça pose beaucoup de questions… Et doit en poser de toutes façons, lorsqu’un éditeur propose du contenu proche ou similaire à un contenu de type journalistique, il faut prendre le temps de réfléchir et de s’interroger, pour ne surtout pas céder à l’attrait de l’e-égo sans avoir pesé le pour et le contre.

J’enverrai ce weekend un mail à Kana, en  leur proposant de répondre à ce post s’ils le souhaite, pour défendre leur projet et préciser son fonctionnement. On verra bien ce que ça donnera. Si Bishi-Bishi veut lui aussi apporter un commentaire, pas de soucis, au contraire !

Edit : les réponses de Kana

Kana a immédiatement répondu à ma proposition de réponse et j’ai eu l’occasion de m’entretenir ce matin en direct de Belgique avec François Burniaux, chef de projet internet des éditions Kana. Voici ce qu’il en ressort…

Selon Kana, le projet a pour but de renforcer voire d’agrandir la communauté mise en place par Kana sur leur page Facebook. Un concours d’habillage du blog fait par les fans allaient d’ailleurs dans ce sens il y a peu. Kana souhaite également se rapprocher de cette communauté et interagir avec elle, que ce soit par une séance photos dans leurs bureaux de Bruxelles ou, comme le dit François Burniauxen jouant le jeu des avis positifs ou négatifs” à travers ces fameux chroniques-tests.

Le projet est pour l’instant dans sa phase de recrutement, qui s’avère déjà très populaire vu que plus d’une centaine de propositions sont arrivées sur la boite mail de Kana depuis vendredi. François Burniaux explique que les 4 testeurs seront, dans l’idéal, d’âge et d’affinités différentes : un chroniqueur de 15 ans, un de 20, un de 25 par exemple mais aussi un qui aime les shôjos, un autre les shônens, etc. Il ajoute qu’il recherche surtout à recruter des fans, pour des contenus passionnés, qui se démarquent le plus possible des écrits de journalistes. L’occasion d’ailleurs pour François Burniaux de préciser qu’il ne s’agit en aucun cas de remplacer ces derniers, et qu’il se tourne davantage vers le partage de lecture. Pour lui les deux types d’écrits seront différents, ceux du blog Kana seront partisans et viendront compléter des écrits plus posés et argumentés des journalistes. L’expression “Du fan vers – ou pour – le fan“, revient d’ailleurs à de nombreuses reprises dans notre entretien.

Des contacts vont donc se nouer avec les profils les plus intéressants et seront gérés au cas par cas. Kana définira les préférences de chacun puis enverra dans un premier temps les nouveautés correspondantes à ces profils. François Burniaux ne ferme cependant pas la porte à une collaboration sur une série complète qui serait une vraie passion chez le testeur. Chaque mois, chaque chroniqueur écrira un post, directement via l’interface (wordpress) du blog. François Burniaux précise qu’une relecture sera faite pour corriger les fautes d’orthographes mais uniquement ce genre de fautes. Une chronique hebdomadaire sera publiée sur le blog et on aura donc le droit chaque semaine à un avis de l’un des 4 mousquetaires de l’équipe montée.

Tous les webmasters savent donc qu’il y a là un vrai challenge car garder une équipe stable sur le long terme est un vrai défi.

On en arrive donc aux cadeaux annoncés par Kana dans sa news. François Burniaux précise qu’il peut s’agir aussi bien d’invitations sur les salons manga et l’occasion “de passer de l’autre coté du stand“, de goodies en provenance du Japon, de tomes dédicacées, etc. Des avantages pour les fans donc, dans la logique et l’esprit cités plus haut.

Enfin Kana a bien pris conscience que ce sont les futurs écrits de ces recrues qui seront le vrai miroir de leur politique éditoriale. Les écrits de passionnés peuvent s’avérer très prenants, susciter l’empathie et peuvent aussi démolir une œuvre de manière très péremptoire, violente ou aveugle. Ces écrits passionnés sont donc un risque que Kana dit vouloir prendre.

On attend donc le résultat, et pourquoi pas les témoignages de l’intérieur, avec impatience !

Merci en tout cas aux éditions Kana et à François Burniaux pour leurs réponses.

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23 Commentaires pour “Les éditeurs recrutent fans et journalistes… C’est grave docteur ?”

  1. Céline a dit :

    Alors attention quand même pour Bishi Bishi, il te manque une partie des éléments (ou tu ne les cite pas) et pour le coup c’est pas un si bon exemple.
    Dans le sens où l’échange qui était proposé était tout de même commercial et affiché comme tel.
    Le paiement existait bel et bien (et ce n’était pas la musique) et c’est pour ça que ça a posé des problèmes administratifs par ailleurs (et que ça n’a pas marché).

    Pour Kana, j’avais déjà été contactée il y a plus de 2 ans (soit au tout début du JDJ) justement pour me demander d’écrire pour leur site de manière bénévole. Donc ils y pensent depuis un bout de temps mais ça n’avait apparemment jamais vu le jour…

    C’est pas tellement l’histoire de la ligne éditoriale qui me gêne, elle a ses propres limites.

    Par contre pour le travail des journalistes de ce milieu, c’est tout sauf une reconnaissance. On se trou le cul pour faire reconnaître notre travail, et un coup de main des éditeurs à ce niveau là serait vraiment pas du luxe… En faisant cette opération de recrutement ça ne fait que confirmer qu’on est tous des blaireaux, que n’importe qui peut écrire sur n’importe quel sujet sans être payé et que c’est tout à fait normal. C’est juste opportuniste.

    Mais on a déjà perdu puisque le travail qu’on fait c’est du LOISIRS, les mangas gratuits, les interviews tout ça… Pourquoi on devrait être payé, c’est pas du travail c’est du pur FUN et c’est bien connu que ça prend 5 minutes de nos journées.

  2. Guu a dit :

    Le système existe déjà bel et bien pour les communauté de lecteurs (de romans s’entend), ou plusieurs maisons d’éditions ont leur pool de “chroniqueurs”, à qui ils envoient régulièrement des ouvrages, de leur choix.

    Par exemple Gallimard Jeunesse, qui envoie en moyenne 1 à 2 romans par mois, en échange d’un article qui sera relayé sur la page Facebook et le blog de l’éditeur. Libre à l’éditeur de sélectionner des “morceaux choisis”, mais l’intégrale des avis est bien mise à disposition du public.

    En ce qui concerne la question du “mauvaise critique = fini les “sp” “… c’est à chacun de voir. J’ai vu des lecteurs encenser chaque ouvrage reçu pour être sure d’en recevoir d’autres (et faire de la lèche pas possible aux attachées de presse.). J’en ai vu d’autres au contraires prendre le temps d’écrire une chronique argumentée du pourquoi ils n’ont pas aimé. Ca m’est arrivé, ca ne m’a jamais porté préjudice au contraire, puisque cela m’a même amené a échanger directement avec un auteur à ce sujet ^^

    Quand à savoir si les fans ne vont pas porter préjudice au journalisme… La encore difficile de généraliser. Quand comme moi on a déjà eu affaire à un journaliste n’ayant pas lu le bouquin , l’avouant mais écrivant qd même un article dessus.. j’avoue préférer l’avis de personnes qui se sont vraiment penchées sur le sujet, qui en parlent avec leurs mots et leurs tripes sans qu’une pression financière ou professionnelle pèse dessus.

    En tout cas tu as raison Chocobo-san, la question doit se poser.. mais il y a tellement de paramètres incontrôlables (Ce que visent les éditeurs, comment le prennent les fans recrutés…) qui entrent en jeu qu’il n’y aura probablement jamais de réponse claire 🙂

    PS: Juste une question.. quelle est la définition de “web journaliste” dans ce contexte? A vous lire Céline et toi je n’ai pas l’impression d’avoir la même vision.

  3. Gemini a dit :

    “quid des web-journalistes ?” Ben, ils achètent leurs manga, tout simplement ? Il ne faut pas se leurrer : concernant les blogueurs, l’immense majorité achète ce qu’ils présentent ; ce qui induit d’emblée un biais dans la sélection des titres, puisque chacun n’achète que les titres qui pourraient l’intéresser. Quant aux médias plus importants – si tant est que le terme de journalistes leur soit plus applicable qu’aux blogueurs, mais j’en doute fort – je suppose que si les éditeurs trouvent leur compte dans la relation actuelle qu’ils mènent avec eux, ils n’ont pas de raison de changer ; bonne ou mauvaise, une critique permet déjà de faire parler d’un titre, ce qui – j’en suis persuadé – est toujours bon à prendre pour les éditeurs. Pour revenir sur les services presses, j’estime qu’ils ne me dérangent pas du moment que les auteurs respectent la loi en indiquant bien quelle œuvre n’a pas été acquise dans le commerce mais offerte par une maison d’édition ; malheureusement, cela ne semble pour ainsi dire jamais le cas…

    Concernant Kana, je ne veux pas leur jeter la pierre de suite, mais il est peu probable qu’ils publient ouvertement des critiques négatives sur leur propre plate-forme. Akata le fait indirectement en hébergeant Mangavorace – heureusement considéré comme indépendant, et qui ne publie de toute façon pas que des avis sur les titres Akata – tandis que sur twitter, ils prennent un malin plaisir à retweeter de manière compulsive tout avis un tant soit peu positif à leur encontre ; mais il ne faut pas rêver : jamais ils ne mentionneront un avis contraire. C’est de la logique commercial, peu probable que Kana fasse différemment.

  4. ramza a dit :

    Céline > Merci pour les infos sur Bishi-Bishi, ce n’est donc pas si positif que ça. Dommage.

    Pour Kana, c’est donc plus problématique puisque, vu que qu’ils ont essuyé des refus de sites reconnus ils cherchent à ratisser plus large. Tout contenu est donc bon à prendre quelque soit sa qualité… Si c’est le cas, nous sommes donc interchangeables à leurs yeux. Après on connait tous les deux les difficultés à recruter des plumes correctes qui écrivent de façon régulière. J’attends de voir leur résultat et comme je le disais plus haut, j’espère que les gros sites webs pourront y trouvé des recrues. C’est de bonne guerre comme on dit ^^

    Guu : web journaliste n’est pas un terme applicable à ceux qui vont bosser pour Kana, ils seront chroniqueur en théorie, si ils peuvent s’exprimer sans contrainte. Ensuite comme tu le dis les éditeurs ont leur chroniqueurs, comme dans le monde professionnel. Les réseaux de contacts d’une attaché de presse quoi. Là où le bat blesse dans la proposition Kana c’est que tu écris pour eux et chez eux. D’où l’énorme “?” quand à la liberté éditoriale. S’ils ont 4 redacs hebdomadaires, c’est pour en publier 4 ou en garder que les positifs ? J’essaye de m’imaginer dans le back office / admin du site de Kana, je me sentirais franchement pas à l’aise !

    Gemini : je dépense 150 à 200 euros par mois en manga, en plus de ce que je reçois des éditeurs. Je gagne une moyenne de 60-70 euros avec ce travail en ce moment. Je voudrais pouvoir vivre de ce métier, partiellement au moins. Ce qui est impossible en achetant tout ce que je dois lire (pour faire le tri et choisir les titres les plus convaincants). Un exemple concret : après deux demandes infructueuses chez Kana je suis allé acheté Pun Pun moi-même, les 2 premiers tomes de ce nouveau Asano (qui m’a un peu déçu by the way). Le souci c’est que ça, je ne peux pas le faire à l’infini. Et je ne parle pas des œuvres des auteurs que je dois interviewer. L’alternative serait de lire du scan. Le jour où j’aurai une tablette et où j’aurais des yeux bioniques pourquoi pas. De toute façon la presse finira a bosser sur des SP numériques ds qq années.

    Par contre je suis d’accord : le terme de journaliste n’est pas plus applicable aux blogueurs qu’aux sites webs. C’est une attitude et un sérieux qui ne dépend pas du média où tu travailles. Par contre je ne vois pas l’intérêt du “offert par”, surtout que le mot offert me dérange, ça fait cadeau, je lui préfère “fournis” à la limite. Certains éditeurs essayent justement de nous vendre ça comme un cadeau de leur part, pour acheter nos écrits. De plus l’indiquer c’est juste l’occasion de jeter l’opprobre et inciter les gens à un jugement de valeur sur le rédacteur sans le connaître non ? Ou alors à ce moment là quitte à pousser le système jusqu’au bout on peut aussi ajouter la liste des SP reçus et non chroniqués, mais on a pas fini, c’est le cas de 50 % de ce que je reçois ! Cela dit, plutôt que de le marquer sur chaque papier, pas forcément utile, il suffit de savoir que j’en reçois et qu’une majorité de mes chroniques sont des œuvres que j’ai découvert ou dont j’ai eu le potentiel confirmé via SP.

  5. Gemini a dit :

    “après deux demandes infructueuses chez Kana je suis allé acheté Pun Pun moi-même”. Ouais, c’est pas une vie.

    “Par contre je ne vois pas l’intérêt du « offert par », surtout que le mot offert me dérange, ça fait cadeau, je lui préfère « fournis » à la limite”
    Utilise le mot que tu veux, mais c’est la loi qui impose d’indiquer quelle critique a été réalisée grâce à du service presse ou non. Car le public est en droit de savoir si un quelconque lien avec un éditeur a pu biaiser ou pas ton jugement ; tu peux être parfaitement intègre, mais c’est au lecteur de juger.

  6. Merton a dit :

    Hello !

    Alors Gemini premièrement tu te trompes. La loi ne considère pas qu’un SP est un revenu. C’est un support indispensable pour faire une critique comme une projection presse pour le cinéma. Par contre un blogueur ou un site est légalement obligé d’écrire quand il a reçu de l’argent pour écrire un papier, ce qu’on appelle les articles sponsorisés.

    Mais je pense qu’on se trompe ici. Kana ne souhaite pas de “journalistes” à mon avis. C’est du contenu pour remonter dans Google pour leur site et ça a normalement un prix, c’est de la communication. Je ne vois rien de mal à ça à part le fait qu’ils ne rémunèrent pas leurs plumes.

    En gros, tu fais un boulot mais t’es payé en petits cadeaux ? Aujourd’hui un feuillet pour n’importe quel site de n’importe quelle boîte ça se paie. C’est un vrai travail bien différent de celui de journaliste à mon goût.

    Mais bon… On est habitués, les blogueurs après tout ils font ça pour le plaisir, pourquoi les payer. Ils seront déjà tellement contents d’être visibles !

  7. Gemini a dit :

    Je n’ai pas dit qu’un manga était un revenu, donc faudrait penser à changer de lunettes. Le service presse doit légalement être mentionné, car il induit un biais.

  8. ramza a dit :

    Oh la gemini, self control 🙂

    Si j’ai bien suivi selon toi la loi impose d’indiquer la présence d’un sp qd il sert pour un article. Merton dit qu’on ne doit indiquer que les articles payés. Ds ce cas soit le sp est un revenu, ce qu’il conteste, soit tu te trompes.

    Un juriste ds salle pour nous éclairer ?

  9. Kameyoko a dit :

    Article intéressant et commentaires tout autant.
    C’est vrai que cette annonce surprend un peu. Elle pose la question de la subjectivité et du fonctionnement de cette proposition, mais met en parallèle aussi le fonctionnement avec les web-journalistes, puisque c’est un peu le fonctionnement.

    Ce qui laisse un léger goût amère, faisant penser qu’écrire sur le web c’est facile, et que tant qu’il y a des mangas gratos c’est suffisant.

    Pour en revenir à la discussion sur les RP, il n’y a pas d’obligation de mention. Heureusement car tous les articles “culturels pros” fonctionnent comme ça. Je ne vois pas les Inrocks, 20minutes ou Le Grand Journal mettre : “film vu grace à Warner”. Ou encore Bernard Pivot dire : livre gentillement mis à disposition par Gallimard.

    Et pou la question de biais, évidemment ça doit jouer un peu. Mais toute critique est biaisée. Si tu vas voir un film, avec une charmante demoiselle, tu as plus de chances de l’apprécier qu’avec un gros moustachu. Toute appréciation personnelle est forcément biaisée et dépendante de beaucoup de critère. L’objectivité n’existe pas, elle ne peut être qu’approchante.

    Après c’est vrai que c’est un gros biais. Mais dans les faits, je ne suis pas sûr que ça joue tant que ça. Quand tu n’aimes pas, tu le dis. Tu utilises peut-être des mots plus mesurés, en évitant de dire que c’est de la merde, mais plutôt “décevant” ou en énumérant les défauts, mais je ne pense pas que ça te force à en dire du bien.

    Parce qu’il en va de la crédibilité de l’auteur. S’il est un vendu, ça va finir par se voir et son lectorat diminue comme Peau de chagrin.

    Les SP ne me choquent pas et font partie du jeu. C’est de la mise à disposition de matériel plutôt qu’une tentative d’achat de la critique.

  10. mackie a dit :

    juriste? ce n’est pas ma pauvre licence en droit qui va suffire à me qualifier de tel, mais bon. fautes de grives…

    alors : d’abord, il n’y a aucun texte de loi ni règlement qui définit clairement ce qui différencie un blog d’un site journalistique, même non rémunéré. le blog, ça n’existe pas, juridiquement.

    ensuite, la notion de service de presse sur internet est définie par la loi Hadopi de 2009, et la cantonne aux sites professionnels, de forme journalistique, d’intérêt général (c’est-à-dire non publicitaire) et respectant l’ordre public (pas d’incitation à la violence etc). il n’y est pas précisé si le site en question reçoit ou non une rémunération, quelle qu’en soit la forme (monnaie ou avantages en nature). mais il insiste sur le côté professionnel. donc ce n’est pas là qu’il faut chercher.

    reste la pratique, qui n’est donc pas encadrée, et qui n’édicte aucune obligation, ni d’informer le lectorat que l’article est consécutif à un envoi de SP, ni de subordonner le contenu au maintien des relations presse. en marketing, la pratique est généralisée, que l’on vende des mangas ou des roues de bagnoles : une entreprise pratique les relations presse avec qui elle l’entend, en vue de retirer un avantage promotionnel qui met en avant sa marque ou ses produits. plus le commerçant (appelons un chat un chat) est gros, plus il est enclin à dicter “sa” loi aux petits relais d’opinion. les attachés de presse intelligents chercheront à établir une relation équilibrée, “gagnant-gagnant” comme on dit aujourd’hui, et on les trouve plutôt chez les “petits” marchands, euh, éditeurs, que chez les gros.

    j’ai expérimenté une situation équivalente il y a quelques années quand je m’occupais de théâtre : les petites compagnies étaient demandeuses de partenariats pour se faire connaître tandis que les gros théâtres privés n’en avaient rien à foutre : la critique pro leur suffisait (d’autant qu’elle est plus facilement achetable, hum).

    à titre perso, un “gros” éditeur de mangas m’a contacté pour du SP, j’ai dit oui pour voir, en précisant ce que j’entendais par “indépendance”, il a fallu presque trois mois pour une réponse, depuis, c’est plus ou moins silence radio : je suis officiellement inscrit sur leur liste mais je n’ai rien reçu (plusieurs commandes sans réponse). tant pis, je continue, on verra bien.

    il me semble que la question, finalement, se résume à l’intention que l’on a lorsque l’on se met à écrire sur le web : un blog n’est blog que s’il est indépendant, personnel et subjectif. un blog sans egotrip, ce n’est pas vraiment un blog. résultat, c’est une question d’éthique personnelle : si un jour je reçois du SP, why not vu mon budget je veux bien, je le dirais clairement. mais il n’y a pas d’obligation à ce sujet. le tout est d’être clair avec le lecteur, et surtout avec soi-même.

  11. ramza a dit :

    Mackie > Il y a un truc assez contradictoire ds ce que tu écris parce que Total Manga et d’autres comme Manga-news ou Sanctuary font de la pub via des bannières et reçoivent des SP et moi qui tiens un blog amateur j’en reçois aussi, alors qu’on ne devrait pas si j’ai bien compris ?

    un blog n’est blog que s’il est indépendant, personnel et subjectif. un blog sans egotrip, ce n’est pas vraiment un blog. résultat, c’est une question d’éthique personnelle : si un jour je reçois du SP, why not vu mon budget je veux bien, je le dirais clairement. mais il n’y a pas d’obligation à ce sujet. le tout est d’être clair avec le lecteur, et surtout avec soi-même.” +1

    Enfin un cas très fréquent que je voulais exposer : dans la majorité des séries que j’ai chroniqué il y a eu des SP. Mais la majorité des éditeurs envoyant uniquement des volumes 1, la suite sont des achats dans la grande majorité. Je préfère donc dire généralement que j’en reçois plutôt que de détailler : alors pour cette série j’ai reçu un tome 1 en sp mais j’ai acheté le tome 2 et 3… Ça ne veut plus dire grand chose. J’aurai l’impression de me justifier, d’en faire trop.

    Donc voilà je reçois des SP, je le répète suffisamment et donc je laisse le lecteur juger.

    Mais essayons de recentrer sur Kana,

    Qu’est-ce que vous pensez de la/les réponses de François Burniaux ? Convaincante ou au contraire ça ne change rien ?

  12. ppmax a dit :

    Hum, je trouve que c’est plutôt une bonne idée, si j’ai bien tout bien suivi:

    En gros Kana demande à des gens de publier sur son blog. Je ne vois pas vraiment le problème sur le coup. Ceux qui seront sélectionné pourront écrire sur le blog Kana, ce qui ne laissera aucun doute sur le fait qu’il y a eu sponsoring, mais ils continueront à écrire sur leur propre blog.

    Aucun mélange possible entre les deux publications.

  13. ramza a dit :

    S’ils peuvent publier les contenus qu’ils veulent et ne sont pas influencés on pourra effectivement dire bonne idée.

    Pourquoi ne pas étendre les partenariats blog à la place et donner du crédit à quelques bonnes plumes (je ne parle pas de moi, je bosse déjà avec eux) ? Ils décident de faire eux-mêmes un contenu très très proche d’un contenu de critique journalistique, ça se comprend mais cela peut se faire au détriment d’autres médias web, dont la reconnaissance est déjà peu existante. Bref, on verra déjà à l’usage si c’est une opération de com maquillée, un désir de contenu et si on peut parler de “concurrence” ou pas !

    Wait and see 🙂

  14. NdJ a dit :

    Il faut savoir faire la part des choses.
    A l’époque bénie où l’argent coulait à flots dans le monde de la mangasse en France, les éditeurs faisaient souvent appel à des journalistes pour rédiger leurs dossiers de presse. Désormais c’est la crise et les attachées de presse doivent s’en charger elles-mêmes.
    Il n’y a aucun mal à cumuler plusieurs casquettes, et à piger pour des éditeurs. S’il n’avait pas participé à Club Do Mag, Pascal Lafine n’aurait pas pu continuer d’oeuvrer pour Tonkam ou Les Pieds dans le PAF.
    Et avant de critiquer une action de communication, attendons de voir ce qu’elle donnera une fois disponible. Non ? 🙂

  15. ramza a dit :

    “Une action de communication”… On est d’accord c’en est une. Et ça utilise du contenu rédactionnel, d’où les questions qu’on peut se poser sur la subjectivité du contenu. Mais comme tu le dis et comme je l’ai mentionnée, on jugera sur pièce. Après la rédaction de dossier de presse ça ne me dérange pas du tout, on t’embauches pour faire un travail clair : tu mets en avant un produit, peu importe sa qualité. Je plussoie sur le coté multi-casquettes, ça permet des rencontres comme ds tes exemples, et ça peut même nous permettre de déceler des plumes intéressantes et méconnues. Mais il faut séparer clairement les choses et les clarifier. Faire la part des choses comme tu le dis. D’où ce papier et l’échange avec Kana, où je me fais l’avocat du diable. Mais par contre ds le cas de Kana y a pas de pige, vu qu’il n’y a pas de paye.

    Enfin travailler ds la presse ecrite ou la presse généraliste c’est différent de la presse web spé, qui a beaucoup de mal à obtenir un crédit “professionel” aux yeux des maisons d’éditions (pas toujours à tort certes, mais qd même). Donc là encore, sur une telle initiative qui pourrait brouiller encore plus les cartes, il est normal qu’on s’interroge.

  16. Guu a dit :

    Ca fait quand même bcp de foin pour pas grand chose.. Kana “recrute” seulement 4 personnes, comparés aux dizaines de SP qui doivent partir vers les web journalistes, blogs partenaires and co.. Se faire l’avocat du diable ok, mais la ça ressemble plus à une chasse aux sorcières 🙁

  17. ramza a dit :

    De ? Moi ? Nan nan, on en est très trèèèèès loin. Je pose des questions, j’avertis à la limite. Dans la chasse aux sorcières on condamne, c’est tout sf mon propos. Je (ou “on” parce que je ne suis pas seul) reste dubitatif sur le mélange des genres et les éditeurs manga sont différents des éditeurs livres, y a tout un paquet de galère (parfois dues aux japonais d’ailleurs) donc on se méfie d’une nouvelle goutte d’eau qui pourrait venir s’ajouter à quelques autres. Et c’est aussi différent qd on cherche à plus ou moins long terme à en vivre.

    Après ça fait aussi du bruit parce que ça s’ajoute les histoires de SP et un débat stérile corrompu / pas corrompu qui est sans fin. Sur Kana des questions ont été posées, qq réponses ont été données et pour le reste… Wait and see ! 🙂

    Edit : Mais après réflexion, mon point de vue est surtout journalistico-journalistique (si ça se dit), je comprends que l’initiative paraisse intéressante selon d’autres points de vue. Et elle l’est d’ailleurs…Enfin elle peut l’être.

  18. Rukawa a dit :

    ah je reviens vite fait sur le terme “journaliste”, c’est un statut qui dit que pour l’être, il faut le “pratiquer” assez pour en vivre, donc bon avec 70 €, t’es pas un journaliste.
    j’ai un pote à moi, il écrit des articles dans un quotidien régional, il a beau gagner 300 € par mois grâce à çà, il n’est pas journaliste.

    je trouve çà bizarre qu’ils ne demandent pas un texte en echange, qui permettrait déjà de départager les candidats.

  19. Jérôme a dit :

    J’arrive après la tempête mais comme je suis d’humeur trolline aujourd’hui, j’aimerais rejoindre les propos de notre cher Gemini :

    Non seulement, il faut préciser si l’oeuvre chroniqué a fait l’objet d’un SP ou si elle a été acheté, mais en plus, très important, ne pas oublier de préciser le dernier cas, très répandu sur notre blogosphère, si l’oeuvre a été téléchargé en toute illégalité… C’est qu’il ne faudrait pas leurrer notre lectorat ! La mention “chronique réalisée à partir d’un fichier piraté” doit figuré à la fin ou au début de l’article. Les lecteurs ont le droit de savoir !

  20. ramza a dit :

    XD tu m’as fait rire couillon

  21. ramza a dit :

    Tu fais bien de préciser et j’en fait de même : je ne suis que journaliste amateur et je n’ai aucune carte de presse, sans doute que je ne la mérite pas d’ailleurs. Tout comme des journalistes pros en ont sans la mériter (Arianne Massenet et d’autres si vous m’écoutez ^^).

    Pour le coup du papier je suppose qu’ils en demandent après la prise de contact. Sinon effectivement je ne vois pas non plus comment ils pourraient.

  22. Rukawa a dit :

    en citant Arianne Massenet, tu me rappelles un débat récent avec des politicards de droite qui voulaient retirer la carte de presse des employés du Petit Journal de Yann Bathes, car ce n’était pas du journalisme, mais du divertissement.

  23. ramza a dit :

    C’est exactement pour ça que je l’ai cité, ça et sa capacité proche du zéro à faire une itw décente sur le plateau du grand journal. Cela dit je ne la mérite pas (la carte de presse) non plus, ça me ferait bizarre d’avoir une carte de presse ss être passé par les écoles adéquates et avec le niveau de français qui est le mien ^^;

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