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Débat J-music 2 – Épisode 2 : Les concerts, de A à Z

  • Sumo

Débat J-Music partie 2

Voici la seconde partie de notre deuxième débat consacré à la J-music. Après avoir parlé des différents artistes susceptibles – ou non –  de venir en Europe et dans l’hexagone, nous sommes passés aux concerts et tournées en France elles-mêmes. Qu’il s’agisse de petites salles ou de concerts sur festivals, de rentabilité ou de droit d’auteur et de diffusion, voici l’occasion d’en savoir plus du coté des acteurs comme des journalistes… Bonne lecture !

Concerts J-music : et toi, t’es en quelle salle ?

LAZYguns Brisky, sur le dernier JE Live HouseDans notre premier débat nous avons évoqué Soundilicious comme étant un tourneur d’avenir… Or la société de Sae Cibot est surtout connue grâce à la JE Live House, l’event musical indissociable du Japan Expo, qui regroupe chaque année plus d’une dizaine d’artistes et groupes japonais en tout genre.

Nous avons déjà discuté du sujet avec l’intéressée mais les autres, ils en pensent quoi ?

Ils en pensent déjà que Soundlicious a bien fait de se recentrer sur le live, « ce qui est normal aujourd’hui » explique Xavier. Sur l’event en lui-même, Kaoruline donne un premier avis : « C’est devenu un peu incontournable à mon goût, car même si beaucoup d’artistes ne sont pas connus du public français, cela permet de très belles découvertes tous les ans pour moi. »

Xavier ajoute qu’ « il devrait y avoir des events de ce type sur des festivals de musiques généralistes ». Jay plussoie : « Ca serait parfait pour exporter la musique japonaise. Certains artistes ont la chance de faire des festivals en France et c’est toujours bénéfique, c’est indéniable. » Notre j-tourneur en profite ensuite pour mettre en lumière le défaut principal de la JE Live House : « même si j’aime tout le monde… l’organisation est chaotique ^_^ » et il est aussitôt rejoint par Kaoruline.

Pour Van, le vrai souci est ailleurs, car il n’adhère pas au panel d’artistes proposé par l’évènement. Il s’explique, en ayant précisé au préalable que sa tirade sera un peu salé… La preuve : « le problème (pour moi) est que ce concert réunit des artistes trop différents sans réelle logique artistique… On dirait que les organisateurs ont tapé dans une poubelle et ramassé ce qui en est sorti. Bien entendu ils n’ont pas les moyens d’inviter n’importe qui.

De toute façon je ne me suis jamais retrouvé dans ce genre de concert où j’estime la majorité des artistes sans réel talent. Les rares bons artistes sont noyées autour de nullités, cela ne donne pas envie et je préfère largement venir à un concert de l’artiste, même si le coût sera largement supérieur…

Pour moi la JE Live House est une sorte de worst off artificielle qui n’est qu’un autre produit de consommation de la Japan Expo… Cependant c’est probablement une très bonne initiative. »

L’avis de Sylvain est à l’opposé : « Je trouve que c’est une bonne chose : salle dédiée, programmation diversifiée. Sur la dernière édition, il manquait peut-être une tête d’affiche… »

Même si nos intervenants sont d’accord avec l’absence de logique artistique, ils expliquent que ce n’est pas le but du Live House, de toute façon. Sylvain détaille sa pensée : « comme pour tout le reste à Japan Expo, chacun fait son programme et choisis les artistes qu’il veut voir. Ça s’inscrit dans cette même logique, je ne pense pas que le but soit que les spectateurs scotchent une après-midi entière dans la salle. »

Kaoruline ajoute que le Live House permet aussi de proposer de la musique à d’autres personnes que les fans d’anime et de manga : « à la dernière Japan Expo, il, y’avait peu d’artistes qui avaient un lien avec les animes ou les mangas…  Je pense à Taro & Jiro, Golden Bomber, les Passpo, qui constituent d’ailleurs un ensemble bien diversifié… ». Autre exemple de la dernière Live House : Shanti.

C’est justement ce mélange qui gêne Van : « Je pense qu’on ne peut pas composer avec tout les genres. Mettre un groupe de rock, des idoles et une chanteuse folk électro, ça n’a aucun sens… Même si je comprends l’idée de départ.» Ce mélange hétéroclite est effectivement le but d’un festival, comme le justifie Sylvain « le but est justement de satisfaire un public très varié, typiquement celui que tu pourras croiser dans une convention ».

Le Live House remplit donc globalement ses objectifs, qu’on les approuve ou pas. En dehors des problèmes d’organisation, le bilan est donc plutôt positif d’autant que, comme le dit Sylvain : « Il faut reconnaitre que la scène du JE Live House est une belle scène ».

 Puisque nous parlons de j-music en festival je me tourne alors logiquement vers Xavier – responsable Bishi-Bishi je le rappelle – qui a proposé il y a peu un concert d’Aural Vampire sur la scène de Japan Expo Belgium… Le concert sur salon est-elle finalement la meilleure recette ?

L’intéressé explique : « grouper les concerts et salons, c’est juste que c’est plus pratique pour vendre du merchandising. »

En dehors de l’aspect pratique, on peut également se demander qui paye quoi. En effet, comme l’explique Van : « produire un concert de A à Z hors structure hors convention est un énorme défi et coute une vraie fortune. En passant par des salons, les coûts mobilier et immobilier sont diminués, sans parler de l’aspect logistique. L’autre aspect et bien évidement d’assurer un minimum d’entrée. Les gens sont dans le salon, pourquoi pas ne pas aller à un petit concert, qui est souvent une raison secondaire à la venue sur le salon. »

Kaoruline, qui se met dans la peau de la spectatrice, confirme : « En tout cas, moi j’aime bien quand il y a des concerts en salon, je trouve ça très pratique ».

Les salons financent en partie les coûts même si, comme le dit Xavier, « tout dépend des salons ». Jay précise d’ailleurs : « Quand le salon c’est Japan Expo et que la prod c’est Soundlicious ça aide ^^ ». Et oui, pour ceux qui ne le savent pas encore, les deux sont issus de la même boite, la SEFA.

Mais en dehors de cette exception, comment se rentabilise un concert en salon, vu l’absence du ticket de concert rémunérateur ? Nous entrons alors dans une discussion d’une certaine complexité sur les royautés, la JASRAC et la SACEM.

SACEM et JASRAC : les cartes de membre c’est collector ?

SacemEn plus du merchandising d’autres revenus existent : « les royautés ou royalties liés aux concerts » commence Xavier. « Normalement le salon paye les droits SACEM au producteur du concert, mais il faut pour cela que les œuvres joués et l’artiste soient inscrits à la SACEM pour toucher l’argent lié au concert. S’il n’est pas représenté dans le pays concerné c’est l’artiste qui est payé directement en échange de ses droits. »

Pour la SACEM, le droit d’entrée, d’un peu plus de 120 euros n’est collecté qu’une seule fois pour les droits des artistes. Mais la SACEM doit également être payée sur les concerts, en fonction des bénéfices de ce dernier. En contrepartie elle reverse les royautés l’année suivante (quand tout se passe bien !) aux éditeurs ou directement aux artistes selon les cas.

Sur les intérêts d’inscription à la SACEM, Jay ajoute : « Déjà la SACEM ça te couvre, tu es protégé de tout plagiat et si on utilise tes chansons, tu gagnes « un peu » de sous. » Mais, comme l’explique Xavier, cela ne fonctionne que pour la France : « après pour les autres pays européens tu dois t’inscrire partout : à la GEMA pour l’Allemagne, à la SABAM pour la Belgique, etc. »

Sur la GEMA, Jay ajoute d’ailleurs qu’elle « est devenu super chère et comme tu dois la payer à chaque concert, même pour des petites dates, c’est devenu quelque chose à prendre en compte dans le budget d’une tournée si tu produis des dates, ce qui est souvent le cas des petites productions.»

Organigramme de la JASRACMais quid de la JASRAC (organigramme ci-contre) , « l’équivalent japonais » de la SACEM ?

En théorie, depuis sa création en 1939, elle s’occupe des artistes qui y sont inscrits, même à l’étranger, comme nous le dit Sylvain : « Selon la SACEM, cette dernière possède un accord avec la JASRAC. Donc normalement les japonais touchent ce qu’il faut, même s’ils ne sont pas inscrits à la SACEM. »

Mais entre théorie et pratique, il y a parfois des différences… « Non ça c’est complètement faux, malheureusement » rétorque Xavier. « Cet accord est théorique mais en fait l’accord ne fonctionne que s’il y a un représentant dans chaque pays. Un artiste japonais doit être inscrit à la JASRAC ET à la SACEM pour que ça fonctionne, et pas à un seul.  Après tu peux avoir des représentants, c’est-à-dire des sous-éditeurs pour chaque territoire, qui collecte tes droits

Sylvain et Xavier sont donc d’accord sur la théorie, moins sur la pratique… L’accord existe entre les sociétés civiles de droits d’auteurs que sont JASRAC et SACEM, personne ne le conteste. Mais on peut se demander pourquoi, quand aucun ayant droit japonais n’est représenté en Europe, la JASRAC et des sociétés privées interviennent dans le contrôle des œuvres nippones. Ces dernières sont-elles négligées par la SACEM ? La question est posée.

Un domaine assez nébuleux, et pour ne rien arranger des rumeurs sur la JASRAC circulent : elle ne rétribuerait pas correctement (voire pas du tout) les artistes qui y sont inscrits, qui doivent se contenter, comme le dit Van « d’une belle carte de membre ». Sur ces rumeurs, il réagit : « La JASRAC m’a toujours étonnée. Comment ont-ils les moyens de venir emmerder un pauvre fan qui met une petite vidéo You Tube sur sa chanteuse préférée ou glisse un petit mp3 sur un forum ou sa page web, en le menaçant d’horribles poursuites judiciaires… Hallucinant !

Il serait temps que les artistes japonais refusent l’historique JASRAC et fassent appel à d’autres pour protéger leurs musiques. Je ne suis donc pas étonné sur ce point…»

Mais le problème est complexe car SACEM et JASRAC sont surtout des outils à disposition des ayants-droits, qui sont des acteurs non négligeables dans ce système de rétribution. Dans les grands labels les départements de gestion des droits sont immenses et certaines sociétés privées s’y consacrent entièrement… Attention donc à ne pas jeter trop vite la pierre sur un seul maillon du système.

Comme le dit Xavier, bien concerné par ce genre de problème : « Étant éditeur et membre de la SACEM, les histoires JASRAC et SACEM c’est un peu plus complexe que ça et à mon avis trop long à expliquer par écrit… »

Cependant, puisque l’on parle rumeur, j’en profite et j’en propose une seconde à mes invités : la présence des yakuzas au sein des labels. Personne ne nie, mais attention à l’image d’épinal : « les yakuzas se sont reconvertis, ce sont des hommes d’affaires loin des clichés et certains ont de grandes responsabilités au sein même des majors. » Explique Jay. Kaoruline plussoie et oriente même sa pensée : « je suis sure à 99% qu’il y a des yakuzas dans de gros label, je pense par exemple à Avex. Je n’ai pas de preuves, mais j’en suis intimement persuadée. »

Néanmoins le marché de l’Entertainment n’est pas pour autant un milieu mafieux… « C’est vrai qu’il y a beaucoup de morts dans la J-Music … » ironise Xavier, ce qui provoque d’ailleurs un fou-rire général ^^

Et on passe à la dernière partie…

Concerts : et sinon, ça paye ?

Uplift Spice, une j-tournée qui a bien marché !Les concerts sont-ils rentables pour leur producteur ? Les sons de cloches n’étant pas tous les mêmes, je demande leurs avis aux intervenants du soir…

Jay est mitigé : «bonne question… Non pour certain, oui pour d’autres… Mais c’est compliqué en ce moment, il y a plus de bas que de hauts». Même chose pour Kaoruline : « je ne sais pas… Je dirais que ça dépend des artistes mais que les concerts rentables ne sont pas majoritaires ».

Pour ce qui est de la musique en général, Xavier donne une tendance : « Les concerts restent une des activités rentables dans l’industrie de la musique avec l’édition et la gestion des droits. »  Il ajoute cependant que : « La concurrence est rude, d’ailleurs les majors rachètent beaucoup de boites de production. Nous prod (ndr :  Japan Anime Live, Lady Gaga) a été racheté par Warner par exemple. »

Puisque chacun est d’accord pour dire que cela dépend des concerts, je leur demande simplement les derniers concerts rentables… Ou pas.

Van ironise en évoquant l’un des bides de l’année : « Gackt ? ^^ », pendant que Xavier pense au-delà de la J-music : « Black Eyed Peas ! ».

Entre les deux, Jay évoque sa dernière tournée en date, dont vous avez entendu parler à de nombreuses reprises sur ce blog : « Uplift Spice. Tout est relatif mais dans l’ensemble la tournée est un succès en tous points ».

Ainsi s’achève cette seconde partie. Pour finir ce second débat nous avons ensuite évoqué le monde de la J-music lui-même, un milieu où se mélange encore fans et professionnels, voir les deux en même temps. Un univers de niche compliqué dans tous ces secteurs, de l’édition à la presse, en raison d’un public réduit et d’une langue japonaise qui reste un frein à la popularité.

Tous ces sujets et bien d’autres encore dans notre prochain numéro !

Si vous avez raté les autres épisodes, c’est par ici :

Débat J-music 2

Partie 1 : Quels invités pour l’hexagone ?

Partie 2 : Les concerts, de A à Z…

Partie 3 : Motivations et rayonnement

Débat J-music 1

 Partie 1 : Public J-music où es-tu, qui es-tu ?

Partie 2 : Majors, label et tourneurs, que fait la France et qu’espérer du Japon ?

Partie 3 : Des médias J-music à ré-inventer ?

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2 Commentaires pour “Débat J-music 2 – Épisode 2 : Les concerts, de A à Z”

  1. Thomas a dit :

    Très instructive la partie sur la JASRAC, on aimerait en savoir encore davantage.

  2. ramza a dit :

    Clairement, c’est un joyeu bordel… Et vu de l’intérieur je pense que ça doit être encore pire ^^;;

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