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J-Music

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Débat J-music 2 – Épisode 1 : Quels invités pour l’hexagone ?

  • Sumo

Débat J-music 2, le retour !

Après les nombreuses réactions suscitées par le dossier-débat sur la j-music je me suis dit que tout n’a pas encore été dit. Si le public est restreint, le sujet reste vaste.

J’ai donc mis le nez dans mon carnet d’adresse en cherchant à inviter cette fois-ci quelques professionnels  et de nouveaux journalistes, pour donner la parole à un champ d’acteur plus large de la j-musico-sphère… En veillant également à amener des visions différentes pour éviter un résultat trop uniforme.

Voici nos invités, je les laisse se présenter eux-mêmes !

Sylvain (ci-dessous en haut à droite) :  Sylvain Dreyer, ou Zed, responsable de la conduite antenne de Nolife, et blogueur râleur à mes heures perdues.

Jay (ci-dessous, en haut à gauche) : Jay Midori, Tour Manager européen de 26 ans spécialisé en groupes japonais, je suis un freelance fidèle associé à TORPEDO PRODUCTIONS anciennement GEKIDO TOUR, qui était le département japonais de RAGE TOUR.

Kaoruline (ci-dessous, en bas à gauche) : Caroline Segarra, animatrice, journaliste, monteuse, chargée des clips à Nolife. Fan de j-music depuis 10 ans. J’ai d’abord fait une émission hebdomadaire sur une web radio (Radio Junior) pour présenter quelques artistes japonais puis le classement oricon, jusqu’au jour où Nolife s’est lancé.

Xavier (ci-dessous, en bas à droite) :  Xavier NORINDR, expérience dans l’industrie de la musique (Warner, Roadrunner Records ), fan de J-Music, Co-fondateur de J-Music Distrib.Store/live, fondateur de AZN Consulting et Responsable de Bishi-Bishi et des contenus audio chez Ankama Music.

Van (ci-dessous, en bas au centre) : Van, Jeune gérontophile à l’âge incertain, j’ai travaillé pour de nombreux sites allant de feu Animillusion à feu Mikan Music Network. J’ai aussi développé de nombreux fans sites sur des artistes, comme Yoko Takahashi, Yuri Shiratori, Noon, Emiko Shiratori et bien entendu mes deux derniers, sur les chanteuses Rurutia et Arai Akino. De depuis 2008 j’ai lancé un blog alternatif Van J-music, mêlant news, critiques, et bien évidement découverte.

Invités du second débat J-music

C’est avec ces cinq intervenants de tous horizons que nous nous sommes lancés dans deux heures d’une discussion tous azimuts sur la j-music. Une discussion synthétisée en trois parties, qui débute aujourd’hui par une question majeure : quels artistes pour la France ?

Entre majors et indépendants, entre Corée et Japon, entre l’offre et la demande… Quels sont les meilleurs choix pour les acteurs du système ?

Bonne lecture 😉

 J-Pop et K-Pop sont dans un bateau, J-Pop tombe à l’eau ?

 Pour commencer notre débat, j’ai laissé nos invités d’un soir réagir sur le débat précédent en leur posant une question simple : Le bilan qui a été fait du marché français de la j-music n’est pas des plus joyeux. Faites-vous le même constat ?

Si tous sont d’accord pour dire que l’heure n’est pas à la fête, les analyses divergent. Sylvain encourage à la patience et à l’optimiste, alors que Van est déçu que le potentiel de la j-music ne soit pas correctement exploité. Il n’est d’ailleurs pas sans critique à l’égard des acteurs de ce marché, notamment les français :

« Hélas oui, la grande époque est désormais derrière nous, malgré un intérêt grandissant pour la japan culture en France. Les sites web et blogs, qui sont les vitrines indispensables de ce phénomène, ce délitent, perdent en intérêt, en qualité et en pédagogisme (comme l’a très bien dit Shito).

Bien entendu la réticence des majors et la difficulté de négocier avec les Japonais ont un rôle dans cette stagnation. Une major n’a aucun intérêt produire un show en France forcément à perte et encore à moins à déléguer ce travail à des producteurs (amateurs) français. Des tourneurs et producteurs français qui pour ne pas être en perte sont obligés de monter outrageusement les prix des places et de multiplier les artistes préfabriqués vendus comme des stars japonaises […] On se contente d’artistes de seconds ordres, sans vrai carrière japonaise et de petites salles inadaptées, mais toujours au même prix…

À l’image du dernier concert de KOKIA, qui passe d’une salle prestigieuse avec 5 musiciens (ndr : cf clip ci-dessous) à un unique guitariste, dans une salle à l’acoustique monstrueuse et aux prix malhonnêtement gonflés… Pire par souci de rentabilité, ils ont réussi à vendre plus de place que la salle pouvait en contenir… Les choses ont bien changé. è Il me semble avoir contredit ça en expliquant les vraies raisons et surtout en disant que c’est faux cette histoire de places en trop…

De plus je trouve que le marché de l’édition CD d’artistes Japonais se limite de plus en plus… Même chez Wasabi Record (qui pourtant dépend de Kaze qui marche bien) ne sort plus rien… Même plus les albums annuels de KOKIA… Raisons financières ou échec des négociations ?

Cela me désespère encore plus car je suis en contact avec un grand nombre d’artistes qui aimeraient se développer en Europe… Que leur proposer ??? »

Sur ces salles de plus en plus petites, Jay explique simplement que le public n’est plus toujours au rendez-vous : « Objectivement parlant, si le nombre de fans baisse, les salles sont de plus en plus petites, logiquement. Pour reprendre KOKIA, avant d’aller au Théâtre Michel on à tenté la Cigale l’année précédente qui était 2 fois plus petite que sa première salle en France et on s’est ramassé… Il n’y a jamais eu de survente de place qui plus est, plutôt des journalistes pas invités et mécontents… »

Sur le nombre de fans, Xavier apporte une petite correction : pour lui le nombre de fans ne baissent mais il y a plutôt « Trop d’offres et pas assez de demandes. Il y a trop de concerts et le public sélectionne. »

Un changement dans le comportement que valide d’ailleurs Jay : « En quelques années on est passé d’un fan disant “Un artiste japonais viens en Europe ? ALLONS Y ! ”  à “Ah ouai c’est qui ? Hum, pas mon groupe préféré, je préfère garder mes sous pour un autre ! ” »

Le rapport qualité /quantité des concerts est évidemment mis sur le tapis. Par Sylvain tout d’abord : « malheureusement on voit en France un peu trop d’artistes prêt à tout pour marcher un minimum. Après j’imagine que ces groupes profitent de la place laissée libre par les grands groupes et labels. »

Van réitère ensuite sur le sujet : « des offres un peu discount, privilégiant la quantité sur la qualité… A-t-on besoin de se taper un énième groupe pseudo Visual qui n’a même pas de vraie carrière au Japon ? »

Néanmoins la qualité n’est pas forcément une histoire de gout musical et le succès du Visual Kei force le pragmatisme, comme l’explique Jay : « un groupe “pseudo visu” au moins ca ramène plus qu’une vieille légende japonaise inconnue ici. Et les moyens ne sont pas les mêmes soyons réalistes ».

Si Van a bien compris les réalités du marché, il n’en regrette pas moins un manque de variété dans les programmations. Malheureusement, comme l’explique Jay, varier les plaisirs c’est bien, mais encore faut-il que le public réponde présent. Entre ce que veut le public et ce qu’il soutient, la différence semble palpable et le débat et donc loin d’être clos. Pour éviter de nous éterniser nous passons à la suite.

La non-venue d’artistes réclamés est aussi imputable aux acteurs japonais. C’était donc le moment rêvé pour parler de ces derniers car le TIMM, ou Tokyo International Music Market s’est clôturé il y a peu. Le TIMM c’est « un évènement où les acteurs de l’industrie de la musique viennent pour proposer des groupes ou en acquérir. On y fait ses courses en quelques sortes », nous explique Xavier, présent sur place tout comme  Seb et Suzuka, de Nolife.

TIMM : Tokyo International Music Market

Xavier raconte : « L’ambiance était plutôt bonne, il y avait des sociétés du monde entier et beaucoup de français ! ». Seb et Suzuka n’étaient pas parmi nous mais Kaoruline résume leurs propos : « ce que j’ai retenue dans ce qu’ils m’ont dit, c’est que les japonais étaient plutôt inquiets à propos de la K-pop… ». Une inquiétude également ressentie par Xavier et qui ne date d’ailleurs pas d’hier.

Cependant pas de réaction nationale anti-K-pop encore en vue : « Tout dépend de la stratégie de chaque société » explique Xavier. Et de toute façon, comme le dit Sylvain : « Je ne suis pas sur que les japonais aient trouvé une parade, il n’y a qu’à voir leur propre marché, sur lequel les coréens marchent fort. »

Cet impact Coréen est lié à de nombreux facteurs. Leur rentabilité tout d’abord, pour des raisons structurelles et économiques, comme explique Van : « C’est une histoire de cout de production. Tout est moins cher en Corée, du salaire des artistes au cout de production… La Corée est en plein boom économique, le Japon est en pleine récession. Donc les coréens seront toujours plus rentables que les japonais. Tu prends deux artistes identiques… Le Japonais coutera 100 et le Coréen 40… »

Après la nationalité ne fait bien sur pas tout et Jay et Xavier insistent bien sur ce point : « Comme le dit Jay, tout dépend des groupes, de où ils enregistrent, de où ils jouent, ce n’est pas une question de nationalité ».

Si les coûts sont faibles, la rentabilité provient aussi des recettes et pour ça kaoruline pense que  si les coréens sont « plus que “rentables” c’est qu’ils sont de plus en plus populaires et qu’ils ne freinent à aucun moment la promotion de leur culture… Donc rentables oui car ils peuvent remplir des Bercy mais ils ne les remplissent pas pour rien, pour moi c’est leur popularité qui fait beaucoup. »

Le Music Bank, quand la K-pop se lance dans un Bercy

Quoi qu’il en soit, les japonais vont devoir réagir, mais sans doute sur leur propre marché –le numéro 2 mondial on le rappelle – avant le notre. Donc en attendant que faire ?

Si on exclue les majors il nous reste les indépendants, « ces artistes qui sont maitres de leur carrière, qui financent leur production. Ils sont dans des labels, qui éditent leur CD ou DVD. Mais ces derniers n’entre pas dans les autres aspects de la production. » comme le redéfinit Van.

Sur ce point, nos intervenants tous sont unanimes, à commencer par Van justement, qui donne « un grand oui !» à cette possibilité pour l’hexagone.

Il s’explique : « Beaucoup d’artistes indépendants font des tournées européennes. De nombreux jeunes artistes indépendants souhaitent venir se produire hors Japon. Un phénomène grandissant puisque la plupart des jeunes artistes en question proposent un site officiel en Anglais et offrent une possibilité d’acheter ou de télécharger légalement leurs albums pour le reste du monde, via iTunes ou un site de ventes ouvert.

Leurs arguments sont souvent les mêmes, ils souhaitent tout simplement ne pas se limiter au territoire japonais pour « offrir leurs talents » (vendre leur musique). Je le répète les artistes indépendants sont très accessibles ! Et on peut négocier avec eux directement. Ils n’hésitent pas à envoyer leur album et se plier à une interview même pour un blog ou un fansite. Et comme ils n’ont pas une major protectionniste ou plein de producteurs… Ils sont maitres de leurs choix en matière de communication et d’expression…

À titre d’exemple : je réalise des interviews pour mon blog, la plupart du temps je n’ai aucun mal à négocier avec l’artiste (qui est souvent très content qu’on l’écoute en France^^). Là Je suis en contact avec un artiste « un peu peut plus important », en contrat avec une grosse major, l’artiste m’a donné un accord de principe, mais hélas c’est sa maison de disque et ses producteurs qui vont décider des détails de la forme et du fond… C’est infernal et démotivant ! »

Sylvain plussoie « À Nolife, on a pas mal de clips d’artistes ou de labels indés, qui ne cherchent pas forcément à s’exporter en Europe, mais juste diffuser d’avantage leur musique.» Xavier, qui propose de nouveaux artistes indépendants chaque semaine au catalogue Bishi-Bishi, les voit lui aussi comme apte à se développer chez nous.

Nolife                       BISHI_BISHI

Entre stars de la K-pop et artistes indés nippons, c’est donc à chacun de faire son choix !

Cela dit, une fois que l’artiste est choisi, comment se prépare un concert ? Comment peut-on le rendre rentable ? Ajouter un concert dans une expo est-il le bon plan ? Toutes ces questions et d’autres dans notre seconde partie !

Si vous avez raté les autres épisodes, c’est par ici :

Débat J-music 2

Partie 1 : Quels invités pour l’hexagone ?

Partie 2 : Les concerts, de A à Z…

Partie 3 : Motivations et rayonnement

Débat J-music 1

Partie 1 : Public J-music où es-tu, qui es-tu ?

Partie 2 : Majors, label et tourneurs, que fait la France et qu’espérer du Japon ?

Partie 3 : Des médias J-music à ré-inventer ?

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3 Commentaires pour “Débat J-music 2 – Épisode 1 : Quels invités pour l’hexagone ?”

  1. Thomas a dit :

    Je pense que ce n’est pas un problème s’il y a moins de sites dédiés à la j-music, ce n’est pas très grave, ça ne change pas grand chose. Ce qu’il faut, c’est que des médias qui ne parlent pas de j-music parlent de j-music. Je m’explique. L’évolution souhaitable réside dans le fait que des médias qui n’ont pas d’attache particulière avec le Japon, qui parlent de musique tout court, parlent aussi de j-music de temps en temps. Je considère que les mentalités doivent changer CHEZ NOUS aussi (pas que chez les Japonais), chez nos professionnels, nos journalistes.

    Je ne vois pas où est le problème si un certain nombre de groupes de visu viennent s’il y a un public pour eux, c’est très bien. Les concerts sont sensés répondre à une demande.

    Concernant la K-pop, même si on ne sait pas vraiment, je ne crois pas qu’il y ait d’un côté ceux qui écoutent de la K-pop et d’un côté ceux qui écoutent de la J-pop, mais plutôt de plus en plus de personnes qui écoutent les deux, et c’est très bien. Je ne crois pas que beaucoup refuseraient catégoriquement tout ce qui vient du Japon musicalement sous prétexte qu’ils se sont mis à écouter de la K-pop. Et il ne faut pas oublier qu’il y a bien moins de concerts d’artistes coréens en France que d’artistes japonais et ça ne va pas s’inverser de si tôt.

    Concernant l’attitude des Japonais, déjà, qu’ils arrêtent de nous empêcher d’acheter leurs mp3, ce n’est quand même pas sorcier de distribuer les sorties numériques systématiquement mondialement (ce n’est pas comme les sorties CD) ! Certes c’est déjà le cas pour certains artistes bien sûr, mais trop peu, ça devrait être le cas de TOUS ; et qu’ils permettent à Nolife (ou à d’autres qui voudraient se lancer dans l’aventure) de diffuser les clips qu’ils veulent, ça ne peut être que bénéfique, je ne comprends pas où est leur problème !

    On est d’accord, l’avenir de la j-music en France, c’est d’abord les indé/alternatifs et pas les major / gros artistes.

  2. ramza a dit :

    Merci pour la réponse détaillée Thomas !

    Je suis d’accord, il nous faudrait plus de j-music dans le généraliste, c’est ce qu’on espère tous. Mais si on prend l’exemple de la K-pop les deux concerts qui ont cartonné et le battage médiatique autour ça vient d’une volonté et de moyens Coréens, plus des fans de kpop mobilisé pour l’orga du 2nd concert, et ça par le web. Et aujourdhui on a NRJ Asia qui diffuse une grosse part de Kpop. Pour la télé, Nolife a permis des réussites comme celle d’Uplift. Si seulement Nolife était sur la tnt ça serait encore mieux mais en attendant l’effort doit être de concert pour que ça marche. Mais tant que les japs n’investissent pas, les gros médias ne le feront pas non plus… On sait tous que c’est tt sauf un milieu de misanthrope ou de mécènes !

    Je dirais donc qu’il faut des deux. Et qu’il y ait moins de site webs ça change énormément, suffit de voir ce que disent nos intervenants expliquent sur les difficultés à remplir des salles depuis quelques années et de la décroissance des sites webs et que la première vague de j-music des années 90 leur doit énormément. Il y a une part du public potentiel qui n’est plus vraiment sur la télé… même si elle reste bien sur le moyen de com le plus efficace.

    Les guéguerres j-pop/kpop ou visu anti-visu c’est juste une histoire de gout et de couleur, ce n’est effectivement pas un problème ^^

  3. 7plumes, le collectif blogueur » Blog Archive » Débat J-music 2 – Épisode 1 : Quels invités pour l’hexagone ? a dit :

    […] Débat J-music 2 – Épisode 1 : Quels invités pour l’hexagone ? By Ramzadmin • Blablater, Les blogs, Les posts, Paoru • 16 jan 2012 […]

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