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Jay : rencontre avec un J-tourneur

At La maroquinerie for Uplift Spice by Christophe Cussat-Blanc

Il y a quelques semaines vous avez pu découvrir une grande partie des labels et tourneurs de la j-music, dans notre dossier-débat qui leur a été consacré. En attendant de vous en offrir un second en décembre, j’ai profité du concert d’Uplift Spice le mois dernier pour revoir une connaissance j-musicale qui travaille comme tourneur depuis plusieurs années : Jay Midori. Il a travaillé sur des tournées et concerts comme Doping Panda, Joe Hisaishi, Versailles, Plastic Tree, Détroit7, Gari et j’en passe. Avec ce palmarès et cette longue expérience – et en plus c’est un mec sympa – il était évident que j’allais l’interviewer !

Jay est un tour manager européen de 26 ans en freelance, même si c’est un fidèle associé de Torpedo Productions, anciennement Gekido Tour, qui était le département japonais de Rage Tour (n’hésitez pas à relire cette phrase si vous vous êtes perdu en chemin). Pour en savoir plus sur son parcours et son métier, sur l’organisation d’une tournée et sur les japonais quand ils ne sont pas sur scène…Lisez ce qui suit !

Bonjour Jay, première question : tu es tour manager… Mais tour manager c’est quoi ?

Salut à toi. Un tour manager, c’est comme son nom l’indique un manager mais sur une durée déterminée, en l’occurrence le temps d’une tournée.

Ça consiste à prendre en charge un groupe de A à Z. Ensuite il en va du budget, du fonctionnement de la boite et du tour man lui-même de s’adonner à toutes les tâches qu’une tournée comprend ou à les déléguer à diverses personnes (ingé son, ingé lumière, driver, merchandiser, etc.).

Ça comprend généralement aussi toute la pré-production à savoir le booking des hôtels, le déroulements des journées, la préparation du backline … En gros, ce sont des heures au téléphone et des dizaines de mails avant la tournée, puis sur place ce sont de grosses responsabilités ainsi qu’une bonne dose de stress car même une tournée bien préparée a toujours son lot d’imprévus.

La camionnette Gekido Tour et les Uplift SpicePour ma part, si la tournée ne se fait pas en Tour Bus, je suis très souvent driver. Il m’arrive de faire la lumière et bien souvent je fais office de technicien/backliner et/ou je fais le lien entre les techniciens des salles et le groupe, lors des installations, des balances et aussi pendant le concert si toutefois je ne suis pas pris par un autre poste (il est impossible de faire la lumière et d’être sur les côtés de la scène en même temps ^_^).

Tout dépend des organisateurs, de la taille des salles et du nombre de personnes dans le staff. Sur des « petites » tournées /« petits » groupes, je suis souvent seul et j’ai donc pas mal de casquettes, par contre dès que le budget le permet, je suis accompagné de divers membres de staff (merchandiser/driver/lumière/…), mais du coup cela fait plus de personnel à gérer, et donc plus de responsabilités.

Quel est le parcours qui t’a mené jusqu’à ce boulot ?

Disons que je me suis trouvé au bon endroit au bon moment.

Passionné de musique en général, j’étais d’un côté manager d’un petit groupe français (REZISTENZA), et d’un autre côté très attiré par le Japon… Et donc souvent présent lors des concerts japonais en Europe.

Je n’ai pas fait d’études en lien avec ce métier, par contre je pense que le fait d’avoir un BAFA et de venir d’une fac de Sociologie est un plus pour moi car s’occuper de japonais demande beaucoup d’écoute, beaucoup de social et de « maternage » si je peux me permettre le terme ^_^.

Et donc, en 2007, j’ai rencontré un tourneur expérimenté mais qui débutait dans le monde de la J-musique (Bertrand Maurin). Et de par ma passion, ma petite expérience dans le monde de la musique et ma motivation, je suis passé de simple conseillé à assistant manager, puis à driver, responsable merchandising et enfin, après quelques petites formations et autres tournées très formatrices, tour manager.

Comment se décroche une tournée avec des artistes japonais ?

Avant de répondre, j’aimerais préciser quelque chose, il ne faut pas confondre booking et tour management. Même si certains font les 2, pour ma part je ne fais pas de booking. La plupart du temps, je ne suis en contact avec les groupes que lorsque les deals sont établis et que les dates sont bookées.

Joe Hisaishi, le dernier concert de Torpedo ProductionDonc pour ma part, pour décrocher des tournées, je me contente de répondre présent lorsqu’une boite (Jostone Traffic/Alerte Orange/SOUNDLICIOUS/…) fait appel à moi pour une tournée…  À l’exception de TORPEDO PRODUCTIONS, pour qui je travaille le plus souvent et où je suis donc plus investi car plus impliqué.

Et d’ailleurs est-ce que les artistes japonais ont leur mot à dire ou c’est le label qui choisi ?

Cette question est compliquée car il n’y a pas forcément de label, aussi bien français que japonais. Le management japonais est très souvent exigeant et avant qu’une tournée se fasse ce sont des centaines d’e-mails afin de négocier  au mieux pour tout le monde le contrat et donc la tournée envisagée. Chaque boite/label/groupe/… a ses objectifs, ses exigences, ses attentes, ses peurs, ses restrictions…

Le plus souvent c’est le management japonais qui deal avec l’agent européen.

Tous les groupes ne peuvent se permettre toutes les demandes possibles et imaginables, de la même manière que selon les boites toutes les exigences des groupes ne pourront être accordées. Tout le monde a plus ou moins son mot à dire, ensuite c’est une question de compatibilité et de possibilités.

On se désespère ce temps-ci que les labels japonais ne s’intéressent pas ou peu à l’Europe… Ton point de vue là-dessus ?

Je pense que les labels s’y intéressent, mais ne proposent pas forcement les artistes qui sont attendus en Europe.

L’Europe c’est souvent le coup de boost des groupes qui peinent à percer. Un label qui a une multitude d’artistes proposera toujours en premier ceux qui ne marchent pas très bien au Japon car il n’y verra aucun intérêt à exporter un groupe qui se suffit à jouer au Japon.

Après, cela dépend du style musical, de la motivation et des objectifs du label et du groupe.

D’ailleurs comment se portent les tourneurs et organisateurs de concerts ces derniers temps ?

Cette question est trop large je ne saurais répondre pour tout le monde.

Je peux toutefois dire sans trop m’avancer que c’est un métier à risques et que parfois ça marche, d’autres pas. La crise n’aide pas à la réussite puisque les concerts font partie des loisirs et ceux-ci passent après les priorités des gens, ce qui est logique. J’ai vu d’une manière générale la fréquentation des salles de concerts baisser d’environ 30% en quelques années…

Pour faire une tournée il faut trouver des salles… C’est difficile ?

Versailles au Chateau de la Charbonnière près d'Orléans. Une salle assez particulière ^^Alors comme dit plus haut ce n’est pas mon métier de trouver des salles, mais force est de constater que c’est très difficile. D’ailleurs la plupart du temps, les salles n’achètent pas les concerts mais louent aux organisateurs car le marché n’étant pas connu, ils ne veulent pas prendre de risques. Il faut donc débourser de grosses sommes sur la majorité des dates d’une tournée et ensuite espérer avoir du monde, c’est surtout ça qui est difficile.

Le fait que ce soit des artistes japonais c’est un plus ou un moins pour trouver des salles d’ailleurs ?

C’est un moins, mais heureusement la plupart des boites ont leurs réseaux. Et comme dit plus haut, ce qui est dur c’est de vendre l’artiste, pour ce qui est de « trouver une salle » rien de plus simple, il suffit d’avoir les sous pour la louer, ce qui est difficile c’est de bien doser la capacité afin d’avoir un rapport prix/audience et donc dépenses/recettes positif.

Qu’est-ce qui te plait dans ce boulot ?

C’est un tout. Ce qui me plait avant tout, c’est de faire des rencontres, d’être toujours en contact avec des gens et de voyager. Je ne pourrais pas bosser sur des machines dans une usine ni même dans des bureaux. Ensuite, je suis assez libre et j’aime ça. Et pour finir, je suis simplement content d’être un acteur du monde de la musique, un petit maillon d’une grande chaine qui procure du bonheur et de bons moments aux gens. Ça me touche toujours de voir des fans heureux et émus aux concerts.

Qu’est-ce qui est le plus difficile ?

Le plus difficile c’est toute la préparation, tout le stress et les responsabilités qui te planent au-dessus de la tête constamment. Ce qui est aussi difficile, bien que moins important, c’est d’essayer de bien s’alimenter et de bien dormir. En tournée j’ai un rythme assez décalé et je dors en moyenne 4h à 5h par nuit, mais parfois c’est bien moins que ça, les nuits blanches en tournée ça arrive… Difficile quand en plus des concerts il y a des trajets très longs à assurer.

Tu fais ce métier depuis quelques années, quels sont les artistes qui t’ont marqué ?

Voici une liste non exhaustive, pour n’en citer que quelques-uns :

Detroit7, (ndr : voir leur clip ci-dessous, Samidarukimi)  plus qu’un simple « groupe japonais » c’est pour moi un des meilleurs groupes de rock de la planète ! Je n’ai jamais vu une énergie pareille sur scène ! Et c’est aussi bien plus qu’un groupe pour moi, avec le temps nous sommes devenus comme une famille, ce sont des gens géniaux !

Les membres de Gari, qui m’ont appris mes premiers mots en japonais et qui sont vraiment cools !

Nana et Taizo de Loveless, qui sont adorables, intéressants, cultivés, ouverts au monde et passionnés.

Les Jet Boys, groupe punk complètement déjanté qui n’a de japonais que le pays d’origine.

Kokia, qui est une artiste très simple et d’une grande générosité.

Les groupes Plastic Tree & D, qui malgré l’étiquette visual kei sont des artistes simples, cool, et vrais !

Et récemment Uplift Spice, un groupe jeune, énergique et très drôle. Encore une nouvelle famille que j’espère revoir très vite !

À vrai dire, hormis une ou deux tournées, je garde un bon souvenir de tous les artistes et tous m’ont marqués d’une manière ou d’une autre.

On sait les japonais timides dans la vie… Et les artistes nippons sur une tournée ça donne quoi ?

Cela dépend vraiment des artistes. En général, ils sont un peu comme des grands enfants, un peu perdus, il faut faire attention à eux, etc. Certains ont beaux se lâcher sur scène, une fois le costume enlevé, ils redeviennent le japonais lambda. D’autres sont identiques au quotidien comme sur scène. Et il n’est pas rare de rencontrer de véritables spécimens avec lesquels les moments « off » sont des purs moments.

N’oublions pas que pour beaucoup d’entre eux, une tournée européenne c’est bien plus que faire des concerts. C’est souvent l’occasion de sortir de leur pays (pour certains c’est la première fois), ils comptent donc en profiter pour aussi s’amuser et visiter l’Europe. Il est fréquent que les day off deviennent des journées touristiques et/ou de détente.

Une anecdote de tournée ?

Une ? Impossible, en tournée les anecdotes c’est plusieurs par jour… Il y en a tellement que je ne saurais choisir… Et puis ce qui se passe en tournée reste en tournée (^_~)

Sans citer de groupes, pour ce qui est des purs moments, il m’est arrivé entre autre, d’aller en forêt pour cueillir des champignons juste avant un concert, de faire du ski et du snow sur une route enneigée que j’avais emprunté la veille avec mon van, de faire trempette au bord de l’océan ou bien encore de transformer une laverie en salle de danse hip-hop.

Emmener des artistes japonais faire des courses, c'est ça aussi une tournée :)Qu’est-ce qui les marquent en général à leur arrivée en France ?

Mon van dans un premier temps ^_^, puis la nourriture, le fait d’avoir des fans ailleurs que dans leur pays, et tout simplement la différence de culture.

Le public des concerts japonais, il est fait de qui ? Des fans uniquement ?

La réponse est dans la question, il est fait en partie de fans de musique japonaise.

Après cela dépend du style, les fans de visu sont pour la plupart fan de musique japonaise car visu = japon, mais pour les groupes punk par exemple, il y a des gens dit « casual », des curieux, des fans de la culture japonaise,  et des punk.

Kokia de son côté a un public très éclectique, alors que D a un public de fans de visu. Detroit7 ont démarré en Europe avec un public essentiellement composé de fan de musique japonaise et avec le temps, le public s’est agrandi et beaucoup de gens présents aux concerts étaient fans de musique rock/rock‘n’roll tout simplement.

Ce qui est dommage, c’est qu’il est difficile d’exporter la musique japonaise hors des réseaux liés à la culture japonaise, et donc le manque de publicité dans les autres réseaux (musicaux mais non japonais) fait qu’il est quasiment impossible de toucher un nouveau public. Pour toucher un public plus large, il y a aussi les festivals, qui brassent un public très large et qui permet aux groupes qui y jouent de toucher un autre public et, si talent il y a, de le conquérir très rapidement. Mais cela reste aussi très difficile, peu de groupes japonais ont leur noms sur les programmations des festivals en France et dans le reste de l’Europe.

Et pour finir, quel est l’artiste ou le groupe dont tu rêverais de faire la tournée ?

Ce dont je rêve, c’est continuer de faire des nouvelles tournées et revoir les artistes avec qui j’ai déjà tourné.

Et pour citer un artiste que j’aurais rêvé de faire tourner et qui méritait bien plus de renommée qu’il n’a eu, je dirais NUJABES (Jun Seba) !

Merci Jay !

De rien Ramzy ! (ndr : oui Jay m’appelle Ramzy, maintenant vous savez tout ^^)

Jay by Maya

Merci donc à Jay pour son temps et sa simplicité et réservez lui un accueil chaleureux la prochaine fois que vous croisez l’homme à la mèche sur un concert nippon. Vous le recroisez de toute façon sur ce blog car il fait partie de la seconde sélection d’acteurs de la j-music pour le second débat consacré à ce thème.

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8 Commentaires pour “Jay : rencontre avec un J-tourneur”

  1. Thomas a dit :

    Merci pour cette interview, c’est intéressant d’avoir le point de vue de ce genre de personnes qu’on ne voit pas assez souvent en interview, contrairement aux interviews d’artistes, donc j’en redemande ! Par exemple, ce serait très intéressant de recueillir les paroles de professionnels japonais travaillant aussi dans le milieu de la musique, ou aussi de journalistes musicaux japonais.
    Une chose m’a étonné, Jay déclare : “j’ai vu d’une manière générale la fréquentation des salles de concerts baisser d’environ 30% en quelques années”. J’ai déjà entendu dire l’inverse, càd que, parallèlement à la baisse des ventes de disques, les gens privilégient les concerts et s’y rendent en plus grand nombre. Du coup, je me demande où est la vérité.
    Sinon, en parlant de concerts d’artistes japonais, ça me fait penser à qqch. Est-ce que tu connais les festivals itinérants “Japan Nite”, aux USA, et “Next Music from Tokyo”, au Canada ? Ce serait bien qu’on ait la même chose en France et en Europe, je pense que c’est réalisable ! Japan Nite, ça fait plus de 10 ans que ça dure ! Et pourtant, le public américain dans sa globalité, c’est comme le public français, les artistes japonais, ça ne les intéresse pas ! Je pense que c’est avec ce genre d’artistes (groupes de rock ou de pop alternatif, Uplift Spice en fait d’ailleurs partie) que les choses pourront progresser.
    Et je suis d’accord avec ce que sous-entend Jay (quand il parle de “toucher un nouveau public”), on verra une vraie évolution lorsque les gens (en 1er lieu les professionnels) qui s’intéressent à la musique, pas spécialement japonaise, s’intéresseront aussi à la musique japonaise. Pour ce qui est de ceux qui s’intéressent au Japon, c’est bon, ils savent que ça existe, mais ces artistes peuvent plaire à plus de personnes parmi ceux qui n’en ont rien à faire du Japon. La musique japonaise est globalement en manque de reconnaissance et de curiosité de notre part.

  2. Zali L. Falcam a dit :

    “Du coup, je me demande où est la vérité.”

    Je dirais qu’elle est dans les festivals. Les festivals font le plein comme jamais et il n’y en a jamais eu autant. T’as aussi les salles subventionnées qui fonctionnent au taquet (théâtres, opéras, etc.), et bien sûr les mastodontes (stades, zeniths). C’est plus dur pour les salles de quartier, les salles de concert de taille moyenne, les petites scènes. Parce que lâcher 20€ pour un public jeune, c’est parfois difficile pour 1H de musique (contre 100€ de festival ou tu vois 20 ou 30 concerts en quelques jours. Donc pour un réseau d’artistes qui n’ont accès qu’à de petites scènes plutôt qu’à des festivals, je conçois que ça puisse être dur.
    T’as le même phéonomène à l’oeuvre pour le cinéma : on a jamais autant été au ciné (record de fréquentation depuis 1965) et pourtant les petits films ont jamais autant galéré. Parallèlement à ça, les festivals se portent bien, et les multiplexs sont pleins.

  3. ramza a dit :

    Ravi que ça te plaise !

    Comme le dit Zali, il y a un décalage entre festivals et concert solo. Et par contre les festivals itinérants, je ne pose pas que c’est transposable avec la musique nippone chez nous tout simplement parce que le Japonest influencé par la musique américaine qui se retrouve dans son style… Moins vrai chez nous. Et les festivals itinérants musicaux ne sont pas aussi répandus chez nous… Enfin je dis ça c’est pas trop mon rayon je peux me gourer.

    Le jour où les groupes nippons seront dans les festivals standards nationaux ou de régions, ce sera déjà une reconaissance. Et si les indés sont content de venir chez nous c’est aussi parce que ça flatte leur égo ou leur popularité, ce qui est moins vrai dès qu’on en fait un mix.

    En tout cas pour ce qui est de la reconnaissance des pros j’attends aussi que les radios s’y mettent. En 2012 peut-être 😉

  4. Thomas a dit :

    Merci pour les précisions, Zali.

    @ramza
    Je reste persuadé que c’est possible mais je dois être optimiste ! J’aimerais que le Japan Nite passe aussi par la France, je suis sûr que ça marcherait !

  5. Le tour des blogs en 7 jours | Vies Nippones a dit :

    […] Paoru.fr – Jay : rencontre avec J-tourneur […]

  6. Flo- a dit :

    J’ai beaucoup aimé cette interview, je me suis permis dans parler sur mon blog. C’est vrai qu’on a pas souvent la chance de découvrir de tels métiers. Merci à Jay et à toi 😉

  7. ramza a dit :

    Vie nippones.fr, c’est sympathique comme concept, good luck !

    et de rien pour l’itw 😉

  8. 7plumes, le collectif blogueur » Blog Archive » Jay : rencontre avec un J-tourneur a dit :

    […] Jay : rencontre avec un J-tourneur By Ramzadmin • Blablater, Les blogs, Les posts, Paoru • 18 déc 2011 […]

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