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Hotel : lire un Boichi, en attendant la fin du monde…

  • Sumo

hotel-boichi-glenatMême si ce blog enchaine dernièrement les interviews, cela n’empêche pas pour autant son auteur de se goinfrer de manga et la liste des titres dont je dois vous parler s’allonge, s’allooooonge et s’allonge encore. Pour enrayer le phénomène parlons donc de Hotel, le dernier titre de Boichi (Sun Ken Rock, Space Chef Ceisar) paru aux éditions Glénat.

C’est parti, bonne lecture !

Et à la fin que reste-t-il ?

L’avenir de l’humanité semble bien compromis. Qu’il s’agisse de la montée des eaux et de l’augmentation critique de la température, de l’apparition du messie et de la guerre entre anges et démons ou encore de la dernière révolte des humains pour gagner leur liberté… Que va-t-il advenir de nous ?

Néanmoins, à qui la faute ? Nous avons bien malmené notre propre monde. Notre cupidité aveugle a éradiqué les thons de la surface de la terre, les médecins mariés font croire à leur maitresse que leur grossesse est une tumeur qu’il faut opérer d’urgence. Si la fin du monde était pour demain mériterions-nous d’être sauvé ? Pas sur…

Heureusement, parmi nos semblables, certains sont aussi capables du meilleur. Hotel est l’histoire d’un homme qui tente de sauver notre civilisation en voulant faire revenir les thons dans nos océans, d’un mari qui attend depuis plusieurs décennies que sa femme bien aimée se réveille, ne serait-ce qu’un instant, d’une jeune adolescente qui est prête à se vider de son sang pour que coule en elle la liberté, d’une mère décidée à mettre au jour son enfant ou enfin d’un robot qui a pour rôle de sauvegarder l’adn de toutes les espèces terrestres… Mais qu’adviendra-t-il de ses cinq personnages ? Pourront-ils mener leur mission à leur terme ? Et à la fin… Que restera-t-il ?

Le destin version Boichi

Cinq récits pour cinq destins d’hommes, de femmes ou de robot dont l’histoire navigue entre solitude et retrouvailles, entre désespoir et renouveau… C’est donc ce que nous propose Hotel. On pense alors à des drames, à l’histoire souvent solitaire des combattants et combattantes qui font les légendes… Et à vrai dire, c’est ainsi que ça commence, par la fin de l’humanité vue à travers de l’œil d’un robot, nommé Louis en hommage au chanteur Louis Armstrong.

Alors que les êtres humains vont disparaître en moins d’une génération, Louis doit garder, seul, l’ensemble du patrimoine génétique terrestre sur une planète devenu inhabitable, et ce pendant des milliers de millénaires. Une aventure prenante par sa narration mais aussi pour son sujet qui donne rapidement à réfléchir : si nous devions rebâtir la faune et la flore terrestre à partir d’échantillons d’adn, le génome humain aurait-il sa place dans l’arche ? Dans cette histoire solitaire narrée par le robot lui-même, l’engagement de Louis pour sa mission suscite autant l’admiration que la compassion.

Hotel, le retour de l'arche  Louis "Armstrong", le sauveur de la terre ?

L’attachement aux protagonistes de ce seinen vient aussi du talent humoristique du mangaka, omniprésent tout au long de ce recueil, sous différentes formes. L’histoire du scientifique Jun Shiozaki qui voulait faire renaître les thons est un best-of de situations rocambolesques sur fond d’une histoire on ne peut plus sérieuse, où disparait cet animal si cher au peuple japonais… Pour ne vous citer qu’un exemple : alors qu’on croyait le thon disparu un dernier spécimen est découvert, mais un homme de laboratoire croise le morceau, enfile un tablier de chef et se le fait en sashimi sous les yeux médusés et impuissants de Jun.

Ces situations donnent une raison suffisante au lecteur de passer outre un scénario complétement capilotracté. La rigueur scientifique est relégué au rang de détail pour une histoire sans prise de tête mais qui sait se montrer touchante. Les protagonistes principaux sont omnibulés par leur quête, sans jamais faire de concession, mais ces moments comiques brisent leur coquille et en fait des héros attachants.

Car fidèles à la mission qu’on leur a confié ou qu’ils se sont assignés eux-mêmes, nos protagonistes sont en effet d’une volonté remarquable et inébranlable, une caractéristique des protagonistes de Boichi. On retrouve ce fameux tempérament d’acier mêlée d’une folie douce et d’un grand cœur, une recette qui a fait le succès de tous les grands personnages de l’auteur, Ken de Sun Ken Rock en tête. Et pour finir avec l’humour il ne faut pas oublier, à la fin de chaque histoire, un mini-récit délirant qui tient sur deux pages où le mangaka se laisse aller à quelques menus délires version courte… On salue d’ailleurs red sushi pour son mythique combat contre le monstre viande grillé en plein milieu de Tokyo ^^;

Enfin ceux qui connaissent et qui lisent Boichi sont en droit de se poser la question : et les jolies demoiselles habituelles ? Eh bien non messieurs, dans Hotel le sexe ne sera qu’effleuré… Néanmoins vous pourrez profiter de la plastique irréprochable de la guerrière Lilith, dans Diadem, la dernière histoire du recueil, lors de ses combats en tenue d’amazone. Cela dit, en dehors de la colorisation remarquable des 14 pages, il n’y a pas grand chose d’autre à regarder.

Lilith dans Diadem  Diadem et ses magnifiques pages couleurs

En effet les seul vrais bémols de Hotel sont les tentatives de dark fantasy réalisées dans ce récit et le précédent, Stephanos, qui sont les moins convaincantes du recueil. Diadem est la fable stéréotypée d’une guerre contre un empire oppresseur et malfaisant et Stephanos ne fait que survoler son sujet apocalyptique sans réellement convaincre. Les fans de Bastard!! de Kazushi Hagiwara y retrouveront quelques références (voir même des clins d’œil ?) mais pas grand chose de plus.

Proposé à 10.55 euros, Hotel est donc un petit cadeau à se faire plutôt qu’une œuvre essentielle, même si les nombreuses pages couleurs justifient son prix. Boichi y déploie un potentiel tangible pour la science fiction et l’anticipation mais peine à convaincre dans le domaine de la fantasy. Ses fans apprécieront, et les autres découvriront un humour délirant et un coup de crayon qui, sur ce point, le classe parmi les plus grands…

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2 Commentaires pour “Hotel : lire un Boichi, en attendant la fin du monde…”

  1. Weaper a dit :

    Salut,
    J’arrive un peu après la bataille car j’imagine que cette critique n’est pas récent mais qu’à cela ne tienne!

    Très agréable analyse, ce récit d’histoires courtes est l’un de mes préférés
    Je trouve cependant dommage que vous ne parliez pas plus de la deuxième histoire: Present (cadeau en anglais). C’est ma favorite juste devant Hotel. Le plot twist est tout simplement remarquable.

    Boichi sait très bien manier les courts récits, l’intensité démontré dans Hotel et Stéphanos en seulement 40 pages m’avait fait tomber pour ce mangaka.

    Bonne continuation !

  2. ramza a dit :

    Ah oui tout ça date un peu… Faut que je me replonge dans le titre ^^ Et du coup tu as lu d’autres Boichi depuis ?

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