Paoru.fr


Manga & Japanimation

Adachi, Yukimura, Inoué, Morita et les autres, le dernier Bones ou un opening fandard, c'est ici !

The Civilization Blaster : un mangaka qui sème Shakespeare récolte-t-il un bon shônen ?

The Civilization Blaster tome 1Après vous avoir parlé de musique la semaine dernière et en attendant de vous faire une présentation d’Uplift Spice ce weekend, replongeons dans la lecture de manga avec un titre fort intéressant et dont le second volume m’a laissé assez optimiste : The Civilization Blaster, alias Zetsuen No Tempest, le tout dernier shônen de Kurokawa.

L’éditeur de Fullmetal Alchemist continue de se partager le catalogue Square Enix avec l’éditeur Ki-oon, en récupérant les plus grosses licences pour l’instant. C’est d’ailleurs en fanfare que ce titre est arrivé dès juillet dernier à Japan Expo avec un premier livret prototype, suivi d’une bonne campagne de pub et d’un premier tome au mois de septembre. Avec autant de battage, on est donc curieux…Et à la fois prudent. D’autant qu’on se demande à la lectures des premières pages où cette histoire va vouloir nous emmener… Explication.

Le commencement est la fin, la fin le commencement…

Cela fait maintenant un mois que Mahiro Fuwa a disparu. Son ami d’enfance, Yoshino Takigawa, n’a aucune nouvelle et commence à s’inquiéter. Néanmoins, il a bien une petite idée sur la raison de ce départ… Un an auparavant la famille de Mahiro a été assassinée et face à une enquête au point mort, la vengeance le ronge. Seulement l’adolescent est allé bien au delà d’une simple enquête et lorsque les chemins des deux amis se recroisent, Yoshino est complètement perdu : comment Mahiro peut-il utiliser de la magie, d’où lui vient-elle ? Pourquoi est-il poursuivi et quelle est cette maladie de fer qui pétrifie des populations entières ? Mais dans quel pétrin s’est-il fourré ?

En décidant de suivre Mahiro dans sa quête, Yoshino apprend que son camarade est devenu l’alliée d’Hakaze Kusaribe, la princesse surpuissante du clan de sorciers Kusaribe. Piégée par ses proches, cette sorcière est bloquée depuis plusieurs mois sur une île déserte dissimulée par la magie. Cependant, grâce à une statuette jetée à la mer qui a croisée le chemin de Mahiro, Hakaze peut communiquer avec le jeune homme et ils ont fait un pacte : Hakaze lui dévoilera l’identité du meurtrier qu’il pourchasse si Mahiro parvient à stopper les plans de celui qui l’a enfermé, le seigneur Samon. Pour des raisons inconnues, ce dernier veut ressusciter le légendaire “arbre de la destruction” qui fut autrefois défait par son opposé, l'”arbre des origines”. Cette résurrection entrainerait le monde à sa perte aussi magie et vengeance vont se mêler pour un duel sans merci entre le clan Kusaribe et sa princesse, épaulée par nos deux amis.

Mais une énigme reste à résoudre… Si Hakaze communique chaque jour avec Mahiro, comment les ossements de son cadavre sont arrivés dans les mains du clan Kusaribe ?

Si Shakespeare s’était mis au manga…

Mahiro et Yoshino, les deux personnages principaux de Zetsuen no tempest… Il aurait sans doute apprécié ses codes dynamiques et ses thèmes non manichéens, pour ensuite mieux les pervertir par son légendaire talent tragique. En tout cas les mangakas semblent eux s’abreuver à sa plume. Après l’anime de Roméo X Juliette, dernière adaptation nippone des œuvres du dramaturge britannique, voici donc The Civilization Blaster ou Zetsuen No Tempest, qui emprunte son nom original à La Tempête, tragicomédie en 5 actes créé en 1611 par Sir William.

C’est Kyo Shirodaira, déjà connu en France pour Spiral (Pika Editions) et Vampire Chronicles (Ki-oon), qui picore dans cette pièce et la mixe à d’autres références comme Le Tonneau de F.W. Crofts ou L’enfer dans la bouteille de Yumeno Kyûsaku, à qui l’on doit Jigoku Shojo. Avec Ren Saizaki au dessin et Arihide Sano à la supervision de l’ensemble, le résultat parait depuis 2010 dans le magazine Shônen Gangan (site officiel de la série ici) et compte pour l’instant 4 volumes au Japon.

Si les références et les auteurs sont donc nombreux, l’influence de Shakespeare reste prédominante. The Civilization Blaster place, dans un cadre contemporain, une fable fantastique mais avant tout tragique : Mahiro veut venger à tout prix l’assassinat de sa famille et notamment de sa « sœur », Aïka, qui sortait en secret avec Yoshino. Ce dernier n’ose pas révéler à son meilleur ami cette liaison car il sent bien qu’il y a autre chose qu’un lien fraternel entre lui et Aïka… L’occasion d’un rebondissement dans le volume 2 d’ailleurs.

Le dilemme entre amitié et amour n’est qu’un parmi d’autres, car Mahiro et Yoshino sont également au cœur d’un destin épique, pour la survie de notre monde. Là aussi rien n’est simple et les choix sont une fois de plus cornéliens : le projet de Samon, pleinement révélé dans le tome 2, n’a rien d’une folie. Il présente un plan B presqu’aussi acceptable que celui de Hakaze. C’est face à ce choix qu’un autre chisme s’opère entre nos amis d’enfances : Mahiro se moque de l’avenir d’un monde où Aïka n’est plus et se préoccupe uniquement de sa vengeance. Seul peut persister un futur où son meurtrier paye pour son crime.

Yoshino, tributaire de l’amour d’Aïka et d’une promesse qu’il lui a faite sans le savoir, commence à faire des choix différents, plus posés et réfléchis. Quid donc de qui l’emportera, la passion ou la justice, l’amour ou la raison ? That is the question !

Les fashion victims de The Civilization Blaster

Un shônen qui gagnerait à être un seinen ?

The Civilization Blaster met donc un certain temps à poser la nature exacte de toutes ces turpitudes et dévoile progressivement sa trame. Grâce à plusieurs rebondissements efficaces et un rhtyme soutenu, ce manga accroche tout lecteur qui fait l’effort d’aller jusqu’au second volume. C’est en effet le minimum à parcourir avant de rendre son verdict, tant les révélations du tome 2 donne toute son ampleur au récit, lui permettant de s’affranchir d’une image de shônen “hype” et de sa magie, celle d’une histoire de jeunes adolescents “trop classes” avec option barrette dans les cheveux.

Oui je me moque… Un peu.

Le chara design de Saizaki n’est pas mauvais, loin de là. On peut le décrire comme un mélange de Tsugumi Ōba  (période Death Note) et Hiroyuki Asada (Letter Bee aka Tegami Bachi). Le travail sur les décors est également appréciable (voir ci-dessous). Coté fantastique, la source de magie des sorciers est originale : ces derniers la puisent dans tout objet technologiquement avancé. Une bague délivre donc moins de puissance qu’un lecteur mp3 qui en dégage moins qu’un hélicoptère ou qu’un char d’assaut, etc…

The Civilization Blaster The Civilization Blaster planche 2 The Civilization Blaster planche 3

Ce que je critique tiens donc davantage du choix éditorial que du talent des auteurs… Le jeunisme de The Civilization Blaster me semble simplement superflu et ce titre aurait encore gagné en épaisseur sous le trait  plus mature d’un Ark Performance (Commando Samuraï 1549) ou d’un Yusuke Kozaki (Kyoko Karasuma). Cela dit, il s’agit de la réflexion d’un trentenaire qui se dirige avec les années vers des graphismes plus “mûrs”, donc cette remarque se révèle caduque voir abscon pour le lectorat adolescent. De toute façon l’intrigue intéressante et la narration prenante compensent ce défaut.

Enfin, pour achever de vous convaincre je soulignerai le très bon rapport qualité prix de cette série. Si ce dernier est déjà plutôt bon chez les titres Kurokawa, The Civilization Blaster a en plus le bon gout d’être plus fourni que la moyenne avec environ 220 pages, soit un chapitre de plus par tome. L’éditeur a même annoncé que le volume 3 comptera environ 272 pages… Ça fait toujours plaisir !

 the-civilization-blaster,-tome-3

anime manga aggregator sama Sama It!


4 Commentaires pour “The Civilization Blaster : un mangaka qui sème Shakespeare récolte-t-il un bon shônen ?”

  1. Demian a dit :

    Eh bien, j’avais déjà été plutôt emballé par la lecture du tome 1, attendant le second pour me faire un avis plus poussé et peut être décider de l’achat de la série…

    … maintenant je pense que je vais directement acheter le 2e tome finalement. Ta critique me conforte dans ma première impression et lève un peu les quelques retenues que j’avais concernant une suite du récit que je craignais peut être un peu trop “shonen standard”/”déjà vu”. Je comprend assez ta remarque sur le style graphique également (Kosaki FTW \o/ ) mais bon ça reste quand même agréable à regarder à défaut d’avoir énormément de personnalité ou d’originalité graphiquement.

    Bref une bonne surprise finalement, d’autant que je n’en attendais pas forcément grand chose voire étais plutôt méfiant, malgré ou à cause de la promo faite.

    Thanks 😉

  2. ramza a dit :

    J’étais un peu comme toi sur ce titre.. Je dirais même que j’ai une pile de tome 1 chez moi, non rangé dans les étagères, et que je me demande si j’ en achèterais la suite, chose que je fais pour des semaines creuses en sortie, histoire d’avoir un peu de lecture à mettre sous la dent.

    Et vous, vous avez quoi en tome 1 qui attend un potentiel tome 2 ?

  3. 7plumes, le collectif blogueur » Blog Archive » The Civilization Blaster : un mangaka qui sème Shakespeare récolte-t-il un bon shônen ? a dit :

    […] Retrouvez l’article complet sur Paoru.fr […]

  4. Céline a dit :

    J’ai pas réussi à finir le premier tome, je crois que j’ai vraiment pas été emballée par le pitch.

≡ Laissez un commentaire

Facebook Twitter Flux RSS

Cherche, petit chocobo !

Lectures manga & Instagram

Facebook

Partenariats


Plumes, le collectif j-blogueur
Culture Guu

Agr�gator SAMA Jpop DB

Twitter



Archives -/+


Copyright © 2019.Toutes les images et vidéos présentes sont copyright leurs auteurs.
Paoru.fr réalisé sous WP par Ramza et le Nature WP Theme de miloIIIIVII . Connexion | RSS.