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J-Music

Oui, vous pouvez vous trémoussez comme Hyde, ou tout simplement balancer la tête, c'est permis ici !

[300ème] La J-music en France, partie 1/3 : Public J-music où es-tu, qui es-tu ?

chocoboson

Voici le 300ème post de ce blog… Cool non ?! Quand je me suis demandé ce que j’allais y mettre je dois bien avouer que mon cerveau a fumé pendant une bonne semaine. Et, petit à petit, je me suis dis que ce serait sympathique et utile de laisser la parole à d’autres. Mais sur quel sujet et quels autres ?

Le choix s’est finalement porté sur la j-music, car jamais une année n’a été aussi mouvementé dans le domaine de la musique asiatique que cette année 2011 : outre le choc du 11 mars, je parle bien sur du phénomène Hallyu qui a électrisé les jeunes foules mais qui a surtout fait comprendre, par contraste, que toute une génération de fans de j-music se devait de faire un deuil. Celui de la venue des artistes de leur génération. Car dans le milieu de la j-music, beaucoup des fans de la première heure ont franchement les boules… Rectification, ils ont eu les boules pendant des années et maintenant ils expriment leur lassitude et leur désarroi (ici ou) face à un marché aussi grippé qu’une Roselyne Bachelot.

Mais si, d’un côté, une génération de j-journalistes semblent progressivement rendre les armes, que se passe-t-il du côté des nouveaux arrivants, des jeunes fougueuses et jeunes fougueux, et que laisse leurs prédécesseurs en héritage ? Ces questions je me les suis posé à plusieurs reprises cette année, aussi suis-je allez chercher 5 personnes d’expérience et au cœur de ce milieu… Laissons les d’ailleurs se présenter :

Intervenants au débatTanja : Fan de visu de 33 ans, je suis cofondatrice de JaME que j’ai quitté en 2009. Je rédige désormais mon blog musique : Doko. Je participe à divers projets fanzines, webzines, magazines depuis 1997. (ndr : au milieu à droite sur la photo)

Chtite_asu : webmaster de Play of medley et rédactrice pour divers sites web (ex-JaME, mais actuellement chez Total Manga, Orient-Extrême et le Journal du Japon), j’écoute de la musique japonaise depuis 2000.(ndr : en bas à gauche sur la photo)

Matthieu Boutaud : webmaster d’Ongaku Dojo anciennement Japmusic (il y a longtemps) depuis 2006 et accessoirement fan de C.h.a.o.s.m.i.t.h. (ndr : en haut à gauche sur la photo)

Nunya : jeune juriste demi-chauve de 23 ans, pâtissier magicien de Japan FM (anciennement AZN Radio) et de Kpop FM, depuis 2010, fondateur de Hydeist France et cofondateur des VAMPS et One ok Rock FST. Blogueur sur Nuny… Ah non.(ndr : au milieu à gauche sur la photo)

Shito : 28 ans, a travaillé sur un certain nombre de sites Jpop comme Nihon-fr par exemple mais aussi à monter mes propres structures, la plus connue étant mikan music network alias mimu, que j’ai dirigé pendant quelque chose comme 4 ans. Après sa fermeture, j’ai ouvert quelques mois plus tard mon blog, le blog Jpop,  pour garder une tribune, un espace d’expression libre de ma passion. (ndr : en haut à droite sur la photo)

Les présentations sont faites, il est donc temps d’entamer le débat. Une discussion de plus de 2h qui a été tellement riche qu’elle vous sera présentée en 3 parties : Le public J-music, aujourd’hui, les labels et tourneurs Franco-européen et Japonais dès mercredi et enfin les médias J-music vendredi, pour finir cette semaine spéciale 300ème / J-music. Allez hop, trêve de bavardage, c’est parti !

Partie 1 : Public J-music, où es-tu, qui es-tu ?

 Le marché de la J-music est – et a toujours été – un marché de niche, de petite niche d’ailleurs, qui le situe (bien loin) derrière les mangas qui se vendent par millions. On peut débattre de son étendue exacte mais comme le dit Shito : « quelques milliers, mais 5, 10, 15, je ne sais pas… Cela dit ça ne change pas grand chose. »

Quant à dire si le succès est croissant ou non, nos intervenants répondent généralement par la négative même si chacun analyse la tendance différemment. Tous sont en tout cas d’accord pour dire qu’il y a eu un coche de raté et qu’une génération a été globalement sacrifiée par les labels nippons : « La J-music en France n’est plus dans une dynamique de croissance, les fans se sont sans doute lassés d’attendre. De plus les japonais n’ont jamais donné la possibilité aux  amateurs français de faire de la promotion » explique Tanja.

Chtite_asu plussoie : « Ca n’a jamais abouti à quelque chose d’aussi important que ce que la Kpop a à nous offrir. Je pense que la J-music a laissé passer sa chance alors qu’elle aurait pu atteindre un public plus large en envoyant d’anciens gros vendeurs de musiques d’anime comme Porno Graffitti, Uverworld, Orange range, etc »

pornograffitti

Cependant il y a bien eu une évolution ces dernières années : « de plus en plus de gens qui y touchent de par l’installation solide de la culture anime/manga dans le background de consommation des jeunes/ados. Mais de moins en moins de passionnés dont la musique japonaise est le centre d’intérêt n°1 dans leur passion plus globale pour le Japon » ajoute Shito.

Pour Matthieu, la messe n’est pas encore dite : « je pense qu’il y a un peu des deux. Si ça continue comme ça, c’est à dire qu’on ne fait venir que ceux qui veulent bien venir, et sans que les japonais n’aient conscience de ce qui se passe, oui, on passe à une chute vertigineuse. »  Nunya développe : « D’un côté, on a un succès croissant dans le renom des groupes qui viennent ramener leurs ondes ici, l’Arc~en~Ciel, X-Japan, The Gazette […] et une crédibilisation de certains artistes via leur incorporation dans de vrais évènements musique (Maximum the Hormone au Hellfest, Soil & Pimp Sessions, Miyavi…).

Mais de l’autre côté, on a une érosion évidente du système avec un décalage horaire de cinq ans entre la venue des groupes et leur âge d’or au Japon – ce que j’appelle les erreurs d’époque. »

Une assise s’est formée à travers en 10-15 ans mais sa fragilité supporte mal le poids de nombreuses années d’attente de certains… Toute une génération a compris ses derniers mois qu’ils ne verront jamais les idoles de leur début et que X-Japan ou Laruku ne seront que des exceptions à cette règle.

De plus, au sein du jeune vivier des nouveaux fans potentiel, toute une partie pourrait bien choisir d’allez s’asseoir ailleurs, sur le banc que leur propose en ce moment la Kpop par exemple.

Une tendance qui fait d’ailleurs pas mal parler depuis la venue de nombreuses stars du marché et de la confirmation récente qu’il ne s’agissait pas seulement d’une simple écume mais bien d’une vague.

Hallyuwave

Nous espérons tous que ce mouvement entrainera la musique japonaise dans son sillage, en créant les preuves d’une potentialité dont semble douter les labels japonais. Cependant, une fois de plus, la prudence et le doute sont là : « ça peut les aider mais de là à traduire ca dans les faits… » débute Matthieu, suivi par Tanja : « j’espère que ça boostera les japonais, mais pas tous. Certains ne voient pas plus loin que le marché local et les sous qu’ils peuvent se faire. »

Les projets sont une chose, le concret une autre, comme précise Nunya avec humour : « Elle (ndr :  la Kpop) les booste déjà sur le papier, il y a des projets japonais qui voudraient se monter dans les mois et années à venir, qui prêtent plus à rire qu’autre chose. Dans la pratique, on se rappelle que les japonais avaient voulu lancer un JaME japonais, et qu’aujourd’hui on en rit autant que mon propre blog. »

Enfin il ne faut pas oublier que les Coréens sont aussi des concurrents, y compris sur le marché japonais : « Je crois que les japonais pensent surtout à s’en sortir dans leur pays avant d’essayer de les concurrencer en Europe » analyse Chtite_asu. « La Kpop est en train de prendre de plus en plus de place sur le marché musical et les classements Oricon commencent à parler d’eux-mêmes. »

Et pour finir avec la fameuse hallyuwave, il faut également préciser que la taille du marché Coréen pousse les “K-labels” à un export en Asie et ailleurs, là où le Japon aime à défendre son auto-suffisance culturelle.

Cela dit, quel potentiel réel pour la j-music chez nous ?

Pour Shito, ce public potentiel est proche de celui du Japan Expo : « Je peux imaginer qu’avec une offre plus adaptée et plus visible, la J-music puisse progressivement toucher l’ensemble du public qui fréquente des lieux comme Japan expo, là où aujourd’hui il n’intéresse qu’une faible partie de ce public […] Tout au plus 5-6% des passionnés du Japon s’intéressent un minimum à la musique japonaise, ce qui est peu. »

Cela dit au-delà de ce public japonisant, un réel succès public semble improbable. À la question de l’occidentalisation du son nippon, chacun pense que cette musique peu très bien s’exporter telle quelle. De plus, comme le précise Nunya : « d’autres vecteurs de communication de la culture japonaise (bande dessinée, cinéma…) n’ont pas vraiment eu besoin de s’occidentaliser. Même en terme de jeux vidéo si on veut se la jouer nerd névrosé. Comme toute culture exotique qui y met les moyens, je pense que la J-Music peut percer sans avoir à se prostituer. »

Un dilemme est cependant bien présent dans cette conversation : quid de la langue japonaise ? Barrière rédhibitoire ou pas ? Pour Shito, la réponse est oui : « La barrière de la langue reste quelque chose de vraiment trop violent. Il fut une époque où je mettais ELLEGARDEN en tête de liste des groupes/artistes à gros potentiel. Ca s’annonce mal aujourd’hui ! ^^ Les popstars japonaises ne sont pas assez bonnes en anglais. Donc en dehors de quelques groupes de rock ou d’artistes électros, vraiment, je ne vois pas. »

Chtite_asu se permet une petite caricature : « je pense que l’anglais est indispensable, il y a trop de clichés en Europe… Japon=Chine=langue incompréhensible= tching tchong tching »

Après, tout dépend une fois de plus de quoi on parle quand on parle de potentiel, et « si le public manga/jeux vidéos aurait sûrement rien à redire avec le japonais » comme le dit Chtite_asu, « c’est sûr que le grand public lui aurait du mal » conclue Tanja.

Cela dit les japonais n’ont pas attendu nos supputations pour tenter de se mettre à l’anglais et en comprendre le potentiel : « je pense aussi que le mélange anglais et japonais est indispensable, mais ça les groupes japonais portés vers l’international l’ont déjà compris, en usent et abusent. » Précise Nunya.

Et puisque nous parlions du public j-music, nous en avons profité pour le redéfinir… De par ses choix tout d’abord.

En tête de liste, les Johnny’s apparaissent pour tous comme les leaders, suivi par les groupes pop rock, à l’origine de nombreux génériques d’anime. Au milieu de tout ceci on retrouve également l’exception The Gazette à la communauté très active, dans un marché visual kei dont les grandes heures se situent aujourd’hui dans le rétroviseur. Et puisque que l’on parle de rétroviseur : « Les popstars qui ont fait les belles heures du web J-music francophone sont aujourd’hui clairement larguées. » entérine Shito

Ce public – qui vient maintenant autant des dramas que des animes – peut aussi se définir par son âge. On perçoit nettement une fracture générationnelle : «Une part d'”anciens” plus ou moins désabusés par la perte de vitesse/d’intérêt des stars de l’âge d’or, et une grosse part de (très) jeunes débarqués en marge d’un intérêt plus large pour la culture pop japonaise qui se partagent en petites communautés : les fans de générique d’anime, les fans de boysbands, les fans de visu…» explique Shito

Nunya va plus loin dans la description de cette nouvelle génération : « Contrairement à la première, elle ne découvre pas la culture nippone, elle vit avec. Ensuite, les adolescents sont ultra loin d’écouter que les Johnny’s. D’ailleurs, les fans actuels de The Gazette sont des adolescents, très clairement. Idem si je vais sur la page One ok Rock FST, je regarde les statistiques et la trèèèès large majorité des membres sont des filles / femmes entre 10 et 20 ans »

Chtite_Asu fait de son côté la comparaison : « personnellement quand j’écoutais l’arc au collège tout le monde me prenait pour une extraterrestre. Je pense que la situation n’a pas vraiment changé, c’est juste que les ados d’aujourd’hui ont des communautés où ils ont la chance d’en parler du coup leurs actions/réactions sont plus visibles. »

Un public français en pleine évolution donc, qui se renouvelle et qui évolue dans ses choix, en suivant – un peu comme autrefois – ce que les majors offrent au public Japonais. Difficile de savoir si ce public, plus éphémère, saura se montrer aussi motivé et patient que leurs prédécesseurs face à l’immobilisme nippon.

Vous l’aurez compris : les labels, les majors et les tourneurs – ceux qui sont censés faire la pluie et le beau temps – seront donc l’objet de notre seconde partie… 

Si vous avez raté les autres épisodes, c’est par ici :

Débat J-music 2

Partie 1 : Quels invités pour l’hexagone ?

Partie 2 : Les concerts, de A à Z…

Partie 3 : Motivations et rayonnement

Débat J-music 1

Partie 1 : Public J-music où es-tu, qui es-tu ?

Partie 2 : Majors, label et tourneurs, que fait la France et qu’espérer du Japon ?

Partie 3 : Des médias J-music à ré-inventer ?

anime manga aggregator sama Sama It!


4 Commentaires pour “[300ème] La J-music en France, partie 1/3 : Public J-music où es-tu, qui es-tu ?”

  1. Trit’ a dit :

    C’est dommage que tu n’aies eu aucun retour de la part des gens de Nolife : après tout, avec le J-Top qui est une des (sinon LA) seules mesures de popularité de la J-music en France avec près de 2 000 votants chaque semaine, on aurait pu avoir d’autres infos sur les goûts du public en J-music.

  2. ramza a dit :

    Yup, ça eut pu se faire avec No Life, malheureusement c’est toujours difficile de rassembler tout le monde au même endroit au même moment.

    Sans compter que les seuls contact que j’avais avec No Life étaient indirects donc difficile de faire venir sur un blog confidentiel quelqu’un que tu connais mal (en même temps y a pas que des bisounours chez nous, faut les comprendre !). Mais je ne suis pas contre un autre débat plus tard, avec, si ce dossier est apprécié, des gens de label ou de chaine télé. La porte est ouverte ! 🙂

  3. Thommas a dit :

    Excellent dossier !

    Une analyse poussée, des commentaires judicieux !

    J’ai hâte de lire la suite.

    Nolife a certainement été le réceptacle des fans de jmusic, mais n’a pas tant amplifié une niche qui existait déjà.

    J’ai le sentiment que l’Asie passe culturellement mal chez les masses en occident. Mais je ne sais ni en être sûr, ni le quantifier, ni l’expliquer.

  4. Lambo a dit :

    Idem si je vais sur la page One ok Rock FST, je regarde les statistiques et la trèèèès large majorité des membres sont des filles / femmes entre 10 et 20 ans »

    Je connais énormément de garçons qui adore ce groupe(Comme moi par exemple). Mais j’en connais aucun qui va sur des sites avec des forums ou des choses comme ça pour en parler. Donc peut-être que sur le site c’est des femmes entres 10 et 20 ans, mais en vrai je pense que c’est différent 🙂

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