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Interview Maliki : rencontre autour d’un volume 5

Maliki Tome 5Ceux qui suivent le blog depuis plus d’un an connaissent sûrement Maliki, la jeune femme de Roubaix qui se dessine elle-même pour conter ses aventures en BD. Il y a un an et demi je la rencontrais pour une interview à l’occasion du Salon du Livre de Caen.

Deux volumes et quelques projets plus tard, la sortie du cinquième opus de ses aventures, Maliki – Prismatique, était une bonne occasion de retrouver notre sympathique auteure.

Au programme : la fabrication du dit tome avec ses thèmes, ses personnages mais aussi le métier d’auteur avec ses collègues, ses dédicaces et enfin les futurs projets de notre demoiselle aux cheveux roses…

Bonne lecture !

Bonjour Maliki. Il y a un peu plus d’un an nous nous étions rencontrés, quelques semaines avant la sortie du tome 4, dans le pays de John le Normand. Nous voilà pour la sortie du tome 5… Première question : quoi de neuf pour Maliki ?

Je travaille en indépendante maintenant, chez moi (et toujours à Roubaix…). C’est le mode de vie que j’avais toujours souhaité avoir. Organiser mes journées comme je le veux, être ma propre patronne, c’est très stimulant, et c’est agréable d’avoir enfin le temps de prendre le temps, de faire les choses bien.

Dans le tome 5 on voit moins de chats, plus d’histoires sur les personnages secondaires mais aussi plus de constats sur les cons et la nature humaine… C’est ponctuel ou c’est une évolution amenée à se poursuivre ?

Moins de chats et plus de persos secondaires, ça oui, c’est sûrement amené à se reproduire. Les chats ont, il faut bien le dire, une vie un peu moins passionnante et variée (ou surnaturelle…) qu’un être humain et c’est vrai que je n’ai plus forcément des tonnes de choses nouvelles à raconter sur eux. Et comme je n’ai pas envie de répéter les gags, j’attends qu’ils fassent de nouvelles idioties pour les mettre en images. Je vous rassure, ils en feront, je leur fais confiance, mais voilà, ça dépend entièrement d’eux !

Quant aux coups de gueule, ça dépend vraiment de mes humeurs, c’est imprévisible. Mais je vais peut-être finir par me lasser de m’énerver et céder au fatalisme, on verra bien.

Les êtres humains ou l’humanité semblent parfois te laisser très dubitative quant à leur potentiel. C’est une pensée que tu as toujours eue ou alors tu penses que c’est le travail d’auteur qui rend comme ça ?

J’ai toujours eu beaucoup de réserves sur la nature humaine, depuis toute petite je préfère les animaux. Et disons que ça ne va pas en s’améliorant avec l’âge. Mais je ne pense pas que mon travail joue un rôle là dedans, c’est plutôt dans ma nature.

Est-ce que tu te vois raconter ton quotidien encore longtemps ou envisages-tu déjà un… Comment dire… Un après « toi-même » ?

J’ai encore pas mal de trucs à dire et à raconter, de ce côté-là pas trop de soucis. Je mêle de plus en plus de fiction à la réalité car je pense que le système des blogs BD, sur lesquels on raconte son quotidien, commence à s’essouffler. J’ai l’impression d’en avoir fait un peu le tour et je préfère maintenant m’orienter vers la réalité modifiée, extrapolée. Pour l’instant je n’ai pas vraiment envie de faire « autre chose » que Maliki.

En revanche, j’ai toujours voulu étendre l’univers qui s’est créé autour, laisser plus de libertés aux persos secondaires, changer de perspective et de ton selon les histoires. J’ai des envies d’expansion, mais pas forcément d’un changement radical.

Maliki à colleretteLa création des planches se fait-elle selon l’humeur du moment, sur une impulsion ou plutôt par un processus plus réfléchi, plus longtemps à l’avance ?

Certains strips sont fait sur l’instant. L’idée arrive et je le réalise tout de suite, avant que ça ne m’amuse plus. C’est aussi le cas pour les strips en rapport avec l’actualité. En général, ils ne sont pas prévus à l’avance. Par contre certains strips plus scénarisés (Lady aux Galapagos, l’histoire avec Doang) sont en gestation un bon moment avant que je me décide à les faire. Ça me laisse le temps d’y penser et d’avoir du recul dessus. J’aime bien alterner les choses spontanées avec des travaux plus construits.

Du point de vue du graphisme on note aussi une évolution… Quels sont tes outils de travail pour créer une planche, de A à Z ?

La plus grosse évolution, c’est surtout que je passe beaucoup plus de temps sur mes planches et que je suis plus appliquée. Mais je travaille toujours avec les mêmes outils : tablette graphique du début à la fin, et « Easy Paint Tool Sai ».

Est-ce que tu as changé d’outil depuis tes débuts ?

Je suis passée de Photoshop à Sai, plus pratique pour l’encrage et plus doux pour les couleurs et ça sent bon la lavande.

Est-ce qu’il y a des domaines ou des techniques que tu aimerais essayer pour Maliki (ou autre chose) ?

Je caresse l’idée depuis longtemps de faire un album uniquement en couleur directe, sur papier, car j’adore faire de l’aquarelle. Mais outre le fait que ça m’angoisse techniquement, je ne me vois pas faire du dessin traditionnel dans mon appartement actuel, avec les chats qui se promènent partout sur mon bureau qui est en fait dans mon salon. Il me faudrait un vrai atelier, une pièce avec de la place, du calme et une porte qui ferme dans laquelle je peux laisser ton mon bordel sorti.

J’ai toujours une passion pour l’animation, mais c’est trop dur à faire toute seule et je n’ai pas de formation d’animatrice… Peut-être si je m’exile 5 ans dans une cabane au fond des bois…

Dans l’introduction de ce cinquième tome tu parles du sentiment d’être un usurpateur dans le monde de la bande dessinée… C’est difficile d’y trouver sa place ?

Pour moi oui, je ne sais pas trop pour les autres. Mais j’ai toujours du mal à me considérer sérieusement comme une « auteure ». J’ai appris sur le tas, et j’ai eu la chance d’être publiée alors que je n’avais pas un niveau terrible en dessin. Je bosse énormément, j’assume ma passion et le fait que j’essaie de l’exercer à un niveau professionnel, mais je ne réalise ni ne comprend jamais trop pourquoi les gens aiment bien. J’ai toujours l’impression d’être en dessous de ce qu’on pourrait attendre d’une « vraie » auteure… Du coup à tout moment, je m’attends à ce que quelqu’un crie : Hé ! Mais c’est une imposture !

Je suis quelqu’un qui se pose beaucoup trop de questions je crois !

Y-a-t-il d’ailleurs des traits ou attitudes communes aux auteurs de BD ?

Je ne sais pas, on croise vraiment de tout en festival, chacun gère son statut d’auteur à sa façon et tous les extrêmes sont possibles. Certains sont taciturnes, timides et mal à l’aise en public, voir carrément misanthropes, alors que d’autres font leur show et sont volubiles pour le plus grand plaisir de leurs lecteurs. Mais si tu veux du cliché d’auteur, alors imagine des vieux gars un peu bruyants à une table, qui picolent en rouspétant sur leur éditeur.

J’aime bien aussi me promener dans les rues pendant le festival d’Angoulême. Ça grouille d’auteurs et si on fait attention au brouhaha ambiant, on entend « blabla mes planches blabla mes encrages blabla les éditeurs », c’est comme un nuage de tag sur le net mais en vrai !

Maliki et le rose, encore et toujours le rose !Dans cette introduction tu nous parles aussi de la routine des séances de dédicaces, des hôtels… L’ “autre” coté des dédicaces, méconnu du public. Après 7 ans de travail et presque autant d’années de dédicaces, qu’est-ce que tu gardes comme souvenir de ces séances ?

La dédicace c’est vraiment paradoxal. C’est le seul moment où on peut rencontrer nos lecteurs et obtenir des réactions à chaud. En général, je suis toujours enthousiaste à l’idée d’y aller. Et puis la veille, je n’ai plus envie, je veux rester chez moi, je peste. Le trajet en train, toute seule, les correspondances, le métro, c’est assez déprimant à force et on a l’impression de s’épuiser, de perdre plein de temps de travail.

Et puis on arrive sur le festival et on sent tout de suite si l’ambiance est là ou pas, l’organisation et l’accueil jouent un grand rôle pour l’humeur dans laquelle on sera. Il y a plein de gens, on fait des rencontres, on discute. Toute la journée, on a de l’attention et des gens autour de nous.

Et puis le soir, quand on rentre à l’hôtel, on se retrouve parfois tout seul dans une petite piaule un peu glauque, à manger un kebab et on se demande ce qu’on fout là. Il y a un fort contraste entre la « célébrité » de la journée et la solitude du forain qui regagne sa roulotte. Évidement dans les gros festivals, on sort en général entre auteurs, mais ce n’est pas toujours le cas.

Les séances de dédicaces commencent généralement dans l’exaltation et se terminent fréquemment dans la mélancolie.

Tiens d’ailleurs, voici l’occasion de passer un message au public : Y-a-t-il un dessin ou un personnage que tu as marre de faire et refaire en dédicace ou quelqu’un qu’on ne te demande pas assez à ton gout ?

Ne me demandez pas des trucs trop compliqués ! C’est tout ce que je demanderais. Plus ça va, et moins j’aime improviser en dédicace. Je ne suis pas assez spontanée et virtuose en dessin pour faire un truc super et original du premier coup. Il faut que je cherche, que je gribouille, et c’est quelque chose que je n’ai pas le temps de faire en dédicace et qui peut me stresser. Demandez moi un truc que je sais bien faire, comme un personnage, et vous aurez un beau dessin et les gens derrières n’attendront pas trop longtemps.

Ah oui, vous pouvez arrêter de m’apporter des BN aussi. C’est vraiment hyper gentil, mais j’en ai beaucoup trop chez moi, et ils se périment parce que je ne les mange pas assez vite. Mais j’aime aussi les noix de cajou, le bon whisky, les lingots d’or et les voitures de luxes, n’hésitez pas !

Passons maintenant aux autres projets. Quels sont-ils pour les mois à venir ?

Un tome 6 et la fameuse BD « alternative » autour de l’univers de Maliki dont j’avais déjà parlé l’année dernière. Je n’en redis pas trop pour l’instant, je prépare un blog à part pour parler de ce projet que je veux vraiment séparer de mon boulot habituel. Ce n’est pas le même public. Mais cette fois c’est signé, l’histoire est prête, y a plus qu’à dessiner… C’est prévu pour 2012.

L’année dernière tu nous a montré un épisode pilote de Maliki et il était question de passage TV. Où en est-on depuis ?

Rien de neuf de ce côté-là. Le pilote qu’on a fait n’était pas assez calibré pour séduire les investisseurs ou les chaines de télé, c’était trop confus, la cible n’était pas claire et les chaines ont horreur de ce que n’est pas clair. Et on a ni les moyens, ni le temps d’en refaire un plus adapté, donc tant pis, pour l’instant j’aime mieux me concentrer sur la BD. Mais ça ne m’empêche pas de m’amuser à faire des petites anims par moi-même, comme le petit trailer que j’ai réalisé pour le tome 5. (ndr : cf ci-dessous)

Même question sur les projets d’albums entièrement consacrés aux personnages secondaires…

Rien de planifié encore là-dessus, mais l’idée est toujours dans l’air de faire un album alternatif par personnage, comme celui annoncé pour 2012.

Sur tes personnages toujours… L’an passé tu nous prédisais l’arrivée de la grande sœur de Fang qui est arrivée il y a peu. Y-a-t-il encore des nouveaux personnages dans tes tiroirs et peux-tu nous en dire un peu plus sur eux ?

Dans le tome 6, Lady et Electro vont se retrouver confrontées à plus fort qu’elles, et un vilain bonhomme va faire son apparition. Doang sera de nouveau de la partie, et une ancienne amie de Maliki risque de refaire également surface.

Merci Maliki !

Bises et à bientôt !

Merci à Maliki pour son temps et merci également aux éditions Ankama.

Pour découvrir régulièrement les nouvelles planches de Maliki, il vous suffit d’aller faire un tour sur son site web. Et pour remporter le fameux volume 5, direction notre concours du mois !

Maliki 05, en version collector

anime manga aggregator sama Sama It!


3 Commentaires pour “Interview Maliki : rencontre autour d’un volume 5”

  1. Miuu a dit :

    euh je ne comprends pas ? l’auteur de maliki est un homme pas une femme ! pourquoi parles tu de lui comme si c’etait une femme ?

  2. ramza a dit :

    Hello Miu…

    Pour l’explication je cite l’explication de Healaeh sur la page facebook de Maliki : Maliki a décidé il y a un moment de viré Souillon parce qu’il ne la dessinait pas assez bien à son goût. Depuis c’est elle qui gère tout, Souillon se retrouve cantonné à faire les séances de dédicaces car Maliki à trop fort à faire avec Fang et les chats pour pouvoir se libérer 😀 ( Souillon est payé en BN ce qui arrange Ankama et Maliki, ça n’est pas imposable )

    Et voilà ^w^

  3. 7plumes » Blog Archive » Interview Maliki : rencontre autour d’un volume 5 a dit :

    […] Retrouvez l’article complet sur Paoru.fr […]

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