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Ikigami : Motorō Mase est-il toujours au top ?

  • Sumo

Ikigami tome 8Inception, Pluto, Je suis une légende… Autant d’œuvres d’anticipation qui puisent leur force et leur succès dans une idée originale de réalité alternative. C’est le cas d’Ikigami, le seinen de Motorō Mase, l’invité phare du Salon du Livre de Paris 2011 qui recueille depuis plus d’un an de nombreuses récompenses.

En postulant que la mort est ce qui donne le plus de valeur à la vie, le mangaka a accouché d’un scénario polémique et passionnant. Mais une idée, aussi inspirée soit-elle, peut-elle vivre sans décevoir sur la longueur ?

Il vous reste 24 heures à vivre…

Tel est le message du jeune fonctionnaire Fujimoto lorsqu’il délivre l’Ikigami, le préavis annonçant à son destinataire un décès garanti dans les 24 heures qui suivent.

Planche IkigamiL’histoire de l’Ikigami commence dès l’entrée à l’école primaire. Chaque enfant reçoit un vaccin, auquel on a ajouté une nano-capsule qui va progressivement se loger au niveau du cœur. Quelques années plus tard, lorsque les vaccinés ont entre 18 et 24 ans, une capsule sur 1 000 éclate et tue son propriétaire.

Afin de pouvoir profiter de ces derniers instants, chaque condamné reçoit un préavis de décès qui lui annonce qu’il est en train de vivre sa dernière journée.

« La loi pour la sauvegarde de la sécurité nationale », tel est le nom de ce système mis en place par le gouvernement afin d’inciter chaque génération à vivre pleinement son existence, en développant la passion de la vie par la crainte d’une mort prochaine.

Fujimoto est donc le dernier maillon de cette chaîne et délivre plusieurs fois par mois le funeste message. D’abord touché par la cruauté de sa mission, il fait petit à petit taire ses propres doutes, par peur de représailles. Le gouvernement voit en effet d’un mauvais œil toute contestation du système en place, réduisant à un silence temporaire, voire définitif, tous les opposants ou objecteurs de conscience.

Cependant, préavis après préavis, Fujimoto ne peut s’empêcher de s’interroger sur le bien-fondé de sa profession et sur la légitimé de cette institution. Et lorsque son chemin croise celui d’une opposante persuasive qui voit clair dans ses convictions, rien ne va plus…

La mort en préavis

Motoro MaseQue feriez-vous si on vous annonçait qu’il ne vous reste plus que 24 heures à vivre ? À travers son manga, publié depuis 2005 au Japon par l’éditeur Shogakukan, Motorō Mase donne vie à une question universelle, qui était restée jusqu’ici purement rhétorique.

Face à ce dilemme, chacun possède une réponse différente. La série prend donc le parti de nous présenter tout un éventail de destins et une multitude de possibilités : la tête de turc choisira-t-elle la vengeance ? Le musicien pourra-t-il se faire entendre ? Est-ce que l’infirmier pensera à lui ou une fois de plus aux autres ? Est-ce que le fils condamné acceptera d’être le jouet politique de sa mère ? Est-ce que le looser pourra profiter de l’Ikigami pour connaître la gloire ?

Toutes ces questions ont pour source un passé souvent obscur, que les victimes de l’Ikigami espéraient remplacer, un jour, par un avenir plus radieux. Malheureusement de futur il n’est plus question et tous les espoirs sont tués dans l’œuf. L’arrivée de l’Ikigami est d’ailleurs un moment-clé, savamment inséré dans le récit pour lui donner un maximum d’impact.

La stupeur est ensuite rendue palpable par le trait réaliste de Motorō Mase. Au-delà d’un character-design qui ne paye pas de mine, on peut saluer la maîtrise des émotions humaines : peur, colère, tristesse et détermination font rapidement naître l’empathie d’un lecteur déjà touché par l’injustice d’une mort aussi péremptoire. L’impression de réalisme est accentuée par des décors très détaillés, photographiques même.

Chacun sa mort, chacun son chemin (passe l’Ikigami à ton voisin !)

Ex-libris IkigamiNéanmoins, toutes les histoires d’Ikigami ne peuvent trouver les mêmes échos chez ses lecteurs et leur attrait dépendra du propre vécu de ces derniers.

Selon que vous ayez remis à plus tard une passion dévorante, que vous ayez du mal à accepter les responsabilités de la vie d’adulte ou que vous attendiez en vain une reconnaissance parentale ou professionnelle pour étayer votre existence, les protagonistes ne susciteront pas chez vous les mêmes sentiments et intérêts.

Certains vécus vont ainsi vous émouvoir ou vous révolter, là ou d’autres les jugeront banals voire même répétitifs. La lecture d’Ikigami connaît donc des hauts et des bas, mais vous y trouverez forcément une ou plusieurs histoires qui vous toucheront personellement.

Heureusement la trame de fond du manga pallie, en partie, les aléas dans l’intensité du récit. Le système gouvernemental entourant la loi pour la sauvegarde de la sécurité nationale dévoile progressivement sa face cachée : une inquiétante intransigeance pour les esprits retors, un muselage catégorique des médias et un lavage de cerveau à l’échelle nationale, pour le soi-disant bien de la nation.

On découvre avec effroi, en même temps que Fujimoto, un système fascisant qui ne recule ni devant l’aliénation, ni le meurtre pour assurer sa pérennité.

Le malaise inspiré par cette société cruelle laisse donc la place à la paranoïa du Big Brother, ainsi qu’à un profond désir de révolte, tout aussi addictif pour le lecteur que les destins des receveurs d’Ikigami.

Au-delà d’une excellente idée de départ, Motorō Mase réussit à prolonger l’intérêt de sa série sur la longueur en renforçant son seinen polémique d’un thriller politico-sociologique. Même si tous les volumes ne se valent pas, la multitude de jurés qui ont décidé de récompenser cette œuvre ne s’y est pas trompée : Ikigami est une expérience à tenter.

Tous les visuels sont © Motorō MASE / SHOGAKUKAN Inc.

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4 Commentaires pour “Ikigami : Motorō Mase est-il toujours au top ?”

  1. Guu a dit :

    J’avais pour ma part découvert cet auteur avec “Heads”, excellent titre d’à peine 4 volumes mais qui m’a donné une sacré claque… le suivre sur “Ikigami” était donc une obligation, et même si les histoires ne se valent pas toutes, chacun renvoie tt de même à qqchose qu’on a vécu un jour…

    Et qq part, lire ce manga aide a revoir un peu sa perception des choses, à la lumière du “Et si je mourrais demain ?”…

  2. ramza a dit :

    Heads, c’est publié chez qui déjà ?

  3. Gally a dit :

    C’est vrai qu’au début, j’avais bien accroché. J’ai “tenu” jusqu’au volume 5 il me semble. Mais je crois que finalement je suis trop sensible pour ce genre d’œuvre : ca me donne des envies de meurtre ces “assassinats” programmés de sang froid !
    Effectivement, on peut noter des “baisses de tension” dans certains volumes. Mais en en discutant avec d’autres personnes, on se rend compte qu’elles ne sont pas au même endroit pour tous. J’ai été très émue par l’histoire de l’infirmier et révoltée par celle du fils de la politicienne. Ces réactions sont inhérentes à ma nature et mon caractère. Certains seront totalement froid à l’esprit de sacrifice qui émane de la mort de l’infirmier alors que moi, j’ai versé ma larme…

  4. ramza a dit :

    Ouaip, ça varie selon les personnes. Pour ma part j’avoue que je te rejoins sur le fils de la politicienne mais qu’ensuite j’ai vibré sur l’histoire du taggeur. Guu avait accroché à celle du réalisateur drogué et je pense que chacun à son ptit coup de cœur. C’est ss doute ça qui fait d’Ikigami quelque chose d’assez universel en fait 🙂

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