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[JE 11] : Rencontre avec Ryo Saeba…ou presque

Samedi 3 juillet, 17h, une conférence de presse très attendue débute par l’arrivée d’un homme en sweat-shirt et lunettes de soleil, décontracté : Tsukasa Hōjō (Cat’s Eyes, City Hunter, Angel Heart, Family Compo, La mélodie de Jenny, etc…). Malgré ses 30 ans de carrière et son statut de légende vivante en France -qu’il ne soupçonne sans doute pas-, l’homme est venu répondre avec le sourire à nos questions sur sa vie, son œuvre… et sur son goût pour les femmes.

Après une courte séance photo, la salle de journaliste reste très intimidée, et ose à peine poser une première question. Mais un courageux se lance et l’entrevue commence.

Bonjour Monsieur Hōjō... Avec quels mangas avez-vous grandi ?

Quand j’étais petit, dans ma famille, je n’avais pas vraiment le droit ni l’occasion de lire beaucoup de mangas. Je regardais davantage la télévision, dont c’était les débuts. Je m’intéressais aussi bien aux séries télévisées qu’aux animes, comme ceux adaptés des œuvres de Tezuka par exemple.

En ce qui concerne l’écriture des scénarios, quelle est votre méthode de travail ? Est-ce que vous vous inspirez de ce qui vous entoure ou est-ce que vous vous projetez dans le futur ?

Pour l’écriture du scénario, il y a plusieurs étapes. Avec les éditeurs, nous commençons par une petite réunion, pour réfléchir au devenir des différents personnages, pendant une dizaine de minutes. Après je m’installe devant mon ordinateur et j’écris mon scénario. Je ne suis pas inspiré par quelque chose en particulier, les idées viennent au fur et à mesure de l’écriture.

C’est parfois facile et fluide, mais je peux aussi me retrouver à me tourner les pouces devant mon écran, me demandant ce que je vais écrire…

Vous avez une façon de mener vos découpages qui renvoie à des codes de mise en scène cinématographique, vous semblez visualiser vos scènes en trois dimensions plutôt qu’en deux. Est-ce que vous pensez vos dessins en mouvement ?

Effectivement, j’imagine souvent mes scènes en mouvement, à la manière de ce qui se fait dans le cinéma, pour les retranscrire ensuite sur le papier.

Vous placez souvent vos histoires dans le milieu du cinéma. Avez-vous déjà été intéressé par la mise en scène ?

J’aime beaucoup le cinéma et les romans, plus que les mangas… Je n’en lis pas du tout en fait. La réalisation m’intéresse mais je suis déjà vieux, et je vais sans doute simplement finir en vieux mangaka. (Rires)


Comment faites-vous pour dessiner des femmes aussi sexy ? (Rires)

Vous les trouvez belles ?

Énormément !

Merci beaucoup. Je crois que j’aime les femmes, tout simplement…

Nous sommes deux !

On va bien s’entendre alors ! (Rires)

Est-ce que vous avez des points communs avec le personnage de Ryo Saeba ?

Je ne peux pas dire que je n’en ai pas. Monsieur Hōjō commence alors à les énumérer avec le sourire dans une liste qui semble interminable, sans se prendre au sérieux une seconde. Le côté beau gosse, fort et cool du personnage, c’est à peu près moi. (Rires)

À quel niveau intervenez-vous dans la production animes de vos œuvres ?

En général, je ne participe quasiment pas à la conception et à l’adaptation de mes œuvres en animes mais cela dépend vraiment du studio de production et du staff.

Que pensez-vous du fait que l’anime de City Hunter ait été présenté comme une série pour enfants dans le Club Dorothée ?

Je ne vois pas pourquoi cela a été diffusé comme tel… Mais sur les droits et conditions de diffusion des animes je n’ai pas mon mot à dire, aucune prise. Ce sont les maisons de production qui gèrent ce genre de choses.

On a appris récemment la fin du Comic Bunch pour cet été, au moins dans sa forme actuelle. Quel avenir pour Angel Heart, qui est publié dans ce magazine ?

L’éditeur prend alors la parole pour nous donner une information encore inédite au Japon :

Angel Heart va continuer, même si c’est sous une forme différente…

Vous avez fait d’Angel Heart une histoire se déroulant dans un univers parallèle de City Hunter. Pourquoi ne pas l’avoir réalisé directement comme une suite ?

Je voulais faire la suite de City Hunter parce que j’ai dû en arrêter la publication de manière un peu brusque. Mais quand j’ai voulu l’écrire, il s’était déjà écoulé 10 ans. Comme City Hunter est vraiment ancré dans les années 80 et que nous sommes dans les années 2000, cela posait plusieurs problèmes.

Les personnages étaient devenus vieux et je n’avais pas envie de raconter une histoire avec des petits vieux… Je n’ai pas voulu non plus réécrire l’histoire dans les années 80 puisqu’elles étaient loin derrière et que le contexte n’était plus le même. J’ai donc remis à jour l’histoire pour la placer dans notre époque actuelle. Et pour que tout ceci soit cohérent, je l’ai placée dans un monde parallèle.

C’est un peu comme dans le monde du cinéma, dans le cas des self-remake, où l’on réadapte ses propres œuvres.

La plupart de vos mangas étant justement contemporains, avez-vous déjà envisagé d’écrire des œuvres se déroulant dans le passé ?

C’est assez à la mode au Japon de faire des récits historiques ou anciens, mais je n’ai pas ce genre de projet. De plus, si jamais je réalisais une œuvre de ce type, je ne voudrais pas que l’on dise : « Ah, lui aussi il fait comme tout le monde ».

Pourtant… Vous avez réalisé une série de nouvelles sur la Seconde Guerre mondiale, La Mélodie de Jenny, qui aurait pu être un bon point  de départ.

Oui, j’aurais bien aimé continuer cette histoire… Mais c’est toujours un problème d’éditeur. Il m’a expliqué que ce n’était pas la peine de continuer et j’ai donc dû arrêter.

Vous avez fait énormément de séries d’action, cependant vous avez également écrit des œuvres plus sociales comme Family Compo ou fantastiques comme Sous un rayon de soleil. Est-ce que vous aimeriez revenir vers ces genres-là ?

Les œuvres d’action que je produis sont souvent des histoires longues, alors que les autres récits sont plutôt courts. Pour les histoires longues, le succès doit être au rendez-vous, ce qui m’oblige parfois à les rendre plus stéréotypées. Donc pour me faire plaisir, et évacuer la pression, ces histoires courtes me permettent d’écrire un peu plus librement, sur des thèmes qui m’intéressent.

Pour Angel Heart, c’est un peu différent. Plus le temps passe et plus je m’éloigne du scénario classique d’un manga d’action. Petit à petit, il y a une fusion entre les séries à succès que je devais faire avant et les thèmes des séries courtes qui me plaisent. Cette série résume donc assez bien toute l’étendue de ma carrière.

Puisque l’on parle de votre carrière… Du haut de vos 30 années d’expérience en tant que mangaka, quel regard portez-vous sur vos premières œuvres ?

(Il sourit, un peu gêné.) S’il y avait un trou, j’aimerais m’y cacher ! (Rires)

Aimeriez-vous y apporter la moindre modification ?

Non, même si j’en ai honte, je ne changerais rien. Ces œuvres sont ancrées dans un contexte, dans une époque, et des changements risqueraient de décevoir beaucoup de fans. Donc si c’était à refaire, je recommencerais de la même façon.

Et c’est au bout de ces 30 minutes d’échange que nous laissons repartir Monsieur Hōjō. Quel kif chers lecteurs, quel kif !

Et pour finir en beauté et en image, voici un petit diaporama consacré à Tsukasa Hōjō, avec quelques photos de lui et de l’exposition qui lui rendait hommage lors de cette onzième Japan Expo :

Propos recueillis par Gally & Ramza, photos réalisées par Ramza et Talset.
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