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La préhistoire du manga en France

Comme je l’ai déjà expliqué à plusieurs reprises, je reprend de temps à autre d’anciens écrits de mon ex-domicile de journaliste, à savoir Webotaku, afin qu’il ne disparaisse pas lors de la fermeture de ce dernier, et pour le proposer à ceux qui seraient passé à côté. Aujourd’hui, voici un petit retour en arrière historique, sur toutes les tentatives ratées de l’insertion du manga en France, de 1969 à 1989…avant l’arrivée d’Akira. Bonne lecture !

Tout commence en 1969, alors que l’on envoie des hommes sur la Lune, la première bande dessinée japonaise atterrit en France. Il s’agit de 7 planches publiées sans licence dans Budo Magazine Europe, une revue consacrée au judo. Ces planches sont d’un auteur aujourd’hui bien connu : Hiroshi Hirata, un maître du Gekiga, qui fut l’invité d’honneur du Festival International de la bande dessinée d’Angoulème en 2009, et que vous pouvez découvrir grâce à l’excellent L’Incident de Sakaï et autres récits guerriers.

Après cette première tentative, il faut attendre 3 ans pour réentendre parler du manga, sous la forme d’un article cette fois-ci, dans le magazine Phénix. Ce papier, écrit par un français, Claude Moliterni , et un japonais, Kosei Ono, s’intitule : “la bande dessinée japonaise” et comporte deux pages de texte pour 14 pages de différentes planches de mangas. On y cite entre autres Osamu Tezuka pour son titre Blue Triton, sortie depuis en France sous le nom simplifié de Triton.

Ensuite, faute d’intérêt, c’est un désert total, jusqu’en 1979. C’est à cette époque que parait Le Cri qui tue, un magazine qui laisse entrevoir durant ses 6 premiers numéros les grands maîtres mangakas de l’époque : Golgo 13 de Takao Saito, Le système des supers oiseaux d’Osamu Tezuka, Good Bye de Yoshihiro Tatsumi et les histoires d’autres auteurs comme celles de Shotaro Ishimori, connu aujourd’hui pour Cyborg 009. L’initiative est louable mais son créateur, Atoss Takemoto, présente un fanzine de mauvaise qualité, mal lettré et au final peu attirant. Le sixième numéro, pourtant plus réussi avec un manga sur le japon féodal, souffre trop, comme ses prédécesseurs, de sa mise en page occidentale, et signe la fin de l’aventure.

Et puis arrive un élément clé qui va, petit à petit, tout changer : la télévision. Le dessin animé Candy débarque sur les ondes et, en 1982, les éditions Télé-Guide publient Candy Candy de Mizuki et Igarashi. Ce premier classique du shôjo se cache derrière des couleurs criardes volontairement rajoutées par l’éditeur, pour attirer ce qu’il voyait comme son cœur de cible. Ce titre plait aux amateurs du genre. Malheureusement, il n’est pas publié jusqu’au bout et la traduction reste très approximative. Ce ne sera donc pas non plus pour cette fois.

L’année 82 est également marquée par la sortie d’un autre titre : le premier volume de Gen d’Hiroshima, de Keiji Nakazawa, aux Humanoïdes associés. Cette histoire d’un enfant au beau milieu de l’holocauste nucléaire s’avère de bonne qualité mais, faute de public, elle reste dans son coin. Ce classique du manga a le droit à deux autres chances dans les années qui suivent ; en 90 chez Albin Michel, sous le nom Mourir pour le Japon, et enfin dans une édition complète en 2003 chez Vertige Graphics, avec une préface de Art Spieglman, l’auteur de Maus. Sur le même thème, Hiroshima de Yoshihiro Tatsumi ne trouve pas son public et ces échecs finissent de refroidir les éditeurs, la récession de l’époque ne favorisant pas non plus la prise de risque.

Une tentative, sous un angle résolument différent, est lancée en 1985, par George Bielec, un éditeur spécialisé dans le BD de gare italienne, c’est-à-dire plutôt gore et pornographique. Ce dernier découvre le manga et décide de ramener et publier quelques seinen à caractère érotique. Le premier seinen en France fut donc du hentai, en 1985, dans la revue Mutants, sous le nom d’Androïde, de Kazuo Koike (connu depuis comme étant le scénariste de Crying Freeman et Lone Wolf & Cub) et Sesuka Kano.

Cette série met en scène un spécialiste des robots à l’apparence humaine. Cet homme impuissant développe une seconde personnalité dotée de capacités physiques hors du commun. Il va errer d’une femme à l’autre au cours d’aventures policières teintées d’espionnage. Le titre est publié de janvier 1985 à l’année suivante. Une seconde histoire, Scorpia, policière elle aussi mais plus sombre, est également de la partie dans un autre magazine, Rebels. Cependant les couvertures relativement osées et un public pas vraiment attentif clôturent ce nouvel essai.

Enfin, en 1989, l’éditeur Albin Michel s’essaye à la bd japonaise d’une autre manière, avec le titre Les secrets de l’économie japonaise en bande dessinée, illustré par Shotaro Ishimori. Le propos est complexe mais traité sous formes d’histoires courtes qui le rende intéressant. Seulement, pour le coup, la cible approchée n’a absolument rien à voir avec celle qui fera, à peine quelques mois plus tard, le succès du manga.

On a donc essayé pendant 20 ans de nous proposer un manga pour adulte au format européen, à la franco-belge. Mauvaise cible et mauvais format n’ont pas permis au manga de réussir sous nos latitudes et encore moins de s’implanter. Heureusement, malgré ces erreurs de casting, l’arrivée d’Akira va changer les choses. Mais ceci est une autre histoire…

Source :  Wikipedia & Manga News

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11 Commentaires pour “La préhistoire du manga en France”

  1. Gemini a dit :

    Très intéressant, j’ai appris des choses, mais je trouve dommage que tu utilises la couverture de “Le Vent du Nord est comme le Hennissement d’un Cheval Noir”, sans l’inclure dans ton texte, alors que cette œuvre de Shotaro Ishinomori est sortie en France en 1979, même s’il ne s’agit pas entièrement d’un manga.

  2. ramza a dit :

    Ravi que ça t’ai plus 🙂

    La référence dont tu parles est incluse dans le texte, quand je dit justement de “et les histoires d’autres auteurs comme celles de Shotaro Ishimori” (Ishimori ou Ishinomori d’ailleurs , si on corrige les éditeurs de l’époque). Mon but étais d’être représentatif et non exhaustif j’ai donc choisi de citer plus des auteurs que des titres, même si je sais que les fans de Shotaro sont nombreux parmi ceux qui s’intéressent au manga old school… c’est justement pour ça que l’illustration est là d’ailleurs 😉

  3. Gemini a dit :

    Ce qui m’a paru bizarre dans ton texte – d’où ma remarque – c’est que tu sembles inclure ce titre de Ishinomori parmi les publications à l’intérieur du Cri qui Tue, alors qu’il est sorti dans le commerce en tant que tel.

  4. ramza a dit :

    Ouh là, ça c’est du détail pointu ! Merci bien maitre Capello, j’en prends bonne note, et nos lecteurs également 😉

  5. Gemini a dit :

    Je ne sais pas comment je dois prendre cette réflexion ; j’étais juste surpris vu l’apparente pertinence et la recherche derrière cet article :/

  6. ramza a dit :

    Ah mais faut surtout pas la prendre mal cette petite boutade, en plus maître Capello était un mec cultivé et pointilleux, donc c’est plutôt à ton honneur Gemini.

    Et sinon tiens, puisque l’on parle d’Ishinomori / Ishimori, quelqu’un sait clairement d’où viennent les deux appellations de l’auteur, c’est un nom de plume et un nom officiel ou c’est juste une erreur de l’éditeur Français ?

  7. Natth a dit :

    Pour ma part, je pencherais plus pour une erreur de l’éditeur français. Comme dit dans l’article, “Le Cri qui Tue” ou “Le vent du Nord est comme le hennissement d’un cheval noir” ne sont pas réputés pour leur qualité d’adaptation (en dépit de leur contenu intéressant). J’ai eu l’occasion de voir le lettrage du second : ça fait très peur XD. Donc, cela ne m’étonnerait pas qu’ils se soient trompés pour le nom. D’ailleurs, le nom indiqué sur les autres titres de ce mangaka licenciés en France est bien Ishinomori. A noter que Kana devrait sortir bientôt de nouveaux mangas de cet auteur : Hokusai le 4 juin et, d’après Amazon (pas encore d’annonce de l’éditeur), la série Sabu & Ichi à partir du 22 octobre.

  8. Fayounette a dit :

    Webotaku n’est pas fermé je tiens à le signaler !!!! Et puis c’est toi qui est parti !!!! Webotaku est devenu le temple de la k-pop maintenant que je peux faire ce que je veux MUAHAHAHAHA

  9. Ramza a dit :

    Eh eh salut Fayounette. J’ai ajouté ça car il y a du y avoir une erreur serveur qui rendait le site inaccessible et m’a induit en erreur. Ravi que que tu sois parti dans la conquête du K-monde (ça fait un peu quart-monde quand on lit ^^).

    Blond(e) powaaa de toute façon, bien évidemment ^o^

  10. Fayounette a dit :

    Oui c’est le $$$$ de serveur qui a encore déconné quand le boss a passé la frontière…comme d’hab quoi…mais le site est toujours la !!! avec mes news de bogoss ^^ allez voyons si tu es toujours aussi fort question :

    C’est qui Bibi ???

  11. ramza a dit :

    Moi moi moi madame moi je sais moi !

    Mais les autres lecteurs ont-ils trouvé ? Mystèèèèèèèère.

    Allez un indice foireux (si c’est bien la personne a qui je pense) : il aime la pluie… je répète… il aime la pluie.

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