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Gurren Lagann

Alors que Hanamaru Youchien est diffusé depuis peu au Japon, le précédent anime des studios Gainax, Gurren Lagann, pointe le bout de son nez sur le câble hexagonal. C’est donc l’occasion pour moi de vous parler d’un des meilleurs animes de ces dernières années, qui a prouvé à tous que les studios Gainax en avait encore sous le manteau. Voici donc les raisons pour lesquelles, le 17 février prochain, vous vous installerez devant la chaîne Mangas pour un petit moment de bonheur…

Le destin de deux hommes, deux frères, qui changèrent le monde

Simon, orphelin depuis qu’un tremblement de terre a emporté sa famille, creuse du matin jusqu’au soir. Lui et les siens créent des galeries sous terraines, jour après jour, afin d’étendre leur village. Cette cité est elle aussi sous terre, depuis si longtemps que la lumière du jour est devenue une légende. Le chemin jusqu’à la surface n’est plus qu’une chimère, tout juste bonne à mettre les dieux et la terre en colère, selon le tyran à la tête du village. Mais ces rêves sont toute la vie de Kamina, rebel et épris de liberté jusqu’au bout des ongles, ce qui a toujours forcé l’admiration de Simon. Aussi, quand ce dernier découvre un mystérieux golem et qu’un énorme monstre débarque de la surface, Kamina comprend que ce destin qu’il espère depuis tant d’années lui tend enfin les bras… et que l’aventure commence !

Mais aussitôt arrivés à la surface, ils comprennent que d’autres défis les attendent. La jeune et pétillante Yoko, qu’ils viennent de rencontrer, leur explique que des montres, nommés Ganmen, viennent chaque jour pour anéantir tous les humains vivants à la surface. Ces robots géants, dirigés par des êtres hybrides mi-humains mi-animaux, sont sans pitié et font régner la terreur. Il n’en faut pas plus à Kamina et Simon, les deux membres de l’auto-proclamé brigade Gurren, pour se décider à affronter ces tyrans. Et c’est à bord du Golem de Simon, surnommé Lagann, que leur nouvelle quête va débuter. Cet étrange robot ne semble obéir qu’à Simon et possède une mystérieuse capacité : il peut fusionner avec n’importe quel autre Ganmen ! Mais la route jusqu’à la liberté est longue et pavée d’embuches : du commandant Viral aux quatres généraux de l’armée impériale, autant de drames que de victoires attendent Simon et Kamina, jusqu’au but ultime : vaincre le souverain Helix et rendre à l’humanité toute entière sa liberté !

Gurren Lagann, le shônen qu’il vous faut !

Comme vous l’avez sans doute deviné à la lecture de ce résumé, Gurren Lagann s’inscrit dans la plus pure tradition du shônen : une quête hors norme, des caractères bien trempés, des volontés de fer et de nombreux combats titanesques. Cet anime plaira évidemment aux fans du genre, mais je me dois aussi d’avertir les autres : Gurren Lagann est bien plus qu’un simple shônen, il transcende les codes du genre et fera ressurgir la moindre flamme guerrière tapie en vous, par un puissant torrent d’émotions galvanisatrices et jouissives… oui voilà, ça déchire quoi. Au départ, le duo formé par Simon et Kamina repose sur des bases classiques : un homme au tempérament fougueux et à la volonté inébranlable, accompagné d’un autre jeune homme plus timide et introverti, qui admire ce frère d’armes. Même si ce genre de duo est récurant dans les shônen, il est généralement peu exploité et rompu dès les premières minutes pour faire de cette séparation souvent tragique un point de départ, et laisser ainsi le jeune homme tracer sa propre voie.

Mais dans Gurren Lagann, c’est sur ce duo que mise l’aventure. Bien plus qu’un simple symbole en arrière plan, le personnage de Kamina déborde de charisme… mais ne serait rien sans son partenaire Simon. Kamina fait confiance à Simon pour terrasser leurs adversaires, et c’est de cette confiance que surgit le grand courage de Simon, qui rend tout possible, et qui donne alors à Kamina toute son énergie. Cet anime trouve dans cette symbiose une immense force, qui se communique au spectateur presque instantanément, ce qui rend encore plus tragique le huitième épisode de la série… que vous irez voir vous-même pour savoir ce qui s’y passe.

Trois pour le prix d’un !

Car à l’image de cet épisode, le scénario de Gurren Lagann foisonne de rebondissements. Il est constitué de trois parties, plus ou moins dépendantes les unes des autres : si les deux premières se suivent, la troisième est séparée des deux autres par 7 longues années. L’histoire change de cap d’un chapitre à l’autre, si bien qu’aucune lassitude n’a réellement le temps d’apparaître. En dehors de deux épisodes de résumé peu dérangeants, ces séquences foncent droit au but, et le peu d’épisodes alloués à chacune assure ainsi l’absence de fioritures rébarbatives. Pour finir de marquer cette différence, Gurren Lagann fut sans doute le premier anime au générique évolutif : les images et le texte changent entre ses trois parties, tout en conservant la mélodie initiale.

Nous voilà donc en possession de tout ce qu’il nous faut pour débuter une grande et belle épopée… mais sur quel ton ? Dans quelle ambiance ? Bien conscients que nous proposer un anime de mécha au ton sérieux et à l’ambiance de fin du monde le cataloguerait comme clone de leur superstar Neon Genesis Evangelion, les studios Gainax ont opté pour une autre solution, avec un virage à 180°. Résultat : Gurren Lagann ne se prend jamais au sérieux, que ce soit par une ambiance théâtrale à la limite de la parodie la plus totale, ou avec des ennemis et méchas aux apparences de SD, d’un ridicule voulu et très bien dosé. Le ton choisi se veut donc léger, humoristique et parfois aussi simple qu’un un rêve de gosse… un peu de manichéisme ne nuit pas à la santé après tout. L’ambiance, quand à elle, est celle d’un anime de science-fiction complètement déjanté, idéale pour laisser s’exprimer tous les talents dont je viens de vous parler.

C’est beau, c’est neuf… c’est le dernier Gainax ?

Car Gurren Lagann sait également se montrer très au point sur le plan technique. Pourtant le staff de l’équipe a subit quelques aléas : prévu pour 26 épisodes et ayant débuté début avril 2007, cet anime a connu de très nombreux rebondissements depuis les débuts de sa diffusion. Suite à des problèmes “relationnels” entre des fans et une partie de la production, le producteur Takami Akai a mis les voiles au bout de quelques épisodes. Il fut notamment question de l’épisode 4, dont la direction artistique fut confiée à Osamu Kobayashi (Paradise Kiss, Beck) pour un résultat… différent.

Sur les autres épisodes, le graphisme s’avère assez typé mais reste plus classique et adhère complétement à l’ambiance de l’anime, notamment grâce à des couleurs en osmose : naturellement sombres pour toute la partie sous-terraine, froides pour les bases ennemies, avec des dominantes de bleu presque glaciales pour le quartier général. Les couleurs des bases humaines et celles qui suivent Simon, Kamina et leur bande sont bien sur plus chaudes, mais sans exagération. Enfin, quelles que soient leurs appartenances, les robots portent eux des couleurs vives, pour des combats très lumineux. Autre point important : le soin porté aux décors. Par de magnifiques tons, plus pastels, ces derniers nous sont présentés comme des tableaux extrêmement bien travaillés, souvent distillés à des moments clés pour donner une touche de poésie ou tout simplement du baume au cœur. Ce graphisme très sympathique s’accompagne d’une animation et d’une mise en scène d’une grande qualité : les mouvements et combats sont aussi exaltés et enthousiasmants que les personnages.

Toute cette action est enfin servie par une bande son bien en ligne avec le reste : aussi épique et entraînante qu’un Indiana Jones ! Les génériques restent eux aussi dans l’esprit, en jouant dans la pop énergique comme le très sympathique et évolutif “Sorairo Days” de Shoko Nakagawa ou dans un ton plus rock pour les trois génériques de fin. Et comme Gurren Lagann n’en fait décidément qu’à sa tête, on notera que le second d’entre eux est diffusé uniquement pour le seizième épisode (fin de la seconde partie). Ce générique spécial compile une succession des plus belles images de storyboard : un régal pour les yeux mais aussi pour les oreilles, grâce à un nouveau morceau très entraînant, “Happily Ever After“, de Shoko Nakagawa. Et comme il n’y a rien de tel que la pratique pour convaincre voici ce fameux générique :

A partir d’un synopsis qui aurait pu n’être qu’un shônen de plus, les studios Gainax ont su donner toute leur énergie et leur expérience pour permettre à Gurren Lagann de transcender les codes du genre et en faire une réussite aussi bien visuelle que scénaristique. Souvent prétendue “has been”, la Gainax prouve qu’elle peut faire de l’excellent travail pour séduire et faire rêver un large public… et toc !

Fiche de la série

Titre : Gurren Lagann
Titre original : Tengen Toppa Gurren Lagann
Réalisateur : Hiroyuki Imaishi & Takami Akai
Directrice de l’animation : Yuka Shibata
Mecha designer : Yoh Yoshinari
Chara Designer : Atsushi Nishigori
Genre : Mecha / Science Fiction
Année : 2006
Editeur France : Beez
Studio : Gainax

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5 Commentaires pour “Gurren Lagann”

  1. Kaïl a dit :

    Si une fois la lecture de ce billet achevée, on ne ressent pas l’envie de visionner cet anime, je ne sais pas ce qu’il faut de plus pour se convaincre que l’on risque de passer à côté de quelque chose de puissant.

  2. ramza a dit :

    Merci Kail ^^ C’est un article que j’ai écris il y a plus d’un an en fait, et que j’ai remodelé pour qu’il soit à jour et le mettre sur ce blog, et je suis content que l’enthousiasme soit resté intact !

  3. marco_polo_972 a dit :

    Cet anime est trop puissant !
    Je n’ai jamais rien vu de tel !
    L’animation reste excellente tout le long de la série (sauf peut-être épisode 04)

  4. ramza a dit :

    Yep, l’épisode 4 a été confié à une autre équipe en fait,ça a soulevé la fanbase contre le producteur Takami Akai, qui a claqué la porte pour le coup, ça avait été un grooooos bordel

  5. Panty & Stocking with Garterbelt : Gurren Lagann & Gainax de retour ! | Paoru.fr: PLUME, KWEEH & ROCK'N ROLL ! a dit :

    […] Uchikoga, directeur artistique et illustrateur sur la promotion de Gurren Lagann, le dernier grand succès de Gainax a dévoilé hier sur son twitter qu’un nouveau projet […]

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