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Adachi, Yukimura, Inoué, Morita et les autres, le dernier Bones ou un opening fandard, c'est ici !

Eureka Seven

  • Sumo

Que retient-on des bons animes ? On peut débattre des heures mais globalement il y a ceux qui vous parleront de personnages charismatiques et haut en couleurs et les autres qui se rappelleront une réalisation bluffante servie par une musique captivante… Donc lorsqu’un anime comme Eureka Seven, publié chez Beez, semble recueillir ces qualités, il est grand temps de s’y intéresser de plus près…

L’adolescence n’est pas un long fleuve tranquille…

Renton est frustré par sa vie. A 14 ans, il pense qu’elle ne peut pas être pire. Sa ville est nulle, la seule carrière qu’on puisse y envisager est dans l’armée. Mais Renton est aussi hanté par son passé, celui d’un héros décédé dont aujourd’hui tout le monde se moque : Adrock Thorston, son père. Heureusement, Renton a une passion : le riff. Grâce à un engin ressemblant à une planche de surf en modèle réduit, il est dorénavant possible de flotter dans le ciel, en suivant des courants formés de particules invisibles aussi nommées trappar. C’est d’ailleurs sur ce système qu’est basé le vol des méchas (appelés LFO pour Lightning Flying Object).

Holland, un génie du surf et un pilote de riff hors pair est l’idole absolue de Renton. Ce pirate de l’air est le capitaine en chef du Gekko-Go, un vaisseau connu pour ses actions résolument anti-gouvernementales. Il semble n’avoir peur de personne et vit sa vie comme il l’entend. Renton rêve de devenir un jour comme son modèle, et partir pour découvrir le monde, à la recherche des meilleures vagues. Seulement sa vie n’en finit plus d’être nulle… son grand père qui l’élève depuis la mort de son père et la disparition de sa sœur refuse d’entendre parler de ses rêves, et le destine à une vie de mécano, prétextant qu’on ne gagne rien à poursuivre des chimères. Et pour couronner le tout, son spot de riff vient d’être complètement rasé !

Et dans les animes ça s’arrange rarement !

Mais la chance va enfin tourner le soir où un robot s’écrase sur la chambre de Renton : il s’agit d’un Nirvash, modèle d’origine de tous les LFO, dont le pilote vient demander un coup de main d’urgence au grand père mécano de Renton. Ce pilote, qui est en fait une jolie jeune fille du nom d’Eureka, a besoin d’aide pour son Nirvash, avec qui elle dit communiquer, mais elle semble aussi devoir échapper à de nombreux poursuivants. Très rapidement c’est sur Renton qu’elle va devoir compter. C’est à ce moment que les mots de son père résonnent dans la tête du jeune homme : « ne réclame rien, va le gagner. Fais le toi même et tu réussiras toujours ». Renton n’hésite alors pas une seconde et embarque avec Eureka à bord du Nirvash. Mais Renton n’est pas un pilote et le pire semble sur le point de se produire… jusqu’au réveil inattendu du surpuissant Nirvash, qui va tout raser sur des kilomètres à la ronde.

La vie de Renton vient donc de basculer mais ce n’est que le début car Eureka ne voyage pas seul… et s’avère membre d’un vaisseau bien connu de Renton : le Gekko-Go ! Autant de surprises et de vérités que de désillusions attendent notre jeune homme qui va apprendre dans la joie comme dans le malheur à forger son propre destin.

Des êtres humains…

Eureka Seven débute comme un grand nombre d’anime, par la morne vie d’un adolescent, qui rêve d’aventure et de grands espaces. Et visiblement, il est entendu car aventures et grands espaces il aura, avec la belle princesse à sauver qui plus est… le méchant s’appellerait-il Boswer et Renton aurait il un avenir dans la plomberie ? Non, restons sérieux deux minutes. Tout commence de manière assez classique mais les personnages vont rapidement prendre le pouvoir et faire dévier le scénario à de nombreuses reprises, laissant tout juste le temps au spectateur de réfléchir à un cas de conscience ou de s’attacher à des personnages… avant que tout ne soit remis en question ou que les personnages disparaissent. Le protagoniste principal, Renton, est bien évidemment au cœur de toute cette histoire. Initialement jeune et candide, il va petit à petit comprendre que chaque rêve nécessite une bataille avant d’être exaucé, et que cette bataille peut prendre différentes formes.

Faire partie du Gekko-Go, par exemple, sera très loin du road trip dont il a toujours rêvé. Pire encore : après des débuts émerveillés, il en viendra a se poser de sérieuses questions sur son adoration pour Holland. Leur relation est d’ailleurs l’une des plus intéressantes de l’anime. Dans tout parcours initiatique, un thème récurrent de la japanimation, l’idole ou le maître est souvent là pour montrer le chemin et, lorsqu’il y a davantage de subtilité, faire comprendre que ce chemin est souvent fait de sacrifices. Dans Eureka Seven, la relation entre Holland et Renton va un cran plus loin : Renton va s’opposer fermement à Holland et leurs face à face seront souvent houleux, voir violent. Holland, censé être l’image de l’homme sage et d’expérience, sortira à plusieurs reprises de ses gonds. Leur relation dépasse donc largement celle du maître-élève et s’avère davantage comparable à celle d’un fils et d’un père qui se ressemblent et qui, comme deux pôles identiques, se repoussent. Viendra donc à de nombreuses reprises la nécessité pour Renton de faire des choix et de grandir seul. Ces décisions s’avéreront de plus en plus matures, transformant un gamin volontaire mais parfois agaçant en adulte passionné, et fidèle à des principes qui ne pourront qu’emporter l’adhésion du spectateur.

Voici donc une nouvelle fois une allégorie de l’adolescence, mais sous un angle très humain, sans artifice. Tout les personnages significatifs seront eux aussi traités avec ce souci de vérité : ils sont tous fragiles, Holland en tête… cette figure de héros s’avère en réalité le plus torturé de tous. Eureka apprend elle à vivre telle une humaine, avec une candeur touchante et sujette à pas mal d’humour. Je pourrai également vous parler de Tahlo, une femme fière et aimante prête à de nombreux sacrifices, de Charles et Ray Beam, un couple charmant de mercenaires dont l’histoire alterne entre bonheur et tragédie avec une violence déchirante, ou encore de Dewey, Dominic, Bob… tout ces protagonistes ne sont pas traités de long en large mais le grand format de cette série (51 épisodes) permet d’en détailler la psychologie à travers leurs rencontres, leurs combats ou leurs découvertes. Eureka Seven peut donc se targuer d’une galerie très réussie de personnages, servie par un bon scénario qui sait, avec alternance, les faire briller ou les noircir, pour dégager aussi bien leur volonté que leur fragilité, et en faire des êtres aussi charismatiques que contradictoires… en un mot, des êtres humains.

Et des méchas…

Mais tout ces personnages ne se dévoilent pas en un ou deux épisodes et l’accroche du spectateur va donc se faire grâce à l’autre atout de cette série : sa réalisation. Le studio Bones (Cowboy Bebop, Fullmetal Alchemist, Rahxephon) signe ici sa seconde superproduction après FMA, dans le même souci d’une qualité élevée mais surtout constante. Les deux premiers épisodes annoncent d’ailleurs la couleur avec un combat effréné et très dynamique. Les méchas d’Eureka Seven, d’aspect assez classique, sont très bien mis en valeur par une excellente idée : les faire surfer.

Témoin d’une étude approfondie du surf et de la gestuelle de surfeurs, les passages de Riff sont un vrai régal, que ce soit avec les robots ou les humains. Tout est très fluide et les figures acrobatiques restent toujours lisibles pour le spectateur. L’animation ne souffre donc d’aucun défaut majeur, et elle n’est pas la seule. Le chara design de la série est lui aussi très soigné, et qui plus est assez varié. Chaque personnage a un look pensé et travaillé. Combiné à des couleurs plutôt vives, cet anime dégage une ambiance visuelle pop et acidulée, qui est soutenu par plusieurs morceaux de musique électronique tout à fait à la hauteur. La bande son de Naoki Sato (à qui l’on doit la BO de X) est fraîche et péchue, alternant électro et pop dans un mélange savamment dosé où l’on retrouve également quelques morceaux plus symphoniques comme le thème de la série.

Enfin, saluons la présence dans l’édition française, signé Beez, de bonus autres que les éternelles bandes annonces éditeur. Au programme de nombreuses interviews, notamment les doubleurs nippons et américains. On retrouve également les commentaires de ces derniers sur plusieurs épisodes. D’une manière plus globale Beez nous offre pour Eureka Seven une édition DVD de qualité, aussi esthétique que pratique d’utilisation.

Avec une réalisation sans faille et des personnages aussi complexes que charismatiques, Eureka Seven a vu sa popularité dépasser au Japon les fans du genre. Plus qu’un bon moment d’animation cette série à tout ce qu’il faut pour vous accrocher puis vous scotchez devant votre téléviseur. A consommer sans modération !

Les 4 génériques d’ouverture, témoins de la diversité musicale et de la qualité artistique de la série.

Fiche de la série

Titre : Eureka Seven
Titre original : Koukyou Shihen Eureka Seven
Réalisateur : Tomoki KYODA
Scénariste : Dai SAITO
Compositeur : Naoki SATO
Chara Designer : Kenichi YOSHIDA
Genre : Mecha
Année : 2005
Editeur France : Beez
Studio : Bones

Sortie Asie : 17/04/2005
Sortie Europe : 05/09/2006

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7 Commentaires pour “Eureka Seven”

  1. Kaïl a dit :

    En bon fan de mecha et en dépit du fait que l’on entende tout et son contraire à propos de cet anime, ce que je viens de lire m’a convaincu que je devrais le regarder un de ces quatre. Le format de cinquante épisodes semble être correctement exploité et cette singularité des robots qui surfent promet de belles séquences.

  2. ramza a dit :

    A essayer effectivement, une excellente série !

  3. Album de la semaine : FLOW – The Best ~Single Collection~ | Paoru.fr: PLUME, KWEEH & ROCK'N ROLL ! a dit :

    […] viendront prendre place dans quelques animes célèbres : Days sera le premier générique d’Eureka Seven, Re : member sera le huitième opening de Naruto, Colors et World End les deux opening de Code […]

  4. Interview Dai Sato : L’oeil du scénariste | Paoru.fr: PLUME, KWEEH & ROCK'N ROLL ! a dit :

    […] comme scénariste sur Eureka Seven, un anime que j’affectionne tout particulièrement (comme vous avez pu le lire ici). Après une petite dédicace, c’est avec plaisir que j’ai pu bavarder avec une […]

  5. Retour sur Eureka Seven | Les chroniques d'un newbie a dit :

    […] surfers. Têtu, il maintient tout de même que le démarrage de la série demeure trop lent. → Paoru a apprécié des personnages complexes et charismatiques. Tabris se dit particulièrement marqué […]

  6. Zeydix a dit :

    Il faut vraiment que je le vois celui-ci [Ca fait longtemps que je dis ça…]

  7. ramza a dit :

    Moi il me rappelle la bonne époque de Bones et de Beez entertainement, où j’avais le temps de regarder de l’anime… *souvenirs*

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