Paoru.fr


Manga & Japanimation

Adachi, Yukimura, Inoué, Morita et les autres, le dernier Bones ou un opening fandard, c'est ici !

[Itw] Thomas Sirdey et les Japan Expos

⊆ février 20th, 2012 | ≡ Topic: Evènement, Interview, Japan Expo, Japanimation, Manga, Manga / Japanimation | | ˜ Pas de commentaires »

2011-Thomas_SIRDEY-photo_officielleDans moins de 2 semaines le Parc Chanot de Marseille recevra pour la quatrième fois Japan Expo Sud, l’un des 4 salons de la grande famille Japan Expo. Après un doublon inédit Japan Expo Centre et Japan Expo Belgique en 2011,  puis l’annonce du groupe de J-music FLOW la semaine dernière, il était le temps de faire le point.

Après avoir interviewé l’an dernier Sae Cibot, la responsable des invités, voici aujourd’hui un autre acteur de la « JE » : Thomas Sirdey, co-fondateur de l’événement. Quelle réussite pour les éditions Centre et Belgique et que retenir de cette première tentative, quels objectifs à moyen et longs termes pour le label Japan Expo mais aussi quid des invités, des exposants ou de la contre-façon ?

Pour en savoir plus, lisez ce qui suit !

Pour commencer, peux-tu préciser aux néophytes quel est ton poste au sein de Japan Expo et en quoi il consiste ?

Je suis l’un des trois fondateurs de Japan Expo, avec Jean-François et Sandrine Dufour. Au quotidien, je m’occupe de la communication, du marketing et du développement.

Pour poser les choses une première question chiffrée : quel fut le nombre de visiteurs prévus et le nombre de visiteurs effectifs sur JE Centre et JE Belgium ?

Pour Japan Expo Centre, nous avions un objectif de 10 000 visiteurs et finalement ce sont plus de 12 000 personnes qui ont fait le déplacement. En ce qui concerne la Belgique, nous espérions avoir 16 000 visiteurs. Là également le public a dépassé nos attentes puisqu’au final nous avons eu près de 24 000 personnes sur les 3 jours ! C’est assez exceptionnel.

JE CentreCommençons par Japan Expo Centre. Quel bilan pour ce premier essai ?

On  est très heureux de cette édition et le bilan est positif ! Le taux de fréquentation a dépassé nos espérances. Le public était au rendez-vous et a passé un bon moment. Les exposants qui se sont lancés à nos côtés dans cette nouvelle aventure sont satisfaits. Quand aux artistes qui ont fait le déplacement, ils ont été ravis de l’accueil chaleureux qui leur a été réservé.

Tout le monde voyait dans cette exposition une simple délocalisation de la Chibi… À tort ou à raison ?

Ce nouveau festival n’est pas du tout une délocalisation de Chibi Japan Expo et répond à une véritable demande. L’expérience de Japan Expo Sud nous a montré que les gens en province ne peuvent pas forcément venir à Paris en juillet mais ils sont pourtant très demandeurs de ce type d’événements. C’est pour nous l’occasion de partager avec eux notre passion. On a vraiment envie de s’amuser avec eux et de leur faire découvrir les différents aspects de la culture japonaise.

Coté exposants, en dehors de nobi nobi !, pourquoi n’y avait-il aucun éditeur de manga sur ce salon ?

Je pense que les éditeurs ont préféré attendre de voir si ce nouveau rendez-vous allait prendre avant de décider d’y participer. Les éditeurs ont une logistique importante et parfois lourde. C’est donc forcément plus compliqué pour eux de se déplacer sur un événement qui reste assez petit pour le moment. On espère en tout cas que les prochaines éditions se développent assez pour que les éditeurs aient envie de nous rejoindre sur cette nouvelle aventure !

Pour la prochaine édition de JE Centre, qu’est-ce qu’on garde ? Qu’est-ce qu’on enlève ou change ?

Une première édition permet de tester ce qui intéresse le public, d’être au plus près de leurs envies et de leurs attentes. Le Cosplay et les concerts rencontrent toujours beaucoup de succès, tout comme les rencontres avec des artistes lors de conférences et de dédicaces. Nous avons mis en place les premiers ateliers de dessin avec Katsura Takada. Ces cours particuliers ont ravi les participants. Avec ce type d’activités en petit comité, on est clairement dans le partage et l’échange entre les participants et les artistes. C’est un projet intéressant que nous remettons en place pour Japan Expo Sud.

On travaille également avec les éditeurs afin d’obtenir des exclusivités et des avant-premières comme la projection inédite du 3ème film de One Piece qui est projeté à Marseille.

Parallèlement on prévoit d’avoir plus d’espaces pour proposer aux gens des activités et animations toujours plus diversifiées et plus nombreuses.

japan_expo_belgiumPassons maintenant à JE Belgium… Même question que tout à l’heure : quel bilan ?

Le bilan est là aussi très positif. Nous étions certains du potentiel de cette édition mais l’affluence et l’ambiance ont été incroyables. On n’avait pas imaginé un tel succès. Le lieu est idéalement placé, facilement accessible et nos amis belges attendaient cet événement avec impatience.

Quel a été le profil du public de cette JE à l’étranger ?

Le public ressemble beaucoup à celui de Japan Expo à Paris : jeune, dynamique et passionné. Plus qu’à Paris, les nationalités se mélangent et à chaque allée on entend des langues différentes comme le français, le néerlandais ou encore l’allemand. Le brassage culturel est encore plus présent ce qui donne à cette édition à l’étranger une saveur toute particulière.

L’expo a été repoussée en novembre, seulement 10 jours après JE centre… Quelles conséquences a eu ce rapprochement au final ?

Au final, repousser l’édition belge en novembre était nécessaire afin d’être prêt et de proposer une édition qui soit à la hauteur des attentes du public. Japan Expo est un gage de qualité et il fallait que ce premier volume de Belgium soit au niveau. Cela a également permis de mutualiser la venue de certains invités comme Takashi Okazaki et Uplift Spice par exemple et de créer un moment très fort entre La France et la Belgique ! Du coup il existe un véritable lien entre les deux festivals qui sont à la fois différents et complémentaires.

Est-ce que vous retentez ce « combo » l’année prochaine ?

C’est à l’étude pour le moment mais on a envie de retenter l’aventure. On a vécu des moments très forts et puis la synergie entre les deux salons va nous permettre de faire venir des invités toujours plus importants.

C’est la première fois que vous vendiez le nom Japan Expo à d’autres organisateurs… Est-ce que le résultat vous incite à le faire dans de nouveaux pays ?

L’édition belge nous prouve qu’il y a une véritable demande pour notre événement ! Ce n’est pas un phénomène franco-français et la marque Japan Expo est assez solide pour s’exporter à l’étranger. Notre conception d’un festival comme le notre,  c’est le partage. On a donc vraiment le désir de partir à la rencontre des gens, leur offrir la possibilité de rencontrer des artistes et de participer à cette grande fête des loisirs japonais que nous avons imaginé. Après, que l’organisation soit confiée à nos équipes ou à d’autres organisateurs, c’est une question qui reste en suspend.

Tiens d’ailleurs, que ce soit en France ou à l’étranger, peut-on envisager plus de dates Japan Expo dans les années à venir ?

En quelques années, on s’est bien développé puisqu’on peut retrouver Japan Expo à Paris, Marseille, Orléans et Bruxelles. Il faut désormais qu’on les installe dans le cœur des gens et qu’on continue de proposer à ces derniers des événements de qualité. Une fois qu’on les aura pérennisé on ira dans d’autres villes en fonction des nos envies et des opportunités !

Japan Expo SudNous sommes actuellement dans les préparatifs de Japan Expo Sud… Quoi de beau et quoi de neuf pour l’édition 2012 ?

Pour cette 4e Vague, on ne pouvait pas passer à côté du sport roi de Marseille : le foot ! Le ballon rond est mis à l’honneur avec, entre autre, la venue de Nobuhiro Okaseko, le character-designer du cultissime anime Olive et Tom. Autre sujet à l’honneur cette année, le shôjo puisque nous accueillons 3 mangakas qui ont un talent fou : Takako Shigematsu, Yoko Hanabusa et Harumo Sanazaki. Les visiteurs vont ainsi découvrir le shôjo sous toutes ses formes, du plus « traditionnel » au plus moderne.

On a développé le côté pédagogique lors des précédents salons et ça sera également le cas à Marseille avec diverses initiations aux arts martiaux, des cours privilégiés de dessin avec les mangakas mais également des cours de théâtre ou de couture… Du coup les visiteurs ne sont pas de simples spectateurs, ils peuvent vraiment participer à l’événement !

Entre Japan Expo, Japan Expo sud et Japan Expo centre il y a une différence de taille, de date et de localisation géographique. Est-ce que ces 3 facteurs suffisent à donner une identité à ces 3 expositions ?

Japan Expo à Paris est LE grand rendez-vous annuel. Le public vient de toute la France et de l’étranger. Son identité est d’autant plus forte que c’est la référence. Les rendez-vous marseillais et orléanais ont leurs identités tout en reprenant les thématiques qui ont fait de Japan Expo la convention de référence dans le domaine des loisirs japonais. Les éditions en région, du fait de leur mise en place récente, n’ont pas le même taux de fréquentation et sont par conséquent plus intimistes. Le public est d’ailleurs plus familial.

Comment aller plus loin dans la différenciation et d’ailleurs est-ce que c’est un objectif ?

La différenciation n’est pas un de nos objectifs principaux. Les différentes éditions évoluent différemment selon nos envies, celles des visiteurs qui ne sont pas forcément les mêmes, les opportunités que nous rencontrons… Même si le temps permet aux festivals de se différencier les une des autres, ils ont le même ADN. La passion pour le Japon, ses cultures traditionnelles et populaires sont au cœur de nos événements. Japan Expo, c’est un pont vers une culture différente et fascinante.

Contrefaçon chez Mangax à JE Belgium 2011On finit avec deux points complexe … Le premier revient sur tous les salons : la contrefaçon ! Vous avez déjà réalisé quelques affiches les années précédentes. Mais est-ce que l’éducation du public peut suffire ?

Je pense que l’éducation du public et des professionnels aux problèmes que posent la contrefaçon est essentielle. On n’a pas vocation à faire de la répression mais plutôt d’éveiller les consciences pour que, des deux côtés, chacun fasse attention.

Est-ce que vous enquêtez lors de vos salons pour évaluer l’ampleur de ce phénomène ? Si oui que ressort-il de ces enquêtes ?

Sur tous nos salons, nous faisons des sondages mais le but est de mieux connaitre nos visiteurs, leurs attentes. Les produits contrefaits sont parfois difficiles à identifier et, hélas, je ne suis pas certain que le public soit toujours conscient d’avoir acheté une copie.

Est-ce qu’il vous arrive de bannir des exposants pour ces raisons (ou d’autres) ?

Comme je le disais, on n’est pas dans une optique de répression mais vraiment dans l’éducation. Lorsque les visiteurs auront pris conscience qu’ils peuvent parfois acheter des copies, ils seront plus vigilants. Les exposants retireront d’eux-mêmes les produits contrefaits. Nos visiteurs préfèrent nettement acheter des produits officiels que des copies qui ne sont pas au niveau.

Deuxième point : vos collaborateurs nippons. L’année 2011 a été difficile pour eux : les évènements de mars bien sur, mais aussi une concurrence de plus en plus présente de la Corée… Du manga à la j-music, comment il va l’Entertainment nippon ?

C’est vrai que l’année 2011 a été particulièrement difficile mais le Japon sait rebondir. Lors de nos séjours là-bas, nous sommes toujours surpris et enchantés par la créativité et la diversité que l’on rencontre dans l’Entertainment japonais. Quant à la concurrence, la Corée fait une percée indéniable mais nous sommes persuadés qu’il y a de la place pour les deux industries. L’une ne prend pas la place de l’autre.

Japan ExpoPlus spécifiquement, sur vos invités. Si on prend le cas des invités d’honneur, comment on arrive à les convaincre ?

Japan Expo a la chance d’être le plus grand salon européen consacré à la culture nippone et d’avoir une certaine notoriété en Europe et au Japon. On a fait un vrai travail de fond depuis années afin de créer et d’entretenir des relations avec des artistes, des agents… On a la chance d’avoir pu développer des liens très forts là-bas. Nos invités japonais sont ravis de venir à la rencontre de leurs fans français et européens qui sont particulièrement chaleureux et qui respectent leur travail en tant qu’artiste. Nos relations, combinés à notre savoir-faire en matière d’organisation d’événements, nous permet donc de convaincre des très grands noms de faire le déplacement en France.

Ça coute combien la venue d’un auteur ou d’un musicien nippon ?

Cela a un coût important puisque, lorsque nous faisons venir un artiste, nous prenons tout en charge avec le soutien de nos partenaires. Les transports, l’hôtel, les traducteurs… C’est assez lourd à mettre en place mais c’est un plaisir de réussir à faire venir des artistes comme Naoki Urasawa qui sera présent en juillet prochain.(ndr : ou le groupe de j-music FLOW annoncé la semaine dernière)

Pour finir, je te laisse la parole pour un message de ton choix : au public, aux journalistes, aux Japonais, etc. As you wish !

A tous les lecteurs, nous vous préparons un 13e Impact de Japan Expo exceptionnel, encore plus grand et plus riche que les années précédentes. D’ici là, rendez-vous à Marseille pour la 4e Vague de Japan Expo Sud !

A bientôt donc. Merci Thomas !

Remerciements à Thomas Sirdey pour son temps et à Emilie Hurel pour la mise en place de cette interview.


février 20th, 2012
Mots-clés: , , , , , , ,

The Arms Peddler : le western-fantasy un brin post-apocalyptique…

⊆ février 18th, 2012 | ≡ Topic: Articles, Manga, Manga / Japanimation, Preview | | ˜ 2 Commentaires »

The Arms Peddler

Cela fait quelques temps que je n’ai pas lu un peu de fantasy, dark-fantasy ou autres séries du genre. Cette pause a pris fin cette semaine, lorsque – ô joie – j’ai eu en main les dernières sorties de chez Ki-oon. Non il ne s’agit pas du retour tant attendu d’Übel Blatt, ça nous en parlerons la semaine prochaine, mais plutôt de l’autre titre, un petit nouveau du nom de The Arms Peddler, alias Kiba no Tabishounin.

Signé par Night Owl (alias Joong Gi Park, dessinateur d’Over Bleed) et le scénariste Kyoichi NANATSUKI (Project Arms, entre autres), ce nouveau seinen de Square Enix nous emmène dans un monde désert, ravagé et cruel, où l’apocalypse n’a pas laissé grand chose pour les survivants, qu’ils soient humains ou créatures surnaturelles. Le tome 1 est sorti la semaine dernière et la série en compte pour l’instant 4 au Japon. Voilà pour les quelques informations de base, passons maintenant à la preview !

Bonne lecture et n’oubliez pas, ce titre est à gagner en participant au concours du mois ;)

Viens avec moi, si tu veux vivre…

Le monde est devenu une vaste terre désolée ou plus grand chose ne pousse, si ce n’est la sauvagerie et la violence. Les pires criminels font la loi, les démons ou autres créatures démoniaques vivent et tuent sans jamais s’arrêter. Parmi les ossements qui jonchent les routes arides, il y a ceux de la famille de Sora Yuki, assassinée par des bandits. Seul survivant, il est marqué au fer rouge et laissé à l’abandon, agonisant. Mais son destin n’est pas de mourir – en tout cas pas tout de suite – et il a le droit à une seconde chance. Cette chance a un nom : Garami, marchande d’arme.

L'assassinat de la famille de Sora  La rencontre Sora-Garami

Elle lui propose un deal : mourir et retrouver ses parents dans l’autre monde, ou vivre, pour devenir son esclave et la suivre dans ce monde sans merci. Tant qu’il n’aura pas remboursé sa dette, son destin est lié a celui de cette femme mystérieuse et grande combattante, qui conduit une roulotte tout aussi étrange que sa propriétaire. Villes fortifiées, trafic d’esclaves, guerre, créatures mi-bête mi-homme et nécromancie… Sora va découvrir un monde dont il n’avait pas idée. Même dans ses pires cauchemars.

Night Owl : un graphisme mortel

The Arms PeddlerCe qui saute aux yeux depuis le début de la promotion du titre -et encore plus à sa lecture – c’est son graphisme de très haute tenue. Le coup de crayon du dessinateur coréen n’a rien à envier à celui d’Etorouji Shiono, l’auteur d’Übel Blatt. Les décors sont somptueux et  les costumes vont piocher, selon l’inspiration, dans différents genres populaires chez les amoureux de fantasy et d’aventure. Tout commence en effet par un décor désertique et une bande de bandits qui rappellent les fous sanguinaires de Mad Max ou de Hokuto no Ken. Arrive ensuite une femme dans un look de western-woman qui transporte dans sa carriole des armes d’une époque passée et lointaine… La notre visiblement. Le cocktail post-apocalypse / western est complété par un troisième élément : de la dark fantasy, où les corbeaux spectraux et la nécromancie donnent parfois à The Arms Peddler une ambiance digne d’un Resident Evil… L’attaque d’une auberge par une nuée de morts-vivants nous y replonge complètement. Les armes à feux et les explosifs se mêlent donc à la magie mais aussi aux lames pour un fourre-tout très réussi.

Ce mélange de civilisations se retrouvent bien sur dans les costumes, qui accompagnent un chara-design riche et éclectique : Garami donne successivement  la réplique à un vieux campagnard prêt à un sacrifice explosif, à un fils de chevalier en armure qui se prend pour un sniper, à des marchands d’esclaves orientaux qui manient le fouet ou, enfin, a un général borgne tout droit sorti d’un opus de la saga Tales of  (et qui transpire la classe soit dit en passant). Ajoutez à ça une princesse méprisante habillée en poupée et un homme-lion aux airs d’un Kimahri de Final Fantasy 10 et vous aurez une idée de toutes les rencontres faites dans ce seul tome 1. Une galerie des plus alléchantes grâce à un graphisme de caméléon, capable de s’adapter à toutes les situations pour revêtir le look le plus adapté à la situation. Pour ce qui est des émotions, les premiers chapitres excellent surtout dans des attitudes excessives : colère, mépris ou sadisme donnent la réplique à peur, souffrance et désespoir, selon qu’on se place côté bourreau ou côté victime.

Finissons enfin cette première approche visuelle par un bon point sur la mise en scène : le découpage et les angles de vues sont classiques mais le travail n’en est pas moins de bonne facture. Les deux mangakas connaissent bien leur métier et donnent à leur titre les bons ingrédients aux bons moments.

Kyoichi NANATSUKI : L’apocalypse… Et après ?

Si l’univers de The Arms Peddler est si tentant, c’est surtout que c’est lui qui est à l’honneur dans ce premier opus. Une fois expliqué le tragique destin de Sora et sa rencontre avec Garami, notre duo voyage de place en place, au jour le jour. Les premiers chapitres présentent des histoires sans connexions entre elles et qui n’ont d’autres objectifs que de parcourir le vaste monde pour le présenter au lecteur. La vengeance de Sora, bien décidé à retrouver et à tuer les assassins de sa famille, n’est en aucun cas la voute de ce premier volume, à la différence d’Übel Blatt (histoire de parfaire la comparaison).

The_Arms_Peddler_1  The_Arms_Peddler_2  The_Arms_Peddler_3

Quelques pistes sont cependant posées par le scénariste : Garami semble opérer au sein d’une guilde, celle des marchands d’armes, dont les ennemis sont des nécromanciens. Dans la seconde partie, l’arrivée de la princesse de Caradia pose également les jalons d’une intrigue politique mais, comme je le disais plus haut, tout reste à faire et tout reste à dire. Il faudra donc se montrer patient pour connaître la trame de fond de cette histoire. Les protagonistes de la série constituent pour l’instant de très belles munitions, mais encore faut-il que les armes soient à la hauteur… Affaire à suivre donc, pour notre plus grand plaisir !


The Arms PeddlerTitre : The Arms Peddler
Auteurs : Kuoichi NANATSUKI / Night Owl
Date de parution : 09 février 2012
Éditeurs fr/jp : Ki-oon / Square Enix
Nombre de pages : 208
Prix de vente : 7,50 €
Nombre de volumes : 4 (série en cours)

Lire un extrait de la série : cliquez ici.

Visuels : © Kyoichi Nanatsuki, Night Owl / SQUARE ENIX CO., LTD.


février 18th, 2012
Mots-clés: , , , ,

Concours Übel Blatt & The Arms Peddler : choisissez votre tome !

⊆ février 11th, 2012 | ≡ Topic: Concours, Evènement, Manga, Manga / Japanimation | | ˜ Pas de commentaires »

Voici le concours du mois sur Paoru.fr et avec la formule puzzle et mots croisés.

Concours Ki-oon

Cette fois-ci, voici un double concours, Übel Blatt et The Arms Peddler, aux éditions Ki-oon. La dark fantasy est donc à l’honneur et je vous laisse le choix… Soit vous voulez essayer The Arms Peddler et vous tenterez de remporter le tome 1…

Soit c’est Übel Blatt qui vous intéresse et vous pourrez choisir votre lot : le premier tome pour commencer la série ou le tout nouveau tome 11 !

Voilà donc plusieurs bonnes raisons de tenter votre chance… Un petit rappel des règles au passage. Comme d’habitude vous avez donc le choix entre la grille ci-dessous, le puzzle sur Facebook et Google + ou les deux. Le modus opérandi est le suivant :

  • 1. Jouez sur le blog (grille ci-dessous) ou allez faire un tour sur la page Facebook ou Google +de Paoru.fr, devenez fan et rendez-vous dans l’album photos Concours Paoru.fr
  • 2. Sur Facebook ou G+ : identifiez sur l’image du mois (celui de février cette fois-ci) les 12 tomes présents .
  • 3. Sur le blog : trouvez les 12 mots à l’aide des définitions. Ce mois-ci la grille est une spéciale Ki-oon, lié à l’interview d’Ahmed Agne en ligne depuis hier.
  • 3. Envoyez les noms des tomes et séries et/ou les mots de la grilles et l’adresse concours@paoru.fr, le tout avant le 26 février minuit !

Deux gagnants seront tirés au sort parmi les bonnes réponses et leurs noms seront annoncés le 27 février, en même temps que le nom des séries de tomes mystères.

Voici la grille de mots croisés du blog, spécialement dédiée à Ki-oon, comme expliqué au-dessus.

Grille février Ki-oon

Amusez-vous bien et bonne chance ;)

PS : dans la grille, le mot 9 est écris en anglais.


février 11th, 2012
Mots-clés: , , , ,

[Itw] Ki-oon : bilan et perspectives d’un éditeur indépendant

⊆ février 10th, 2012 | ≡ Topic: Interview, Manga, Manga / Japanimation | | ˜ 12 Commentaires »

Logo-Ki-oonAprès avoir analysé les premiers chiffres de 2011 pour le marché du manga en France, je me suis tourné vers quelques éditeurs pour parler de leurs ventes mais aussi de leurs choix stratégiques. Ki-oon a répondu à cet appel et je vous propose aujourd’hui de découvrir une interview version longue d’Ahmed Agne, co-fondateur et directeur de cette maison d’édition.

Marché du manga et choix de catalogue, stratégies de production et de marketing, venue d’auteur et présences sur les salons, voici quelques uns des sujets passés en revue pour mieux comprendre les décisions, les résultats et les objectifs du plus gros éditeur indépendant de manga en France. L’occasion également de fêter dignement le prix inter-génération du FIBD d’Angoulême pour Bride Stories ou le retour du très attendu Übel Blatt, le leader de leur catalogue, dont le volume 11 est sorti cette semaine.

Il y a donc beaucoup de choses à dire, ne perdons pas plus de temps : c’est parti pour l’interview, bonne lecture !

Bonjour Ahmed… Alors ce prix pour Bride Stories à Angoulême, ton sentiment quelques jours après ?

Une joie immense, comme tu peux t’en douter, et surtout le sentiment du devoir accompli envers un titre qu’on a vraiment défendu et mis en avant du mieux qu’on a pu ! On partait avec un historique compliqué (la précédente œuvre de l’auteur, Emma, n’a pas du tout du marché chez nous), et un sujet qui n’est pas, au premier abord, des plus accessibles (les tribus nomades dans l’Asie centrale du XIXe siècle), et au final le succès, à la fois critique et commercial, est au rendez-vous. C’est rassurant de voir que le manga peut encore séduire un public large, même avec des sujets qui sortent des sentiers battus !

Vous avez pu joindre l’auteure, Kaoru Mori ? Sa réaction ?

On a demandé à son éditeur de recueillir ses impressions pour nous et elle a eu la gentillesse de nous faire parvenir une déclaration touchante dans laquelle elle remerciait personnellement Ki-oon ! On est vraiment très heureux qu’elle obtienne cette reconnaissance internationale pour Bride Stories qui est une œuvre exceptionnelle et un superbe ambassadeur pour le manga. On va maintenant avoir l’honneur de lui remettre son prix en mains propres au Japon, c’est une rencontre qu’on attend avec impatience !

Prix intergénérations au FIBD d'Angoulême pour Bride Stories

(ndr :  Voici la fameuse lettre de Kaoru Mori : « Je viens d’apprendre que j’avais reçu un prix au Festival international de la BD d’Angoulême, et si je suis très surprise, c’est avant tout la joie immense d’obtenir une récompense aussi prestigieuse qui prime !

Je tiens d’abord à remercier de tout mon coeur les éditions Ki-oon, qui se sont chargées de la version française de Bride Stories. Je sais que ses éditeurs tenaient depuis longtemps à publier mon manga en France, et qu’ils ont fourni beaucoup d’efforts pour le soutenir par la suite.

Tout au long de ma carrière, j’ai essayé de dessiner des histoires qui s’adressent à tous les publics et avec une résonance universelle, alors ce prix a une signification toute particulière pour moi.

J’ai également reçu une photo du fameux trophée, et je dois dire que cette statuette est tellement mignonne que j’aurais aimé l’avoir chez moi même si elle n’était pas liée à un prix !

Merci encore infiniment, »)

Ahmed Agne, co-fondateur des éditions Ki-oon Commençons maintenant notre interview… Quel est le bilan de Ki-oon pour l’année 2011 ?

Le bilan est positif, nous sommes en progression de 11.5 % cette année sur un marché qui est en repli de 1.2% sur les ventes en volume, pour la troisième année consécutive. La baisse ralentit, elle était de -5% l’an dernier… Effectivement ça se tasse, il y a même une progression de 1.8% en valeur. Mais bon ce n’est pas la fête non plus. Quand on fait le bilan des grands éditeurs qui sont en progression, il y a Glénat, Kurokawa, Kazé et nous. Tous les autres sont malheureusement en recul.

Votre progression de cette année vous mets en quel position en part de marché ?

On se situe à 5.1% en parts de marché, soit 714 797 exemplaires vendus. Ce qui nous situe à la même place que l’an dernier c’est-à-dire 5ème selon GfK.

Justement, puisque l’on parle de Gfk. Pendant que l’ACBD fait un bilan d’après les chiffres des éditeurs, comment fonctionne cet institut ?

Ils ont un panel d’environ 3 500 points de ventes. Les caisses de ces points de ventes sont équipées de “mouchards” qui enregistrent chaque transaction. Ce panel donne une vision qui se situe environ 20 % en dessous de la réalité des ventes globales, mais qui reste très représentative.

Les volumes des gros tirages de manga diminuent mais est-ce que c’est significatif selon toi ?

En fait il faut faire attention avec les tirages. Une baisse de tirage ne veut pas forcément dire une baisse de vente. Pour prendre notre exemple : jusqu’ici on avait un catalogue léger et pas de frais de stockage important chez notre distributeur Interforum. On tirait assez large, pour avoir un an de stock. Maintenant on a de plus en plus de références et on a pu négocier des tarifs avec l’imprimeur afin de pouvoir réimprimer rapidement et pour pas très cher. Donc on préfère réaliser un premier tirage plus bas et réimprimer dans la foulée si nécessaire.

Justement puisqu’on parle de tirages… En 2010 le titre phare c’était Pandora Hearts. On voit la quantité des tirages diminuer avec les volumes. Est-ce que c’est juste une gestion des stocks différente ou une baisse des ventes ?

Pandora-hearts-tome-16Dans le cas de Pandora, on est rentré dans une gestion des stocks différente parce qu’on préfère tirer 20 000 et retirer quelques milliers quand il n’y a plus de stock plutôt que de tirer 30 000 et de les garder un an ou plus. Les ventes en elles-mêmes ne se sont pas vraiment dégradées, les premières semaines des derniers volumes sont même meilleures que sur les précédents tomes. Mais c’est juste qu’on préfère prévoir à six mois plutôt qu’à un an ou un an et demi.

Une gestion en flux tendu pour éviter les mauvaises surprises ?

Éviter les mauvaises surprises mais aussi éviter de payer des sommes faramineuses en stockage. C’est un coût assez important. Pour tous les titres qui sont stockés depuis trop longtemps, dans des quantités trop importantes par rapport à ce qui est réellement vendu, il faudra payer du surstock. C’est une sorte d’amende ou de pénalité qui est là pour pousser les éditeurs à ne pas faire n’importe quoi et à ne pas laisser trop de stock dans les entrepôts…

En relation avec ces coûts de stockages, vous avez annoncé cette année, pour la première fois, la fin de commercialisation de certaines séries…

C’est totalement lié à ça. Pour la plupart, ces séries étaient là depuis le début de la boite, en 2004. Certaines avaient donc 7 ans et d’autres 6, 5 ou 4 ans. Elles avaient plus ou moins fini leur cycle de vie. Il y avait du stock et on payait ce stock… Alors qu’on n’en vendait plus du tout. À ce moment-là ça ne sert plus à rien de les garder, il faut les mettre en arrêt de commercialisation et les solder ou les pilonner, au choix.

C’est quelque chose qui est souvent mal pris par les lecteurs de mangas qui se disent « mais je n’ai pas eu le temps de finir ma collection ! »… Réaction compréhensible, mais en même temps ce sont des titres qui sont sur le marché depuis 6 ou 7 ans… Dans la vie du livre, c’est quelque chose qui est totalement normal et régulier.

Le public manga fonctionne pas mal à l’affectif…

Oui et on le comprend totalement. Quand on a fait ce premier arrêt de commercialisation ça nous a fait un petit pincement au cœur parce qu’on est revenu sur l’histoire de la boite, et que c’étaient nos premiers titres… Ça fait bizarre mais il faut bien le faire !

Qu’est-ce qui déclenche ce choix ?

Ce sont les ventes du titre. Quand on voit à la fin de l’année qu’on a vendu 12 exemplaires d’un tome 1 d’une série, qu’on en a 600 en stock et que ça nous coute 300 euros à l’année par exemple, ça ne sert à rien. Quand le bouquin n’est plus acheté, qu’il n’est plus présent en librairie, on arrête les frais. C’est quelque chose qu’on va répéter comme la plupart des autres éditeurs, tous les ans probablement…

Est-ce que c’est ce genre de considérations qui vous poussent à vous orienter vers de séries courtes ?

Kurokami-tome-17Dans un premier temps c’était un réflexe de sécurité. Au début de Ki-oon, on ne savait pas si on serait encore présents six mois plus tard. On s’est toujours dit qu’on ne devait pas prendre de séries de plus de dix tomes parce qu’on tenait à les publier jusqu’au bout. Si c’était un gros four ça nous permettait de les finir quand même sans mettre en péril la boite.

Aujourd’hui on peut se permettre un peu plus de risques : le tome 17 de Kurokami est sorti il y a peu par exemple. On peut tenter le 10, 15 ou 20 tomes sans trop de problèmes, mais il y a peu de chances qu’on se lance dans des séries fleuves de plus de 30 tomes, sauf s’il s’agit de blockbusters. On a une responsabilité envers nos lecteurs, celles de finir les séries qu’on commence, alors il faut savoir calculer ses risques. De plus, ne nous voilons pas la face : si vous tombez aujourd’hui au Japon sur une série de 30 volumes ou plus qui n’a pas encore été achetée par un éditeur… c’est que ça ne sent pas très bon !

Par contre, la concurrence qu’on se livre entre éditeurs aujourd’hui fait qu’on est amenés à acheter les titres de plus en plus tôt sans savoir en combien de tomes ils vont se terminer. Ce qui nous vaut parfois quelques déconvenues comme Hell Blade par exemple, où la fin a été clairement expédiée par l’auteur pour des raisons personnelles…

Parlons maintenant du catalogue Ki-oon pour 2011. En 2011 : 13 nouveautés, soit une par mois environ. C’est le bon rythme une par mois ?

La limite qu’on s’est toujours fixée c’est justement de ne pas avoir plus de nouveautés que ce qu’on peut se permettre de défendre. 13 par an c’est maintenant quelque chose de largement gérable puisqu’on a le temps, les moyens et le personnel pour s’occuper des lancements en question. Même le titre qui s’est le moins vendu chez nous cette année, Amanchu !, a quand même eu de la présence sur le web, à la télé, des pubs presse, de la PLV sur points de vente… Bref, on a fait ce qu’il fallait pour qu’il ne soit pas noyé dans la masse, même si le public n’a pas suivi.

Après on sort aussi pas mal de nouveautés tous les ans parce qu’on a un catalogue qui se renouvelle très rapidement, avec des séries qui se terminent aussi très rapidement. En 2011, on a eu 13 nouveautés (mais il y avait 2 one-shots dans le lot) et dans le même temps, 8 séries se sont terminées. C’est donc normal de les remplacer !

Pour 2012, est-ce que vous prévoyez davantage de nouveautés ?

Alors, avec les réserves qui s’imposent parce qu’il peut y avoir des changements dans le programme, nous sommes à 13 nouveautés prévues. En nombre de titres on sera sans doute à 95 mais c’est un peu biaisé parce qu’on réédite Blood Alone et qu’on ressort les six premiers tomes. En termes de contribution on reste dans les petits éditeurs…

En 2009 vous espériez renouvelez l’expérience de publication d’un auteur indépendant. En 2012 il y a le retour de Tsutsui, mais est-ce que vous en prévoyez d’autres un jour ?

Deux projets indépendants sur lesquels on bosse depuis longtemps verront le jour en 2012. Prophecy (ndr : trailer ci-dessous) avec Tsutsui justement, un projet 100% Ki-oon qu’on a monté avec l’auteur et qu’on lancera autour de Japan Expo. Il y a également un deuxième titre qu’on n’a pas encore annoncé et qu’on lancera aux alentours du mois de novembre.

Cette année quelques unes de vos séries sont de nouveaux titres d’auteurs confirmés : Tonogai, Osada, Mori, Amano, Kakizaki. Le nom d’un auteur ça compte quand on choisit une série ?

Non, pas du tout. On n’a jamais cru à la malédiction de l’auteur qui n’a pas vendu la première fois et donc qui ne vendrait pas la deuxième fois, ou à l’inverse à une quelconque bénédiction… C’est de moins en moins vrai. Si je prends Kaoru Mori : Emma a fait un four monumental chez Kurokawa alors que Bride Stories est un vrai succès. On en est à plus de 15 000 exemplaires sortis et on vient de commander une réimpression de 7 000 exemplaires. C’est un super résultat dans l’absolu, et plus encore pour un titre atypique comme celui-là. Pareil, Kakizaki n’a pas marché chez SeeBD puis chez Kazé avec Rainbow alors qu’Hideout a super bien fonctionné.

À l’inverse Aria de Amano n’avait pas marché et Amanchu ! ne fonctionne pas plus, malgré les efforts publicitaires. Pareil pour Osada, les précédentes publications s’étaient plantées et les ventes, sans être catastrophiques, ne sont pas géniales pour Run Day Burst… Il n’y a pas de règles.

C’est l’œuvre avant tout donc…

Übel Blatt tome 11Oui, voilà. Par exemple Übel Blatt est la meilleure vente de notre catalogue mais Etorouji Shiono a créé plusieurs autres séries qu’on n’a pas pour autant publiées, parce que l’histoire ne nous intéressait pas.

Est-ce que, pour le public, ça reste quand même un argument de vente ?

C’est sûr que si on sort le prochain titre de Mashima, ça joue ! (Rires) Plus sérieusement, si on sort du cadre des auteurs de blockbsuter, il y a quelques auteurs de genre qui sont confirmés, type Tetsuya Tsutsui par exemple pour lesquels un public assez important de fidèles existe, mais c’est tout. Il n’y a pas de vérité absolue.

Les seuls auteurs dont on peut prévoir un carton assuré pour une nouvelle sortie… (il réfléchit à des noms) Ce n’est même plus CLAMP, mais des auteurs jeunes et dans le vent comme Mashima ou alors des légendes comme Toriyama… Y en a vraiment pas beaucoup. Pour Yoshiki Tonogai par exemple, si Judge plait c’est parce qu’on reste dans le même genre que Doubt. Rien ne nous dit que s’il fait un manga d’aventure ou une comédie romantique il ne va pas se planter, parce qu’il n’y pas d’attachement véritable à l’auteur lui-même, mais plutôt à son univers.

En parlant d’univers votre catalogue est marqué par le seinen et la fantasy. Tous les éditeurs qui sont devant vous ont un catalogue relativement équilibré et souvent dominé par des blockbusters shônen. Est-ce une transformation que vous envisagez ?

Si on l’envisageait on serait dedans jusqu’au cou parce que des blockbusters shônen y en a juste plus du tout ! (Rires) Et même chez les éditeurs qui sont devant nous, les blockbusters ont souvent une dizaine d’années ou plus comme One Piece pour Glénat, Naruto, Death Note pour Kana ou Fullmetal Alchemist pour Kurokawa. Les petits nouveaux comme Soul Eater ou Bakuman sont très loin de leurs « illustres ancêtres » en terme de ventes. Fairy Tail est la seule série qui ait véritablement réussi à s’implanter en tant que blockbuster shônen.

Black Butler aussi non ?

Dans une moindre mesure. Par exemple, sur ses derniers volumes parus, Black Butler se vend moins bien au tome qu’un Judge qui démarre.

Pour ce qui est de notre catalogue, sans aller jusqu’au blockbuster shônen, c’est vrai qu’il se diversifie. Au tout début de Ki-oon c’était de la fantasy, point. Après on a eu des seinens et ces dernières années on a eu des shônens et un peu de shôjos. Donc on se diversifie, mais c’est logique : à 90 titres par an, il en faut pour tous les gouts. Tout ça, sans pour autant se trahir et en continuant à publier des titres qui nous plaisent. Le public d’Amanchu ! ou de Bride Stories n’est pas celui de Run Day Burst ou de Judge mais ce sont des titres qu’on apprécie tous pour des raisons différentes…

Justement, on avait évoqué la sectorisation de votre catalogue avec des collections pour vos différents genres…

Ça va finir par faire son apparition parce que le catalogue est de plus en plus varié. On réfléchit à comment le faire : shônen, shôjo, seinen ou aventure / policier /… C’est une question qu’on se pose de plus en plus.

Tonogai en pleine dédicace pendant Japan Expo 2011En 2010 il y a eu Jun Mochizuki et en 2011 c’était Tonogai. Mais faire venir un auteur ça a un coût. On parle de somme aux alentours de 15 000 euros… Tu confirmes ?

Chez nous ce serait plutôt 20 000, mais il y a une raison. On les fait venir en classe business parce que l’éditeur japonais insiste souvent pour que ce soit le cas. C’est un peu normal cela dit… Si c’est pour qu’ils viennent, qu’ils se fassent mal au dos avant d’enchainer des centaines de dédicaces sur Japan Expo et qu’ils repartent en vrac, incapables d’enchainer sur leur prépublication au Japon… Ce n’est pas la peine.

Ensuite ils viennent toujours avec leur responsable éditorial, donc ça fait deux invités. On les met dans de bons hôtels, on insiste pour qu’avant Japan Expo ils puissent voir un peu du pays, qu’ils soient reposés et dans de bonnes conditions… Bref, qu’ils prennent le temps et qu’ils soient contents d’être là sans avoir l’impression d’être à l’usine.

Le souci du travail bien fait…

Oui parce que lorsqu’on invite un auteur et qu’il est content, qu’il rentre au Japon et qu’il témoigne sur son blog « je suis allé en France et c’était génial, merci Ki-oon »… Nous on est content. Nos amis japonais sont contents également et nous font encore plus facilement confiance. Et quand on leur demande de pouvoir inviter tel ou tel auteur, on nous l’accorde plus facilement. On a quand même invité 6 auteurs sur les 4 dernières années, c’est un signe qui ne trompe pas !

Et puis en tant qu’éditeur on aime les auteurs, à la base. En 2011, Jun Mochizuki est revenue pendant l’été pour des vacances privées. Elle voulait qu’on passe une journée ensemble pour se balader dans Paris et se raconter nos vies, etc. Quand un auteur fait ça, c’est une énorme satisfaction pour nous, parce que ça veut dire que leur venue en France s’est bien passée et qu’on est au-delà de la simple relation de travail !

Cette venue, est-ce que ça un impact tangible sur les ventes ?

En ce qui nous concerne et quel que soit l’auteur, il y a une vraie montée en flèche dans les ventes et de vraies retombées presse, ça permet au titre et à l’auteur de se démarquer. Maintenant c’est difficile à quantifier…

On parle de venue d’un auteur… Mais quelle est votre politique en ce qui concerne la visibilité de vos œuvres ?

On a toujours eu un budget marketing très élevé pour une maison d’édition. Ce qui se fait en général c’est de faire du marketing pour des titres qui ont du potentiel et de ne pas en faire pour des titres qui n’en n’ont pas. Sauf que si tu pars sur ce principe là, tu ne fais pas de pub pour des titres comme Bride Stories. Et ça ne peut pas marcher, parce que c’est le genre de titre qui a besoin, au contraire, d’une forte exposition pour que ça puisse fonctionner. Parce que ce n’est pas un shônen de base classique avec des couvertures de méchants « beaux-gosses » qui vont attirer le regard… (Rires)

Nous on part du principe que tous les titres sortis seront défendus. Ils auront tous de la pub sur le web, de la pub télé et presse, dans une certaine mesure. Cela ne veut pas dire que tous les titres vont se vendre, parce qu’il ne suffit pas de faire du marketing pour qu’un titre marche. Mais, à la nouveauté, nos titres à plus faible potentiel sont quand même au-dessus de ceux des autres éditeurs en termes de vente.

On parlait tout à l’heure de salon… On ne vous y croise plus beaucoup !

Déjà j’ai une bonne nouvelle : on sera au Salon du Livre de Paris. Après, notre absence sur les salons tient à quelque chose d’assez simple… Avant, on avait un prestataire qui s’occupait de nous représenter sur tous les salons de France et de Navarre. Il avait un stock flottant et on avait juste besoin de se déplacer car le stand était tenu, et il n’y avait plus qu’à discuter avec les clients, les libraires et les journalistes ! (Rires)

L'équipe Ki-oon, presque au grand complet !

Mais on a dû arrêter cette collaboration et maintenant, pour faire un salon, il faut que ce soit les employés qui bossent le weekend, il faut que ce soit du stock qui sorte de chez Interforum, et ça coute très cher à chaque fois…. En gros pour qu’un salon moyen soit rentable il faut y faire un chiffre d’affaire minimum de l’ordre de 13 à 15 000 euros, sinon on est dans le rouge. Et des salons qui permettent de faire ça y en pas beaucoup. Il y a Japan Expo bien sûr (mais avec un investissement et des recettes infiniment plus importantes), et il y a à peu près le Salon du Livre… Mais c’est tout. Angoulême, ça coute tellement cher en déplacement, hôtel, etc, que c’est impossible d’y être rentable pour un éditeur de manga de notre taille.

Ce n’est pas quelque chose dont on est content parce qu’on aimerait bien être plus présents mais… On ne peut pas.

Autre question : un an après les évènements du 11 mars, est-ce que ces catastrophes ont finalement changé quelque chose dans votre travail avec les japonais ?

Étonnamment, très très peu… Parce qu’ils ont eu cette volonté immédiate de faire comme si rien ne s’était passé. Il y a cette anecdote que je raconte souvent : le jour du tremblement de terre c’était la panique on essayait d’appeler tout le monde et personne ne répondait, on a envoyé des mails… Et les gens de Square Enix à qui on avait demandé s’ils allaient bien, s’il n’y avait pas eu de blessés, nous ont répondu « Nous sommes désolés de vous avoir causé du soucis, tout va bien » !

Être désolé malgré ce qui leur est arrivé… C’est tellement Japonais ! (Rires)

C’est ça. Et donc au-delà de ça il n’y a eu aucun changement, pas de ralentissement. On a eu les contrats, les validations et le matériel en temps et en heure. Le vrai bouleversement je pense qu’on le verra venir dans les prochaines années, mais dans les œuvres des auteurs. On a longuement discuté avec plusieurs auteurs et ils nous ont tous dit que ça les avait marqués. Quelqu’un comme Tetsuya par exemple, difficile de croire que ça n’influencera pas ses prochaines œuvres…

Tout comme Hiroshima a imprégné toute une génération d’auteur…

Voilà… Et je pense qu’il y a plein de choses qui ont choqué les Japonais plus encore que la catastrophe elle-même. Les mensonges, les manipulations, les dissimulations et l’incompétence derrière tout ça. Je pense que ce sont des thèmes qu’on verra ressurgir dans les seinens.

Et pour ce qui est de l’ouverture des Japonais à l’international, comment ça évolue ces derniers temps ?

Pour ce qui est des éditeurs japonais, je pense qu’il y a clairement une volonté d’intégrer le fait que le manga est un gros phénomène à l’étranger. Quand tu vois que même avec notre humble catalogue, on a eu en douze mois deux sorties soit en avant-première mondiale soit en même temps qu’au Japon, c’est un signe des temps, quelque chose qu’on n’avait pas du tout avant…

The Arms Peddler / Übel BlattPour finir parlons un peu de 2012. The Arms Peddler et le retour de Übel Blatt pour la fantasy et le retour de Tsutsui. Un retour aux basiques cette année chez Ki-oon ?

Il y a des années où les coïncidences font que c’est comme ça mais sans que ce soit forcément une volonté de notre part. Le retour de Übel Blatt on a poussé pour, mais ça s’est fait au pif. Ça aurait pu être 2013 ou 2011. La venue de l’auteur en France l’a remotivé à reprendre la série, c’est déjà une bonne chose ! Pour Tsutsui c’est pareil, c’est un projet sur lequel on travaille depuis deux ans, et il fallait bien le lancer à un moment ou à un autre ! (Rires).

L’autre projet indépendant dont je te parlais c’est aussi un retour qui tombe cette année, plus qu’une volonté éditoriale. Mais on est très confiants sur le catalogue 2012, on a une tripotée d’excellents titres à faire découvrir à nos lecteurs.

Qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter pour 2012 ?

Qu’est-ce qu’on peut nous souhaiter… Ben que l’expérience renouvelée avec les auteurs indépendants marche bien parce qu’on a envie de développer cette activité, pour qu’elle prenne une part de plus en plus importante dans notre catalogue. Vous verrez que l’on peut faire pas mal de choses avec eux, des choses qu’on ne peut pas forcément faire avec les auteurs liés à un éditeur japonais… C’est aussi beaucoup plus intéressant et gratifiant pour nous en terme de projet éditorial !

On croise les doigts pour vous alors, merci Ahmed !

Merci à Ahmed pour son temps et sa bonne humeur. Remerciements également à Victoire pour l’organisation de cette interview (et sa bonne humeur aussi !). Pour en savoir plus sur les éditions Ki-oon, vous pouvez lire les interviews réalisée en 2009 ou  2010, à l’occasion de laquelle j’avais aussi rencontré et interviewé une grande partie de l’équipe.

Le manga en 2011…

Rétrospective de lectures 2011 : et vous, vous avez lu quoi ?

Marché japonais du manga 2011 : premiers chiffres, premières analyses

Manga en France: Édition et publication en 2011

[Itw] Ki-oon : bilan et perspectives d’un éditeur indépendant


février 10th, 2012
Mots-clés: , , , , , , , , , ,

Paris Manga 13 : Le compte-rendu

⊆ février 6th, 2012 | ≡ Topic: Articles, Evènement, Japanimation, Manga, Manga / Japanimation | | ˜ 5 Commentaires »

Paris Manga 13

La dernière édition de Paris Manga m’avait bien plu… En tant que journaliste. Pour la première fois depuis longtemps le salon nous avait proposé de nombreux invités, dont quelques uns réellement prestigieux comme Shingo Araki. Je regrettais cependant l’absence de J-music, les allées mal organisées tantôt vides, tantôt impraticables durant plusieurs heures.

Pour Paris Manga 13, certaines choses se sont améliorées, d’autres n’ont pas changé et enfin quelques unes sont à revoir. Passons tout ça en revue…

 Invités : Japanime, manwha… Et J-music !

Cette année encore Paris Manga proposait un cocktail typique de ce salon : un mélange très hétéroclite entre auteurs asiatiques, figures de la japanimation, acteurs de séries US, doubleurs renommés d’anime, auteurs et dessinateurs français d’influences asiatiques et américaines. Toshihiro Wakamoto (Cowboy Bebop, Wolf’s Rain, Towa no Quon) et Yasuhiro Irie (Fullmetal Alchemist Brotherhood) étaient deux invités de marque et si le premier est une célébrité, le second est à surveiller de près dans la prochaine décennie. Il est dommage qu’un festival prénommé Paris Manga ne dispose pas d’un mangaka mais pour cet opus, le staff avait concentré ses efforts sur un autre cheval : la J-music, avec le groupe amber gris.

Kawamoto & Irie amber gris en concert

Ce groupe de la mouvance visual kei ne m’emballait pas au départ mais, comme je l’expliquais ici, le peu que j’en avais vu avant le salon me laissait croire qu’une bonne surprise était possible… Et ce fut le cas. La rencontre avec le groupe, entre leur séance de dédicace et le concert, m’a permis de rencontrer cinq habitués du monde de la musique. Une expérience que l’on a d’ailleurs pu retrouver lors de leur concert, où chaque musicien a su faire preuve de son talent malgré des conditions sonores et visuelles assez… artisanales. Un bon point donc, tant qu’on met de coté les problèmes d’organisations du live.

amber gris  amber gris

Car coté organisation justement, il reste encore des choses à améliorer.

Paris Manga ? C’est… compliqué !

C’est en substance ce que disent de nombreux professionnels, que ce soit du coté des éditeurs, des journalistes ou d’autres acteurs du milieu de l’event manga-japanime. Il y a bien sur des langues de vipère dans le lot, qui conspuent le salon sans y avoir remis les pieds depuis très longtemps. Mais même en faisant fi de ces jugements péremptoires et peu constructifs, l’impression demeure.

La bonne volonté n’est absolument pas à remettre en cause, et j’en profite d’ailleurs pour saluer les contacts presse d’Abyssium et Warning, toujours disponibles et désireuses de faire au mieux, y compris dans les moments de speed qu’impliquent la gestion de ce genre d’évents. Meilleur accueil, disponibilité et sourires sur le salon… Un vrai progrès dans le domaine des relations presse, il n’y a plus qu’à confirmer.

Cosplay Eye Shield 21

Les points noirs sont ailleurs. Il y en a deux… L’organisation des events dans le salon en font partie. Le concert d’amber gris en est sans doute l’exemple le plus parlant : il fut annoncé en marge du salon, puis finalement dans le salon, avec un groupe normalement japonais en première partie qui s’est transformé en prestation amateurs de petits frenchies, trouvés au pied levé quelques jours avant le concert. Les pauvres – très sympathiques au demeurant – ont fait les frais de problèmes techniques importants, en devant s’abstenir d’un micro en état de marche pendant de très longues minutes.

Le concert d’amber gris s’est déroulé sans incident majeur si on occulte le retard d’une heure et des éclairages indignes du groupe. Comme à chaque fois tout n’est pas à mettre sur le dos de Paris Manga, mais gageons qu’ils sauront mieux s’entourer pour améliorer leurs prestations musicales. On le leur souhaite en tout cas.

Soul Calibur 5, Mitsurugi a trop la classe !

Second problème : les stands. Nous étions ravis de retrouver Booken Manga, qui était venu avec son auteur phare Ryu Geum-Chul (Ares) et Reno Lemaire (Dreamland) en sympathique bonus, content de re-découvrir l’excellent catalogue nobi nobi !, de discuter nouveautés avec Taifu Comics ou de partager un moment de fan-attitude avec Toshihiro Kawamoto au stand Blue Air Rights… Mais après ?

Hormis quelques exceptions et une partie jeu vidéo correcte pour les amateurs, Paris Manga avait parfois des airs de marché aux puces. Les artisans japonais étaient rarissimes, les stands étaient blindés de contrefaçons et autres « sabres encore moins chers que sur Internet ! », qui laissent rêveur sur la qualité (et la dangerosité ?) du produit. Une plaie fréquente pour ce type de convention et beaucoup plus difficile à combattre qu’on ne le pense. Mais contrairement à Japan Expo, rien ne venait contrebalancer cette mauvaise impression.

Ryu Geum-Chul

Que dire également de la zone coréenne prévue autour du stand Booken manga ? Sans doute que le salon devra faire des efforts pour convaincre ses interlocuteurs sud-coréens, moyennement emballés parce qu’ils ont vu. Avec Good Smile Company ou les fabricants de pierre de Magatama, Paris Manga 12 s’était montré plus convaincant. Espérons que la 14ème et future édition le sera aussi !

En conclusion…

Paris Manga 13 laisse donc une impression mitigée : bonne en tant que journaliste mais moins convaincante lorsque l’on se met dans la peau du visiteur lambda. Le salon peine, malgré son expérience, à régler quelques problèmes d’organisation et de pauvreté culturelle. Néanmoins il confirme avec cette 13ème édition un réel choix d’invités et une identité hétéroclite américano-japonaise qui lui va bien. Avec les années Paris Manga grandit, que ce soit en taille, en fréquentation ou en popularité… Le défi des organisateurs n’est donc plus de le faire connaître mais de lui donner une véritable envergure. Un sacré challenge !


février 6th, 2012
Mots-clés: , , , , , , , ,

Paris Manga 13 : les invités asiatiques du weekend…

⊆ février 3rd, 2012 | ≡ Topic: Articles, Evènement, Japanimation, Manga, Manga / Japanimation | | ˜ Pas de commentaires »

Après une douzième édition réussie sur le plan des d’invités, tous les regards se tournent cette semaine sur Paris Manga 13, au Parc des Expos situé Porte de Versailles, les 4 et 5 février prochain. Une fois de plus les invités sont nombreux, l’animation japonaise n’est pas en reste et la J-music est présente avec un groupe inédit… Mais trêve de paroles, voici le programme !

Japanimation :

Yasuhiro Irie

Yasuhiro IrieNé en le 30 mars 1971, Yasuhiro Irie est un chara-designer et animateur qui débute sa carrière dans les studios Sunrise en 1992. Il commence comme animateur clé sur des séries comme Mama wa Shōgaku Yonensei, ou encore des animes à mécha comme Genki Bakuhatsu Ganbaruger et Nekketsu Saikyō Go-Saurer en 1993. C’est sans doute ce qui lui vaut son premier travail important sur Vision d’Escaflowne, où il dirige l’animation sur l’épisode 21. Sa carrière ne décolle pas immédiatement et il retourne au poste d’animateur clé sur de nombreuses séries de 1994 à  2002 : Cowboy Bebop, Utena ou Orphen par exemple.

C’est sur Rahxephon qu’il commence à être reconnu : il y dirige et anime l’épisode 19. Il croise ensuite pour la première fois la licence qui sera la plus importante de sa carrière : Fullmetal Alchemist. Sur la première saison il se contente de diriger le premier opening (voir ci-dessous).

La même année il multiplie les casquettes sur Gunparade March (chara-design, storyboard, animation des personnages, réalisation des épisodes, etc…) puis il obtient, pour la première fois, le poste de réalisateur avec Alien Nine puis Kurau Phantom Memory. Il donne un coup de main en tant qu’animateur clé sur le film de FMA, Conqueror of Shamballa, travaille sur les opening et quelques épisode de Soul Eater et, enfin, on lui propose le poste pour lequel il est aujourd’hui le plus connu : la réalisation de la série Fullmetal Alchemist Brotherhood, chez les studio Bones. Pour les plus curieux vous pouvez retrouver sa biographie sur Anime News Network.

Toshihiro Kawamoto

Difficile de résumer la carrière de cet homme, né le 15 juillet 1963 dans la préfecture de Mie. Ce pillier du studio Bones est connu comme chara-designer et réalisateur de quelques œuvres mythiques de l’animation japonaise : Venus Wars (1989 – co-directeur de l’animation), la saga Gundam (au chara-design et à l’animation sur de nombreux volets), Golden Boy (chara-design, direction de l’animation), Cowboy Bebop et Wolf’s Rain pour un chara-design qui a marqué toutes les mémoires. Cofondateur de Bones avec Masahiko Minami et Hiroshi Osaka, on le retrouve dans une grande majorité des œuvres de la société : Scrapped Princess, Kurau Phantom Memory, Fullmetal Alchemist, Ouran, Jyu Oh Sei, Ayakashi Ayashi, Sword of the Stranger, jusqu’aux plus récents Heroman, Gosick et Towa no Quon (extrait ci-dessous)

Le passage de Kawamoto en France n’est pas une première puisque certains ont déjà pu le croiser en 2008 lors de sa venue à Japan Expo ou en 2010, au salon Made in Asia de Bruxelles. De ses voyages en Europe on a pu apprendre plusieurs choses sur lui… Il cite par exemple Gundam comme l’un des clés de sa passion pour l’animation :  « c’est la première série diffusée à la télé que j’ai vraiment suivie, quand j’étais au lycée, en tant que fan donc. De fan, je suis passé un peu par hasard à chara-designer, au milieu des années 80… »

Toshihiro_Kawamoto_Japan_ExpoLorsqu’on lui demande ce qu’a changé Cowboy Bebop pour lui il évoque une ouverture à l’international : « ça a beaucoup augmenté les contacts à l’étranger. Ça m’a permis d’être enfin en contact direct avec des cultures étrangères et de m’ouvrir à ces cultures, ce qui est tout à fait extraordinaire pour moi, qui n’avais pas prévu cela. Au Japon, jusque là, je n’avais pas vraiment de temps pour moi, je devais dessiner, dessiner…

Avec Cowboy Bebop, ça a changé. [...] Par exemple, quand je suis allé pour la première fois en France, j’ai pu admirer la Tour Eiffel… C’est là que j’ai eu l’idée de la tour assez ressemblante de Cowboy Bebop le film. Mon voyage a eu une influence directe sur la création du long-métrage. »

Il s’inspire donc énormément des choses qui l’entourent ou des gens qu’il croise. Ed de Cowboy Bebop est inspiré de la lunatique Yoko Kanno, tandis que Ein fut créé à partir d’un véritable welsh corgi, adopté pour l’occasion, qui servira aussi de base morphologique pour les loups de Wolf’s Rain

De sa façon de travailler il explique qu’il aime « qu’il y ait une séparation nette entre chaque travail que j’effectue, pour pouvoir faire des choses à chaque fois différentes, et apprendre. C’est ce qui m’a poussé à travailler sur des jeux vidéo par exemple, comme récemment Tales of the abyss (2005). » Cependant il est surtout connu comme character designer. Un métier qu’il analyse de la manière suivante : « Le chara-design peut sembler facile, mais il faut être capable de créer un dessin qui soit simple à bouger, mais pas non plus trop grossier sinon il perd de sa saveur. C’est toute la difficulté de ce métier, trouver l’équilibre. »

Enfin, lorsqu’on évoque sa patte graphique, Kawamoto explique que sa caractéristique est justement qu’il n’en a pas : « On me dit que ma principale qualité est d’arriver à animer une production sans qu’on voit ma patte justement. Quand je travaille sur une adaptation, comme The Cockpit par exemple, on ne va voir que du Leiji Matsumoto. Pareil pour Golden Boy, on ne voit que du Tatsuya Egawa. Je m’adapte complètement à l’identité de l’auteur original. Je deviens l’œuvre elle-même. On m’a même donné un surnom pour ça, mais je ne vous le donnerais pas ! (Rires) »

Je n’ai plus qu’à essayer de trouver lequel ! Vous pouvez retrouvez les interviews de Kawamoto ici ou.

Manhwa et Global Manga

ares-1-bookenGeum-Chum RYU : Né le 8 mars 1978, c’est en 2001 que sa carrière prend son envol, avec la série Ares, publiée depuis quelques mois chez Booken Manga. Depuis, il a écrit d’autres manwhas, comme Nephilim John, édité chez Young Champ, un magazine de l’éditeur coréen Daewon ou encore La légende du roi Muryong chez Comic Cham, autre magazine de la même maison. Ce dernier titre arrive en avril chez Booken Manga et c’est pour le faire découvrir que Geum-Chum RYU a fait le voyage. Il vous attend avec un deuxième auteur, qui se trouve aussi être l’un de ses fans si on en croit Booken

Reno Lemaire : C’est en effet l’auteur de Dreamland, publié depuis 2005 chez Pika, qui a eu un coup de cœur pour Ares. Il travaille avec Booken Manga depuis quelques temps, notamment sur leur site web. Il vous attend lui aussi en dédicace.

D’autres auteurs français influencés par le manga sont également présent : Jonat (Dofus Monster), Liaze et Moemai (Lost Soul), Nacho Fernandez (Dragon Fall).

J-music

C’est ce samedi à partir de 17h que vous pourrez vous essayer à amber gris, un groupe de visual kei. Vous savez tous que c’est un genre qui ne compte pas parmi mes préférés, mais comme je suis chargé de les interviewer pour Total Manga, j’ai commencé à creuser… Et je suis agréablement surpris. Non pas par le look – tout à fait typique du visu – mais par le chanteur et le son, tout à fait honorable. Le concert mérite donc le déplacement, vu qu’il est gratuit ! Voici un avant-goût :

C’est en février 2009 que le groupe est formé. Il est formé de 5 membres : Temari (ex-Ruvie) au chant, Kaname (ex-gossip) et Wayne (ex-SULFURIC ACID -Koji-) à la guitare, Koto (ex-Sugar) à la basse et enfin Haruma (ex-beaU -support-) à la batterie.

Le groupe lance son site officiel le 9 août 2009 et commence à se faire connaître. Début 2010 ils s’attaquent à des salles plus grandes telles que celle du Shibuya Womb (1000 personnes environ) et enchainent les lives tout au long de l’année. Le 24 mars 2010 ils sortent un premier mini-album qui se atteint la 7ème place du top Oricon indies. En juillet 2011 arrive leur premier album, pomander, et une tournée japonaise. L’année 2011  s’achève avec la participation du groupe à un event le 31 décembre en compagnie d’AYABIE, BORN, Duel Jewel, SCREW, et d’autres artistes. Ils vous attendent pour une séance de dédicace samedi midi puis le concert en fin d’après-midi. Et entre les deux, c’est votre serviteur qui ira à leur rencontre !

Voilà vous en savez désormais plus sur les principaux invités de cette 13ème édition de Paris Manga. Pour les fans de cinéma ou de la licence Gantz sachez que l’actrice Natsuna Wanatabe (Kei Kishimoto dans le film de Gantz) fera une séance de dédicace le dimanche 5 février 2012 à Paris Manga à partir de 14 h.

En bonus voici le plan, toujours bien utile !

Plus d’informations sur le site officiel.

Source : Paris Manga, Anime News Network, Wikipedia, Orient Extrême, Journal du Japon, Booken Manga


février 3rd, 2012
Mots-clés: , , , , ,

Front Mission : cette guerre que l’on connait si bien…

⊆ janvier 31st, 2012 | ≡ Topic: Articles, Manga, Manga / Japanimation, Preview | | ˜ 4 Commentaires »

Front Mission

Après la double chronique Suicide Island VS BTOOOM! je reviens à une chronique simple : Front Mission Dog Life & Dog Style, un manga de Ki-oon signé par Yasuo OTAGAKI (Moonlight Mile) au scénario et par C.H.LINE au dessin. Je pensais lui confronter Sanctum, le dernier Boichi chez Glénat, mais ce dernier se dévoile trop peu dans son premier volume. Petite nouveauté à la fin de cette chronique : une petite fiche technique, j’espère que ça vous plaira et que vous la trouverez utile !

Le thème de cet article sera donc la guerre, de manière simple et épurée, c’est à dire sanglante, tragique, cruelle et stupide. La guerre quoi… comme nous pouvons oublier qu’elle est. C’est donc parti pour une piqure de rappel.

Front Mission

Gooood morning Huffman !

Direction l’île d’Huffman, dans l’océan pacifique, en 2090. Cette nouvelle île est l’objet d’une nouvelle guerre froide entre deux superpuissances : une alliance de l’Asie et de l’Océanie d’un côté et un État composé des Amériques du Nord, Centrale et du Sud de l’autre. Ils se disputent les nombreuses ressources naturelles de l’île et ne cessent de se chercher querelle. Un cessez-le-feu tient tant bien que mal depuis 20 ans mais chaque camp renforce ses troupes. La guerre est proche.

Malheureusement pour lui, le journaliste Akira Matsuda n’en a aucune idée en posant les pieds à Freedom, la capitale d’Huffman. Membre de l’équipe de télévision japonaise, il vient couvrir les tensions entre l’Est et l’Ouest du pays sans imaginer une seule minute que, quelques jours plus tard, un conflit d’une rare violence va débuter. Akira et ses collègues vont se retrouver bloqués sur l’île et devenir les témoins de cet enfer.

C’est la guerre !

En lisant Front Mission, on se rappelle que la guerre fait partie intégrante de notre vie, depuis notre enfance et nos premiers cours d’histoires jusqu’à la toute dernière actualité sur la situation en Syrie ou en Afghanistan. Il est d’ailleurs facile, avec ce premier tome en main, d’en comparer les évènements avec des faits réels, à travers un petit jeu de devinettes… Prêt ? C’est parti !

Deux régions du même pays en guerre froide ? Les Corées ! Un engin explosif dirigé contre une des tours d’une grande ville ? Le 11 septembre ! Un débarquement meurtrier ? Venez sur les plages de Normandie ! Un conflit où les vainqueurs humilient les perdants ? Guantanamo ça vous dit quelque chose ? Etc, etc. Le nombre de situations de guerre qu’un être humain est capable de citer aurait de quoi faire totalement flipper le premier Alien venu…

Front Mission Front Mission

Mais revenons à nos moutons. Tiré du jeu vidéo éponyme, Front Mission conserve les méchas de la version vidéo-ludique mais ces derniers ne sont qu’une version plus moderne de l’arsenal militaire, plus rapide, plus puissant… Mais ils restent manipulés par des hommes. Yasuo Otagaki nous rappelle, avec simplicité, ce qu’une guerre veut dire : les gens sont découpés ou broyés lors des explosions, les militaires tirent sur les ennemis vaincus ou violent ce qui leur tombent sous la main… Des faits tout à fait choquants, mais tous raccord avec la réalité et avec les bafouments quotidiens de la convention de Genève. Depuis la guerre du Rwanda et son génocide à coup de machette, les hommes ne se sont pas subitement devenus moins cruels et les guerres miraculeusement propres.

Front Mission - Mécha

Lords of war

Mais cette horreur est d’autant plus palpable que ce manga nous la fait vivre à travers quelques protagonistes marquants. La première partie du récit – le lancement de la guerre – est présentée à travers les yeux du journaliste Yasuo Otagaki, symbole de la réussite masculine dans un monde en paix, sur de lui et de sa valeur, qui se retrouve complétement anéanti par la réalité de ce jeu de massacre. Tout comme nous il n’a jamais perçu la guerre qu’à travers la vision erratique et lissé que nous offre les médias. Une expérience qui va le transformer, grâce à sa rencontre de Kenichi, son collègue journaliste, son antithèse.

Ce petit homme que personne ne remarque jamais va faire de son invisibilité un atout majeur pour circuler en plein conflit. Dès le début de la lutte, Kenichi devient rapidement l’un des meilleurs reporters et photographe du conflit, dont la morbidité semble le fasciner. Cet attrait malsain pour la destruction et la mort  fait de lui, dans ces circonstances, l’un des meilleurs. C’est aussi ce qui l’amènera à rencontrer le sous-lieutenant Kanô, un jeune garçon qui a trouvé dans l’armée la direction que sa vie devait prendre. Travailleur et courageux, voilà l’image modèle du Japonais prêt à partir au conflit pour défendre sa patrie… Mais pour quel résultat. La guerre ne fait pas que tuer les populations locales, elle attire à elle des êtres humains de grande valeur pour en faire de la chair à canon.

Front Mission - Kenichi, le photographe Front Mission

Certains sont donc anéantis par cette barbarie, tandis que d’autres révèlent leur potentiel. Mais, dans les deux cas, on dénombre autant de chance de vivre que de mourir. Dans ce titre, l’inutilité du conflit n’a d’égal que l’absurdité des morts qui en découlent. Bien loin des idéologies qui tentent de  justifier ces campagnes militaires, Yasuo Otagaki et le dessin réaliste de C.H.Line détaillent ce que devient un être humain lorsqu’on lui demande de tuer un maximum de ses semblables.

On pourrait également parler de la presse et de la censure opérés par les états en conflits, du désintérêt et de la déshumanisation des populations éloignés des zones de combat (Plus une catastrophe se passe loin, plus il faut de morts pour qu’on en parle comme disait Churchill). Car en un seul volume Front Mission a déjà livré beaucoup de pistes de réflexion et tout autant de raison de le lire. Du bon boulot, vivement la suite.


Front Mission 1Titre : Front Mission Dog Life & Dog Style - vol. 1
Auteurs : Yasuo OTAGAKI / C.H.LINE
Date de parution : 26 janvier 2012
Éditeursfr/jp : Ki-oon / Square Enix
Nombre de pages : 224
Prix de vente : 7,50 €
Nombre de volumes : 7 (série en cours)

Lire un extrait de la série : cliquez ici.

Visuels : © Yasuo Otagaki, C.H.LINE / SQUARE ENIX CO., LTD.


janvier 31st, 2012
Mots-clés: , , , , , ,

Concours Sprite : and the winners are…

⊆ janvier 30th, 2012 | ≡ Topic: Concours, Manga, Manga / Japanimation, News | | ˜ 2 Commentaires »

Voici enfin les résultats du concours de  janvier, consacré au seinen Sprite, le manga de Yushio Ishikawa aux éditions Kazé Manga.

sprite-1-kaze

Ce mois-ci le double concours blog / Facebook a bien fonctionné, même si Sprite reste un seinen méconnu (à tort, comme l’explique très bien cet article). Une vingtaine de réponses complètes me sont arrivées.

Les gagnants du mois sont R.Gauthier et Koupina, bravo à eux ! Ils recevront prochainement par la poste leur tome 1 de Sprite envoyé par les éditions Kazé Manga, que je remercie au passage. Félicitation également à tous les autres : Meghann, Laetita, Christelle, Bryan, cbvero, Adrienne, Hélène, Damien, dende, Zakidine, et tout ceux qui ont essayé de résoudre les casses-têtes du mois. Je compte sur vous le mois prochain !

Place maintenant aux réponses. On commence avec les mots croisés :

Grille Paoru - Janvier

Et voici maintenant les réponses du puzzle

Concours Sprite

Rendez-vous courant février pour un nouveau concours !


janvier 30th, 2012
Mots-clés: , , , ,

Manga : première analyse du marché français pour 2011

⊆ janvier 22nd, 2012 | ≡ Topic: Articles, Manga, Manga / Japanimation | | ˜ 8 Commentaires »

Après avoir passé en revue les meilleures ventes de manga au Japon puis fait un retour sur les lectures de 2011, voici maintenant le moment de tirer le premier bilan pour le marché français. On attend encore les premiers chiffres de ventes à l’heure actuelle mais le rapport de l’ACBD 2011 de Gilles Ratier, basé sur la publication et la production des éditeurs, est disponible depuis quelques semaines. Combiné avec quelques recherches sur les planning éditoriaux de 2011, on peut déjà commencer à dresser la physionomie du marché pour l’exercice 2011. Vous pouvez aussi jeter un œil, en préambule, à l’analyse complète du bilan 2010. Installez-vous confortablement, c’est parti !

Publications : un marché globalement stable… Globalement.

En 2011, 1520 nouveaux mangas sont parus en France, contre 1522 l’an passé, soit une variation quasi-nulle. Un total qui nous place à environ 29 sorties par semaine. Avec 3841 BD au sens large publiés en France cette année (3811 en 2010), la part du manga reste relativement stable et représente 39.6% des nouveautés (- 0,4% par rapport à 2010). Il reste donc assez proche de la bande dessinée Franco-Belge (environ 50%) et loin devant le comics (8 % ).

Évolution de la publication Part de publications

Cela fait maintenant 6 ans que le marché du manga fluctue autour de 1400-1500 exemplaires et 7 ans qu’il dépasse ou frôle les 40% de part de nouveautés. Et pourtant on ne peut pas dire que les médias « grand public » lui réserve un accueil équivalent à son succès. Néanmoins les choses évoluent et les articles sur les mangas arrivent parfois à dépasser les préjugés. Quelques titres ont eu le droit à un papier dans Télérama et on a parlé des seinens et plus généralement des mangas à plusieurs reprises sur France Télévision, deux anciens bastions de la fronde anti-manga.

Espérons que ces initiatives, pour l’instant symboliques, se transforment en volontés éditoriales dans les années à venir. Les mentalités sont beaucoup moins volatiles que les goûts du public mais les réacs finissent tous par prendre, un jour ou l’autre, leur retraite. Dans la foulée, espérons que le festival d’Angoulême honore réellement son nom de Festival International de la BD. Juste pour voir comment ça fait, vu qu’on attend ça depuis plus d’une décennie. Je vais d’ailleurs aller voir l’étendu des dégâts par moi-même la semaine prochaine, et on en reparle après…

Pour revenir à nos moutons et les nouveautés manga : c’est la première fois que leur nombre n’évolue pas à la hausse. On pourrait croire que la baisse des ventes de 5% en 2010 a refroidi certains. C’est sans doute vrai, mais l’apparente stabilité globale du nombre de nouveautés cache en fait de très grandes disparités lorsque l’on y regarde de plus près, c’est à dire par éditeurs :

   nouveautés-editeur-evolution

Premièrement, on compte en 2011 deux apparitions et deux départs. Booken Manga et Kuri, le label manga d’Ankama, se lancent dans l’aventure pendant que Samji, la tentative de reprise de Tokebi et Saphira, jette définitivement l’éponge. La section manga de 12 bis disparait également.

Nouveautés-par-éditeurKazé Manga continue son ascension et devient en 2011 l’éditeur qui a publié le plus de nouveautés. En 2010 il était passé de 124 à 162 titres grâce au mariage du groupe avec Viz et les éditeurs japonais Shueisha et Shogakukan. Raphaël Pennes, le directeur éditorial de Kazé Manga, avait avoué en interview qu’ils « avaient eu les yeux plus gros que le ventre » en sortant une nouvelle série par mois. Le nombre de nouvelles licences est donc moins important en 2011 mais ajouté à celles existantes on arrivent maintenant à 188 titres, soit 3 à 4 mangas Kazé chaque semaine !

Pika, qui publiait le plus de titres depuis de nombreuses années, a ralenti le rythme en passant de 187 à 153 nouveautés. Après l’échec de Twilight en 2010 et la fin de deux séries signées CLAMP, on pourrait s’inquiéter. Cependant l’éditeur affiche clairement ses ambitions pour 2012 : acquisition (à prix d’or il parait) de Sailor Moon qui est prévu pour juillet (oh tiens pour la Japan Expo, quel hasard !) mais aussi sortie d’une nouvelle collection de titres : les mangas Disney. Ajoutons également l’arrivée du nouveau Urasawa, Billy Bat. Urasawa qui sera à Japan Expo 13 d’ailleurs, on l’a appris cette semaine…

Au nombre de publications Pika se retrouve dorénavant troisième car c’est Kana qui se place en seconde position. C’est d’ailleurs l’éditeur de Naruto et Bakuman qui signe la plus importante augmentation du nombre de titres, de 27,8 %. De plus Kana a presque doublé son nombre de rééditions cette année, en passant de 24 à 42. Si on fait le total nouveautés+rééditions, c’est Kana qui est numéro un devant Kazé Manga, qui n’a réédité que 7 titres sur 2011.

Suivent ensuite deux éditeurs plus stables et plus « raisonnables » : Tonkam avec 139 parutions, Glénat avec 129 parutions, et Kurokawa avec 79 parutions, soit quasiment la même chose que l’an passé. Soleil Manga et Taifu sont en légère augmentation, d’une dizaine de titres, à 107 et 84 publications, pendant que Ki-oon continue sa croissance. Après un spectaculaire + 50% sur le nombre de nouveautés en 2010, le plus important éditeur de mangas indépendant a édité 88 mangas cette année, un peu plus de 7 par mois. L’année 2012 marquera le retour de ses deux auteurs phares : la suite d’Übel Blatt et une nouvelle série pour Tetsuya Tsutsui.

Enfin citons Panini, dont le nombre de titres décroit pour la seconde année de suite : de 97 à 77 en 2010 et 65 cette année. Akata-Delcourt diminue également son nombre de sortie, comme il l’avait annoncé en début d’année.

On retrouve donc des politiques éditoriales différentes : ceux qui publient modérément, voir peu, pour défendre plus facilement les titres qui sortent, ce qui se fait au détriment du rythme de publication et de l’offre. De l’autre coté il y a ceux qui tentent la stratégie du publier plus pour gagner plus, quitte à réaliser de très petits tirages – quelques centaines d’exemplaires – au détriment de la promotion efficace et de la visibilité de ces séries. On le sait tous, une série qui sort dans l’anonymat n’a que très peu de chances de fonctionner, même avec une recommandation de votre libraire. De plus, devant la pléthore des sorties, de nombreuses éditeurs constatent un repli vers les titres phares, faisant du marché français un marché « starisé ». On n’a jamais eu autant de choix dans nos librairies mais on n’a jamais eu aussi peu de temps pour les découvrir ou tout simplement les remarquer…

Certes les éditeurs français ne sont pas toujours 100% maître de leur planning et que les éditeurs japonais poussent à la publication : « si vous m’achetez ce titre, faut me prendre celui là aussi » ou « si je vous confie la licence de ce titre il faut le sortir en France l’année prochaine« .  Mais les cas de Kana ou Kazé Manga semblent au delà de ces ajustements et découlent de vrais choix éditoriaux. On attend de voir les chiffres de vente pour statuer. D’ici là, penchons-nous sur les gros tirages de l’année…

Production : tout le monde veut du gâteau ?

Dans le bilan annuel de Gilles Ratier, le secrétaire général de l’ACBD, on trouve les plus importants tirages de manga pour l’année écoulé. Ces chiffres donnent un ordre d’idée des séries populaires et des parts de marché des éditeurs. Attention cependant, ce ne sont pas des chiffres de vente et, comme de plus en plus d’éditeurs ré-impriment, je ne parle ici que de tendances. On commence avec le top 10 des nouveautés les plus largement publiés en 2011, selon leur tirage moyen :

1. Judge

2. GTO Shonan 14 Days

3. Nura

4. Psyren

5. Gate 7

6. Les vacances de Jésus et Boudha

7. Beyblade

8. Beelzebub

9.Pokemon

10. The Civilization Blaster

Comme je le précisais, il ne s’agit pas forcément des nouveautés les plus vendues, mais plutôt des plus gros tirages et donc des plus gros investissements de l’année. Avec un tirage moyen de 53 333 exemplaires, Ki-oon a misé gros sur Judge, via la venue de l’auteur à Japan Expo 12 et une campagne de publicité importante. L’an passé ça lui avait plutôt bien réussi avec Pandora Hearts. Cependant les tirages semblent baisser progressivement puisque l’éditeur est passé d’un tirage de 30 000 pour les 6 premiers volumes à 26000 pour les tomes 7 et 8 et enfin 20 000 pour les tomes 9 et 10. Edit :  Après quelques renseignements pris, la ré-impression coûte de moins en moins cher, et il y a beaucoup de re-tirage, pour coller aux ventes au fur et à mesure et éviter trop de stock. Les ventes de Pandora Hearts se portent bien. Espérons que ce soit pareil pour la suite de Doubt.

Kana, Kurokawa et Kazé sont les principaux pourvoyeurs de ce top 10 et on note la volonté de sortir des titres pour les plus jeunes puisque Pokemon, Beyblade ou dans une moindre mesure, Chi, une vie de chat disposent tous de tirages initiaux supérieurs à 20 000 exemplaires. La recherche du jeune lectorat, conjointement au succès de l’éditeur nobi nobi ! est l’une des tentatives dans la conquête d’un nouveau public. Judge, pour les amateurs de cinéma d’horreur ou Les vacances de Jésus et Boudha pour le lectorat franco-belge vont dans le même sens pour un lectorat plus adulte.

En attendant ces séries sont loin de dominer le marché qui est toujours tenu par quelques stars. Cette années les ventes de One Piece ont approché puis dépassé celles de Naruto mais cette différence n’est pas encore visible sur les tirages ou le ninja orange continue de dominer les débats. Voici les 20 premiers du classement :

Manga Tirage initiaux moyen 2011 Progression
Naruto 250 000 Inchangé
One Piece 100 000 +11%
Fairy Tail 83 333 + 4 %
Black Butler 72 000 + 106 %
Fullmetal Alchemist 70667 - 3 %
Pluto 55 000 + 37.5 %
Judge 53 333 Nouvelle parution
One Piece – HS 53 333 Nouvelle parution
Bakuman 52 500 + 31.3 %
Bleach 50 000 - 16.7 %
Soul Eater 40 250 - 21 %
Vampire Knight 40 000 Inchangé
Les années douces 40 000 Inchangé
Twilight 40 000 - 84 %
Dofus 38 400 - 23 %
Nura 33 500 Nouvelle parution
Psyren 33 000 Nouvelle parution
Gate 7 30 000 Nouvelle parution
D.Gray-man 30 000  - 25 %
Negima ! 30 000 - 5 %

On ne peut que remarquer le bond spectaculaire de Black Butler, le joli finish de Pluto, la correction prévue de Twilight, la bonne forme de Bakuman (sans avoir recourt à une série télé sur la tnt française !) et les difficultés qu’ont certains shônen à se maintenir comme Bleach ou Soul Eater. Peut-être que leur diffusion télé leur permettront de remonter la pente l’an prochain.

Pour finir, on remarque que ces importants tirages ne sont plus uniquement le fait de gros éditeurs, même si deux d’entre-eux dominent toujours… En effet si l’on prend la totalité des tirages égaux ou supérieurs à 20 000 exemplaires, le tout rangé par éditeur, on obtient ceci pour 2010 puis 2011 :

Gros tirage 2010 

Gros tirage 2011

Avec le ralentissement du nombre de Naruto chez Kana et l’absence de plusieurs best-sellers chez Pika, les « petits éditeurs » émergent. Kazé Manga, absent des gros tirages l’an dernier, est désormais cinquième entre Kurokawa et Ki-oon. Là encore ces chiffres ne présagent pas totalement des ventes – les écarts seront sans doute plus serrés – mais on s’éloigne d’un marché tenu par un quator (Glénat, Kana, Pika et Kurokawa) , pour une situation à deux leaders, Glénat et Kana et de nombreux outsiders ! L

On attend donc avec impatience de pouvoir se procurer les chiffres de ventes pour confirmer ou infirmer ces tendances et statuer sur les choix éditoriaux de 2011. Rendez-vous donc en février, à la fois sur Total Manga où je publierai un bilan complet de l’année avec les ventes, les publications par genre, l’analyse de quelques éditeurs, etc… Mais aussi sur ce blog où je m’intéresserai à un éditeur en particulier, Ki-oon, avec l’interview d’Ahmed Agne, l’un des deux fondateurs de la petite boite qui monte qui monte ^^

En attendant, j’espère que ce premier portrait du marché vous a intéressé, merci d’avoir pris le temps de le lire !

Sources : Manga-news, éditeurs, Gfk Retails et © Gilles Ratier, secrétaire général de l’ACBD

Le manga en 2011…

Rétrospective de lectures 2011 : et vous, vous avez lu quoi ?

Marché japonais du manga 2011 : premiers chiffres, premières analyses

Manga en France: Édition et publication en 2011

[Itw] Ki-oon : bilan et perspectives d’un éditeur indépendant


janvier 22nd, 2012
Mots-clés: , , , , ,

Concours Sprite : voyagez dans le temps et gagnez le tome 1 !

⊆ janvier 14th, 2012 | ≡ Topic: Concours, Evènement, Manga, Manga / Japanimation | | ˜ 3 Commentaires »

Voici le concours du mois sur Paoru.fr et avec la formule puzzle et mots croisés.

Cette fois-ci, c’est un seinen d’anticipation et d’horreur, qui est mis en jeu : Sprite, de chez Kazé Manga.

Avant un article sur la série d’ici peu, voici le synopsis : D’abord, des flocons noirs tombèrent du ciel… Puis il y eut ce terrible séisme, le raz de marée noir et… plus rien. Yoshiko, ses amies et son oncle se retrouvent bloqués au sommet d’un gratte-ciel quand la catastrophe frappe Tokyo. Aucun survivant ne sait ce qui s’est passé, mais déjà la panique s’empare de certains, tandis que d’autres profitent de la confusion pour s’approprier les maigres ressources restantes. Tous ont compris que leur monde ne sera plus jamais le même.

L’éditeur met en jeu deux volumes 1 de ce thriller dont le volume 4 sortira le 25 janvier. Une excellente occasion de vous essayer à ce titre signé par Yugo Ishikawa.

sprite-1-kaze

Comme d’habitude vous avez donc le choix entre la grille ci-dessous, le puzzle sur Facebook et Google + ou les deux. Le modus opérandi est donc le suivant :

  • 1. Jouez sur le blog (grillle ci-dessous) ou allez faire un tour sur la page Facebook ou Google +de Paoru.fr, devenez fan et rendez-vous dans l’album photos Concours Paoru.fr
  • 2. Sur Facebook ou G+ : identifiez sur l’image du mois (celui de janvier cette fois-ci) les 12 tomes présents .
  • 3. Sur le blog : trouvez les 12 noms de mangas à l’aide des définitions.
  • 3. Envoyez les noms de séries et/ou numéros des tomes et  l’adresse concours@paoru.fr, le tout avant le 29 janvier minuit !

Deux gagnants seront tirés au sort parmi les bonnes réponses et leurs noms seront annoncés le 30 janvier, en même temps que le nom des séries de tomes mystères.

Voici la grille de mots croisés du blog. Ce mois-ci il s’agit de noms de séries, mais pas n’importe lesquels : des seinens !

Grille Janvier Paoru

Amusez-vous bien et bonne chance ;)

PS : le 5 en horizontal est officiellement un shônen, c’est moi et mon esprit tordu qui le catalogue seinen ;)


janvier 14th, 2012
Mots-clés: , , , ,

Suicide island & Btooom! : l’île paradisiaque a du plomb dans l’aile…

⊆ janvier 11th, 2012 | ≡ Topic: Articles, Manga, Manga / Japanimation, Preview | | ˜ 2 Commentaires »

Suicide Island - BTOOOM!

Pour la première critique de cette année, je vous propose une preview comparative. Après la chronique des shônens à rallonge il y a plusieurs mois, occupons nous aujourd’hui d’un thème qui devient récurent dans le manga : l’île isolée du reste du monde, où se déroule les pires horreurs. Depuis la série TV Lost et le film puis le manga Battle Royale, les histoires insulaires se multiplient dans l’univers de la BD nippone… Higanjima chez Soleil dans une version vampirique et sanglante, l’île d’Hozuki l’an dernier chez Ki-oon, entre thriller et survival pour jeunes orphelins, etc. Une chose est sure : sur ces îles, il n’y fait pas bon vivre !

Les deux dernières tentatives du genre sont toutes récentes dans l’hexagone : Suicide Isand de Koji Mori chez Kazé Manga, qui a débuté en décembre, et Btooom! de Junya Inoue (Otogi Matsuri) chez Glénat, sorti le 4 janvier dernier. Voici donc une chronique joyeuse et pleine de vie, entre tentatives de suicide et les duels sanglants à la grenade !

Sur une île abandonnéééééée, coquillages et macchabées ♫

Dans Suicide Island, le jeune Sei se réveille sur une île déserte… Son dernier souvenir lui revient lentement en mémoire : il vient d’essayer, une fois de plus, de mettre fin à ses jours. Ce qu’il ne sait pas c’est que la société japonaise a décidé de ne plus prendre en charge les suicidaires récidivistes et les coûts qu’ils peuvent engendrer. La solution au problème est aussi simple que radicale : s’ils veulent mourir, il suffit de respecter leur libre arbitre, et de les envoyer secrètement finir leurs jours sur une île isolée, loin de tout. Sei et de nombreux camarades dépressifs se retrouvent livrés à eux-même, sur une île autrefois habitée, mais aujourd’hui déserte.

Alors que certains choisissent de mettre fin à leur jour sans plus attendre, d’autres vont essayer de recommencer à zéro. Mais la survie n’est pas si simple dans cette île coupée de tout… Il va falloir se battre aussi bien contre soi-même que les autres, car tous les suicidaires ne sont pas des personnes recommandables, loin de là !

Dans Btooom!, Ryuta se réveille, lui aussi, sur un bout de terre au beau milieu de l’océan. La dernière chose qu’il se rappelle c’est sa dernière partie de BTOOOM, un jeu de combat online dont il est l’un des meilleurs joueurs au monde. Sa petite vie de jeune homme sans emploi de 22 ans qui vit chez sa mère lui a été arrachée, et le voilà maintenant seul sur cette île… Enfin c’est ce qu’il croit.

Car à peine a-t-il réussi à remettre ses idées en place qu’un homme lui fonce dessus… Et lui balance des grenades ! Exactement comme dans BTOOOM ! Plusieurs hommes, femmes et enfants sont coincés sur cette ile et n’ont d’autres choix que se lancer dans une lutte sanglante pour survivre, et comprendre enfin ce qui leur arrive !

Vous ne regarderez plus vos vacances à l’île d’Oleron de la même façon…

Le Japon est un pays insulaire… Donc les îles, ils connaissent et ils aiment les servir à toutes les sauces. Forcément.

Pour nous, continentaux, la vue d’une île se rapproche assez d’une pub pour les gagnants d’euro-millions. Dans les mangas l’île isolée, loin de l’archipel civilisé, est le lieux de tous les fantasmes, morbides y compris. À l’image des films d’horreur et de leurs patelins paumés au fin fond de l’Amérique _ où il ne faut surtout pas tomber en panne d’essence – les japonais ont eux aussi des terrains de jeux où tout, y compris le pire, est permis… Une carte blanche idéale pour tout scénariste qui a envie de mettre les conventions sociales et le train-train quotidien à la poubelle.

Btooom! et Suicide Island mise donc sur une idée de départ forte : un Battle Royale à coups de grenades, ou un Lost joué par des amateurs de tailleur sur veine.

Sauf que…Ces deux récits ont choisi de partir dans sur des routes complètements différentes, de la mise en scène à la narration. Btooom! c’est de l’action, de l’action et encore de l’action. A peine est-il réveillé que Ryuta est déjà poursuivi par un homme qui frôle la folie et lui balance grenade sur grenade. Notre héros, comme le lecteur, a à peine le temps de réfléchir à ce qui lui arrive. On comprend progressivement où tout ça nous mène et que les combats vont s’enchainer, en solo ou par équipe, avec moultes trahisons et rebondissements à la clé.

btooom! btooom!

Les seuls temps morts laissés par l’adrénaline du combat sont voués aux stratégies des duels avec toute un panel de grenade à faire pâlir un vers de Worms (référence vidéoludique de vieux, vous m’excuserez… C’est histoire de ne pas toujours citer Rambo). Dans le premier tome on découvre les classiques grenades explosives à l’impact ou à retardement, qui devrait être rejoints par toute sorte d’arme dans les volumes suivants. Sans oublier quelques planches de fan service à chaque volume, pour bien confirmer au lecteur masculin qu’il est sur la bonne voie.

Sur Suicide Island, la psychologie des protagonistes est à l’honneur. Au sein du groupe de kidnappés envoyés sur l’île quelques personnalités vont se démarquer et pousser tout le monde à l’entraide. Se donner la mort est une chose mais accepter la mort qu’on vous impose en est une autre et certains se décident à réagir. Néanmoins ils n’en demeurent pas moins très fragiles et chaque matin, de nouveaux cadavres viennent alourdir la liste des abandons.

Suicide_Island  Suicide Island - l'île

Pour les autres, bien souvent habitués à une vie faite de centres d’aide ou d’hôpitaux, il va falloir se remuer pour réussir à trouver l’eau et la nourriture nécessaires pour continuer à avancer. Rien n’est simple et chaque échec de nos Robinsons Crusoé a un impact beaucoup plus ravageur. Sans compter que, même chez les leaders qui poussent chacun à entrevoir des jours meilleurs, nous savons tous qu’il y a, forcément, une part d’ombre. Difficile en effet de mettre un costume crédible de Bisounours quand on se taillade les poignets entre le petit déj’ et la collation du midi.

C’est donc ce mélange d’introspection et de survie en communauté que nous offre Suicide Island, avec des profils originaux, fouillés et prometteurs.

La corde ou la grenade ?

Vous l’aurez compris, le décor et le désir de survivre sont les rares points communs de ces deux œuvres. Impossible de présager de la fin mais il est certain nos deux héros aura fait un virage à 180° sur leur vision de la vie à l’issue de leur aventure.

En attendant, entre le point de départ et le point d’arrivée, nous avons le choix entre un récit nerveux et bien ficelé privilégiant les combats et l’adrénaline, ou une histoire posée et construite privilégiant la psychologie des personnages et une certaine forme d’aventure…

J’aurais tendance à pencher en faveur de Suicide Island après la lecture des deux tomes 1, pour la maturité du récit et son intérêt sociologique (le Japon est dans le top 10 mondial pour son nombre de suicidés, 30 000 chaque année). A retenir également le trait beaucoup plus original de Koji Mori. Mais Junya Inoue n’est pas le premier auteur venu et chaque tome de Btooom! caracole en tête des ventes au Japon. Les deux séries sont toujours en cours d’ailleurs : 6 tomes pour Suicide Island et 7 pour Btooom!

C’est donc surtout une question de public et d’envies de lectures. Mais vous en savez maintenant assez pour vous décider !

Btooom! 07-shinchosha

Vous pouvez également consulter les previews de Suicide Island et de Btooom! sur les sites des éditeurs.


janvier 11th, 2012
Mots-clés: , , , , , ,

Concours Ki-oon : and the winners are…

⊆ janvier 2nd, 2012 | ≡ Topic: Concours, Manga, Manga / Japanimation, News | | ˜ Pas de commentaires »

Voici enfin les résultats du concours de décembre, consacré aux nouveautés 2011 de l’éditeur Ki-oon.

Nouveautés Ki-oon-2011

Ce mois-ci le double concours blog / Facebook a été très populaire, vacances et lots obligent sans doute, avec environ 60 participations…  Vous êtes de plus en plus nombreux et ça me fait bien plaisir, j’espère que vous continuerez à vous amusez en 2012 ;)

Les gagnants du mois sont Agathe et Cbvero ! Ils recevront prochainement par la poste leur exemplaire d’une nouveauté 2011 des Éditions Ki-oon que je remercie au passage. Bravo également à tous les autres, vous devenez tellement nombreux que je ne peux plus vous citer ^0^;; Un grand bravo aux habitués comme Atsu-chan, Legcoco, Meghan, r.gautier et d’autres qui enchaînent les sans fautes depuis plusieurs mois ! C’est sans doute ce qui a permis a Cbvero d’être gagnante pour la seconde fois car, je le rappelle, j’applique un coefficient dans le tirage au sort, plus vous jouez, plus vous avez de chance de gagner. Je remets le compteur à zéro en cas de gain, que les nouveaux ne s’inquiètent pas ;)

Place maintenant aux réponses. On commence avec les mots croisés :

Cross solution

Et voici maintenant les réponses du puzzle

Puzzle réponses

Rendez-vous courant Janvier pour un nouveau concours… Avec un nouvel éditeur !


janvier 2nd, 2012
Mots-clés: , ,

Mangas : Et vous, vous avez lu quoi cette année ? 2/2

⊆ décembre 29th, 2011 | ≡ Topic: Articles, Chroniques, Manga, Manga / Japanimation | | ˜ 11 Commentaires »

Rétrospective manga 2011 2/2

Après avoir passé en revue le premier semestre la semaine dernière, retournons une fois encore dans le temps pour évoquer les lectures de juillet à décembre !

Juillet

Gate 7Aaaaah ça faisait des années qu’on n’avait pas fait un Japan Expo avec des températures raisonnables !

Nous voilà en effet le 1er juillet 2011 et l’été vient à peine de débuter. Pour la première fois le syndicat des libraires a obtenu que les éditeurs ne sortent pas de titre pour la Japan Expo, les sorties se sont donc faites avant ou après, et les premiers jours de juillet vont voir défiler environ 90 tomes…

Je croise le 6e volume de la Cité de Saturne, un titre qui m’intrigue et dont j’ai achète le premier tome. C’est beau, poétique, avec un trait léger et une narration posée, et le tout sort un peu des sentiers battus. J’espère prochainement me procurer les volumes suivants pour voir si la qualité scénaristique est au rendez-vous, car le reste s’apparente pour l’instant à un sans faute. Le prix qu’il vient de recevoir au Japon (au Japan Median Arts) m’y incite d’autant plus.

La Japan Expo est aussi l’occasion de croiser des belles et grandes affiches de Strobe Edge chez Kana, me rappelant au passage que j’ai pas relu de shôjo marquant depuis belle lurette. Mais ça va venir. Et puisque je parle de Kana, début juillet marque aussi la sortie du tome 53 de Naruto.

Naruto… c’est comme Bleach en mieux. Là ou Tite Kubo recycle ces personnages et zigouille (oui oui, zigouille) ses nouveaux protagonistes en 2 chapitres, Kishimoto se montre un peu plus innovant, notamment dans les aptitudes ou capacités de ses personnages.

Et autant je lui aurais bien mis des claques pendant 30 tomes à notre cher Naruto, autant je trouve qu’il n’a pas trop mal grandi depuis. Pour finir sur la comparaison avec Bleach, la petite dose de politique shinobi permet au scénario de Naruto de s’enrichir, là où Bleach n’est plus qu’une succession de combats sans histoire de fond.

Dans ce mois de juillet, il y a aussi un évènement marquant : le retour des CLAMP avec Gate 7, un titre qui possède les qualités graphiques et narratives propres au quator magique. J’ai décroché dans mes lectures de Tsubasa et j’accuse le même retard sur XXX Holic, aussi suis-je content de retrouver un peu de sang neuf chez ces dames a qui je dois, tout de même, quelques unes de mes premières émotions de manga (RG Veda for ever, tout ça tout ça !). Je marque donc le coup avec un article et un concours sur le blog, tant qu’à faire !

Autre sortie marquante de ce mois de juillet : l’arrivée très attendue du dernier tome de Pluto, le mix Urasawa-Tezuka dont j’ai attendu la fin pour le lire d’une seule traite. C’est ce que j’ai fait… Mais en août ^^

Août

Pluto_8

Pluto est l’occasion de revenir à une lecture intensive. Cela fait très longtemps que je ne m’étais pas goinfré d’un manga, en le découvrant d’une traite. Résultat : l’article est ici et disons que ce fut une lecture marquante. Pluto est l’un des incontournables de l’année. Je m’apprête à faire un trip similaire avec Rainbow d’ici peu, après avoir été envoûté par le volume 1, mais avec un rythme moins soutenu, pour éviter l’indigestion.

Pour le mois d’août, on peut citer le tome 2 de K-on, un gag manga qui a inspiré la fameuse série TV détentrice de nombreux records. Le titre est sympathique mais sans plus. Pour l’instant seul Mes voisins les Yamada chez Delcourt a su me convaincre dans le style yonkoma (les histoires en 4 cases).

Globalement les bonnes nouveautés d’août sont arrivées en fin de mois, à commencer par Afterschool Charisma. Sous des dessins shôjos et une ambiance de shônen ai se cache en fait un thriller avec une très bonne idée de base, une école de clones qui tente de faire revivre des personnages célèbres : Jeanne d’Arc, Kennedy, Mozart, Hitler, etc. Ce titre a attisé la curiosité de tout ceux qui en ont entendu parler, sans pour autant les convaincre à sa lecture. Depuis le tome 2 est sorti et il est encore difficile de savoir où l’auteur nous emmène. En tout cas l’histoire continue de m’intriguer, ce qui est plutôt bon signe …

Pour finir je croise le tome 9 de Angel Voice, une histoire de lycéen furyo qui font du foot. Tout pour me plaire à priori, j’ai d’ailleurs insisté jusqu’au tome 3 l’année précédente. Mais non. Scènes déjà-vues, héros peu savoureux ou réchauffés et séances sportives pas folichonnes dans leur mise en scène. Dommage, vraiment.

On termine le mois avec un Bus Passe, un bon shôjo qui tend vers le josei, ce qui me séduit forcément. Le recueil de Mizu Sahara balaye tout un ensemble de relations amoureuses et en garde les meilleurs instants, pour des plaisirs de lectures fugaces mais c’est l’éphémère qui en fait le piquant ! Ce manga qui parle d’amour sur le banc de l’école tombe à pic, la rentrée arrive à grand pas en cette fin août.

Septembre

dream teamLes lectures s’enchaînent sans se ressembler, ni se valoir d’ailleurs. Exemple chez Ki-oon : le tome 2 de Judge me rassure : son auteur, Yoshiki Tonogai a toujours de bonnes idées et après Doubt, me voilà rassuré pour Judge. Le tome 1 ne m’avait pas convaincu mais, même si je n’aime pas son trait, sa nouvelle histoire en huis clos ne manque finalement pas de piment. Par contre, le Berceau des Esprits, de Kei SANBE n’arrive pas à me convaincre. Sa précédente œuvre, L‘île d’Hozuki, avait quelques défauts : des personnages stéréotypés et une narration trop évidente pour surprendre. Malheureusement c’est le même topo ici et cette version zombie dans le titanic me tombe des mains. Le scénario possède un mystère accrocheur, mais pas assez pour gommer les mauvais points.

Après les avoir découvertes on line, je relis avec plaisir les aventures de Maliki dans le tome 5, non sans en profiter pour rencontrer, une seconde fois, l’auteur. Une valeur sure donc, et j’en croise d’autres ce mois-ci. Je continue en effet de lire Run Day Burst, Vamos là!, Amanchu!, et Amatsuki avec plaisir. La qualité des chapitres est fluctuante pour les deux derniers, mais l’impression globale reste bonne.

Septembre n’est pas exempt de nouveautés séduisantes. A l’occasion de la sortie du tome 2 je découvre Dream Team, et je replonge avec joie dans le shônen sportif, teinté de la naïveté que j’apprécie chez certains titres façonnés à l’ancienne, comme je vous l’explique ici. Les shônens sportifs sont d’ailleurs à l’honneur en cette fin d’année. Un titre sur le volley en juillet, Dream Team et un autre sur le basket à paraitre en janvier. Si la suprématie d’Eyeshield 21 n’a jamais eu l’occasion d’être bousculée faute de talent, la relève pourrait bien s’avérer mouvementée. Il va y avoir du sport ^^

Autre titre qui mérite de s’y arrêter : Peace Maker. Un manga de western. Une aventure sombre et des héros traqués, un peu à la Claymore sans les monstres, où le 6 coup remplace le glaive. La mise en scène et le découpage détonnent de la production manga habituelle et même si son anti-héros molasson ne parvient pas pour l’instant à me convaincre, les personnages secondaires, le décor mélangeant far west et steam punk et enfin le scénario bien travaillé en font un titre très prometteur. Et les méchants sont réussis qui plus est. A suivre de très près en 2012.

Et pour finir citons Les vacances de Jésus et Bouddha tome 2, très sympa, même si je le lis en plusieurs fois, sinon je me lasse. Une lecture très sympa, à l’idée très originale. Mais voilà, cela n’empêche pas que j’ai failli l’oublier dans cette rétrospective malgré tout le bruit qu’il a pu faire…

Octobre

Princess JellyfishCinq titres attirent mon attention pendant cette arrière saison où il fait bon bouquiner à la terrasse d’un café. J’attendais avec impatience Princess Jellyfish après avoir visionné les premiers épisodes de l’anime. Je ne fus pas déçu. Drôle, novateur dans son pitch et avec des personnages très haut en couleur, voilà une satyre sociale teintée d’amour qui fait preuve d’une bonne dose d’imagination. Et pourtant, comme dirait ma Gally, je déteste les méduses. Saletés de bestioles flasques et venimeuses.

Après une nouveauté, du solide, avec le tome 10 de Vinland Saga et le réveil de Thorffin. L’auteur prend son temps – sans s’éterniser – pour développer son personnage principal. J’aime.

Et puisqu’on parle d’auteur cher à mon cœur de lecteur, Boichi se lance dans la SF et la fantasy avec Hotel, un recueil de récits d’intérêt inégal, plutôt pour les fans de l’auteur, qui se feront bien plaisir, ne serait-ce que pour le coup de crayon. J’en parle plus en détail ici.

Enfin, last but not least, je finis ce mois avec un petit bijou. Comme je vous le disais plus haut j’ai en projet la lecture de Rainbow dans les semaines à venir. Cela ne m’est pas venu par hasard. En ce mois d’octobre Ki-oon sort Hideout, de Masasumi Kakizaki, l’un des deux auteurs de… Rainbow !

Ce manga d’horreur me scotche à mon marque-page (j’aime bien l’image improbable), je dévore le récit d’une traite et je décide de me lancer dans un article pour Total Manga, l’un des mes papiers les plus réussis (ou moins pourris selon le point de vue) de l’année. Un titre très inspirant en tout cas et d’une grande qualité, à placer dans les meilleurs de l’année.

Autres titres, une bonne et une mauvaise surprise : The Civilization Blaster pour la bonne, pour son scénario original et une narration bien fichue, et Karneval pour la mauvaise… Parce que c’est pas pour moi. La preuve, Gally a aimé ;)

Novembre

eyeshield-21-tome-37Avec toutes les excellentes nouveautés de cette année je finis par arriver à un nombre de séries assez conséquent. Entre un boulot prenant et des interviews en pagaille, je lis un peu moins ce mois-ci, ce qui ne m’empêche pas de tenter quelques trucs : Yozakura Quartet tout d’abord, parce que j’aime le dessin et que j’ai déjà travaillé sur le parcours de son auteur, à l’origine du chara design de Durarara !! J’y retrouve avec plaisir son style graphique et cette histoire de quartier défendu par un groupe d’ados aux pouvoirs extraordinaires m’amuse. Difficile parfois de dire pourquoi on aime une série, et encore plus de la défendre. Yozakura Quartet c’est sympa et puis c’est tout.

Les séries ne s’arrêtent bien sur pas de sortir parce que j’ai ralenti mes lectures, aussi je prend un peu de retard… Ce qui ne m’empêche pas de loucher sur quelques titres que je vous livre pêle-mêle : Hakaiju, une histoire sanglante de monstres géants, GTO 14 days, quand j’aurai finis GTO on verra, Ashita no Joe, dont j’ai adoré le tome 1, Psyren, par curiosité, Shinjuku Fever, parce que ça a l’air différent, Toriko, parce que j’ai souvent une petite faim… Et quelques autres sans doute.

Autre lecture sur laquelle je ne m’éternise pas : Conductor. Je ne suis pas fan du dessin mais le thriller est bien construit… Ça demande confirmation et on saura rapidement ce que ça vaut, c’est en quatre volumes.

Je profite également du mois de novembre pour finir la lecture d’Eyeshield 21 dont je vous parlais plus haut. Drôle, nerveux, beau, avec le personnage d’Hiruma qui marquera les esprits d’un grand nombre d’entre nous… Une série culte ? Pas loin en tout cas. Si Eyeshield 21 avait bénéficié d’une diffusion télévisuelle sur une grande chaîne avec une série TV reprenant un peu plus longuement le manga, il aurait pu devenir le Olive et Tom d’une génération. Il en avait les épaules…

Décembre

fullmetal-alchemist-27-kurokawaA force de croiser des mangas que j’ai raté les mois précédents je craque pour l’un d’entre eux : Ascension de Shin-Ichi Sakamoto. La venue de l’auteur en France y est pour beaucoup mais ça n’ôte rien à la qualité du titre. Le trait est fin, assez pur, mais sait aussi se faire puissant et plus rugueux. Ce titre sur l’escalade emprunte par moment ses codes narratifs au nekkutsu du shônen sportif mais il est globalement plus mature. L’histoire de son héros Buntaro Mori est triste, celle d’un solitaire, d’un adolescent au bord de l’abime, dans tous les sens du terme. Je vous en parlerais plus longuement quand j’aurais rattrapé la parution chez Akata.

En décembre je continue également de suivre Bride Stories et j’adore son tome 3 malgré l’absence de son héroïne, ce qui s’avère un vrai exploit tant elle m’avait éblouit dans les deux premiers tomes et parce que je redoutais de m’ennuyer en son absence. Autre retour qui me ravit : le tome 10 de Real, de Takehiko Inoue. Du manga sportif d’un style très différent, mais finalement quand on ajoute ça aux autres ça commence à en faire un bon paquet quand même !

Le tome 18 de Soul Eater me plait bien mais je me demande, un peu brutalement, combien de temps je lirai cette série et si elle s’achèvera avant que je m’en lasse ou que je devienne trop vieux pour ses codes shônens très classiques. Il y a des séries avec lesquels vous aimez voir passer les années, qui évoluent avec vous. Je ne suis pas sûr que Soul Eater en fasse partie. Nous verrons ça l’année prochaine.

Autre shônen phare de ces dernières années : Fullmetal Alchemist, que je trouve enfin le temps de finir. Je dévore les tomes 20 à 27 sur deux, trois jours… Un très beau moment de lecture avec Hiromu Arakawa, toutes les émotions y passent et c’est du grand art. Du coup j’ai vraiment envie de me plonger dans FMA Brotherhood ^^

Ma dernière lecture de l’année ? Je ne sais pas encore… Je pense me plonger dans la bibliothèque de ma moitié et reprendre la lecture d’Happy de Naoki Urasawa là ou je m’étais arrêté, c’est à dire au volume 2.

Ainsi s’achève cette rétrospective 2011, que j’ai pris beaucoup de plaisir à écrire, indépendamment du fait que j’ai vu toutes les séries que j’ai raté. Cela dit peu importe la quantité de lecture, tant que la qualité est souvent là. Tout comme le premier semestre voici les 6 lectures qui m’ont marqué dans cette seconde moitié de l’année 2011 : Pluto, Dream Team, Hideout, Princess Jellyfish, Eyeshield 21 et Fullmetal Alchemist

Et vous ?

Le manga en 2011…

Rétrospective de lectures 2011 : et vous, vous avez lu quoi ?

Marché japonais du manga 2011 : premiers chiffres, premières analyses

Manga en France: Édition et publication en 2011


décembre 29th, 2011
Mots-clés: , , , , , , , , ,

Mangas : Et vous, vous avez lu quoi cette année ? – Partie 1/2

⊆ décembre 22nd, 2011 | ≡ Topic: Articles, Chroniques, Manga, Manga / Japanimation | | ˜ 8 Commentaires »

Lectures manga 2011 - Partie 1

En attendant la seconde partie du nouveau débat consacrée à la J-music, j’avais envie de me poser à coté de ma bibliothèque – chaussons au coin du feu, vous voyez le genre – et de revenir sur les lectures, bonnes ou mauvaises, de cette année 2011. Les nouvelles séries avec ses bonnes surprises, les œuvres qui vous tombent des mains, les séries que l’on suit toujours avec passion malgré les années ou les nouveautés des années précédentes qui arrivent à leur cadence de croisière…

Bref, voici une rétrospective en deux partie, mois par mois, d’un an de mangas… Je démarre la DeLorean, c’est parti !

Janvier

One Piece 56Oh punaise j’avais oublié qu’on avait eu un hiver si rigoureux… Ça caille sévère en ce mois de janvier 2011 ! Il fait froid dehors donc restons au chaud. Surtout que le mois est, comme à son habitude, très chargé, on dépasse les 150 sorties. Cela dit dans le lot, je me contente de valeur sure…

Je dévore comme d’habitude le One Piece 56, première lecture de l’année. Luffy continue sa remontée dans Impel Down pour libérer Ace. Une course et un combat final qui va nous tenir en haleine tout l’année et qui se termine comme on sait. Certes, c’est grâce à la diffusion TV que One Piece est passé devant Naruto et qu’il est devenu numéro 1, mais cela n’enlève rien aux qualités de ce manga qui nous a proposé l’un de ses meilleurs arcs cette année, voir le meilleur : bourré d’action, d’humour et de tragédie, avec des personnages transpirant de charisme. Et pourtant faire disparaître tous les compagnons de Luffy était un pari risqué… Mais réussi finalement.

Comme le dit si bien Pascal Laffine, directeur éditorial de Tonkam : quand je lis One Piece je sais pourquoi je lis des mangas. Bravo donc monsieur Oda, espérons que 2012 soit aussi bon !

Autre petit plaisir en ce mois de janvier : le tome 5 de Bakuman. Ce manga est loin de faire autant l’unanimité mais sa lecture reste extrêmement plaisante. On lui reproche d’être fabriqué de toute pièce avec des auteurs et des ingrédients à succès. Certes il n’est pas follement original mais il n’y a rien à dire sur le dessin et les personnages principaux sont plaisants. Je ne boude donc pas mon plaisir avec ce tome 5 et l’arrivée de Gorô Miura, le nouveau responsable éditorial de Mashiro et Takagi. J’avoue avoir bien apprécié les empoignades entre nos deux héros et Gorô et, plus généralement, l’opposition entre nos mangakas en herbe et le management Shueisha.

Cela dit, comme l’a très bien évoqué un journaliste d’Animeland, toutes ces oppositions sont sans réelles conséquences et tout finit plus ou moins par retourner dans l’ordre. Rebelle attitude ok, mais on reste chez papa-maman quand même. Le prochain tome de la série sort à nouveau en janvier et nous verrons si, en 2012, la série continue de se renouveler !

Janvier fut aussi l’occasion de m’essayer à quelques titres qui ne m’ont pas convaincu : Crimson Prince volume 1, parce que ce n’est pas pour moi en fait, malgré un graphisme et des couvertures pop-style attirantes. Il faut donc que j’arrête les shôjos pour jeunes filles en fleur. Quoique, comme on le verra plus tard, d’autres on réussi à me séduire. Autre déception : Hitman, chez Ankama éditions. Et pourtant j’apprécie beaucoup la maison Ankama, autant que j’apprécie Ki-oon. Mais je ne suis pas un grand fan de leurs mangas, bien que je devrais aller au delà du graphisme rebutant de Soil, dont j’entends beaucoup de bien. Rencontrer l’auteur en janvier sera l’occasion de m’y mettre. Mais pour Hitman, la répétitivité de la mise en scène, du scénario et le chara design déjà vu fait que j’ai décroché depuis le tome 2. Moi mon tueur à gage préféré c’est City Hunter, et Ryo Saeba se situe à des années lumière au-dessus de Tokichi, malheureusement…

Février

Blue-exorcist-tome-4Hero Tales… Comme tout le monde j’espérais être séduit par le nouveau Hiromu Arakawa. Mais c’est avec ce volume 2 que j’ai compris qu’il ne fallait pas en attendre autant de ce récit stéréotypé, avec un humour et des personnages beaucoup moins efficaces. Le shônen standard de la mère de Fullmetal Alchemist est un brin insipide. Pas mauvais en soi, juste un peu fade. Surtout qu’à l’heure où je vous parle j’ai enfin trouvé le temps de reprendre la lecture des aventures d’Eward et Alphonse que j’avais laissé de coté au volume 20… Quelle différence entre ces deux séries tout de même !

Ce mois de février va d’ailleurs me laisser mitigé : les quelques bonnes séries de 2010 confirment, mais partiellement, leur potentiel : Blue Exorcist  se lit avec plaisir même si la cohérence de l’ensemble ne tient qu’à un fil et Deadman Wonderland propose une version trash du shônen classique. Cette série avait bien démarré en 2010, avec un coup de crayon très appréciable. Cependant, au fur et à mesure de 2011, Deadman Wonderland a perdu un peu de son intérêt en tombant dans des schémas beaucoup trop prévisibles. Le scénario reste bien ficelé mais la série a tout intérêt à ne pas durer ad vitam pour qu’on en garde un bon souvenir.

Au rayon des nouveautés de février 2011 il y aussi des bonnes surprises : Hell Blade par exemple. Cette nouvelle version de Jack l’éventreur me séduit de plus en plus au fur et à mesure des tomes : sanglant, mystérieux, fantasmagorique et dynamique… Je trouve dans cette série tout ce qui manquait au sympathique mais incomplet Chevalier d’Eon. Je vous en reparle bientôt.

Enfin, en accéléré, on peut citer aussi le bon Monju tome 5, un Gunm Last Order qui fait toujours plaisir à lire et qu’il faut arrêter de comparer à son prédécesseur, un Dolls et un The breaker volume 1 ennuyeux et qui se prennent un peu trop au sérieux à mon goût et pour finir un Nura – le seigneur des yokais qui est un bon manga certes, mais dont le héros trop jeune m’empêche de m’immerger. Les yokai oui, mais pas en culotte courte siouplait.

Mars

Un peu de poésie pour le retour du printemps. L’esprit bucolique, je me laisse tenter par Nanja Monja et j’achète les deux premiers tomes. Et depuis je ne suis pas du tout déçu par cette série qui va s’achever en 2012 avec son tome 6. C’est attendrissant, reposant, rempli de valeurs positives, dans un esprit candide mais assumé. Ghibli et Minipouss réuni dans un manga écolo-fantastique…+1

Et puisque l’on parle d’ambiance candide, comment ne pas évoquer Amanchu !, ce manga qui sent bon la bonne humeur, le soleil et la plage. La joie de vivre inaltérable de son héroïne en fait un personnage loufoque et forcément attachant.

Même chose avec Rendez-vous sous la pluie, un shôjo a priori sans grande surprise mais qui me plait bien car il s’avère très amusant, grâce à des personnages réussis et des situations aussi rocambolesques que drôles. Un petit plaisir simple pour les amatrices d’amours lycéens.

En mars, je commence également la lecture d’Amatsuki qui se fait copieusement détruire par Animeland, un peu à l’emporte pièce. Pour ma part je continue de l’apprécier, au delà de quelques lenteurs. Ce manga possède un univers (parallèle) toujours aussi original et des protagonistes réussis, en sus d’un excellent coup de crayon. Ce mois de mars ne fut pas parfait et je n’ai pas accroché à Tokyo fin d’un monde (le dessin sans doute) et je me suis copieusement ennuyé à la lecture de Ping. Mais la lecture du tome 9 de Vinland Saga me fait vite oublier tout ça. Un très bon mois de mars donc !

Avril

Vamos là!Encore quelques sympathiques nouveautés ce mois-ci. Vamos là!, qui reste pour moi l’une des meilleures nouveautés de cette année 2011 avec des protagonistes féminins d’anthologie, servie par un coup de crayon et un chara-design de haut vol, très fort sur les sentiments intériorisés.

Cette série en 3 volumes me confirme qu’après avoir apprécié quelques shôjos dans les années 2000 j’ai tout intérêt à essayer le josei. Autant Seiyuka est une comédie romantique dans le monde des seiyus qui me laisse de marbre car je ne suis pas le public cible, autant Vamos là! me parle. Je préfère définitivement les garçons manqués, ça joue aussi.

Autre lecture qui a fait couler de l’encre : Beelzebub. J’ai vraiment apprécié la dose de furyo et l’humour décalé et je me serais laissé tenter si je n’avais pas déjà une quantité de shônens indécente sous la main. Un peu comme Fairy Tail en fait, c’est plus par faute de temps et de budget que je ne lis pas ces séries au delà du tome 1. Un jour peut-être… Mais j’en doute.

Et sinon il y eu également Drifters, la nouvelle série du papa d’Alucard, Kohta Hirano. C’est très bien pensé, le dessin est pas mal, les personnages légendaires et on passe un bon moment. Mais comme dit l’éditeur lui même - Tonkam – dommage qu’il faille attendre au moins un an entre chaque tome. C’est faisable quand une série est bien installée, comme Kyoko Karasuma par exemple que je déguste une fois par an, mais un tel rythme dès le départ… C’est vache.

Mai

Le chien gardien d'étoilesLe chien gardien d’étoiles et la Fin du monde avant le lever du jour furent mes deux lectures marquantes du mois. J’avais envie d’autre chose que du mainstream et, ma foi, je n’ai pas été déçu. Dans ces one-shot j’ai trouvé des œuvres touchantes, humaines, en phase avec leur époque. Et j’ai ainsi sauté le pas pour découvrir Inio Asano, auteur du second titre, dont j’ai fini par dévorer une grande partie des œuvres, pendant mes surveillances de Bac ^^.

J’ai d’ailleurs refilé le virus Asano à quelques ami(e)s depuis car il décrit la jeunesse japonaise avec une justesse et une honnêteté qui force l’admiration, une jeunesse qui me parle totalement, car les jeunes adultes qui sont décrits ont une part du chocobo que j’ai été il y a quelques années. Un auteur majeur donc, et je vous invite à le découvrir avec Solanin.

Mais en ce mois de mai il y eu également d’autres auteurs et notamment l’un de mes favoris : Yuko Osada, qui nous présentait Run Day Burst chez Ki-oon, un shônen d’aventure old school qui plaira aux vieux routards du genre, surtout que depuis la série s’est achevée au Japon en huit volumes, donc pas de risque de s’éterniser. Si vous aimez l’aventure les p’tits loups, celui-ci est pour vous !

Et pour finir sur ce mois je citerais également Sprite, un manga d’anticipation teinté de thriller dont le scénario m’intrigue et me captive toujours au bout du quatrième volume et Kings of Shogi, un bon manga certes, mais qui ne m’a pas donné envie d’en acheter d’autres tomes pour l’instant. Un peu comme Le coffre aux esprits chez Soleil, j’attends de le croiser d’occasion ou de me le faire offrir !

Juin

Bride-Stories-1Totalement en décalage avec la sortie du tome 12, j’ai commencé la lecture de Bakuon Retto. Amateur de furyo, j’ai entendu une fois de plus beaucoup de bien de cette série et je me suis lancé. Le trait est dur, l’histoire est rude, les personnages authentiques. Bien loin des flamboyants rebelles de Morita (Racaille Blues, Rookies) ceux de Tsutomu Takahashi intériorisent, doutent dans leurs coins, passent du coté vraiment obscur… Et pas de bonne blague pour alléger l’ambiance. Quand ça va mal, on fait avec. Une lecture que je me suis promis de poursuivre l’an prochain en achetant tout le reste d’un coup, pour une immersion totale et sans doute brutale.

Ce mois fut aussi l’occasion de découvrir le prometteur The Swordsman, l’un des bons manhwas 2011. Le volume 1 m’avait laissé mitigé mais la suite m’a rassuré. Voilà une fresque historique bien construite et une aventure sympathique. Malheureusement son éditeur, Booken Manga, a aussi sorti Ares, une histoire qui peut toucher par son coté shônen débutant qui n’en veut… Mais au final on s’ennuie sévère. Idem pour Togainu no Chi chez Ankama, à éviter.

On finit ce premier semestre avec deux bons souvenirs : Bride Stories, qu’on ne présente plus tant les articles élogieux sur son compte s’enchaînent ces derniers mois. La mangaka de Emma utilise une fois de plus des personnages attachants pour dresser un tableau d’une époque et d’un lieu, pour aborder l’histoire d’un peuple méconnu et de l’incroyable richesse de leur culture. Chaque année quelques nouveaux mangas font un sans faute. Pour l’instant, Bride Stories en fait partie. Bien que peu enclin au manga, les jurés du Festival International de la Bande Dessinée d’Angoûleme l’ont même ajouté à leur liste de nominés pour l’édition 2012… C’est dire !

Enfin la lecture du tome 20 de D.Gray-man m’a fait bien plaisir, j’y ai retrouvé la série que j’aimais à ses débuts. Le ralentissement du rythme de publication a permis a son auteure de prendre son temps et de proposer un shônen classique mais très plaisant. Et diablement beau qui plus est.

Ainsi s’achève la première partie de cette rétrospective 2011. Si je devais résumer ces 6 mois de lectures et ne garder que mes 6 meilleurs moments de lecture ? Je dirais One Piece, Vamos là!, Bride Stories, Un chien gardien d’étoile, Run day Burst et Solanin.

Et vous ?

Suivez la suite de cette rétrospective, la seconde partie est en ligne ici !

Le manga en 2011…

Rétrospective de lectures 2011 : et vous, vous avez lu quoi ?

Marché japonais du manga 2011 : premiers chiffres, premières analyses

Manga en France: Édition et publication en 2011


décembre 22nd, 2011
Mots-clés: , , , , , , , , , , , ,

Concours Ki-oon : gagnez le tome 1 de votre choix !

⊆ décembre 17th, 2011 | ≡ Topic: Concours, Manga, Manga / Japanimation | | ˜ 1 Commentaire »

Voici le concours du mois sur Paoru.fr et avec la formule puzzle et mots croisés.

Cette fois-ci, pour Noël, on innove : vous allez pouvoir choisir le manga que vous allez gagner dans la liste des nouveautés 2011 de l’éditeur Ki-oon.

Concrètement il s’agit des séries Crimson Prince, Hell Blade, Amanchu !, Superior Cross, Tales oh the abyss, The Innocent, Run day Burst, Bride Stories, Judge, Le berceau des esprits, Karneval, Conductor et Hideout. C’est avec plaisir que je peux vous proposer deux tomes 1 offerts par les éditions Ki-oon, que je remercie une fois de plus.

Nouveautés Ki-oon 2011

Comme je vous le disais plus haut, une grille de mot croisé vous ai proposé. Vous avez donc le choix entre la grille ci-dessous, le puzzle sur Facebook et Google + ou les deux. Le modus opérandi est donc le suivant :

  • 1. Jouez sur le blog (grillle ci-dessous) ou allez faire un tour sur la page Facebook ou Google + de Paoru.fr, devenez fan et rendez-vous dans l’album photos Concours Paoru.fr
  • 2. Sur Facebook ou G+ : identifiez sur l’image du mois (celui de décembre cette fois-ci) les 12 tomes présents .
  • 3. Sur le blog : trouvez les 11 noms de mangakas à l’aide des définitions.
  • 3. Envoyez les noms de séries et numéros des tomes et / ou le nom des mangakas à l’adresse concours@paoru.fr, le tout avant le 31 décembre minuit !

Deux gagnants seront tirés au sort parmi les bonnes réponses et leurs noms seront annoncés le 1 janvier, en même temps que le nom des séries de tomes mystères.

Voici la grille de mots croisés du blog. Ce mois-ci il ne s’agit pas de noms de séries mais de noms de famille de mangaka.

Quizz décembre Paoru

Amusez-vous bien, passez de bonnes fêtes et bonne chance ;)


décembre 17th, 2011
Mots-clés: , ,

Continuer vers les post antérieurs »
Facebook Twitter RSS

Cherche, petit chocobo !

Les post de Paoru.fr


Übel Blatt et The Arms Peddler

Les post de Paoru.fr

Preview Front Mission Top 50 Pop-Rock Retrospective Manga 2011 Débat J-music 2 Preview BTOOOM & Suicide Island Etude des premiers chiffres du marché 2011 Japonais Hommage posthume à Shingo Araki Interview Uplift Spice Critique Hotel

<< Back Stop Play Next >>

Les vidéos du chocobo


Sondage


Parmi ces 4 festivals, votre préféré est...

Résultats

Loading ... Loading ...

Les mots-kweeh

Partenariats


Total Manga
Nunya.fr 7plumes, le collectif blogueur

Twitter



Archives -/+


Copyright © 2012.Toutes les images et vidéos présentes sont copyright leurs auteurs.
Paoru.fr réalisé sous WP par Ramza et le Nature WP Theme de miloIIIIVII . Connexion | RSS.