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Japon

Les dernières actus du soleil levant ou une énième loufoquerie nippone ? A vous de choisir...

Naoto Kan change son gouvernement et se met à l’économie

⊆ septembre 22nd, 2010 | ≡ Topic: Japon, News, Politique | | ˜ 1 Commentaire »

premier-ministre-japonnais-naoto-kanUne petite news politique entre les deux interviews de cette semaine…

Le 14 septembre dernier, comme prévu, le Parti Démocrate du Japon (PDJ) a organisé en son sein l’élection de son nouveau dirigeant. Malgré des élections sénatoriales décevantes, le pouvoir en place a tenu bon. Naoto Kan a été réélu à la tête du parti au pouvoir et ne cédera donc pas sa place de Premier ministre à Ichirō Ozawa, son principal concurrent.

Néanmoins, conscient des doutes et du mécontentement de la population japonaise en cette période de sortie de crise, le chef de l’exécutif a décidé d’agir… Au programme : un remaniement ministériel et une lutte contre la montée du yen.

La chaise musicale au PDJKatsuya_Okada

Katsuya Okada (ci-contre), jusqu’ici Ministre des Affaires étrangères, a laissé sa place en ce 17 septembre pour devenir le nouveau Secrétaire général – et donc numéro 2 – du PDJ. Il est remplacé par Seiji Maehara, ancien Président du PDJ (2005-2006).

Deux autres postes sont renouvelés : Akihiro Ohata, ex-ingénieur de chez Hitachi, a été désigné Ministre de l’Économie, du Commerce et de l’Industrie. Le ministère de la Santé, du Travail et des Affaires sociales échoit à Ritsuo Hosokawa, un des fondateurs du parti majoritaire.

Yen a marre !

À ces changements est venue s’ajouter une mesure économique saluée par l’indice Nikkei de la  Bourse de Tokyo, qui s’est élevé d’environ 3 % le mercredi 15 septembre.  Les traders nippons ont en effet salué l’intervention du gouvernement et de la Banque du Japon après un pic record du yen face au dollar, sur le marché des changes.

Yen et dollarPour tous les athées des sciences économiques, disons simplement que le yen a atteint son plus haut niveau depuis 15 ans, avec 82,9 yens pour 1 dollar. Malheureusement, dans cette situation, il est difficile pour les industriels japonais d’exporter car un yen fort augmente la valeur de leurs produits, plus durs à vendre. Ce schéma favorise plutôt les importateurs, qui peuvent acheter à moindre coût. Malheureusement le Japon subit depuis plusieurs mois une déflation qui fragilise son économie.

Pour inverser cette tendance néfaste, le gouvernement japonais et la Banque du Japon ont donc entrepris de vendre des yens pour acheter des dollars, et ainsi inverser la balance. L’ampleur de cet achat n’a pas été révélé mais, selon la BBC, il se situerait aux alentours du milliard de yens (soit 11,8 millions de dollars).

Le Japon et son Premier ministre ont voulu montrer au marché et aux industriels exportateurs, qui constituent 15 % du PIB, qu’ils étaient bien décidés à combattre une croissance trop timide et une déflation persistante.

Mais tout n’est pas résolu pour autant et il est difficile de savoir si la hausse du yen va être enrayée durablement. Car sans intervention de ses partenaires du G7, à qui le pays fait pourtant des appels du pied depuis plusieurs mois, l’effet risque bien de s’estomper.

Face à un marché quotidien de 4 000 milliards de dollars, les 12 millions du Japon risquent d’être rapidement noyés dans la masse…


septembre 22nd, 2010
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Scandales et trahisons : petites histoires de la politique japonaise – Épisode 3

⊆ août 30th, 2010 | ≡ Topic: Articles, Japon, Politique | | ˜ Pas de commentaires »

Ichirō OzawaAprès une semaine très occupée, le blog fait sa rentrée et revient à l’un de ses amours : la politique nippone ! Après les débuts en politique d’Ichirō Ozawa et son affrontement avec le PLD, voici le troisième volet de cette saga, à l’heure où Ozawa se présente pour le poste de dirigeant du PDJ donc de premier ministre. Bonne lecture !

Épisode 3 : Entre majorité et opposition

Résumé des épisodes précédents : Né le 24 juin 1942 à Tokyo, Ichirō Ozawa (ci-contre) entre en politique en 1968 et devient pendant de longues années l’élève attentif et assidu du célèbre politicien Kakuei Tanaka. Il se fraye petit à petit un chemin jusqu’au sommet du Parti Libéral Démocrate (PLD) mais il échoue à en prendre le pouvoir et décide en 1992 de faire dissidence avec plusieurs parlementaires.

Chefs de file d’une alliance anti-PLD regroupant 7 partis politiques, Ichirō Ozawa et Tsutomu Hata parviennent, pour la première fois en 40 ans, à supprimer l’hégémonie du PLD, qui perd sa majorité lors des élections sénatoriales. Manœuvrant en coulisse, celui qu’on appelle désormais le shōgun de l’ombre, ne fait cependant pas l’unanimité, et des voix divergentes s’élèvent au sein et en dehors de la nouvelle et très fragile coalition. Arriver au pouvoir est une chose, y rester en est une autre !

Morihiro Hosokawa : le renouveau a du plomb dans l’aile.

Morihiro_HosokawaA l’issu de ce basculement du pouvoir politique, un homme sort de l’ombre et devient le premier ministre du Japon le 9 août 1993 : Morihiro Hosokawa (à droite). Cet homme de 55 ans est l’héritier de l’une des plus grandes familles japonaises, le clan Hosokawa, ancienne dynastie samurai descendant de l’empereur Seiwa (850-880) et branche du clan Minamoto.

Ce petit-fils de l’ancien premier ministre Fumimaro Konoe est, comme Ozawa, un ancien député du PLD, qu’il rejoint en 1971 comme représentant de la préfecture de Kumamoto. Après vingt ans au sein de la majorité, il finit par annoncer son départ, ne pouvant plus supporter la corruption qui ronge le parti. En 1992, il forme le parti réformiste NPJ ou Nouveau Parti Japonais, qui finit par intègrer la nouvelle entente anti-PLD.

Cet homme populaire devient donc, un an plus tard, le 50e premier ministre. Tout comme Yukio Hatoyama a tenté de le faire l’année dernière, Morihiro Hosokawa incarne à l’époque le changement. Pour la première fois, il reconnait que la seconde guerre mondiale fut une agression, et une lourde erreur du Japon. Admettant publiquement la responsabilité de son pays, il enfonce le clou en se rendant le 6 novembre 1993 en Corée du Sud, puis en Chine le 19 mars 1994.

Malgré une réforme réussie du système électoral, l’homme qui était parti en guerre contre la corruption politique japonaise va être mis à terre, précisément par le type de scandale qu’il est le premier à combattre. Ce politicien réputé des plus vertueux éprouve de grandes difficultés à expliquer ses liens financiers avec la société automobile Tokyo Sagawa Kyubin, qui a passé une bonne partie des années 80 à monnayer son influence auprès des leaders politiques… sans parler des liens indirects de cette compagnie avec certains yakuzas.

Hosokawa a reconnu avoir souscrit un prêt d’un million de dollars à cette compagnie en 1982. Même s’il insiste sur le fait que ce prêt a été remboursé, le premier ministre avoue n’avoir jamais payé d’intérêt, allouant ces fonds « à ses activités politiques ». Au cœur du scandale, il décide finalement de démissionner après avoir reçu des renseignements sur des profits douteux fait par un « ami très proche » via son cabinet, lorsqu’il était gouverneur de la préfecture de Kumamoto. L’ami en question reste mystérieux et il est difficile  de connaître les délits et responsabilités exactes de cette affaire, mais le dirigeant du NPJ laisse sa place le 8 avril 1994. Déçu une fois de plus par un scandale de corruption, le peuple japonais observe donc avec un désarroi croissant la Diète organiser de nouvelle élection… et le parti au pouvoir s’entre-déchirer.

Tsutomu HataPetites trahisons entre amis et plus si affinités

Si la démission de Kumamoto porte un coup sévère à la coalition, des voix dissidentes n’ont pas attendu ce revers pour s’élever contre le shōgun de l’ombre. Craint pour son talent de manipulateur et son influence, les idées d’Ozawa sont elles aussi critiquées au sein de l’alliance. Son libéralisme économique et sa faveur pour l’interventionnisme diplomatique (notamment la renaissance d’une armée japonaise) deviennent des facteurs de division avec certaines branches du PSJ et du NPP. Il n’en faut pas plus pour que l’élection d’un nouveau premier ministre sonne l’heure de la scission.

Soutenu par sa faction, le Shinseitō, mais également par le NPJ et le Kōmeitō, Ichirō Ozawa souhaite remplacer le chef du gouvernement par son principal allié Tsutomu Hata. Cependant ce dernier est considéré par le PSJ et le NPP comme sa marionnette personnelle et la lutte s’engage. Ozawa réussit à convaincre quelques membres du PLD de le rejoindre et marginalise ses opposants, permettant à Hata d’être élu premier ministre le 28 avril.

Néanmoins la victoire est de courte durée : le PSJ et le NPP quittent la coalition. Le PLD a compris que c’était pour lui l’occasion de revenir au pouvoir et dépose le 25 juin une motion de censure à l’encontre du gouvernement. Lorsque ses anciens alliés du PSJ et du NPP annoncent tous deux qu’ils voteront cette dernière, Hata n’a plus d’autre choix que de démissionner et de laisser sa place à la nouvelle association entre socialistes et libéraux démocrates, qui élit le socialiste Tomiichi Murayama au poste de premier ministre, le 30 juin. Ichirō Ozawa et le Shinseitō repassent donc dans l’opposition.

Néanmoins, le shōgun continue de fédérer. Après la coalition fragile de 1992 c’est un nouveau parti, plus solide, qui va naître le 10 décembre 1994 : le Shinshintō, ou Parti de la nouvelle frontière. S’y rejoignent les membres de la majorité sortante qui ont suivi Ozawa (Shinseitō, Kōmeitō, NPJ et PDS), mais aussi les membres du PLD qui jugent l’union entre socialiste et démocrates « contre- nature ».

Toshiki KaifuLe Shinshintō devient le leader de l’opposition, avec 178 députés sur 571 à la chambre basse et 36 conseillers sur 252 à la haute. Pour diriger l’ensemble, Ozawa choisit une fois de plus de soutenir un candidat plutôt que de tenter lui-même l’aventure. Mais entre Tsutomu Hata, son allié fondateur du Shinseitō et Toshiki Kaifu, Ozawa choisit le second. Surnommé « Monsieur Propre » pour sa carrière sans scandale, Toshiki Kaifu fut premier ministre à la fin des années 80 et fait parti des anciens du PLD à avoir rejoint Ozawa. Il l’emporte sur Hata et nomme Ozawa secrétaire général.

En décembre 1995, lorsque Kaifu démissionne, il soutient la candidature d’Ozawa qui sort finalement de l’ombre, pour affronter Hata (soutenu par l’ancien premier ministre Hosokawa). Le 27 décembre Ozawa est élu à une large majorité de 66,4% et devient le leader de l’opposition.

Mais son ancien camarade et nouveau rival est patient et autour de lui se créé une faction anti-Ozawa, qui attend les législatives de 1996 pour contre-attaquer, au premier faux pas du nouveau dirigeant. Ce dernier y a promis la victoire, mais il ne s’attendait sans doute pas à l’arrivée d’un tout nouveau parti dirigé par deux futurs premiers ministres, Yukio Hatoyama et Naoto Kan : le Parti Démocrate du Japon, le fameux PDJ. Comment Ozawa va-t-il se retrouver à emmener ce parti au pouvoir 13 ans plus tard ? Bonne question, mais c’est une autre histoire…

Retrouvez les autres épisodes de cette première saga politique :

Épisode 1 : Ichirō Ozawa, entre ombre et lumière

Épisode 2 : Ozawa, le tombeur du PLD

Épisode 3 : Entre majorité et opposition

Épisode 4 : Le shōgun sort de l’ombre

Épisode 5 : Sale temps pour le shōgun


août 30th, 2010
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Longévité : encore les Japonaises ?

⊆ juillet 29th, 2010 | ≡ Topic: Japon, Les Japonais, News | | ˜ 1 Commentaire »

Les Japonaises ont la meilleure espérance de vieDans le prolongement de l’article sur la vieillissement des nippons, je me suis dit que cette information vous intéresserait, même si les médias nous ont déjà venté à moultes reprises la santé des rétraités du pays du Soleil Levant.

Pour la 25ème fois consécutive, les Japonaises on remporté le prix de la longévité. Si on en croit le Ministère de la santé japonaise, les nippones sont en effet les femmes possédant la plus grande espérance de vie au monde, avec une moyenne de 86,4 ans. Elles gagnent 4 mois par rapport à l’année précédente.

Elles devancent de peu les Hongkongaises (86,1 ans) et les Françaises, troisièmes (84,5 ans). Du coté des hommes, l’espérance de vie des Japonais progresse légèrement pour arriver à 75,6 ans, mais ils ne sont placés que troisième, derrière le Qatar (81 ans) et Hong Kong (75,9 ans). Comme quoi être salary-men et décompresser tous les soirs au saké, ca n’aide pas finalement…

Japon et longévitéUn second rapport, de l’OMS, confirme  la pôle position du peuple japonais. Mais il s’agit ici de l’espérance de vie « en bonne santé« . Ce nouveau facteur tient compte des maladies et infirmités, qui sont évaluées et retranchées à l’espérance de vie classique. Le Japon se place donc premier avec une espérance moyenne de 74,5 ans, devant l’Australie (73,2 ans) et la France (73,1 ans)… tout ça certainement grâce au vaccin contre la grippe de notre chère Roselyne, bien entendu ! (Ça va la changer de l’équipe de France tiens…)

Mais au delà de l’humour le chiffre le plus impressionnant de ce second classement est l’espérance de vie en bonne santé au Sierra Léone, dernier du classement : 25,9 ans. Eh oui, comme le dirait ce bon vieux Kenishiro, vous ne le savez pas mais si vous êtes de Sierra Léone vous êtes déjà mort ! D’une manière plus globale, l’Afrique Subsaharienne s’avère la plus en difficulté dans ce classement, qui tient compte des différentes pathologies. En première cause : le Sida, devant tout le reste. Comme ce cher Benoit XVI est certainement un lecteur assidu de ce blog, pourrait-il passer le message à ses millions de croyants africains : CONDOM IS COOL !

En le remerciant !

PS : oui oui Benoit, le post sur High Shcool Of The Dead arrive, ne t’impatientes pas !


juillet 29th, 2010
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[JE 11] : Les Gamushara Oendan enflamment la Japan Expo 2010

⊆ juillet 7th, 2010 | ≡ Topic: Evènement, Japon | | ˜ 1 Commentaire »

Et voilà, après 4 jours conjuguant rencontres, photos, soirées tardives, concerts et des kilomètres parcourus, il est temps de vous faire mon rapport, pour cette onzième édition de la Japan Expo. Et il y a de quoi dire !

Avant de passer au lourd avec conférence et interview, commençons ce report du Japan Expo 2010 par une bonne surprise, délirante à souhait : les Gamushara Oendan.

Ces supporters nippons venus d’ailleurs ont une pèche et un dynamisme incroyable et ils ont enthousiasmé les visiteurs !

Les voici tout d’abord en photos, dans un petit diaporama réalisé lors des Japan Expo Awards et dans les couloirs du JE.

Et comme les Gamushara Oendan se savourent avec l’image ET le son, voici la vidéo que j’ai pu réaliser pour Total Manga, sur leur stand. Les supporters nous ont fait le plaisir de venir encourager les concurrents du tournoi de Jan Ken Pon. Ca vaut le détour !


juillet 7th, 2010
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Scandales et trahisons : petites histoires de la politique japonaise – Épisode 2

⊆ juin 11th, 2010 | ≡ Topic: Articles, Japon, Politique | | ˜ 1 Commentaire »

Episode 2 :  Ozawa, le tombeur du PLD

À quelques semaines des élections sénatoriales, le Parti Démocrate du Japon (PDJ) est en bien mauvaise posture. La démission de Yukio Hatoyama arrive à un moment délicat, mais cela fait déjà plusieurs mois que des fissures altèrent la cohésion du parti, menaçant de le faire voler en éclats.

Avant ces élections, il était donc temps de vous proposer la suite de notre saga politique sur les hommes et les scandales, qui ont mené le PDJ là où il est aujourd’hui…

Résumé des épisodes précédents :

Né le 24 juin 1942 à Tokyo, Ichirō Ozawa (ci-contre) entre en politique en 1968 et devient pendant de longues années l’élève attentif et assidu du célèbre politicien Kakuei Tanaka. Durant les années 70 et 80, l’homme monte en puissance grâce à un indubitable talent de négociateur ; il se fraye petit à petit un chemin jusqu’au sommet du Parti Libéral Démocrate (PLD). Mais les choses se gâtent au début de la décennie qui va suivre… L’un de ses poulains échoue aux élections de 1991 au poste de Secrétaire général du PLD. Pire encore : Shin Kanemaru, partenaire et directeur de sa faction politique, l’Heiseikai, tombe pour corruption en 1992.

Ne parvenant pas à reprendre le contrôle d’une coterie décapitée, Ozawa et son allié Tsutomu Hata décident, avec 41 autres parlementaires, de faire dissidence. Le 18 décembre 1992, ils créent leur propre groupe à l’intérieur du PLD : le Forum Réforme 21. Très critiqué face aux instances dirigeantes de son parti, Ichirō Ozawa attend patiemment son heure…

La motion de censure du 18 juin 1993

Six mois plus tard, le Parti Socialiste Japonais (ou PSJ) dépose une mention de censure. Le principal opposant du PLD proteste contre le projet de réforme électoral proposé par le gouvernement de l’époque, en place depuis novembre 1991 et dirigé par Kiichi Miyazawa (ci-contre). Ce dernier peine à gérer l’éclatement de la bulle financière ; il est vivement critiqué pour son incapacité à s’adapter à la crise.

L’opposition que rencontre cette réforme électorale ne tient pas uniquement à son manque de congruence vis-à-vis de la crise économique, mais davantage à sa proposition de passer à un scrutin uninominal majoritaire à un tour. Ce système est comparable à notre élection présidentielle, mais qui se déroulerait en un seul tour. Le candidat regroupant le plus de voix est donc élu, même si une majorité de la population n’a pas voté pour lui. Un an avant cette motion de censure, Fidel Ramos a ainsi obtenu la présidence des Philippines, avec seulement 24 % des voix.

Ce système, ultra-favorable au Parti Libéral Démocrate, est donc combattu par le PSJ, mais aussi par plusieurs membres au sein du PLD, dont Ozawa qui réclame l’introduction d’une part de proportionnelle dans ce type de scrutin. C’est ainsi qu’en ce 18 juin 1993, le Forum Réforme 21 a décidé de voter en faveur de la motion de censure, entraînant son adoption par 255 voix contre 220 à la Chambre des Représentants. Cette motion – la première réussie depuis 1980 – force Miyazawa à organiser des élections législatives anticipées un mois plus tard. Ozawa et son partenaire Hata viennent donc de frapper un grand coup… et ils ne comptent pas en rester là.

Le Tombeur du PLD

En prévision de ces élections, Ichirō Ozawa et Tsutomu Hata (ci-contre, avec Ozawa) quittent définitivement le PLD et forment la Shinseitō, ou Parti de la Renaissance, la plus grande faction dissidente du PLD à l’époque. Hata en prend la présidence et Ozawa continue d’œuvrer en second plan, en tant que Secrétaire général.

Les élections placent le Shinseitō à la troisième place avec 6 341 364 voix, soit 10,1 % des suffrages, contre 36,6 % pour le PLD, qui perd sa majorité, et 15,4 % pour le PSJ.

Sorti renforcé de sa réélection écrasante dans sa circonscription, Ichirō Ozawa devient alors le maître d’œuvre d’une nouvelle coalition anti-PLD et anti-PCJ (le Parti Communiste Japonais). Cette large alliance regroupe pas moins de 7 partis et se retrouve en position de force lors de la formation du nouveau gouvernement, dirigé par Mohiro Hosokawa. Le Shinseitō y obtient 5 portefeuilles, soit autant que le PSJ, mais avec 3 postes clés :

  • Tsutomu Hata est nommé vice-Premier ministre et obtient le portefeuille des affaires étrangères.
  • Hirohisa Fuji est nommé au ministère des Finances.
  • Hiroshi Kumagai est en charge du Commerce International et de l’Industrie.

Ozawa, comme à son habitude, n’apparaît pas sous la lumière des projecteurs et n’entre pas non plus au Cabinet (ou Naikaku, le gouvernement japonais). Il reste cependant le principal investigateur de ce nouveau gouvernement. Négociant en coulisse – et non sans talent – les décisions importantes, à l’image de son mentor Kakuei Tanaka. Il gagne à cette époque un surnom qu’il possède encore aujourd’hui : le « Shōgun de l’Ombre« .

Pour la première fois en plus de 40 ans, le PLD n’est donc plus au pouvoir, en grande partie par le fait d’un seul homme : Ichirō Ozawa. Mais maintenant que l’objectif est atteint, la peur d’une hégémonie se fait de plus en plus présente, surtout au cœur d’une alliance entre députés de gauche et anciens membres d’un mouvement libéral. Et, bien entendu, le PLD serait plus que ravi de voir la déchéance d’un traître. Mais ceci est une autre histoire…

Rendez-vous au prochain épisode !

Retrouvez les autres épisodes de cette première saga politique :

Épisode 1 : Ichirō Ozawa, entre ombre et lumière

Épisode 2 : Ozawa, le tombeur du PLD

Épisode 3 : Entre majorité et opposition

Épisode 4 : Le shōgun sort de l’ombre

Épisode 5 : Sale temps pour le shōgun


juin 11th, 2010
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Les japonais vont-ils disparaître ?

⊆ avril 21st, 2010 | ≡ Topic: Articles, Japon, Les Japonais | | ˜ 7 Commentaires »

En attendant de poursuivre notre petite histoire des scandales politiques nippons, intéressons nous aux japonais…tant qu’il en reste.

En effet, la société Japonaise possède de multiples facettes des plus attrayantes, de multiples personnalités des plus originales… et tout autant de problèmes auxquels elle doit faire face. Depuis quelques années l’un de ces problèmes est passé du statut de prédiction à celui de réalité : la démographie japonaise décline. Vieillissant et peu enclin à l’immigration, le Japon procréé de moins en moins et sa population continue de décroitre… mais jusqu’où ?

Un pays dépeuplé ?

Pour la deuxième année consécutive, la Japon subit un déclin record de sa population, avec 183 000 habitants en moins en un an. Faute de naissances suffisantes, et avec un nombre d’étrangers en net recul suite à la crise, la décroissance de la population, annoncée de longue date, se fait de plus en plus présente. Cette troisième baisse depuis 2005 porte aujourd’hui le nombre d’habitants à 127,5 millions au premier octobre dernier, selon les chiffres officiels.

Le constat est donc des plus inquiétants, et pousse le ministère de l’intérieur à expliquer que le pays vient d’entrer dans « une phase de déclin à grande échelle ». En effet, comment endiguer le processus lorsque le pays affiche un taux de natalité de 1,3 enfant par femme alors qu’il devrait se situer à 2,1 pour espérer un renouvellement de la population.

D’autant qu’à la chute démographique s’ajoute un vieillissement de la population. Les personnes de plus de 65 ans sont 789 000 de plus, soit 22.7 % de la population, pendant que les jeunes de moins de 14 ans sont 165 000 de moins que l’an dernier. Alors que les femmes japonaises ont l’espérance de vie la plus longue au monde, à 86.05 ans, le pays pourrait bien se retrouver dans le cas d’une « société sans enfants », comme l’évoquent plusieurs médias locaux… et le graphique ci-contre.

Le problème est bien sur pris très au sérieux par le gouvernement japonais, et a été l’un des sujets majeurs de la derrière campagne politique. Le Parti Démocrate au pouvoir a promis l’équivalent de 200 euros par mois et par enfant aux familles. La prime à la naissance devait également être revalorisée, pour atteindre 4000 euros, soit environ 5 fois moins que la France, à 890 euros pour 2010. Enfin le premier ministre Yukio Hatoyama désire rendre la scolarité dans l’enseignement secondaire public gratuite. Cependant l’arrivée de la crise, à la fin de l’été dernier, pose d’énormes problèmes dans le financement de ces mesures.

Dis Japon… comment tu fais un bébé ?

Mais derrière le problème économique, un problème social demeure. Avoir un enfant au pays du soleil relève souvent du sacrifice, en plus d’un parcours du combattant. Premièrement, même une fois la bague au doigt, les obstacles sont nombreux. Une étude de l’Université Nihon a révélé qu’en 2007, que près d’un couple nippon sur quatre n’a eu aucun rapport sexuel. Mme Kawanishi, sociologie, évoque les journées de travail interminables qui épuisent les maris, l’exiguïté des logements mais aussi un mystérieux manque de communication entre hommes et femmes. « L’industrie du sexe, la sexualité sont omniprésentes au Japon. Sauf au sein du mariage. On dirait que les maris et les femmes ont toujours autre chose à faire« , déplore la sociologue.

Et pourtant, certaines entreprises essayent d’inciter leurs employés à repeupler le Japon. La direction de Mitsubishi UFJ, première banque du pays, a récemment envoyé un e-mail assez inhabituel à ses employés, les appelant à rentrer chez eux 50 minutes plus tôt qu’à l’accoutumée. Soulignant le très faible taux de natalité du pays, l’entreprise leur conseille de profiter de ce temps libre pour passer du « temps en famille ».

Cependant, même pour un ménage sexuellement actif, un enfant, avant même sa naissance, coûte déjà une somme importante. Sauf réelle complication, l’assurance-maladie japonaise ne prend pas en charge les consultations médicales liées à la grossesse ni les accouchements, et encore moins les traitements contre l’infertilité. De plus, le manque de pédiatre, babysitter ou tout simplement d’aire de jeux digne de ce nom angoisse encore davantage les futurs parents.

Enfin l’arrivée d’un enfant, pour les japonaises, est souvent synonyme de la fin de leur carrière. 70 % des femmes travaillant dans les petites et moyennes entreprises quittent en effet leur emplois pour leur premier enfant. »Il est très difficile pour une Japonaise de travailler tout en étant mère. Il y a bien sûr un problème de garde d’enfants« , explique Mme Kawanishi. « Mais il y a surtout la mentalité, très forte, selon laquelle on attend d’une mère qu’elle sacrifie tout le reste pour entourer physiquement son enfant pendant ses trois premières années, faute de quoi l’enfant deviendra un raté« . Selon elle, « cette conception, implicite et culpabilisante, amène beaucoup de femmes à juger qu’avoir des enfants apporte trop de problèmes ».

Les 30 minutes que passent en moyenne les pères avec leurs enfants est autant une cause qu’un symptôme d’une mentalité qui ne pourra évoluer du jour au lendemain. Et pourtant, si rien ne change, la population japonaise risque de baisser entre 20 % et un tiers selon les experts, d’ici à 2050.

Source : Aujourdhui le Japon


avril 21st, 2010
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Japon & USA : le mensonge nucléaire

⊆ avril 14th, 2010 | ≡ Topic: Articles, Japon, Politique | | ˜ 2 Commentaires »

Je voNucléaireus parlais la semaine dernière de nucléaire civil, sujet à débat certes, mais beaucoup moins répréhensible que ce qui va suivre…

A la fin de la seconde guerre mondiale, le Japon, traumatisé après les bombardements d’Hiroshima et Nagasaki, met en place une doctrine nucléaire, prévoyant que le pays ne « possède pas, ne produise pas et ne tolère pas que l’on introduise » sur son territoire des armes nucléaires. Et pourtant…

Tous les premiers ministres et de nombreux haut leaders politiques du pays étaient au courant et ont toléré pendant plus de 20 ans que les navires de l’armée américaine faisant escale au Japon transportent des armes nucléaires, au mépris des principes du pays sur la question.

Après l’arrivée au pouvoir du Parti démocrate du Japon (PDJ), le ministre des affaires étrangères Katsuya Okada a commandé un rapport, qui prouve aujourd’hui que les plus hauts responsables politiques japonais ont fermé les yeux sur le passage d’armes nucléaires américaines en territoire japonais.

Une note datée du 27 janvier 1968, et signé de Fumihiko Togo, le directeur général du Bureau des affaires nord-américaines du ministère des Affaires étrangères, décrit des échanges avec l’ambassadeur américain à Tokyo de l’époque, Alexis Johnson. Les deux parties n’ont pas réussi à trouver un accord sur leur lecture de la définition d’un « navire transportant des armes nucléaires »… et sont repartis avec leurs divergences.

Armée US au Japon

Les Etats-Unis considéraient qu’il n’était pas nécessaire d’effectuer une demande avant qu’un navire transportant des armes nucléaires ne fasse escale au Japon ou n’entre dans les eaux territoriales nippones. Les autorités japonaises étaient au courant mais ont continué de prétendre que les Etats-Unis devraient les consulter. Cette note faisait donc office d' »accord tacite » avec les Etats-Unis.

Elle a ensuite été utilisée pour expliquer cette politique aux gouvernements suivants. Dans la marge, une annotation précise que le Premier ministre de l’époque, Eisaku Sato, l’a lue. Ce premier ministre a pourtant reçu le prix nobel de la paix en 1974 pour avoir mené une politique pacifiste et opposée à la prolifération nucléaire.

Les premiers ministrSous-marin USes suivants ont suivi les instructions jusqu’à Toshiki Kaifu, qui prit la tête du gouvernement au cours de l’été 1989. En 1991, les Etats-Unis ont annoncé qu’ils n’armeraient plus leurs sous-marins et navires de guerre d’armes tactiques.

Après l’étude de plus de 300 documents, le panel de 6 experts ont relève l’existence d’un autre pacte secret, par lequel le Japon acceptait que l’armée américaine intervienne sans consultation préalable sur la péninsule coréenne depuis son territoire, dans l’hypothèse d’un conflit. D’autres zones d’ombres perdurent, autour des fameuses bases américaines d’Okinawa, sans compter que le gouvernement dit avoir « égaré » des documents concernant cette dernière. Cette affaire pourrait donc bien n’être qu’à son commencement…

Hatoyama

Le Premier ministre Yukio Hatoyama (ci-contre) a déclaré mardi soir que « le Japon maintiendra comme avant » ses trois principes sur le nucléaire militaire. « Bien que l’existence d’accords secrets dans le passé soit maintenant révélée, nous ne devons pas penser que cela affectera les relations Japon-Etats-Unis et il est important de gérer le problème sans que cela n’abîme les liens » ajoute-t-il.

Des révélations qui augmente d’un cran la pression sur les épaules du premier ministre, M. Hatoyama, déjà pressé par les sondages, pour que le Japon prouve une réelle indépendance vis à vis des Etats-Unis.


avril 14th, 2010
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Echanges Franco-Japonais : on aurait pu s’en passer… ?

⊆ avril 9th, 2010 | ≡ Topic: Japon | | ˜ 2 Commentaires »

Si nous sommes généralement en faveur des échanges culturels Franco-Japonais, d’autres tractations sont beaucoup plus sujettes à polémiques, surtout lorsqu’il s’agit de combustible nucléaire…

Le Pacific Heron a quitté jeudi 8 avril le port de Cherbourg, en Normandie, en direction du Japon avec à son bord, 15 tonnes de MOX. Le MOX, où Mélange d’OXydes, est un combustible composé d’oxydes de plutonium et d’uranium.

Les organisations écologistes, Greenpeace en tête, se sont de nouveau insurgées qu’un tel chargement puisse naviguer sur mer. De son côté Areva précise que le Pacific Heron est un navire spécialement conçu pour le transport de cargaisons nucléaires, et que ce voyage sera encadré.

ARevaHenry-Jacques Neau, responsable des transports pour Areva, se veut rassurant : « Depuis trente ans qu’elle assure ce type de transport, la compagnie PNTL n’a jamais connu aucun incident. » Le Pacific Heron répond aux normes les plus strictes de l’Organisation Maritime Internationale, avec des commandos britanniques à bord, mais aussi une double coque, des compartiments étanches et une flottabilité exceptionnelle.

Insuffisant selon Greenpeace, mais l’organisation a été interdit de déranger le transfert de la cargaison par un arrêt en référé du tribunal de grande instance de Cherbourg, mercredi 7 avril. Il ne pourront approcher le bateau à moins de 300 mètres.

L’arrivée du bateau est prévue en juin et le MOX sera alors remis à deux sociétés d’électriciens japonais, Kansaï et Kyushu, afin de permettre le fonctionnement de deux réacteurs.
Greenpeace
En effet le Japon est en manque de sources d’énergies fossiles sur son territoire. Il est donc contraint d’importer des quantités importantes de pétrole et de gaz naturel… mais ces deux combustibles coûtent cher et ne cessent d’augmenter.

Le Japon prévoit donc de recourir davantage au nucléaire qui pourrait passer de 37% de l’énergie nippone en 2009 à 60% en 2050. Plusieurs réacteurs sont en construction mais un autre problème de taille reste à régler, à l’image de la centrale de Kashiwazaki-Kariwa, la plus grande au monde, alimentant la région de Tokyo, qui a récemment été ébranlée par un séisme…


avril 9th, 2010
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Les foyers japonais sont-ils devenus plus violents ?

⊆ mars 30th, 2010 | ≡ Topic: Japon, News | | ˜ Pas de commentaires »

L’agence de Police Nationale a dévoilé, dans son enquête annuelle, que le nombre de cas de violence domestique reconnus par la police en 2009 a augmenté de 11,7% au Japon, pour arriver à son plus taux le plus haut depuis la création de cette enquête en 2002.

Les foyers japonais ne sont pas pour autant devenus subitement violent, mais une prise de conscience grandissante semble se mettre en place, petit à petit. Depuis 2001 et une loi de prévention contre les violences domestiques envers épouses, ex-épouses, partenaires et enfants, les mentalités changent et les gens s’écartent progressivement de la loi du silence.

Sur les 28158 affaires officiellement reconnues, 2429 ont entrainées des mesures de justice afin de prévenir des violences d’époux ou d’autre membre de la famille.

Les violences physiques ne sont pas les seules incriminées, c’est même le contraire. Le nombre de cas de harcèlement représente en effet la moitié des cas de violence domestique recensées. Mais ce problème reste un énorme tabou au Japon, rare sont les films qui en parlent. DV, alias Domestic Violence, dont vous pouvez voir l’affiche ci-contre en est un très rare exemple.

Une autre enquête publiée l’année dernière, centrée sur les femmes mariées, montrait qu’un quart des maitresses de maison avaient déjà subies des violences physiques, et un tiers des violences verbales ou psychologiques.

Les femmes battues commencent timidement à se dévoiler, mais le chemin reste encore long, trèèès long. Courage mesdames !


mars 30th, 2010
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Moratoire sur le thon : surprise made in Japan

⊆ mars 21st, 2010 | ≡ Topic: Articles, Japon | | ˜ Pas de commentaires »

Le moratoire sur le thon n’aura pas lieu. Telle est l’information qui est tombée, jeudi dernier, lors de la conférence de la CITES sur les espèces protégées, à Doha, au Qatar. Cette affaire que nous suivons ensemble depuis plusieurs semaines finit donc par une surprenante victoire diplomatique du Japon, qui a réussi à empêcher l’interdiction totale de la pêche du thon rouge en Atlantique et Méditerranée.

Le texte proposé par Monaco pour classer le thunnus thynnus à l’Annexe I – la plus stricte – de la CITES n’a pas obtenu le soutien de la majorité des deux tiers des Etats. Elle a été rejetée par 68 voix, contre 20 favorables et 30 abstentions. La seconde proposition, européenne cette fois-ci, qui prévoyait un délai d’environ un an avant l’inscription à cette annexe, a aussi été massivement rejetée (72 voix contre, 42 favorables et 24 abstentions).

Le Japon, qui paraissait pourtant acculé et en minorité face à l’Europe et les Etats-Unis, a trouvé une aide non négligeable dans les pays en voie de développement. La diplomatie nippone a mené un intense et efficace lobbying auprès de ces pays, gagnant les voies de la Tunisie, l’Indonésie, le Venezuela, le Chili, la Corée, ou encore le Maroc. Pour convaincre tout ce petit monde, la lenteur des Européens à ne faire qu’une seule voix et quelques accords obtenus de manière douteuses, notamment avec la Lybie, ne font pas tout. Le Japon a su trouver un argument, simple et efficace : ne pas saper l’autorité de la CICTAT. La Comission Internationale pour la Conservation des Thonidés de l’ATlantique réunit une cinquantaine de pays pécheurs, mais elle est depuis plusieurs années mal vue et considérée inefficace, à cause de son laxisme, qui a poussé plusieurs Etats à se tourner vers la CITES.

Mais les pays convaincus par le Japon pense que la CITES doit se borner à protéger des espèces emblématiques (éléphants, crocodiles, grands singes, etc.), sans se mêler de la gestion des ressources marines. Les grands pays pêcheurs préfèrent garder la main en laissant la gestion de ce genre de problème aux organisations régionales de pêche, où ils sont décisionnaires, comme la CICTAT. La crainte de mettre le doigt dans un engrenage qui verrait la CITES réglementer le commerce d’autres espèces marines l’a visiblement emporté.

Les regards sont désormais tournés vers la CICTAT, qui se réunit au mois de Novembre. L’épisode monégasque de la CITES forcera-t-elle la commission à se ressaisir, ou le succès des plus laxistes leur donnera-t-elle carte blanche ?

En tout cas du coté du Japon, c’est le soulagement qui domine. Des marchés de Tsukiji aux restaurateurs de Tokyo, voici quelques témoignages recueillis par TF1 suite à l’échec du moratoire sur le thon rouge.


Thon rouge : suite et fin de la saga sushi
envoyé par Paoru.

mars 21st, 2010
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Moratoire sur le thon : Episode 3 – La revanche des sushis ?

⊆ mars 16th, 2010 | ≡ Topic: Articles, Japon | | ˜ Pas de commentaires »

Comme je vous l’expliquais le mois dernier, le thon rouge se rapproche dangereusement de l’extinction mais le Japon, principal consommateur au monde veut à tout prix éviter l’interdiction de sa pêche, et se dit même prêt à la poursuivre si un moratoire était voté.

Ce débat qui se déroule depuis plusieurs mois semble désormais dans sa dernière ligne droite. Samedi dernier s’ouvrait au Qatar la Convention internationale sur le commerce des espèces en danger de la faune et de la flore sauvages, aussi appelé CITES. Cette convention réunit près de 175 pays et il y sera question d’une proposition fait par Monaco : voter pour ou contre un moratoire, qui a pour but l’interdiction de la pêche du thon rouge sauvage en Atlantique et en Méditerranée.

Malheureusement pour lui, le Japon a perdu un allié de poids dans sa croisade diplomatique contre ce moratoire. En effet, mercredi dernier, les 27 membres de l’Union européenne ont décidé de voter en faveur de la proposition monégasque, alors qu’elle était contre depuis septembre dernier. Mais, sous la pression internationale, la France et l’Italie ont finalement cédé, en contre-partie d’une indemnisation compensatoire.

Avec l’UE et les Etats-Unis en faveur de l’interdiction, le challenge se corse donc pour le Japon, qui doit empêcher la formation d’une majorité des 2/3 sur la question. La diplomatie japonaise doit donc réussir à convaincre une cinquantaine de pays, en espérant l’abstention d’autres pays. Les émissaires nippons sont donc au travail en Afrique et en Amérique Latine mais on ne pouvait dénombre ce weekend que 30 pays en leur faveur.

En cas d’échec, de plus en plus probable, le Japon possède un stock de 20 700 tonnes du précieux poisson, lui permettant de couvrir les besoins de sa population pour environ une année. Comme je vous le détaillais le mois dernier, la solution alternative de l’élevage est bien sur exploitée et réalise de grand progrès depuis 2003, mais une chose est sure, le maki au thon rouge risque de se faire très rare sur les tables du monde entier… pour son propre bien.


mars 16th, 2010
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Scandales et trahisons : petites histoires de la politique japonaise – Épisode 1

⊆ mars 7th, 2010 | ≡ Topic: Articles, Japon, Politique | | ˜ 6 Commentaires »

Episode 1 : Ichirō Ozawa – Entre ombre et lumière

Pendant que la Japon tente de laver le déshonneur infligé par Toyota tout en voulant empêcher le moratoire sur le thon rouge, il doit également faire face à un grand classique gouvernemental nippon : le scandale de corruption. L’affaire des pots-de-vin entourant Ichiro Ozawa, exposé en place publique en Janvier dernier, a laissé des traces. Dans l’espoir de remporter les élections sénatoriales de l’été prochain, le parti au pouvoir, le Parti Démocrate Japonais ou PDJ, va devoir prendre des décisions. Entre un premier ministre et son encombrant mentor, entre le troisième homme le plus influent au monde juste derrière Barack Obama et une magistrature étrangement sur-motivée, et enfin entre la politique japonaise et son électorat une fois de plus déçu… il y a toute une histoire. Une histoire si représentative que cela méritait d’être raconté. En voici le premier épisode.

Au commencement, il y avait Ichirō Ozawa

En ce dimanche 30 Août 2009, un vent de changement souffle sur le Japon. Après 54 ans d’un règne quasi-ininterrompu, le Parti Libéral Démocrate (PLD), la droite conservatrice, perd la Chambre des députés au profit du Parti Démocrate Japonais (PDJ), une union centriste qui avait déjà la majorité au sénat. Les Japonais ont ainsi voulu sanctionner les excès de la politique libérale menée par le PLD au cours des dernières années, responsable selon eux de l’aggravation des disparités sociales, du chômage et de la précarité.

Le président du PDJ, Yukio Hatoyama, 62 ans, devient alors le premier ministre, et promet de nombreuses réformes, ainsi qu’une politique plus sociale. Mais Hatoyama n’est pas arrivé à ce poste seul, ou par hasard. Il a certes profité de l’impopularité de Taro Aso et de son parti, mais aussi – et surtout – des talents de tacticien d’un maître de la politique japonaise, Ichirō Ozawa, qui a bien failli être élu à sa place.

Ichirō Ozawa est né le 24 juin 1942, à Tokyo, et il est le fils d’un avocat et responsable politique de premier plan de l’après guerre, Saeki Ozawa, qui fut à plusieurs reprises ministre entre 1948 et 1954. C’est donc assez naturellement que le jeune Ozawa, à la mort de son père en 1968, entame sa carrière politique. Il connait son premier succès un an plus tard, en étant élu, à seulement 27 ans, à la Chambre des représentants pour le district sud d’Iwate (une préfecture de l’est du Japon). Pour tout ceux qui n’ont pas, comme moi, une licence en politique nippone, cette chambre détient une partie du pouvoir législatif au Japon. Ozawa est donc devenu, en raccourci, un député.

Il est réélu chaque année, quasiment toujours en tête de liste. Il croise alors le chemin de Kakuei Tanaka, une figure emblématique de la politique japonaise, décédé en 1993, mais encore extrêmement populaire à l’heure actuelle (photo ci-contre, où il est accueilli par Nixon à la Maison Blanche en 1973). Ichirō Ozawa dit même de lui, à titre posthume, « qu’il ne lui a pas seulement appris l’ABC de la politique, mais qu’il prit également soin de moi comme un réel père ».

Pendant les années 80, Ozawa monte une à une les marches du PLD et devient un jeune et populaire leader. Il devient ministre de l’intérieur et président de la Commission nationale de sécurité publique de 1985 à 1986. Ozawa se révéle durant les années 80 un redoutable négociateur. Il réussit à convaincre dans l’ombre l’opposition de voter une réforme fiscale mis en place par son gouvernement Il s’agit pourtant de lois des plus impopulaires qui aboutissent, entre autres, à la création d’une TVA sur certains bien et services en 1989. Ozawa traite également avec les américains pour obtenir différents contrats dans le domaine du bâtiment, des travaux publics et des télécommunications. Son succès provient de sa rupture avec l’attitude toujours réservée et, il faut le dire, un peu coincée, des hommes de pouvoir nippons de l’époque (enfin je dis « de l’époque » mais est-ce que ça a vraiment changé, rien n’est moins sur…). Ozawa n’attend pas de savoir si un accord est envisageable ou non ou de défendre bec et ongles ses positions, il part du postulat que le consensus est le but de toute négociation, et refuse toute discussion tant que ses interlocuteurs n’ont pas fait la preuve de leur désir de collaboration.

L’élève tente de remplacer le maître…

La diète, où siège la fameuse Chambre des représentants

Ozawa fait donc bien plus que ses preuves, sous la coupe bienveillante de Tanaka. Malheureusement, en 1983, ce dernier est contraint de se retirer progressivement de la scène politique à cause des accusations à son encontre dans l’affaire Lockheed, un scandale politico-financier de corruption des élites nippones, mêlant organisation criminelle, milieu des affaires japonais et la CIA. Un joyeux bazar qui mériterait quelques explications, mais disons plus simplement qu’il a conduit l’un des plus grands yakuzas de l’histoire, Yoshio Kodoma devant les tribunaux, et qu’il ne s’en ai jamais vraiment remis. Ce fut également la fin de la politique pour Tanaka.

De 1983 à 1987, il va donc progressivement laisser sa place et c’est une bataille enragée qui va s’en suivre, entre ses lieutenants. Ozawa manque de peu une place de secrétaire général du PLD en 1989, mais un scandale sexuel forcera son principal adversaire à la démission, et voici Ozawa, 47 ans, au sommet de sa gloire et de sa rapide ascension, et le voilà l’un des plus jeunes secrétaire général du parti au pouvoir.

Toujours aussi doué pour négocier, Ozawa réussi à convaincre l’actuel premier ministre, Toshiki Taifu, de dissoudre la Chambre des représentants pour des élections anticipées…alors que ce dernier y était au départ opposé. Dissoudre une chambre alors que son parti y est majoritaire peut paraître étrange, mais il faut bien comprendre qu’à l’époque, la domination du Parti Libéral Démocrate est telle que l’enjeu n’est pas de savoir qui de la gauche ou de la droite arrivera au pouvoir, mais qui, au sein des multiples factions du PLD, prendra les commandes.

Avec ses élections anticipées, Ozawa renforce sa réputation de fin négociateur, et prouve qu’il est un redoutable adversaire lorsqu’il s’agit de campagne électorale. Il parvient à renouveler le paysage politique et de nombreux libéraux-démocrates vont faire leur première apparition sur le devant de la scène. Le surnom d’« Enfants d’Ozawa » est inventé à cette occasion pour désigner cette nouvelle génération de parlementaires.

Réflexion, dissidence, et opposition

Ozawa, le tombeur du PLD et Hatoyama, l’actuel premier ministre

Malheureusement tous les poulains d’Ozawa ne réussissent pas à prendre le pouvoir, et l’entraîne parfois avec lui lors de leur défaite. Ainsi, il doit démissionner du secrétariat général du parti le 8 avril 1991, au lendemain de l’élection du gouverneur de Tōkyō qui a vu la défaite du candidat personnellement soutenu par Ozawa, Hisanori Isomura. C’est à cette époque qu’Ozawa commence à réfléchir sérieusement au renouvellement idéologique et structurel de son parti.

Il se déclare favorable à plusieurs réformes libérales, dans le style de celles que Margaret Tatcher avait mis en place dans les années 80, désire transformer l’image de sa faction politique, le Heiseikai, entachée par les scandales politico-financiers à répétitions. De plus, il milite activement pour que son pays pèse davantage sur la scène internationale, en désirant, notamment, une participation du Japon dans la première guerre du golfe. Enfin, pour son pays, il souhaite réduire la bureaucratie et renforcer le pouvoir du premier ministre. Mais les idées ne font pas tout, encore faut-il pouvoir réformer son propre camp avant de voir plus grand. Aussi lorsque son partenaire politique et dirigeant de l’Heiseikai, Shin Kanemaru, tombe pour corruption en 1992, sa faction est décapitée, et Ozawa échouera à en prendre le contrôle.

Ozawa et une quarantaine de parlementaire vont alors créer, en décembre 1992, leur propre groupe : le « Forum Réforme 21« , qui réserve une drôle de surprise à son ancien parti, le PLD, et lui vaudra bientôt le nom de « Tombeur du PLD »… mais ceci est une autre histoire, rendez-vous dans le prochain épisode !

Retrouvez les autres épisodes de cette première saga politique :

Épisode 1 : Ichirō Ozawa, entre ombre et lumière

Épisode 2 : Ozawa, le tombeur du PLD

Épisode 3 : Entre majorité et opposition

Épisode 4 : Le shōgun sort de l’ombre

Épisode 5 : Sale temps pour le shōgun


mars 7th, 2010
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Le thon rouge toujours menacé par le Japon

⊆ mars 5th, 2010 | ≡ Topic: Japon, News | | ˜ 1 Commentaire »

Je vous l’expliquait le mois dernier : le thon rouge est menacé, et pendant que son prix monte en flèche, des pays du monde entier réfléchissent à diminuer voire interdire sa pêche pour préserver l’espèce. Mais le Japon, le plus gros consommateur mondial, s’y refuse catégoriquement.

Le thon rouge est un mets de choix, et il est particulièrement recherché au Japon, où l’animal fait figure d’aliment culturel.

Aussi, quand quelques 175 pays doivent se prononcer sur 40 propositions, dont l’inscription du thon rouge sur la liste des espèces en danger, le vice-ministre japonais de l’Agriculture et de la Pêche, Masahiko Yamada, déclare que son pays ne se pliera pas à une interdiction totale du commerce international du thon rouge de l’Atlantique si elle est imposée.

La réunion de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) se tiendra du 13 au 25 mars à Doha, au Qatar. Monaco – soutenu par la Commission européenne et de nombreux pays européens – a proposé de protéger le thon rouge en l’inscrivant dans l’appendice I de la CITES. Mais sur 175 pays, une majorité des deux-tiers est nécessaire pour adopter la proposition. Le Japon va donc tout faire pour pour empêcher ce moratoire sur la pêche.

Que ce soit pour le thon ou la baleine, le Japon est décidément un pays de pêcheur très têtu…


mars 5th, 2010
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Kirsten Dunst en Sailor Moon : grand moment XD

⊆ février 26th, 2010 | ≡ Topic: Japon, Les clips sympas | | ˜ 6 Commentaires »

Ah que j’aime les gens qui ne se prennent pas au sérieux. Et lorsque ce sont des actrices qui pèsent lourd au box office c’est encore mieux !

Kirsten Dunst, la belle de Spider-Man ou encore Marie Antoinette vue par Coppola, peut aussi s’adonner au cosplay ! C’est sur une musique du groupe anglais The Vapors qu’on retrouve la demoiselle, dansant en habits de Sailor Moon dans les rues de Tokyo. Ce magnifique clip, intitulé Akihabara Majokko Princesse, est réalisé par le célèbre artiste Takashi Murakami, en collaboration avec McG (Charlie et ses drôles de dames, Terminator Renaissance) pour l’exposition « Pop Life: Art in a Material World » au Tate Modern Museum de Londres.

Je vous laisse maintenant profiter de la vidéo… i-nou-bli-a-ble ! XD

Source : Total Manga


février 26th, 2010
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Touche pas à mon thon !

⊆ février 14th, 2010 | ≡ Topic: Buisness, Japon | | ˜ 2 Commentaires »

Le Japon, le plus grand consommateur au thon du monde, fait tout pour éviter une interdiction totale du thon rouge, particulièrement menacé. Que ce soit en sushi ou en sashumi, Thunnus thynnus reste l’un de leurs mets préférés, et a toujours sa place dans les cartes les plus raffinées. Le Japon importe 80 % de la production mondiale, qui s’établissait à 43 000 tonnes en 2008, pour satisfaire les nombreux consommateurs. Et qui dit forte demande et pression internationale dit forcément hausse des prix. Résultat : le gouvernement nippon a beau stocker près de 25 000 tonnes mais n’a pas pu empêcher une hausse de 20 % entre janvier 2009 et 2010 du prix du thon au Japon.

Au Japon, les choses évoluent, mais doucement. Le gouvernement a demandé, en 2007, aux pêcheurs de relâcher les thons de moins de 2 kg. Pour 2010, il souhaite une réduction des quotas de prises de yokowa, les thons de moins de 20 kg, et une diminution des bateaux dédiés à la pèche au thon. En plus d’un travail en amont sur la pèche et les pécheurs, une éducation des consommateurs est aussi en marche. Ainsi, le quotidien conservateur Yomiuri a, dans un éditorial de novembre 2009, appelé la population à faire preuve de « retenue dans sa consommation pour continuer à pouvoir déguster du toro ».

Enfin d’autres études et efforts sont engagés dans l’unique solution de substitution : l’élevage en captivité. Mais cette option n’a rien d’aisée, car le thon a besoin de place, pour se déplacer en permanence à haute vitesse et emmagasiner suffisamment d’oxygène. De plus, pour rassasier ce gros mangeur, il faut lui fournir quotidiennement d’énormes quantités de sardines, harengs ou anchois. Enfin, le taux de survie des alvins est de seulement 0,4 %, une proportion que des chercheurs de l’université du Kinki ont réussi à porter à 6 %.

C’est cette situation déjà compliquée que le Japon souhaiterai pourtant voir perdurer. En octobre prochain, la Conférence internationale sur la biodiversité, prendra place sur l’archipel, et le Japon fera alors tout pour éviter que le thon rouge de l’Atlantique ne soit inscrit à l’annexe I de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES). Une telle décision, synonyme de moratoire sur son commerce, est proposée par Monaco et soutenue, depuis le 3 février, par la France. Elle pourrait être décidée en mars, lors de la conférence des parties de la CITES.

Face à une telle décision, même une demande de baisse de 38,6 % à 13 500 tonnes des quotas de prises pour 2010, parait un moindre mal pour Yuichiro Harada, de l’Organisation internationale de promotion d’une pêche responsable du thon : « Si nous voulons éviter une interdiction totale du commerce, reconnaît , la baisse des quotas est inévitable. » En contrepartie, le Japon souhaite une lutte renforcée contre la pêche illégale, en Méditerranée notamment.

Une bataille entre mode de consommation et intérêt économique, pour un poisson qui, pendant la période d’Edo (1603-1868), était pourtant considéré comme de mauvaise qualité, indigne des meilleures tables.


février 14th, 2010
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