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[Manga] Chronique ta PAL : des nouveautés comme s’il en pleuvait !

⊆ mai 14th, 2017 | ≡ Topic: Articles, Chroniques, Manga / Japanimation | | ˜ Pas de commentaires »

Le soleil a beau être en place depuis quelques semaines, c’est une pluie de nouvelles séries qui se propage jusqu’à ma pile de lecture. Déjà que j’étais en retard sur mars, les nombreuses sorties d’avril et celles à venir de mai m’ont décidé à m’y remettre, d’autant que vous me demandez de manière récurrente des petits avis pour vous lancer sur des nouveautés. Sur une inspiration de l’amie Gensensha, je me lance donc dans cet article évolutif, qui se remplira de chroniques jusqu’à la fin mai, voir au-delà, le temps que la PAL des nouveautés reprenne des proportions décentes. Toute nouvelle série qui n’a pas dépassé le tome 3, qui me tombe dans les mains d’ici là et qui sort du lot est donc destinée à ces chroniques !

PAL Manga Mai Paoru

Episode 2, le 14/05 : en cette mi-mai, il y a toujours des très bonnes choses à se mettre sous la dent. Ma PAL de nouveauté manga commence à reprendre forme humaine mais il y a encore beaucoup de bonnes choses à partager avec vous… En route pour 5 chroniques de nouveautés mangas ! Au programme : du bucolique en couleur avec un Coin de Ciel Bleu, la version manga de l’addictif Re : Zero, puis No GUNS LIFE, l’histoire de ce mec à tête de flingue entre City Hunter et Sin City. On termine avec deux beaux ouvrages issus de la collection Pika Graphic : le précieux recueil de nouvelles de Satoshi KON, Fossiles de rêves et enfin Musuem, ce thriller humide et inquiétant.

Un coin de ciel bleu

Un Coin de Ciel Bleu de TAKAMICHI – tome 1 chez nobi nobi ! : C’est la seconde fois que je vous parle de TAKAMICHI dans ces colonnes et c’est à nouveau pour en dire beaucoup de bien. Après Dédale, un manga d’aventure très enthousiasmant en deux volumes ( tout il est bien expliqué ici ), voici un changement complet d’univers et de format. Un-coin-de-ciel-bleu-1Premier tome d’une trilogie en couleur, Un coin de ciel bleu nous emmène à Aobato, un coin tranquille sur l’une des côtes du Japon (muarf, sacré moi, c’est tellement précis comme info ça, « une côte du Japon » !). Y vivent Haruka, Yuki et Misaki, trois amies inséparables, aux personnalités bien différentes. Balades en bord de mer, festivals d’été, découverte de la nature, chasse au hamster où énigme sur une paire de chaussettes, le quotidien de ces trois demoiselles ne manquent pas d’entrain et d’amusement !

En bref, voici donc un titre qui porte très bien son nom et dont la couleur apporte une réelle valeur ajoutée, grâce à un super mélange entre des tons tantôt pop, tantôt pastels. A mi-chemin entre un graphisme d’anime et le soin d’un recueil d’illustrations Un Coin de Ciel bleu est un plaisir des yeux et un moment de détente et de rigolade. Contées sous la forme de mini-récit qui font de 5 à 10 pages, les aventures des 3 jeunes filles sont toujours souriantes et bien ficelées, avec un sens de la chute voir du running gag qui vous donnera envie de partager ces petits moments loufoques avec vos amis : « lis ça tu vas voir, à un moment y a un pigeon qui fait ça, j’étais mort de rire« . Dans la lignée de la nouvelle collection de manga nobi nobi !, comme le manga de Flying Witch d’ailleurs, Un Coin de Ciel bleu est une histoire en tranches de vie légères et funs que l’on se peut passer de main en main, y compris aux néophytes du manga grâce à son sens de lecture français et à ses nombreux bonus en fin d’ouvrages sur les personnages, les faits culturels, etc. Pour partager manga & bonne humeur quoi !

Re : Zero Manga

Re : Zero, Re : life in a different world from zero de Daichi MATSUE & Tappeu NAGATSUKI (entre autres) – tomes 1 & 2 chez Ototo : Même si je me suis revenu à la japanime depuis 1 an, je reste assez sélectif et Re: Zero chez Crunchyroll fait partie des 2 – 3 séries que j’ai suivi sur plus d’une demi-saison. N’ayant pas été jusqu’au bout de l’anime pour autant, j’avais hâte de lire le manga pour revivre cette aventure au scénario ingénieux qui mélange boucles temporelles, personnages attachants et univers RPG.

Tout commence lorsque Subaru Natsuki, lycéen ordinaire, est transporté dans un autre monde, dont les codes du RPG à la FFIX nous mettent rapidement dans l’ambiance. Le seul soucis, pour Subaru, c’est que personne ne l’attend à l’arrivée et qu’il n’a pas gagné de pouvoir particulier à son arrivée dans cette nouvelle réalité. Il se fait même attaquer par des bandits et finit en mauvaise posture, mais il est sauvé par une belle et mystérieuse jeune femme, une semi-elfe, qu’il décide d’accompagner pour l’aider dans sa quête, et ainsi la remercier. Sauf qu’il échoue. Et qu’il meurt.

Tout commence lorsque Subaru Natsuki, lycéen ordinaire, est transporté dans un autre monde, dont les codes du RPG à la FFIX nous mettent rapidement dans… Oh mais attend ça me rappelle quelque chose ça !

Et oui, vous l’aurez peut-être compris, retour à la case départ pour Subaru qui se retrouve projeté au même moment et au même endroit, en pleine forme alors qu’il venait juste de se faire littéralement étriper par une sorcière aussi sadique que puissante. Ayant un minimum de suite dans les idées, Subaru part à la recherche de la demoiselle elfique pour l’aider, mais il est le seul à avoir fait ce bond dans le temps et sa seconde première journée dans ce monde ne va pas se dérouler aussi bien qu’il espérait. Il meurt à nouveau, une fois, puis une seconde, etc. Rien à faire, impossible d’éviter à ses nouvelles connaissances de et à lui-même de mourir dans de sanglantes circonstances.

À moins que…

Re : Zero - Le duel, souvent fatidique, du premier arc. © Daichi Matsuse2014 ©Tappei Nagatsuki2014 KADOKAWA CORPORATION

Re : Zero – Le duel, souvent fatidique, du premier arc. © Daichi Matsuse 2014 ©Tappei Nagatsuki 2014 KADOKAWA CORPORATION

Scénario et mise en scène sont donc les premières armes de cette série, et elles sont parfaitement valorisées dans ces deux premiers volumes. Il y a encore moins de temps mort que dans l’anime et les deux premiers tomes, qui constituent le premier arc de l’histoire, se lisent d’une traite. Les 5-6 personnages que l’on découvre dans les premiers chapitres sont bien travaillés et facilement identifiables  : l’humain qui débarque, la voleuse maligne et pleine d’énergie, l’héroïne semi-elfe, le mec balèze mais avec un bon fond, le chevalier qui brille de milles feux et la magicienne en décolleté à l’âme des plus noires. Entre ça et l’univers RPG on se sent tout de suite à la maison, et le bon scénario fait le reste. Essayez-le (un extrait ici, si vous voulez), et vous verrez, c’est addictif !

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No Guns Life, l’illustration bien classe et sexy

NO GUNS LIFE de Tasuku KARASUMA – tomes 2 & 3 chez Kana : J’ai été intrigué dès le départ par l’histoire de cet agent de l’ombre à la tête de flingue, cet extend comme on l’appelle dans la série, qui se charge de résoudre et de régler les crimes de ceux qui ont, comme lui, été transformé en hybride. Depuis la grande guerre – qui demeure encore un mystère, pour le moment – une gigantesque No Guns Life 3multinationale règne en maître sur la ville et Jûzô, c’est le nom de notre homme, doit gérer des extends qui deviennent fous voir meurtriers, mais qui se révèlent bien souvent victimes de la société dont le pouvoir et les ramifications semblent sans limite.

Alors que les humains « normaux » rejettent pour la plupart leurs congénères modifiés, les parquant dans les bas fonds de la ville, Jûzô est une vraie lanterne dans la nuit et son sens de la justice le rend de plus en plus charismatique au fil des pages : c’est qu’il en impose avec son énorme flingue, son look de bad boy en imper et sa détermination sans faille ! Ce vrai lonesome cowboy est d’une fidélité remarquable à ses clients, surtout dans ce monde pourri jusqu’au trognon : un vrai Ryô Saeba en somme. Différence à noter entre les deux chasseurs de primes : Jûzô est assez maladroit devant la gente féminine, d’autant qu’il est entouré de femmes aussi séduisantes que complexes, à la psychologie très bien travaillée. Loin de n’être que de simple faire-valoir elles tissent des liens très intéressants avec Jûzô, l’occasion d’ajouter pas mal d’humour avec un Jûzô souvent… désarmé !

Enfin, NO GUNS LIFE est aussi un superbe seinen d’action avec des phases de bastons cybernético-martiales très bien pensées et chorégraphiées, et avec des planches très impactantes, des angles de vues dynamiques et conférant aux personnages beaucoup de classe et d’envergure… Quand le mode berserk de Jûzô s’enclenche pour la première fois dans le tome 3, c’est juste noël pour les amateurs de bonnes bastons, de flingues et d’uppercut. Bref, cherchez pas, le nouveau manga badass, c’est NO GUNS LIFE !

fossiles de reves

Fossiles de rêves de Satoshi KON – Recueil one-shot chez Pika : On connait tous Satoshi KON pour ses animes mais c’est la seconde fois que je suis embarqué par ses récits sur papier, après Opus que j’avais déjà évoqué avec vous à l’été 2013. Ici c’est au format de nouvelles que je savoure les histoires inédites de ce regretté mangaka, de son style graphique et narratif rétro et très ancré dans les années 80, très souvent comparé à Katsuhiro OTOMO d’ailleurs, non pas sans raison.

Le premier récit, Sculpture, en lecture ci-dessus, évoque une population ostracisée en raison de ses supers pouvoirs et qui va se voir traquée par les autres humains qui veulent les utiliser pour… Ah je ne vous en dis pas plus mais voilà, c’est cruel à souhait, très ironique aussi. D’ailleurs, et c’est une des façons de KON se détacher nettement d’OTOMO, par l’ironie et l’humour, Pika Graphic-Fossiles De Revesainsi que son attachement aux loosers et aux causes perdues. Le tout accouche de récits uniques, très humains. La main du mangaka aime bien inventer des destins incongrus et assez farceurs, comme lorsqu’il donne une seconde chance à une équipe de baseball d’atteindre le Koshien alors qu’elle est pleine de grandes gueules et de rebelles qui n’ont absolument rien des héros qui volent vers la gloire et la victoire. Mais ils sont aussi plein de défauts que de bonne volonté, et leur capacité à tout faire PRESQUE tout échouer les rend attachants.

Autre coup du sort dans Les Kidnappeurs quand un sympathique voleur de camion vole celui d’un kidnappeur d’enfant – avec un enfant à bord forcément ! – ou dans  Les invités, quand une famille réalise son rêve de vivre dans une maison mais qu’elle s’obstine avec talent à ne pas voir les légions de fantômes qui y passent chaque jour.

Fossiles de rêves possède aussi la folie onirique si caractéristique de KON, car elle est pleine d’événements improbables, digne d’un autre plan d’existence, mais dont le lecteur ne cherche jamais à vérifier la cohérence tant les univers successif nous embarquent dans leur folie, qu’elle soit douce et légère comme le rodéo de dingue d’une petite mémé sur ton chariot d’hôpital ou plus froide et angoissante comme la tentative désespérée de deux ados pour détruire un centre de redressement très flippant. Un recueil de plus de 400 pages en grand format, le jour où vous aurez 22 euros, ça vaut le coup de se l’offrir !

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Museum de Ryôsuke TOMOE – tome 1 chez Pika : Autre titre de la collection Pika Graphic, une collection qui signe d’ailleurs une année 2017 de haute tenue, on se rapproche du niveau de Latitudes chez Ki-oon, pour peu que le catalogue s’étoffe encore un peu. D’ailleurs Museum, disponible au format classique ou dans ce grand format Pika Graphic gagne à être découvert dans cette seconde version. C’est certes plus onéreux (16 euros au lieu de 8) mais le nombre de chapitre est plus important – 13  contre 9 – y compris un chapitre bonus qui ne manque pas d’intérêt. Enfin c’est aussi le format qui a son importance car quoi de mieux pour s’immerger dans un thriller que de plonger dans un pavé de graaaandes pages avec des gros plans des plus intenses !

Mais je fais tout dans le désordre et je ne vous ai pas encore présenté cette histoire… Sur le site des éditions Pika voici ce que l’on nous dit : Une femme dévorée par des chiens, un homme découpé en petits morceaux… Une série de meurtres, un seul indice… une signature sur chaque scène, un petit message laconique, un verdict inscrit sur un papier. Le lieutenant Sawamura, secondé par le sergent Nishino, enquête mais manque cruellement de pistes. Et pour ne rien arranger, Sawamura n’arrive plus à joindre sa femme qui a quitté le domicile conjugal avec leur fils…

Voici aussi un extrait pour parfaire votre avis :

Un thriller palpitant au sein d’une police japonaise complètement dépassée et bureaucratique, et menée par un homme dont le mariage est parti en vrille à force de s’investir plus dans son boulot que dans famille. L’ambiance est donc des plus sombres et c’est une descente aux enfers très bien menée, très bien dosée aussi, qui attend le lieutenant Sawamura : le sens de chaque meurtre est étrange, le costume et les habitudes du meurtrier tout autant, les raisons derrière chaque crime forment un sac de nœud qui se démêlera tardivement, trop tardivement peut-être. L’homme grenouille qui se planque derrière les meurtres commence à dévoiler sa personnalité détraquée dans la seconde moitié de ce premier opus – on le déteste alors, complètement – mais son ego est au même niveau que l’organisation de son plan. Néanmoins, heureusement, ce dernier a des failles et Sawamura n’est pas un idiot. Mais que va-t-il pouvoir faire en ayant toujours un coup de retard et un système policier qui est un vrai boulet à son pied…

Ce premier pavé est donc un duel passionnant entre deux hommes pas très loin du bout du rouleau, et qui ont bien l’air décider à aller jusqu’au bout pour redonner un sens à leur vie. C’est diablement prenant !

Et voilà pour cette semaine ! La PAL contient encore 14 tomes donc il y a de bonnes chances qu’un nouvel épisode arrivent d’ici début juin. Et d’ici là, troisième et dernière interview éditeur sur le bilan manga 2016, avec une interlocutrice inédite au micro !

Dans les épisodes précédents…

Manga PAL Avril

Episode 1 : En cette fin avril, commençons avec 7 titres qui m’ont tapé dans l’œil. Il y a du fantastique et épouvante avec La petite Fille aux Allumettes, du MMORPG X Light novel avec Overlord, de la fantasy avec To your éternity, des émotions dans ton cœur à toi avec March comes in like a lion, un thriller ingénieux et haletant du nom de Man in the Window, de la mélancolie historique avec le Dernier envol du Papillon et enfin, en bonus, un one-shot BD avec Perséphone. Go go gooooo !

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La Petite Fille aux Allumettes de Sanami SUZUKI – tomes 1 & 2 chez Komikku : les visuels de couverture sont tentants : une ambiance sepia / crayonnée / vintage et une jeune fille dénuée de toute expression, beauuucoup plus fantomatique que la jeune danoise du conte  original dAndersen. Après avoir lu les deux premiers tomes du manga, sorti le 30 mars dernier, je confirme qu’il ne s’agit pas que de la couverture. Ce titre emprunte bien le visuel rétro des contes mais y ajoute deux éléments qui lui confère sa personnalité : un occultisme folklorique et un sens de la moralité souvent surprenant et assez savoureux, dans son côté arroseur arrosé. Pour éclairer vos lanternes, les deux premiers volumes sont des recueils de nouvelles où le personnage central est une vendeuse d’allumettes chimériques, du nom de Rin, qui vient donner vie à vos pensées  : « ce beau gosse m’énerve, j’ai envie qu’il schlingue comme la mort« , « elles mentent ! Je veux jeter un œil dans leur cœur !« , « je veux gagner sans faire le moindre effort« , « que quelqu’un parle à ma place et lui dise ses quatre vérités !« .

Autant de pulsions et de désir refoulés qui ne deviennent jamais réalité d’habitude, sauf si vous possédez la fameuse boite aux allumettes magiques et que vous vous laissez-aller à en craquer une. Chaque fois que le sort est jeté, la frustration disparaît : vous avez l’impression que le monde est devenu comme il devrait être, que vos problèmes ont disparu. Mais tel est pris qui croyait prendre et Sanami SUZUKI prend un malin plaisir à surprendre ses personnages par des conclusions très bien mises en scène : certaines sont surprenantes, d’autres sont des climax attendus, mais toutes sont un vrai plaisir à découvrir, à l’image des conclusions démoniaques (mais ici en plus soft) de certaines nouvelles d’Alfred Hitchcock ou d’Edgar Allan Poe.

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Néanmoins toutes les histoires ne sont pas pour autant lugubres et la dernière force de ces premiers chapitres est de proposer une alternance à la noirceur avec des récits pleins de tendresse et de poésie. Par exemple, en une quinzaine de page, le 10e chapitre conte une romance totalement improbable entre un rocher et une campanule : un joli moment qui surprend et touche par sa simplicité et sa justesse.

Si le recueil de nouvelles fantastiques n’est pas une première dans le monde du manga, il reste assez rare, et La Petite Fille aux Allumettes fait honneur au genre avec une identité graphique et scénaristique très séduisante. A 7.90€ le tome, 5 volumes déjà sortis au Japon et un rythme de deux itérations par an, voilà une série envoûtante que l’on pourra suivre tranquillement et sans se ruiner : à essayer !

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Overlord de Rugane MARUYAMA & Hugin MIYAMA (entre autres) – tomes 1 & 2 chez Ototo : En attendant le 3e tome de l’excellent Re: Monster, je ne boude pas mon plaisir à la lecture de Overlord, une adaptation de light novel qui nous place au sein d’un MMORPG où un joueur se retrouve coincé. Ce dernier y incarne un puissant guerrier du jeu mais cet univers vidéo-ludique doit un beau jour fermer ses portes… des deux cotés. Momongo, c’est son nom, nécromancien et maître de la guilde Ainz Ooal Gown a l’étrange surprise de se retrouver coincé dans le jeu, sans panneau de commande, et doit commencer à y vivre. Bien qu’il ait conservé ses pouvoirs, l’homme est cependant méfiant et patient : il a conscience de l’opportunité qui vient de lui être offerte, celle de devenir le plus puissant guerrier d’un monde tout ce qu’il y a de plus réel !

Après avoir pris ses marques dans le volume 1 et établi sa stratégie, il décide de sortir de sa forteresse dans ce second tomeet commence à mettre en place son plan : voilà quelqu’un d’intelligent et de méthodique, ça change un peu des têtes brûlées habituelles. Je ne sais pas si vous vous êtes demandés un jour ce que vous feriez si vous aviez une telle opportunité mais j’avoue que je m’y prendrai de la même façon, et c’est donc assez jouissif de voir où tout ceci va nous mener ! Tel un vrai joueur d’échec, Momongo a bien compris qu’il n’est pas forcément le seul dans son cas et qu’il peut exister des ennemis dont il doit se méfier, même s’il a à sa disposition des vassaux puissants et talentueux, totalement dévoués à sa cause. Sous les traits d’un chevalier de bas niveau, il se lance donc à la recherche d’éventuels compagnons et de monstres à affronter.

L’avantage avec les pouvoirs qui sont les siens, c’est qu’il n’est nul besoin de passer des heures à faire du level up et les assaillants qui le sous-estime s’en morde largement les doigts. Ajoutez-y quelques touches d’humour pour parachever le tout et on obtient donc une lecture tout à fait distrayante – qui plus est du côté des forces obscures, ça aussi ça change. On conseille donc Overlord à tous les amateurs du genre : profitez de la sortie du tome 3 le 19 mai prochain pour vous faire ce petit plaisir !

Pour les curieux, jetez un coup d’œil à la preview, ici, et sachez qu’il existe aussi un anime sorti en 2015 et disponible en streaming chez ADN (quelqu’un l’a vu ? Je suis preneur d’un avis !). Enfin le light novel himself sort en mai chez Ofelbe.

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To Your Eternity de Yoshitoki OIMA – tome 1 chez Pika : voilà une lecture que j’attendais et qui ne m’a pas déçu. OIMA, la mangaka de A Silent Voice est, surprise, une passionnée de fantasy et elle se lance donc dans son genre de prédilection, tout en insufflant dans son histoire de nouvelles questions sur la nature humaine. Le résultat est un tome 1 très enthousiasmant. To Your Eternity, c’est l’histoire d’un TO your eternity tome 1être immortel qui arrive sur Terre et qui prend successivement les formes de vie qu’il rencontre. Il croise d’abord un loup puis un jeune garçon vivant seul au milieu d’un paysage enneigé, abandonné après le départ de son clan. Ainsi commence un voyage fait d’expériences et de rencontres, de croyances, de morts et de vies dans un monde sans pitié…

En plus de sa profondeur philosophique envoûtante, sur la nature de la race humaine, le rapport à la dualité vie/mort et le lien à l’autre, To Your Eternity est avant tout un excellent manga, avec des décors sublimes, une faune et une flore impressionnante qui laisse le regard du lecteur se perdre dans l’immensité glacée ou qui se sent insignifiant face aux forces de la nature. Evidemment, OIMA oblige, les protagonistes sont intrigants dès la première page, qu’il soit remplis de doute, de peurs mais aussi d’innocence ou d’espoir, avec des combats intérieurs qui se lisent admirablement sur les visages. Une sensibilité propre à cette mangaka que l’on ait ravi de retrouver.

Enfin, à la lecture du premier tome, on trouve également des phases d’action, vives, entraînantes, et des moments plus propices à l’humour et à la fraîcheur avec March. Cette jeune enfant subit un destin assez cruel mais sa candeur et son énergie en font une véritable boule de lumière qui fait beaucoup de bien.

En résumé, on a vraiment hâte de lire la suite, qui arrive en juin, et de continuer le voyage de ce titre de haut niveau. C’est déjà un must have.

March comes in like a lion

March Comes in Like a lion de Chica UMINO – tome 1 à 3 chez Kana : depuis quelques semaines je tente de mettre en avant le titre, sur les réseaux sociaux, en parlant de l’anime, en confiant l’écriture un article complet aux rédacs de Journal du Japon ou en lançant un concours qui vient juste de s’achever. Il ne restait donc plus qu’à le plébisciter ici et, de toute façon, j’en parlerai sans doute encore lors de prochains volumes. Pourquoi ? Parce que cette série est un petit animal de lecture dont j’ai envie de prendre soinMarch_Comes_in_Like_a_Lion, car ce seinen et surtout ses personnages sont extrêmement fragiles et donc résolument attachants.

Pour ceux qui ne connaissent pas ou peu, résumé : Rei, 17 ans, est un joueur professionnel de Shogi (jeu d’échec version japonaise dont je vous ai déjà parlé ici). Mais Rei est aussi un adolescent meurtri par la mort de ses parents et de sa petite sœur. Alors qu’il vit une vie de solitaire, il fait la rencontre de trois sœurs qui vont lui redonner le goût à la vie. A leur contact il va petit à petit ouvrir les yeux sur lui-même et sur les personnes qu’il rencontre sur son chemin. Il s’ouvre au monde mais découvre aussi la difficulté du chemin qu’il a choisi de suivre.

Les trois premiers opus de la série ont donc posé toutes ses bases : le héros meurtri, les trois sœurs, leur salon et leurs chats, la famille d’adoption (un des gros – gros ! – nœud du problème) et le monde du shogi. Pour ce dernier, UMINO est aidée d’un joueur professionnel, mais n’en fait pas pour autant manga trop technique ou obnubilé par le sport qu’il évoque. De toute façon on connait tous 2,3 bases d’échec (la Tour qui va tout droit, le Fou en diagonale ou l’étrange Cavalier, etc.) donc on comprend les enjeux comme les grandes lignes de la partie : une attaque agressive ou sournoise, une défense imprenable, un coup mal placé sont autant de révélateurs des états psychologiques des joueurs et sont faciles à suivre.

Si le shogi est un peu plus en avant dans le tome 3 ce sont les personnages et leur quotidien qui ont su me séduire dans les deux volumes précédents. Il y aussi le contraste des ambiances dans lesquelles excelle la mangaka, entre la vie solitaire du héros et ce havre de paix que constitue la petite maison des trois sœurs. En plus de ces familles de gens blessés, de nouvelles relations se développent hors de ce cocon. Parfois amicales, parfois rivales… Parfois les deux aussi, ou même qui reste à définir. Elles enrichissent la palette sensorielle de la série, chacun ayant une personnalité unique et des sensations à fleur de peau, grâce à un chara-design qui fait des merveilles.

Vous l’aurez compris voici donc un manga à la fois subtil et intense, à la fois touchant et drôle… A la fois beau et triste, qui se déguste pendant de bons moments. Chaque tome vous prendra d’ailleurs pas mal de temps, je n’avais pas pris autant de temps à lire un opus depuis Bakuman je crois. Bref, j’espère qu’il fera le bonheur des éditions Kana, car il est réclamé à corps et à cris depuis plusieurs années en France, mais aucun éditeur n’avait jusqu’ici franchis le pas.

Ah j’oubliais si vous êtes plus anime que manga, foncez voir celui de la série diffusé par Wakanim, il est somptueux.

Man-in-the-Miror_AnnonceKioon

Man in the Window de Masatoki (scénario) & Anajiro (dessin) – tome 1 chez Ki-oon : La couverture du premier tome est intrigante et le manga l’est tout autant. Shuhei, 17 ans, reçoit un mot de la fille qu’il aime en secret, l’incitant à se rendre dans une petite ruelle et à frapper à un carreau. Le jeune homme, après quelques hésitations, s’exécute. Il tombe alors nez à nez avec lui-même, mais le lui-même de dans 3 ans, qui est le réel auteur de ce mot. Le portrait n’est guère flatteur : chambre sordide – une vraie poubelle – et un jeune homme mal rasé, blasé et sombre. Comment Shuhei, qui ambitionne de devenir médecin en rentrant dans la célèbre Université de Todai a bien pu Man in the Windowtourner si mal en seulement trois ans ? En tout cas, une porte s’est ouverte pour éviter le pire, y compris pour son moi futur : tout ce que le jeune Shuhei change se répercute sur la vie du Shuhei adulte ! Exit donc les futurs parallèles, bonjour les cause-conséquences de ouf : Tricher aux examens, gagner au loto, connaître le destin des gens avant eux… un avenir des plus attirants pour l’adolescent et une occasion unique d’effacer son passé pour le Shuhei raté !

Mais changer le destin ne semble pas si facile et toutes les vagues qu’ils provoquent ne parviennent pas vraiment à modifier durablement le sens du courant. Jouer avec les rouages de la causalité pourrait bien avoir un prix insoupçonné. Un récit diablement bien ficelé,  haletant même, se met en place car les deux Shuhei commencent à prendre de plus en plus de risques, persuadé de savoir où chaque action les mènera. Mais la moindre action peut avoir des conséquences désastreuses : amour, amitié, argent, réussite, famille, tout peut se mettre à changer très rapidement.

Le tome 1 joue en tout cas très bien avec une ambiance de plus en plus tendue car les informations de Shuhei adultes sont souvent partielles et on ne dispose jamais du tableau d’ensemble : à l’image du jeune Shuhei on navigue à vue dans cette manipulation du temps et les surprises donnent beaucoup de piment au récit, dans un engrenage qui semble diabolique, une vraie boite de Pandore. Cette histoire est annoncée en 3 tomes et ne devrait donc pas étirer son scénario en se reposant mollement sur une bonne idée de départ, et c’est un chouette thriller qui devrait bien plaire aux amateurs du genre.

Pour vous faire une idée : le trailer est là et les premières pages ici !

Le dernier envol du papillonLe dernier envol du Papillon de Kan TAKAHAMA, one-shot chez Glénat Manga : « A Maruyama, le quartier des plaisirs de Nagasaki, où les langues étrangères de mêlent aux échos lointains du shamisen, le passé d’une courtisane sans égale et d’un homme affligé d’une lourde maladie tissent dans les marges un récit d’amour et de mort. » Là c’est l’inverse, la couverture ne me faisait ni chaud ni froid, et je craignais une énième histoire de geisha. C’est donc une assez agréable surprise en ouvrant ce seinen grand format : joli chara-design, belle gestion des ombres et des volumes, un papier noir du début à la fin qui donne une ambiance sophistiquée et particulière à l’histoire : on a l’impression qu’il y fait presque toujours nuit, que tout y est plus ou moins caché, et cela renforce aussi le sentiment de tristesse qui se dégage de l’histoire elle-même.

L’histoire tourne donc autour d’une geisha, Kicho, de la maison close où elle exerce, de ce médecin hollandais qui partage son savoir mais en pince aussi pour elle et enfin de cet homme malade qui décline peu à peu. Le récit est assez envoûtant mais l’immersion se fait au fur et à mesure des pages, sans que l’on s’en rende vraiment compte.

Le récit est teinté de quelques détails du quotidien de cette époque, comme les échanges compliqués du Japon avec l’étranger à l’heure où il sort de isolement ou encore les avancées en médecine de l’époque. La vie de Kicho ne cherche donc pas à s’appuyer sur les clichés faciles des geishas, préférant plutôt mettre en avant une histoire assez personnelle bien installée dans son contexte, sonnant assez juste. C’est le destin d’une femme qui replonge de son plein gré dans une existence à deux facettes : secrète, sujet à l’envie et témoignant d’un certain « artisanat » mais en réalité souvent humiliante et dangereuse. En bref, un beau livre, une belle histoire, et une belle mélancolie sont les trois choses que l’on retient à la lecture du Dernier envol du Papillon. A essayer !

PerséphonePerséphone de Loïc Locatelli & Kournwsky, one-shot chez Delcourt : ce n’est pas la première fois que je reçois un bd autre que du manga, mais bien souvent je ne m’y retrouve pas à la lecture, pour des raisons narratives, graphiques ou autres. Perséphone est donc l’exception qui confirme la règle car, malgré un graphisme qui ne m’a pas enthousiasmé lors des premières pages (un chara-design aux allures de poupée en bois, notamment) j’ai fini par apprécier la colorisation et le crayon très présent en arrière plan qui confère une ambiance tantôt désuète, tantôt mystique… Ce qui colle au scénario qui m’a, lui, plu assez vite et qui reprend donc le mythe grecque de Perséphone (nul besoin de la connaître cela dit, je l’avais oublié et je ne l’ai relu qu’après la BD, pour voir).

Les six premières pages présentent le contexte : un double monde avec ce qu’il faut de drame et de mystère pour nous accrocher. Il y a Eleusis, monde de la surface assez prospère et Les Enfers, le monde sous-terrain. Les deux ont vécu ensemble avant de se déchirer dans une gigantesque guerre où un roi, devenu despote, est allé commettre l’irréparable en s’appropriant des pouvoirs interdits. Il a été vaincu et le passage entre les deux mondes fut fermé.

Le récit commence finalement 13 ans plus tard avec une jeune fille, Perséphone donc, qui est la fille adoptive de la légendaire Déméter, grande figure de l’ancienne guerre (et Hadès aussi sera de la partie, mythologie oblige). Perséphone a du mal à assumer ce qu’on attend d’elle en tant que « fille de », censée avoir de grands pouvoirs par descendance, mais sa mère refuse de révéler le secret de son adoption. Jusqu’au jour où un banal voyage scolaire précipite tout, et voilà Perséphone rendue au monde des enfers, en route vers son passé, puis vers son destin. Des personnages sympathiques et expressifs, un univers bien retravaillé et une histoire remarquablement menée en si peu de pages : Perséphone est un chouette moment de lecture. Si vous ajoutez l’édition de Delcourt qui est plutôt réussie c’est donc une bonne idée de cadeau BD à faire (ou à se faire), surtout si vous avez envie de changer des lectures habituelles !

Voilà pour cette première vague de chroniques, et il y en aura probablement deux autres à suivre courant mai. A venir également deux interviews éditeurs, parties en validation chez les interviewé(e)s. L’une d’entre elles est un classique, l’autres est inédite, je vous laisse deviner et je vous dit à la prochaine…

Bonnes lectures à toutes et tous, partagez vos découvertes en commentaire ou sur les réseaux sociaux 😉

PS : si vous cherchez d’autres chroniques mangas, j’en profite pour vous glisser un petit lien de deux amies qui font ça aussi très bien, via Twitter, sous le #chroniqueTaPAL


mai 14th, 2017
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Rentrée manga 2016 : un bilan des nouveautés

⊆ octobre 2nd, 2016 | ≡ Topic: Chroniques, Manga, Manga / Japanimation | | ˜ 1 Commentaire »

En ce premier weekend d’octobre, il est temps de faire un petit bilan sur les nouveautés manga de la rentrée : avec 15-20 tomes 1 en août et le double en septembre, c’est une cinquantaine de nouveautés qui ont inondé les librairies. J’en retiens 5 pour le moment. J’ai totalement flashé sur Golden Kamui et j’ai tenté de vous convaincre de l’essayer dans les colonnes de Journal du Japon, mais d’autres titres méritent aussi votre attention et je vous présente aujourd’hui les 4 plus convaincants : Springald chez Ki-oon, Rouge Eclipse chez Akata, Wizard’s Soul chez Doki-Doki et SK8R’S chez Kana.

En route pour ces chroniques… Bonnes lectures à toutes et tous !

springald-ki-oonSpringald de Kazuhiro FUJITA chez Ki-oon : je vais peut-être me faire taper sur les doigts en disant ça, mais je ne suis pas forcément un grand fan de FUJITA. En effet, le monsieur est connu dans l’hexagone pour ses shônens même s’ils peinent à bien se vendre : Ushio et Tora, Karakuri Circus, Moonlight Act, c’est lui. Cependant, nous sommes aujourd’hui dans un cas de figure un peu différent puisque Springald ne nous vient pas des pages du Shônen Sunday comme les autres, mais du Morning de chez Kodansha, un magazine qu’on aime tous je pense, vu qu’il a vu passer Billy Bat, Space Brothers, Vagabond, Cesare, Les Gouttes de Dieu et j’en passe…

Voici donc un seinen, one-shot de 248 pages, inspiré d’un personnage célèbre de la littérature anglaise, Spring-Heeled Jack alias Jack Talons-à-Ressort. Nous sommes à Londres dans sa célèbre époque victorienne, dans la première moitié du XIXe pour être plus précis. L’essor économique et la révolution industrielle en sont à leurs débuts et les 2 millions d’habitants de la capitale ne connaissent pas encore des nuits paisibles : éclairage public pas vraiment efficace voire absent, police municipale naissante et centre ville qui fourmille de différentes populations issues d’un exode rural forcé et synonyme de misère. Un terreau pour le crime, la boisson et des nuits qui ne sont donc pas vraiment sûres.

C’est justement un soir de novembre 1837 que le fameux Jack fait son apparition, arrachant les vêtements d’une jeune serveuse mais finissant par s’enfuir dans un rire sardonique, se gaudissant de ses victimes. La légende naît ainsi et Kazuhiro FUJITA a visiblement pris beaucoup de plaisir à nous la raconter. Son Jack est un personnage aussi farceur que terrifiant, imprévisible et fantasque, bondissant d’un toit de tuiles à l’autre, crachant des flammes bleues et rigolant de ses propres mauvais tours. C’est un méchant qu’on aime tout de suite, un monstre-qui-n’en-est-pas-vraiment-un, celui qui peut effrayer les plus petits mais dont on aimerait revêtir le costume une fois plus âgé, car il est synonyme de liberté et d’amusement sans conséquence.

Evidemment, Jack se découvre rapidement un adversaire à sa hauteur en la personne de l’inspecteur James Rockenfield, impulsif mais observateur, qui comprend rapidement qui se cache derrière le célèbre Jack. Néanmoins le véritable ennemi de notre monstre à ressort, dans l’histoire de FUJITA, pourrait bien être une troisième personne. Après trois ans sans méfait, la légende est en effet de retour mais elle ne se contente plus de dénuder les femmes : elle les tue !

Pourquoi ? Comment ? Qui ? L’enquête et les courses poursuites sont passionnantes à suivre et trimbalent avec elle des rivalités et des amours qui donnent beaucoup de sel à l’histoire. Le trait de FUJITA prend les allures d’un conte de Burton pour sa folie sans conséquence, tandis que la gouvernante évoquera des souvenirs aux fans d’Emma. Cerise sur le gâteau : les interludes entre chapitres vont ravir les plus curieux et amateurs d’histoire car Katsuo JINKA, spécialiste des légendes urbaines londoniennes dont le livre London no Kaiki Densetsu est à l’origine de Springald, a accepté d’écrire des notices explicatives pour placer le contexte historique, social et culturel de notre fameux Jack, de l’essor du Londres industriel aux débuts de Scotland Yard…

Cette Histoire dans l’histoire est passionnante et finit d’enrichir ce one-shot qui était déjà réussi, pour en faire une petite pépite. Pépite sur le fond comme dans la forme d’ailleurs, puisque les éditions Ki-oon publient l’ouvrage avec une belle couverture, dans un papier agréable à manipuler, et qu’ils ont confié la traduction à Sébastien Ludmann dont on a pu apprécier le travail sur Cesare, Kasane, Ad Astra, … Le traducteur aligne ici le langage sur l’ambiance vieillotte du titre (tant par l’époque que par son visuel) en utilisant par petites touches quelques termes ou expressions françaises désuètes. Le soucis du détail qui fait plaisir à la lecture.

J’aurais pu faire un article complet sur ce manga mais je pense – j’espère ! –  que j’en ai assez dit pour vous convaincre de vous faire un petit plaisir en vous offrant Springald, premier opus d’une nouvelle collection dark fantasy, développée avec les éditions Kodansha sous le nom de « Black Museum », dont on attend des nouvelles le plus rapidement possible !

rouge-eclipse-1_0Rouge Éclipse #1  de Shiki KAWABATAchez Akata :  du shôjo comme j’aime car du shôjo assez surprenant, qui ne se repose pas uniquement sur sa pointe de fantastique pour ensuite dérouler une énième romance. Le fantastique en question c’est un échange de corps : celui d’Ayumi, lycéenne parfaitement ordinaire mais enchantée car le garçon qu’elle aime veut sortir avec elle, et Zenko, une impopulaire et peu avenante camarade qui se suicide un soir de lune rouge sous les yeux d’Ayumi.

Zenko ne meurt pas, mais la jolie devient donc la moche, et vice versa. Rien de nouveau ? Et bien si, car on comprend rapidement que rien ne va se dérouler comme prévu pour le lecteur. La mangaka va marcher sur les codes narratifs habituels et déjouer les attentes, en faisant de ses personnages des gens beaucoup moins naïfs et prévisibles que d’habitude. Zenko, l’ancienne impopulaire, devient la pire des pestes dans la peau d’Ayumi : comme si ce qu’elle vient de faire ne suffisait pas – ça à la limite on comprend pourquoi elle veut changer de corps et de vie – elle va chercher à détruire psychologiquement la nouvelle occupante de son ancien corps, lui faire subir ce qu’elle a vécu dans son ancienne vie. Elle veut qu’elle souffre.

Mais l’entourage fini par avoir des doutes et ne se laisse pas si facilement manipuler par la nouvelle Ayumi. Mais il s’en faut de peu : comme dans la réalité, nous basons souvent notre jugement sur les apparences et les vraisemblances les plus simples, et en découle les drames parfois longuets des shôjos habituels. Heureusement pour le lecteur dans Rouge Eclipse il y a Kaga, amoureux en secret d’Ayumi. Ce dernier comprend que celle qu’il aime a changé du jour au lendemain tandis que la fameuse Zenko lui rappelle fortement quelqu’un. Kaga étant un garçon respecté, il met les pieds dans le plat pour empêcher que les amies d’Ayumi accusent à tort la nouvelle Zenko qui, seule, a bien du mal à digérer et gérer sa nouvelle vie. La vengeance de la nouvelle Ayumi, qui a pourtant toutes les cartes en main, n’est finalement pas jouée d’avance. Elle se retourne même, par moment, contre elle…

Mais les rebondissements viennent aussi d’autres personnages, notamment du fameux petit ami que j’évoquais au tout début, et c’est un véritable bal de dupes qui se tient dans ce premier volume, enveloppé dans un chara-design qui joue justement sur ces transformations des âmes, sur ces révélations de la noirceur humaine derrière un écrin pourtant charmant. Les twists et les changements d’ambiance en deviennent d’autant plus saisissants et font souvent mouche. La série compte seulement quatre volumes et ce premier opus se lit d’une traite, donc rendez-vous en tout cas le 13 octobre pour le second tome, ou allez faire un tour sur le site d’Akata pour y lire la preview !

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Wizard’s Soul #1 & 2  de aki eda chez Doki-Doki :  lui c’est la surprise du lot. À mi-parcours du premier tome j’ai même failli lâcher la lecture, car on ne sait pas trop où l’on va et le tramage / encrage de la mangaka n’est pas du tout ma tasse de thé et donne un rendu cheap (ou alors c’est un mauvais choix de papier, j’avoue que je botte en touche là dessus). Bref, c’était donc mal engagé. Pourtant, deux jours plus tard, je refermais le tome deux en ayant envie de lire la suite de cette  série qui en compte quatre. L’héroïne et son histoire des plus déprimantes, la pauvre, m’ont séduit.

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Le récit évolue dans un monde semblable au notre mais où un jeu de cartes du nom de Wizard’s Soul est omniprésent.. Toutes les générations  y jouent et le jeu peut même faire évoluer votre valeur aux yeux des autres : un bon niveau pourra vous aider à entrer dans un lycée réputé ou à devenir riche par exemple.

Malheureusement la jeune Manaka a un rapport des plus compliqués avec ce jeu. Son père sans emploi a perdu énormément d’argent après plusieurs défaites et le petit boulot de notre lycéenne ne sera pas suffisant pour éponger les dettes. Elle se retrouve obligée de dévoiler son véritable talent à Wizard’s Soul, la replongeant dans un passé des plus tristes : sa mère aujourd’hui décédée d’une longue maladie a été obsédée par ce jeu durant des années, et possédait un deck des plus morbides. Sa fille, obligée de jouer contre sa mère à chacune de ses visites à l’hôpital, s’était persuadée au fur et à mesure des années qu’elle devait à tout prix vaincre ce jeu funeste et que, si elle y parvenait, la mort qui rodait de plus en plus près de sa mère finirait par partir… qu’elle retrouverait la santé.

Ainsi Manaka est devenue une adversaire redoutable mais elle a développé une façon de jouer des plus antipathiques, car seule la victoire comptait. Malheureusement elle n’a jamais réussi à gagner contre sa mère, aujourd’hui décédée, et c’est avec ce jeu qui la rend totalement impopulaire qu’elle va devoir remporter des compétitions, pour solder les erreurs de son père.

Wizard's Soul

Wizard’s Soul reprend donc le concept du manga – jeu de cartes qu’on a pu connaître dans Yu Gi Ô mais avec un angle seinen beaucoup plus sombre, sans pour autant mettre de coté tout l’intérêt que peut avoir la complexité d’un jeu de carte. En plus du contexte qui nous lie progressivement à l’héroïne par compassion, on suit avec intérêt les différents types de stratégies développées par Manaka et ses adversaires : il y a les les fans d’elfes, de vampires ou de divinités, les bourrins, les défensifs, les attentifs qui savent s’adapter, ceux qui tentent de jouer avec panache, etc. Le tout se mixe avec quelques soucis typiques de l’adolescence comme une histoire d’amour et quelques jalousies, et on se prend, c’est le cas de le dire, au jeu ! A essayer, en lisant la preview au moins, vous serez peut-être agréablement surpris comme votre serviteur !


sk8ters 1SK8R’S
 #1 de Hajime TOJITSUKI chez Kana :
 J’ai commencé par un coup de cœur, je finis par un autre avec ce manga qui parle de… skaters, vous l’aurez compris au titre. Je ne pratique pas le sport moi-même car j’ai un sens de l’équilibre des plus catastrophiques (un chocobo sur skate de toute façon, vous imaginez ?!) mais j’ai été complètement subjugué par ce que font les héros de ce manga.

À la base, on suit l’histoire du jeune Akio, 10 ans, qui habite dans une petite ville anonyme, quelque part au Japon. Un jour, alors qu’il rentre de l’école, il tombe sur un virtuose du skateboard au look unique : l’homme semble flotter dans les airs… Akio veut faire pareil ! Baptisé « Prof« , notre inconnu va lui apprendre les bases du skate pendant quelques jours, avant de devoir quitter le Japon. Mais maintenant qu’Akio a appris à se libérer de la pesanteur, impossible d’abandonner et il va s’entraîner sans relâche, tout en cachant sa nouvelle passion à sa mère et sa sœur, qui voient d’un mauvais œil ce sport dangereux et les personnes au look étrange qui s’y adonnent.

Le temps passe et Akio, qui pratiquait le skate en solitaire, fait la connaissance de Fukusuke, qui vient de rentrer au Japon après avoir vécu à San Francisco. Fan de skate et doté d’une sacré culture en la matière, Fukusuke devient rapidement pote avec Akio et c’est le début d’une longue amitié entre les deux garçons, qui nous emmène encore quelques années plus tard, au lycée. Akio est devenu plutôt doué et lorsque Fukusuke commence à filmer ses performances pour les poster en ligne, c’est là que commence une nouvelle aventure et de nouvelles rencontres.

Ce manga commence donc par la naissance d’une passion, qui prend dés le début racine dans les tripes et dans les rêves du petit Akio. Mais cette passion est en dehors des modes : le jeune homme ne s’amourache pas d’un jeu populaire, il ne part pas à l’aventure pour sauver le monde ou son prochain… Il fait le truc qu’il kiffe, dans son coin, et ça lui suffit. Il voit dès le départ son sport favori comme un art à part entière, avec une poésie assez cool qui contamine rapidement le lecteur. Il faut dire que Prof, immense baraque hyper classe avec ses dreadlocks en impose avec son talent, et sa joie de vivre séduirait n’importe qui. Enfin Akio n’est pas un simple fan des grands skaters : il a sa petite fierté et veut un jour rivaliser avec son mentor, lui promettant d’être un jour, lui aussi, en couverture d’un magasine spécialisé sur le sujet. Moi qui suit plus souvent attiré par les personnages secondaires j’apprécie donc pour une fois celui qui est au centre de l’histoire autant que les autres. Un bon point.

Ainsi cette rencontre avec le skate, qui tient un peu de la destinée pour Akio, est des plus séduisantes. La mangaka fait tout ce qu’il faut pour que le lecteur reste ébahi par les figures qui défilent : on comprend que chacune a été étudiée et décortiquée avec soin, du positionnement sur la planche à l’angle de caméra choisi pour donner l’amplitude optimale au mouvement… quitte à ajouter un petit effet de style en jouant avec les perspectives. Ajoutez-y des superbes lignes de force qui dynamise le tout avec brio, et voilà donc des tricks et des rides qui en jettent ! Je n’ai pas encore eu de retour de skaters sur ce premier volume mais je peux vous dire que sur un néophyte comme moi, ça a un effet bœuf.

Je pourrais continuer de vous parler de SK8R’S mais j’en garde sous le coude pour les prochains volumes : la série compte actuellement 3 tomes au Japon et le second volume sort chez nous début décembre… On en reparlera à coup sûr !

Et voilà pour ces lectures… De tous ces titres et d’autres, il en est question, en images et commentaires, sur les réseaux sociaux comme Instagram, Facebook ou Twitter pour des impressions post-lecture à chaud. Rendez-vous au prochain épisode !


octobre 2nd, 2016
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Chroniques manga : 7 nouveautés à essayer pour finir le mois de mai !

⊆ mai 17th, 2016 | ≡ Topic: Articles, Chroniques, Chroniques of the week, Manga, Manga / Japanimation | | ˜ Pas de commentaires »

Chroniques manga mai

Après des fins de séries le mois dernier, chose promise chose due, voici de la nouveauté ! Ce n’est pas ce qui manque et c’est plus d’une vingtaine de tomes 1 qui me sont passés entre les mains ces dernières semaines. J’en ai gardé 7. Au sommaire : de la fantasy avec Drakengard et Gate, de l’historique avec Divci Valka, du shônen étonnamment bien avec le recueil de l’auteur de Seven Deadly Sins. Il y aura aussi du shôjo kodomo très bien trouvé par Glénat, avec 12 ans, du seinen très intéressant pour les curieux de l’édition, avec Bienvenue chez Protect, et enfin un ovni – et ce n’est rien de le dire – publié par Casterman et signé Hiroaki  l’habitant de l’infini  SAMURA : Halcyon Lunch.

Allez trêve de blablas, c’est parti pour les chroniques… Bonnes lectures à toutes et tous !

Fantasyyyy and hiiistoryyyyyyyyy

Allez cher lecteur, dis-moi que tu as cliqué sur la note de musique et que tu chantes avec moi sur cette playlist ! Bon, sinon, tant pis pour toi, et passons aux trois premiers titres qui mélangent de la fantasy plus ou moins dark et une dose d’Histoire assez passionnante.


Gate tome 1Gate, Au-delà de la porte #1 & 2
de Satoru SAO et Takumi YANAI chez Ototo : on commence par une bonne surprise. En effet ce seinen fourre-tout mélangeant guerre et fantasy ne paie pas de mine, car le graphisme de Satoru SAO est des plus classiques avec son chara-design tout droit sorti des années 80-90, entre Dragon Quest et Slayers pour les habitués du genre. Ça donne un petit coté old school et un peu de charme à l’univers pour les nostalgiques, car ce style de dessin se mélange bien aux codes de la fantasy avec ses chevaliers, ses magiciens, ses démons, elfes, etc.. Néanmoins, lors des premiers chapitres, ça donne des personnages très lambdas, qui sont loin d’enchanter le lecteur.

Ce n’est pas pour rien qu’Ototo a publié les deux premiers volumes ensemble, car il faut attendre un bon demi-tome avant que la mayonnaise ne prenne. Comme je le disais plus haut c’est l’univers, ou plutôt l’affrontement de deux univers très différents, qui va donner du sel à cette histoire. Tiens, d’ailleurs, je m’aperçois que je nous vous ai pas encore donné le pitch. Le voici : 20xx, un été dans le quartier de Ginza en plein cœur de Tokyo. Une mystérieuse porte donnant sur un monde parallèle apparaît brusquement. De celle-ci surgissent des monstres et des soldats d’un autre temps. Les Forces japonaises d’autodéfense, les FJA, interviennent et s’installent ensuite dans cet autre monde pour y entreprendre une mission d’exploration…

Vous pouvez lire un extrait sur le site de Ototo également.

Gate tome 2Deux mondes se confrontent donc, celui des forces militaires japonaises avec tout l’équipement moderne et les connaissances tactiques nécessaires, et une armée impériale à l’ancienne faite de soldats en armures, d’archers, d’elfes et de quelques créatures fantastiques comme des orcs et des dragons. Une fois passée la surprise – et le massacre de centaines de badauds qui se baladaient tranquillement à Ginza – les forces japonaises ripostent… et vont mettre quelques sévères raclées aux armées impériales du camp d’en face. Ils ont beau venir par dizaines ou centaines de milliers avec les meilleures lames et les meilleurs destriers, comment voulez-vous que ces soldats qu’un autre temps l’emportent face à une batterie de missile, des mitrailleuses, des grenades, des chars et des hélicos… On se demande donc qui, au sein de ce nouveau Monde, a choisi de faire apparaître cette porte menant sur notre Terre du 21e siècle, tant les premiers échecs sont cuisants.

Vu qu’il suffit d’un bazooka pour faire match nul avec un dragon cracheur de feu, les escadrons nippons envoyés en repérage au delà de la porte vont rapidement devenir des légendes et les nouveaux dieux de la guerre. Cela dit, on comprend quand même assez vite que, dans cette contrée moyen-âgeuse, tous ne sont pas des idiots et qu’il y a encore des puissances démoniaques mystérieuses qui ne sont pas sorties de l’ombre pour prendre part au combat. Idem du coté de notre Monde : l’accès à ce nouvel univers attise les convoitises et les autres pays comme la Chine et les Etats Unis sont impatients de ramasser le pactole de cette potentielle conquête. Tout est donc loin d’être joué et on finit par être assez curieux des prochains rounds.

Enfin, au delà de ce choc des civilisations inter-dimensionnel qui mélange action, tactiques de guerres et politique internationale, on profite aussi de situations assez comiques. En effet, le titre a le bon gout de ne pas trop se prendre au sérieux et joue des nombreux quiproquos possibles sur la rencontre de ces populations, et met pour cela, à la tête des forces humaines, un otaku fort sympathique. Si cette adaptation en manga de light novel n’a donc pas grand chose à voir avec Spice & Wolf ou Fate / Zero, elle n’en n’est pas pour autant dénuée de nombreux atouts… Au bout de deux tomes, me voilà tombé sous le charme !


Drakengard tome 1Drakengard, Destinées écarlates #1  
de Jun EISHIMA, ZET et Taro YOKO chez Kurokawa : de la dark fantasy sans retenue avec sa dose de sang et de sexe (et pour les moins de 16 ans, donc), ce n’est pas si souvent dans les mangas et c’est assez récréatif, surtout avec un chouette coup de crayon. Cette adaptation de la licence vidéo-ludique Drakengard, surtout de l’épisode RPG sur PS3 , nous conte les aventures d’un beau et sombre guerrier, One, capable d’invoquer un dragon. Il est accompagné par Nero, elfe frivole qui aime autant jouer de l’arbalète que… de l’arbalète. Leur but : tuer tous ceux atteints de la maladie de l’œil rouge et détruire l’église des anges.

Dans le domaine de la Dark Fantasy, les challengers sont peu nombreux donc on accueille celui-ci avec plaisir. Il permettra aux fans du genre de patienter entre deux tomes de The Arms Peddler ou d’Übel Blatt. C’est plutôt de ce second que Drakengard se rapproche d’ailleurs avec elfes, dragon, magie et monstres. Néanmoins, avec une histoire qui va se terminer en seulement trois volumes, le scénario ne prendra sans doute pas une ampleur folle. Du côté des personnages, les mangakas ont eu le bon goût de se limiter principalement aux deux héros, dont la personnalité est rapidement limpide, autant par leurs actes que grâce à leur chara-design bien pensé. Si le récit ne s’éparpille pas trop on peut donc espérer un manga qui tient bien la route, en plus du plaisir des yeux sus-cités et d’une bonne dose d’action qui laisse peu de temps mort au titre. De la dark fantasy correctement ficelée, pour ceux qui aiment quoi !

divci-valka-1-komikku
Divci Valka  
de Kouichi OHNISHI chez Komikku : et un nouveau titre historique, un ! Après les combats normands au XIVe siècle dans Hawkwood chez Doki-Doki, on reste quasiment à la même époque mais on s’envole à Prague pour, devinez quoi, une guerre de religion !

Tout commence en 1415, en plein cœur du Saint-Empire Romain Germanique, quand un théologien du nom de Jan Hus finit sur le bûcher pour avoir proclamé haut et fort la corruption de l’église et les malversations du pape de Pise, Jean XXIII. Il faut dire qu’avant de finir rôti sur la place public pour hérésie, Jan Hus avait de plus en plus de partisans, et le futur Roi du Saint-Empire, Sigismond, devait gérer une crise de l’église qui dure depuis pas loin de 40 ans et qui met un sacré bazar en Europe, avec plusieurs papes et plusieurs courants religieux qui se déchirent et qui affaiblissent le pouvoir global des religieux (ça s’appelle le Grand Schisme d’Occident pour les plus curieux). Bref, ce n’était pas vraiment le moment qu’un théologien viennent rajouter une couche de défiance par là dessus. Donc, hop, au bûcher !

Le soucis c’est qu’en brûlant un homme aimé, on en fait un martyr et on pousse des peuples à se révolter. Les partisans de Hus, les hussites, finissent donc par s’opposer aux catholiques bien plus frontalement que dans un simple débat d’idées : en 1419, 4 ans après la soirée barbecue avec l’ami Jan, on atteint le point de rupture. Un autre Jan, Jan Zelivsky, grand prêtre hussite, mène une attaque en plein Prague avec quelques fidèles et ils tuent des conseillers catholiques en les balançant par les fenêtres. Simple et efficace, ça. Une défenestration à un méchoui partout. Mais le nouveau Pape censé unifier la chrétienté, Martin V, et ce cher Roi Sigismond le prennent assez mal (susceptibles hein ?) et ils partent donc en guerre contre les hussites. Voilà le contexte de cette histoire qui nous fait vivre l’embrasement de cette région que l’on connait sous le nom de Bohême, et qui correspond à l’actuelle république Tchèque.

Le manga débute en 1420 quand l’armée du Roi débute son éradication des hussites. Une jeune fille du nom de Sarka s’avère la seule survivante du massacre de son village et elle va croiser la route de Jan Zizka, chef de guerre hussite et personnage historique qui sera le fer de lance de l’armée hussite dans la guerre qui s’annonce. Il fera de cette survivante un symbole pour motiver les troupes et enclencher la revanche.

divci valka

© Kouichi Ohnishi 2013 / Futabasha Publishers Ltd.

On suit donc une révolte du peuple – l’armée de Zizka étant constitué de paysans – et le mangaka choisir de donner une place prépondérante aux femmes dans son récit… d’où le titre Divci Valka que l’on peut traduire par « la guerre des filles » en VF (d’où le sous-titre la guerre des pucelles, aussi). Ce titre s’inspire d’ailleurs d’une veille légende Tchèque du VIIIe siècle qui mélange une armée féminine d’amazones et la fondation de Prague (et du peuple Tchèque au passage). Le mangaka superpose cette légende au conflit des hussites et confie aux femmes une arme encore nouvelle à cette époque, mais qui va peu à peu faire ses preuves : le pist’ala ou flûte en slave, qui deviendra le bien connu pistolet. Comme vous pouvez le constater on apprend plein de choses dès ce premier tome, aussi bien dans le récit, qui n’est pas avare pour autant en scène d’action, que dans les captivants bonus en fin d’ouvrage qui s’intéressent autant aux faits historiques qu’au folklore et aux populations de l’époque.

Un titre qui rappelle donc Wolfsmund, pour son monde cruel et sans pitié et ses inspirations historiques et folkloriques, mais qui s’en écarte par un graphisme un ton en-dessous et un chara-design plus (trop ?) juvénile. Malgré cet aspect visuel comme petit point faible, on obtient un bon premier volume dans lequel on se plonge rapidement. La série compte actuellement six tomes au Japon et elle est toujours en cours, de quoi développer aussi bien les personnages que le récit, ce qui nous promet le meilleur… On en reparlera très certainement dans ces colonnes. Rendez-vous à Japan Expo pour le tome 2 !

Feuillettes moiiii, découvre moiii-ahaaa

On passe à deux titres qui ne paient pas de mine mais qui méritent qu’on aille au-delà de leur couvertures…

12 ans Glénat12 ans de Nao MAITA chez Glénat : Le shôjo kodomo, ou du moins pour les jeunes adolescentes, ce n’est pas mon truc d’habitude. C’est souvent un tas de fantasmes de princesse, de love story surjouées et de situations abracadabrantesques qui me saoulent rapidement. Pourtant découvrir l’amour à 12 ans est en soi une aventure incroyable, surtout si on y ajoute tous les changements morphologiques de l’adolescence et les histoires d’amitiés qui deviennent parfois compliquées. Mais voilà, pas besoin d’en faire des caisses ni de nous sortir des vampires ou des milliardaires pré-pubères pour raconter une histoire captivante. Et ça, justement, c’est un peu ça le pari du manga de Nao MITA.

12 ans, c’est l’âge de Hanabi, qui n’a toujours pas embrassé de garçon et qui se demande aussi bien comment que pourquoi. Elle se demande aussi quand est-ce que, comme sa meilleure amie Yui, ses premières règles vont arriver. Pendant ce temps Yui se demande, elle, pourquoi elle est tombée amoureuse du garçon qui n’arrête pas de l’embêter…

Des situations banales comme vous le voyez, mais c’est aussi ça qui les rend touchantes et crédibles. Elles sont traitées avec simplicité, de l’humour et pas mal de douceur. Le graphisme est globalement épuré et tout repose sur le chara-design (rond, mignon et réussi) et les émotions, qui sont mises en valeurs par quelques trames bien choisies, en fond. Scénario et visuel misent donc sur la justesse et ne cherchent jamais à nous en mettre plein les yeux avec des rebondissements ou des effets de lumières qui viendraient surjouer l’instant.

Enfin, si 12 ans est appréciable, c’est qu’il peut aussi bien faire écho aux interrogations pratiques comme romantiques des jeunes filles du même âge, qu’aux souvenirs lointains des adultes et parents qui se remémoreront leur propre passage par cette fin de l’enfance. Moi j’avoue que je n’ai pas des masses de souvenirs de cette époque (c’était il y a 25 ans, excusez du peu T_T) mais ça m’a donné envie de filer l’ouvrage à ma nièce qui vient d’avoir 10 ans et qui se posent sans doute, déjà, plein de questions sur ce qui l’attend ! Pour vous faire une idée, direction les premières planches sur le site de Glénat.

Seven_Short_StoriesSeven Short Stories 
de Nakaba SUZUKI chez Pika : Les side stories c’est pour les fans. C’est ce qu’on dit souvent et c’est régulièrement vrai, mais on s’amuse rarement autant que dans le format d’origine, surtout lorsque ces spin-off sont des expériences de jeunesses compilées sur un tome ou deux. Dans ce type de recueil on y voit souvent un graphisme balbutiant, des personnages ou une narration pas encore bien maîtrisés… des erreurs de jeunesse en somme. Dans Seven Short Stories, on est donc agréablement surpris de découvrir quelques courts récits qui regorgent déjà de nombreuses qualités… et on savoure d’autres facettes de SUZUKI qui sont plutôt amusantes.

On profite d’abord de l’une des autres versions de Seven Deadly Sins, où est rejoué le chapitre de la rencontre entre Méliodas et Elizabeth. La version est assez différente, dans le chara-design et la personnalité des protagonistes, mais c’est déjà bougrement bien dessiné. On y repère, aussi, le goût prononcé de SUZUKI pour les jolies filles : ces nouvelles sont d’ailleurs un vrai défilé de canons en tous genres qui ont autant à nous offrir de par leur physique craquant, alléchant voir divin, que par leur caractère, parfois bien trempé, parfois plus touchant ou tout simplement amusant.

Seven Short Stories est aussi riche de nombreuses thématiques : deux romances, un mix western – SF délirant, une histoire très courte de radis complètement loufoque, une comédie qui mélange patinage artistique et héros de baston et enfin les genèses de SDS mais aussi d’une autre série, inédite en France : Ultra Red… que j’aimerai bien essayer du coup, car  cette première version est plutôt sympathique. Bref, ce one-shot n’est donc pas le titre du siècle mais s’avère un excellent divertissement qui permet de découvrir un auteur qui n’a pas que Seven Deadly Sins à nous offrir. Quelques pages en extrait, pour finir de vous convaincre :

Deux titres ooooriiiginaux, des récits qui te collent à la peauuu 

Le premier est passionnant par son propos et sa thématique « du papier au numérique » et le second est carrément une expérience de lecture (et de traduction, aussi). On finit donc avec les titres les plus surprenants du lot !


bienvenue-protect-01Bienvenue chez Protect de Miso SUZUKI chez Akata : Passionnant celui là, il me rappelle des discussions sur le marché du manga que j’ai parfois dans les interviews éditeurs. L’histoire commence avec le stage en entreprise de la jeune Nanami. Elle arrive au sein de la société Protect, une boite de consulting en médias numériques dirigée par un homme aussi extravagant que génial : Jungorô Yamada ! Première mission pour notre jeune fille : remettre sur pied la carrière d’un mangaka anciennement célèbre mais aujourd’hui dans l’impasse, pendant que Jungorô lui-même devra proposer un nouveau business model à un éditeur venu lui demander de l’aide pour y voir plus clair dans un marché culturel en pleine révolution.

Internet et la nouvelle économie de la culture, voilà un thème des plus passionnants et qui touchent tous nos loisirs : manga, littérature et jeu vidéo sont au programme de ce premier tome et ils ne seront sans doute pas les seuls. Le bilan du système éditorial classique n’est pas reluisant et notre expert comme sa stagiaire partent donc en quête de toutes les solutions possibles : changement du rapport entre auteur et éditeur, indépendance et nouvelle relation au lecteur, auto-production et droit d’auteur… Tous les aspects de cette nouvelle donne sont passés à la loupe pour savoir si elles sont de vraies bonnes idées, viables sur le long terme, où si ce ne sont que des fantasmes qui s’empilent dans l’Eldorado casse-gueule de la nouvelle économie.

Si on ajoute l’excentricité du génie de service ainsi que des personnalités intéressantes chez tous les personnages secondaires, le tout saupoudré d’un peu d’humour, on obtient donc un cocktail parfait entre un Que Sais-Je et un Bakuman version seinen. Si vous appréciez les interviews éditeurs de ce blog, c’est un titre en 3 tomes qui est fait pour vous. Vivement le second tome, qui sort ce mois-ci, et qui nous parlera de l’impact des smartphones sur le jeu vidéo !

Pour vous faire une idée, jetez un œil à la preview, sur le site d’Akata.

Halcyon Lunch tome 1Halcyon Lunch de Hiroaki SAMURA chez Casterman : Ce n’est pas l’envie qui me manque de me lancer dans l’Habitant de l’infini, mais faute d’argent et de place sur les étagères c’est avec plaisir que je découvre finalement Hiroaki SAMURA par ces autres œuvres. Après l’intriguant one-shot SNEGUROCHKA qui nous mélangeait politique, Russie et thriller, voici une histoire en deux tomes d’un tout autre genre… Et sans doute le truc le plus barré que j’ai lu depuis un an ou deux, bourré de référence culturelle de tous poils – y en a pas mal sur Jojo d’ailleurs, mais pas que – et dont le synopsis annonce, de toute façon, la couleur : La vie de Gen, chef d’entreprise quadragénaire, est retombée comme un soufflé raté. Gen a la dalle, mais il est réduit à pêcher sa pitance dans les eaux bourbeuses d’une rivière. Sa rencontre avec Hyos va changer le menu. La jeune fille est dotée d’un curieux coup de fourchette (ou de baguette): elle est capable d’avaler tout et n’importe quoi et de le régurgiter pêle-mêle, donnant vie à des créatures aussi monstrueuses que grotesques…
Là où n’importe qui ferait la fine bouche, Gen voit dans l’apparition d’Hyos une chance d’ajouter une étoile au guide de son existence. Mais il découvre très vite qu’en cuisine, une terrible menace plane sur la Terre…
Bon appétit, Gen.

« Un Festin comique de science-fiction en deux services. » comme l’annonce Casterman, et que je résumerais moi-même comme : « un gros bordel où les idées les plus folles s’entre-mêlent pour, au choix, vous faire exploser de rire ou vous sucer le cerveau ». Oui oui, tu lis ça et, pouf, plus de cerveau, parce c’est sans queue ni-tête et que ça part dans tous les sens. En même temps avec Hyos dont l’estomac est relié à une galaxie lointaine et qui régurgite des chimères dignes d’un nouvel épisode sous acide de Godzilla VS Megacheloutra… Forcément ça ne pousse pas à la rationalité. Il faut donc persister cher lecteur. Si tu as l’habitude de lire des trucs étranges – et bouddha sait qu’il en existe des trucs nippons étranges – ça ne devrait pas trop te poser de problèmes. Sinon, fait comme moi et accroches-toi, ça vaut le coup.

Halcyon_Lunch_tome_2En plus de croiser des moments de pur génie what-the-fuckesque qui te vaudras de bons fou-rires, comme le bon de commande parodique de Casterman pleine page pour empêcher une nudité frontale de jeune fille encore mineure, tu finiras par t’attacher à la petite troupe de personnages, Gen et Hyos en tête mais aussi à Ryuta, Metako, Shinji, le chien ASCII (infortunée créature…) et la seconde extra-terrestre du nom de Triazole. Ils sont tous à coté de leurs pompes et certainement pas des modèles de réussite… Mais ils sont aussi très éloignés des clichés qu’on nous sert habituellement, même si le mangaka adore les faire jouer avec.

À travers leur différente aventures, avec un dictateur, avec des amis clochards ou pour sauver notre planète, c’est finalement leur humanité et leur conception du bien et du mal qui finira par vous convaincre. Et c’est pareil pour tout le reste de l’ouvrage, à savoir sa narration comme sa mise en scène folle et inattendue : une fois qu’on a pris l’habitude on ne s’en passe plus. Pour te dire la vérité mon bon lecteur, j’ai failli lâcher prise trois fois lors de la lecture du premier tome, pour le revendre ou le filer à un rédacteur qui l’apprécierait, mais maintenant les deux tomes sont placés bien au chaud dans mes étagères entre l’édition collector de Thermae Romae et les ouvrages de la Collection Latitudes, le rayon des titres dont je ne me séparerai probablement jamais.

Halcyon Lunch, en fait, c’est une aventure à essayer… et qui pourrait bien vous marquer.

PS1 : Bravo au traducteur, pour le travail accompli sur les blagues et la cohorte de références plus ou moins obscures !

PS2 : et donc faut vraiment que je me lance dans l’Habitant de l’infini moi, vivement l’édition collector en juin !

Et voilà pour ces lectures… De tous ces titres et d’autres, il en est question, en images et commentaires, sur les réseaux sociaux comme Instagram, Facebook ou Twitter pour des impressions post-lecture à chaud. Rendez-vous au prochain épisode, on parlera très probablement de shôjo !


mai 17th, 2016
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Chroniques manga : quand on garde le meilleur pour la fin…

⊆ avril 22nd, 2016 | ≡ Topic: Chroniques, Manga / Japanimation | | ˜ Pas de commentaires »

Chroniques Manga-1

Le rattrapage de lecture en retard, voir très en retard, fut  une activité de bon aloi pendant ces vacances d’avril (profitez bien, vous qui y êtes encore) parce que les piles de manga aux allures de tours de Pise me regardaient depuis quelques temps d’un mauvais œil. Ce rattrapage se fit dans une ambiance de renouvellement avec un enchaînement de derniers et de premiers tomes : quatre séries courtes ont raccroché les wagons et sept nouvelles se faisaient une petite place dans mes étagères… Onze mangas au programme sur la trentaine que j’ai lu pendant ces vacances, et ça ne m’étonnerait pas que quelques autres viennent s’ajouter à la liste avant la fin du mois.

Pour éviter l’indigestion, je commence par vous parler de ces 4 fins cette semaine, avant d’attaquer les nouveautés au prochain numéro. Bonne lecture à toutes et tous !

Ah j’oubliais : de nouveauté il était déjà question ce mois-ci, mais ailleurs, car j’ai signé un papier sur la nouvelle génération de super-héros en manga, avec One-Punch Man et My Hero Academia à l’honneur sur Journal du Japon. Allez y jeter un œil ;)

Les inratables… forts en émotions !

Orange 5Orange #4 & #5  d’ Ichigo TAKANO chez Akata : impossible de passer à coté de la fin tant attendue d’Orange, ce phénomène shôjo 2015-2016 qui a su embarquer des dizaines de milliers de lecteurs… Et pour du shôjo ce n’est pas tous les jours ! Pour ceux qui seraient passés à côté je vous rappelle qu’il s’agit d’une bande d’amis de lycée, aujourd’hui adultes, qui sont rongés par la mort – le suicide, on l’apprend assez vite – de leur ami Kakeru, lui-même hanté par le suicide de sa propre mère. Un peu de science-fiction aidant, ces amis en question parviennent à écrire à leur moi du passé, leur envoyant une lettre chaque jour, et n’ont désormais plus qu’un but en tête : ne pas répéter les erreurs du passé et sauver Kakeru.

Trois garçons, trois filles, un triangle amoureux, les difficultés de communiquer avec autrui, la perte d’un être cher et comment soigner ceux qui souffrent en silence, à côté de vous. : voilà quelques thèmes et ingrédients de cette romance très originale qui, en plus d’un scénario accrocheur, s’est développée pendant cinq tomes en conservant ces deux qualités principales : des émotions à fleur de peau et l’angoisse relative au potentiel suicide de Takeru. Sans parler d’un excellent coup de crayon, pour ne rien gâcher.

Dans cette histoire, Takeru et la jeune et émotive Naho se montrent tous deux très maladroits – ça encore, dans les shôjos, on a l’habitude – mais Ichigo TAKANO amplifient singulièrement la nature des enjeux amoureux, dans la mesure où l’on ne sauve plus seulement une romance mais bel et bien une vie. Pour Naho la pression devient alors de plus en plus grande : il n’est plus question d’un jeu de séduction ou d’avoir le dernier mot, mais de réussir à déverrouiller la forteresse qu’a bâti Takeru autour de son cœur pour le convaincre qu’il a le droit au bonheur. Et c’est une tâche des plus ardus car ce dernier se montre très secret dans ses émotions et il est totalement effrayé par le mal qu’il peut faire à autrui. Ajouter à cela une immense culpabilité vis à vis du suicide de sa mère et on atteint une souffrance telle que les remparts qu’il est capable de dresser autour de lui sont impressionnants.

Rien n’est donc gagné d’avance, et les jours vont s’égrainer petit à petit jusqu’à la date prévue du suicide, faisant vivre de vrais montagnes russes au lecteur : tout semble possible jusqu’à la dernière minute ! Au moment où on a l’impression que le futur n’est pas écrit, le destin vient pour reprendre ses droits, presque à chaque fois, empêchant toute prédiction et nous laissant sur le fil, prêt à chuter dans le drame. De plus, on ne sait même plus quel futur on désire pour Naho car est-ce que son autre prétendant, Ueda, mérite de tout sacrifier pour Takeru, ses sentiments comme un avenir de rêve ? Tout ceci est aussi palpitant que poétique et nous laisse le cœur en émoi jusqu’à la dernière page…

Bilan :  Orange, c’était différent, c’était beau, c’était émouvant. Merci Ichigo TAKANO.

Poison City 2Poison City 2  de Tetsuya Tsutsui chez Ki-oon : si j’avais rapidement consacré un article au premier tome et même eu la grande chance de rencontrer l’auteur, je ne pensais pas que Tetsuya TSUTSUI parviendrait à conserver l’intensité de son pitch dans ce deuxième et dernier tome. Je me disais qu’en lisant la suite un an après la parution du premier opus, la magie se serait en partie envolée. Mais, un an et un mois après, j’ai finalement retrouvé un titre qui avait encore du répondant. Mikio, le mangaka censuré pour son titre Dark Walker était à la croisée des chemins. Pour continuer d’exercer son métier normalement, il devait édulcorer sa série… Qu’il refuse de s’avouer vaincu je m’y attendais un peu, mais c’est sa descente aux enfers que je n’avais pas prévu !

C’est en effet une seconde tourmente qui attend notre jeune auteur, encore plus violente que la première, où ce n’est plus son oeuvre qui est mise en cause mais lui même, risquant d’être proclamé « auteur nocif » et envoyé en cure de réhabilitation. Carrément, façon Orange Mécanique.

On visualise dans ce second tome ce qu’il pourrait advenir si un un affrontement idéologique de grande ampleur devait avoir lieu… On comprend à quel point un auteur, peu habitué aux joutes publiques, est grandement désarmé lorsqu’il veut faire valoir son droit à l’individualité dans une société de consensus, face à des hommes politiques préparés et qui amènent le débat là où ils le veulent. Ces derniers, méprisables, ont en effet les arguments qui font mouche, mais uniquement parce qu’ils sont bien tournés… Des gigantesques troll contre la liberté d’expression sortent donc de leur bouches méprisantes, révoltant par leur obscurantisme, par leur agressivité – parfois latente, parfois explosive – sous le couvert du respect des bonnes mœurs.

Le « camp » des auteurs tel qu’il est décrit dans Poison City ne manque pas d’argument pour autant et il est loin d’être ridicule, bien au contraire, mais certaines guerres sont plus longues que prévues, et commence parfois par une défaite. La mise en garde de Tetsuya TSUTSUI résonne donc une dernière fois dans ce seinen qui est plus que jamais un indispensable de vos mangathèques, pour rester vigilant.

Bilan : avec ce titre passionnant on nous aura prévenu en tout cas, et plutôt deux fois qu’une !

Les inédits… qui nous avait intrigués


Sangsues tome 5 CastermanSANGSUES #4 & #5 
de Daisuke IMAI chez Sakka : L’éditeur, le sympathique Wladimir Labaere, m’en avait venté les mérites l’été dernier et c’est vrai que le premier tome vous happait avec force, via un pitch peu commun : SANGSUES, c’est l’histoire de Yoko, jeune fille malheureuse qui, suite à un concours de circonstances, est déclarée comme morte. Mais elle est bien vivante, plus qu’avant même, car elle se retrouve dés lors libérée des contraintes de sa vie d’avant. Elle vit désormais comme une sangsue, squattant appartements et maisons inoccupées pendant quelques heures ou quelques jours grâce à des résidents au travail ou en vacances. Une vie sans contrainte ? Pas si sûr…

Dans cette série en cinq  volumes on comprend rapidement que ce mode de vie était partagé par plusieurs personnes, une sorte d’ethnie fantôme avec ses propres lois, souvent celle du plus fort d’ailleurs. Ce qui a donc débuté comme un manga envoûtant, entre rêverie d’une vie sans attache et le phénomène des fameux évaporés au Japon, s’est très rapidement orienté vers un thriller. Notre héroïne déchirée entre cette nouvelle liberté et les attaches « humaines » de sa vie d’avant se confronte à un Japon de l’envers des plus violents, dans un système clanique qui évoque un peu celui des yakuzas.

La discussion n’est donc plus de savoir si une autre forme de vie est possible, loin du matérialisme et de la possession, mais si en sortant du système on doit ou non sacrifier notre humanité et nos sentiments pour revenir à l’état sauvage – et sa camoufler dans la jungle urbaine – ou perdre au contraire toute émotion pour se placer au-dessus des humains et de leurs lois stupides.

La poésie, même si elle est encore présente par petites touches (notamment dans la mise en scène et en page) a donc laissé la place au suspens, à l’action, aux rebondissements de situations, à des êtres finalement dévorés par leur exclusion et leur solitude. L’envoûtement initial s’est donc un peu étiolé lors du second et du troisième volume mais la narration efficace et les personnages secondaires bien campés, crédibles malgré leur grain de folie, font qu’on lit cette aventure inédite et cruelle jusqu’au bout.

Bilan : Un thriller original et bien exécuté, qui changera un peu du lot commun d’un genre plutôt bien fourni. On attend désormais avec impatience le prochain Daisuke IMAI… pour voir où il nous emmènera la prochaine fois.



monde-de-uchu-2-castermanLe monde selon UCHU #2
 de Ayako NODA chez SAKKA: C’est rare des mangas en deux tomes qui me marquent – vous en avez beaucoup dans vos étagères, vous ? – et c’est donc d’autant plus étonnant d’en trouver un deuxième dans cette sélection, après Poison City. Si ces deux histoires parlent toutes les deux de manga dans le manga, c’est vraiment – mais vraiment – leur seul point commun.

Là où le titre de TSUTSUI défend une cause dans un monde proche du notre, Ayako NODA nous projette directement dans un manga où les personnages prennent conscience de leur nature en 2 dimensions. Comme le dis le héros à l’héroïne – Uchu à Alice – « nous sommes dans un manga« . Ils sont alors capables de voir physiquement les bulles mais aussi de sentir qu’ils sont observés (par nous, les lecteurs) et manipulés par un auteur… Sans compter que les dialogues intérieurs, dans d’autres bulles sont dès lors à la disposition de tous puis que toute leur intimité risque bien d’être exposée au grand jour. Tout cela est écrit avec énormément d’ingéniosité et d’humour et m’avait accroché dès le volume 1, comme j’en témoigne dans cet article…

Conscient de cet état de fait le héros tentait, à la fin de cette première itération, de préserver son entourage : il choisissait de s’éloigner de ses amis afin qu’ils ne soient plus sous les projecteurs et qu’ils retrouvent leur vie privée. Mais rien n’est aussi simple car si un personnage disparaît le mangaka a alors une multitude de possibilités… Il peut le faire ré-apparaître de force, il peut changer le héros de son manga, en faire apparaître un second pour des histoires en parallèle, il peut faire bifurquer une romance vers un nouveau duo… Mais, fidèle à son inventivité et à sa capacité à nous surprendre, Le monde selon UCHU s’amuse de ces voies narratives : à peine les a-t-il utilisées qu’il les chamboule pour faire apparaître un personnage inattendu : Ayako NODA elle-même ! Et quand une mangaka se raconte elle-même au milieu de ses propres personnages, plus rien n’est véritablement prévisible.

Heureusement, le récit ne devient pas pour autant un bordel sans nom et on se laisse totalement embarquer par les doutes qui envahissent les protagonistes de ce monde métaphysique, en se posant nos propres questions : est-ce que les personnages guident l’auteur ou est-ce l’auteur qui guide ses créations et leur impose sa volonté ? Après tout on a plus d’une fois entendu un auteur avouer que ses personnages avaient pris vie et avaient modifié les intentions premières de leur créateur…

Mais, alors, comment les personnages de manga peuvent-ils prendre conscience de leur état et s’opposer aux altérations réalisées par l’auteur vu que le résultat de ces dernières ne sont rien d’autre qu’une nouvelle réalité, insoupçonnable ? De plus, même s’ils ont conscience d’eux-mêmes, comment les définir ? Etre ou ne pas être puisqu’ils peuvent être totalement transformés par un simple coup de crayon ?  Je pense donc je suis ne semble pas non plus un adage suffisant ici. Enfin, question toute aussi inquiétante : est-ce que les protagonistes, lorsqu’ils comprendront que l’histoire s’achève au 15e chapitre, pourront raisonnablement penser que leur vie va s’arrêter et qu’ils vont donc, de facto, mourir ?

Psychologie et philosophie se bousculent ainsi dans ce second tome, qui ne perd pas pour autant sa poésie ni son humour (mention spéciale aux yonkomas en début d’ouvrage : savoureux !).

Tout ça pour dire que Le monde selon UCHU est un ovni qui se lit et se relit avec plaisir, bourré de personnages attachant mais aussi de niveaux de lecture. Le cœur du lecteur comme son cerveau ont ainsi de quoi être comblés… Jetez-vous dessus !

Et voilà pour ces lectures… De tous ces titres et d’autres, il en est question, en images et commentaires, sur les réseaux sociaux comme Instagram, Facebook ou Twitter pour des impressions post-lecture à chaud. On finit avec la pile de choses à lire, toujours aussi volumineuse… Y a des choses qui vous intéressent là dedans ?

Chroniques Manga-2

En attendant de faire grossir la pile, rendez-vous la semaine prochaine pour une nouvelle interview éditeur !!


avril 22nd, 2016
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Chroniques Manga : les guerres de printemps…

⊆ mars 20th, 2016 | ≡ Topic: Chroniques, Chroniques of the week, Manga, Manga / Japanimation | | ˜ 1 Commentaire »

Chroniques Manga Paoru 2016-001-2

Après une période de bilan manga chargée, je commence à retrouver du temps pour faire baisser la pile des mangas à lire… Ce ne sont pas les bonnes lectures qui manquent, donc autant les partager avec vous. Au programme de cette semaine ? Ce sera la guerre par Bélénos ! Moyen-âgeuse, normande, orientale ou romano-carthaginoise, la thématique a pas mal de bons étendards et l’arrivée d’un petit nouveau, Hawkwood chez Doki-Doki, était l’occasion de faire un point sur le genre… En route pour ces trois chroniques guerrières !

Hawkwood-1-Doki-DokiHawkwood #1 & 2 de Tommy OHTSUKA chez Doki-Doki : je l’avais évoqué à plusieurs reprises sur les réseaux sociaux puis dans les attentes du mois de Journal du Japon : en ce mois de mars, j’ai enfin pu le lire ! Pour ceux qui n’en ont pas entendu parler , voici le petit résumé officiel commenté façon vis-ma-vie de gars du cru.

L’histoire se déroule donc au XIVe siècle, royaume de France, province de Normandie. (OUAI, CHEZ MOI ! ) La petite ville de Carentan (où je passe à chaque fois pour aller voir Mamie Thérèse, près de Coutance dans la Manche) est sous la menace de l’ennemi (la ville hein, pas Mamie Thérèse). Devant ses murs se presse l’armée régulière anglaise, lancée à la conquête de la France (à l’époque de Mamie Thérèse, dans sa jeunesse, les Anglais on les aimaient bien et on les planquaient dans la grange pour qu’ils évitent les Allemands. Nous les Normands on sait pas c’qu’on veut, c’bien connu crénom de d’là !). À la tête de cette armée, le prince Édouard, fils légitime du roi d’Angleterre (pas des marrants dans la famille, c’est moi qui vous l’dis !). Pour se sortir d’une situation a priori désespérée, les assiégés font appel à la « compagnie des corbeaux blancs » de John Hawkwood, un officier audacieux dont les stratégies outrepassent les règles de la chevalerie…

En effet, la guerre, surtout quand ça dure 100 ans et qu’on se tape dessus pendant 2, 3 voir 4 générations (imaginez une guerre débutée par votre arrière-grand père que vous devez faire à votre tour), ça coûte cher. Que ce soit entre des seigneurs cousins qui se déchirent pour des domaines ou un pays qui affronte sans arrêt un envahisseur étranger, on finit par apprendre à faire avec ce qu’on a sous la main. C’est ainsi que Sir John Hawkwood (1320-1394), considéré comme le premier mercenaire de l’ère moderne, offre les services de sa compagnie, les fameux corbeaux blancs, pour peu qu’on les paie grassement.

Hawkwood_tome_2Pour mener chaque mission à bien ce chevalier qui ne paient pas de mine, avec son armure basique et son cheval vieillissant, est des plus pragmatiques. Il n’a que faire des codes bien-pesants de la noblesse ou de la chevalerie – aussi galvaudés qu’inefficaces – car c’est celui qui gagne qui a raison, vu qu’il reste en vie et qu’il empoche les trésors de la victoire.

On apprécie autant l’ingéniosité d’Hawkwood, pour ses plans sur le champ de bataille, que son mépris des titres ronflants et des attitudes pompeuses de certains commandants. Un désintérêt pour les bonnes manières qui est loin de le rendre populaire soit dit en passant, ce qui va laisser quelques traces assez sombre dans sa bibliographie d’ailleurs, comme on peut le voir ici. Mais il n’en a cure et suit son objectif qui nous reste encore mystérieux, d’ailleurs. Hawkwood est donc un homme de terrain à la tête d’une compagnie assez sympathique : ils ont beau faire de la guerre leur métier, ils profitent de l’instant présent quand ils le peuvent et partent au combat quand il le faut, pour faire le job qu’on leur a confié. Des seconds rôles qui, comme tout ceux de la série, ne sont pas forcément marquants mais ils apportent leur contribution au tableau global qu’OHTSUKA dresse sur ces guerres du Moyen-Âge.

Et la Normandie ou l’Histoire dans tout ça ? Disons que c’est l’une des composantes du récit parmi d’autres, un peu à l’image d’un Wolfsmund et de son histoire de l’Helvétie : important mais pas forcément central. On retrouve plusieurs points d’ancrage comme le Roi Edouard, la ville de Carentan, le Comte d’Alençon ou encore les chevaliers de Saint-Lô. Mais le but n’est pas de raconter, détails à l’appui, la vie de l’époque, le contexte historique ou que sais-je du contexte du XIVe siècle : ce qui nous intéresse ici c’est surtout l’histoire de soldats hauts en couleur qui se tapent copieusement les uns sur les autres en usant de toute une batterie de technique, d’armes et de stratégies propres à l’époque, avec boyaux et hémoglobine en bonus. Il se trouve simplement que, en bonus, tout ceci se déroule dans un lieux familier et à une époque que nous avons tous croisé un moment ou à un autre dans nos livres d’Histoire. C’est donc l’épopée qui prime avant tout pour ce récit en huit tomes et qui s’intéresse surtout au destin de notre célèbre mercenaire.


Arslan Kurokawa
Arslan #4 
de Hiromu ARAKAWA & Yoshiki TANAKA chez Kurokawa : Le titre fait honneur à son titre « La légende héroïque de« . C’est en effet une vraie épopée que nous offre cette superbe adaptation. Je vous en ai déjà parlé à travers mes différents ôdes à Arakachou, l’une des meilleures mangakas de sa génération, mais ce volume quatre apporte une pierre de plus à l’édifice. Après avoir ajouté un bel éventail de protagonistes durant les premiers tomes, la mangaka commence à mettre en exergue les différentes forces en jeu dans le combat pour le royaume de Parse : on découvre quelques seigneurs aux allégeances diverses et changeantes, mélangeant ainsi la loyauté et le sens du devoir, la trahison et le profit ou tout simplement le pragmatisme et la neutralité.

Au milieu des rouages du destin qui commence à s’emboîter on apprécie de voir le héros, notre jeune Arslan, en doute idéologique. Car dans ces deux camps qui s’affrontent ce manga a l’intelligence de poser un fléau dans chacun des deux camps…  Lusitania, à l’ouest, vénère le dieu unique Yaldobaoth et cherche à imposer sa religion aux autres royaumes avec une folie qui est parfaitement retranscrite à travers le monomaniaque et sanguinaire prêtre Bodin – un chara design de sadique qui vous remue les tripes, un démon totalement haïssable – et Parse à l’est, un riche royaume polythéiste repose sur un système de l’esclavage que veut donc abolir Arslan. Mais redonner aux gens un libre arbitre n’est finalement pas chose aisée. La liberté est une belle idée, mais redonner leur indépendance et exiger l’autonomie de personnes qui vivent en moutons obéissants depuis des années peut se révéler parfois contre-productif au départ.

Au milieu de ça on continue de profiter de très belles scènes d’action dans des chevauchées animées, de protagonistes très humains, aux personnalités variés et un humour qui n’est jamais très loin : la fusion parfaite entre ce roman de fantasy de haute tenue, qui mérite son titre d’épique, et le style Arakawa que l’on apprécie tant. Pas étonnant, donc,  qu’il soit l’un des meilleurs lancement 2015 et il est réconfortant de voir qu’il en a encore sous le coude. En plus la petite interview bonus à la fin entre ARAKAWA et SUZUKI (Seven Deadly Sins) c’est un petit caviar qui nous permettra d’attendre le tome 5 début juillet pour Japan Expo. On a hâte !!!


Ad Astra 8Ad Astra#8 de Mihachi KAGANO chez Ki-oon: ce titre là aussi tient bien son rang de fresque historique. Jusqu’ici le mangaka évite assez bien la redondance : on a eu la genèse d’Hannibal, puis de Scipion, suivi par la démonstration du génie militaire du carthaginois et ses victoires successives sur les Romains qui se prenait pour les maîtres du Monde. Je vous parle de tout ça ici et . Les romains ont été poussé dans leurs derniers retranchements, craignant même pour leur mère patrie, mais ils réussissent depuis quelques chapitres à rendre coup pour coup et à stopper la progression de leur ennemi.

Avec l’apparition d’hommes d’envergure et les premières défaites, les hommes d’Hannibal commence à défier l’autorité de leur chef et ce dernier leur laisse donc de la place dans ce volume : Maharbal le chef Numide (de la Numidie, ancien royaume du Maghreb où se situe la célèbre Constantine) part donc affronter tout seul le Général Marcellus pour la seconde bataille de Nola, qui fait partie des grandes batailles de l’antiquité. Ce seinen continue donc de nous faire voyager dans l’histoire et de nous dépeindre l’arrogance humaine dès qu’il s’agit de guerroyer. En huit volumes on ne compte plus les chefs, commandants ou généraux des deux bords (romain ou carthaginois) sûr de faire mieux que leur prédécesseur et de plier vite fait bien fait le conflit pour revenir sous les hourras de la foule et acquérir le pouvoir ou la renommée convoitée.

Face à cette bêtise il y a le génie et le calme d’Hannibal, le talent d’observation de Scipion… mais aussi un troisième intervenant qui apparaît dans ce tome : le célèbre Archimède, scientifique bien connu et citoyen de Sicile, habitant de la place forte portuaire de Syracuse pour être plus exact. Cette citée et cet île au cœur de la méditerranée sont d’une importance capitale dans ce conflit, mais ces habitants hésitent pas mal, à cette époque, entre une allégeance romaine et une alliance avec les carthaginois. C’est pour le moment les seconds qui ont la main mise sur Syracuse et qui profitent de notre ingénieux créateur, capable de créer des machines redoutables qui vont couler de nombreux navires romains. Mais Archimède est un scientifique pacifiste et voir son génie utilisé pour tuer lui pose un cas de conscience : il pourrait bien se laisser convaincre par l’ennemi. Vous l’aurez compris, Ad Astra reste donc une belle leçon d’Histoire, librement adaptée mais toujours ancrée par les dates clés et riche par son développement des grandes figures et des grandes batailles de cette époque. De quoi faire de vous un ou une passionné(e) des guerres puniques !

Et voilà pour ces lectures… De tous ces titres et d’autres, il en est question, en images et commentaires, sur les réseaux sociaux comme Instagram, Facebook ou Twitter pour des impressions post-lecture à chaud. On finit avec la pile de choses à lire, toujours aussi volumineuse avec un invité surprise… Y a des choses qui vous intéressent là dedans ?

Chroniques Manga Paoru 2016-002


mars 20th, 2016
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Chroniques Manga : O Seinen ! My Seinen !

⊆ février 7th, 2016 | ≡ Topic: Chroniques, Chroniques of the week, Manga, Manga / Japanimation | | ˜ Pas de commentaires »

Chroniques Manga Paoru.fr-002

Après un mois de janvier, des plus riches en bonnes lectures,
je craignais un creux en février, un peu d’ennui dans ma masure.
Que nenni mon bon ami,
trois seinens étaient de la partie.
Fantastique, anticipation, thriller ou horreur,
ont ajouté bonne dose d’action, narration palpitante, embellissant mon humeur !
Donc, mon bon ami, trêve de ritournelles ou autres qualificatifs,
voici les chroniques de ces trois titres que, ô mon capitaine, je kiffe !
O seinen ! My Seinen ! Rise up and hear the tales !
(et big up Walt Whitman !)


Dimension W 8Dimension W #8
de Yuji IWAHARA chez Ki-oon : Et là je dis, une fois de plus, MONSIEUR IWAHARA. Tout est réussi dans ce tome. On commence par cette sublime couv’, avec l’un des personnages les plus énigmatique de l’histoire, armé d’un sourire qui l’est tout autant, dans un mariage de jaune, violet-gris et noir diablement efficace. Et toujours ce revêtement phosphorescent que l’on oublie et que la nuit nous rappelle (« punaise mais c’est quoi cette lumière sur ma table de chevet ?!!! Ah oui, c’est vrai !« ).

Heureusement le contenu vaut sans problème le contenant. Notre groupe de récupérateurs mené par Kyoma et Mira se rapproche de l’endroit où s’est produit la mystérieuse explosion, et les chemins de nos différents protagonistes, jusqu’ici éparpillés sur l’île, semble converger… D’abord enfermé dans ces souvenirs, Kyoma s’en extirpe et la mémoire lui revient par fragments. Malheureusement les souvenirs de son passé de combattant ne sont pas les seuls à revenir : les anciens compagnons d’armes de Kyoma qui n’ont pas eu la chance de revenir entier de la Dimension W ont été transformés en zombie et manipulés par un assassin de la confrérie Eudos, dont on ne sait pas grand chose non plus. Avec cet arc au cœur d’une île maudite, voici que le polar d’anticipation prend de l’ampleur et vire au thriller, toujours gorgé d’action.

Avec 8 itérations au compteur, on connait maintenant bien les protagonistes – nous y sommes attachés, même – et on ne demande qu’à les voir poussés dans leur retranchements pour qu’ils évoluent, maintenant que leur passé commence à été mis à nu. Kyoma le taciturne râleur est sous les projecteurs et le fait qu’il soit en plein doute fait remonter des émotions qu’on a peu l’habitude de lire sur son visage… A ce titre, la fureur mêlée de tristesse qui explose en fin de tome est tout simplement grisante. Comme ce fut le cas pour Tokyo Ghoul avec son volume 7, la séquence en cours de Dimension W est donc des plus prenantes.

Si on ajoute les doubles pages somptueuses de Yuji IWAHARA, ses lignes de force variées et hyper bien placées, ses zooms et dézooms super dynamiques, son talent pour la superposition des plans et des cases… La conclusion est simple : ce manga est toujours aussi canon de chez canon !

Dimension W8 planche 4 copie

Ajin 4Ajin#4 de Gamon SAKURAI chez Glénat: je ne vous avais pas reparlé d’Ajin depuis son premier tome en juillet dernier, même si je partageais souvent mon intérêt pour le titre sur les réseaux sociaux. Mais ce tome 4 mérite un nouveau coup de projecteur car un scénario qui mûrit et de bonnes doses d’adrénaline sont au programme…

Ajin c’est ce titre où certains humains s’aperçoivent du jour au lendemain qu’ils ne peuvent pas mourir – ou plutôt qu’ils ressuscitent à chaque fois – et qu’ils sont les seuls à percevoir un étrange fantôme qui leur sert de compagnon. Du côté du gouvernement on a pu découvrir dans les trois premiers volumes que les pires atrocités sont conduites sur les Ajin afin de les étudier, dans le plus grand secret : on écrase, on découpe, on flingue, on tue et re-tue à longueur de journée, sans se soucier de l’humain qui est leur cobaye, pourtant capable d’éprouver la douleur de chacune de ces séances de tortures. « Pour vivre heureux, vivons cachés » : tel est l’adage des Ajin jusqu’ici, mais un certain Sato a décidé de changer la donne en passant un appel public au regroupement des Ajin. C’est sur cet appel et sur l’évasion de Kei, le héros de notre histoire, d’un centre d’expérimentation gouvernemental, que nous nous étions quitté au volume précédent.

Dans ce volume 4, sept Ajin font le déplacement pour écouter ce que Sato a à dire, mais le projet terroriste que ce dernier leur dévoile ne va pas convaincre tout le monde. Sato n’est pas décidé à laisser les mécontents entraver son chemin et tentent de les réduire au silence mais l’un d’eux, le jeune Nakano, parvient à s’échapper, in extremis.

Ajin planche

Une nouvelle course poursuite se met alors en place pour Nakano, qui tente de fuir le groupe de Sato puis les hommes du gouvernement qui ont décelé sa trace et qui cherchent à le capturer. Les circonstances vont alors pousser Nakano jusqu’à la planque de Kei… Mais le relation entre ces deux-là va démarrer de manière assez singulière. Pendant ce temps Sato prépare son plan et l’officialise, une fois de plus en public : « mercredi à quinze heures, nous ferons exploser le siège des Laboratoires Grand.»

ajin tome 8 planche 2Après avoir pas mal tergiversé – ou présenté confusément – le fil conducteur de son histoire et ses intentions scénaristiques, Gamon SAKURAI structure son récit et nous permet de sortir du brouillard. Il fallait sans doute ces trois tomes pour que l’immersion se fasse et que chaque protagoniste prenne sa place. Temps nécessaire également pour que le héros, Kei, parvienne à prendre pleinement conscience de sa condition et des alternatives qui lui sont offertes. Mais maintenant, ça y est, la série est lancée et ce volume 4 confirme qu’elle est sur d’excellent rail.

Sato est un bad guy à la désinvolture glaçante et se moque totalement du sang qu’il peut avoir sur les mains : il est en guerre et persuadé de sa toute puissance, a des envies de revanche envers ceux qui l’ont maltraité et se montre redoutablement intelligent. Kei lui aussi n’est pas en reste, surtout depuis qu’il est passé entre les mains des scientifiques du gouvernement : il a mis ses émotions de coté et a appris avec méthode à utiliser ses pouvoirs, et nous en fait la démonstration de manière extrêmement efficace :un modèle de sang-froid et de détermination afin de sauvegarder une existence tranquille. Mais si on se doute bien que ça durera pas.

La narration et le scénario murissant, il n’y a donc plus aucune raison de ne pas découvrir et d’apprécier Ajin, car ce seinen de chez Kodansha avait déjà son excellente qualité visuelle pour lui : dessins regorgeant de détails, belle gestion des perspectives et un talent certain pour passer d’un cadrage serré ou américain à des plans larges voir hyper larges. Lors des multiples chutes et sauts qui parsèment la série, cette alternance donne presque le vertige aux lecteurs et confère à l’atterrissage un impact retentissant. Ensuite, Ajin a aussi des solides arguments dans des phases d’actions plus « horizontales » avec des excellentes idées tant chorégraphiques que martiales, incluant à merveille la capacité de mourir à l’infini dans la façon de se battre des protagonistes. On se croirait par moment avec des héros de jeu vidéo, capable de mourir à l’infini et de tester des expériences fatales juste pour par curiosité du résultat…

Bref, graphiquement, scénaristiquement et narrativement la série est maintenant en place : tous les ingrédients sont maintenant pour en faire une réussite !

Anguilles-demoniaques-1-komikkuAnguilles démoniaques#1 de Yusuke OCHIAI (dessin) & Yû TAKADA (scénario) chez Komikku : connu pour être l’auteur qui a lancé les éditions Komikku avec l’île infernale, Yusuke OCHIAI avait séduit par un bon coup de crayon et une bonne mise en scène mais on retenait aussi quelques difficultés sur le scénario, confirmé par son one-shot Moon Shadow sorti la semaine dernière, amusant mais assez répétitif. Ainsi cette adaptation d’un roman noir de Yû TAKADA est une excellente occasion pour OCHIAI de faire ce qu’il fait le mieux : dessiner, installer une ambiance, créer des angoisses chez le lecteur qui devient rapidement addict à cette descente en enfer.

Dans Anguilles démoniaques, c’est Masaru Kurami, un trentenaire japonais à l’imposante carrure, qui va s’enfoncer dans l’horreur. Criblé de dettes de jeu, il est obligé de devenir l’usurier de Chiwaki Entreprise : recouvrement de dettes, transport de marchandises, extorsions et prostitution déguisée, voici la nouvelle vie de notre timide yakuza. Mais sa grande stature et sa timidité qui lui confère un aspect taciturne font de lui un homme doué à sa tache et Chiwaki, son boss, mise beaucoup sur lui, quitte à lui faire la boule à zéro et à lui fabriquer un nouveau look pour le rendre encore plus inquiétant.

Malheureusement l’histoire ne s’arrête pas là et, un beau jour, Masaru se voit confier une étrange tâche : livrer un container chez un éleveur d’anguilles dans le quartier lugubre de Kuromu. Le salaire est bon, très bon, mais il ne faut pas poser de question : ni sur l’employé défiguré qui travaille chez l’éleveur, ni sur le frère du boss qui tient la place et à qui il manque presque tous les doigts, ni, SURTOUT, sur le contenu du container. Même si ce dernier semble faire du bruit à l’arrière du camion. Sa mission, le quartier, les éleveurs d’anguilles : tout ça va rapidement obséder Masaru, même une fois le travail effectué. Quand, quelques semaines plus tard, son boss va lui demander de gérer une nouvelle livraison, Masaru risque bien de plonger encore plus profondément dans l’antre du démon !

Anguilles démoniaques 3 copie

L’horreur est donc à l’honneur, même si c’est plus la violence des émotions et l’angoisse que génère le non-dit qui fait palpiter le cœur du lecteur pour le moment, beaucoup plus que des gerbes de sang qu’on nous sert parfois dans ce genre de récit. Masaru est tout de suite identifié comme un bon garçon qui s’est laissé entraîné par l’appât du gain et qui s’échine désormais à faire amende honorable pour vivre un nouvelle vie, pour lui et une charmante épouse qui a aussi eu sa part d’obscurité. Ce gros ours plutôt dans le repentir est surtout loyal à ce boss qui lui a donné une seconde chance. C’est à travers ses yeux et dans ses journées presque ordinaires, pour un malfrat tout du moins, que l’on sent monter progressivement l’inquiétude. Vient alors ce tournant, avec l’arrivée dans le quartier sordide de Kuromu : ce travail est clairement une autre paire de manche et les responsables de l’élevage des anguilles font froid dans le dos. Comme Masaru, on en ferait facilement des cauchemars, se demandant ensuite si on a bien rêvé, d’abord, puis si la réalité ne serait pas encore pire.

Qu’adviendra-t-il de notre montagne de muscle dans ce monde des plus cruels ? Avec cette série en 3 tomes dont le premier sort la semaine prochaine, on devrait le savoir assez vite !

Anguilles Démoniaques copie

Et voilà pour ces lectures… De tous ces titres et d’autres, il en est question, en images et commentaires, sur les réseaux sociaux comme Instagram, Facebook ou Twitter pour des impressions post-lecture à chaud. On finit avec la pile de choses à lire, toujours aussi volumineuse avec pas mal de nouveautés arrivées cette semaine… Y a des choses qui vous intéressent là dedans ?

Chroniques Manga Paoru.fr-001



février 7th, 2016
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Chroniques Manga : de la poésie à la noirceur, les émotions de janvier

⊆ janvier 30th, 2016 | ≡ Topic: Chroniques, Chroniques of the week, Manga, Manga / Japanimation | | ˜ Pas de commentaires »

Chroniques Manga Paoru.fr-001-2

Sacré mois de janvier que nous avons là, pour débuter 2016. Il y a la déferlante One-Punch Man évidemment, impossible de passer à côté, mais il y a aussi une belle cohorte d’autres nouveautés… et finalement très peu de déchets. Pour faire court, on avait plutôt tendance à se régaler en ce début 2016. La semaine dernière je vous présentais Underwater chez Journal du Japon et cette semaine j’ai enchaîné avec L’ère des cristaux. Deux titres touchants, subtils, originaux… Pourvoyeurs de sympathiques émotions. Pourtant la moisson de janvier est loin d’être finie et je ne voulais pas passer à février sans vous parler de trois autres séries qui m’ont tapé dans l’œil, en attendant d’y consacrer un article plus complet. Voici donc les chroniques des Enfants de la Baleine chez Glénat, de Kasane chez Ki-oon, et je rattrape aussi mon retard en évoquant Ritournelle chez Komikku.

En route, et bonne lecture !

enfant-de-la-baleine-1-glenatLes enfants de la baleine #1 & 2 de Abi UMEDA chez Glénat : Très surprenant et envoûtant celui-là. Il commence comme un conte  : dans un monde où tout n’est plus que sable, un peuple vogue à la surface d’un océan de dunes sur un gigantesque bateau-ville, leur demeure depuis plusieurs générations. Ce peuple abrite des hommes et des femmes capables de manipuler le saimia, un pouvoir télékinésique qui se nourrit de leurs émotions. Malheureusement les propriétaires de ce pouvoir, les marqués, sont condamnés à mourir jeune. Ce sont les non-marqués, une petite minorité parmi les quelques centaines d’habitants, qui dirigent le bateau et qui sont les dépositaires de la mémoire collective.

Ce récit de voyage et de quête à bord de la Baleine de Glaise, leur bateau, fait d’abord penser à une sorte d’errance sans fin, tel un dernier bastion de l’humanité qui erre sur une terre désertée. Même lorsqu’ils vont tomber, un beau jour, sur un autre vaisseau, celui-ci semble abandonné. Le jeune Chakuro, héros de l’histoire, a beau en découvrir l’unique survivante, on est très loin de se douter que c’est le mécanisme d’une tragédie qui se met en place.

Durant les 150 premières pages on se laisse donc envoûter par ce monde sorti de nulle part, par ce vaisseau fait de maisons biscornues et protéiformes, dignes d’un univers Ghibliesque. Les personnages aussi séduisent: jeunes et pleins de vies mais fragiles et touchants. Chakuro, un marqué qui ne parvient pas à maîtriser son pouvoir, a l’âme d’un scribe et ressent régulièrement l’envie brûlante d’écrire pour inscrire l’histoire de son peuple et prolonger quelque part la vie de ses congénères, qui ne vivent qu’une trentaine d’année tout au plus.

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KUJIRA NO KORA WA SAJYO NI UTAU © 2013 Abi Umeda / Akita Publishing Co.

Loin d’adopter un ton mièvre, le récit détaille aussi une vie où il est interdit de trop se laisser aller aux émotions, et la cité n’a rien  d’un paradis : toute une partie de la population, qui refuse cette censure et les règles établies, est régulièrement emprisonnée et revendique son opposition à la gouvernance opaque des non-marqués. Mais il semble que, décennie après décennie, le statut quo demeure… et l’errance continue. Jusqu’à la fameuse rencontre avec cette survivante, dont on remarque tout de suite la froideur et l’absence d’émotion. Elle est évidemment auréolée de mystère… Sauf pour le conseil, qui semble comprendre à la fois d’où elle vient et qui elle est… Et ils choisissent de l’enfermer. Grâce à Chakuro, elle finit néanmoins par s’attacher au quotidien de la baleine grise, à ce peuple pacifique. C’est alors que tout va voler en éclat et que le drame va survenir : rapidement, brutalement, systématiquement.

Ma comparaison précédente avec l’univers des Ghibli était tout sauf fortuite car on retrouve cette vague d’émotion qui nous assaillit face à la cruauté, la bêtise, la violence de l’être humain envers ses prochains… La fin du premier tome et le début du second sont glaçants, mais je ne vous dit pas plus pour éviter de vous spoiler. Sachez juste qu’on ne décroche plus avant d’avoir refermé ce second opus. Les enfants de la baleine est donc une série à ne pas rater, qui n’usurpe pas ses magnifiques visuels et couvertures.

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KUJIRA NO KORA WA SAJYO NI UTAU © 2013 Abi Umeda / Akita Publishing Co.


Kasane Ki-oonKasane, la voleuse de visage #1
de Daruma MATSUURA chez Ki-oon : « La voleuse de visage« … c’est bien mystérieux tout ça, comme la couverture du premier tome. Ajoutez à ça la nomination aux Taisho Awards 2015 et d’autres prix au Japon et la publication dans l’Evening de la Kodansha (Gunnm, Moyasimon, Coq de combat,…) : tout ceci donne une certaine aura au titre, avant même sa sortie cette semaine aux éditions Ki-oon. Et la réputation n’est pas usurpée…

Voici le résume officiel, plutôt bien écrit : Kasane est une fillette au visage repoussant, presque difforme, régulièrement moquée et maltraitée par ses camarades de classe. Sa mère, actrice de premier plan célèbre pour son immense beauté, lui a laissé pour seul souvenir un tube de rouge à lèvres, et une consigne mystérieuse : « Si un jour ta vie devient trop insupportable, maquille tes lèvres, approche l’objet de ta convoitise, et embrasse-le. »
Le jour où, au bord du désespoir, Kasane s’exécute, elle fait une découverte incroyable : le rouge à lèvres légué par sa mère lui permet de s’approprier le visage de ses victimes ! À la fois malédiction et bénédiction, cet héritage va offrir à la jeune femme un avenir auquel elle n’osait rêver jusqu’à maintenant…
« La beauté est une bénédiction : elle permet de tout obtenir… même quand elle n’est qu’illusion.»

L’image que l’on a de soi et celle que l’on renvoie aux autres : voilà la thématique principale de ce récit. La transformation d’une héroïne recluse en personnage populaire n’est pas quelque chose de nouveau dans un manga, mais le traitement de Daruma MATSUURA démarque nettement son œuvre des autres. Il y a la cruauté de la situation, tout d’abord : Kasane EST  repoussante et défigurée, ce n’est pas juste une jeune fille rondouillarde et mal fagotée. Malgré un faciès souvent dissimulé sous une longue chevelure noire – histoire de faire fonctionner notre imagination – on perçoit un visage plus proche du batracien que de la jeune fille lambda. Et rien ne s’arrangera, même avec les années qui passent, et la beauté légendaire de sa mère ne fait que rajouter à l’ironie du destin et renforce le contraste.

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Cette différence avec ses camarades entraîne fatalement l’isolement, les moqueries, les mauvais tours. Sans parent elle est à la merci d’une tante qui l’a récupéré uniquement pour se donner l’image publique d’une femme généreuse mais qui ne cache pas son dégoût en privé. Ainsi, si on constate de facto la laideur, c’est plus souvent dans le regard des autres qu’on ressent réellement la difformité, par la peur et la révulsion qu’elle inspire. Mais notre héroïne est habituée à ces visages dégoûtés. Elle en souffre mais avec les années elle a appris à éviter et à fuir cette antipathie. Ce qu’elle ne soupçonnait pas, c’est ce que sa vie pourrait être si elle était belle. L’avant-gout qu’elle va en avoir, le jour de sa première transformation, est un véritable choc, un shoot d’amour et d’adrénaline sous la lumière des projecteurs. Associé à un véritable don pour le théâtre – qui réussirait presque à faire oublier son apparence – cette nouvelle beauté fait de  Kasane une actrice adulée par toutes et tous.

Kasane_1PLANCHE6

Néanmoins, comme je le disais plus haut, l’histoire est cruelle. Il lui faut voler un visage pour devenir belle, la victime se retrouvant défigurée dans l’opération. Mais le charme est réversible et ne fonctionne qu’à certaines conditions, et Kasane se retrouve telle une cendrillon qui doit retourner à sa triste existence une fois minuit passé. L’amour et les applaudissements du public sont-ils réellement pour elle ? Comment y re-goutter à nouveau  sans que le secret ne s’évente ? Que faire de la femme enlaidie pendant que Kasane profite de son séduisant costume ?

Avec le théâtre comme fond rêvé pour ce conte ensorcelé, ce premier tome de Kasane captive par son récit vénéneux qui va de rebondissement en rebondissement, tandis que son héroïne torturée risque bien d’enlaidir son âme en embellissant son visage. Diablement prenant !

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RitournelleRitournelle
 de Aoi IKEBE chez Komikku: Fin 2015 Komikku lançait sa collection Horizon, largement inspiré des collections Latitudes de Ki-oon ou Écritures de Casterman. Parmi les premiers titres proposés, Ritournelle mérite donc qu’on s’y arrête deux minutes… C’est d’abord un bel ouvrage : ce one-shot fait honneur à son coût assez élevé (18 euros) en proposant de très belles couleurs, qui rendent hommage au graphisme très doux de la mangaka, tout en poussant l’immersion grâce à des pages extrêmement soignées : les contours des cases sont ornementés de motifs fins et élégants et le reste du cadre de la page est tramé  dans toute une gamme de couleurs – qui varie et développe différentes ambiance – dans un rendu proche du marbre. C’est très réussi et cela résonne assez bien avec l’histoire elle-même. Ah !  J’ai failli oublié de vous parler du scénario d’ailleurs !

L’époque ou le pays du récit sont volontairement passés sous silence, car Ritournelle c’est surtout l’histoire d’un bâtiment iconique : un couvent et la vie de ces habitantes il y a quelques centaines d’années, à l’époque où la foi était l’alpha et l’oméga de nombreuses vies. En lisant ceci, je suppose que les réfractaires à la religion ont plutôt une réaction de rejet ou au moins de profonde méfiance, tout comme votre athée de chocobo (qui ne croit que dans la plume de phénix et les légumes de Gysahl, à al rigueur). Heureusement, Ritournelle n’a rien d’un prêchi-prêcha qui cherche à vous vendre les Saintes Écritures avec un paquet d’hosties en bonus. C’est presque le contraire.

La vie dans ce « sanctuaire » pour nonnes nous est présenté à travers le regard de deux générations : celui d’une jeune orpheline recueillie par l’église, Amilah, qui doit chaque jour participer aux très nombreuses taches pour entretenir la chapelle, sous les ordres de sœur Marwena, modèle de perfection au visage fermé et souvent songeur, souvent tourné vers le monde extérieur, avec qui elle semble entretenir un lien… étrange. Marwena, entièrement dévouée à sa foi, irrite ses consœurs par sa perfection et n’épargne rien à la jeune Amilah, mais il y a beaucoup à découvrir derrière le voile des apparences… Et la gentillesse de certains pourraient bien faire voler en éclat la plus solide des armures. Dans Ritournelle la foi est donc un chemin arpentée par plusieurs femmes, mais n’est en rien un point de départ ou d’arrivée et ce sont ces destinées faites de détours et passages secrets qui font tout le sel de cette histoire, bien plus que la religion elle-même, qui est surtout prétexte au recueillement et à l’introspection dans un cadre communautaire strict, certes, mais qui se veut paisible et apaisant.

On obtient donc une oeuvre belle, originale, réfléchie, sur le rapport épineux aux autres et la définition – ou la nécessité – du bonheur. Une belle lecture en somme…

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© 2014 Aoi Ikebe (AKITASHOTEN)

Et voilà pour ces lectures… De tous ces titres et d’autres, il en est question, en images et commentaires, sur les réseaux sociaux comme Instagram, Facebook ou Twitter pour des sessions de lecture en live. On finit avec la pile de choses à lire, toujours aussi volumineuse… Y a des choses qui vous intéressent là dedans ?

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janvier 30th, 2016
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Chroniques of the week : magie magiiiiie, et vos mangas ont du génie !

⊆ novembre 7th, 2015 | ≡ Topic: Chroniques, Chroniques of the week, Manga, Manga / Japanimation | | ˜ Pas de commentaires »

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Cette semaine, mes lectures mangas se sont faites dans une ambiance assez amusante : alors que les feuilles des arbres tombent c’est la magie qui sort de terre pour cette période d’Halloween et les mangas suivent le mouvement, surtout chez Komikku, ou d’une manière beaucoup plus singulière chez Akata. Résultat : des chroniques pleines de sorcières, de forces telluriques, de fées et d’animaux qui parlent… avec Sorcières et ténèbres, aka un ancien manga de Hiroko Nagakura (Rudolf Turkey), avec le 3e tome de The Ancient Magus Bride (un de mes coups de cœur 2015) et celui de Minuscule (as choupinou et beau as ever) en terminant avec l’inattendu et acide tome 2 de Magical Girl Site, de l’auteur de Magical Girl of the End.

En route pour les chroniques, donc, et bonnes lectures !

Sorciere-et-Tenebres-1-komikkuSorcières et ténèbres #1 de Hiroko NAGAKURA : je ne suis pas un grand de Rudolf Turkey (encore que, ça décolle pas mal dans le tome 4) mais j’avais complètement oublié qu’il s’agissait du même auteur et j’ai donc ouvert ce petit pavé de 270 pages sans aucun a priori. Pour 8.95 euros, c’est plutôt un bel objet : on a une couv’ plutôt sympathique et deux posters en fin d’ouvrage dont les couleurs nous plongent assez bien dans l’ambiance halloweenesque du moment : un manga d’saison ma bonne dame ! En plus ce shônen est en deux tomes donc on ne va pas se ruiner.

Si on regarde de plus près le récit maintenant… On découvre Hitsuji, une demoiselle assez originale et on tombe rapidement sous son charme : énergique, optimiste, complètement anti-conformiste avec son amour des choses bizarres et un peu rebutantes, comme les asticots ou les poupées artisanales un brin morbides. C’est sans doute parce qu’Hitsuji est une sorcière blanche qu’elle est un peu à part, élevée par ses trois tantes sorcières elles aussi, mais elle n’en n’est pas moins adorable et rafraîchissante. Elle a d’ailleurs un fan club d’hurluberlus au sein de l’école qui n’est pas mal non plus, dans son genre.

La vie de la demoiselle va changer radicalement le jour où Kokuyô intègre sa classe, et qu’elle tombe amoureuse du garçon au premier regard. Il faut dire que, lui aussi, il dénote : bandé de la tête au pied ce jeune homme au look de momie est en fait un chasseur de sorcières. Il voue une haine farouche à cette caste depuis que l’une d’entre elles a ruiné sa vie et l’a maudit pour en faire un être des ténèbres. Amour impossible ? Non réciproque en tout cas, pour le moment, mais Hitsuji a de l’énergie à revendre et, après tout, c’est une sorcière blanche et non pas une noire maléfique, comme les cibles de Kokuyô. Elle va donc redoubler d’efforts pour le séduire et essayer de calmer la haine de ce dernier, puis peut-être le sortir des ténèbres…

Le topo est assez classique mais le scénario ne fait pas dans la fioriture et l’on démarre très vite sur la love story, ce qui assez inédit pour un shônen, d’ailleurs. La chasse aux sorcières, elle, est là pour apporter des affrontements qui ne sont pas mémorables mais qui confèrent une part d’action et un peu de rythme au titre. La romance, pour revenir sur ce point, s’annonce donc compliquée mais la persévérance, la maladresse, la gentillesse et surtout l’humour insufflés par Nagakura à son héroïne fait qu’on l’encourage rapidement dans sa quête. De son côté Kokuyô tient très bien son rôle d’entité sombre de l’histoire et les sorcières qu’il affronte sont toutes aussi inquiétantes et meurtrières. Certes l’univers n’est pas aussi novateur et détaillé que dans un Soul Eater, mais on retrouve avec plaisir l’univers de la sorcellerie avec ses pentacles, ses poupées maudites et ses monstres magiques protéiformes. La trame de fond est assez développée elle aussi et évoque une grande réunion des sorcières qui implique une catastrophe à venir, sans oublier quelques drames du passé qu’il reste encore à déchiffrer.

Ça tient bien la route donc, des personnages au scénario. Le seul écueil reste un graphisme assez inégal, qui n’est heureusement pas un frein à la transmission des émotions des personnages. On sent juste que c’est une oeuvre de jeunesse, qui date de 2006-2007 pour être exact. Bref, si vous aimez les histoires de sorcières et les jeunes filles maladroites mais souriantes, drôles et pleines d’énergie, c’est pour vous !


The ancient Magus BrideThe Ancient Magus Bride #3 de Koré YAMAZAKI : quand une mangaka grande fan de littérature fantasy, de CLAMP et d’Harry Potter (c’est elle-même qui le dit, ici) nous sort un récit à la fois tendre et intense, comment lui résister ? Nous sommes nombreux, je pense, a avoir craqué dès le premier tome sur ce couple hors norme : le puissant mage gentlemanissime du nom d’Elias, a acheté puis épousé Chisé, une jeune fille souffrant profondément de sa solitude (d’une touchante tristesse, on a envie de lui faire des câlins à cette jolie rousse)… et ce couple improbable fonctionne à merveille. On constate qu’ils sont tous deux gorgés de faiblesses et qu’ils dissimulent de nombreuses cicatrices mais on réalise dans ce 3e opus l’étendue de leur puissance, si effrayante qu’elle peut les ronger, les transformer et, qui sait, les détruire…

Koré YAMAZAKI manie avec beaucoup de talent cet équilibre entre force et fragilité et tisse un fil de plus en plus épais entre nos deux amoureux, qui ont cette lutte interne en commun. En piochant dans des personnages classiques de la littérature fantasy, elle multiplie également les rencontres, chacune allant étoffer par ricochet ses deux personnages principaux : le chien qui garde l’âme d’une maîtresse défunte devient le familier de Chisé, lui conférant aussi bien un nouveau protecteur que quelqu’un dont elle est responsable, à l’opposé de son lien avec Elias. Une façon en tout cas astucieuse de pouvoir s’éloigner de son mage de mari, qui était jusqu’ici son unique protecteur, pour aller découvrir sous un autre regard le monde magique, avec des découvertes qui n’appartiennent qu’à elle, dans une ambiance plus détendue.

C’est aussi une bonne occasion pour en savoir plus sur Elias, sur son passé par exemple, en écoutant les autres parler de lui… Bref, après un premier round qui a vu se succéder la rencontre de la Slay Véga et du Pilum Murialis, la découverte de la magie, le début de la romance mais aussi un Némésis des plus dangereux, on commence à profiter des premières révélations et on continue d’étoffer les relations. Une histoire vraiment très bien menée et qui suscite une bien agréable empathie… Nous voilà enchantés.


Minuscule 3Minuscule #3 de Takuto KASHIKI chez Komikku: L’instant trognon (de pomme, ah ah) des chroniques de la semaine. Si The Ancient Magus Bride est une très belle découverte pour son univers et son scénario, minuscule n’est pas en reste et possède même une longueur d’avance du coté des graphismes et des personnages : quel niveau de détail dans ces planches et quelle réussite dans le chara-design de ces êtres minuscules ! Les petites bouilles de Hakumei et Mikochi, nos héroïnes minipousses et de leur amis « humains » nous avaient déjà charmés lors des volumes précédents, mais il faut avouer que le look d’Higaki, le vieux propriétaire d’une résidence qui connait quelques affrontements dans ce volume, est vraiment excellent, avec un entremêlement de sa barbe touffue avec sa chevelure des plus denses qui est du bel effet.

La réussite graphique des personnages se vérifie aussi chez les animaux humanisés de l’univers de minuscule. Dans les volumes précédents nous avions découvert Sardine, l’ouvrier de rénovation de bâtiment qui travaille avec Hakumei – le revoilà dans ce tome le temps d’une journée épicurienne en ville qui met franchement l’eau à la bouche – mais on découvre aussi Spirale, un lézard chef de bande pas commode, qui n’est pas une créature à sang-froid pour rien, avec une stature et un regard qui savent se faire impressionnants.

Mais, rassurez-vous, même ce reptile pas facile ne va pas transformer notre récit en conte dramatique car, dans minuscule, il semble que tout se finisse toujours bien, autour d’une bonne table et de quelques bonnes bouteilles. Ce manga ne nous donne qu’une envie d’ailleurs : aller faire le marché à la recherche de bons produits pour faire ensuite ripaille entre amis. Pour finir, comme The Ancient Magus Bride encore une fois, on savoure une nature omniprésente, chaleureuse et accueillante de surcroît, propice à de petits bonheurs simples qui font la joie de l’existence. Le manga de Takuto KASHIKI (traduit par l’excellente Fédoua Lamodière, pour ne rien gâcher) a vraiment un charme fou, courez l’essayer !

magical-girl-site-2Magical Girl Site #2 de Kentarô SATÔ chez Akata : On termine par quelque chose de radicalement différent. De la magie il est question mais de manière beaucoup plus trash et sanglante par l’auteur du débridé Magical Girl of the End. Moins grandiose que le manga d’origine, le tome 1 de la série avait laissé quelques lecteurs sur leur faim, mais la critique très acide de la société et l’irrévérence morale que semble affectionner le mangaka franchit un cran intéressant dans ce second opus, avec un traitement fou mais pourtant pertinent des idols.

Pour rappel, dans ce récit, plusieurs filles se sont retrouvées en possession d’un baguette magique avec un super pouvoir… et certaines d’entre elles sont alors devenues de flippantes meurtrières. Deux d’entre-elles, Aya et Tsuyuno, se sont alliées pour essayer de démêler le mystère qui se cache derrière les créateurs des baguettes et du site internet qui les fournit, lequel annonçant d’ailleurs une apocalypse à venir.

On retrouve une fois de plus, grâce à Kentarô SATÔ, avec des asociaux au pouvoir avec les mains rapidement couvertes de sang, par manque de chance ou simple esprit de vengeance, celle des faibles et des persécutés, mais pas que… En effet, comme je le disais, c’est aussi au tour des idols de briller et de jouer avec leur pouvoir. Quoi de mieux qu’une jeune fille considérée comme une déesse par des cohortes de mâles en rût pour devenir une Magical Girl toute puissante ? Son don, donné par une petite culotte magique (oui oui), lui permet d’ensorceler qui elle veut pour en faire son esclave… c’est tellement évident quand on y pense qu’on ne peut s’empêcher de rire, puisque la petite culotte des idols est, dans la vraie vie des fans Japonais, toute une histoire fantasmatique en elle-même.

Dans le manga, cette nouvelle magical girl est donc une idol hyper populaire, ce qui nous est démontré à travers la vie de l’un de ses fans, endetté jusqu’au coup et obnubilé à l’extrême par la jeune star. L’auteur pousse l’aliénation de ce looser à son maximum et l’on comprend que cette obsession n’est pas naturelle mais, en même temps, nous ne sommes pas si éloignés de la réalité… Enrobée dans un marketing et une communication basés sur des allusions sexuelles permanentes – du type « louez moi une heure pour me passer la laisse au cou jeune maître » – l’industrie décrite dans ce tome ne fait que pousser un peu plus loin un modèle déjà en place, lui empruntant par exemple les séances de serrages de main entre fans et idols, l’utilisation pernicieuse des sites et réseaux sociaux, la vente de produits dérivés, etc.

Même si l’on continue de mettre en place la trame de fond et d’ajouter quelques flashbacks pour étoffer le profil des protagonistes, c’est donc dans sa critique sociale, réaliste et finalement édifiante, qu’on savoure ce second tome. Du Akata comme j’aime !

Et voilà pour ces lectures… De tous ces titres et d’autres, il en est question, en images et commentaires, sur les réseaux sociaux comme Instagram, Facebook ou Twitter pour des sessions de lecture en live. Après 3 semaines de chroniques on va changer un peu pour la prochaine fois, pour un papier inédit et collaboratif sur le blog… Car voilà qu’arrive la 600e du blog mes amis, oui oui oui !

En attendant de célébrer ça avec plusieurs invité(e)s, on se laisse sur quelques photos du Japon, dont certaines de saison justement, histoire de changer des mangas !

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novembre 7th, 2015
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Chroniques of the week : oh la vache… Mais ce ne serait pas ARAKAWA ?

⊆ novembre 1st, 2015 | ≡ Topic: Articles, Chroniques, Chroniques of the week, Manga, Manga / Japanimation | | ˜ 2 Commentaires »

Chroniques Manga Paoru.fr-001

Après quelques semaines focalisées sur la déferlante de la rentrée, j’ai enfin eu l’occasion de rattraper mon retard sur les sorties de l’éditeur Kurokawa, qui fête ses 10 ans avec de bien belles choses au catalogue présent et à venir (ONE PUNCH MAAAAAAAN !). De mi-août à mi-octobre c’est plus d’une vingtaine de mangas qui nous ont été proposés et on y retrouve une bonne partie des auteurs ou titres  phares de la maison d’édition : du Arakawa sous toutes ses formes (humour, aventure, tranches de vie agricoles, deeeeemandez l’programme !) du Kodama, du Nozokiana, du Jésus et Boudhaaaaaa (ouai les rimes en a c’est claaaaasse) et le troisième tome des Miséraaaa…bles (damnit, j’y étais presque !). Bon le soucis c’est qu’il y a teeeeellement de chose à dire que si je met tout ici, vous en avez pour votre semaine à tout lire. L’occasion est donc parfaite (again…) pour un spécial Hiromu ARAKAWA, histoire de rendre hommage à la Holstein du manga !

En route pour les chroniques donc, et bonnes lectures !


Nobles Paysans 3Nobles Paysans
 #3 de Hiromu ARAKAWA :
 On commence par une bonne tranche de rigolade et de la vie de campagne. Troisième volume de cette autobiographie de la mangaka à succès (Fullmetal Alchemist pour les béotiens) qui continue de narrer ses septs années de vie dans la province très agricole d’Hokkaïdo.

Déjà, c’est un chouette bouquin : nombreuses pages couleurs, grand format et des bonus de partout (j’adore la mini-bd en bas de page qui s’anime quand on feuillette l’ouvrage), une traduction et une édition nickel : même avec « seulement » 120 pages on ne rechigne pas à débourser les 9.1 euros nécessaires, surtout une seule fois par an.

Pour cet opus 2015 on continue d’apprendre plein de choses sur la famille Arakawa, notamment sur la mère et feu la grand-mère, des personnages hauts en couleurs, jamais dénués de ressources et qui prennent la vie avec un entrain inoxydable. Ils sont assez touchants en plus, il faut bien avouer. Le livre est aussi un défilé d’anecdotes, issues des discussions entre l’auteur et son éditeur, laquelle faisant partie intégrante du récit et jouant le rôle du spectateur lambda, tout aussi surpris que nous par la vie rocambolesque des agriculteurs… Une façon d’apprécier à quel point ils sont tous bien barrés… Néanmoins nous sommes les seuls surpris car, du coté des fameux paysans, tout ça est pris avec naturel et désinvolture ce qui participe énormément au comique des différentes situations.

Dans ce volume Arakawa évoque pas mal d’histoires entourant les animaux, indissociables de la vie de campagne : la capacité des chiens à se pointer – à la seconde près – à l’heure du repas, les chats qui dorment vraiment n’importe où, les grues, les poissons et bien évidemment les vaches… les fameuses Holstein n’auront plus aucun secret pour nous !

Blagues mises à part la mangaka est aussi là pour partager et faire réfléchir : elle ancre toutes ses histoires dans une réalité sociale ET économique tout en dévoilant quelques aspects de son existence, comme l’époque charnière où elle a lancé sa carrière tout en continuant à travailler à la ferme. Le résultat est dense, drôle et passionnant. Nobles paysans devient un cadeau qu’on se fait chaque année avec plaisir !

silver-spoon-11-kurokawaSilver Spoon #11 de Hiromu ARAKAWA : d’humour aussi il est question dans cette autre série d’ARAKAWA, tout comme d’agriculture, mais pas seulement. Avec la fin de sa première année de lycée agricole qui approche, Yugo doit commencer à se confronter à son avenir. Ce jeune homme qui allie une profonde gentillesse, de l’intelligence et un attachement toujours cornélien à ses idéaux est décidément très charismatique, même s’il reste assez empoté dans sa relation amoureuse… Mais Aki n’est guère mieux et la communication entre ces deux là vaut vraiment le détour dès qu’il s’agit de parler de sentiment : « oh Yugo des chocolats, merci ! Hum oui le 14 février et alors ?« 

Si on creuse un peu le récit depuis ses débuts, on voit que tout le parcours de Yugo est jalonné d’antagonisme entre rêves, souvent ceux des autres d’ailleurs, et réalité : on a eu l’élevage du petit cochon, le camarade qui rêvait de baseball et Aki qui rêve d’équitation… Des batailles où Yugo refuse toujours de s’avouer vaincu. Mais cette fois-ci il va falloir qu’il commence à s’occuper de lui et une mission des plus périlleuses s’annonce : convaincre son père, cet iceberg intransigeant. On a appris à détester l’homme lors des volumes précédents, mais ce 11e opus vaut de l’or car, après échecs et humiliations, il semble que tout n’est pas perdu entre ces deux-là. En tout cas la visite du père au lycée agricole, au delà de cette confrontation père-fils, est aussi un moment hilarant… Avec une baston de regard épique !

Bref, depuis le temps que je vous le dit, Silver Spoon est vraiment un manga pas comme les autres, dont les personnages nous touchent de manière surprenante. L’un des rares titres que je pourrais me mettre à relire, d’autant plus avec le ralentissement sec que connait la publication au Japon, puisqu’un seul tome (le 13e) est paru en 2015.

the-heroic-legend-of-arslan-manga-volume-3The Heroic Legend of Arslân #3 de Hiromu ARAKAWA & Yoshiki TANAKA : C’est amusant de voir que, pour ces récits épiques autres que FMA, ARAKAWA choisit pour la seconde fois une adaptation. Je suppose que ça lui simplifie la vie niveau écriture mais pas seulement, on sent qu’elle aime ces grandes fresques inspirées de légendes qui font l’histoire des peuples. Si je n’ai pas été totalement emballé par Héro Tales, Arslân se montre beaucoup plus finement élaboré, et de plus en plus prenant. C’est en tout cas une nouvelle occasion pour l’auteur de se laisser aller à de grands combats héroïques et une soif de justice qu’elle sait faire germer chez ses héros comme dans le cœur du lecteur, en faisant défiler les pires crimes qui soient : trahisons funestes, massacres au nom de la religion, esclavage, vengeances assoiffées. On dispose donc de tous les ingrédients pour se faire emporter par cette aventure aux parfums d’Orient. Religion – Orient – Massacre : voilà d’ailleurs qui fait un sinistre écho contemporain aux dérives religieuses de cette région, même si ça n’a rien de nouveau. Mais bref…

Au centre de ce récit on retrouve le fameux Arslân, Prince dont le Roi de père a été vaincu et déchu. Le jeune homme est encore naïf mais on a envie de lui laisser le bénéfice du doute, d’autant que son enfance dorée ne l’a pas vraiment bien préparé à la barbarie humaine. En plus, il est accompagné par une garde rapprochée de haute tenue, qui vient s’étoffer dans ce volume. Il y avait déjà ce symbole de force et de justice, le ténébreux Daryûn – qui a conquis toutes mes connaissances féminines en deux planches, il est fort – puis Narsus, cet artiste lamentable et pourtant convaincu de sa vocation, qui s’avère heureusement un stratège de génie et qui prend la pose pour la couverture du tome. Bon ok, il est pas moche non plus mais, ô joie, il y a désormais une magnifique inconnue, la redoutable prêtresse Faranghîs qui vient rejoindre la troupe de rebelles amenant avec elle le rusé, flatteur et redoutable combattant du nom de Ghîb.

Après le chara-design parfois très carré et anguleux d’un Silver Spoon, les protagonistes d’Arslân montre qu’ARAKAWA sait aussi faire dans une grande finesse et qu’elle ne se contente pas de savoir dessiner des gueules austères et massives débordantes de virilité et de rigueur. La féminité, tout en battement de cil, en regards pénétrants et en petites pointes de sensualité, elle sait aussi le faire. Arslân mélange en tout cas les deux styles à la perfection et, en bonus, nous apporte une bonne dose d’action sous la forme de duels intenses et vifs ou d’affrontements militaires de plus grande ampleur. Un manga des plus complets donc et j’avoue que le jeu vidéo prévu en 2016 façon Dynasty Warriors, me fait un peu de l’œil, mais j’attends d’en savoir plus.

Et voilà pour ces lectures… De tous ces titres et d’autres, il en est plus questions sur les réseaux sociaux comme Instagram, Facebook ou Twitter pour des sessions de lecture en live. La semaine prochaine on continuera avec du Kurokawa et peut-être aussi un peu de Kana, Ki-oon et/ou de Glénat et Komikku, car j’ai des choses très alléchantes qui m’attendent, la preuve avec la pile à lire :

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novembre 1st, 2015
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Chroniques of ze week : 3 mangas et mangakas qui se démarquent

⊆ octobre 25th, 2015 | ≡ Topic: Chroniques, Chroniques of the week, Manga, Manga / Japanimation | | ˜ Pas de commentaires »

Chroniques Manga Paoru.fr-001

Après quelques jours de vacances, le chocobo est revenu chez lui pour constater qu’une MONTAGNE de mangas avait pris possession de sa boite aux lettres. Pour faire fondre la pile, on commence par des choses assez originales, dont vous avez sans doute entendu parler et qui se démarquent assez nettement du lot, par des choix graphiques et/ou scénaristiques : le fameux Levius qui divise pas mal le web, une mise à mort d’une rare intensité dans le tome 4 d’Innocent et le trop discret Drifters qui est toujours aussi délicieusement immoral. En route pour ces chroniques… Et bonnes lectures !

levius1Levius de Haruhisa NAKATA chez Kana : Celui là ne laisse pas indifférent. Je dirais même que vous saurez très rapidement s’il est fait pour vous ou non dès les 62 premières pages du chapitre 1. Nous voilà dans un certain XIXe siècle. Mais pas le notre, non, celui d’une nouvelle ère qui fait suite à une guerre dévastatrice. A cette époque la boxe mécanique fait fureur :  on y voit des lutteurs munis de membres artificiels qui s’affrontent dans de gigantesques arènes. Le jeune Levius, dont le père a été tué à la guerre et dont la mère est plongée dans le coma depuis le conflit, se découvre un talent tout particulier pour ce nouvel art martial et monte un à un les échelons, aidé par son oncle et entraîneur Zack. Cependant, alors qu’il s’approche des sommets, le destin de Levius semble se rapprocher de cette ancienne guerre dévastatrice… et être lié à l’avenir de cette nouvelle civilisation.

Ce n’est pas tellement le scénario qui pose question : ambiance steampunk dans la ville de Steamland, née d’une sorte de « révolution de la vapeur » et distillant des références évidentes à la seconde guerre mondiale, même si le style vestimentaire est plus du début du XXe. Ajoutez à ça l’ambiance des arènes et leurs gladiateurs plus ou moins mécanisés pour en faire de combattants surpuissants. Ces derniers, perdu dans ce nouveau monde, on choisit ce mode de vie pour y faire leur place et ils espèrent continuer jusqu’à mourir un jour face au public, pour graver leur nom dans les mémoires et dans le panthéon des guerriers. Dans ce monde de l’ère industrielle, devenu petit à petit mécanique et sans âme, familles et rêves ont tous été brisés, et chacun se complet dans ces plaisirs barbares. C’est de là, de ces ténèbres que va rejaillir une lumière… et l’espoir.

Vous l’aurez compris, on peut facilement se laisser entraîner par Levius et son héros sombre, qui traîne une histoire dramatique et sans lendemain, et qui tente une quête de sens et d’identité à travers la transcendance des combats. Mais voilà, cher lecteur, pour vivre ce voyage qui s’annonce palpitant il va falloir vous faire au graphisme de l’oeuvre. Levius n’est pas tout à fait, sur ce plan visuel, un manga comme on le définit habituellement, et tient plus office d’hybride. Comme tente de la définir l’éditeur japonais, il s’agit d’une nouvelle norme, un renouvellement du manga que nous évoquions il y a peu avec le directeur éditorial des éditions Sakka, rapport à la publication de Nicolas de Crécy chez Shueisha. Dans cette nouvelle norme, donc, on découvre des personnages et des décors hyper détaillés avec un trait et un crayon très présent mais très peu de jeux d’ombres, bien loin du style plus net et épuré japonais. Mais le plus marquant est l’innovation technologique avec la construction d’arrière plan / premier plan par un jeu de focus sur certaines parties du dessin, qui apparaissent nettes là où le reste est flouté pour donner une impression de profondeur ou de dynamisme.

Le tout donne à Levius une réelle singularité et, comme toute oeuvre innovante à forte personnalité, les gens sont partagés par cette bande dessinée qui part chasser sur des terrains inhabituels. Mais la démarche reste à saluer car la plupart de ses expérimentations produisent leur petit effet sur le lecteur, que ce dernier l’apprécie ou pas, et l’expérience ne demande qu’à mûrir, et peut être se retrouver dans quelques années par petites touches plus discrètes dans de futurs mangas. Ainsi, que vous lisiez de ce titre qu’il est moche ou qu’il constitue une véritable claque graphique (big up respectivement à Ours et à Remi), je ne saurais que vous conseiller de l’essayer par vous-même, pour explorer cette nouvelle piste !


INNOCENT_tome_4Innocent #4
de Shin’ichi SAKAMOTO chez Delcourt
: j’avais évoqué rapidement le premier tome de cette nouvelle série du mangaka d’Ascension. C’était magnifique dès le départ et ça l’est toujours, même si l’omniprésente poésie artistique de cet ouvrage, dans les corps comme dans les esprits, prend une tournure de plus en plus inattendue, oscillant entre violence et sensualité depuis quelques chapitres. Pour rappel Innocent c’est la vie de Charles-Henri Sanson, le célèbre bourreau de la Révolution française… La Révolution est encore loin mais il est temps pour notre homme de procéder à son premier écartèlement dans ce 4e opus.

Encore jeune et inexpérimenté, Charles-Henri est épaulé dans cette tache par son oncle Gabriel, exécuteur de Versailles, qui espère bien profiter de l’occasion pour briller tout en couvrant de honte Charles-Henri, afin de lui piquer la place de bourreau de Paris. Jusqu’ici notre héros refusait son statut d’exécuteur des Hautes Œuvres de sa majesté, n’y voyant que de la barbarie, et notre apollon préférait rêver de romance et de danses endiablées avec d’autres hommes beaux et immaculés, à la longue chevelure, tout en passant sa vie à aider la veuve, le pauvre et l’orphelin…

Le chara-design débordant de blancheur et de pureté de Shin’Ichi SAKAMOTO, aux accents yaoi pourrait-on dire, se pose violemment en opposition avec le destin qui attend notre bourreau, fait d’hémoglobine et de chair éparpillé. Le résultat est unique et il faut un peu de temps pour s’y faire, là aussi, mais il finit par prendre tout son sens dans cette époque de gloire et de décadence.

Charles-Henri, contraint par la déchéance de son père, s’est donc mis au travail, mais en s’y reprenant à plusieurs fois pour décapiter son premier condamné, le malheureux. Néanmoins, petit à petit, il a changé de regard sur sa tache : puisqu’exécution il doit y a voir, autant offrir aux malheureux une mort rapide et digne. Rapide il y a peu de chance cela dit, car lorsqu’on agresse sa majesté le Roi, on ne peut espérer mourir promptement et sans souffrir. Après des journées de torture l’exécution a donc débuté et les supplices s’enchaînent avec atrocité : avec des tenailles chauffés à rouge on arrache des lambeaux de peau puis on fait couler de l’huile bouillante dans les plaies béantes avant de carboniser avec du souffre fondu la main par laquelle le coupable a agressé le Roi. Le mangaka ne nous fait pas de cadeaux : même s’il magnifie ce spectacle morbide en le comparant à une danse survoltée qui se déroule sur une musique douce et élégante, la souffrance du supplicié et ses cris sont bien présents et durs à supporter.

Dès ce préambule à l’écartèlement l’ambitieux Gabriel vacille, à l’inverse de Charles-Henri qui endosse enfin son costume de grand bourreau. Malheureusement le calvaire n’arrive à son apothéose que lorsque le coupable est attaché à quatre chevaux pour voir ses membres arrachés. On en avait presque oublié que Gabriel, dans sa quête de renommée, a fait mettre en place quatre canassons vieux et faibles à la place des destriers vigoureux prévus, pour faire durer l’écartèlement. C’est uniquement grâce au sang-froid et aux connaissances pointues en anatomie que, après 1h30 d’agonie, Charles-Henri mènera à terme cette mise à mort, commençant ainsi à tracer sa propre voie. Un spectacle et une souffrance physique comme on en a rarement connu. En plus d’être un titre prenant de par son contenu historique,  largement détaillé en bonus d’ailleurs, voici un seinen des plus intenses… et des plus marquants.

Innocent © 2013 by Shin-Ichi Sakamoto

Innocent © 2013 by Shin-Ichi Sakamoto


drifters-04Drifters #4 
de Kohta Hirano chez Tonkam : J’en finit cette semaine avec ce manga complètement barré qui m’avait séduit dès le départ : l’idée est de réunir les plus grandes figures héroïques, militaires et politiques de l’Histoire, de Raspoutine à Nobunaga en passant Billy The Kid ou Jeanne d’Arc, et de les mettre dans deux camps opposés, les Drifters et les Parias… Le but avoué : qu’il se fasse la guerre pardi, pour se régaler d’affrontements dantesques faits d’armes blanches mais aussi d’explosifs, de fusils, d’elfes, de nains et de grands noms qui n’ont qu’une seule hâte, celle exploser le plus d’adversaires possibles et de lutter contre des ennemis enfin à leur hauteur !

Si je vous reparle de ce titre c’est pour son absence de moralité qui est des plus rafraîchissante. Tout amateur de célèbres guerriers ou stratèges s’est toujours demandé qui était le plus fort. Donc quitte à faire le pari fou de les mettre sur un même champ de bataille, autant y aller à 100% et sans aucune retenue, pour se faire plaisir. Pas de débats éthiques sur les conséquences d’une guerre ou sur les populations qui souffrent, pas de retour de bâtons moralistes dès qu’un plan tordu a fait mouche : tous les coups sont permis dans un univers de Dark Fantasy très bien choisi car il peut cumuler sans incohérences majeures les peuplades ou civilisations les plus diverses, tous comme les armes ou les magies les plus évoluées.

Enfin n’allez pas croire que les deux camps de ce récit viennent poser des frontières manichéennes puisque les héros de l’histoire, les Drifters, n’ont franchement rien de preux chevaliers : leur chef est un samurai totalement bourrin qui ne vit que pour et par son sabre et la tête pensante du groupe, notre cher Nobunaga, est un manipulateur né, avide de conquête et de pouvoir… De l’autre coté, les bad guys semblent frustrés par l’injustice de leur ancienne existence ou en quête d’une vengeance pour rétablir une pseudo moralité.

« On est des guerriers, on compte parmi les meilleurs de l’Histoire, on aime ça et on assume… et de toute façon on ne sait faire que ça, alors laissez-nous aller leur mettre une bonne grosse pâtée bordel de merde !  » : voilà comment on pourrait résumer ce seinen totalement jouissif !

Et voilà pour ces lectures… Comme d’habitude je ne parle pas de tout : je pense attendre la fin de Sangsues pour en faire un bilan, Yamada-kun and the 7 Witches tout comme Bestarius attendront une spéciale shônen qui arrive le mois prochain et il faut que je lise les seconds tomes de The Devil’s Line et Kamen Teacher Black pour voir si la bonne surprise se confirme ou non. De tous ces titres et d’autres, il en est plus questions sur les réseaux sociaux comme Instagram, Facebook ou Twitter pour des sessions de lecture en live. Je termine par l’habituelle photo de la pile de tomes à lire et à chroniquer, et vous donne rendez-vous la semaine prochaine pour une spéciale Kurokawa pour rattraper deux mois qui sont des plus alléchants, comme vous pouvez le voir :

Chroniques Manga Paoru.fr-001


octobre 25th, 2015
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Chroniques of ze week : autour du tome 7, quatre mangas qui en ont dans la tête

⊆ octobre 4th, 2015 | ≡ Topic: Articles, Chroniques, Chroniques of the week, Manga, Manga / Japanimation | | ˜ Pas de commentaires »

Chroniques Manga Paoru.fr-001-2

J’aime bien les tomes 7. Enfin… pas uniquement les tomes 7, plutôt cette période entre les tomes 5 et 10 où une série dévoile son potentiel, puis confirme volume après volume que vous avez un bon manga entre les mains. Finies les présentations et les hésitations, on passe la seconde en terme de narration, on assiste aux premiers plotwists d’ampleur… et on reste pour un temps épargné par la dilution ou l’étirement du récit, cette habitude irritante pour faire durer un succès tout juste acquis. Qui plus est c’est aussi une fierté pour le lecteur qui a su se montrer patient, et que le jeu en valait la chandelle.

Ces dernières semaines j’en ai lu quatre comme ça, trois tomes 7 justement et un tome 9, qui ont comme point commun de dérouler un excellent scénario et, hasard le plus total, basés sur quatre conflits armés historiques, fictifs ou carrément surnaturels. Certains font parler d’eux et sont déjà connus et reconnus – et maintiennent leur niveau avec brio tome après tome – mais d’autres sont plus proches de la déception commerciale, à tort. Mais nous allons tenter d’y remédier…

Bonne lecture et, comme d’habitude, plus d’infos en cliquant sur le lien en en-tête de chaque chronique !

Il était une fois… LA GUERRE !

Ad Astra 7Ad Astra VII de Mihachi KAGANO chez Ki-oon : On démarre par le titre le plus « réel » des quatre, un récit historique qui traite des Guerres Puniques, la seconde plus précisément. Tout se déroule donc au IIIe siècle avant JC entre une civilisation romaine en plein essor et les civilisations carthaginoises (aka civilisations puniques, d’où le nom) qui refusent de se voir dépossédées de leurs terres méditerranéennes après avoir perdu la première guerre. Sous l’égide du général de génie Hannibal Barca, ils sont bien décidés à prendre leur revanche. J’avais évoqué la série au second tome à la rentrée 2014, car ce manga historique mettait en lumière une période méconnue et passionnante de l’histoire romaine.

En France, avec Astérix et la capitulation de Vercingétorix à Alésia, on connait plutôt L’Empire Romain, la superpuissance établie qui a accolé son fameux tampon Senatus Populus Que Romanus du Portugal à la Turquie. Dans Ad Astra, aux alentours de -220 avant JC donc,  les Romains sont déjà bouffis d’orgueil mais ils ne règnent « que » sur la moitié de la Méditerranée, des côtes espagnoles aux côtes grecques. C’est de cet orgueil que Barca va tirer toutes ses ruses, en plus de manier à la perfection les particularités des champs de batailles. Durant les six premiers tomes, on assiste donc à toute la bêtise d’une armée trop sûre d’elle-même : elle traite l’ennemi avec arrogance, chaque général romain se précipite sans réfléchir, persuadé de vaincre l’ennemi rapidement, que le surnombre et la grandeur de Rome suffisent. Au contraire, Hannibal monte des plans minutieux et de plus en plus échafaudés au fil des batailles, ne laissant aucun détail au hasard. De la présence d’une rivière à la météo du jour, le carthaginois mise toujours sur l’effet de surprise et l’avantage psychologique qu’il procure, en laissant croire à son adversaire qu’il a été mis à jour ou qu’il attaque de manière insensée, tel le barbare bourrin qu’on attend qu’il soit dans le camp romain. Cette humilité est sa meilleure arme, tout comme son image de libérateur qui lui vaut le renfort des peuples, jusqu’ici opprimés par nos hommes en jupettes.

Cependant, comme le dit l’adage, Rome ne s’est pas faite en un jour et il a fallu des hommes de talents pour la mener sur la voie de l’Empire. Hannibal a donc des ennemis d’envergure, depuis le tome 3. Mais faces aux certitudes des dirigeants brisées, les plus grands noms de Rome se rejettent la faute les uns sur les autres et pendant ce temps Hannibal progresse jusque dans l’Italie elle-même, pour la légendaire bataille de Cannes : l’un des plus grand massacres de l’Antiquité avec environ 50 000 romains tués contre 10 fois moins dans les rangs carthaginois, un chef d’oeuvre de tactique que je ne vous spoile pas mais qui, sachez-le, est encore étudiée de nos jours dans les écoles militaires. Bref, vous l’aurez compris, tout ceci est passionnant mais la bataille à sens unique pourrait finir par lasser. C’est donc avec joie que ce tome 7 propulse en avant, et au commandement, un duo romain du tonnerre : le monstre de guerre Marcellus et le jeune prodige Scipion, admirateur d’Hannibal mais qui en connait désormais les failles. Les forces s’équilibrent et la terrible tornade de défaite prend fin. C’est au tour des Carthaginois de douter… et de remettre en question leur chef. Voilà qui est prometteur !



Altair 7Altaïr 7 
de Kotono KATO chez Glénat : Enfin je vous parle d’Altaïr sur ce blog ! Je l’ai déjà évoqué sur les réseaux sociaux ou dans les colonnes de Journal du Japon, mais la série passait toujours à un cheveu des sélections précédentes. D’ailleurs, ici comme ailleurs, elle a beaucoup souffert de son graphisme initial perfectible, de ses couvertures assez classiques sur les premiers volumes, de son démarrage en douceur. Pourtant ce récit nous présente une région et une période inhabituelle dans les mangas, celle de l’Empire Ottoman du XIV – XVe siècle. Inspirée par des personnages historiques réels et quelques noms de pays bien connus, la diplômée d’Histoire sur ce sujet, Kotono KATO, nous raconte la vie passionnée de Tugrul Mahmud qui va tenter de défendre la Türkiye et son peuple face aux complots, aux trahisons, aux folies et aux luttes de pouvoir des dirigeants de toute la région.

Talentueux et premier de la classe, notre jeune homme va connaître l’échec face aux félonies politiciennes. Ce jeune général inexpérimenté et idéaliste va devoir renaître en tant qu’espion et émissaire, et observer impuissant la défaite des justes face aux corrompus… mais il va apprendre, petit à petit, à déjouer et à vaincre ses adversaires, tout en essayant de respecter ses principes et quelques uns de ses idéaux. Voilà donc une belle histoire, toujours très romancée, telle une fable sanglante avec des ennemis cruels à souhait. La passion pour l’orient de la mangaka transpire dans chaque page à travers des dessins de plus en plus réussis, pleins de détails dans les costumes, les villes ou les places fortes. Depuis le tome 4 le manichéisme s’amenuise, les personnages conservent leurs idéaux mais deviennent aussi plus malins et plus réalistes. On reste en présence d’un shônen avec un héroïsme marqué mais les protagonistes deviennent attachants et leur quête entraînante car, en plus des intrigues politiques, on découvre l’art de la guerre en terrain ottoman : terres arides et montagnes escarpées, premiers fusils et batailles à cheval… Un goût d’Orient inédit dans le palais du lecteur.

Altaïr est finalement une alternative shônen intéressante à des seinens très travaillés comme Cesare ou Ad Astra avec des couvertures de plus en plus belles dont le travail sur les dorures par les éditions Glénat est du plus bel effet. Une chouette aventure à essayer !

Des batailles épiques et qui piquent

magical-girl-end-07Magical Girl of the End #7 de Kentarô SATÔ chez Akata : lorsqu’on commence fort, ce n’est pas toujours facile de durer et un article enthousiaste basée sur les premiers volumes est tout sauf parole d’évangile pour un manga qui dure. Heureusement, Magical Girl of the End n’est pas de ceux là, et fait honneur à l’enthousiasme qu’il avait suscité dès son premier opus. Pour ceux qui ne connaissent pas ce premier titre de la collection WTF d’Akata, je vous encourage à lire l’article de votre serviteur à la sortie de la série. Pour vous faire la version courte, disons qu’il s’agit du jour où des magical girls débarquent dans notre monde pour nous réduire en charpie sanguinolente de toutes les façons qui soient. S’en suit une course effrénée de quelques personnes pour leur survie, face à ces poupées aux pouvoirs démentiels, dans une course poursuite 100% adrénaline.

Après un rush horrifique et totalement déjanté pendant 2-3 tomes, la série a su dévoiler un vrai scénario à base de bonds dans le temps, de sorcellerie, de drames personnels et de sauvetage de l’humanité. Si beaucoup de protagonistes ont été découpés / troués / éparpillés / vaporisés voir zombifiés durant les premières heures du récit, c’est désormais une véritable bande que l’on suit de près, des gens qui ont survécu à l’horreur et qui sont prêt à en découdre. D’autant que les derniers tomes, dont ce septième, révèlent toute la mécanique de cette lutte pour la domination du monde. Mais, sitôt les premiers mystères levés, l’action reprend de plus belle : un nouveau round qui est des plus prometteurs car les magical girls qui ont décimé tant d’humains sont passés du cotés des good guys, dans une nouvelle version qui devrait broyer du tibia et découper de la cervelle. Kentarô SATÔ continue donc de tenir ses promesses, excelle à renouveler son intrigue et à maintenir le charisme des ses personnages, tous plus fous et séduisants les uns que les autres. Un titre toujours aussi jouissif !


FateZero-9-JaqFate/Zero #9 de SHINJIRÔ & Gen UROBUCHI / Type-Moon chez Ototo : Décidément tous les tomes de Fate Zero sont des petits caviars depuis quelques temps. Après un volume 8 focalisé sur l’action retour aux coups bas, aux trahisons et aux alliances dans cette nouvelle itération. Il faut dire que l’étau se resserre autour du Saint Graal puisque l’on va passer de 5 à 4 prétendants cette fois-ci, et pas de la plus belle des manières qui soit. Comme le dit le 4e de couverture : « Neuvième volume de la saga Fate/Zero, entaché de hurlements maudits« …

La mort dans le déshonneur est le lot de tous ceux qui échouent dans la quête de la coupe sacrée mais certains n’attendent pas leur défaite pour jeter leur propre nom dans la boue, si cela leur permet de gagner. C’est d’ailleurs de ça que naît le principal et diablement intéressant débat de ce tome : vouloir gagner à tout prix est-il un mal lorsque cela met fin à une guerre le plus rapidement possible ? Et si on pousse ce raisonnement plus loin, pour reprendre les idées de Kiritsugu, « c’est parce que des prétendus héros viennent jeter de la poudre aux yeux avec leurs rêves d’honneur » que l’homme ferme les yeux sur l’enfer vivant qu’est la guerre et que s’ouvrent, encore et encore, les portes de la barbarie, de la terreur et de la souffrance. Voilà donc un tome où les gens se salissent les mains, mettent leur fierté de coté pour monter des alliances, trahissent leurs compagnons, leurs maîtres… Ou gagnent une force nouvelle au prix d’une déchéance physique et psychique difficilement supportable.

Une fois de plus ce seinen replonge dans la noirceur et le fait avec un talent remarquable, apportant une vraie réflexion sur le peu de lumière de notre monde. Cerise sur le charnier, cet opus s’achève bel et bien avec une descente aux enfers au sens propre, un finish des plus mystérieux… Vivement le tome 10 !

Et voilà pour ces lectures… Comme d’habitude je ne parle pas de tout, on dissertera du retour de The Arms Peddler plus tard, par exemple, et on évitera d’aborder Übel Blatt en espérant que ça s’améliore pour le finish… De tous ces titres et d’autres, il en est plus questions sur les réseaux sociaux comme Instagram, Facebook ou Twitter pour des sessions de lecture en live. Je termine par l’habituelle photo de la pile de tomes à lire et à chroniquer, et vous donne rendez-vous la semaine prochaine pour de nouveaux titres  !

Chroniques Manga Paoru.fr-003

 


octobre 4th, 2015
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Chroniques of ze week : du tome 1 à 3, des jeunes mangas très bien pour toi !

⊆ septembre 19th, 2015 | ≡ Topic: Chroniques, Chroniques of the week, Manga, Manga / Japanimation | | ˜ Pas de commentaires »

Chroniques Manga Paoru.fr-002Et oui, vous avez bien lu, c’est marqué Chronique of ze WEEK… Après avoir redéfini au premier semestre 2015 ce que je voulais mettre sur ce blog par rapport à Journal du Japon – à savoir les mangas, leurs auteurs et leurs éditeurs – je cherchais encore un rythme adéquat, et c’est la rentrée scolaire qui me l’apporté. Les précédents pavés de 13 chroniques me prenaient un temps infini à rédiger, devenaient parfois en retard par rapport au sorties, et chacun des 13 titres y perdait un peu en visibilité de part la quantité de titres traités. Sans compter que cela entachait assez nettement la spontanéité de certaines chroniques et le rythme de publication / de vie de ce blog.

Donc voilà, ces chroniques de la semaine seront plus courtes avec cinq – six titres maximum, des avis plus étoffés (la voilà l’excuse, c’est pour parler plus tout ça !) et cette rubrique viendra s’intercaler entre les interviews et les critiques grand format qui peuvent éclore lors de coups de cœur de votre serviteur à plumes. Donc ce ne sera pas toutes les semaines stricto sensus, mais plutôt deux ou trois fois par mois, à la place de tous les six semaines comme avant.

On commence ce numéro 1 par six jeunes mangas, quatre tomes 1 et deux tomes 3 qui m’ont tapé dans l’œil depuis la mi-août et on enchaînera la prochaine fois avec des séries plus avancées, qui ont gagné en maturité… Bonne lecture et comme d’habitude, plus d’infos en cliquant sur le lien en en-tête de chaque chronique !

Petits pimousses au rapport !

arte-1-komikku

Arte de Kei OHKUBO chez Komikku : La sélection débute par un nouveau manga historique, what a surpriiiise ! Florence, début du 16e siècle : une jeune femme plaque son avenir tout tracé de belle aristocrate pour devenir peintre. Une demoiselle de bonne famille qui veut vivre de son travail, qui plus est dans domaine artistique exclusivement masculin : mais vous divaguez jeune madame, vous n’y pensez pas ! Et bien SI ! Les obstacles que va rencontrer Arte s’annoncent nombreux : misogynie et précarité, pauvreté et solitude, sans oublier tout un art à maîtriser hors de sentiers battus… Mais peu importe, Arte sera peintre !

Bon… commençons par corriger un point : manga, oui, historique, plus ou moins. C’est Florence, c’est bien le 16e siècle et la renaissance mais voilà davantage un manga sur la vie des peintres qu’un défilé d’événements ayant marqué leur époque. Cela viendra peut-être plus tard, mais rien à voir avec Cesare par exemple. A la place ce titre s’appuie, avec succès heureusement, sur les problèmes de la condition féminine et le prix à payer pour l’indépendance, pour le choix de son propre destin. La jeune Arte est assez craquante en jeune tête brûlée, grâce à un bon coup de crayon de OHKUBO tandis que son maître, le jeune mais taciturne Leo, est tout aussi réussi. D’ailleurs, si je m’arrête deux secondes sur le graphisme. Sans être au niveau d’un Bride Stories (le communiqué y allait un peu fort, quand même) on peut saluer de nombreuses bonnes choses :  des regards omniprésents avec un panel intéressant et assez varié d’émotions, un talent certain pour les coupes de cheveux et les tenues pleines de détails puis, enfin, des décors soignés, visiblement bien étudiés pour donner du crédit à cette Florence grouillante de vie. Si on achève la tableau avec quelques pointes d’humour, on obtient donc une première peinture plutôt alléchante. On attend avec impatience la suite pour se faire ensorceler, pour de bon, par la jeune et pétillante Arte !


last-hero-inuyashiki-1-ki-oonLast Hero Inuyashiki
 
de Hiroya OKU chez Ki-oon : En voilà un qui a fait parler de lui en juillet. Pensez donc, c’est le nouveau titre de l’auteur de Gantz. Ce mangaka féru de technologie récidive avec un vieux monsieur au bout du rouleau : Ichiro Inuyashiki, 58 ans mais qui en fait presque 80, employé de bureau minable et méprisé de tous, y compris de sa famille… Seul sa chienne Hanako est avec lui, et il en a bien besoin depuis qu’il se sait atteint d’un cancer en phase terminale. Mais, alors qu’il pleure sur son sort une nuit en plein milieu d’un parc, il est atteint par une lumière aveuglante et se réveille plus tout à fait comme avant…. Le voici devenu un cyborg surpuissant !

Big powers come with big responsabilities ou quelque chose dans le genre, mais toute la question est de savoir comment Inuyashiki va reprendre sa revanche sur la vie, s’il est bien le seul dans son cas et quelle est l’étendue réelle de ses pouvoirs ! Ce premier tome nous dépeint d’abord la lamentable vie de ce senior, critiquant au passage le moule ingrat de la société japonaise qui ne redonne pas grand chose à celui qui s’y conforme, où la fameuse humilité si chère aux Japonais fait aussi de vous un looser aux yeux des autres. Et puis vient la transformation, la nouvelle chance, l’occasion de tout faire voler en éclat. Ces nouveaux pouvoirs vont aussi lui permettre de changer les choses, de sauver des vies et de trouver le bonheur en se démarquant du lot. La fable ne fait que débuter mais elle promet d’être des plus intéressantes. D’autant plus que, même si je ne suis pas friand du graphisme digital que je trouve trop statique, OKU maîtrise tellement son sujet que ce n’est absolument pas un problème. Un seinen à ne pas rater.

asebi-1-dokiAsebi de Taisuke UMEKI chez Doki-Doki : passons à un titre qui n’était pas vraiment attendu… Et du coup c’est plutôt une bonne surprise ! Dans Asebi, nous vivons tous sur des îles qui flottent au milieu des nuages, sans que l’on ne sache vraiment pourquoi, ou comment… En effet, les souvenirs des temps anciens comme ceux de l’énigmatique civilisation de Voldesia se sont transformés en légendes. Ce qui est bien réel, par contre, ce sont les « poissons-dragons », des monstres qui occupent l’espace aérien et qui ne sont pas prêt à le partager. Dans cette guerre qui oppose ces créatures aux humains et à leurs navires, il existe des gardiens qui tentent de garantir la sécurité de leurs prochains. Yû est l’un d’entre eux et, à ses côtés, la jeune Asebi l’accompagne et le protège, car elle est une androïde aux pouvoirs remarquables… mais aux origines bien mystérieuses.

Voici un titre sympathique comme tout : de l’aventure avec des bateaux et des navires semi-futuristes voguant dans les airs, des protagonistes avec une bonne bouille, grâce à un chara-design enfantin au premier abord mais qui est aussi un mélange intéressant de graphismes nippons et de style franco-belge. On y retrouve des tempéraments de héros et d’héroïnes classiques mais plaisants et à la hauteur de leur héroïsme, justement, ou du moins des valeurs qu’ils défendent. Il y a le jeune homme plutôt doué et déterminé, l’héroïne pleine de secrets avec un cœur assez capricieux, la demoiselle écervelée qui a de l’énergie à revendre, le vieux pirate bourru qui ne vit que pour l’aventure, etc. Des débuts simples et attachants, à essayer en tout cas !

Border-T01Border de Yua KOTEGAWA & Kazuki KANESHIRO chez Komikku : J’ai pas mal hésité sur celui là. Je ne l’avais pas anticipé non plus, mais il faut dire que la multiplication des nouveautés Komikku commence à grignoter leur visibilité. Bref, Border nous parle des investigations d’Ango Ishikawa, inspecteur au sein de la première unité de recherche du Département de la Police Métropolitaine de Tokyo. Dans ce manga policier, Ango a une particularité, celle d’avoir été miraculeusement ramené à la vie après avoir pris une balle dans la tête. Malheureusement l’homme est en sursis car la balle est toujours dans son crane et il risque de mourir à tout instant. Néanmoins, après avoir frôlé la mort et avant de la rejoindre pour de bon, le voilà capable de communiquer avec les morts… et il tente de les écouter pour comprendre leurs histoires et leurs meurtres !

Comme je le disais le titre ne paie pas de mine dans l’absolu mais il révèle pas mal de qualités à la lecture. Le trait de Yua KOTEGAWA, que j’avais apprécié il y a quelques années sur Détenu 42, un manga sur la peine de mort, s’adapte très bien à l’histoire. Pas de surenchère et beaucoup de non-dits dans la mise en scène font de l’inspecteur un homme assez intriguant, qui n’a rien d’un super héros revenu d’entre les morts pour résoudre des enquêtes avec éclat et effets de manche… la couverture est assez éloquente là dessus d’ailleurs, avec une homme effacé mais peu lisible. Vous l’aurez compris ce n’est ni Conan ni un surdoué à la Lie to Me ou The Mentalist, même si ces derniers font parfaitement le job. Ici, les enquêtes sont teintées de tristesse et de mélancolie avec peu de double pages clinquantes… on leur préfère des grandes cases épurées qui incitent le lecteur à l’observation et à la réflexion, alternant avec d’autres pages plus riches en dialogue qui permettent de faire avancer la résolution du meurtre. Pas de frénésie ni de serial killer, même s’il y a bien un ou deux cliffhangers rassurez-vous, mais Border c’est avant tout un homme qui tente de comprendre les volontés des défunts, résolvant en même temps l’affaire même si ce n’est pas forcément le plus important. La série est prévue en quatre tomes et si le manga policier est votre genre, je vous le conseille, ça pourrait bien vous plaire.

Jamais 2 sans 3…

Kokkoku 3Kokkokou de Seita HORIO chez Glénat : ma chère Hana a déjà écrit un article sur les débuts de ce titre un peu étrange, ce qui m’a laissé le temps de m’en faire une meilleure idée, car il est assez difficile à cerner. C’est un seinen « hors du temps » à plus d’un titre, entre polar et fantastique. C’est l’histoire d’une famille japonaise presque comme tout le monde, avec Juri, jeune femme active qui tente de remuer un peu son père et son frère qui ont tendance à se laisser vivre.

Mais voilà, au milieu de tout ça il y a le grand père, détenteur d’un pouvoir qui se transmet depuis plusieurs générations, celui d’arrêter le temps et d’évoluer dans un monde un peu étrange, le monde statique. Malheureusement un tel pouvoir est très convoité, tout comme une étrange pierre qui en serait le catalyseur et qui appartient à la famille de Juri. Lorsque des ravisseurs kidnappent le frère et le neveu puis demandent la pierre en rançon, le grand-père et le reste de la famille viennent à la rescousse mais, surprise, il n’est pas le seul à manipuler le temps !

Pour manipuler le temps mais aussi l’espace, Seita HORIO a mis en place tout un monde avec une ambiance qui lui est propre, très bien rendue, mais qui comporte aussi des règles  : quiconque tentera de tuer un humain figé devra subir le courroux des gardiens, des êtres à l’apparence étrange, entre humain et végétal, et la jeune Juri se découvre la capacité d’exclure qui elle veut du monde statique par simple contact. Contre elle et sa famille, des criminels qui appartiennent à une sorte de secte ne sont pas en reste non plus…

Kokkoku tome 4Tournant autour de quelques personnages clés, l’intrigue bénéficie d’une bonne narration, qui alterne des phases de thriller – qui vont de la course poursuite à l’affrontement contre ces flippants gardiens – et des révélations sur ce monde statique ou sur les motivations de cette fameuse secte. Les couvertures ne paient vraiment pas de mine, je me demande si elles ne conduisent pas le titre dans le mur en termes de vente, mais ce serait dommage de passer à coté de ce seinen car il est vraiment très prenant !

[Breaking news !] Truc de ouf cher lecteur, je viens de recevoir hier le tome 4 de la série, quel rebondissement !!! Ce nouveau tome – à sortir le 23 septembre – possède une couverture much more séduisante même si toujours épurée, et marque une accélération de la série. En plus de quelques rebondissements comme des retournements de veste ou un combat très délicat contre plusieurs gardiens, cet opus nous plonge surtout dans la genèse de la fameuse secte et les ambitions de son leader qui fait justement la Une. Voici un Némésis comme je les aime : un bon grain de folie, une absence d’empathie et un humour glacial, des envies de grandeurs et un plan machiavélique sous le coude pour mener son projet à terme. La fin du tome marque d’ailleurs un premier pas inattendu dans le projet de ce psychopathe, on meurt d’envie de savoir la suite ! La série est arrivée à mi-chemin désormais, et ça s’annonce plus que bien pour les prochains tomes !


Arachnid 3Arachnid
 de Shinya MURATA et Shinsen IFUJI, chez Soleil Manga : après vous avoir parlé de plusieurs titres discrets, je termine avec un qui ne fait pas dans la dentelle en proposant de l’action, de l’action, encoooore de l’action, le tout emballé dans des couvertures soignées et qui attirent l’œil. Je vous avais évoqué la mise en place rapide et efficace de l’histoire dans de précédentes chroniques, donc je la fait courte : Alice, lycéenne victime de brimades a pris l’habitude de s’isoler dans son monde… Jusqu’au jour où son oncle se fait assassiner par un meurtrier du nom de l’araignée. Alice fait alors preuve d’un don de survie incroyable et va devenir à son tour une tueuse redoutable, la nouvelle araignée !

Depuis le tome 1 le lecteur a fait connaissance avec l’organisation qui gère tous les tueurs aux noms et aux spécificités d’insecte : la guêpe, la cafard, la mante, etc. Alice croise, affronte et défait pour le moment tous ses adversaires en se reposant sur les atouts des arachnides. De la même façon, on s’amuse régulièrement de l’adaptation guerrière qui est faite des capacités des différents insectes : le cafard est hyper rapide, capable de sécréter un liquide qui le rend insaisissable, la sauterelle a une force inouïe dans ses jambes, et on multiplie ainsi les astuces quasiment à l’infini. Tout ceci créé une bonne base pour les rebondissements incessants des affrontements, qui occupent le plus clair des chapitres. Résultat : on ne s’ennuie pas une seconde, même si on le doit aussi à la mise en scène et à la chorégraphie très efficaces du dessinateur qui transmet avec talent les effets de vitesse ou la puissance des impacts. Dans le tome 3 il n’hésite pas à enchaîner trois doubles pages pour décomposer un coup et lui donner un effet retentissant à la lecture. Arachnid est donc un titre hyper récréatif et plutôt malin, pas dénué d’humour en plus, idéal pour se changer les idées sans se prendre la tête !

Et voilà pour ces lectures… Comme d’habitude je ne parle pas de tout – 6 tomes ici pour une dizaine mis de coté – donc je vous conseille, pour suivre toutes les lectures du chocobo de vous rendre sur les réseaux sociaux comme Instagram, Facebook ou Twitter pour des sessions de lecture en live. Je termine par l’habituelle photo de la pile de tomes à lire et à chroniquer, rendez-vous la semaine prochaine pour de nouveaux titres  !

Chroniques Manga Paoru.fr-003

 


septembre 19th, 2015
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[Chroniques] : 13 mangas à lire en août, sur la route ou dans une yourte !

⊆ juillet 30th, 2015 | ≡ Topic: Chroniques, Manga, Manga / Japanimation | | ˜ Pas de commentaires »

Chroniques manga été 2015-002

Oui, toi aussi ami du chocobo, découvres les habitats mongoles grâce à mon désir impératif de faire des rimes moisies ! Humm, euh, pardon.

Bonjour à toutes et à tous ! Voici le retour des chroniques pour découvrir de nouveaux titres et voir comment évoluent d’autres. Avec Japan Expo c’est une avalanche de manga qui s’est écroulée sur la tanière du chocobo (aieuuu !) et ce fut, une fois de plus, difficile de choisir. Certaines œuvres de cette sélection ne font pas l’unanimité d’ailleurs, donc n’hésitez à commenter. Toujours est-il que voici treize titres choisis sur une quarantaine de lectures, avec 6 nouveautés, des tomes 2 et 3 pour confirmer les potentiels et 4 séries plus avancées qui ont réussi leur pari ou qui réserve de bonnes surprises. Coté thématique on obtient : de l’humour, pas mal de trucs un peu flippants mais passionnants, pas mal d’action et de la romance pour contre-balancer puis de la fantasy, du sentai et de l’histoire pour parachever joliment. Le tout en 1000 signes environ, pour aller à l’essentiel… C’est parti !

Les p’tits nouveaux ont des choses à dire ?

JacoJaco the Galactic Patrolman de Akira TORIYAMA chez Glénat : sans doute celui qui m’a fait le plus rire de toute cette sélection. C’est dans les vieux pots que l’on fait les meilleures soupes et que Toriyama semble tirer le meilleur de lui-même. Cette préquelle à l’histoire de Sangoku nous conte les aventures d’un jeune patrouilleur galactique, un peu trop à fond dans son rôle de sauveur de l’univers. Quand il débarque sur Terre pour y surveiller l’arrivée d’un dangereux alien, il met le bazar dans la vie d’Omori, un docteur scientifique tranquillement à la retraite sur son île. Avec le vaisseau de Jaco en panne, c’est le début des ennuis pour tous ceux qui vont croiser le chemin de ce nouveau duo hétéroclite.

Vendu comme spin-off de Dragon Ball, ce one-shot vaut bien plus qu’un simple souhait de nostalgie, et c’est tant mieux. Le lien avec la série mère est amusant et pourrait donner naissance à une autre saga, mais c’est surtout le ton léger et parodique qui se veut séduisant, avec des personnages loufoques et attachants qui évoluent dans un univers totalement anachronique où tout peux arriver. On n’en est pas au point du soleil parlant de Docteur Slump mais on retrouve clairement la fraîcheur des premières heures de DB, où l’on ne se prend jamais trop au sérieux. Un excellent cocktail pour une après-midi de détente.

AjinAjin de Tsuina MIURA & Gamon SAKURAI chez Glénat : le plus attendu pour ma part. J’en parle depuis deux ans dans les classements des ventes nippones et je ne suis pas déçu par ce premier tome. Cette histoire d’immortel connu du grand public mais auréolé de mystère sait se dévoiler progressivement, sans trop faire poireauter son lecteur pour autant. L’utilisation et la découverte des pouvoirs est bien pensée, dynamiser par une fuite en avant – au sens propre comme au figuré – du héros de l’histoire, le réfléchi Kei, et de son pote d’enfance, le fonceur Kai. Des personnages encore à découvrir mais qui dégage déjà une aura séduisante.

Autre élément essentiel pour que la charme agisse : Ajin bénéficie de très bons dessins avec un chara-design assez dense, des impressions de vitesse et de puissance toujours bien rendus grâce à une excellente gestion des perspectives. Bref voici un premier tome au pitch accrocheur, bien narré et avec un visuel intense. On a juste envie d’en savoir plus. Notez bien qu’à terme il faudra se montrer patient, car la série sort au rythme de 2 tomes par an au Japon. Rendez-vous le 02/09 pour le second !

daytime shooting star 1Daytime Shooting Star de Miya YAMAMORI chez Kana : les deux premiers tomes m’ont tapé dans l’œil pour deux raisons, au départ : le chara-design et les personnages secondaires. Les lignes des visages sont assez fines et pures mais pas pour autant invisibles, bien au contraire : la mangaka joue à merveille sur les contrastes noir / blanc en marquant subtilement mais nettement les contours, avec une bonne gestion des ombres pour parfaire le tout. Résultats : une peau toute en clarté et des regards qui vous attrapent facilement, pour une expression des émotions en finesse ou en puissance, selon les nécessités.

Du coté des personnages l’héroïne Suzume, qui débarque de sa campagne, n’est pas forcément la première qui sort du lot mais son oncle chez qui elle va vivre et son très jeune prof d’anglais change plus sensiblement de l’ordinaire, tout comme Yuyuka, une camarade de classe et un drôle de numéro, avec qui les premiers rapports vont être compliqués. Les relations entre personnage est d’ailleurs la 3e arme du titre, elles se dévoilent petit à petit. D’où la parution des 2 tomes dès le départ sans doute, bien vu Kana ! On sort des amourettes trop évidentes pour des choses moins manichéennes, plus complexes et éventuellement problématiques. En résumé : c’est beau, amusant et avec des relations inattendues. Je valide !

lessonof-the-evil-1-kanaLesson of the Evil de Eiji KARASUYAMA d’après l’oeuvre de Yûsuke KISHI chez Kana : une oeuvre dont il m’est difficile de deviner le potentiel, mais dont le personnage principal et le scénario qu’il va suivre m’intrigue particulièrement. Seiji Hasumi, c’est son nom, est le professeur principal de la première 4, une classe qui rassemble tous les élèves à problèmes mais aussi des professeurs en tous genre. Harcèlement moral, manipulations et violences physiques se cachent sous le vernis d’élèves et d’enseignants lambdas. La loi du plus fort décourage les victimes de résoudre leurs problèmes ou même d’en parler mais, heureusement, notre professeur d’anglais est particulièrement habile dans l’art de convaincre son prochain et derrière son sourire enjôleur pourrait bien se cacher un homme beaucoup plus sombre…

C’est d’ailleurs cette mystérieuse personnalité, implacable mais brillante, qui attire notre attention. Jusqu’où cet homme peut aller ? N’aurait-il pas un but plus inavouable que celui d’être un bon professeur ? Tout ça est bien alléchant et on se demande où cette série qui s’achève en neuf tomes veut nous emmener… Il faudra que je me procure le tome 2, déjà sorti, pour en savoir davantage !

Murder IncarnationMurder Incarnation, de Keita SUGAHARA et Shinji INAMITSU, chez Komikku : parmi les accueils mitigés que je citais en intro, il y a ce titre en seulement deux volumes. Si son graphisme 3D – un peu figé – ne vous dérange pas, je vous le conseille. Ce recueil de nouvelles me rappelle d’autres lectures macabres et pleine d’ironie, celle d’Edgar Allan Poe ou certains recueils de nouvelles d’Hitchcock. Le pitch repose sur l’idée suivante : « si vous tuez trois personnes en l’espace de 24 heures, la personne qui vous est chère reviendra à la vie. » Bien évidemment, comme tous les cadeaux funestes, celui-ci est toujours trompeur. La contre-partie est chère mais le pire ne réside pas forcément dans le meurtre commis, plutôt dans les conséquences et dans la suite du contrat : rien ne pourra être vraiment comme avant.

Néanmoins, les contractants s’attellent à la tache : ils tuent parfois des cibles bien choisies mais ils doivent aussi faire avec ceux qui vont lui tomber sous la main, car 24H passent très vite quand il faut tuer, donc c’est amis et famille y compris ! Cela dit, le sel de ces histoires réside souvent dans leur chute, dans le piège que le destin vous tend. Dans l’amoralité de la conclusion, aussi. La seule déception est finalement de voir ces récits s’achever si tôt car en refermant le second volume on aurait voulu découvrir une histoire de fond et que l’ange, une jeune fille à couette, nous en dévoiler davantage sur sa mission. A tenter.

GigantomachiaGigantomachia, de Kentaro MIURA chez Glénat : celui là aussi a laissé quelques connaissances dubitatives mais tout est sans doute une question de perspective. N’ayant pas lu plus de deux chapitres de Berserk, l’oeuvre majeure de l’auteur, je me dis que ce one-shot fait office de bon test : dans un univers fantasmagorique post apocalyptique, un duo défie l’Empire et part au combat contre ses géants. Lui est un grand gaillard comme on en retrouve dans beaucoup de shônens, en plus vieux et plus expérimenté : Délos, c’est son nom, parle et communique ses valeurs par ses poings et son caractère, comme sa force, inspirent le respect à ses adversaires. Elle, Promé, est une sorte de princesse hautaine qui voyage sur les épaules de Délos, mais dont les pouvoirs de régénération et de transformation en font un être à part, mythique même.

Cet étrange duo, aussi bien dans le tempérament de chacun que dans leur relation, rencontre, affronte puis accompagne dans la bataille une peuplade hybride pour mener à bien sa mission de justicier. Si vous rentrez dans le jeu et êtes, comme votre serviteur, amusé et séduit par ces personnages, vous pourrez profiter à fond du combat de titans dans le dernier tiers de ce tome, un duel à la puissance impressionnante, qui me rappellent certains duels au sommet de Gunnm, totalement dans la démesure… Et le tout est servi avec un coup de crayon vraiment bien maîtrisé, pour ne rien gâcher.

Tomes 2 & 3 : je me lève et je confirme !

Ultraman-2_KurokawaUltraman #2 de Eiichi SHIMIZU & Tomohiro SHIMOGUCHI, chez Kurokawa : une des meilleurs combinaisons graphisme & mise en scène de la sélection… et le roi de la pose super classe (même si Gigantomachia est pas mal aussi dans la genre). Ne connaissant d’Ultraman que la légende, je suis totalement séduit par cette adaptation de ce super héros du panthéon nippon. Il bénéficie d’un look tout beau tout neuf qui n’a rien à envier à son prédécesseur, dans un style plus mécanisé à la Iron Man, ce qui le met totalement dans l’air du temps. Mais, Japon oblige, il conserve son tempérament de justicier humble et altruiste.

Ces deux premiers tomes montrent également que ce seinen n’est pas que beau : ils développent un scénario bien pensé et utilisent le background de la saga sans pour autant s’en contenter. On y ajoute par exemple quelques complots mystérieux, un soupçon de revanche et un némésis classique mais efficace qui échangera avec notre héros les classiques punchline de sentai… Et pour finir, cerise sur le héros: des supers bonus avec pages couleurs de toute beauté et un historique de la saga en fin d’ouvrage. Une excellente mise à jour !

6000-3-komikku

6000 #3 de Nokuto KOIKE chez Komikku : le malaise que l’on ressentait dans les premiers chapitres à 6000 mètres sous la mer ne nous a pas quitté. Dans cet immense complexe sous-marin aux dysfonctionnements de plus en plus graves et meurtriers, l’inquiétude a fait place à l’angoisse car il est impossible d’ignorer le monstre qui rode et une folie meurtrière qui se propage à n’importe quel moment et à n’importe qui, dans cette station sans jour ni nuit. Se rapprochant d’une narration et d’un scénario cinématographique, ce titre en 4 tomes s’oriente vers sa conclusion doucement mais sûrement et sans fioriture, ce qui lui permet de conserver son ambiance et de faire monter crescendo l’intérêt du lecteur.

On saluera aussi le talent du dessinateur qui donne aux ombres et à l’obscurité, plus qu’omniprésente, une densité essentielle et caractéristiques des bons films d’horreur. Idem pour le basculement dans la folie des protagonistes. Lors de la sortie du tome 4 fin octobre la série constituera un excellent bloc à avaler d’une traite pour passer une soirée flippante jusqu’aux tréfonds de l’enfer, MUHAHAHAHAHAHAHA !

Darker Than Black 2Darker Than Black de Yuji IWAHARA sur une oeuvre de Bones & Tensai OKAMURA, chez Ki-oon : de l’action et une mise en scène vraiment efficace, avec un soucis du détail et des décors toujours aussi bluffants chez IWAHARA (Dimension W, Nekoten, etc.). Le mangaka a su bien reprendre à sa sauce cette série des studios Bones (dont il est le chara-designer original) et propose une oeuvre qui présente des personnages ultra-charismatiques englués dans une intrigue à plusieurs niveaux (à plusieurs rebondissement, surtout) qui se révèle tout de même assez simple à suivre. Pour une fois qu’un créateur de personnages talentueux sait aussi manier correctement les arcanes d’une bonne narration, je ne peux que vous conseiller cette lecture.

On ressort de chaque tome comme d’un bon repas, repus, avec quelques doubles pages successives qui ont de quoi ravir les palais les plus difficiles. En plus, comme dans 6000, cette histoire est en 4 tomes et l’intrigue principale se permet d’avancer sans temps mort. Enfin on s’amusera, visuellement, de l’utilisation originale des teintes de gris chez l’auteur : tout est quasiment en noir et blanc, et le gris vient alors signifier les flashbacks ou, plus subtilement, « colorer » un élément ou partie d’un objet clé. Deux tomes et déjà un must have chez les amateurs du monsieur.

« C’est toujours un succès !« 

FateZero-8-OtotoFate / Zero #8 de SHINJIRÔ & Gen UROBUCHI / Type-moon, chez Ototo : c’est la 3e fois que j’évoque dans ces colonnes ce seinen adapté d’un light novel et connu pour sa saga japanime. Dses précédents volumes il a su mélanger à la perfection l’action pure et dure avec la psychologie et la stratégie (comme expliqué ici ou ). Pourtant, dans ce volume 8, les mangakas nous font une jolie surprise : ce sera de l’action tous azimut, dans une véritable explosion de duels qui vont plonger, peu ou prou, tous les protagonistes de la saga dans des batailles croisées et souvent simultanées.

On laisse donc le cerveau de coté pour une lecture purement jouissive qui nous dévoile quelques unes des plus belles bottes secrètes des différents héros : un vrai feu d’artifice pour ce mois de juillet (amusant, non ?). Autre bonne nouvelle avec tous ces coups d’épées, ces sorts lancés et ces balles tirées : l’échiquier évolue et certaines cartes sont redistribuées car des protagonistes tirent leur révérence de manière définitive et quelques faibles survivent, pour mieux se venger plus tard, sans aucun doute. Voilà une partie qui n’en finit plus de nous captiver et de nous surprendre !

Prisonnier riku 10Prisonnier Riku #10 de Shinobu SEGUCHI, chez Akata : J’ai déjà déclaré ma flamme à ce shônen il y a quelques mois, pour son originalité sociale et les grandes gueules attachantes qui s’y dévoilent, petit à petit. En dix volumes, la galerie de protagonistes s’est agrandie et diversifiée sans devenir redondante, mais c’est surtout le scénario qui a fait un grand pas avec la mise en place d’un scénario d’évasion, véritable fil rouge des derniers volumes. Une histoire de fond qui nous tient en haleine et qui atteint un summum d’intensité dans ce 10e opus, où Riku et Rénoma rencontrent des matons de plus en plus machiavéliques, qui commencent malheureusement à avoir de sacré doutes sur leurs agissements.

Après avoir forgé des amitiés solides et en avoir fait, d’ailleurs, la valeur socle de son histoire, le mangaka décide de soumettre ces liens à la plus grande épreuve qu’elle n’ai jamais connu, nous mettant les nerfs à très rude épreuve : on avale la seconde moitié de ce tome à toute vitesse en sentant monter une impuissance frustrante face à l’injustice qui se prépare. Nous voilà désormais complètement accro de Prisonnier Riku !

bienvenue-club-7Bienvenue au Club #7 de Nikki ASADA, chez Akata : second shôjo de cette sélection, qui n’a pas de quoi renverser les tables mais qui continue de ventiler sa fraîcheur et son humour à travers sa demi-douzaine de protagonistes hauts en couleur. Même si la série possède bien un couple phare, Momosato & Okinoshima, et que leur histoire a de quoi fait battre le cœur du lecteur, c’est avant tout l’histoire d’une bande d’amis un peu étranges, qui sortent du lot.

Pendant que des personnages secondaires très typés apparaissent et ré-apparaissent régulièrement le temps d’un bonne blague ou vanne (un comique de répétition très efficace ici), le fameux Club dévoile des personnalités riches et que l’on prend plaisir à découvrir, couche après couche. Tous très maladroits socialement ils n’en sont que plus touchants, surtout avec un graphisme simplissime qui joue surtout la carte des émotions en tous genre, qu’elles explosent sur le visage des uns ou demeurent intériorisées et mystérieuses chez les autres. La mangaka, que JDJ avait rencontré à JE l’année dernière, mise donc tous sur des chers protagonistes qu’elle décrit avec beaucoup de simplicité et d’empathie… car ils lui ressemblent sans doute beaucoup !

billy-bat-manga-volume-15-francaiseBilly Bat #15 de Naoki URASAWA & Takashi NAGASAKI, chez Pika : je crois que ça y est, Billy Bat est devenu pour moi le meilleur manga du duo URASAWA – NAGASAKI. Je vous avais expliqué, à l’orée du tome 10, le talent de ces deux mangakas, qui avaient réussi à honorer les débuts hyper ambitieux de cette histoire, qui s’écoule à travers des millénaires. Une histoire de plusieurs époques qu’ils ont réécrit, avec des coulisses faite de luttes obscures pour le pouvoir et qui imbriquent à merveille des faits historiques réels avec des épopées fantastiques des dessinateurs de la chauve-souris. Mais je pensais qu’après avoir réinventé plusieurs passages clés du 20e siècle l’histoire s’emballerait dans un combat plus ou moins final entre les deux chauve-souris, la noire et la blanche.

C’était sans compter sur le nouveau pari ambitieux des deux auteurs qui m’a scotché en fin de volume, ils s’attaquent désormais à notre histoire récente et au 21e siècle. Je ne vous en dis pas plus pour éviter le spoil mais Billy Bat devient une vrai saga sur de multiples générations, toujours plus complexe mais toujours aussi lisible et compréhensible, ne retombant pas ainsi dans les travers de 20th. Plus qu’une bonne série elle devient pour toute personne un peu friande d’histoire et de thriller un vrai modèle du genre, un classique qui vous tient en haleine et qui joue magnifiquement avec votre matière grise… En résumé ? Peut-être bien le manga le plus intelligent actuellement en cours de publication. Peut-être bien.

Et voilà pour ces 13 chroniques. Je pourrais en faire 20, car je lisais hier soir le sympathique Dream Team et Barakamon #10 me fait de l’œil (si si je le vois bien posé là, sur ma table de chevet qui me regarde !) mais ce sera pour la prochaine fournée. D’ici là il y a trois interviews au chaud (dont 2 interviews éditeurs), un papier de chroniques spéciales consacrées à des fins de manga qui m’attendent dans les étagères, quelques vacances à prendre (Au Pays de Galles pour moi, et vous ?) et des lectures à faire et à partager avec vous sur les réseaux sociaux … Et on n’oublie pas le concours photo de l’été bien sûr, je reçois des photos tous les jours c’est bien cool !!!

Une petite photo de la PAL pour se motiver avant de partir : cheeeeesu !

Chroniques manga été 2015-004

 


juillet 30th, 2015
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Manga : 7 tomes 1 au banc d’essai…

⊆ mai 24th, 2015 | ≡ Topic: Chroniques, Manga, Manga / Japanimation | | ˜ 3 Commentaires »

Chose promise chose due, après avoir braqué les projecteurs sur Your Lie in April, place à une sélection de 7 tomes 1 qui ont retenu mon attention ces dernières semaines : de l’aventure puis de la sorcellerie chez Komikku, de la romance chez Delcourt, du thriller chez Casterman, du social fantastique chez Akata, du Victor Hugo chez Kurokawa et enfin de l’action seinenesque (si si, ça se dit !) chez Soleil Manga. Ladies and gentlemen, les élus du jour ! Bonne lecture !

Chroniques Tome 1 Paoru.fr

Dans l’intimité de Marie : aussi dérangeant qu’intriguant

initimite-de-marie-1-akataAu départ je m’attendais à une nouvelle romance, certainement particulière car publiée chez Akata et signée par un certain Shûzô Oshimi. J’étais loin de me douter que l’on croiserait la route d’Isao Komori, ce neet qui a renoncé à son rêve, celui du jeune adulte indépendant qui a réussi sa vie en montant à la capitale Tokyoïte. Sa vie n’est plus qu’une alternance entre jeu vidéo, coup de téléphone aussi rassurant que mensonger à sa mère, et masturbation cloîtré dans le bordel qui lui sert de chambre. Son seul rayon de soleil est sa sortie quotidienne à la supérette pour y admirer puis suivre secrètement une jeune et jolie lycéenne… qu’il aime d’un amour fantasmé et un peu malsain, il faut bien le dire. Sauf que le jour où cette dernière se retourne sur lui, un flash surgit et il se réveille le lendemain dans le corps de la demoiselle : dans l’intimité de Marie !

Isao est finalement un type assez… bizarre, incapable de vivre dans la réalité. On conçoit aisément sa fixation sur Marie, sa bouffée d’oxygène, mais son arrivée dans ce nouveau corps féminin ne va pas vraiment arranger son cas. Idolâtrant la demoiselle, il perpétue le fantasme en se jurant de ne jamais regarder ou toucher ce corps si pur qui n’est pas le sien et ne cesse de larmoyer sur ce qu’il a pu arriver à sa la pauuuuuvre Marie. Ce type est finalement antipathique – c’est fait exprès – et on espère qu’une chose : que la dite Marie, pour l’instant disparue (car il semble qu’elle n’est pas atterri dans le corps d’Isao), soit tout sauf une sainte-nitouche et vienne lui remettre les idées en place. Malgré ce looser on se prend tout de même au jeu, pour le moment, car Isao n’est pas le seul à faire une fixation : une certaine Yori va le démasquer et partir avec lui dans cette drôle d’aventure.

Dans l'intimité de Marie

Dans l’intimité de Marie relève donc un challenge : nous proposer une histoire avec des personnages tout sauf attachants mais nous tenant en haleine via un scénario relativement intriguant et un personnage mystère en clé de voute. Le gant est relevé et on attend avec impatience les tomes 2 et 3 pour voir vraiment de quoi il retourne !

Seinen toujours en cours, 5 volumes publiés dans les pages du Men’s action de chez Futabasha. Tome 2 le 11 juin. Site éditeur pour plus d’infos. Lire un extrait.

The Ancient Magus Bride : ensorcelant !

the-ancient-magus-bride-manga-volume-1-simple-229789La sorcellerie sauce british, voilà un mix aussi logique qu’intéressant, surtout avec sa couverture intrigante signée par Koré Yamazaki. Tout commence avec la vente de Chisé Hatori, 15 ans, seule et sans personne mais qui a désormais un nouveau propriétaire, un sorcier non-humain, à l’apparence des plus énigmatiques. Elias Ainsworth, c’est son nom, a déboursé 5 millions de livres pour se procurer la jeune fille, une « slay vega » capable de percevoir les esprits et autres fées et porteuse d’un grand potentiel. Cette rencontre marque le début d’un relation bien étrange, entre maître et disciple mais aussi entre mari et épouse !

A l’image de ce résumé on pose donc rapidement les quelques bases du récit, et c’est l’imagination du lecteur, porté par une magie pleine de poésie, qui fait le reste. Les intérieurs délicieusement désuets, la campagne anglaise et le tempérament tout en retenue de notre gentleman sorcier établissent un univers enchanteur où l’on rêve d’une tasse de thé et d’anciens livres sur les fées ou les monstres de légende.

Fort heureusement pour nous, Koré Yamazaki n’est pas de ceux qui laissent ses personnages prendre la poussière – c’est un shônen, il faut que ça bouge un peu quand même – et il les emmène à travers le monde, pour quelques missions et plusieurs découvertes… Il faudra se méfier des fées, faire la connaissance d’un dragon de la terre pluri-centenaire où déjouer une malédiction qui plane sur le pays des chats. On se délecte de ces balades très bien mises en scène : elles se révèlent pleine de mélancolie, de destins funestes parfois, et l’héroïne y réapprend progressivement le contact avec autrui tout en s’initiant à son propre potentiel… Un premier tome envoûtant, donc.

The Ancient Magus planche

Shônen toujours en cours, 3 volumes publiés dans les pages du Comic Blade (Amanchu, Tales of Symphonia) de chez Mag Garden. Tome 2 le 02 juillet. Facebook éditeur pour plus d’infos. Lire un extrait.

Marine Blue : les premiers pas de Yazawa vieillissent en douceur

marine_blue_visuelRetour en 1989 pour découvrir le tout premier titre de la mangaka de Nana, Gokinjo, Parakiss, etc. C’est amusant qu’une mangaka si punk ait un jour proposer une histoire si conventionnelle, celle d’une serveuse de bord de mer, Haruka, dont le passé et les amours vont resurgir avec l’arrivée d’Arikawa, le beau garçon qui revient d’un long voyage aux USA. Cet ami d’enfance de Haruka a aussi été son premier grand amour, mais tout ne s’est pas déroulé pour le mieux : les quiproquos et les hésitations aidant, les deux jeunes gens se sont quittés brutalement sans pouvoir s’avouer, à l’époque, leurs sentiments. Malheureusement rien n’est simple de nos jours non plus, car la belle Haruka et le beau Arikawa ont des amis et des prétendants qui ne vont rien arranger. Les chemins tortueux de l’amour, comme toujours !

A l’image de ce pitch, le trait porte lui aussi ses deux décennies et demi de décalage : chevelures effilées, larges fronts et petits yeux ronds, sourires ultrabrights… Néanmoins Yazawa montre déjà un certain talent pour exprimer les émotions de ses personnages, pour suggérer les sentiments et les non-dits. On peut s’impatienter ou s’agacer devant le coté un peu potache de l’héroïne, qui n’a rien de nos warriors féminines modernes, mais on finit par se prendre d’affection et suivre les pérégrinations et les drames avec un sourire amusé et compatissant.

Une certaine nostalgie se créé et cette romance rappelle un peu un Lucile Amour et Rock’n roll où des beach boys auraient remplacer les rockeurs. Très honnêtement, parmi toutes les « œuvres de jeunesse » qu’ont nous a déjà ressorti, en voici une qui s’en sort pas si mal, donc, et qui ira très bien dans la rangée Yazawa de votre étagère.

marine_blue_no_kaze_ni_dakarete_04 Marine Blue 2

Shôjo toujours en cours… Muarf, quel déconneur ce chocobo ! Sérieusement, shôjo fini en 4 volumes publiés dans les pages du Office You (Pil) de chez Shueisha. Tome 2 le 03 juin. Site éditeur pour plus d’infos.

Le berceau des mers : et d’aventure, en aveeeenture ♫

 Le-berceau-des-mers-1-komikkuAngleterre à nouveau, chez Komikku toujours, mais pour un récit totalement différent et signé par Mei Nagano. Cradle of the Sea, c’est le récit d’une injustice en pleine révolution industrielle : une jeune fille pauvre, Monica, est devenue la nourrice d’Evan, le nourrisson d’un riche gentleman. Tout se passe dans le meilleur des mondes jusqu’au décès de ce gentil protecteur, qui renvoie rapidement Monica dans les bas-fonds. Mais son chemin va recroiser celui du bambin et elle se rend compte qu’on a maquillé la mort du disparu : son cercueil est vide ! L’espoir renait et le sang de Monica ne fait qu’un tour : elle kidnappe Evan et embarque avec lui à bord d’un bateau pour partir à la recherche de son père… Le début d’un long périple.

Si vous avez déjà entendu parler de ce premier tome c’est sans doute pour ses graphismes : chara-design rond et attendrissant, bon travail sur les regards, ambiance victorienne assez bien mise en place et quelques très jolis bateaux. Le coup de crayon aime parfois se faire discret en donnant des allures d’esquisses aux planches, ou tente parfois des effets plus photographiques comme le désormais bien connu fish eye et sa déformation circulaire des perspectives. Si le visuel vous séduit rapidement, vous aimerez le récit, car ils sont à l’image l’un de l’autre, jouant sur la corde sensible de l’injustice, de l’aventure romancée, du soleil levant comme métaphore d’un nouveau départ.

Par contre, si le graphisme ne rencontre pas d’écho chez vous, passez votre chemin : l’héroïne vous agacera rapidement et les coïncidences bien heureuses vous paraîtront plus téléphonées les unes que les autres. Un titre à tester donc, avant de vous laisser emporter par le souffle de l’aventure !

Le berceau des mers

Seinen en cours en 2 volumes publiés dans les pages du Gekkan Comic @ Bunch tout comme Sangsues (voir plus loin) mais aussi Le nouveau Tom Sawyer ou Btooom !, chez Shinchôsha. Tome 2 le 26 août. Facebook éditeur pour plus d’infos. Lire la preview ici.

Arachnid : une toile bien tissée

arachnid-soleilEnvie d’un seinen d’action qui saigne bien comme il faut ? Ce titre scénarisé par Shinya Murata, à qui l’on doit Jackals, et dessiné par Shinsen Ifuji a quelques arguments en sa faveur. Tout commence par un pitch dont les lecteurs de séries sombres ont l’habitude : Alice est une lycéenne victime de brimades et vivant seule avec son oncle violent… Elle a pris l’habitude de s’isoler dans son monde et se couper totalement du reste. Jusqu’au jour où (ça doit être mon millième « jusqu’au jour où » je pense) son oncle se fait assassiner par un meurtrier du nom de l’araignée, qui a prévu de l’éliminer également. Mais Alice fait alors preuve d’un don de survie incroyable et manque presque de vaincre le tueur. Ce dernier vient de se trouver un nouveau disciple !

Si ce premier tome fait partie de la sélection c’est pour la remarquable efficacité de sa narration : toute l’introduction, de la révélation du potentiel jusqu’à l’éducation de l’héroïne tient dans un seul tome. Pas de chemin initiatique interminable avec un mentor imbattable, tout est appris et plié en temps record, en enchaînant un maximum les scènes d’action. Le chara-design est assez classique mais la plume reste au-dessus de la moyenne avec une bonne expression des ambiances et une mise en scène  qui entraîne facilement le lecteur dans le récit. Ajoutez à ça un petit trip assez sympa et original – chaque tueur a un surnom et un style de combat lié à un insecte – et on obtient un titre où l’on ne s’ennuie pas une seconde. Efficace j’vous dis.

Arachnid planche

Seinen toujours en cours, 11 volumes publiés dans les pages du Gekkan Gangan Joker (Secret Service, Akame Ga Kill) de chez Square Enix. Tome 2 le 24 juin. Facebook éditeur pour plus d’infos. Lire la preview ici.

Sangsues : in vivo veritas ?

sangsues-casterman-01Virage à 180° avec le titre précédent, même si l’on reste dans une thématique de thriller et de personnages qui naviguent dans l’ombre de la société. Ici il s’agit de Yoko, une évaporée, une jeune fille qui a disparu des radars de la société et qui vit désormais dans les maisons des autres pendant leur absence… Un verre d’eau chez l’un, une sieste chez un second, une douche et une partie de console chez un troisième : Yoko est ce que l’on appelle une sangsue. Mais elle n’est pas la seule et elle va découvrir tout un monde parallèle, fait de gens violents et de territoires à ne pas pénétrer… Des nids invisibles où règne la loi du plus fort.

Le titre what the fuck de la sélection, totalement inattendu et, du coup, diablement prenant. Comme le dit le directeur éditorial de Sakka / Casterman, il vaut mieux fermer sa porte à double tour avant de débuter cette lecture. Cela dit, au delà de faire peur, cette histoire a surtout quelque chose d’intriguant : que feriez-vous si vous aviez toutes les clés des appartements ou des maisons du quartier mais aucun chez vous ? Une façon de vivre de multiples vies en une seule, de ne plus avoir d’attache ou de compte à rendre. Mais on n’a guère le temps de se poser la question car, quoiqu’il arrive, il semble que nous ne soyons jamais seuls. Le monde des sangsues a lui aussi ses membres et ses règles de vie. Au lecteur se transmet aussi bien la perpétuelle peur d’être découvert, de redevenir visible et réintégré de force dans la société, que l’angoisse glaçante de ce qui se cache dans ce monde de ténèbres : des monstres sous le lit qui vous attraperont le pied sans que personne ne vienne à votre secours, puisque vous n’existez plus.

Narration, mise en scène, découpage, chara-design… Tout est parfaitement maîtrisé par Daisuke Imai pour un tome prenant, de bout en bout, qui vous traînera dans la tête encore longtemps après l’avoir lu !

sangsues-casterman copie

Seinen fini en 5 volumes publiés dans les pages du Gekkan Comic @ Bunch tout comme le Berceau des mers mais aussi Area 51 ou Btooom, chez Shinchôsha. Tome 2 le 26 août. Facebook éditeur pour plus d’infos.

Les misérables : a qui la faute ?

Les misérables KurokawaLa première critique que j’ai croisé de ce titre, par un connaisseur en plus, était assassine. Mais la seconde fut positive et la troisième dithyrambique. Et après l’avoir lu je comprends très bien, en fait, pourquoi le titre peut laisser des avis si différents. Comme vous le savez, Les misérables est à l’origine un roman de Victor Hugo et ce manga est issu d’une adaptation nippone de l’oeuvre originale, du nom symbolique Oh Impitoyable. Je ne connais que vaguement l’oeuvre de Hugo par ses nombreuses adaptations cinés, et c’était une bonne occasion de me me plonger dans les premiers chapitres de ce récit si célèbre. Maintenant que c’est fait, une chose est sûre : je ne suis pas fan du parti pris social d’Hugo où l’homme est bon et c’est la société qui le pourrit. Je ne dis pas que c’est faux, je dis que c’est un peu plus compliqué que ça.

Alors, d’accord, prendre 5 ans de prison pour avoir volé une miche de pain, il y a de quoi avoir les boules. Mais tenter de s’évader au bout de 4 ans et retenter à foison pour finir par faire 19 ans de prison… ce n’est pas bien malin non plus. Mais non, ce sont les vilains gardiens de la vilaine prison et les vilains policiers de la vilaine société qui vont faire de notre héros du jour, l’ex beau gosse Jean Valjean, le paria qu’il est. Avec une âme broyée par le sentiment d’injustice, Valjean est devenu un être plein de haine, agressif et solitaire, violent et voleur. Mais l’inaltérable bonté et foi dans le genre humain d’un curé va faire exploser sa carapace, pour qu’il revienne à sa pureté originelle. Mais le chemin est encore long et sera surement semé d’embûches.

Les Misérables tient donc de l’oeuvre tragique mais également sociétale et dogmatique. Par essence elle divise donc, d’autant que tous ces sujets sont traités avec un maximum d’emphase ici, dans une mise en scène hyper théâtralisée et un héros torturé jusqu’au bout de ses propres abîmes. Cette décision est donc assumée jusqu’au bout, il faut le reconnaître. De plus, il n’y a rien à reprocher à l’oeuvre techniquement parlant : des personnages aux décors, tout est parfaitement dans l’ambiance voulue.

Les-Miserables-justice

Votre propension à apprécier les Misérables est  donc fortement dépendante de votre état d’esprit, de vos valeurs et de votre vision de la vie et de la société en général. C’est une excellente raison de s’y essayer, du coup.

Voilà pour ce qui est de cette sélection. D’autres tomes 1 sont arrivés depuis le début de la semaine mais Arslan, Rin, EX-VITA sont maintenant sur les rangs pour une prochaine sélection qui mélangera à nouveau et les suites. Ah, et on me dit dans l’oreillette que Twin Star Exorcist mériterait d’être essayé aussi. Bref comme le suggère la pile de lectures en retard, c’est pas vraiment le choix qui manque :

Chroniques à venir Paoru.fr

Tombera, tombera pas ?

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mai 24th, 2015
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[Chroniques] 13 mangas à grignoter sous le soleil

⊆ avril 12th, 2015 | ≡ Topic: Chroniques, Manga, Manga / Japanimation | | ˜ 1 Commentaire »

Chroniques manga printemps 2015

Comme il fait plutôt beau ces jours-ci, quoi de mieux que de prendre quelques rayons de soleil avec un bon bouquin ? Une bonne raison de vous proposer une nouvelle vague de chroniques, dans un nouveau panorama de 13 titres. Voici 5 nouvelles séries, 4 qui ont confirmé leur potentiel, 3 autour de la dizaine de tomes et enfin un shônen au long court qui reprend du poil de la bête. Dans les thématiques aussi vous aurez de tout : de l’humour, de l’amour, de l’histoire, de l’horreur, de l’art et de la littérature, de la SF, du western… Comme la dernière fois, remettons-nous donc à table avec cette famille hétéroclite, et faisons les présentation en moins de 1000 signes, pour aller à l’essentiel.

En route, et bonne lecture !

Nouveautés : en duo ou en solo ?

Inspecteur Kurokôchi de Takasahi NAGASAKI et Kôji KÔNO chez Komikku : un seinen que l’on ouvre pour ses 2 auteurs (le compère d’Urasawa et le mangaka de Gewalt) mais qui nous hypnotise en quelques pages avec l’arrivé d’un salopard de la pire espèce : l’inspecteur Kurokôchi, le lieutenant le plus corrompu que vous n’avez jamais vu, avec un don pour les magouilles qui tient, il faut le reconnaître, du génie. L’homme connait tous les secrets gênants du pouvoir japonais, et il en profite chaque jour pour son profit personnel en rendant, tout de même, une certaine forme de justice. Dans un Japon où l’on étouffe les scandales et où la corruption est le sport politique par excellence, notre inspecteur affiche clairement son amoralité – assez jouissive pour le lecteur – et se moque du bordel qu’il peut laisser derrière lui. On obtient des coups tordus, un anti-héros improbable et intriguant et des histoires sans temps morts, entre enquêtes, magouilles et régulières tentatives d’assassinat de notre flic désormais favori. Un signe qu’il sait taper là où ça fait mal… Et c’est bon ça, c’est très bon !

Inspecteur Kurokôchi 1  Inspecteur Kurokôchi 2

Les deux Van Gogh de Hozumi chez Glénat Manga : dans ce one-shot de 384 pages, direction le Paris du XIXe siècle pour suivre le destin des frères Van Gogh : Théodore, marchand d’art talentueux et Vincent, le grand nom de la peinture en devenir. L’occasion d’en apprendre plus sur ces deux hommes et leur époque, qui m’étaient assez étrangers. Dans cette adaptation romancée, on oublie rapidement le graphisme perfectible des premiers chapitres et on se plonge avec plaisir dans un monde de l’art ultra-conservateur, très arrêté sur la notion du beau et sur ce que doit être un tableau ou un peintre. Dans une lutte des classes de l’ère industrielle, on se passionne pour la révolution artistique autant que pour le génie de Théodore, et on se laisse émouvoir par le lien fraternel puissant et parfois conflictuel des Van Gogh, dans le mélange de flashbacks innocents et d’un présent frustrant et nettement plus violent. Avec une fin surprenante et un épilogue agréablement mélancolique, on ressort de cette lecture ravi… Et conquis !

 Les-deux-Van-Gogh-manga

deux-van-gogh

Le Requiem du Roi des Roses de Aya KANNO chez Ki-oon : nouvelle adaptation d’une œuvre shakespearienne – Richard III mais aussi un peu de Henri VI – avec Aya KANNO (Otomen) aux commandes. On y retrouve avec plaisir la dramaturgie anglaise, à coup de destins épiques et éminemment cruels, de personnages symboliques face à des choix impossibles, de la pureté des amours balayée par la perfidie humaine. On sent que la mangaka est une fan de ces œuvres sans pour autant en faire une bible intouchable : quelques répliques clés par ici et quelques intrigues par là, puis on parsème le tout de quelques faits historiques et des dialogues librement adaptés… On reconnait le matériau d’origine et on en ressent la dramaturgie tout en savourant bien un manga d’Aya KANNO, avec ces beaux garçons aux lignes délicates et à la sexualité sulfureuse et parfois incertaine. Vu comme un être assez abject par l’Histoire car il fut du coté des perdants (face aux Tudors), ce cher Richard est un excellent matériel pour créer un être torturé et enchaîné à sa condition. Si vous aimez le genre, vous pouvez y aller les yeux fermés.

 Le requiem du Roi des Ronces

Les premières pages en bonus :

Kill la Kill de Ryô AKIZUKI et studio TRIGGER chez Kana : Je n’attendais pas forcément grand chose d’un manga né d’une adaptation animée, voilà donc une bonne surprise. Sans connaître l’anime, j’ai découvert l’histoire d’un Japon post-apocalyptique, d’une société élitiste et militaire où partout règne l’ordre, jusqu’au sein de l’académie Honnôji. Cette dernière forme des élèves et les dote de capacités physiques et intellectuelles supérieures afin qu’ils maîtrisent les mystérieux et fameux « uniformes Goku », qui leur permettent de se transcender. Au milieu de tout ça, une insoumise cherche à élucider le meurtre de son père et va mettre un bazar sans nom dans ce monde très ordonné. Un bordel bienvenu et haut en couleur dans ce titre qui joue sur le dynamisme, dans une narration à fond les marrons dès les premières pages : le premier tome contient déjà plusieurs affrontements dans une mise en scène jubilatoire – ça court, ça bondit et ça explose dans tous les sens – avec son lot de pauses emblématiques et stylisées typiques du shônen d’action. L’ambiance sexy-punchy-funny en fait un cocktail plein de saveurs qui pétille et s’avère des plus récréatifs !

 Kill la Kill  Kill la Kill

Innocent de Shin’ichi Sakamoto chez Delcourt : mais c’est de toute beauuuuté ! Le mangaka d’Ascension n’avait cessé de nous ravir les yeux et de nous passionner par ses personnages complexes et leurs destins tortueux. C’est toujours le cas dans ce premier tome d’Innocent, un petit bijou graphique qui place Sakamoto au niveau de très grand dessinateur comme un Inoue ou un Yukimura… Dès ce premier volume, plusieurs planches vous couperont le souffle par la finesse hallucinante des traits de ses personnages ou pas les ambiances suggérées par des décors tantôt festifs, tantôt sombres et témoins insoutenables de la mort et de la torture. Des scènes dignes de certains enfers qui contrastent remarquablement avec la pureté du héros, Charles-Henri Sanson, le bourreau le plus célèbre de la Révolution française. Avec une époque aussi troublée et aussi riche sur le plan scénaristique, avec un personnage aussi controversé et complexe, Sakamoto n’a donc plus qu’à nous régaler avec son art tout en nous faisant voyager dans notre propre passé. C’est juste un régal.

Innocent Innocent

5 tomes et moins : les essais transformés…

A Silent Voice #2 de Yoshitoki OIMA chez Ki-oon : Voici un titre qui mérite encore des compliments dès son tome 2, où il est question des concepts de l’amitié et du pardon. Une fois de plus le propos est prenant, dans le fond comme dans la forme. Les personnages sont plutôt classiques – leur aventure moins – mais la mangaka fait preuve d’un talent peu commun pour dépeindre leur doute, leur fragilité et leur maladresse. Tous font des erreurs, parfois lourdes de conséquences dans une vie adolescente, très cruelle, mais chacun a le droit à sa deuxième chance. L’autre force d’A Silent Voice est d’être aussi plaisant à lire qu’à observer. Le visuel de la série fourmille de bonnes idées : un chara-design qui s’amuse parfois sur les coupes de cheveux, des épaisseurs de traits très variés qui apportent contraste et une petite touche old school, des angles de vue très dynamiques (empruntés au monde de la photographie j’ai l’impression), etc. OIMA tentent des choses et des effets qui donnent beaucoup de personnalité à son œuvre et qui renforcent le potentiel coup de cœur dès la première lecture. Prenant et innovant, voilà une belle pépite. Vivement le tome 3 fin mai.

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Six Half #4 de Ricaco IKETANI chez Delcourt : Je vous avais déjà parlé de cette jeune fille détestable, Shiori, qui perd la mémoire dans un accident et comprend ensuite, au jour le jour, quelle garce elle a été pendant des années. Depuis ce pitch original, l’histoire évolue de manière très intéressante : les infos sur le passé de l’héroïne et de sa famille sont distillés au compte-goutte et la nouvelle Shiori apprend à faire face aux dégâts qu’elle a pu causer, se reconstruisant une vie sur les ruines de l’ancienne. Mais tout ça est très fragile, et la demoiselle n’était pas devenue une mauvaise personne par hasard. Pendant que certains essaient de la ménager pour lui donner une seconde chance, d’autres n’hésitent pas à lui rentrer dedans ou refusent, plus simplement, de lui pardonner. Quelques uns, enfin, profitent que Shiori soit enfin supportable pour avancer dans leur propre vie, mais il semble que les souvenirs de la demoiselle soient planqués en embuscade, prêt à bondir pour tout mettre sans dessus-dessous. Excellent scénario et très bonne narration confèrent donc à cette série une histoire prenante, ce qui permet de passer outre le graphisme assez irrégulier d’IKETANI. Un shôjo original et à suivre !

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Magical Girl of the End #5 de Kentarô SATÔ chez Akata : Évoquée aussi lors de son premier volume, voilà une série qui a enchaîné les climax et les plot twist autant que les explosions de têtes et les tripes à l’air. Et dans ce tome 5, ça continue avec joie ! Alors que le tome 3 marquait un tournant avec un bond dans le passé garni d’étonnantes révélations, le tome 5 confirme que la venue des Magical n’est pas due au hasard. Des gens – certains dans l’ombre, d’autres sous les projecteurs – ont un but derrière ce massacre en bonne et due forme. Dans ce scénario imprévisible et s’amusant visiblement avec les paradoxes temporels, les tentatives de survie sont narrées avec autant de machiavélisme que d’adrénaline. Le tout s’offrent en bonus quelques personnages incroyables, comme Rintarô l’agent de police pervers et totalement amoral dont le pétage de plomb sadique est absolument dantesque dans ce volume. La colère et le sang jaillissent de toute part et inondent les pages pendant plusieurs chapitres. Une véritable orgie dans ta face, cher lecteur.

  Magical Girl of the end

Uwagaki #4 de Ryo YASOHACHI chez Doki-Doki : Quatrième et dernier volume de cette comédie loufoque qui m’a plu dès le départ (la preuve). La fin s’avère à la hauteur de cette comédie romantique et légère, comme beaucoup des séries courtes de l’éditeur d’ailleurs. Tout se bouscule et s’accélère entre Ajio, Chiaki et Koaki, et on ne tombe jamais dans la routine ni dans le téléphoné : avec un un professeur Yamada imprévisible (extraterrestre ? Homme du futur ?) et une équipe de mercenaires qui lui collent aux fesses, on ne s’ennuie jamais une minute. Le cocktail parait improbable – il l’est un peu, d’ailleurs – mais amour, action et humour se marient à merveille. Uwagaki, c’est la comédie romantique drôle et originale qu’on est content d’avoir découvert car on aurait pu facilement la rater. Un petit plaisir que l’on s’offre et dont on ressort avec le sourire aux lèvres et plein d’affection pour les différents protagonistes. Testez-le, vous verrez !

Uwagaki planche Uwagaki

10 tomes et plus : ils se bonifient avec le temps ?

Silver Spoon #9 de Hiromu ARAKAWA chez Kurokawa : la série se rapproche de son 10e opus et elle est toujours aussi unique et plaisante à lire. On s’est complètement attaché aux différents protagonistes du lycée agricole Ohezo et c’est assez rare de voir un héros susciter autant d’empathie. Pourtant plein de failles et d’incertitudes on l’aime beaucoup ce cher Yûgo, avec son caractère obstiné qui finit par forcer l’admiration, et on le défendrai avec plaisir face à un père qui atteint des sommets de mépris dans ce volume. On voudrait baffer ce parent qui fait des ravages dans la psyché de son fils. Mais ce dernier tiens bon. Il fait face,aussi,  aux difficultés parfois tragiques du monde agricole et refuse de baisser les bras là où ceux qui y sont nés se laissent emporter par la fatalité. Un manga qui partage avec talent de jolies valeurs et qui sait les transmettre avec énormément d’humour… La clé de sa réussite certainement, pour éviter de tomber dans une morale trop lourde et contre-productive. Faire face aux difficultés de la vie, garder un œil bienveillant sur celle des autres et ne jamais trop se prendre au sérieux. La philosophie d’Hiromu ARAKAWA, ça fait toujours du bien par où ça passe…

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Tokyo Ghoul #10 de Sui ISHIDA chez Glénat Manga : une série savoureuse dès ses premiers tomes et encore plus depuis un tome 7 de génie… Depuis, chaque nouveau volume de Tokyo Ghoul attise ma convoitise de lecteur et, dans ce 10e opus, c’est mon gout pour la baston qui s’avère rassasié avec de nouveaux ennemis à la hauteur du « nouveau » Ken. Notre héros se prend d’ailleurs une bonne rouste d’entrée de jeu, histoire de poser les choses et d’assoir le style terriblement efficace de son adversaire. Ce duel semble parti pour se dérouler en plusieurs rencontres, chacune étant plus longue et plus épicée que la précédente : vitesse, puissance, technicité ou roublardises, tous les ingrédients des bonnes bastons sont utilisés avec talent pour que l’on se régale et en redemande. Entre deux affrontements, notre héros et ses proches savent aussi prendre du recul – l’occasion de monter un plan ou de faire un point sur des zones d’ombres – mais c’est pour mieux sauter le pas ensuite : la chasse au docteur Kano qui débute dans la seconde partie de l’ouvrage est un nouveau point de convergence pour les différentes factions de goules et de la police. C’est très prometteur, vivement le tome 11 en juillet !

Tokyo Ghoul 10 Tokyo Ghoul 10

Billy Bat #14 de Naoki UARSAWA et Takashi NAGASAKI chez Pika : je crois que jamais un Urasawa ne m’a paru aussi clair et facile à suivre que ces derniers tomes de Billy Bat. Tout comme une intrigue s’éclaircit lorsqu’elle touche à sa fin, ce 14e tome clôt avec quelques rebondissements et révélations le destin de plusieurs protagonistes dangereux ou malveillants. Comme d’habitude plusieurs lignes temporelles sont imbriquées, mais il faut croire que notre cerveau a pris l’habitude d’identifier les époques et les personnages et l’on comprend facilement les tenants et les aboutissants. Les réponses ne conduisent plus forcément à des floppées d’autres questions. Au point que j’ai fini par me demander, en refermant le tome, si la série ne touchait pas à sa fin, si tout – ou presque – n’avait pas été dit. Et pourtant non. Mais je me demande comment la série va pouvoir se relancer et prendre encore de l’ampleur, si ce n’est dans l’affrontement des deux mythiques chauve-souris : la blanche et la noire. Messieurs les mangakas, je vous attend de pied ferme en juin pour votre 15e tome !

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One Piece #74 de Eiichiro ODA chez Glénat Manga : C’est bête à dire mais, avec le cycle des hommes poissons, j’en avais presque oublié l’envergure d’un manga comme One Piece et le talent de son mangaka. C’était toujours aussi sympa à lire mais avec les tomes 73 et 74 la saga retrouve clairement des couleurs ! L’arc du moment est d’une grande richesse et se trouve directement connecté avec des personnages clés, qui nous en apprennent encore davantage sur l’histoire de fond de la saga… Et qui sont aussi prenant et bien construits, pour ne rien gâcher. ODA fait donc monter la sauce sur une cadence très prenante, distillant quelques planches énigmatiques avant de repartir sur des combats aussi loufoques qu’endiablés. Avec un équipage toujours plus nombreux, on a désormais des duos ou des trios inédits qui partent en guerre, remplaçant ainsi des affrontements à un contre un déjà écris à toutes les sauces dans les 70 tomes précédents. Les affrontements s’imbriquent sans temps morts, et les ennemis sont toujours aussi originaux et difficiles à défaire… qui se méfierai d’une jeune fille qui ne sait que transformer les gens en jouets après tout ? Ajoutez à tout ça l’arrivée d’un personnage éminemment mystérieux et de la plus haute importance qui ne cesse d’apparaître masqué depuis plusieurs chapitres et vous obtenez un mangaka qui donne le meilleur de lui-même. The boss is back ladies !

One Piece 74 Tome_75_One piece

Et voilà la fin de cette sélection… Comme d’habitude je pourrais continuer à vous parler de mangas : Ad Astra #5, Double JE, Cagaster #5, Altaïr #4, Darker Than Black, Area 51, Husk of Eden #4, Moyasimon #4, Space Brother #10, #Gangsta #6 ou Wolfsmund #6… Mais ça n’en finirai jamais. Et la pile des mangas à lire maigrit difficilement, donc ce n’est pas prêt de s’arranger !

Chroniques manga printemps 2015


avril 12th, 2015
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