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Venez découvrir dans le détail les coups de coeur d'un chocobo.

The Arms Peddler : le western-fantasy un brin post-apocalyptique…

⊆ février 18th, 2012 | ≡ Topic: Articles, Manga, Manga / Japanimation, Preview | | ˜ 2 Commentaires »

The Arms Peddler

Cela fait quelques temps que je n’ai pas lu un peu de fantasy, dark-fantasy ou autres séries du genre. Cette pause a pris fin cette semaine, lorsque – ô joie – j’ai eu en main les dernières sorties de chez Ki-oon. Non il ne s’agit pas du retour tant attendu d’Übel Blatt, ça nous en parlerons la semaine prochaine, mais plutôt de l’autre titre, un petit nouveau du nom de The Arms Peddler, alias Kiba no Tabishounin.

Signé par Night Owl (alias Joong Gi Park, dessinateur d’Over Bleed) et le scénariste Kyoichi NANATSUKI (Project Arms, entre autres), ce nouveau seinen de Square Enix nous emmène dans un monde désert, ravagé et cruel, où l’apocalypse n’a pas laissé grand chose pour les survivants, qu’ils soient humains ou créatures surnaturelles. Le tome 1 est sorti la semaine dernière et la série en compte pour l’instant 4 au Japon. Voilà pour les quelques informations de base, passons maintenant à la preview !

Bonne lecture et n’oubliez pas, ce titre est à gagner en participant au concours du mois ;)

Viens avec moi, si tu veux vivre…

Le monde est devenu une vaste terre désolée ou plus grand chose ne pousse, si ce n’est la sauvagerie et la violence. Les pires criminels font la loi, les démons ou autres créatures démoniaques vivent et tuent sans jamais s’arrêter. Parmi les ossements qui jonchent les routes arides, il y a ceux de la famille de Sora Yuki, assassinée par des bandits. Seul survivant, il est marqué au fer rouge et laissé à l’abandon, agonisant. Mais son destin n’est pas de mourir – en tout cas pas tout de suite – et il a le droit à une seconde chance. Cette chance a un nom : Garami, marchande d’arme.

L'assassinat de la famille de Sora  La rencontre Sora-Garami

Elle lui propose un deal : mourir et retrouver ses parents dans l’autre monde, ou vivre, pour devenir son esclave et la suivre dans ce monde sans merci. Tant qu’il n’aura pas remboursé sa dette, son destin est lié a celui de cette femme mystérieuse et grande combattante, qui conduit une roulotte tout aussi étrange que sa propriétaire. Villes fortifiées, trafic d’esclaves, guerre, créatures mi-bête mi-homme et nécromancie… Sora va découvrir un monde dont il n’avait pas idée. Même dans ses pires cauchemars.

Night Owl : un graphisme mortel

The Arms PeddlerCe qui saute aux yeux depuis le début de la promotion du titre -et encore plus à sa lecture – c’est son graphisme de très haute tenue. Le coup de crayon du dessinateur coréen n’a rien à envier à celui d’Etorouji Shiono, l’auteur d’Übel Blatt. Les décors sont somptueux et  les costumes vont piocher, selon l’inspiration, dans différents genres populaires chez les amoureux de fantasy et d’aventure. Tout commence en effet par un décor désertique et une bande de bandits qui rappellent les fous sanguinaires de Mad Max ou de Hokuto no Ken. Arrive ensuite une femme dans un look de western-woman qui transporte dans sa carriole des armes d’une époque passée et lointaine… La notre visiblement. Le cocktail post-apocalypse / western est complété par un troisième élément : de la dark fantasy, où les corbeaux spectraux et la nécromancie donnent parfois à The Arms Peddler une ambiance digne d’un Resident Evil… L’attaque d’une auberge par une nuée de morts-vivants nous y replonge complètement. Les armes à feux et les explosifs se mêlent donc à la magie mais aussi aux lames pour un fourre-tout très réussi.

Ce mélange de civilisations se retrouvent bien sur dans les costumes, qui accompagnent un chara-design riche et éclectique : Garami donne successivement  la réplique à un vieux campagnard prêt à un sacrifice explosif, à un fils de chevalier en armure qui se prend pour un sniper, à des marchands d’esclaves orientaux qui manient le fouet ou, enfin, a un général borgne tout droit sorti d’un opus de la saga Tales of  (et qui transpire la classe soit dit en passant). Ajoutez à ça une princesse méprisante habillée en poupée et un homme-lion aux airs d’un Kimahri de Final Fantasy 10 et vous aurez une idée de toutes les rencontres faites dans ce seul tome 1. Une galerie des plus alléchantes grâce à un graphisme de caméléon, capable de s’adapter à toutes les situations pour revêtir le look le plus adapté à la situation. Pour ce qui est des émotions, les premiers chapitres excellent surtout dans des attitudes excessives : colère, mépris ou sadisme donnent la réplique à peur, souffrance et désespoir, selon qu’on se place côté bourreau ou côté victime.

Finissons enfin cette première approche visuelle par un bon point sur la mise en scène : le découpage et les angles de vues sont classiques mais le travail n’en est pas moins de bonne facture. Les deux mangakas connaissent bien leur métier et donnent à leur titre les bons ingrédients aux bons moments.

Kyoichi NANATSUKI : L’apocalypse… Et après ?

Si l’univers de The Arms Peddler est si tentant, c’est surtout que c’est lui qui est à l’honneur dans ce premier opus. Une fois expliqué le tragique destin de Sora et sa rencontre avec Garami, notre duo voyage de place en place, au jour le jour. Les premiers chapitres présentent des histoires sans connexions entre elles et qui n’ont d’autres objectifs que de parcourir le vaste monde pour le présenter au lecteur. La vengeance de Sora, bien décidé à retrouver et à tuer les assassins de sa famille, n’est en aucun cas la voute de ce premier volume, à la différence d’Übel Blatt (histoire de parfaire la comparaison).

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Quelques pistes sont cependant posées par le scénariste : Garami semble opérer au sein d’une guilde, celle des marchands d’armes, dont les ennemis sont des nécromanciens. Dans la seconde partie, l’arrivée de la princesse de Caradia pose également les jalons d’une intrigue politique mais, comme je le disais plus haut, tout reste à faire et tout reste à dire. Il faudra donc se montrer patient pour connaître la trame de fond de cette histoire. Les protagonistes de la série constituent pour l’instant de très belles munitions, mais encore faut-il que les armes soient à la hauteur… Affaire à suivre donc, pour notre plus grand plaisir !


The Arms PeddlerTitre : The Arms Peddler
Auteurs : Kuoichi NANATSUKI / Night Owl
Date de parution : 09 février 2012
Éditeurs fr/jp : Ki-oon / Square Enix
Nombre de pages : 208
Prix de vente : 7,50 €
Nombre de volumes : 4 (série en cours)

Lire un extrait de la série : cliquez ici.

Visuels : © Kyoichi Nanatsuki, Night Owl / SQUARE ENIX CO., LTD.


février 18th, 2012
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Paris Manga 13 : Le compte-rendu

⊆ février 6th, 2012 | ≡ Topic: Articles, Evènement, Japanimation, Manga, Manga / Japanimation | | ˜ 5 Commentaires »

Paris Manga 13

La dernière édition de Paris Manga m’avait bien plu… En tant que journaliste. Pour la première fois depuis longtemps le salon nous avait proposé de nombreux invités, dont quelques uns réellement prestigieux comme Shingo Araki. Je regrettais cependant l’absence de J-music, les allées mal organisées tantôt vides, tantôt impraticables durant plusieurs heures.

Pour Paris Manga 13, certaines choses se sont améliorées, d’autres n’ont pas changé et enfin quelques unes sont à revoir. Passons tout ça en revue…

 Invités : Japanime, manwha… Et J-music !

Cette année encore Paris Manga proposait un cocktail typique de ce salon : un mélange très hétéroclite entre auteurs asiatiques, figures de la japanimation, acteurs de séries US, doubleurs renommés d’anime, auteurs et dessinateurs français d’influences asiatiques et américaines. Toshihiro Wakamoto (Cowboy Bebop, Wolf’s Rain, Towa no Quon) et Yasuhiro Irie (Fullmetal Alchemist Brotherhood) étaient deux invités de marque et si le premier est une célébrité, le second est à surveiller de près dans la prochaine décennie. Il est dommage qu’un festival prénommé Paris Manga ne dispose pas d’un mangaka mais pour cet opus, le staff avait concentré ses efforts sur un autre cheval : la J-music, avec le groupe amber gris.

Kawamoto & Irie amber gris en concert

Ce groupe de la mouvance visual kei ne m’emballait pas au départ mais, comme je l’expliquais ici, le peu que j’en avais vu avant le salon me laissait croire qu’une bonne surprise était possible… Et ce fut le cas. La rencontre avec le groupe, entre leur séance de dédicace et le concert, m’a permis de rencontrer cinq habitués du monde de la musique. Une expérience que l’on a d’ailleurs pu retrouver lors de leur concert, où chaque musicien a su faire preuve de son talent malgré des conditions sonores et visuelles assez… artisanales. Un bon point donc, tant qu’on met de coté les problèmes d’organisations du live.

amber gris  amber gris

Car coté organisation justement, il reste encore des choses à améliorer.

Paris Manga ? C’est… compliqué !

C’est en substance ce que disent de nombreux professionnels, que ce soit du coté des éditeurs, des journalistes ou d’autres acteurs du milieu de l’event manga-japanime. Il y a bien sur des langues de vipère dans le lot, qui conspuent le salon sans y avoir remis les pieds depuis très longtemps. Mais même en faisant fi de ces jugements péremptoires et peu constructifs, l’impression demeure.

La bonne volonté n’est absolument pas à remettre en cause, et j’en profite d’ailleurs pour saluer les contacts presse d’Abyssium et Warning, toujours disponibles et désireuses de faire au mieux, y compris dans les moments de speed qu’impliquent la gestion de ce genre d’évents. Meilleur accueil, disponibilité et sourires sur le salon… Un vrai progrès dans le domaine des relations presse, il n’y a plus qu’à confirmer.

Cosplay Eye Shield 21

Les points noirs sont ailleurs. Il y en a deux… L’organisation des events dans le salon en font partie. Le concert d’amber gris en est sans doute l’exemple le plus parlant : il fut annoncé en marge du salon, puis finalement dans le salon, avec un groupe normalement japonais en première partie qui s’est transformé en prestation amateurs de petits frenchies, trouvés au pied levé quelques jours avant le concert. Les pauvres – très sympathiques au demeurant – ont fait les frais de problèmes techniques importants, en devant s’abstenir d’un micro en état de marche pendant de très longues minutes.

Le concert d’amber gris s’est déroulé sans incident majeur si on occulte le retard d’une heure et des éclairages indignes du groupe. Comme à chaque fois tout n’est pas à mettre sur le dos de Paris Manga, mais gageons qu’ils sauront mieux s’entourer pour améliorer leurs prestations musicales. On le leur souhaite en tout cas.

Soul Calibur 5, Mitsurugi a trop la classe !

Second problème : les stands. Nous étions ravis de retrouver Booken Manga, qui était venu avec son auteur phare Ryu Geum-Chul (Ares) et Reno Lemaire (Dreamland) en sympathique bonus, content de re-découvrir l’excellent catalogue nobi nobi !, de discuter nouveautés avec Taifu Comics ou de partager un moment de fan-attitude avec Toshihiro Kawamoto au stand Blue Air Rights… Mais après ?

Hormis quelques exceptions et une partie jeu vidéo correcte pour les amateurs, Paris Manga avait parfois des airs de marché aux puces. Les artisans japonais étaient rarissimes, les stands étaient blindés de contrefaçons et autres « sabres encore moins chers que sur Internet ! », qui laissent rêveur sur la qualité (et la dangerosité ?) du produit. Une plaie fréquente pour ce type de convention et beaucoup plus difficile à combattre qu’on ne le pense. Mais contrairement à Japan Expo, rien ne venait contrebalancer cette mauvaise impression.

Ryu Geum-Chul

Que dire également de la zone coréenne prévue autour du stand Booken manga ? Sans doute que le salon devra faire des efforts pour convaincre ses interlocuteurs sud-coréens, moyennement emballés parce qu’ils ont vu. Avec Good Smile Company ou les fabricants de pierre de Magatama, Paris Manga 12 s’était montré plus convaincant. Espérons que la 14ème et future édition le sera aussi !

En conclusion…

Paris Manga 13 laisse donc une impression mitigée : bonne en tant que journaliste mais moins convaincante lorsque l’on se met dans la peau du visiteur lambda. Le salon peine, malgré son expérience, à régler quelques problèmes d’organisation et de pauvreté culturelle. Néanmoins il confirme avec cette 13ème édition un réel choix d’invités et une identité hétéroclite américano-japonaise qui lui va bien. Avec les années Paris Manga grandit, que ce soit en taille, en fréquentation ou en popularité… Le défi des organisateurs n’est donc plus de le faire connaître mais de lui donner une véritable envergure. Un sacré challenge !


février 6th, 2012
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Paris Manga 13 : les invités asiatiques du weekend…

⊆ février 3rd, 2012 | ≡ Topic: Articles, Evènement, Japanimation, Manga, Manga / Japanimation | | ˜ Pas de commentaires »

Après une douzième édition réussie sur le plan des d’invités, tous les regards se tournent cette semaine sur Paris Manga 13, au Parc des Expos situé Porte de Versailles, les 4 et 5 février prochain. Une fois de plus les invités sont nombreux, l’animation japonaise n’est pas en reste et la J-music est présente avec un groupe inédit… Mais trêve de paroles, voici le programme !

Japanimation :

Yasuhiro Irie

Yasuhiro IrieNé en le 30 mars 1971, Yasuhiro Irie est un chara-designer et animateur qui débute sa carrière dans les studios Sunrise en 1992. Il commence comme animateur clé sur des séries comme Mama wa Shōgaku Yonensei, ou encore des animes à mécha comme Genki Bakuhatsu Ganbaruger et Nekketsu Saikyō Go-Saurer en 1993. C’est sans doute ce qui lui vaut son premier travail important sur Vision d’Escaflowne, où il dirige l’animation sur l’épisode 21. Sa carrière ne décolle pas immédiatement et il retourne au poste d’animateur clé sur de nombreuses séries de 1994 à  2002 : Cowboy Bebop, Utena ou Orphen par exemple.

C’est sur Rahxephon qu’il commence à être reconnu : il y dirige et anime l’épisode 19. Il croise ensuite pour la première fois la licence qui sera la plus importante de sa carrière : Fullmetal Alchemist. Sur la première saison il se contente de diriger le premier opening (voir ci-dessous).

La même année il multiplie les casquettes sur Gunparade March (chara-design, storyboard, animation des personnages, réalisation des épisodes, etc…) puis il obtient, pour la première fois, le poste de réalisateur avec Alien Nine puis Kurau Phantom Memory. Il donne un coup de main en tant qu’animateur clé sur le film de FMA, Conqueror of Shamballa, travaille sur les opening et quelques épisode de Soul Eater et, enfin, on lui propose le poste pour lequel il est aujourd’hui le plus connu : la réalisation de la série Fullmetal Alchemist Brotherhood, chez les studio Bones. Pour les plus curieux vous pouvez retrouver sa biographie sur Anime News Network.

Toshihiro Kawamoto

Difficile de résumer la carrière de cet homme, né le 15 juillet 1963 dans la préfecture de Mie. Ce pillier du studio Bones est connu comme chara-designer et réalisateur de quelques œuvres mythiques de l’animation japonaise : Venus Wars (1989 – co-directeur de l’animation), la saga Gundam (au chara-design et à l’animation sur de nombreux volets), Golden Boy (chara-design, direction de l’animation), Cowboy Bebop et Wolf’s Rain pour un chara-design qui a marqué toutes les mémoires. Cofondateur de Bones avec Masahiko Minami et Hiroshi Osaka, on le retrouve dans une grande majorité des œuvres de la société : Scrapped Princess, Kurau Phantom Memory, Fullmetal Alchemist, Ouran, Jyu Oh Sei, Ayakashi Ayashi, Sword of the Stranger, jusqu’aux plus récents Heroman, Gosick et Towa no Quon (extrait ci-dessous)

Le passage de Kawamoto en France n’est pas une première puisque certains ont déjà pu le croiser en 2008 lors de sa venue à Japan Expo ou en 2010, au salon Made in Asia de Bruxelles. De ses voyages en Europe on a pu apprendre plusieurs choses sur lui… Il cite par exemple Gundam comme l’un des clés de sa passion pour l’animation :  « c’est la première série diffusée à la télé que j’ai vraiment suivie, quand j’étais au lycée, en tant que fan donc. De fan, je suis passé un peu par hasard à chara-designer, au milieu des années 80… »

Toshihiro_Kawamoto_Japan_ExpoLorsqu’on lui demande ce qu’a changé Cowboy Bebop pour lui il évoque une ouverture à l’international : « ça a beaucoup augmenté les contacts à l’étranger. Ça m’a permis d’être enfin en contact direct avec des cultures étrangères et de m’ouvrir à ces cultures, ce qui est tout à fait extraordinaire pour moi, qui n’avais pas prévu cela. Au Japon, jusque là, je n’avais pas vraiment de temps pour moi, je devais dessiner, dessiner…

Avec Cowboy Bebop, ça a changé. [...] Par exemple, quand je suis allé pour la première fois en France, j’ai pu admirer la Tour Eiffel… C’est là que j’ai eu l’idée de la tour assez ressemblante de Cowboy Bebop le film. Mon voyage a eu une influence directe sur la création du long-métrage. »

Il s’inspire donc énormément des choses qui l’entourent ou des gens qu’il croise. Ed de Cowboy Bebop est inspiré de la lunatique Yoko Kanno, tandis que Ein fut créé à partir d’un véritable welsh corgi, adopté pour l’occasion, qui servira aussi de base morphologique pour les loups de Wolf’s Rain

De sa façon de travailler il explique qu’il aime « qu’il y ait une séparation nette entre chaque travail que j’effectue, pour pouvoir faire des choses à chaque fois différentes, et apprendre. C’est ce qui m’a poussé à travailler sur des jeux vidéo par exemple, comme récemment Tales of the abyss (2005). » Cependant il est surtout connu comme character designer. Un métier qu’il analyse de la manière suivante : « Le chara-design peut sembler facile, mais il faut être capable de créer un dessin qui soit simple à bouger, mais pas non plus trop grossier sinon il perd de sa saveur. C’est toute la difficulté de ce métier, trouver l’équilibre. »

Enfin, lorsqu’on évoque sa patte graphique, Kawamoto explique que sa caractéristique est justement qu’il n’en a pas : « On me dit que ma principale qualité est d’arriver à animer une production sans qu’on voit ma patte justement. Quand je travaille sur une adaptation, comme The Cockpit par exemple, on ne va voir que du Leiji Matsumoto. Pareil pour Golden Boy, on ne voit que du Tatsuya Egawa. Je m’adapte complètement à l’identité de l’auteur original. Je deviens l’œuvre elle-même. On m’a même donné un surnom pour ça, mais je ne vous le donnerais pas ! (Rires) »

Je n’ai plus qu’à essayer de trouver lequel ! Vous pouvez retrouvez les interviews de Kawamoto ici ou.

Manhwa et Global Manga

ares-1-bookenGeum-Chum RYU : Né le 8 mars 1978, c’est en 2001 que sa carrière prend son envol, avec la série Ares, publiée depuis quelques mois chez Booken Manga. Depuis, il a écrit d’autres manwhas, comme Nephilim John, édité chez Young Champ, un magazine de l’éditeur coréen Daewon ou encore La légende du roi Muryong chez Comic Cham, autre magazine de la même maison. Ce dernier titre arrive en avril chez Booken Manga et c’est pour le faire découvrir que Geum-Chum RYU a fait le voyage. Il vous attend avec un deuxième auteur, qui se trouve aussi être l’un de ses fans si on en croit Booken

Reno Lemaire : C’est en effet l’auteur de Dreamland, publié depuis 2005 chez Pika, qui a eu un coup de cœur pour Ares. Il travaille avec Booken Manga depuis quelques temps, notamment sur leur site web. Il vous attend lui aussi en dédicace.

D’autres auteurs français influencés par le manga sont également présent : Jonat (Dofus Monster), Liaze et Moemai (Lost Soul), Nacho Fernandez (Dragon Fall).

J-music

C’est ce samedi à partir de 17h que vous pourrez vous essayer à amber gris, un groupe de visual kei. Vous savez tous que c’est un genre qui ne compte pas parmi mes préférés, mais comme je suis chargé de les interviewer pour Total Manga, j’ai commencé à creuser… Et je suis agréablement surpris. Non pas par le look – tout à fait typique du visu – mais par le chanteur et le son, tout à fait honorable. Le concert mérite donc le déplacement, vu qu’il est gratuit ! Voici un avant-goût :

C’est en février 2009 que le groupe est formé. Il est formé de 5 membres : Temari (ex-Ruvie) au chant, Kaname (ex-gossip) et Wayne (ex-SULFURIC ACID -Koji-) à la guitare, Koto (ex-Sugar) à la basse et enfin Haruma (ex-beaU -support-) à la batterie.

Le groupe lance son site officiel le 9 août 2009 et commence à se faire connaître. Début 2010 ils s’attaquent à des salles plus grandes telles que celle du Shibuya Womb (1000 personnes environ) et enchainent les lives tout au long de l’année. Le 24 mars 2010 ils sortent un premier mini-album qui se atteint la 7ème place du top Oricon indies. En juillet 2011 arrive leur premier album, pomander, et une tournée japonaise. L’année 2011  s’achève avec la participation du groupe à un event le 31 décembre en compagnie d’AYABIE, BORN, Duel Jewel, SCREW, et d’autres artistes. Ils vous attendent pour une séance de dédicace samedi midi puis le concert en fin d’après-midi. Et entre les deux, c’est votre serviteur qui ira à leur rencontre !

Voilà vous en savez désormais plus sur les principaux invités de cette 13ème édition de Paris Manga. Pour les fans de cinéma ou de la licence Gantz sachez que l’actrice Natsuna Wanatabe (Kei Kishimoto dans le film de Gantz) fera une séance de dédicace le dimanche 5 février 2012 à Paris Manga à partir de 14 h.

En bonus voici le plan, toujours bien utile !

Plus d’informations sur le site officiel.

Source : Paris Manga, Anime News Network, Wikipedia, Orient Extrême, Journal du Japon, Booken Manga


février 3rd, 2012
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Front Mission : cette guerre que l’on connait si bien…

⊆ janvier 31st, 2012 | ≡ Topic: Articles, Manga, Manga / Japanimation, Preview | | ˜ 4 Commentaires »

Front Mission

Après la double chronique Suicide Island VS BTOOOM! je reviens à une chronique simple : Front Mission Dog Life & Dog Style, un manga de Ki-oon signé par Yasuo OTAGAKI (Moonlight Mile) au scénario et par C.H.LINE au dessin. Je pensais lui confronter Sanctum, le dernier Boichi chez Glénat, mais ce dernier se dévoile trop peu dans son premier volume. Petite nouveauté à la fin de cette chronique : une petite fiche technique, j’espère que ça vous plaira et que vous la trouverez utile !

Le thème de cet article sera donc la guerre, de manière simple et épurée, c’est à dire sanglante, tragique, cruelle et stupide. La guerre quoi… comme nous pouvons oublier qu’elle est. C’est donc parti pour une piqure de rappel.

Front Mission

Gooood morning Huffman !

Direction l’île d’Huffman, dans l’océan pacifique, en 2090. Cette nouvelle île est l’objet d’une nouvelle guerre froide entre deux superpuissances : une alliance de l’Asie et de l’Océanie d’un côté et un État composé des Amériques du Nord, Centrale et du Sud de l’autre. Ils se disputent les nombreuses ressources naturelles de l’île et ne cessent de se chercher querelle. Un cessez-le-feu tient tant bien que mal depuis 20 ans mais chaque camp renforce ses troupes. La guerre est proche.

Malheureusement pour lui, le journaliste Akira Matsuda n’en a aucune idée en posant les pieds à Freedom, la capitale d’Huffman. Membre de l’équipe de télévision japonaise, il vient couvrir les tensions entre l’Est et l’Ouest du pays sans imaginer une seule minute que, quelques jours plus tard, un conflit d’une rare violence va débuter. Akira et ses collègues vont se retrouver bloqués sur l’île et devenir les témoins de cet enfer.

C’est la guerre !

En lisant Front Mission, on se rappelle que la guerre fait partie intégrante de notre vie, depuis notre enfance et nos premiers cours d’histoires jusqu’à la toute dernière actualité sur la situation en Syrie ou en Afghanistan. Il est d’ailleurs facile, avec ce premier tome en main, d’en comparer les évènements avec des faits réels, à travers un petit jeu de devinettes… Prêt ? C’est parti !

Deux régions du même pays en guerre froide ? Les Corées ! Un engin explosif dirigé contre une des tours d’une grande ville ? Le 11 septembre ! Un débarquement meurtrier ? Venez sur les plages de Normandie ! Un conflit où les vainqueurs humilient les perdants ? Guantanamo ça vous dit quelque chose ? Etc, etc. Le nombre de situations de guerre qu’un être humain est capable de citer aurait de quoi faire totalement flipper le premier Alien venu…

Front Mission Front Mission

Mais revenons à nos moutons. Tiré du jeu vidéo éponyme, Front Mission conserve les méchas de la version vidéo-ludique mais ces derniers ne sont qu’une version plus moderne de l’arsenal militaire, plus rapide, plus puissant… Mais ils restent manipulés par des hommes. Yasuo Otagaki nous rappelle, avec simplicité, ce qu’une guerre veut dire : les gens sont découpés ou broyés lors des explosions, les militaires tirent sur les ennemis vaincus ou violent ce qui leur tombent sous la main… Des faits tout à fait choquants, mais tous raccord avec la réalité et avec les bafouments quotidiens de la convention de Genève. Depuis la guerre du Rwanda et son génocide à coup de machette, les hommes ne se sont pas subitement devenus moins cruels et les guerres miraculeusement propres.

Front Mission - Mécha

Lords of war

Mais cette horreur est d’autant plus palpable que ce manga nous la fait vivre à travers quelques protagonistes marquants. La première partie du récit – le lancement de la guerre – est présentée à travers les yeux du journaliste Yasuo Otagaki, symbole de la réussite masculine dans un monde en paix, sur de lui et de sa valeur, qui se retrouve complétement anéanti par la réalité de ce jeu de massacre. Tout comme nous il n’a jamais perçu la guerre qu’à travers la vision erratique et lissé que nous offre les médias. Une expérience qui va le transformer, grâce à sa rencontre de Kenichi, son collègue journaliste, son antithèse.

Ce petit homme que personne ne remarque jamais va faire de son invisibilité un atout majeur pour circuler en plein conflit. Dès le début de la lutte, Kenichi devient rapidement l’un des meilleurs reporters et photographe du conflit, dont la morbidité semble le fasciner. Cet attrait malsain pour la destruction et la mort  fait de lui, dans ces circonstances, l’un des meilleurs. C’est aussi ce qui l’amènera à rencontrer le sous-lieutenant Kanô, un jeune garçon qui a trouvé dans l’armée la direction que sa vie devait prendre. Travailleur et courageux, voilà l’image modèle du Japonais prêt à partir au conflit pour défendre sa patrie… Mais pour quel résultat. La guerre ne fait pas que tuer les populations locales, elle attire à elle des êtres humains de grande valeur pour en faire de la chair à canon.

Front Mission - Kenichi, le photographe Front Mission

Certains sont donc anéantis par cette barbarie, tandis que d’autres révèlent leur potentiel. Mais, dans les deux cas, on dénombre autant de chance de vivre que de mourir. Dans ce titre, l’inutilité du conflit n’a d’égal que l’absurdité des morts qui en découlent. Bien loin des idéologies qui tentent de  justifier ces campagnes militaires, Yasuo Otagaki et le dessin réaliste de C.H.Line détaillent ce que devient un être humain lorsqu’on lui demande de tuer un maximum de ses semblables.

On pourrait également parler de la presse et de la censure opérés par les états en conflits, du désintérêt et de la déshumanisation des populations éloignés des zones de combat (Plus une catastrophe se passe loin, plus il faut de morts pour qu’on en parle comme disait Churchill). Car en un seul volume Front Mission a déjà livré beaucoup de pistes de réflexion et tout autant de raison de le lire. Du bon boulot, vivement la suite.


Front Mission 1Titre : Front Mission Dog Life & Dog Style - vol. 1
Auteurs : Yasuo OTAGAKI / C.H.LINE
Date de parution : 26 janvier 2012
Éditeursfr/jp : Ki-oon / Square Enix
Nombre de pages : 224
Prix de vente : 7,50 €
Nombre de volumes : 7 (série en cours)

Lire un extrait de la série : cliquez ici.

Visuels : © Yasuo Otagaki, C.H.LINE / SQUARE ENIX CO., LTD.


janvier 31st, 2012
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Manga : première analyse du marché français pour 2011

⊆ janvier 22nd, 2012 | ≡ Topic: Articles, Manga, Manga / Japanimation | | ˜ 8 Commentaires »

Après avoir passé en revue les meilleures ventes de manga au Japon puis fait un retour sur les lectures de 2011, voici maintenant le moment de tirer le premier bilan pour le marché français. On attend encore les premiers chiffres de ventes à l’heure actuelle mais le rapport de l’ACBD 2011 de Gilles Ratier, basé sur la publication et la production des éditeurs, est disponible depuis quelques semaines. Combiné avec quelques recherches sur les planning éditoriaux de 2011, on peut déjà commencer à dresser la physionomie du marché pour l’exercice 2011. Vous pouvez aussi jeter un œil, en préambule, à l’analyse complète du bilan 2010. Installez-vous confortablement, c’est parti !

Publications : un marché globalement stable… Globalement.

En 2011, 1520 nouveaux mangas sont parus en France, contre 1522 l’an passé, soit une variation quasi-nulle. Un total qui nous place à environ 29 sorties par semaine. Avec 3841 BD au sens large publiés en France cette année (3811 en 2010), la part du manga reste relativement stable et représente 39.6% des nouveautés (- 0,4% par rapport à 2010). Il reste donc assez proche de la bande dessinée Franco-Belge (environ 50%) et loin devant le comics (8 % ).

Évolution de la publication Part de publications

Cela fait maintenant 6 ans que le marché du manga fluctue autour de 1400-1500 exemplaires et 7 ans qu’il dépasse ou frôle les 40% de part de nouveautés. Et pourtant on ne peut pas dire que les médias « grand public » lui réserve un accueil équivalent à son succès. Néanmoins les choses évoluent et les articles sur les mangas arrivent parfois à dépasser les préjugés. Quelques titres ont eu le droit à un papier dans Télérama et on a parlé des seinens et plus généralement des mangas à plusieurs reprises sur France Télévision, deux anciens bastions de la fronde anti-manga.

Espérons que ces initiatives, pour l’instant symboliques, se transforment en volontés éditoriales dans les années à venir. Les mentalités sont beaucoup moins volatiles que les goûts du public mais les réacs finissent tous par prendre, un jour ou l’autre, leur retraite. Dans la foulée, espérons que le festival d’Angoulême honore réellement son nom de Festival International de la BD. Juste pour voir comment ça fait, vu qu’on attend ça depuis plus d’une décennie. Je vais d’ailleurs aller voir l’étendu des dégâts par moi-même la semaine prochaine, et on en reparle après…

Pour revenir à nos moutons et les nouveautés manga : c’est la première fois que leur nombre n’évolue pas à la hausse. On pourrait croire que la baisse des ventes de 5% en 2010 a refroidi certains. C’est sans doute vrai, mais l’apparente stabilité globale du nombre de nouveautés cache en fait de très grandes disparités lorsque l’on y regarde de plus près, c’est à dire par éditeurs :

   nouveautés-editeur-evolution

Premièrement, on compte en 2011 deux apparitions et deux départs. Booken Manga et Kuri, le label manga d’Ankama, se lancent dans l’aventure pendant que Samji, la tentative de reprise de Tokebi et Saphira, jette définitivement l’éponge. La section manga de 12 bis disparait également.

Nouveautés-par-éditeurKazé Manga continue son ascension et devient en 2011 l’éditeur qui a publié le plus de nouveautés. En 2010 il était passé de 124 à 162 titres grâce au mariage du groupe avec Viz et les éditeurs japonais Shueisha et Shogakukan. Raphaël Pennes, le directeur éditorial de Kazé Manga, avait avoué en interview qu’ils « avaient eu les yeux plus gros que le ventre » en sortant une nouvelle série par mois. Le nombre de nouvelles licences est donc moins important en 2011 mais ajouté à celles existantes on arrivent maintenant à 188 titres, soit 3 à 4 mangas Kazé chaque semaine !

Pika, qui publiait le plus de titres depuis de nombreuses années, a ralenti le rythme en passant de 187 à 153 nouveautés. Après l’échec de Twilight en 2010 et la fin de deux séries signées CLAMP, on pourrait s’inquiéter. Cependant l’éditeur affiche clairement ses ambitions pour 2012 : acquisition (à prix d’or il parait) de Sailor Moon qui est prévu pour juillet (oh tiens pour la Japan Expo, quel hasard !) mais aussi sortie d’une nouvelle collection de titres : les mangas Disney. Ajoutons également l’arrivée du nouveau Urasawa, Billy Bat. Urasawa qui sera à Japan Expo 13 d’ailleurs, on l’a appris cette semaine…

Au nombre de publications Pika se retrouve dorénavant troisième car c’est Kana qui se place en seconde position. C’est d’ailleurs l’éditeur de Naruto et Bakuman qui signe la plus importante augmentation du nombre de titres, de 27,8 %. De plus Kana a presque doublé son nombre de rééditions cette année, en passant de 24 à 42. Si on fait le total nouveautés+rééditions, c’est Kana qui est numéro un devant Kazé Manga, qui n’a réédité que 7 titres sur 2011.

Suivent ensuite deux éditeurs plus stables et plus « raisonnables » : Tonkam avec 139 parutions, Glénat avec 129 parutions, et Kurokawa avec 79 parutions, soit quasiment la même chose que l’an passé. Soleil Manga et Taifu sont en légère augmentation, d’une dizaine de titres, à 107 et 84 publications, pendant que Ki-oon continue sa croissance. Après un spectaculaire + 50% sur le nombre de nouveautés en 2010, le plus important éditeur de mangas indépendant a édité 88 mangas cette année, un peu plus de 7 par mois. L’année 2012 marquera le retour de ses deux auteurs phares : la suite d’Übel Blatt et une nouvelle série pour Tetsuya Tsutsui.

Enfin citons Panini, dont le nombre de titres décroit pour la seconde année de suite : de 97 à 77 en 2010 et 65 cette année. Akata-Delcourt diminue également son nombre de sortie, comme il l’avait annoncé en début d’année.

On retrouve donc des politiques éditoriales différentes : ceux qui publient modérément, voir peu, pour défendre plus facilement les titres qui sortent, ce qui se fait au détriment du rythme de publication et de l’offre. De l’autre coté il y a ceux qui tentent la stratégie du publier plus pour gagner plus, quitte à réaliser de très petits tirages – quelques centaines d’exemplaires – au détriment de la promotion efficace et de la visibilité de ces séries. On le sait tous, une série qui sort dans l’anonymat n’a que très peu de chances de fonctionner, même avec une recommandation de votre libraire. De plus, devant la pléthore des sorties, de nombreuses éditeurs constatent un repli vers les titres phares, faisant du marché français un marché « starisé ». On n’a jamais eu autant de choix dans nos librairies mais on n’a jamais eu aussi peu de temps pour les découvrir ou tout simplement les remarquer…

Certes les éditeurs français ne sont pas toujours 100% maître de leur planning et que les éditeurs japonais poussent à la publication : « si vous m’achetez ce titre, faut me prendre celui là aussi » ou « si je vous confie la licence de ce titre il faut le sortir en France l’année prochaine« .  Mais les cas de Kana ou Kazé Manga semblent au delà de ces ajustements et découlent de vrais choix éditoriaux. On attend de voir les chiffres de vente pour statuer. D’ici là, penchons-nous sur les gros tirages de l’année…

Production : tout le monde veut du gâteau ?

Dans le bilan annuel de Gilles Ratier, le secrétaire général de l’ACBD, on trouve les plus importants tirages de manga pour l’année écoulé. Ces chiffres donnent un ordre d’idée des séries populaires et des parts de marché des éditeurs. Attention cependant, ce ne sont pas des chiffres de vente et, comme de plus en plus d’éditeurs ré-impriment, je ne parle ici que de tendances. On commence avec le top 10 des nouveautés les plus largement publiés en 2011, selon leur tirage moyen :

1. Judge

2. GTO Shonan 14 Days

3. Nura

4. Psyren

5. Gate 7

6. Les vacances de Jésus et Boudha

7. Beyblade

8. Beelzebub

9.Pokemon

10. The Civilization Blaster

Comme je le précisais, il ne s’agit pas forcément des nouveautés les plus vendues, mais plutôt des plus gros tirages et donc des plus gros investissements de l’année. Avec un tirage moyen de 53 333 exemplaires, Ki-oon a misé gros sur Judge, via la venue de l’auteur à Japan Expo 12 et une campagne de publicité importante. L’an passé ça lui avait plutôt bien réussi avec Pandora Hearts. Cependant les tirages semblent baisser progressivement puisque l’éditeur est passé d’un tirage de 30 000 pour les 6 premiers volumes à 26000 pour les tomes 7 et 8 et enfin 20 000 pour les tomes 9 et 10. Edit :  Après quelques renseignements pris, la ré-impression coûte de moins en moins cher, et il y a beaucoup de re-tirage, pour coller aux ventes au fur et à mesure et éviter trop de stock. Les ventes de Pandora Hearts se portent bien. Espérons que ce soit pareil pour la suite de Doubt.

Kana, Kurokawa et Kazé sont les principaux pourvoyeurs de ce top 10 et on note la volonté de sortir des titres pour les plus jeunes puisque Pokemon, Beyblade ou dans une moindre mesure, Chi, une vie de chat disposent tous de tirages initiaux supérieurs à 20 000 exemplaires. La recherche du jeune lectorat, conjointement au succès de l’éditeur nobi nobi ! est l’une des tentatives dans la conquête d’un nouveau public. Judge, pour les amateurs de cinéma d’horreur ou Les vacances de Jésus et Boudha pour le lectorat franco-belge vont dans le même sens pour un lectorat plus adulte.

En attendant ces séries sont loin de dominer le marché qui est toujours tenu par quelques stars. Cette années les ventes de One Piece ont approché puis dépassé celles de Naruto mais cette différence n’est pas encore visible sur les tirages ou le ninja orange continue de dominer les débats. Voici les 20 premiers du classement :

Manga Tirage initiaux moyen 2011 Progression
Naruto 250 000 Inchangé
One Piece 100 000 +11%
Fairy Tail 83 333 + 4 %
Black Butler 72 000 + 106 %
Fullmetal Alchemist 70667 - 3 %
Pluto 55 000 + 37.5 %
Judge 53 333 Nouvelle parution
One Piece – HS 53 333 Nouvelle parution
Bakuman 52 500 + 31.3 %
Bleach 50 000 - 16.7 %
Soul Eater 40 250 - 21 %
Vampire Knight 40 000 Inchangé
Les années douces 40 000 Inchangé
Twilight 40 000 - 84 %
Dofus 38 400 - 23 %
Nura 33 500 Nouvelle parution
Psyren 33 000 Nouvelle parution
Gate 7 30 000 Nouvelle parution
D.Gray-man 30 000  - 25 %
Negima ! 30 000 - 5 %

On ne peut que remarquer le bond spectaculaire de Black Butler, le joli finish de Pluto, la correction prévue de Twilight, la bonne forme de Bakuman (sans avoir recourt à une série télé sur la tnt française !) et les difficultés qu’ont certains shônen à se maintenir comme Bleach ou Soul Eater. Peut-être que leur diffusion télé leur permettront de remonter la pente l’an prochain.

Pour finir, on remarque que ces importants tirages ne sont plus uniquement le fait de gros éditeurs, même si deux d’entre-eux dominent toujours… En effet si l’on prend la totalité des tirages égaux ou supérieurs à 20 000 exemplaires, le tout rangé par éditeur, on obtient ceci pour 2010 puis 2011 :

Gros tirage 2010 

Gros tirage 2011

Avec le ralentissement du nombre de Naruto chez Kana et l’absence de plusieurs best-sellers chez Pika, les « petits éditeurs » émergent. Kazé Manga, absent des gros tirages l’an dernier, est désormais cinquième entre Kurokawa et Ki-oon. Là encore ces chiffres ne présagent pas totalement des ventes – les écarts seront sans doute plus serrés – mais on s’éloigne d’un marché tenu par un quator (Glénat, Kana, Pika et Kurokawa) , pour une situation à deux leaders, Glénat et Kana et de nombreux outsiders ! L

On attend donc avec impatience de pouvoir se procurer les chiffres de ventes pour confirmer ou infirmer ces tendances et statuer sur les choix éditoriaux de 2011. Rendez-vous donc en février, à la fois sur Total Manga où je publierai un bilan complet de l’année avec les ventes, les publications par genre, l’analyse de quelques éditeurs, etc… Mais aussi sur ce blog où je m’intéresserai à un éditeur en particulier, Ki-oon, avec l’interview d’Ahmed Agne, l’un des deux fondateurs de la petite boite qui monte qui monte ^^

En attendant, j’espère que ce premier portrait du marché vous a intéressé, merci d’avoir pris le temps de le lire !

Sources : Manga-news, éditeurs, Gfk Retails et © Gilles Ratier, secrétaire général de l’ACBD

Le manga en 2011…

Rétrospective de lectures 2011 : et vous, vous avez lu quoi ?

Marché japonais du manga 2011 : premiers chiffres, premières analyses

Manga en France: Édition et publication en 2011

[Itw] Ki-oon : bilan et perspectives d’un éditeur indépendant


janvier 22nd, 2012
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[French J-Music Awards] : Le j-top 50 pop-rock de 2011

⊆ janvier 16th, 2012 | ≡ Topic: Articles, J-music | | ˜ 1 Commentaire »

JMA2012Pour la seconde année de suite, votre serviteur a répondu présent à l’appel des J-music Awards. Shito (le Blog J-pop) a passé l’allumette à Mathieu (Ongaku Dojo) pour qu’il enflamme à nouveau cette compétition hexagonale concernant les meilleurs artistes nippons de l’année 2011.

Quelques changements ont eu lieu, sur les plans visuels, techniques et éditoriaux. Le résultat est ici.

La sélection propose 12 artistes par catégories. Des catégories qui vont une fois de plus du single à l’album, de l’artiste masculin au groupe à leader féminin, du meilleur concert au meilleur DVD… Un large panel de 15 sections possibles sont à votre disposition pour donner vos préférences sur l’année écoulée. Sachant que vous pouvez voter pour toutes les catégories ou uniquement pour celles qui vous intéressent.

La sélection est réduite plutôt qu’exhaustive pour éviter de noyer les votants sous des noms qu’ils ne connaissent ni d’Eve ni d’Adam. Car sous la masse de nom, les éditions précédentes ont montré que les gens finissaient par voter uniquement pour les gens déjà connus, quitte à ne connaître que le nom et pas le morceau. Résultat : des duels de stars et un manque d’objectivité qui parasite les résultats… On espère que cette sélection vous poussera à aller découvrir  davantage les artistes, au delà de vos favoris, car la scène j-music est d’une richesse peu commune. La mise en avant des artistes est incomplète cette année – mea culpa – il nous faudrait plus d’informations et des vidéos… Je plébiscite ces dernières depuis mon arrivée au JMA et je pense qu’on finira par s’y mettre l’an prochain.

Donc, en attendant, on va se faire plaisir ! Revenons sur les meilleurs clips de l’année, pour poursuivre dans un esprit de découverte. Cette sélection est un panorama rock et pop-rock de l’année écoulée, avec quelques digressions hip-hop ou électro que vous me pardonnerez (parce que j’aime bien vous donner l’illusion que vous avez le choix ;) ).

Le tout représente un choix de 50 titres, dans l’ordre alphabétique des noms d’artistes ou de groupe, pour s’y retrouver plus facilement. Vous pouvez même ouvrir ou fermer les parties qui ne nous intéressent pas en cliquant sur le « -/+ » de chacune. C’est parti !

A à C -/+

D à L -/+

M à P -/+

R à S -/+

T à Z -/+

Et voilà, vous êtes maintenant prêt pour aller voter aux French J-music Awards, et défendre les couleurs du pop-rock nippon !


janvier 16th, 2012
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Suicide island & Btooom! : l’île paradisiaque a du plomb dans l’aile…

⊆ janvier 11th, 2012 | ≡ Topic: Articles, Manga, Manga / Japanimation, Preview | | ˜ 2 Commentaires »

Suicide Island - BTOOOM!

Pour la première critique de cette année, je vous propose une preview comparative. Après la chronique des shônens à rallonge il y a plusieurs mois, occupons nous aujourd’hui d’un thème qui devient récurent dans le manga : l’île isolée du reste du monde, où se déroule les pires horreurs. Depuis la série TV Lost et le film puis le manga Battle Royale, les histoires insulaires se multiplient dans l’univers de la BD nippone… Higanjima chez Soleil dans une version vampirique et sanglante, l’île d’Hozuki l’an dernier chez Ki-oon, entre thriller et survival pour jeunes orphelins, etc. Une chose est sure : sur ces îles, il n’y fait pas bon vivre !

Les deux dernières tentatives du genre sont toutes récentes dans l’hexagone : Suicide Isand de Koji Mori chez Kazé Manga, qui a débuté en décembre, et Btooom! de Junya Inoue (Otogi Matsuri) chez Glénat, sorti le 4 janvier dernier. Voici donc une chronique joyeuse et pleine de vie, entre tentatives de suicide et les duels sanglants à la grenade !

Sur une île abandonnéééééée, coquillages et macchabées ♫

Dans Suicide Island, le jeune Sei se réveille sur une île déserte… Son dernier souvenir lui revient lentement en mémoire : il vient d’essayer, une fois de plus, de mettre fin à ses jours. Ce qu’il ne sait pas c’est que la société japonaise a décidé de ne plus prendre en charge les suicidaires récidivistes et les coûts qu’ils peuvent engendrer. La solution au problème est aussi simple que radicale : s’ils veulent mourir, il suffit de respecter leur libre arbitre, et de les envoyer secrètement finir leurs jours sur une île isolée, loin de tout. Sei et de nombreux camarades dépressifs se retrouvent livrés à eux-même, sur une île autrefois habitée, mais aujourd’hui déserte.

Alors que certains choisissent de mettre fin à leur jour sans plus attendre, d’autres vont essayer de recommencer à zéro. Mais la survie n’est pas si simple dans cette île coupée de tout… Il va falloir se battre aussi bien contre soi-même que les autres, car tous les suicidaires ne sont pas des personnes recommandables, loin de là !

Dans Btooom!, Ryuta se réveille, lui aussi, sur un bout de terre au beau milieu de l’océan. La dernière chose qu’il se rappelle c’est sa dernière partie de BTOOOM, un jeu de combat online dont il est l’un des meilleurs joueurs au monde. Sa petite vie de jeune homme sans emploi de 22 ans qui vit chez sa mère lui a été arrachée, et le voilà maintenant seul sur cette île… Enfin c’est ce qu’il croit.

Car à peine a-t-il réussi à remettre ses idées en place qu’un homme lui fonce dessus… Et lui balance des grenades ! Exactement comme dans BTOOOM ! Plusieurs hommes, femmes et enfants sont coincés sur cette ile et n’ont d’autres choix que se lancer dans une lutte sanglante pour survivre, et comprendre enfin ce qui leur arrive !

Vous ne regarderez plus vos vacances à l’île d’Oleron de la même façon…

Le Japon est un pays insulaire… Donc les îles, ils connaissent et ils aiment les servir à toutes les sauces. Forcément.

Pour nous, continentaux, la vue d’une île se rapproche assez d’une pub pour les gagnants d’euro-millions. Dans les mangas l’île isolée, loin de l’archipel civilisé, est le lieux de tous les fantasmes, morbides y compris. À l’image des films d’horreur et de leurs patelins paumés au fin fond de l’Amérique _ où il ne faut surtout pas tomber en panne d’essence – les japonais ont eux aussi des terrains de jeux où tout, y compris le pire, est permis… Une carte blanche idéale pour tout scénariste qui a envie de mettre les conventions sociales et le train-train quotidien à la poubelle.

Btooom! et Suicide Island mise donc sur une idée de départ forte : un Battle Royale à coups de grenades, ou un Lost joué par des amateurs de tailleur sur veine.

Sauf que…Ces deux récits ont choisi de partir dans sur des routes complètements différentes, de la mise en scène à la narration. Btooom! c’est de l’action, de l’action et encore de l’action. A peine est-il réveillé que Ryuta est déjà poursuivi par un homme qui frôle la folie et lui balance grenade sur grenade. Notre héros, comme le lecteur, a à peine le temps de réfléchir à ce qui lui arrive. On comprend progressivement où tout ça nous mène et que les combats vont s’enchainer, en solo ou par équipe, avec moultes trahisons et rebondissements à la clé.

btooom! btooom!

Les seuls temps morts laissés par l’adrénaline du combat sont voués aux stratégies des duels avec toute un panel de grenade à faire pâlir un vers de Worms (référence vidéoludique de vieux, vous m’excuserez… C’est histoire de ne pas toujours citer Rambo). Dans le premier tome on découvre les classiques grenades explosives à l’impact ou à retardement, qui devrait être rejoints par toute sorte d’arme dans les volumes suivants. Sans oublier quelques planches de fan service à chaque volume, pour bien confirmer au lecteur masculin qu’il est sur la bonne voie.

Sur Suicide Island, la psychologie des protagonistes est à l’honneur. Au sein du groupe de kidnappés envoyés sur l’île quelques personnalités vont se démarquer et pousser tout le monde à l’entraide. Se donner la mort est une chose mais accepter la mort qu’on vous impose en est une autre et certains se décident à réagir. Néanmoins ils n’en demeurent pas moins très fragiles et chaque matin, de nouveaux cadavres viennent alourdir la liste des abandons.

Suicide_Island  Suicide Island - l'île

Pour les autres, bien souvent habitués à une vie faite de centres d’aide ou d’hôpitaux, il va falloir se remuer pour réussir à trouver l’eau et la nourriture nécessaires pour continuer à avancer. Rien n’est simple et chaque échec de nos Robinsons Crusoé a un impact beaucoup plus ravageur. Sans compter que, même chez les leaders qui poussent chacun à entrevoir des jours meilleurs, nous savons tous qu’il y a, forcément, une part d’ombre. Difficile en effet de mettre un costume crédible de Bisounours quand on se taillade les poignets entre le petit déj’ et la collation du midi.

C’est donc ce mélange d’introspection et de survie en communauté que nous offre Suicide Island, avec des profils originaux, fouillés et prometteurs.

La corde ou la grenade ?

Vous l’aurez compris, le décor et le désir de survivre sont les rares points communs de ces deux œuvres. Impossible de présager de la fin mais il est certain nos deux héros aura fait un virage à 180° sur leur vision de la vie à l’issue de leur aventure.

En attendant, entre le point de départ et le point d’arrivée, nous avons le choix entre un récit nerveux et bien ficelé privilégiant les combats et l’adrénaline, ou une histoire posée et construite privilégiant la psychologie des personnages et une certaine forme d’aventure…

J’aurais tendance à pencher en faveur de Suicide Island après la lecture des deux tomes 1, pour la maturité du récit et son intérêt sociologique (le Japon est dans le top 10 mondial pour son nombre de suicidés, 30 000 chaque année). A retenir également le trait beaucoup plus original de Koji Mori. Mais Junya Inoue n’est pas le premier auteur venu et chaque tome de Btooom! caracole en tête des ventes au Japon. Les deux séries sont toujours en cours d’ailleurs : 6 tomes pour Suicide Island et 7 pour Btooom!

C’est donc surtout une question de public et d’envies de lectures. Mais vous en savez maintenant assez pour vous décider !

Btooom! 07-shinchosha

Vous pouvez également consulter les previews de Suicide Island et de Btooom! sur les sites des éditeurs.


janvier 11th, 2012
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Débat J-music 2 – Épisode 3 : Motivations et rayonnement

⊆ janvier 6th, 2012 | ≡ Topic: Articles, Interview, J-music | | ˜ 6 Commentaires »

Débat J-music épisode3

Troisième et dernière partie de notre deuxième débat consacré à la J-music. L’occasion de se pencher sur les gens qui y travaillent et sur le rayonnement de ce genre musical à travers les médias.

La J-music est-il un milieu solitaire ? Qu’est-ce qui poussent ses acteurs à s’investir autant pour une réussite incertaine ? Et quel est le meilleur intermédiaire médiatique pour le grand public : radio, web, presse généraliste ou télévision ?

Pour avoir un début de réponse, lisez ce qui suit ;)

Bosser dans la j-music, vous en avez rêvé ? Certains l’ont fait !

Quand j’ai demandé un jour  à Xavier quel était son rêve en j-music, il m’avait dit qu’il en avait déjà réalisé un, en organisant des concerts de j-music. J’ai donc demandé à mes intervenants quels étaient leurs objectifs et leurs rêves. S’agit-il pour eux de préserver un statut quo fait de concerts ponctuels ou de faire connaître à la j-music un boom équivalent à celui qu’a connu le manga ?

Van est le premier à répondre: « Actuellement on reste dans un microcosme encore peu connu et souvent raillé mais quand les majors désireront de s’exporter en Europe, le phénomène prendra de l’importance. Pour preuve les Coréens, dans leur projet délirant d’exportation culturel, ont l’air d’avoir réussi leur coup avec un vrai impact médiatique… Cependant cela va-t-il durer ?

Au passage le marché du manga est devenu une grande poubelle privilégiant la quantité sur la qualité… Je ne suis pas sûr de vouloir que la j-music suive le même chemin. »

Sylvain rebondit sur cette comparaison avec le marché du manga et donne son opinion : « Je ne pense pas que la j-music connaitra un jour un « boom » comparable au manga. En terme de ventes CD, j’imagine que ça restera toujours compliqué et peu rentable.

Par contre côté concerts, si les labels et artistes japonais acceptent de venir dans des conditions un peu inférieures à ce dont ils bénéficient au Japon (transport, hébergement, salles), ça pourrait tout à fait fonctionner. Des artistes avec une notoriété certaine (je ne parle pas des superstars) pourraient tout à fait attirer 1500 ou 2000 personnes sur une date, et définitivement rentabiliser leur venue avec le merchandising. »

Au-delà des perspectives pour le marché de la J-music, Kaoruline évoque ses espoirs, ses envies de passionnée : « Mon rêve c’est de partager ma passion pour la j-music. Grâce à Nolife, je peux le faire et j’espère que ça continuera encore longtemps. Mon autre rêve était de voir des artistes comme Ayumi (photo ci-dessous) ou Namie faire des Bercy en France. Je pense que ce rêve ne se réalisera pas mais j’aime toujours autant parler des artistes japonais, les présenter eux et leurs clips ou encore aller les rencontrer en concert. Ce que j’espère c’est qu’avec le temps, il y ait plus d’artistes attendus par les fans en France qui puissent faire le déplacement. »

ayumi_hamasaki

Les perspectives sont mitigées, donc quelles sont les raisons « de se battre » lorsque l’on est acteur de la j-music ?

Jay répond tout d’abord de manière pragmatique : « Déjà je me bats pour garder mon travail soyons honnêtes :P  » mais ça ne l’empêche pas de faire son métier par passion : « il me suffit de voir ne serait-ce qu’une personne contente d’avoir vu son groupe préféré pour être satisfait de mon boulot. »

Sylvain est lui aussi dans cette idée de découverte et de partage : « En étant à Nolife, simplement faire découvrir au plus grand nombre la pluralité de la j-music. »

Fan lui aussi, Xavier résume bien ce qui attire chacun dans la musique nippone : « Moi je continue dans la J-Music car c’est une scène unique et très riche en tout et en n’importe quoi. »

Puisque nous parlons du milieu francophone de la j-music… Durant les années 90, plusieurs fans de j-music sont passés de l’autre coté, pour en devenir des acteurs. Mais la stagnation de ce marché dans les années 2000 a découragé certains, qui ont décidé de passer à autre chose. De nouveaux fans de j-music arrivent mais quid de la relève des professionnels ? Nos invités voient-ils de nouvelles têtes arriver ?

Jay confirme que la relève n’est pas encore chez les pros : « Oui il y en a mais c’est des fans », tout comme Xavier : « Moi je ne vois pas de nouvelles têtes. C’est dommage d’ailleurs ». Même constat pour Kaoruline.

Du coté des journalistes web de la première heure, Van témoigne: « Je confirme. Les grands rédacteurs historiques qui ont amené le phénomène ont depuis longtemps lâché l’affaire, pour plein de raisons, mais probablement une certaine frustration et un manque de reconnaissance.

Personnellement j’ai tenu le coup en restant sur un aspect très alternatif de la j-music… N’intéressant qu’une petite minorité des fans de j-music français. (ndr : cf son site ci-dessous)»

Van j-music

Il ajoute ensuite son regard sur les relations presse-professionnels : « Je pense qu’il ne faut pas trop attendre une reconnaissance des pros. Avant ils étaient des passionnés toujours prêt à intégrer les webmasters dans l’organisation des concerts, par exemple.

Maintenant ils se contentent d’envoyer des communiqués de presse à publier, sans avoir vraiment le droit d’émettre un avis critique sur les artistes ou l’organisation, sous peine d’être rayé définitivement de leurs listes. Je généralise bien sur, ne me tombez pas dessus… »

Si la relève n’est pas encore là et qu’on se situe, en quelque sorte, dans le creux de la vague, que peut-on envisager pour plus tard ? Est-ce que les fans d’aujourd’hui, catalogués plus volatiles, pourront devenir les acteurs de demain comme nos interlocuteurs l’ont un jour fait ?

Du coté du web, Van se montre pessimiste : « et bien honnêtement je doute que la nouvelle génération s’investisse dans le web sur ces sujets…Les sites ferment mais personnes ne prend leur place. »

D’autres y croient davantage ou en tout cas veulent y croire. Jay a déjà constaté quelques éléments encourageants : « Tout est possible, j’ai eu des stagiaires qui sont à la base des fans et qui sont très prometteurs. Time will tell ».

Fan ou professionnel, passion ou compétence, voilà des mélanges qui sont depuis toujours des réalités de ce milieu, comme l’évoque très bien Jay : « c’est toujours compliqué (ndr : de passer de fan à professionnel dans la j-music) mais certains s’en sortent bien. Il y aura toujours une relève, et ça sera toujours un mix entre des fans inexpérimentés et de professionnels opportunistes… Certains fans passent très bien de l’autre coté heureusement, il y a des exceptions ;)  »

Même avec la meilleure volonté du monde, le métier ne s’apprend pas si facilement, comme l’explique Van : « La fan attitude des pros avait du bon pour leur public… Mais pas pour eux-mêmes. La plupart ont arrêté aujourd’hui car ils n’ont pas réussi à être rentables. Ce sont les négociations qui les perdent ^^ On se rappelle de PVP pour le 2ème concert d’Akino (ndr : Akino Arai, photo ci-dessous

Akino Arai

Qu’on soit fan ou professionnel, on attend de voir ce que va devenir la J-music à l’heure d’une mutation générale de la musique. Pendant qu’un modèle s’écroule, tout le monde tâtonne pour trouver la parade… Les labels et tourneurs de j-music ne roulaient pas sur l’or quand le marché du disque se portait relativement bien, pourront-ils faire mieux maintenant ?

Mieux vaut donc espérer la reconnaissance que la fortune et pour ça, direction les médias !

 

Au pays des médias, qui est le roi ?

Pour rebondir sur le premier débat j’ai entamé cette discussion sur les médias avec deux plate-forme alternatives et innovantes : les web radios et les blogs. Solution par défaut ou vrai potentiel ?

Comme dit précédemment, tout le monde tâtonne et observe, comme Van : « On verra. Le marché est en pleine  transition et la consommation de la musique a totalement changé. »

Kaoruline apprécie les webradios pour leur action première : « on peut profiter du son ! » et Sylvain y voie un bon outil de transition : « Les webradios pourraient être un premier pas vers une offre en streaming légale, et de qualité, ce qui je pense manque le plus actuellement en France. »

La musique est une chose, l’écrit en est une autre, comme le souligne Van : « Difficile avec une webradio ou sur des réseaux sociaux de proposer un travail approfondi. Pour moi l’écrit est plus important. En plus pour payer les droits d’auteur ou de diffusion ça demande un investissement financier.

Cela dit avec une bonne écriture, un ton très personnel et unique, des gens motivés et des moyens, une webradio pourrait marcher. »

Après tout dépend de ce que chacun recherche, comme conclut Sylvain : « Ça dépend ce que recherche chacun ensuite. Juste écouter du son, ou vraiment s’intéresser à ce milieu, et s’informer dessus.»

En ce qui concerne la presse dite traditionnelle, la J-music est-elle condamnée à une presse spécialisée ? (cf ci-dessous Rock One un magazine qui a parlé a de nombreuses reprises de J-music avant de s’éteindre l’an passé)

Rock OnePour Jay, l’équation est simple : « J musique = Musique spécialisée. Il en va de chaque artiste de décider ou non de sortir du moule, au risque de perdre des fans. Viser un public plus large peut être casse gueule »

Le manga a aussi mis un certain temps avant de parvenir aux colonnes des grands journaux… Van dresse un parallèle : « Concernant le manga, si l’on exclut les torches cul pour adolescent, la presse généraliste ne met en avant que les œuvres majeures, artistiquement plus élaborées qu’un Naruto quelconque. Je pense que ça sera le cas pour la j-music.

J’ai déjà lu des articles sur des artistes japonais dans des journaux et magazines sur la musique ou plus généraliste. Ces articles mettaient en exergue des grands artistes de talent, je me rappelle avoir lu des articles sur Hajime Chitose, Miharu Koshi, Aiko Shimada, Tenniscoats et la communauté folk électro indépendante.

Je pense que c’est la qualité artistique (tout comme pour certains mangas) que la presse généraliste mettra peu à peu en avant. Il faut attendre, ça viendra peut être. Pour une fois que je suis optimiste… Le travail paye toujours. »

C’est aussi une question de choix de label, comme le dit Jay : « Il faut voir plus large… Il y a le visual kei, la musique japonaise, les musiques étrangères et enfin LA musique. Chaque groupe et chaque boite peut décider de la case dans laquelle se mettre, plus c’est ciblé plus il est facile de trouver son public mais plus celui-ci est restreint et vice versa. »

Il va effectivement falloir que la j-music sorte de sa niche, comme l’explique Sylvain : « tant que ça reste confidentiel, ça ne sera pas traité. Si ça se développe un jour, comme le manga, ce ne sera certainement pas encensé dès le départ. Et un jour on arrivera peut-être à un équilibre. Mais à ce titre, ça va être intéressant de suivre le traitement de la K-pop en France par ces médias généralistes ».

Un traitement qui a déjà commencé, sur le site internet de journaux comme Le Monde, ou lors d’un reportage du Petit Journal sur la SM Town… Mais cette couverture médiatique se fait « parce que c’est ‘in’ » comme le dit Jay, « mais je pense que ça s’estompera avec le temps. Il n’y aura pas de suivi, c’était juste un ‘petit coup de pub’, sans aller plus loinLes papiers réalisés parlent plus du public ado que de la musique elle-même.»

Après pour réussir à intéresser tout ce beau monde c’est aussi – et surtout – une question de relation selon Xavier : « De toute façon pour les medias généralistes tout dépend de l’attaché(e) de presse. Selon moi on peut placer n’importe quoi et n’importe où à partir du moment qu’on a le bon réseau et le bon portefeuille. » Sylvain et Kaoruline sont pleinement d’accord.

Néanmoins à ce petit jeu, nos intervenants sont d’accord pour dire que la Kpop et surtout les Coréens ont su faire parler d’eux. « Il faut dire que Polydor met les bouchées doubles en France pour les Girl’s Generation (ndr : cf photo ci-dessous)en ce moment » commence Sylvain, et quand on y met les moyens ça change tout souligne Xavier. Sans oublier que, comme le dit Van :  « la Kpop a su s’approprier de nombreux codes qui font mouche. Ils savent se vendre et bénéficie de la politique délirante de l’expansionnisme culturel Coréen… et donc du financement de l’état etc. »

girls-generation

En dehors du journalisme, la télévision peut aussi faire naître des passions… c’est la télé qui a fait naitre l’engouement pour la japanimation après tout. Est-ce qu’avec les clips, la télé peut faire des miracles ?

Sylvain explique que les choses évoluent, lentement certes, mais dans le bon sens : « la réactivité n’est pas le point fort des japonais (euphémisme), car avant d’investir le marché européen, ils doivent s’occuper de leur propre marché, qui reste de toutes façons le plus rentable. Mais du point de vue de Nolife, on voit que les choses évoluent positivement, mais elles prennent du temps :

- Il y a 4 ans, on avait 60 clips, pour plus de 1700 actuellement.

- On ressent clairement la confiance accordée par certains labels, managers et artistes.

- Et tout ça aura joué, notamment sur les venues des Morning Musume, de Uplift Spice ou prochainement de Buono!

On peut espérer que ça continuera dans ce sens là. »

Jay plussoie et pense que la chaîne a un réel potentiel : « Moi je crois en Nolife. D’ailleurs Uplift en est la preuve! C’est clairement un groupe ‘Nolife’! »

Mais pour que ça marche il faut du contenu explique Sylvain : « La télé nécessite des supports visuels, et sans ça, c’est très compliqué. Kaoruline a testé dans OTO (covers qui tournent), le résultat n’est pas probant. Ensuite les japonais font d’avantage confiance à la TV qu’au web, je pense par peur du piratage.

Après le web est plus adapté pour présenter des artistes, et faire du fond, ne serait-ce parce que c’est plus simple de joindre des liens, etc. »

Kaoruline parle également de l’impact croissant de ces diffusions sur le public : « je dirais que beaucoup de gens découvrent la j-music via Nolife. En tout cas, entre il y a 4 ans et aujourd’hui, j’ai beaucoup plus de gens qui me disent que c’est grâce à Nolife qu’ils ont découvert tel ou tel artiste. La télé c’est une sacrée fenêtre en fait ! »

Pour essayer de quantifier cette évolution j’interroge Sylvain pour savoir s’il note une progression ou une régression de l’audimat sur ce thème ?

Sylvain : « Je pense qu’il faut distinguer les votants, qui prennent donc part de manière active à la chose, et les simples spectateurs. En moyenne on a entre 2000 et 2500 votants par semaine au J-Top, et Médiamétrie nous dit que l’émission (le samedi à 19h30) est regardée en moyenne par 15000 téléspectateurs, ce qui est honorable.

Mais si évolution il y a, elle est très lente, on entend encore trop souvent « j’aime pas la J-Music, et pis c’est tout ». »

logo-nolife

Et oui, la j-music, avec ces « chansons étranges, cette langue bizarre, ses clips chelous« … Nombre d’entre nous possèdent des affinités communes avec la culture japonaise, sa philosophie et sa langue. Mais ce n’est pas le cas de tout le monde et cette musique et autant étrangère qu’étrange pour le grand public.

« La barrière de la langue ce n’est pas forcement ne pas comprendre c’est surtout accepter une sonorité différente et ça, c’est plus ou moins facile selon les gens. » Explique Jay.

Van enchaîne : « le Japonais est très austère et étrange pour une oreille non habituée, c’est pour cela qu’aucun artiste japonais n’a pu amener un vrai tube international. De plus, culturellement, les latins sont trop éloignés des asiatiques, donc c’est peu probable… À moins qu’un artiste japonais chante en anglais sur une production américaine. Et encore cela n’a pas vraiment marché pour Utada et BoA, malgré de très bons albums. »

Et quand on ne connait pas vraiment un univers on catégorise, comme l’explique Sylvain : « Les français restent peu familier de la langue japonaise et, par méconnaissance, réduisent trop souvent la J-music à des courants bien spécifiques, comme la musique traditionnelle, ou des styles purement japonais, comme les idols ou le visu. »

« Et il ne faut pas oublier que la France est un des pays qui laisse le moins de place aux musiques étrangères » souligne Jay, pour finir. En étant obligé de diffuser au moins 40% de musique française à des heures d’écoute significatives, la place pour le Japon n’en est que plus restreinte !

Nous arrivons à la fin de ce second débat et je laisse donc mes invités prendre la parole pour finir comme bon leur semble notre entrevue…

C’est Sylvain qui se lance en premier, pour passer un message au Japon : « J’aimerais que les japonais se lancent au moins une fois, en envoyant en Europe (voir en France ^^) un artiste reconnu en concert (Perfume, One Ok Rock, Yui, les AKB, …). Je suis sur que le public répondra présent. Et à titre totalement perso : Hikki, si tu t’ennuies dans ta retraite, n’hésite pas à revenir :P  »

Van envoie un double message à tous les acteurs francophones :  «Bonne chance à ceux qui veulent agir dans ce milieu, que ce soit un tourneur, un label ou un blogueur. Il faut s’accrocher, rester fidèle à ses convictions et surtout ne pas attendre une reconnaissance immédiate. Elle arrivera, peut-être, avec les années et surtout le travail.

Et si un label ou tourneur Français cherche des artistes. J’en ai des dizaines qui me demandent de les exporter en Europe, d’éditer leurs albums et d’organiser des concerts… »

Kaoruline la joue positive et pleine d’espoirs : « J’espère que Nolife continuera longtemps à diffuser de la j-music et qu’un jour on puisse voir de grands artistes japonais venir en France. Je ne perds pas espoir. Et tant que les gens continueront à découvrir des artistes qui leur plaisent sur Nolife. Je serais contente :) Si en plus on peut revivre de grands moments comme le concert de US, ça serait le top ! Voilà ! »

Jay remercie le public : « Tout simplement Merci au public fidèle, merci de soutenir les gens qui essaye de faire bouger le petit monde de la J-music ! »

Et Xavier, tout comme moi, espère que ce débat aura éclairci les choses : « Merci à Paoru pour avoir organisé cette intéressante discussion. Je pense que ce type d’article permet aux gens d’y voir plus clair sur le fonctionnement de l’industrie de la musique. Je reste à l’écoute si jamais des personnes ont des questions sur mes activités. »

J’en profite pour remercier une fois de plus tous mes interlocuteurs pour ce second débat qui est venu compléter le premier. J’espère que vous avez appris pas mal de choses, ce fut le cas pour moi en tout cas.

Tout n’a pas été dit, certes,  mais je ne pense pas relancer un débat j-music tout de suite pour autant, pour éviter trop de redondance. Dans quelques mois, l’été prochain peut-être.

Ce qu’il nous manque c’est la parole des japonais eux-mêmes. À travers ces débats nous n’avons pas cessé de leur reprocher leur immobilisme mais leur mode de pensée leur appartient. Ils sont chiants mais ils sont comme ça.

De plus nous n’avons pas évoqué les nombreuses arnaques du passé à notre charge, comme le cas AB productions ou, plus récemment, les affaires Goldorak et Konci / Square Enix qui n’ont fait qu’ajouter de la glace sur leur Iceberg.

Bref, j’espère que ces deux débats vous ont plu et qu’ils vous ont donné envie de vous intéresser davantage à ce genre musical et à son milieu, d’en parler et de le défendre à votre tour, de partager cette passion qui nous et vous anime pour la j-music… On compte sur vous en tout cas.

Sur ce je vous souhaite une bonne année, pleiiiiiiiine de J-music ;)

Si vous avez raté les autres épisodes, c’est par ici :

Débat J-music 2

Partie 1 : Quels invités pour l’hexagone ?

Partie 2 : Les concerts, de A à Z…

Partie 3 : Motivations et rayonnement

Débat J-music 1

Partie 1 : Public J-music où es-tu, qui es-tu ?

Partie 2 : Majors, label et tourneurs, que fait la France et qu’espérer du Japon ?

Partie 3 : Des médias J-music à ré-inventer ?


janvier 6th, 2012
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Mangas : Et vous, vous avez lu quoi cette année ? 2/2

⊆ décembre 29th, 2011 | ≡ Topic: Articles, Chroniques, Manga, Manga / Japanimation | | ˜ 11 Commentaires »

Rétrospective manga 2011 2/2

Après avoir passé en revue le premier semestre la semaine dernière, retournons une fois encore dans le temps pour évoquer les lectures de juillet à décembre !

Juillet

Gate 7Aaaaah ça faisait des années qu’on n’avait pas fait un Japan Expo avec des températures raisonnables !

Nous voilà en effet le 1er juillet 2011 et l’été vient à peine de débuter. Pour la première fois le syndicat des libraires a obtenu que les éditeurs ne sortent pas de titre pour la Japan Expo, les sorties se sont donc faites avant ou après, et les premiers jours de juillet vont voir défiler environ 90 tomes…

Je croise le 6e volume de la Cité de Saturne, un titre qui m’intrigue et dont j’ai achète le premier tome. C’est beau, poétique, avec un trait léger et une narration posée, et le tout sort un peu des sentiers battus. J’espère prochainement me procurer les volumes suivants pour voir si la qualité scénaristique est au rendez-vous, car le reste s’apparente pour l’instant à un sans faute. Le prix qu’il vient de recevoir au Japon (au Japan Median Arts) m’y incite d’autant plus.

La Japan Expo est aussi l’occasion de croiser des belles et grandes affiches de Strobe Edge chez Kana, me rappelant au passage que j’ai pas relu de shôjo marquant depuis belle lurette. Mais ça va venir. Et puisque je parle de Kana, début juillet marque aussi la sortie du tome 53 de Naruto.

Naruto… c’est comme Bleach en mieux. Là ou Tite Kubo recycle ces personnages et zigouille (oui oui, zigouille) ses nouveaux protagonistes en 2 chapitres, Kishimoto se montre un peu plus innovant, notamment dans les aptitudes ou capacités de ses personnages.

Et autant je lui aurais bien mis des claques pendant 30 tomes à notre cher Naruto, autant je trouve qu’il n’a pas trop mal grandi depuis. Pour finir sur la comparaison avec Bleach, la petite dose de politique shinobi permet au scénario de Naruto de s’enrichir, là où Bleach n’est plus qu’une succession de combats sans histoire de fond.

Dans ce mois de juillet, il y a aussi un évènement marquant : le retour des CLAMP avec Gate 7, un titre qui possède les qualités graphiques et narratives propres au quator magique. J’ai décroché dans mes lectures de Tsubasa et j’accuse le même retard sur XXX Holic, aussi suis-je content de retrouver un peu de sang neuf chez ces dames a qui je dois, tout de même, quelques unes de mes premières émotions de manga (RG Veda for ever, tout ça tout ça !). Je marque donc le coup avec un article et un concours sur le blog, tant qu’à faire !

Autre sortie marquante de ce mois de juillet : l’arrivée très attendue du dernier tome de Pluto, le mix Urasawa-Tezuka dont j’ai attendu la fin pour le lire d’une seule traite. C’est ce que j’ai fait… Mais en août ^^

Août

Pluto_8

Pluto est l’occasion de revenir à une lecture intensive. Cela fait très longtemps que je ne m’étais pas goinfré d’un manga, en le découvrant d’une traite. Résultat : l’article est ici et disons que ce fut une lecture marquante. Pluto est l’un des incontournables de l’année. Je m’apprête à faire un trip similaire avec Rainbow d’ici peu, après avoir été envoûté par le volume 1, mais avec un rythme moins soutenu, pour éviter l’indigestion.

Pour le mois d’août, on peut citer le tome 2 de K-on, un gag manga qui a inspiré la fameuse série TV détentrice de nombreux records. Le titre est sympathique mais sans plus. Pour l’instant seul Mes voisins les Yamada chez Delcourt a su me convaincre dans le style yonkoma (les histoires en 4 cases).

Globalement les bonnes nouveautés d’août sont arrivées en fin de mois, à commencer par Afterschool Charisma. Sous des dessins shôjos et une ambiance de shônen ai se cache en fait un thriller avec une très bonne idée de base, une école de clones qui tente de faire revivre des personnages célèbres : Jeanne d’Arc, Kennedy, Mozart, Hitler, etc. Ce titre a attisé la curiosité de tout ceux qui en ont entendu parler, sans pour autant les convaincre à sa lecture. Depuis le tome 2 est sorti et il est encore difficile de savoir où l’auteur nous emmène. En tout cas l’histoire continue de m’intriguer, ce qui est plutôt bon signe …

Pour finir je croise le tome 9 de Angel Voice, une histoire de lycéen furyo qui font du foot. Tout pour me plaire à priori, j’ai d’ailleurs insisté jusqu’au tome 3 l’année précédente. Mais non. Scènes déjà-vues, héros peu savoureux ou réchauffés et séances sportives pas folichonnes dans leur mise en scène. Dommage, vraiment.

On termine le mois avec un Bus Passe, un bon shôjo qui tend vers le josei, ce qui me séduit forcément. Le recueil de Mizu Sahara balaye tout un ensemble de relations amoureuses et en garde les meilleurs instants, pour des plaisirs de lectures fugaces mais c’est l’éphémère qui en fait le piquant ! Ce manga qui parle d’amour sur le banc de l’école tombe à pic, la rentrée arrive à grand pas en cette fin août.

Septembre

dream teamLes lectures s’enchaînent sans se ressembler, ni se valoir d’ailleurs. Exemple chez Ki-oon : le tome 2 de Judge me rassure : son auteur, Yoshiki Tonogai a toujours de bonnes idées et après Doubt, me voilà rassuré pour Judge. Le tome 1 ne m’avait pas convaincu mais, même si je n’aime pas son trait, sa nouvelle histoire en huis clos ne manque finalement pas de piment. Par contre, le Berceau des Esprits, de Kei SANBE n’arrive pas à me convaincre. Sa précédente œuvre, L‘île d’Hozuki, avait quelques défauts : des personnages stéréotypés et une narration trop évidente pour surprendre. Malheureusement c’est le même topo ici et cette version zombie dans le titanic me tombe des mains. Le scénario possède un mystère accrocheur, mais pas assez pour gommer les mauvais points.

Après les avoir découvertes on line, je relis avec plaisir les aventures de Maliki dans le tome 5, non sans en profiter pour rencontrer, une seconde fois, l’auteur. Une valeur sure donc, et j’en croise d’autres ce mois-ci. Je continue en effet de lire Run Day Burst, Vamos là!, Amanchu!, et Amatsuki avec plaisir. La qualité des chapitres est fluctuante pour les deux derniers, mais l’impression globale reste bonne.

Septembre n’est pas exempt de nouveautés séduisantes. A l’occasion de la sortie du tome 2 je découvre Dream Team, et je replonge avec joie dans le shônen sportif, teinté de la naïveté que j’apprécie chez certains titres façonnés à l’ancienne, comme je vous l’explique ici. Les shônens sportifs sont d’ailleurs à l’honneur en cette fin d’année. Un titre sur le volley en juillet, Dream Team et un autre sur le basket à paraitre en janvier. Si la suprématie d’Eyeshield 21 n’a jamais eu l’occasion d’être bousculée faute de talent, la relève pourrait bien s’avérer mouvementée. Il va y avoir du sport ^^

Autre titre qui mérite de s’y arrêter : Peace Maker. Un manga de western. Une aventure sombre et des héros traqués, un peu à la Claymore sans les monstres, où le 6 coup remplace le glaive. La mise en scène et le découpage détonnent de la production manga habituelle et même si son anti-héros molasson ne parvient pas pour l’instant à me convaincre, les personnages secondaires, le décor mélangeant far west et steam punk et enfin le scénario bien travaillé en font un titre très prometteur. Et les méchants sont réussis qui plus est. A suivre de très près en 2012.

Et pour finir citons Les vacances de Jésus et Bouddha tome 2, très sympa, même si je le lis en plusieurs fois, sinon je me lasse. Une lecture très sympa, à l’idée très originale. Mais voilà, cela n’empêche pas que j’ai failli l’oublier dans cette rétrospective malgré tout le bruit qu’il a pu faire…

Octobre

Princess JellyfishCinq titres attirent mon attention pendant cette arrière saison où il fait bon bouquiner à la terrasse d’un café. J’attendais avec impatience Princess Jellyfish après avoir visionné les premiers épisodes de l’anime. Je ne fus pas déçu. Drôle, novateur dans son pitch et avec des personnages très haut en couleur, voilà une satyre sociale teintée d’amour qui fait preuve d’une bonne dose d’imagination. Et pourtant, comme dirait ma Gally, je déteste les méduses. Saletés de bestioles flasques et venimeuses.

Après une nouveauté, du solide, avec le tome 10 de Vinland Saga et le réveil de Thorffin. L’auteur prend son temps – sans s’éterniser – pour développer son personnage principal. J’aime.

Et puisqu’on parle d’auteur cher à mon cœur de lecteur, Boichi se lance dans la SF et la fantasy avec Hotel, un recueil de récits d’intérêt inégal, plutôt pour les fans de l’auteur, qui se feront bien plaisir, ne serait-ce que pour le coup de crayon. J’en parle plus en détail ici.

Enfin, last but not least, je finis ce mois avec un petit bijou. Comme je vous le disais plus haut j’ai en projet la lecture de Rainbow dans les semaines à venir. Cela ne m’est pas venu par hasard. En ce mois d’octobre Ki-oon sort Hideout, de Masasumi Kakizaki, l’un des deux auteurs de… Rainbow !

Ce manga d’horreur me scotche à mon marque-page (j’aime bien l’image improbable), je dévore le récit d’une traite et je décide de me lancer dans un article pour Total Manga, l’un des mes papiers les plus réussis (ou moins pourris selon le point de vue) de l’année. Un titre très inspirant en tout cas et d’une grande qualité, à placer dans les meilleurs de l’année.

Autres titres, une bonne et une mauvaise surprise : The Civilization Blaster pour la bonne, pour son scénario original et une narration bien fichue, et Karneval pour la mauvaise… Parce que c’est pas pour moi. La preuve, Gally a aimé ;)

Novembre

eyeshield-21-tome-37Avec toutes les excellentes nouveautés de cette année je finis par arriver à un nombre de séries assez conséquent. Entre un boulot prenant et des interviews en pagaille, je lis un peu moins ce mois-ci, ce qui ne m’empêche pas de tenter quelques trucs : Yozakura Quartet tout d’abord, parce que j’aime le dessin et que j’ai déjà travaillé sur le parcours de son auteur, à l’origine du chara design de Durarara !! J’y retrouve avec plaisir son style graphique et cette histoire de quartier défendu par un groupe d’ados aux pouvoirs extraordinaires m’amuse. Difficile parfois de dire pourquoi on aime une série, et encore plus de la défendre. Yozakura Quartet c’est sympa et puis c’est tout.

Les séries ne s’arrêtent bien sur pas de sortir parce que j’ai ralenti mes lectures, aussi je prend un peu de retard… Ce qui ne m’empêche pas de loucher sur quelques titres que je vous livre pêle-mêle : Hakaiju, une histoire sanglante de monstres géants, GTO 14 days, quand j’aurai finis GTO on verra, Ashita no Joe, dont j’ai adoré le tome 1, Psyren, par curiosité, Shinjuku Fever, parce que ça a l’air différent, Toriko, parce que j’ai souvent une petite faim… Et quelques autres sans doute.

Autre lecture sur laquelle je ne m’éternise pas : Conductor. Je ne suis pas fan du dessin mais le thriller est bien construit… Ça demande confirmation et on saura rapidement ce que ça vaut, c’est en quatre volumes.

Je profite également du mois de novembre pour finir la lecture d’Eyeshield 21 dont je vous parlais plus haut. Drôle, nerveux, beau, avec le personnage d’Hiruma qui marquera les esprits d’un grand nombre d’entre nous… Une série culte ? Pas loin en tout cas. Si Eyeshield 21 avait bénéficié d’une diffusion télévisuelle sur une grande chaîne avec une série TV reprenant un peu plus longuement le manga, il aurait pu devenir le Olive et Tom d’une génération. Il en avait les épaules…

Décembre

fullmetal-alchemist-27-kurokawaA force de croiser des mangas que j’ai raté les mois précédents je craque pour l’un d’entre eux : Ascension de Shin-Ichi Sakamoto. La venue de l’auteur en France y est pour beaucoup mais ça n’ôte rien à la qualité du titre. Le trait est fin, assez pur, mais sait aussi se faire puissant et plus rugueux. Ce titre sur l’escalade emprunte par moment ses codes narratifs au nekkutsu du shônen sportif mais il est globalement plus mature. L’histoire de son héros Buntaro Mori est triste, celle d’un solitaire, d’un adolescent au bord de l’abime, dans tous les sens du terme. Je vous en parlerais plus longuement quand j’aurais rattrapé la parution chez Akata.

En décembre je continue également de suivre Bride Stories et j’adore son tome 3 malgré l’absence de son héroïne, ce qui s’avère un vrai exploit tant elle m’avait éblouit dans les deux premiers tomes et parce que je redoutais de m’ennuyer en son absence. Autre retour qui me ravit : le tome 10 de Real, de Takehiko Inoue. Du manga sportif d’un style très différent, mais finalement quand on ajoute ça aux autres ça commence à en faire un bon paquet quand même !

Le tome 18 de Soul Eater me plait bien mais je me demande, un peu brutalement, combien de temps je lirai cette série et si elle s’achèvera avant que je m’en lasse ou que je devienne trop vieux pour ses codes shônens très classiques. Il y a des séries avec lesquels vous aimez voir passer les années, qui évoluent avec vous. Je ne suis pas sûr que Soul Eater en fasse partie. Nous verrons ça l’année prochaine.

Autre shônen phare de ces dernières années : Fullmetal Alchemist, que je trouve enfin le temps de finir. Je dévore les tomes 20 à 27 sur deux, trois jours… Un très beau moment de lecture avec Hiromu Arakawa, toutes les émotions y passent et c’est du grand art. Du coup j’ai vraiment envie de me plonger dans FMA Brotherhood ^^

Ma dernière lecture de l’année ? Je ne sais pas encore… Je pense me plonger dans la bibliothèque de ma moitié et reprendre la lecture d’Happy de Naoki Urasawa là ou je m’étais arrêté, c’est à dire au volume 2.

Ainsi s’achève cette rétrospective 2011, que j’ai pris beaucoup de plaisir à écrire, indépendamment du fait que j’ai vu toutes les séries que j’ai raté. Cela dit peu importe la quantité de lecture, tant que la qualité est souvent là. Tout comme le premier semestre voici les 6 lectures qui m’ont marqué dans cette seconde moitié de l’année 2011 : Pluto, Dream Team, Hideout, Princess Jellyfish, Eyeshield 21 et Fullmetal Alchemist

Et vous ?

Le manga en 2011…

Rétrospective de lectures 2011 : et vous, vous avez lu quoi ?

Marché japonais du manga 2011 : premiers chiffres, premières analyses

Manga en France: Édition et publication en 2011


décembre 29th, 2011
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Otanjôbi omedetô (again) : Paoru.fr a deux ans !

⊆ décembre 26th, 2011 | ≡ Topic: Articles, Plumes | | ˜ 20 Commentaires »

En ce 26 décembre, le blog souffle sa deuxième bougie, hell yeah !

Il s’est passé pas mal de choses cette année, pas mal de projets ou de rubriques sont nés, ont muri, ont été transformées. Ce blog qui se cherchait encore fin 2010 commence à trouver ses repères, grâce à un peu de réflexion et aussi pas mal de rencontres. Allez je m’en vais vous raconter tout ça à la sauce bilan annuel… Prenez une part de gâteau, un petit café-thé-chocolat (oui, vous allez ou avez ingérer suffisamment d’alcool cette semaine donc soyons raisonnables) et discutons un peu de blog.

Oooh ! Mais c’est qu’il a grandi !

Après une première année tous azimuts, Paoru.fr est passé de 200 publications en 2010 à 120 en 2011. Un net ralentissement, pour un rythme qui se situe désormais à 2-3 posts par semaine. Mais des posts beaucoup plus longs et plus denses, en privilégiant qualité à quantité si on peut dire. Ce qui a permis aux statistiques d’arriver à un palier de 6 000 visiteurs uniques mensuels – le double de l’année dernière à la même époque – et un classement sur Alexa qui m’étonnera toujours, dans le bon sens du terme, entre 300 et 350 000… Un objectif que j’espérais pouvoir approcher un jour, mais plutôt dans 3-4 ans. Pour vous donner une idée c’est le classement de Mata-web, une des références de site web fr en japanime. Et pourtant je suis une quiche en SEO et autres sciences du référencement. Bref ça fait très plaisir, mais arrêtons là les chiffres, et revenons sur le déroulement de cette année 2011.

Aux environs de mars avril, j’ai arrêté les doublons Total Manga – Paoru.fr. Après avoir réfléchi à la demande du boss de TM qui voyait que les copies pénalisaient statistiquement les deux supports, je me suis dit que c’était l’occasion pour le blog d’afficher plus clairement sa singularité. Et je ne regrette absolument pas ! En plus de posts et d’interviews exclusives, le blog y a gagné une ligne éditoriale plus claire et équilibrée, car il a fallu rechercher des sujets et réfléchir à ce que je mettais ici et là bas.

Quelques mois plus tard, Paoru.fr s’est donc spécialisé en manga / j-music avec une touche de culture alternant les critiques, les interviews et les enquêtes. Exit les news, sauf quand il y avait matière à annoncer, pour les salons notamment. Exit l’anime également, je n’ai quasiment plus le temps d’en voir, donc encore moins d’en parler. J’aimerais pouvoir ajouter quelques articles sur des sujets de sociétés nippons, comme finir la saga politique par exemple pour passer à une autre histoire.

A ça se sont ajoutés des rubriques, comme les concours qui durent maintenant depuis 9 mois. Merci aux éditeurs participants (Ki-oon, Doki-Doki, Kazé Manga, Soundlicious et Glénat) et merci à ceux qui participent de se creuser les méninges. Beaucoup semblent vraiment s’amuser, ça me fait bien plaisir. Les sondages sont également un post récurrent qui sera reconduit l’année prochaine. Leur analyse me prend un temps fou mais il en sort des choses intéressantes et parfois drôles.

C’est une occasion de nouer le contact avec les lecteurs du blogs, car il n’y a rien de plus enrichissant que le contact humain. Et pour ça aussi 2011 a été une bonne année.

Une agence de rencontre ? Non non, juste un blog !

Total Manga magLes TM Golden Blogs et leur deuxième édition fut une autre occasion de faire connaissance avec de nouveaux blogueurs. Ce fut assez fatiguant et un travail parfois solitaire mais avec le recul ça valait le coup. Autre travail source de rencontres mais trop vite avorté : le mag Total Manga, toujours en stand by. L’occasion de travailler sur un autre format et une autre logique avec Céline Maxant, la maman aussi passionnée qu’expérimentée de Journal du Japon… Que ce soit la presse papier ou le monde de la TV cette année 2011 fut aussi l’occasion pour moi de comprendre que le web était ma place de prédilection.

Autre tentative qui a très bien fonctionné sur le blog : le dossier débat j-music. Pouvoir parler de sa passion avec des acteurs et observateurs du milieu concerné, j’ai toujours adoré ça. J’ai bien l’intention de la faire à la sauce manga en 2012.

Voici donc des rencontres parmi beaucoup d’autres. Difficile de parler de tout le monde tant journaliste et blogueur sont des métiers de contact. Mais il y en a toujours avec qui c’est un plaisir de travailler ou de discuter de manga, de j-music et/ou de leur milieu : Nunya, Faye, Gally, Guu, Leonia & Shad, Synopsya, Victoire, Kaeru, Jérome, Valérie, Valentin, Sebkun, akabarasan, matthieu, mackie, Shito, angela, Alexis, jay, Tanja, Laure, Caro… En fait il y a une nouvelle génération qui germe ou qui arrive progressivement à maturité dans le monde des loisirs asiatiques, pendant que quelques anciens apportent sans prétention leur point de vue. Et ce fourmillement d’idée et d’envies, c’est aussi ça qui me plait.

C’est en partie pour ça qu’est né 7 plumes, le collectif blogueur, pour essayer de fédérer des gens très différents sur un projet commun, le plaisir de l’écriture, tout en mélangeant les passions. Parce qu’on peut avoir plusieurs vies dans une vie ^^. C’est difficile, on tâtonne encore pas mal faut avouer, mais on apprend et ce bon vieux Kintaro vous dira que c’est ce qu’il y a de plus important !

L’année 2012 verra aussi la naissance d’autres expériences. Elles ne sont pour l’instant que des embryons pour la plupart, excepté Japan Street, déjà bien avancé, dont je vous parlerai sans doute plus en détail en janvier ou février.

Pour passer au dernier point, transition toute trouvée : merci à Japan FM, partenaire Facebookien a qui je dois beaucoup. Merci de leur soutien et longue vie à eux.

Parle moi de ton web, je te dirais qui tu es !

Le web 2.0 et les réseaux sociaux sont plus que jamais des laboratoires éclatants, surtout depuis le fameux dlvr.it qui ouvre de nouveaux horizons… Enfin surtout pour les amateurs de réseaux sociaux. Tiens justement parlons-en deux minutes de ces réseaux.

FB PaoruL’an dernier l’agrégateur Animint était l’une de mes sources importantes de lecteurs. Il le reste mais Facebook lui est passé devant. La page Facebook du blog ayant passé il y a peu les 700 fans, ce basculement était prévisible. Ce qui n’empêche pas que les commentateurs récurrents du blog sont plusieurs à venir d’Animint, ce qui veut dire que les deux se complètent très bien, malgré la réticence d’une ancienne génération à utiliser le numéro 2 du web.

Cela dit quelques curieux s’y sont mis et je pense que d’ici peu ils en verront les fruits. En terme de partage et d’échange une page FB ou G+ pour un blog représente un lieu de discussion très ouvert et spontané. Les commentaires sur le blog je les compte en dizaines sur une année. Sur la page FB, ils se comptent en centaines, du post très superficiel au plus argumenté, dans un orthographe très loin du style sms des tant redoutés kikolol (à quelques exceptions près bien sur).

Bref on peut choisir de faire avec ou sans, y a pas de mal à discuter en petit comité après tout, je le fais aussi parce que certaines choses n’intéressent pas tout le monde mais les discussions intéressantes appellent les gens intéressants et je n’ai jamais été submergé par la bêtise humaine en m’ouvrant au grand public… C’est juste du cliché inter-générationnel. Maintenant que G+ reprend quelques ficelles de Twitter, un réseau beaucoup plus répandu dans la blogosphère, ce serait l’occasion de franchir le pas, non ?

G+ alias google + est encore en rodage cela dit, mais il a beaucoup davantage. Il ne lui manque qu’un accès à ses flux afin de pouvoir automatiser son utilisation et il sera alors largement à la hauteur pour concurrencer son némésis. On verra d’ici un an si c’est un effet de mode ou pas.

Voilà donc quelques histoires et réflexions autour de cette seconde année de Paoru.fr. Je voulais bien sur remercier les lecteurs et lectrices du blog, c’est toujours un honneur d’être lu et une joie de commencer à voir quelques habitués ;)

Amusez-vous bien et passez de bonnes fêtes !

chocobo by mei
Un chocobo dessiné par mei, merci à elle !

décembre 26th, 2011
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Débat J-music 2 – Épisode 2 : Les concerts, de A à Z

⊆ décembre 24th, 2011 | ≡ Topic: Articles, Interview, J-music | | ˜ 2 Commentaires »

Débat J-Music partie 2

Voici la seconde partie de notre deuxième débat consacré à la J-music. Après avoir parlé des différents artistes susceptibles – ou non -  de venir en Europe et dans l’hexagone, nous sommes passés aux concerts et tournées en France elles-mêmes. Qu’il s’agisse de petites salles ou de concerts sur festivals, de rentabilité ou de droit d’auteur et de diffusion, voici l’occasion d’en savoir plus du coté des acteurs comme des journalistes… Bonne lecture !

Concerts J-music : et toi, t’es en quelle salle ?

LAZYguns Brisky, sur le dernier JE Live HouseDans notre premier débat nous avons évoqué Soundilicious comme étant un tourneur d’avenir… Or la société de Sae Cibot est surtout connue grâce à la JE Live House, l’event musical indissociable du Japan Expo, qui regroupe chaque année plus d’une dizaine d’artistes et groupes japonais en tout genre.

Nous avons déjà discuté du sujet avec l’intéressée mais les autres, ils en pensent quoi ?

Ils en pensent déjà que Soundlicious a bien fait de se recentrer sur le live, « ce qui est normal aujourd’hui » explique Xavier. Sur l’event en lui-même, Kaoruline donne un premier avis : « C’est devenu un peu incontournable à mon goût, car même si beaucoup d’artistes ne sont pas connus du public français, cela permet de très belles découvertes tous les ans pour moi. »

Xavier ajoute qu’ « il devrait y avoir des events de ce type sur des festivals de musiques généralistes ». Jay plussoie : « Ca serait parfait pour exporter la musique japonaise. Certains artistes ont la chance de faire des festivals en France et c’est toujours bénéfique, c’est indéniable. » Notre j-tourneur en profite ensuite pour mettre en lumière le défaut principal de la JE Live House : « même si j’aime tout le monde… l’organisation est chaotique ^_^ » et il est aussitôt rejoint par Kaoruline.

Pour Van, le vrai souci est ailleurs, car il n’adhère pas au panel d’artistes proposé par l’évènement. Il s’explique, en ayant précisé au préalable que sa tirade sera un peu salé… La preuve : « le problème (pour moi) est que ce concert réunit des artistes trop différents sans réelle logique artistique… On dirait que les organisateurs ont tapé dans une poubelle et ramassé ce qui en est sorti. Bien entendu ils n’ont pas les moyens d’inviter n’importe qui.

De toute façon je ne me suis jamais retrouvé dans ce genre de concert où j’estime la majorité des artistes sans réel talent. Les rares bons artistes sont noyées autour de nullités, cela ne donne pas envie et je préfère largement venir à un concert de l’artiste, même si le coût sera largement supérieur…

Pour moi la JE Live House est une sorte de worst off artificielle qui n’est qu’un autre produit de consommation de la Japan Expo… Cependant c’est probablement une très bonne initiative. »

L’avis de Sylvain est à l’opposé : « Je trouve que c’est une bonne chose : salle dédiée, programmation diversifiée. Sur la dernière édition, il manquait peut-être une tête d’affiche… »

Même si nos intervenants sont d’accord avec l’absence de logique artistique, ils expliquent que ce n’est pas le but du Live House, de toute façon. Sylvain détaille sa pensée : « comme pour tout le reste à Japan Expo, chacun fait son programme et choisis les artistes qu’il veut voir. Ça s’inscrit dans cette même logique, je ne pense pas que le but soit que les spectateurs scotchent une après-midi entière dans la salle. »

Kaoruline ajoute que le Live House permet aussi de proposer de la musique à d’autres personnes que les fans d’anime et de manga : « à la dernière Japan Expo, il, y’avait peu d’artistes qui avaient un lien avec les animes ou les mangas…  Je pense à Taro & Jiro, Golden Bomber, les Passpo, qui constituent d’ailleurs un ensemble bien diversifié… ». Autre exemple de la dernière Live House : Shanti.

C’est justement ce mélange qui gêne Van : « Je pense qu’on ne peut pas composer avec tout les genres. Mettre un groupe de rock, des idoles et une chanteuse folk électro, ça n’a aucun sens… Même si je comprends l’idée de départ.» Ce mélange hétéroclite est effectivement le but d’un festival, comme le justifie Sylvain « le but est justement de satisfaire un public très varié, typiquement celui que tu pourras croiser dans une convention ».

Le Live House remplit donc globalement ses objectifs, qu’on les approuve ou pas. En dehors des problèmes d’organisation, le bilan est donc plutôt positif d’autant que, comme le dit Sylvain : « Il faut reconnaitre que la scène du JE Live House est une belle scène ».

 Puisque nous parlons de j-music en festival je me tourne alors logiquement vers Xavier – responsable Bishi-Bishi je le rappelle – qui a proposé il y a peu un concert d’Aural Vampire sur la scène de Japan Expo Belgium… Le concert sur salon est-elle finalement la meilleure recette ?

L’intéressé explique : « grouper les concerts et salons, c’est juste que c’est plus pratique pour vendre du merchandising. »

En dehors de l’aspect pratique, on peut également se demander qui paye quoi. En effet, comme l’explique Van : « produire un concert de A à Z hors structure hors convention est un énorme défi et coute une vraie fortune. En passant par des salons, les coûts mobilier et immobilier sont diminués, sans parler de l’aspect logistique. L’autre aspect et bien évidement d’assurer un minimum d’entrée. Les gens sont dans le salon, pourquoi pas ne pas aller à un petit concert, qui est souvent une raison secondaire à la venue sur le salon. »

Kaoruline, qui se met dans la peau de la spectatrice, confirme : « En tout cas, moi j’aime bien quand il y a des concerts en salon, je trouve ça très pratique ».

Les salons financent en partie les coûts même si, comme le dit Xavier, « tout dépend des salons ». Jay précise d’ailleurs : « Quand le salon c’est Japan Expo et que la prod c’est Soundlicious ça aide ^^ ». Et oui, pour ceux qui ne le savent pas encore, les deux sont issus de la même boite, la SEFA.

Mais en dehors de cette exception, comment se rentabilise un concert en salon, vu l’absence du ticket de concert rémunérateur ? Nous entrons alors dans une discussion d’une certaine complexité sur les royautés, la JASRAC et la SACEM.

SACEM et JASRAC : les cartes de membre c’est collector ?

SacemEn plus du merchandising d’autres revenus existent : « les royautés ou royalties liés aux concerts » commence Xavier. « Normalement le salon paye les droits SACEM au producteur du concert, mais il faut pour cela que les œuvres joués et l’artiste soient inscrits à la SACEM pour toucher l’argent lié au concert. S’il n’est pas représenté dans le pays concerné c’est l’artiste qui est payé directement en échange de ses droits. »

Pour la SACEM, le droit d’entrée, d’un peu plus de 120 euros n’est collecté qu’une seule fois pour les droits des artistes. Mais la SACEM doit également être payée sur les concerts, en fonction des bénéfices de ce dernier. En contrepartie elle reverse les royautés l’année suivante (quand tout se passe bien !) aux éditeurs ou directement aux artistes selon les cas.

Sur les intérêts d’inscription à la SACEM, Jay ajoute : « Déjà la SACEM ça te couvre, tu es protégé de tout plagiat et si on utilise tes chansons, tu gagnes « un peu » de sous. » Mais, comme l’explique Xavier, cela ne fonctionne que pour la France : « après pour les autres pays européens tu dois t’inscrire partout : à la GEMA pour l’Allemagne, à la SABAM pour la Belgique, etc. »

Sur la GEMA, Jay ajoute d’ailleurs qu’elle « est devenu super chère et comme tu dois la payer à chaque concert, même pour des petites dates, c’est devenu quelque chose à prendre en compte dans le budget d’une tournée si tu produis des dates, ce qui est souvent le cas des petites productions.»

Organigramme de la JASRACMais quid de la JASRAC (organigramme ci-contre) , « l’équivalent japonais » de la SACEM ?

En théorie, depuis sa création en 1939, elle s’occupe des artistes qui y sont inscrits, même à l’étranger, comme nous le dit Sylvain : « Selon la SACEM, cette dernière possède un accord avec la JASRAC. Donc normalement les japonais touchent ce qu’il faut, même s’ils ne sont pas inscrits à la SACEM. »

Mais entre théorie et pratique, il y a parfois des différences… « Non ça c’est complètement faux, malheureusement » rétorque Xavier. « Cet accord est théorique mais en fait l’accord ne fonctionne que s’il y a un représentant dans chaque pays. Un artiste japonais doit être inscrit à la JASRAC ET à la SACEM pour que ça fonctionne, et pas à un seul.  Après tu peux avoir des représentants, c’est-à-dire des sous-éditeurs pour chaque territoire, qui collecte tes droits

Sylvain et Xavier sont donc d’accord sur la théorie, moins sur la pratique… L’accord existe entre les sociétés civiles de droits d’auteurs que sont JASRAC et SACEM, personne ne le conteste. Mais on peut se demander pourquoi, quand aucun ayant droit japonais n’est représenté en Europe, la JASRAC et des sociétés privées interviennent dans le contrôle des œuvres nippones. Ces dernières sont-elles négligées par la SACEM ? La question est posée.

Un domaine assez nébuleux, et pour ne rien arranger des rumeurs sur la JASRAC circulent : elle ne rétribuerait pas correctement (voire pas du tout) les artistes qui y sont inscrits, qui doivent se contenter, comme le dit Van « d’une belle carte de membre ». Sur ces rumeurs, il réagit : « La JASRAC m’a toujours étonnée. Comment ont-ils les moyens de venir emmerder un pauvre fan qui met une petite vidéo You Tube sur sa chanteuse préférée ou glisse un petit mp3 sur un forum ou sa page web, en le menaçant d’horribles poursuites judiciaires… Hallucinant !

Il serait temps que les artistes japonais refusent l’historique JASRAC et fassent appel à d’autres pour protéger leurs musiques. Je ne suis donc pas étonné sur ce point…»

Mais le problème est complexe car SACEM et JASRAC sont surtout des outils à disposition des ayants-droits, qui sont des acteurs non négligeables dans ce système de rétribution. Dans les grands labels les départements de gestion des droits sont immenses et certaines sociétés privées s’y consacrent entièrement… Attention donc à ne pas jeter trop vite la pierre sur un seul maillon du système.

Comme le dit Xavier, bien concerné par ce genre de problème : « Étant éditeur et membre de la SACEM, les histoires JASRAC et SACEM c’est un peu plus complexe que ça et à mon avis trop long à expliquer par écrit… »

Cependant, puisque l’on parle rumeur, j’en profite et j’en propose une seconde à mes invités : la présence des yakuzas au sein des labels. Personne ne nie, mais attention à l’image d’épinal : « les yakuzas se sont reconvertis, ce sont des hommes d’affaires loin des clichés et certains ont de grandes responsabilités au sein même des majors. » Explique Jay. Kaoruline plussoie et oriente même sa pensée : « je suis sure à 99% qu’il y a des yakuzas dans de gros label, je pense par exemple à Avex. Je n’ai pas de preuves, mais j’en suis intimement persuadée. »

Néanmoins le marché de l’Entertainment n’est pas pour autant un milieu mafieux… « C’est vrai qu’il y a beaucoup de morts dans la J-Music … » ironise Xavier, ce qui provoque d’ailleurs un fou-rire général ^^

Et on passe à la dernière partie…

Concerts : et sinon, ça paye ?

Uplift Spice, une j-tournée qui a bien marché !Les concerts sont-ils rentables pour leur producteur ? Les sons de cloches n’étant pas tous les mêmes, je demande leurs avis aux intervenants du soir…

Jay est mitigé : «bonne question… Non pour certain, oui pour d’autres… Mais c’est compliqué en ce moment, il y a plus de bas que de hauts». Même chose pour Kaoruline : « je ne sais pas… Je dirais que ça dépend des artistes mais que les concerts rentables ne sont pas majoritaires ».

Pour ce qui est de la musique en général, Xavier donne une tendance : « Les concerts restent une des activités rentables dans l’industrie de la musique avec l’édition et la gestion des droits. »  Il ajoute cependant que : « La concurrence est rude, d’ailleurs les majors rachètent beaucoup de boites de production. Nous prod (ndr :  Japan Anime Live, Lady Gaga) a été racheté par Warner par exemple. »

Puisque chacun est d’accord pour dire que cela dépend des concerts, je leur demande simplement les derniers concerts rentables… Ou pas.

Van ironise en évoquant l’un des bides de l’année : « Gackt ? ^^ », pendant que Xavier pense au-delà de la J-music : « Black Eyed Peas ! ».

Entre les deux, Jay évoque sa dernière tournée en date, dont vous avez entendu parler à de nombreuses reprises sur ce blog : « Uplift Spice. Tout est relatif mais dans l’ensemble la tournée est un succès en tous points ».

Ainsi s’achève cette seconde partie. Pour finir ce second débat nous avons ensuite évoqué le monde de la J-music lui-même, un milieu où se mélange encore fans et professionnels, voir les deux en même temps. Un univers de niche compliqué dans tous ces secteurs, de l’édition à la presse, en raison d’un public réduit et d’une langue japonaise qui reste un frein à la popularité.

Tous ces sujets et bien d’autres encore dans notre prochain numéro !

Si vous avez raté les autres épisodes, c’est par ici :

Débat J-music 2

Partie 1 : Quels invités pour l’hexagone ?

Partie 2 : Les concerts, de A à Z…

Partie 3 : Motivations et rayonnement

Débat J-music 1

 Partie 1 : Public J-music où es-tu, qui es-tu ?

Partie 2 : Majors, label et tourneurs, que fait la France et qu’espérer du Japon ?

Partie 3 : Des médias J-music à ré-inventer ?


décembre 24th, 2011
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Mangas : Et vous, vous avez lu quoi cette année ? – Partie 1/2

⊆ décembre 22nd, 2011 | ≡ Topic: Articles, Chroniques, Manga, Manga / Japanimation | | ˜ 8 Commentaires »

Lectures manga 2011 - Partie 1

En attendant la seconde partie du nouveau débat consacrée à la J-music, j’avais envie de me poser à coté de ma bibliothèque – chaussons au coin du feu, vous voyez le genre – et de revenir sur les lectures, bonnes ou mauvaises, de cette année 2011. Les nouvelles séries avec ses bonnes surprises, les œuvres qui vous tombent des mains, les séries que l’on suit toujours avec passion malgré les années ou les nouveautés des années précédentes qui arrivent à leur cadence de croisière…

Bref, voici une rétrospective en deux partie, mois par mois, d’un an de mangas… Je démarre la DeLorean, c’est parti !

Janvier

One Piece 56Oh punaise j’avais oublié qu’on avait eu un hiver si rigoureux… Ça caille sévère en ce mois de janvier 2011 ! Il fait froid dehors donc restons au chaud. Surtout que le mois est, comme à son habitude, très chargé, on dépasse les 150 sorties. Cela dit dans le lot, je me contente de valeur sure…

Je dévore comme d’habitude le One Piece 56, première lecture de l’année. Luffy continue sa remontée dans Impel Down pour libérer Ace. Une course et un combat final qui va nous tenir en haleine tout l’année et qui se termine comme on sait. Certes, c’est grâce à la diffusion TV que One Piece est passé devant Naruto et qu’il est devenu numéro 1, mais cela n’enlève rien aux qualités de ce manga qui nous a proposé l’un de ses meilleurs arcs cette année, voir le meilleur : bourré d’action, d’humour et de tragédie, avec des personnages transpirant de charisme. Et pourtant faire disparaître tous les compagnons de Luffy était un pari risqué… Mais réussi finalement.

Comme le dit si bien Pascal Laffine, directeur éditorial de Tonkam : quand je lis One Piece je sais pourquoi je lis des mangas. Bravo donc monsieur Oda, espérons que 2012 soit aussi bon !

Autre petit plaisir en ce mois de janvier : le tome 5 de Bakuman. Ce manga est loin de faire autant l’unanimité mais sa lecture reste extrêmement plaisante. On lui reproche d’être fabriqué de toute pièce avec des auteurs et des ingrédients à succès. Certes il n’est pas follement original mais il n’y a rien à dire sur le dessin et les personnages principaux sont plaisants. Je ne boude donc pas mon plaisir avec ce tome 5 et l’arrivée de Gorô Miura, le nouveau responsable éditorial de Mashiro et Takagi. J’avoue avoir bien apprécié les empoignades entre nos deux héros et Gorô et, plus généralement, l’opposition entre nos mangakas en herbe et le management Shueisha.

Cela dit, comme l’a très bien évoqué un journaliste d’Animeland, toutes ces oppositions sont sans réelles conséquences et tout finit plus ou moins par retourner dans l’ordre. Rebelle attitude ok, mais on reste chez papa-maman quand même. Le prochain tome de la série sort à nouveau en janvier et nous verrons si, en 2012, la série continue de se renouveler !

Janvier fut aussi l’occasion de m’essayer à quelques titres qui ne m’ont pas convaincu : Crimson Prince volume 1, parce que ce n’est pas pour moi en fait, malgré un graphisme et des couvertures pop-style attirantes. Il faut donc que j’arrête les shôjos pour jeunes filles en fleur. Quoique, comme on le verra plus tard, d’autres on réussi à me séduire. Autre déception : Hitman, chez Ankama éditions. Et pourtant j’apprécie beaucoup la maison Ankama, autant que j’apprécie Ki-oon. Mais je ne suis pas un grand fan de leurs mangas, bien que je devrais aller au delà du graphisme rebutant de Soil, dont j’entends beaucoup de bien. Rencontrer l’auteur en janvier sera l’occasion de m’y mettre. Mais pour Hitman, la répétitivité de la mise en scène, du scénario et le chara design déjà vu fait que j’ai décroché depuis le tome 2. Moi mon tueur à gage préféré c’est City Hunter, et Ryo Saeba se situe à des années lumière au-dessus de Tokichi, malheureusement…

Février

Blue-exorcist-tome-4Hero Tales… Comme tout le monde j’espérais être séduit par le nouveau Hiromu Arakawa. Mais c’est avec ce volume 2 que j’ai compris qu’il ne fallait pas en attendre autant de ce récit stéréotypé, avec un humour et des personnages beaucoup moins efficaces. Le shônen standard de la mère de Fullmetal Alchemist est un brin insipide. Pas mauvais en soi, juste un peu fade. Surtout qu’à l’heure où je vous parle j’ai enfin trouvé le temps de reprendre la lecture des aventures d’Eward et Alphonse que j’avais laissé de coté au volume 20… Quelle différence entre ces deux séries tout de même !

Ce mois de février va d’ailleurs me laisser mitigé : les quelques bonnes séries de 2010 confirment, mais partiellement, leur potentiel : Blue Exorcist  se lit avec plaisir même si la cohérence de l’ensemble ne tient qu’à un fil et Deadman Wonderland propose une version trash du shônen classique. Cette série avait bien démarré en 2010, avec un coup de crayon très appréciable. Cependant, au fur et à mesure de 2011, Deadman Wonderland a perdu un peu de son intérêt en tombant dans des schémas beaucoup trop prévisibles. Le scénario reste bien ficelé mais la série a tout intérêt à ne pas durer ad vitam pour qu’on en garde un bon souvenir.

Au rayon des nouveautés de février 2011 il y aussi des bonnes surprises : Hell Blade par exemple. Cette nouvelle version de Jack l’éventreur me séduit de plus en plus au fur et à mesure des tomes : sanglant, mystérieux, fantasmagorique et dynamique… Je trouve dans cette série tout ce qui manquait au sympathique mais incomplet Chevalier d’Eon. Je vous en reparle bientôt.

Enfin, en accéléré, on peut citer aussi le bon Monju tome 5, un Gunm Last Order qui fait toujours plaisir à lire et qu’il faut arrêter de comparer à son prédécesseur, un Dolls et un The breaker volume 1 ennuyeux et qui se prennent un peu trop au sérieux à mon goût et pour finir un Nura – le seigneur des yokais qui est un bon manga certes, mais dont le héros trop jeune m’empêche de m’immerger. Les yokai oui, mais pas en culotte courte siouplait.

Mars

Un peu de poésie pour le retour du printemps. L’esprit bucolique, je me laisse tenter par Nanja Monja et j’achète les deux premiers tomes. Et depuis je ne suis pas du tout déçu par cette série qui va s’achever en 2012 avec son tome 6. C’est attendrissant, reposant, rempli de valeurs positives, dans un esprit candide mais assumé. Ghibli et Minipouss réuni dans un manga écolo-fantastique…+1

Et puisque l’on parle d’ambiance candide, comment ne pas évoquer Amanchu !, ce manga qui sent bon la bonne humeur, le soleil et la plage. La joie de vivre inaltérable de son héroïne en fait un personnage loufoque et forcément attachant.

Même chose avec Rendez-vous sous la pluie, un shôjo a priori sans grande surprise mais qui me plait bien car il s’avère très amusant, grâce à des personnages réussis et des situations aussi rocambolesques que drôles. Un petit plaisir simple pour les amatrices d’amours lycéens.

En mars, je commence également la lecture d’Amatsuki qui se fait copieusement détruire par Animeland, un peu à l’emporte pièce. Pour ma part je continue de l’apprécier, au delà de quelques lenteurs. Ce manga possède un univers (parallèle) toujours aussi original et des protagonistes réussis, en sus d’un excellent coup de crayon. Ce mois de mars ne fut pas parfait et je n’ai pas accroché à Tokyo fin d’un monde (le dessin sans doute) et je me suis copieusement ennuyé à la lecture de Ping. Mais la lecture du tome 9 de Vinland Saga me fait vite oublier tout ça. Un très bon mois de mars donc !

Avril

Vamos là!Encore quelques sympathiques nouveautés ce mois-ci. Vamos là!, qui reste pour moi l’une des meilleures nouveautés de cette année 2011 avec des protagonistes féminins d’anthologie, servie par un coup de crayon et un chara-design de haut vol, très fort sur les sentiments intériorisés.

Cette série en 3 volumes me confirme qu’après avoir apprécié quelques shôjos dans les années 2000 j’ai tout intérêt à essayer le josei. Autant Seiyuka est une comédie romantique dans le monde des seiyus qui me laisse de marbre car je ne suis pas le public cible, autant Vamos là! me parle. Je préfère définitivement les garçons manqués, ça joue aussi.

Autre lecture qui a fait couler de l’encre : Beelzebub. J’ai vraiment apprécié la dose de furyo et l’humour décalé et je me serais laissé tenter si je n’avais pas déjà une quantité de shônens indécente sous la main. Un peu comme Fairy Tail en fait, c’est plus par faute de temps et de budget que je ne lis pas ces séries au delà du tome 1. Un jour peut-être… Mais j’en doute.

Et sinon il y eu également Drifters, la nouvelle série du papa d’Alucard, Kohta Hirano. C’est très bien pensé, le dessin est pas mal, les personnages légendaires et on passe un bon moment. Mais comme dit l’éditeur lui même - Tonkam – dommage qu’il faille attendre au moins un an entre chaque tome. C’est faisable quand une série est bien installée, comme Kyoko Karasuma par exemple que je déguste une fois par an, mais un tel rythme dès le départ… C’est vache.

Mai

Le chien gardien d'étoilesLe chien gardien d’étoiles et la Fin du monde avant le lever du jour furent mes deux lectures marquantes du mois. J’avais envie d’autre chose que du mainstream et, ma foi, je n’ai pas été déçu. Dans ces one-shot j’ai trouvé des œuvres touchantes, humaines, en phase avec leur époque. Et j’ai ainsi sauté le pas pour découvrir Inio Asano, auteur du second titre, dont j’ai fini par dévorer une grande partie des œuvres, pendant mes surveillances de Bac ^^.

J’ai d’ailleurs refilé le virus Asano à quelques ami(e)s depuis car il décrit la jeunesse japonaise avec une justesse et une honnêteté qui force l’admiration, une jeunesse qui me parle totalement, car les jeunes adultes qui sont décrits ont une part du chocobo que j’ai été il y a quelques années. Un auteur majeur donc, et je vous invite à le découvrir avec Solanin.

Mais en ce mois de mai il y eu également d’autres auteurs et notamment l’un de mes favoris : Yuko Osada, qui nous présentait Run Day Burst chez Ki-oon, un shônen d’aventure old school qui plaira aux vieux routards du genre, surtout que depuis la série s’est achevée au Japon en huit volumes, donc pas de risque de s’éterniser. Si vous aimez l’aventure les p’tits loups, celui-ci est pour vous !

Et pour finir sur ce mois je citerais également Sprite, un manga d’anticipation teinté de thriller dont le scénario m’intrigue et me captive toujours au bout du quatrième volume et Kings of Shogi, un bon manga certes, mais qui ne m’a pas donné envie d’en acheter d’autres tomes pour l’instant. Un peu comme Le coffre aux esprits chez Soleil, j’attends de le croiser d’occasion ou de me le faire offrir !

Juin

Bride-Stories-1Totalement en décalage avec la sortie du tome 12, j’ai commencé la lecture de Bakuon Retto. Amateur de furyo, j’ai entendu une fois de plus beaucoup de bien de cette série et je me suis lancé. Le trait est dur, l’histoire est rude, les personnages authentiques. Bien loin des flamboyants rebelles de Morita (Racaille Blues, Rookies) ceux de Tsutomu Takahashi intériorisent, doutent dans leurs coins, passent du coté vraiment obscur… Et pas de bonne blague pour alléger l’ambiance. Quand ça va mal, on fait avec. Une lecture que je me suis promis de poursuivre l’an prochain en achetant tout le reste d’un coup, pour une immersion totale et sans doute brutale.

Ce mois fut aussi l’occasion de découvrir le prometteur The Swordsman, l’un des bons manhwas 2011. Le volume 1 m’avait laissé mitigé mais la suite m’a rassuré. Voilà une fresque historique bien construite et une aventure sympathique. Malheureusement son éditeur, Booken Manga, a aussi sorti Ares, une histoire qui peut toucher par son coté shônen débutant qui n’en veut… Mais au final on s’ennuie sévère. Idem pour Togainu no Chi chez Ankama, à éviter.

On finit ce premier semestre avec deux bons souvenirs : Bride Stories, qu’on ne présente plus tant les articles élogieux sur son compte s’enchaînent ces derniers mois. La mangaka de Emma utilise une fois de plus des personnages attachants pour dresser un tableau d’une époque et d’un lieu, pour aborder l’histoire d’un peuple méconnu et de l’incroyable richesse de leur culture. Chaque année quelques nouveaux mangas font un sans faute. Pour l’instant, Bride Stories en fait partie. Bien que peu enclin au manga, les jurés du Festival International de la Bande Dessinée d’Angoûleme l’ont même ajouté à leur liste de nominés pour l’édition 2012… C’est dire !

Enfin la lecture du tome 20 de D.Gray-man m’a fait bien plaisir, j’y ai retrouvé la série que j’aimais à ses débuts. Le ralentissement du rythme de publication a permis a son auteure de prendre son temps et de proposer un shônen classique mais très plaisant. Et diablement beau qui plus est.

Ainsi s’achève la première partie de cette rétrospective 2011. Si je devais résumer ces 6 mois de lectures et ne garder que mes 6 meilleurs moments de lecture ? Je dirais One Piece, Vamos là!, Bride Stories, Un chien gardien d’étoile, Run day Burst et Solanin.

Et vous ?

Suivez la suite de cette rétrospective, la seconde partie est en ligne ici !

Le manga en 2011…

Rétrospective de lectures 2011 : et vous, vous avez lu quoi ?

Marché japonais du manga 2011 : premiers chiffres, premières analyses

Manga en France: Édition et publication en 2011


décembre 22nd, 2011
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Débat J-music 2 – Épisode 1 : Quels invités pour l’hexagone ?

⊆ décembre 18th, 2011 | ≡ Topic: Articles, Interview, J-music | | ˜ 3 Commentaires »

Débat J-music 2, le retour !

Après les nombreuses réactions suscitées par le dossier-débat sur la j-music je me suis dit que tout n’a pas encore été dit. Si le public est restreint, le sujet reste vaste.

J’ai donc mis le nez dans mon carnet d’adresse en cherchant à inviter cette fois-ci quelques professionnels  et de nouveaux journalistes, pour donner la parole à un champ d’acteur plus large de la j-musico-sphère… En veillant également à amener des visions différentes pour éviter un résultat trop uniforme.

Voici nos invités, je les laisse se présenter eux-mêmes !

Sylvain (ci-dessous en haut à droite) :  Sylvain Dreyer, ou Zed, responsable de la conduite antenne de Nolife, et blogueur râleur à mes heures perdues.

Jay (ci-dessous, en haut à gauche) : Jay Midori, Tour Manager européen de 26 ans spécialisé en groupes japonais, je suis un freelance fidèle associé à TORPEDO PRODUCTIONS anciennement GEKIDO TOUR, qui était le département japonais de RAGE TOUR.

Kaoruline (ci-dessous, en bas à gauche) : Caroline Segarra, animatrice, journaliste, monteuse, chargée des clips à Nolife. Fan de j-music depuis 10 ans. J’ai d’abord fait une émission hebdomadaire sur une web radio (Radio Junior) pour présenter quelques artistes japonais puis le classement oricon, jusqu’au jour où Nolife s’est lancé.

Xavier (ci-dessous, en bas à droite) :  Xavier NORINDR, expérience dans l’industrie de la musique (Warner, Roadrunner Records ), fan de J-Music, Co-fondateur de J-Music Distrib.Store/live, fondateur de AZN Consulting et Responsable de Bishi-Bishi et des contenus audio chez Ankama Music.

Van (ci-dessous, en bas au centre) : Van, Jeune gérontophile à l’âge incertain, j’ai travaillé pour de nombreux sites allant de feu Animillusion à feu Mikan Music Network. J’ai aussi développé de nombreux fans sites sur des artistes, comme Yoko Takahashi, Yuri Shiratori, Noon, Emiko Shiratori et bien entendu mes deux derniers, sur les chanteuses Rurutia et Arai Akino. De depuis 2008 j’ai lancé un blog alternatif Van J-music, mêlant news, critiques, et bien évidement découverte.

Invités du second débat J-music

C’est avec ces cinq intervenants de tous horizons que nous nous sommes lancés dans deux heures d’une discussion tous azimuts sur la j-music. Une discussion synthétisée en trois parties, qui débute aujourd’hui par une question majeure : quels artistes pour la France ?

Entre majors et indépendants, entre Corée et Japon, entre l’offre et la demande… Quels sont les meilleurs choix pour les acteurs du système ?

Bonne lecture ;)

 J-Pop et K-Pop sont dans un bateau, J-Pop tombe à l’eau ?

 Pour commencer notre débat, j’ai laissé nos invités d’un soir réagir sur le débat précédent en leur posant une question simple : Le bilan qui a été fait du marché français de la j-music n’est pas des plus joyeux. Faites-vous le même constat ?

Si tous sont d’accord pour dire que l’heure n’est pas à la fête, les analyses divergent. Sylvain encourage à la patience et à l’optimiste, alors que Van est déçu que le potentiel de la j-music ne soit pas correctement exploité. Il n’est d’ailleurs pas sans critique à l’égard des acteurs de ce marché, notamment les français :

« Hélas oui, la grande époque est désormais derrière nous, malgré un intérêt grandissant pour la japan culture en France. Les sites web et blogs, qui sont les vitrines indispensables de ce phénomène, ce délitent, perdent en intérêt, en qualité et en pédagogisme (comme l’a très bien dit Shito).

Bien entendu la réticence des majors et la difficulté de négocier avec les Japonais ont un rôle dans cette stagnation. Une major n’a aucun intérêt produire un show en France forcément à perte et encore à moins à déléguer ce travail à des producteurs (amateurs) français. Des tourneurs et producteurs français qui pour ne pas être en perte sont obligés de monter outrageusement les prix des places et de multiplier les artistes préfabriqués vendus comme des stars japonaises […] On se contente d’artistes de seconds ordres, sans vrai carrière japonaise et de petites salles inadaptées, mais toujours au même prix…

À l’image du dernier concert de KOKIA, qui passe d’une salle prestigieuse avec 5 musiciens (ndr : cf clip ci-dessous) à un unique guitariste, dans une salle à l’acoustique monstrueuse et aux prix malhonnêtement gonflés… Pire par souci de rentabilité, ils ont réussi à vendre plus de place que la salle pouvait en contenir… Les choses ont bien changé. è Il me semble avoir contredit ça en expliquant les vraies raisons et surtout en disant que c’est faux cette histoire de places en trop…

De plus je trouve que le marché de l’édition CD d’artistes Japonais se limite de plus en plus… Même chez Wasabi Record (qui pourtant dépend de Kaze qui marche bien) ne sort plus rien… Même plus les albums annuels de KOKIA… Raisons financières ou échec des négociations ?

Cela me désespère encore plus car je suis en contact avec un grand nombre d’artistes qui aimeraient se développer en Europe… Que leur proposer ??? »

Sur ces salles de plus en plus petites, Jay explique simplement que le public n’est plus toujours au rendez-vous : « Objectivement parlant, si le nombre de fans baisse, les salles sont de plus en plus petites, logiquement. Pour reprendre KOKIA, avant d’aller au Théâtre Michel on à tenté la Cigale l’année précédente qui était 2 fois plus petite que sa première salle en France et on s’est ramassé… Il n’y a jamais eu de survente de place qui plus est, plutôt des journalistes pas invités et mécontents… »

Sur le nombre de fans, Xavier apporte une petite correction : pour lui le nombre de fans ne baissent mais il y a plutôt « Trop d’offres et pas assez de demandes. Il y a trop de concerts et le public sélectionne. »

Un changement dans le comportement que valide d’ailleurs Jay : « En quelques années on est passé d’un fan disant « Un artiste japonais viens en Europe ? ALLONS Y !  »  à « Ah ouai c’est qui ? Hum, pas mon groupe préféré, je préfère garder mes sous pour un autre !  » »

Le rapport qualité /quantité des concerts est évidemment mis sur le tapis. Par Sylvain tout d’abord : « malheureusement on voit en France un peu trop d’artistes prêt à tout pour marcher un minimum. Après j’imagine que ces groupes profitent de la place laissée libre par les grands groupes et labels. »

Van réitère ensuite sur le sujet : « des offres un peu discount, privilégiant la quantité sur la qualité… A-t-on besoin de se taper un énième groupe pseudo Visual qui n’a même pas de vraie carrière au Japon ? »

Néanmoins la qualité n’est pas forcément une histoire de gout musical et le succès du Visual Kei force le pragmatisme, comme l’explique Jay : « un groupe « pseudo visu » au moins ca ramène plus qu’une vieille légende japonaise inconnue ici. Et les moyens ne sont pas les mêmes soyons réalistes ».

Si Van a bien compris les réalités du marché, il n’en regrette pas moins un manque de variété dans les programmations. Malheureusement, comme l’explique Jay, varier les plaisirs c’est bien, mais encore faut-il que le public réponde présent. Entre ce que veut le public et ce qu’il soutient, la différence semble palpable et le débat et donc loin d’être clos. Pour éviter de nous éterniser nous passons à la suite.

La non-venue d’artistes réclamés est aussi imputable aux acteurs japonais. C’était donc le moment rêvé pour parler de ces derniers car le TIMM, ou Tokyo International Music Market s’est clôturé il y a peu. Le TIMM c’est « un évènement où les acteurs de l’industrie de la musique viennent pour proposer des groupes ou en acquérir. On y fait ses courses en quelques sortes », nous explique Xavier, présent sur place tout comme  Seb et Suzuka, de Nolife.

TIMM : Tokyo International Music Market

Xavier raconte : « L’ambiance était plutôt bonne, il y avait des sociétés du monde entier et beaucoup de français ! ». Seb et Suzuka n’étaient pas parmi nous mais Kaoruline résume leurs propos : « ce que j’ai retenue dans ce qu’ils m’ont dit, c’est que les japonais étaient plutôt inquiets à propos de la K-pop… ». Une inquiétude également ressentie par Xavier et qui ne date d’ailleurs pas d’hier.

Cependant pas de réaction nationale anti-K-pop encore en vue : « Tout dépend de la stratégie de chaque société » explique Xavier. Et de toute façon, comme le dit Sylvain : « Je ne suis pas sur que les japonais aient trouvé une parade, il n’y a qu’à voir leur propre marché, sur lequel les coréens marchent fort. »

Cet impact Coréen est lié à de nombreux facteurs. Leur rentabilité tout d’abord, pour des raisons structurelles et économiques, comme explique Van : « C’est une histoire de cout de production. Tout est moins cher en Corée, du salaire des artistes au cout de production… La Corée est en plein boom économique, le Japon est en pleine récession. Donc les coréens seront toujours plus rentables que les japonais. Tu prends deux artistes identiques… Le Japonais coutera 100 et le Coréen 40… »

Après la nationalité ne fait bien sur pas tout et Jay et Xavier insistent bien sur ce point : « Comme le dit Jay, tout dépend des groupes, de où ils enregistrent, de où ils jouent, ce n’est pas une question de nationalité ».

Si les coûts sont faibles, la rentabilité provient aussi des recettes et pour ça kaoruline pense que  si les coréens sont « plus que « rentables » c’est qu’ils sont de plus en plus populaires et qu’ils ne freinent à aucun moment la promotion de leur culture… Donc rentables oui car ils peuvent remplir des Bercy mais ils ne les remplissent pas pour rien, pour moi c’est leur popularité qui fait beaucoup. »

Le Music Bank, quand la K-pop se lance dans un Bercy

Quoi qu’il en soit, les japonais vont devoir réagir, mais sans doute sur leur propre marché –le numéro 2 mondial on le rappelle – avant le notre. Donc en attendant que faire ?

Si on exclue les majors il nous reste les indépendants, « ces artistes qui sont maitres de leur carrière, qui financent leur production. Ils sont dans des labels, qui éditent leur CD ou DVD. Mais ces derniers n’entre pas dans les autres aspects de la production. » comme le redéfinit Van.

Sur ce point, nos intervenants tous sont unanimes, à commencer par Van justement, qui donne « un grand oui !» à cette possibilité pour l’hexagone.

Il s’explique : « Beaucoup d’artistes indépendants font des tournées européennes. De nombreux jeunes artistes indépendants souhaitent venir se produire hors Japon. Un phénomène grandissant puisque la plupart des jeunes artistes en question proposent un site officiel en Anglais et offrent une possibilité d’acheter ou de télécharger légalement leurs albums pour le reste du monde, via iTunes ou un site de ventes ouvert.

Leurs arguments sont souvent les mêmes, ils souhaitent tout simplement ne pas se limiter au territoire japonais pour « offrir leurs talents » (vendre leur musique). Je le répète les artistes indépendants sont très accessibles ! Et on peut négocier avec eux directement. Ils n’hésitent pas à envoyer leur album et se plier à une interview même pour un blog ou un fansite. Et comme ils n’ont pas une major protectionniste ou plein de producteurs… Ils sont maitres de leurs choix en matière de communication et d’expression…

À titre d’exemple : je réalise des interviews pour mon blog, la plupart du temps je n’ai aucun mal à négocier avec l’artiste (qui est souvent très content qu’on l’écoute en France^^). Là Je suis en contact avec un artiste « un peu peut plus important », en contrat avec une grosse major, l’artiste m’a donné un accord de principe, mais hélas c’est sa maison de disque et ses producteurs qui vont décider des détails de la forme et du fond… C’est infernal et démotivant ! »

Sylvain plussoie « À Nolife, on a pas mal de clips d’artistes ou de labels indés, qui ne cherchent pas forcément à s’exporter en Europe, mais juste diffuser d’avantage leur musique.» Xavier, qui propose de nouveaux artistes indépendants chaque semaine au catalogue Bishi-Bishi, les voit lui aussi comme apte à se développer chez nous.

Nolife                       BISHI_BISHI

Entre stars de la K-pop et artistes indés nippons, c’est donc à chacun de faire son choix !

Cela dit, une fois que l’artiste est choisi, comment se prépare un concert ? Comment peut-on le rendre rentable ? Ajouter un concert dans une expo est-il le bon plan ? Toutes ces questions et d’autres dans notre seconde partie !

Si vous avez raté les autres épisodes, c’est par ici :

Débat J-music 2

Partie 1 : Quels invités pour l’hexagone ?

Partie 2 : Les concerts, de A à Z…

Partie 3 : Motivations et rayonnement

Débat J-music 1

Partie 1 : Public J-music où es-tu, qui es-tu ?

Partie 2 : Majors, label et tourneurs, que fait la France et qu’espérer du Japon ?

Partie 3 : Des médias J-music à ré-inventer ?


décembre 18th, 2011
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Shingo Araki, avant de partir…

⊆ décembre 4th, 2011 | ≡ Topic: Articles, Evènement, Interview, Japanimation, Manga, Manga / Japanimation | | ˜ 6 Commentaires »

Shingo ArakiLa semaine dernière je plaçais avec plaisir la biographie-interview de Shingo Araki (Cherry Miel, Goldorak, Lady Oscar, Ulysse 31, Saint Seiya) au planning de ce blog. Après avoir eu la chance de le rencontrer à Paris Manga en octobre je vous avais promis de lui rendre hommage, mais je ne pensais pas un instant que ce dernier serait posthume… Car jeudi 1 décembre, à 1h21 du matin, Shingo Araki est décédé, un mois avant son 73e anniversaire, d’une rupture de circulation sanguine au niveau du cœur suite à un bête accident dans la piscine où il faisait ses exercices réguliers. Oui je sais, ça fait chier…

Nous le savions tous malade mais, honnêtement, comme tout ceux qui ont été témoin de la flamme de passionné qui l’habitait et de la force intérieure dont il pouvait faire preuve malgré sa maladie, je le pensais encore avec nous pour un bon moment. Difficile de penser le contraire quand je me souviens de ce monsieur qui m’a accueilli avec humour :

Nous sommes en effet le  dimanche 02 octobre, en fin d’après-midi. Shingo Araki a enchaîné les dédicaces et interviews. Je le rejoins au stand Blue Air Rights, son agent pour l’occasion, et je tombe sur quelqu’un qui ne cesse de dessiner. Parce qu’il adore ça, dessiner, et qu’il a encore plein de choses à dire. Avec le recul on comprend cet empressement, même s’il n’est pas facile de savoir s’il savait lui-même ses derniers instants proches.

Bref, je passe donc derrière le stand et j’ai à peine le temps de m’installer qu’Araki-sensei se lance dans une boutade : « Tiens, on ne s’est pas déjà vu quelque part ?« . Son interprète éclate littéralement de rire, dis à Araki-sensei qu’il est décidément farceur, et m’explique : « Il a vu tellement de journalistes et de fans qu’il rigole et se dit qu’il a du forcément déjà vous croiser, que vous venez forcément plusieurs fois chacun pour être si nombreux !« 

Il a beau avoir un statut de monstre sacré, Shingo Araki est donc plein d’humour. Il me le confirme quand je lui demande comment il va : « Je suis à mon paroxysme là ! Je suis au top du top, je pète la forme !« . Physiquement épuisé le Shingo ? Il s’en contre-fiche, il a une banane d’enfer qu’il vous dit !

Comment voulez-vous que je ne reste pas bouche béante et sans mot jeudi dernier en apprenant la nouvelle de sa disparition. Je le pensais immortel. Mais après tout, avec tout ce qu’il a transmis, avec toutes les personnes que ses travaux ont touché… Il l’est, immortel.

Cependant, je n’ai aucun talent pour les oraisons funèbres. Je vais donc me contenter de ce que je sais faire, c’est à dire vous raconter une histoire. Celle d’une vie : la sienne. Un récit biographique et autobiographique, grâce au témoignage du maître lui-même, récolté par votre serviteur. Bonne lecture !

Shingo Araki : les débuts d’un touche à tout…

Le 1er janvier 1939, Shingo Araki nait à Nagoya, dans la préfecture d’Aichi. Il voue une grande admiration pour Osamu Tezuka et espère un jour devenir mangaka. En attendant son père meurt durant son enfance et, à la sortie du collège, il travaille dans une usine sidérurgique pour aider sa famille.

Néanmoins, en 1958, son rêve devient réalité : il commence sa carrière à l’âge de 17 ans. Son premier titre, Arashi to Kyogin, est un manga à suspens. Dans celui-ci et les suivants il met beaucoup de lui-même pendant qu’il les réalise tard le soir, après son travail à l’usine. Il est publié dans une maison d’édition de Gekiga (manga pour adulte), dans sa région natale. Son style évolue et grandit, devenant plus original et tourné vers les sentiments de ses protagonistes. En 9 années il réalise plus de 40 œuvres.

Malheureusement les Gekiga sont sur le déclin et Araki doit changer son fusil d’épaule pour continuer à s’exprimer. Il suit alors les conseils d’un ami dessinateur et entre en juin 1965 chez Mushi Production, le studio d’Osamu Tezuka pour y entamer une carrière d’animateur. De cette époque, Shingo Araki se souvient surtout de débuts très difficiles, comme il le dit lui-même  : « Le premier gros souvenir que j’ai, c’est d’avoir travaillé là-bas trois mois à Mushi Prod sans avoir pu faire un seul dessin ! (Rires) « 

Shingo Araki Animateur  Illustrateur

Mais la patience paye et la reconnaissance arrive : « La première reconnaissance a été de faire les dougas (ndr : les layouts, des dessins ou plans dans une anime) de Jungle Taitei (Le roi Léo) ». Un an après son arrivée à Mushi Prod il fonde les studios Jugar avec ses collègues Saito Hiroshi et Yamamoto Eiichi, entre autres.

À 26 ans, Shingo Araki va petit à petit faire preuve de tout son potentiel à travers ses premiers animes : Kyôjin no Hoshi (l’étoile des géants) et Ashita no Joe. Il travaille ensuite pour la célèbre Toei production en tant que directeur de l’animation sur Kick no Oni, Mahô no Mako-chan, Apache Yakyuugun, etc. En 1971, il forme avec ses amis les studios Z au premier étage de sa propre maison. Il travaille alors sur Gekko Kamén (dessins originaux), Mahô tsukai Chappy (directeur d’animation), Akado Suzunosuke (dessins originaux), etc.

En 1973, il s’occupe du chara-design de Babel 2 et son style fait de plus en plus parler de lui. C’est d’ailleurs Babel Nisei, le héros de cet anime , qui reste son personnage préféré de cette époque. Il travaille également sur les dessins de  Kôya no shonen Isamu, plus connu chez nous sous le nom de Willy Boy !

Babel 2

Il dirige ensuite l’animation et s’occupe du chara-design de Cherry Miel. Lorsqu’on lui demande quelle est sa méthode pour créer ses personnages, il nous explique que l’histoire est la clé : «Il y avant tout un scénario. J’essaye de créer mon personnage et son univers à travers ce scénario. Je le présente ensuite au producteur et il peut ainsi naître. Mais tout commence par le scénario et la vision que je peux en avoir.»

Des personnages mythiques il va en créer plus d’un. Cependant quant on lui demande pourquoi ses personnages qui ont 30-40 ans sont encore si célèbres, l’intéressé réponds : « moi aussi je me le demande ! » (Rires)

Araki production : une génération conquise et transformée…

En 1975 il créé sa propre maison de production : Araki Production. Himeno Michi y entre par l’intermédiaire de Toei animation et forment rapidement un tandem avec Araki. C’est à cette époque que tout s’emballe : arrive Goldorak et le boom de l’animation japonaise, qui propulsent Araki et sa société sur le devant de la scène. Directeur de l’animation sur Shin kyôjin no Hoshi, Shin kyôjin no Hoshi 2, Uchû Senkan Yamato Ai no Senshi Tachi (alias Le Cuirassé de l’Espace Yamato) et bien d’autres, il travaille en même temps sur la mise en scène et les dessins de  Manga Kodomo Bunko et Nihon Meisaku Dôwa Series Akai Tori no Kokoro.

À partir de 1979, la quasi-totalité des productions estampillées Araki vont connaître un succès immense, y compris en France, comme le prouve Lady Oscar, puis une collaboration avec l’hexagone qui accouche du mythique Ulysse 31.

Seiya de Saint SeiyaLa consécration arrive en 1986 avec Saint Seiya,  les Chevaliers du Zodiaque… Un anime qui l’accompagne jusqu’en 2002 et la sortie de la saga Hadès où il dirige l’animation et se charge du chara-design. Lorsqu’on lui demande ce que représente pour lui la série, il s’explique : « J’ai créé des personnages tout au long de ma vie, et on peut dire qu’ils se retrouvent tous dans Saint Seiya, qu’ils sont tous regroupés dans cette série.«  Une sorte de panthéon si je peux me permettre le clin d’œil.

Sur le travail d’animation de cette série, on retient bien sur les armures des chevaliers que je n’ai pu m’empêcher de mentionner  au maître. « La création de ces personnages et de leur armure s’est faite en collaboration avec Michi Himeno«  explique-t-il humblement. Parmi toutes ces armures, une l’a particulièrement marquée, celle de Seiya / Seyar : « Il y a une armure qui nous a posé beaucoup de problème, celle de Seiya. En fait l’armure du manga ne pouvait pas être transposée tel quelle en anime. Donc j’ai du retravailler et réfléchir beaucoup pour l’adapter…« 

L’emploi du temps d’Araki est surchargé et en plus de Saint Seya, il est également designer des personnages et directeur de l’animation de Fûma no Kojirô (1988), Aoki Densetsu Shoot (1993), Gegege no Kitarô (1996), Kindaichi Shonen no Jikenbo (1996), Yu-Gi-Oh(1998), etc. Tout en créant de multiple dessins-animés, il espère revenir à ses premiers amours et « dessiner encore un jour, un manga pour lui-même« .

Il faudra pour cela que la fatigue et la maladie le rattrape, pour qu’il se lance dans sa dernière œuvre, Sourire d’enfance.

Se séparer avec un sourire…

Son état de santé se dégrade sérieusement en 2008. Travailler dans l’animation ou le manga épuise, nous le savons tous, et Shingo Araki en est une preuve de plus. Diminué physiquement mais avec un mental inébranlable, il décide de continuer l’aventure en revenant à son premier amour : le manga. En effet, durant sa convalescence, il regarde de nouveau les cahiers qu’il avait griffonné  pendant 15 années et se rend compte qu’il y retrouve beaucoup d’éléments autobiographiques.

En 2010 il tente donc cette nouvelle aventure, tout d’abord sans réel structure. Ne songeant pas à la présentation il commence par dessiner passionnément les images de son for intérieur. Sans réel manuscrit ni choix de couleur propice à l’impression, il dessine, encore et toujours, et dévoile ses dessins à travers son site web, encouragé par sa famille et son entourage.

C’est ainsi qu’il retrouve ses fans européens à Paris Manga pour leur présenter son titre hohoémi ou Sourire d’enfance chez nous- dont les premiers chapitres ont été publiés en France dans le magazine Akiba Manga - et partager avec eux quelques souvenirs, le temps d’une dédicace.

Sourire d'enfance - Shingo Araki  Sourire d'enfance - Shingo Araki

Ce titre a pour point de départ les plus durs moments d’Araki. Alors que son état de santé se dégrade et que sa faiblesse physique fait qu’il a presque peur des autres, ces moniteurs de gymnastique chargés de sa rééducation ne cessent de lui sourire et lui redonne courage. Sa santé s’améliore petit à petit et il souhaite partager ces sourires. Il en fait même sa philosophie.

S’il compare le mangaka de ses débuts et celui qu’il est aujourd’hui, Araki avoue en effet sa préférence : « Si je compare les deux époques je dirais qu’à mes débuts j’étais un mangaka très passionné. Mais depuis j’ai vécu de nombreuses aventures en tant qu’animateur, j’ai pu expérimenter beaucoup de choses. Donc je préfère le mangaka de maintenant, celui qui a traversé aussi bien les bonheurs que les malheurs de cette vie.« 

Puisque nous parlons de regarder dans le rétroviseur, je lui demande son avis sur l’animation moderne : « Je ne suis pas un nostalgique du passé mais je trouve que les animes actuels ont perdu en originalité. Il y a beaucoup de clonage, de succès qui se répètent. On se contente de recopier les succès et les productions manquent parfois d’originalité et de caractère.« 

Quand à l’éventualité de s’essayer aux nouvelles techniques d’animation, il explique que ce qu’il a fait et essayé durant de nombreuses années lui a suffit : « Non, je ne regrette rien. Cela m’a toujours plus amusé de créer moi-même les différentes animations plutôt que d’être assisté par des ordinateurs.« 

Sourire d'enfance - Shingo Araki  Sourire d'enfance - Shingo Araki  Sourire d'enfance - Shingo Araki

Lorsque nous discutons justement de Sourire d’enfance, je lui demande quel message il veut laisser aux générations futures, le mangaka dit simplement que « lors des séparations et des grands malheurs de la vie, il vaut mieux se séparer avec un sourire…« 

Le salaud, il avait déjà prévu le coup… Nous voilà obligé de sourire dorénavant, vieux renard ;)

Avant de nous quitter, je lui pose une dernière question, qui est d’ailleurs celle de ma chère Gally, grande fan d’Araki : « Si on imaginait votre vie comme un album photo, quelle image aimeriez-vous mettre en couverture de cet album ?« 

Araki donne presqu’ aussitôt sa réponse : « Il s’agit d’une photo qui existe réellement, prise lorsque j’étais encore un enfant. Je venais de m’amuser avec deux de mes amis dans des combats au sabre. Nous nous étions bien défoulés puis nous avons tous les trois pris la pose avec nos sabres et fait la photo… C’est celle-ci que j’aimerais mettre en couverture.« 

Les vingt minutes sont écoulées et l’interview se termine mais je profite de ma chance pour dire à Shingo Araki que, comme de nombreux journalistes du milieu manga-japanime, c’est un peu « à cause de lui » si je suis là aujourd’hui, à vouloir partager cette passion, qu’il ma refilé le virus. L’hommage rendu je m’apprête alors à partir… Mais Araki me demande d’attendre quelques minutes. Et il retourne vers ses crayons.

Je comprends tout d’abord qu’il veut me faire une dédicace, mais en réalité je suis encore plus chanceux que ça…. Car ce qu’ Araki dessine sous les yeux médusés de votre serviteur et de son interprète, c’est la fameuse photo qu’il vient d’évoquer, cette image de son enfance J’avais les joues rouges mais rouges >___<

Dédicace de Shingo Araki

C’est ainsi, avec mille remerciements, que je laisse Araki se diriger vers une nouvelle séance de dédicaces. Il y a des jours où je kiffe ce job. Ce dimanche était l’un de ceux-là.

 Bien sur cet article n’est qu’une goutte dans un océan d’hommages mais je le dédie aux proches d’Araki et à tous ses fans qui n’ont qu’un mot à la bouche depuis jeudi dernier : Merci.

Alors j’ajoute moi aussi le mien : Merci pour tout Araki-sensei, et bon voyage vers l’olympe ;)

Shingo Araki

Merci également à Paris Manga pour l’organisation de cette interview et à Motoharu Onishi pour son rôle d’interprète et sa bibliographie détaillée de l’auteur.

PS : Sa fille vient de publier une lettre pour les fans, traduite en anglais grâce au staff de Blue Air Rights, ici. Vous pouvez aussi retrouver l’interview dans sa forme initiale, pour Total Manga, ici.

Visuels © Shingo Araki et Araki Production – Photos © Total Manga & Paoru.fr


décembre 4th, 2011
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D.Gray-Man, Bleach et Eye Shield 21 : artbook, character book ou guide book sous le sapin ?

⊆ novembre 28th, 2011 | ≡ Topic: Articles, Chroniques, Manga, Manga / Japanimation | | ˜ 3 Commentaires »

Concours D-gray.man

Jingle bells, jingle bells… ♫

Nous voici bientôt au mois de décembre et les éditeurs nous sortent leur artillerie lourde en terme de « cadeaux manga ». En ce moment je prépare donc – avec mes collègues de Total Manga – une petite sélection de Noël fait des meilleurs titres de l’année.

Mais, en attendant de lui faire voir le jour, je voulais vous proposer un duel à 3 au pays des book, ces recueils en tous genres sur vos séries préférés, qui compile informations, résumé et illustrations. Cela tombe bien puisque Glénat nous propose pas un, ni deux, mais trois ouvrages pour les fêtes de fin d’année :

  • L’artbook D.Gray-Man, Noche, de Katsura Hoshino
  • Le Character Book volume 2 de Bleach, intitulé Masked, de Tite Kubo
  • Le guide officiel Eye Shield 21, nommé Ballers High, de Riichiro Inagaki & Yusuke Murata

Trois tomes parcourus en long et en large par votre serviteur… Voici ce qu’il en pense !

Bleach : Masked – Arrancar et  Vizards pour fans et grands curieux

 On commence donc par le second character book de la franchise Bleach. Je vous ai déjà donné mon avis mitigé sur cette série qui s’allonge sans fin l’an dernier, donc c’est plutôt dubitatif que j’ai ouvert ce recueil de 280 pages. Il couvre la saga depuis l’arc des arrancars jusqu’au voyage dans le passé – Turn Back The Pendulum – et l’origine du complot d’Aizen, c’est à dire les volumes 21 à 37. Il faut dire que sur ces 17 tomes, le lecteur a eu droit à un impressionnant défilé de personnages en tous genres, qui justifie donc ce récapitulatif. Voyons s’il en est, pour autant, intéressant.

Première bonne nouvelle : un bon rapport qualité prix. En effet, pour 7.5 euros seulement vous aurez une couverture travaillée avec quelques effets de surbrillance sympathiques, un mini-poster recto-verso et en couleur des 13 divisions à l’époque du flashback, suivi d’une douzaine d’illustrations couleurs sélectionnés par Tite Kubo, parmi les couvertures du Weekly Jump.

Ichigo

Après cette introduction colorée on arrive dans le cœur de ce data book avec la présentation des personnages sur environ 200 pages : les principaux occupent le premier chapitre, puis un second s’intéresse aux shinigamis, un troisième aux arrancars et enfin un dernier aux vizards. La présentation des protagonistes peut varier d’un quidam à l’autre mais on retrouve les informations classiques d’un character book : âge, poids, taille, groupe sanguin, place dans la hiérarchie, puis des informations sur la personnalité du protagoniste, les valeurs qu’il défend, les techniques qu’il utilise et une description de son arme pour quelques uns. Enfin ajoutons à cela les principaux évènements concernant ce personnage, une partie assez rébarbative que l’on passe sans scrupule.

D’une manière générale ce genre de livre ne se lit pas d’un bout à l’autre, à moins que vous ne soyez un fan hardcore, mais vous donne plutôt l’occasion d’en savoir un peu plus sur vos personnages favoris. Je vous conseille donc une lecture épisodique de Masked, sous la peine de vous endormir rapidement sous une tonne d’information plus ou moins redondantes… Et puisque l’on parle de redondance, le chapitre 4 revient sur le flashback des volumes 36 et 37 et nous ressert l’histoire des shinigamis 100 ans avant l’arrivé d’Ichigo, lors de la mise sur pied du plan d’Aizen. Rien de bien nouveau si ce n’est la description complète des héros et héroïnes de l’époque qui sont la plupart déjà présentés dans les chapitres précédents.

Le tout est heureusement entrecoupé par des bonus signé Kon, la peluche de lion emblématique de la série, toujours aussi drôle et ridicule…

Turn_back_the_pendulum_-_officers_color

Ce recueil s’achève par quelques extra de qualité inégales : un résumé de la série dont on se serait bien passé, un glossaire utile pour tous les termes un peu obscurs, une traduction facultative de tous les titres de tomes et de chapitres et enfin – le meilleur pour la fin – une interview de Tite kubo sur la création des arrancars et des vizards, assez intéressante mais clairement tourné vers les fans, à l’image de ce tome spécial d’ailleurs.

En résumé rien de neuf sous le soleil mais le prix très raisonnable, l’édition de qualité et les petits bonus compensent les répétitions soporifiques inhérentes à ce type d’ouvrage. On regrette surtout le manque d’informations vraiment inédites. Les fans qui continuent d’acheter Bleach n’ont donc pas grand chose à perdre et quelques bonnes surprises à gagner en ajoutant Masked à leur collection.

Eye Shield 21 : Cours Forrest… Mais n’oublie pas ton guide book !

Eyeshield 21Pour Sena et ses camarades du ballon ovale, voici enfin le temps du guide book. Son nom : Ballers High. La série s’est achevée sur un trente-septième tome en juin dernier, il était donc logique que Glénat nous propose de revenir sur sa série sportive phare, que je vous encourage vivement à découvrir d’ailleurs.

Là où je réservais Masked aux uniques fans de Bleach, je pousserais le public de Ballers High jusqu’aux amateurs des Devil Bats. L’ouvrage est légèrement plus cher (8.99 euros) mais il est aussi plus intéressant. Parmi les 318 pages qui le constituent, on retient surtout l’histoire inédite de plus de 70 pages qui termine ce recueil. Il s’agit en fait du récit original de la série, sa première mouture proposée par le scénariste Riichiro Inagaki au concours Story King qu’il remporte en 2002. Un « collector » avec un graphisme beaucoup plus jeune mais une mise en scène et des personnages déjà très réussis.

Pour en revenir au livre lui même… Tout comme Bleach il propose une couverture originale (qui réagit à la chaleur), un double poster, et quelques pages couleurs (on aurait d’ailleurs en avoir un peu plus vu le talent de Yusuke Murata pour l’illustration). Le reste du tome est classé par équipe. On y retrouve les caractéristiques techniques, l’entraineur, la formation et bien sur les principaux personnages. Une liste d’information qui fait presque regretter de ne pas avoir sous la main le jeu vidéo Eye Shield 21 pour sélectionner ses équipes préférés et tenter de devenir soit même le meilleur du championnat d’automne.

Comme dans tout databook c’est une fois de plus vers vos équipes ou joueurs préférés que vous vous tournerez mais on apprécie tout de même la mine d’information sur les lycées des différentes équipes, les valeurs qu’ils défendent, leurs stratégies, etc. On retrouve également quelques faits historiques de la série mais elles sont beaucoup moins présentes, remplacées par des rubriques comme « Le foot américain pour les singes« , « Sondages auprès du lectorat« , « Découvrez le poste qui vous convient » ou encore quelques bonus comme le légendaire carnet de menaces d’Himura ou le dictionnaire du language des hommes forts… Pour résumer : l’avantage de ne sortir qu’un seul databook est de pouvoir garder le meilleur.

À l’image de la série, ce recueil se veut donc dynamique (autant que faire se peut pour un databook), drôle et bourré de détails techniques. Ces atouts offrent différents niveaux de lectures, que ce soit pour le fan hardcore ou pour le simple amateur d’Eye Shield 21 qui a envie d’en savoir plus sans trop se prendre la tête ni se ruiner.

D.Gray-man illustrations

D.Gray-man NocheLes éditions Glénat achève donc leur trio des fêtes avec un artbook, ou recueil d’illustrations pour les néophytes, qui nous permet de découvrir le talent graphique de Katsura Hoshino. Après un fanbook paru en mars (D.Gray-man Ark), voici plus de 80 illustrations parmi les meilleures de l’auteure. On y retrouve bien sur les couvertures des 21 tomes que comptent pour l’instant la saga en France, mais un grand nombre d’inédit.

Ce recueil balaye l’ensemble de la série en deux parties et permet de voir la nette évolution graphique de Hoshino. La première partie, de 2004 à 2006, offre un chara design encore débutant et assez classique. Les couleurs dominées au départ par des duos noir-rouge ou blanc-noir s’éclaircissent progressivement pour aller vers de mosaïques plus lumineuses et plus maîtrisées. Le chara-design évolue lui aussi et Allen perd rapidement sa tête de gamin pas toujours réussie.

Si le héros de la série est logiquement le personnage principal de cet artbook on retrouve également ses compagnons, Lavi, Lenalee et , ainsi que quelques membres de Noé, à l’occasion. Les personnages secondaires se font plus présent dès la seconde partie, allant de 2007 à 2010. La qualité se fait elle aussi plus constante et les planches en simple ou double page se savourent.

À déguster également les bonus de ce recueil grand format : un poster double, une magnifique couverture sous-jaquette, les différents costumes d’Allen, deux interviews croisées de l’auteur dont une réalisée avec deux grands noms du manga : Takeshi Obata et Osamu Akimoto.

Pour 20 euros, un prix correct pour un artbook, les fans de D.Gray-man vont pouvoir se faire plaisir. On espère que Hoshino, désormais mâtre de son art, nous proposera bientôt un nouveau recueil de ce genre et que les éditions Glénat renouvelleront l’expérience. Car la mangaka dessine clairement mieux maintenant qu’à ses débuts.

J’en profite pour vous rappeler que vous avez jusqu’au 30 novembre pour tenter de le remporter grâce au concours Paoru du mois.

Voilà, si vous êtes fans vous en savez maintenant suffisamment pour faire votre choix entre Bleach, Eye Shield 21 et D.Gray-man. Faites-vous plaisir ;)


novembre 28th, 2011
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