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[Itw] Satoe TONE : une artiste envoûtante, entre pingouins et petite grenouille…

Satoe Tone © Paoru.fr

Cela faisait longtemps que je n’avais pas fait une interview juste pour Paoru.fr – en dehors des interviews éditeur bien sûr – et je suis ravi de vous présenter aujourd’hui un gros coup de cœur, artistique mais aussi humain, pour une illustratrice hors-norme : Satoe TONE, l’auteure du Voyage de Pippo chez nobi nobi mais aussi de nombreux livres illustrés en littérature jeunesse chez plusieurs éditeurs, et qui s’est fait vraiment connaître en remportant le Premier Prix de la Foire du Livre de Jeunesse de Bologne en avril 2014.

Rencontrée une première fois, mais en coup de vent, sur le Salon du Livre Jeunesse de Montreuil pour Journal du Japon, j’ai tout de suite été séduit par la bonne humeur, le franc parler et l’univers personnel de Satoe. Pour sa venue au Salon du Livre de Paris, j’ai eu l’opportunité de m’asseoir avec elle en salle d’interview pour vraiment la découvrir et vous faire partager la folie douce de cette étonnante jeune femme, rêveuse mais aussi forte dans ses choix, comme le montre son parcours.

Allez je n’en dis pas plus, je vous laisse la découvrir ! Bonne lecture 🙂

Les débuts sur la banquise…

Paoru.fr : Pour commencer, pouvez-vous nous parler de vos premiers souvenirs d’illustrations ?

Satoe TONE : Je ne me rappelle plus de quand mais j’étais tout petite et je dessinais des pingouins et des petites femmes ! (Rires)

Une raison à ça ?

Une Si Jolie TerreJ’aimais beaucoup les dessins de pingouins et, lorsque j’avais 4 ans, je voulais partir vivre en Antarctique. Je voulais devenir une chercheuse sur les pingouins au Pôle sud, c’était mon rêve ! (Rires)

Depuis je suis devenue une illustratrice… En fait c’était difficile de dessiner des pingouins – j’avais du mal avec leur tête – donc j’ai arrêté d’en faire vers l’âge de 9 ans pour y revenir plus tard (en 2013 sortait son ouvrage Une si jolie Terre qui narre la vie d’une famille de 84 pingouins, aux éditions Balivernes, NDLR )

Vous partagez le thème des pingouins avec Emilie Simon, une artiste que nous avions évoquée la dernière fois, avec qui vous aimeriez collaborer…

Oui mais ce que j’aimerais c’est que l’on parte ensemble sur la banquise et aller rencontrer les pingouins avec elle ! (Rires)

Vous en avez déjà vu en vrai d’ailleurs ?

J’en ai déjà vu des petits dans des parcs au Japon mais jamais de grand Manchot empereur.

Il ne reste plus qu’à demander à vos lecteurs de vous offrir des peluches alors !

Oui car je n’ai pas pu toutes les emporter en partant du Japon. J’ai pu emporter celle que je m’étais offerte pour mes 18 ans, une peluche de pingouin grandeur nature. Je l’ai toujours d’ailleurs, il vit dans mon frigo pour rester au frais !

Fou rire général, et s’ensuit une discussion complètement loufoque sur le rangement des courses dans un frigo occupé par un manchot empereur… Le célèbre Pen-Pen d’Evangelion sera même cité entre deux éclats de rire !

Pour en revenir à votre travail… Puisque vous avez mis les pingouins de coté pendant un certain temps, quels sont vos autres thèmes préférés ?

J’aime particulièrement dessiner la nature et les petits animaux, comme les lapins, les pingouins ou les grenouilles comme Pippo.

Vous en avez déjà fait de toutes sortes en effet, est-ce qu’il y a des animaux que vous n’avez pas encore fait et que vous aimeriez rajouter dans vos futures œuvres ?

Ah oui, des petites souris ! (Rires)

voyage-de-pippo-nobiEn fait, c’est comme pour Pippo la grenouille,  ce que je cherche ce sont des façons de représenter mon ancien chien.

Ah oui, le chien de votre mère au Japon, nous l’avions évoqué la dernière fois !

Voilà, et je cherche donc des façons d’exprimer le regard qu’avait ce chien, qui était mignon et très expressif… Donc pourquoi pas avec des petites souris aux grands yeux ! (Rires)

Mais d’où vient votre intérêt pour les animaux ? C’est juste pour leur regard ?

Pas seulement, c’est aussi leur fragilité. Cela rejoint ce coté mignon et c’est aussi visible dans le regard, mais pas uniquement. C’est quelque chose qu’ils dégagent dans leur ensemble, de par leur petite taille, leur timidité… C’est ce qui me plait et c’est l’une des choses que j’ai envie de faire ressentir au lecteur.

Le départ du Japon

Lors de notre dernière rencontre, nous avons parlé votre départ du Japon pour aller vivre à Milan, il y a 3 ans. Vous disiez que vous vous sentiez oppressée là-bas. Pouvez-vous nous en dire plus ?

C’était vraiment la vie là-bas, le quotidien. Le Japon est un pays un peu fermé, où il est difficile de dire ce que l’on désire, où il est difficile de dire non… alors que je me sens beaucoup plus libre et épanouie en Italie.

Mais est-ce que cela concernait aussi votre vie artistique ?

Cela concernait aussi mes dessins, effectivement. Les éditeurs japonais n’aimaient pas ce que je faisais, ce n’était pas vendeur et ça ne plaisait pas.

Et bien, écoutez, bienvenue en Europe, nous on prend ! (Rires)

Merci ! (Rires)

En fait je n’avais pas forcément besoin de vivre en Italie pour y être publiée mais c’est vrai que j’y préfère le style de vie.

Satoe Tone SDL 2015 - photo Natacha Parent © Paoru.frMais maintenant que vous avez reçu des prix, que vous êtes une artiste montante et que vous avez réussi en Europe, le Japon se ré-intéresse-t-il à vous et à vos œuvres ?

Après le prix du festival de Bologne, effectivement, ils m’ont recontactée…

Pour vous dire quoi ?

Ils m’ont dit qu’ils adoraient mon travail et qu’ils avaient toujours aimé ce que je faisais…

Comme par hasard dis donc ! Et qu’avez-vous répondu ?

« Merci » et puis j’ai raccroché ! (Rires)

Mais, à plus long terme sans doute, envisagez-vous un jour de publier au Japon ?

Disons que les éditeurs italiens, français et européens d’une manière générale me laissent vraiment beaucoup de liberté donc si j’ai le choix je préférais travailler avec eux.

Et puis… euh…

Hésite et continue, un peu gênée… Il y a aussi le problème des taxes au Japon, les auteurs ont une marge beaucoup plus faible là bas ! (Rire général)

Les rencontres de Bologne et d’ailleurs

Si nous revenons un peu en arrière, quand avez-vous décidé de devenir une illustratrice professionnelle ?

C’est justement à l’âge de 9 ans, quand j’ai abandonné mon rêve de chercheuse sur la banquise, que j’ai décidé d’être illustratrice. A 9 ans c’était vraiment trop dur de dessiner les pingouins en fait ! (Rires)

Et comment se sont déroulés vos débuts ?

C’était il y a 4 ans, à Bologne, où les éditions Valentina m’ont repérée et ont proposé de m’éditer pour mon premier livre, pour l’Italie. C’est d’ailleurs pour cette raison que j’ai choisi de m’installer là bas.

Les responsables de nobi nobi m’ont expliqué que, lorsqu’ils ont vu votre travail au Festival de Bologne en 2014, ils ont eu un coup de cœur. Ils ont alors immédiatement décidé de vous faire signer un contrat pour Le Voyage de Pippo, avec pas mal d’enthousiasme. Comment avez-vous vécu cette rencontre, vous ?

Je me souviens d’eux en costume, avec leur attaché-case : ils m’ont fait penser à de vrais businessmans au départ, je ne comprenais pas ce qu’ils me voulaient car ils ne ressemblaient pas à des éditeurs ! (Rires)

Ensuite j’ai cru qu’ils n’étaient que des éditeurs de manga, donc ça me faisait très plaisir que mon travail les intéresse mais je me disais que la collaboration ne serait pas possible. Puis nous nous sommes re-recontrés à Montreuil et de nouveau à Bologne, ils sont venus avec leur catalogue et j’ai pu constater qu’ils faisaient des mangas mais surtout des livres illustrés et je me suis dit « ah, ouf, ils ne veulent pas faire juste un livre illustré pour moi ». Nous avons pas mal parlé et je les ai trouvés finalement très marrants, très intéressants et c’est pour ça que nous avons fini par travailler ensemble.

Satoe Tone SDL 2015

Satoe TONE sur le stand nobi nobi au SDL 2015

Réfléchit et reprend, avec un peu d’émotion dans la voix… Maintenant nous nous connaissons un peu mieux et j’apprécie vraiment notre aventure, le chemin que l’on a fait ensemble : ils sont en train de se développer et de se faire connaître, tandis que mon travail lui aussi commence à être connu et reconnu. Nous grandissons, côte à côte … Et je trouve que c’est une jolie histoire.

Dans son catalogue de livre illustrée, nobi nobi possède beaucoup de travaux collaboratifs, avec scénariste d’un coté et illustrateur de l’autre. Si vous deviez retravaillez avec eux qu’est-ce vous choisiriez : un travail à deux ou en solo ?

Gênée… Je préférerais continuer toute seule. (Rires)

Ah AAAAH ! Et pourquoi donc ?

En fait j’ai toujours travaillé seule. J’ai besoin d’écrire et de dessiner en même temps, ou disons que tout ça est mélangé dans ma tête quand je créé mes illustrations, ce serait vraiment difficile de séparer les deux ou de m’approprier le scénario de quelqu’un d’autre pour le mélanger à mon imaginaire.

Satoe Tone SDL 2015 - photo Natacha Parent © Paoru.fr

Satoe Tone et ses crayons

Et du coup, un projet en solo est-il prévu avec nobi nobi ?

Hésite… Oui il y a quelque chose en cours, de prévu, mais je ne peux pas encore en parler. C’est TOP SECRET ! (en anglais dans le texte, NDLR)

On suivra ça de très prêt alors, et on vous souhaite bonne chance pour ce prochain ouvrage ! Merci Satoe TONE !

Merci à vous !

Dédicace Satoe TONE bis-2

Dédicace Satoe TONE … Encore des pingouins !

Pour plus d’informations sur le Voyage de Pippo ou Satoe TONE, vous pouvez lire la première interview réalisée sur Journal du Japon (on y évoque la création du livre, sa technique de dessin notamment) mais aussi vous rendre sur le site des éditions nobi nobi. Pour suivre l’actualité de l’éditeur, direction leur page Facebook ou leur compte Twitter !

Remerciements à Satoe TONE pour son temps, sa spontanéité et sa bonne humeur mais aussi à notre interprète du jour, puis à Sarah et tout le staff de nobi nobi pour la mise en place de l’interview.

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2 Commentaires pour “[Itw] Satoe TONE : une artiste envoûtante, entre pingouins et petite grenouille…”

  1. Trit’ a dit :

    Ce serait bien de ne PAS entretenir la confusion entre le PINGOUIN (« auk » en anglais, un alcidé volant de l’hémisphère nord) et le MANCHOT (« penguin » en anglais – d’où la confusion –, un sphéniscidé non volant de l’hémisphère sud) : les deux oiseaux n’ont rien à voir entre eux, ne vivent pas du tout au même endroit à l’état sauvage et ne se ressemblent pas non plus.

    Je suis d’accord pour dire que la langue française est mal fichue quand c’est la seule (à côté de l’anglais et l’espagnol) à ne pas utiliser la même racine étymologique que les autres et la réserver pour une toute autre bestiole, mais voilà : arrêtons de parler de pingouins quand il ne s’agit justement PAS de pingouins !

    Les faux-amis dans les langues étrangères, c’est le mal.

  2. ramza a dit :

    Mais euh du coup, qui est qui du coup ? Je veux dire le corfou sauteur par exemple, alias pen pen et affilié, c’est lequel ?

    Et pourquoi dit-on le pingouin manchot du coup ? Abus de langage ?

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