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Kings of Shôgi : le meurtre du Roi

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Suite de notre dossier shôgi avec la critique du manga qui lui est consacré : Kings Of Shôgi, qui vient de s’achever en France avec son huitième tome, le 16 janvier dernier. Ce seinen est mené par le duo Masaru Katori (scénario) et Jirô Andô (dessin) et il mélange brillamment le shôgi avec un thriller policier des plus haletants où une jeune fille, devenue muette après avoir assisté au meurtre de ses parents, évolue au sein du monde du shôgi, cet homologue japonais du jeu d’échecs.

La série est éditée par Pika en France et l’a été par la Kôdansha au Japon, de 2004 à 2008 dans le magazine mensuel Gekkan Afternoon, qui compte nombre d’excellents titres comme Vinland Saga, Genshiken, Bakuon Retto ou Gunsmith Cats. Kings of Shôgi a enfin eu le droit a une adaptation animée par les studios Deen diffusée au Japon en 2007-2008 et à un jeu vidéo sur Nintendo 3DS en 2010.

Voilà pour les informations de base, passons maintenant à la critique ! Bonne lecture 🙂

Le Roi est mort ! Vive le Roi !

Alors qu’elle n’était encore qu’une enfant de 5 ans, Shion assiste impuissante au meurtre sanglant de ses parents. Malheureusement ce crime reste inexpliqué : Shion a été retrouvée saine et sauve dans la maison familiale, à coté du corps sans vie de ses parents et non loin d’un plateau de shôgi dont une seule une pièce, le Roi, a été retrouvée… Shion, traumatisée, est devenue muette et ne se souviens plus des événements de cette soirée funeste.

Shion enfant Kings of Shogi

7 ans plus tard, le crime est resté irrésolu et le coupable court toujour,s mais Shion a grandi au sein de sa famille adoptive, les voisins de ses parents du nom de Yasuoka, qui prend soin d’elle. Toujours muette, la jeune fille communique par de petites pancartes et tout semble aller pour le mieux. Shion a même appris à jouer au shôgi depuis que son père adoptif, joueur professionnel, a décelé chez elle des dispositions remarquables. La jeune adolescente ne cesse de progresser et, à l’âge de 12  ans, elle est désormais la plus jeune joueuse professionnelle de toute la fédération japonaise. Shion est passionnée par ce sport mais elle sent également que plus l’attend si elle continue d’évoluer dans l’univers du shôgi et qu’elle y trouvera, peut-être, le mystère qui se cache derrière le meurtre de ses parents !

Bien plus que des pions, des personnages !

 Pour tout vous avouer, la lecture du premier tome de Kings of Shôgi m’avait laissé une impression mitigée, assez en deçà des excellents souvenirs d’Hikaru no Go, le titre qui a fait connaître le jeu de Go en France. Shion est une jeune fille courageuse, gentille et effacée, qui manque encore de relief au début de l’histoire. Mais les personnages secondaires qui l’entourent dès le premier volume ne manque pas de charme : le champion japonais de shôgi, Makoto Hani (images ci-dessous) est un personnage entouré de mystère, diablement intelligent… Et très féroce, de plus en plus au fur et à mesure des volumes. Le duo contrarié qu’il forme avec son frère, Satoru, apparait plus tard dans l’histoire et apporte beaucoup d’éléments nouveaux qui donne du corps au scénario qui demeurait jusqu’à alors un peu simpliste.

kings-of-shogi-the-flowers-of-hard-blood-tome-4 Makoto Hani

Le troisième personnage de premier plan est Ayumi Saito (ci-dessous à gauche), une concurrente de Shion qui lui vaut sa première défaite en compétition. Mais, dès le premier volume, Ayumi nous réserve une surprise de taille… Que je vous laisse découvrir ! Toujours est-il que pour devenir pro plus facilement et surtout plus rapidement, Ayumi est prête à tout. Son but est simple : gagner un maximum d’argent ! La raison derrière cette supercherie est noble mais le personnage n’en reste pas moins déterminé et fonceur, ce qui en fait un joueur agressif assez  intéressant dans ce milieu féminin.

Enfin on citera des personnages qui apparaissent moins souvent mais qui sont tout autant réussis : le père adoptif de Shion joue le rôle du papa gâteau qui protège sa fille mais cette chaleur humaine ne l’empêche d’être fort et tout à fait admirable dès qu’il s’agit de shôgi. Tout aussi admirable mais beaucoup moins chaleureux, l’ancien champion du Japon, Osamu Kamizono, surnommé le démon (ci-dessous, à droite) ! Ce joueur acariâtre et vivant reclus est un vieux grincheux très malin qu’on apprécie rapidement. Enfin, le symbole de la justice, l’inspecteur Yokoyama, est déterminé comme personne pour résoudre cette enquête qui le ronge depuis 7 ans.  Il mettra fin à sa carrière en envoyant le meurtrier en prison !

kings-of-shogi-the-flowers-of-hard-blood-tome-7  Osamu

Vous le comprendrez ce sont donc tous ces personnages qui m’ont poussé à continuer ma lecture. Tous sont dévoilés dès le premier tome et quasiment aucun n’apparait par la suite, laissant toute latitude au scénario pour développer leur psychologie et les faire gagner en épaisseur. Un gain de maturité que l’on retrouve dans tous les aspects de ce manga, y compris dans le dessin. Kings of Shôgi est le premier manga de Jirô Andô, (un disciple de Jirô Taniguchi pour ceux que ça intéresse).

Son trait débute maladroitement dans les premiers chapitres MAIS on y décèle déjà quelque chose d’original : le coup de crayon est très fin et le dessinateur en fait un usage intéressant sur le visage de ses personnages – notamment des adultes – lors des moments forts de l’histoire… Il démultiplie les traits pour accentuer les émotions, donnant un résultat buriné qui fait forte impression. Une façon de faire qui se développer durant les 4 années de parution au Japon jusqu’à atteindre la perfection sur les 3 derniers volumes où l’ont fini par hésiter entre 3 coupables et meurtriers potentiels, dont la part sombre est très bien mise en valeur.

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Une mise en scène efficace et un shôgi bien dosé

Comme dans tout manga sportif, les duels sont l’occasion pour les protagonistes de s’exprimer avec passion et le shôgi ne fait pas exception. On y découvre un jeu où la concentration passe avant tout, où il faut calculer le maximum de coup à l’avance afin d’apporter la meilleure réponse en attaque comme en défense. Les duels se situent donc sur le plan psychologique mais on ne s’ennuie pas pour autant, grâce à une très bonne narration, fluide et facile à suivre, et une mise en scène qui dépeint parfaitement l’ambiance des parties. Rien de plus normal puisque la scénariste Masaru Katori, de son vrai nom Naoko Hayashiba, est tout simplement la meilleure joueuse de shôgi de sa génération : elle a remporté la ligue féminine en 1982 et elle a conservé son titre de reine pendant 10 ans !

On retrouve donc l’atmosphère très feutrée mais pourtant très tendue des salles de shôgi où chacun est totalement absorbé par sa partie. Le rythme de l’affrontement accélère petit à petit, au fur et à mesure que chaque joueur épuise la réserve de temps qui lui est imparti. Lorsque chacun n’a plus qu’une quelques minutes voir moins pour chaque coup, c’est un match de boxe qui s’enclenche : chaque adversaire fait claquer ses pièces sur le plateaux et les protagonistes se rendent coup sur coup, jusqu’au KO du roi.

shion-commence-a-jouer Kings of shogi

Enfin, pour ceux qui s’inquiètent de leur manque de connaissance en shôgi pour pouvoir apprécier la série, rassurez-vous. Les parties de shôgi elles-même n’occupent pas tout l’espace et, comme dans Hikaru no Go, la compréhension de la partie en cours n’est pas nécessaire pour saisir les tenants et les aboutissants de l’affrontement. La réaction des autres joueurs qui observent la partie guide parfaitement le lecteur sur le déroulement du match. Pour avoir été un novice total en shôgi à la lecture du tome 1 – hormis quelques notions sur les échecs à l’occidental – j’ai rapidement eu envie d’apprendre les règles de ce jeu et les connaissances de bases m’ont conféré un petit plus appréciable, mais pas essentiel. J’ai même trouvé ça plus abordable à suivre que le jeu de go. Il vous suffit donc d’aller jeter un oeil sur la première partie de notre dossier consacré au shôgi pour en apprendrez largement assez pour débuter la lecture de Kings of Shôgi.

Si on ajoute à ça une édition réussie en 8 volumes, faites de couvertures sympathiques, des bonus sur le jeu du shôgi et enfin d’un grand format qui donne encore plus d’impact à la qualité graphique du titre – le tout pour un prix abordable – on tient donc un vrai plaisir à se faire. Je vous conseille d’acheter et de lire les tomes d’une traite ou au moins par deux ou trois, surtout les derniers tomes, pour conserver la tension qui monte au fur et à mesure de l’histoire… Vous en apprécierez encore mieux la fin !

Shion

Fiche descriptive

kings-of-shogi-the-flowers-of-hard-blood-tome-8Titre : Kings of Shôgi – Shion no Ô
Auteurs : Masaru Katori (scénario) et Jirô Andô (dessin)
Date de parution : 4 mai 2011 – 16 janvier 2013
Éditeurs fr/jp : Pika / Kodansha
Nombre de pages : 192
Prix de vente : 8.05€
Nombre de volumes : 8/8 (Terminé)

Visuels : SHION NO OU © Masaru KATORI and Jirô ANDÔ / Kodansha Ltd.

Plus d’informations sur le site officiel de la série. Retrouvez également notre présentation du jeu de Shôgi lui-même, avec la première partie de notre dossier qui lui est consacré.

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2 Commentaires pour “Kings of Shôgi : le meurtre du Roi”

  1. Bidib a dit :

    Je n’étais pas trop attirée par le graphisme de ce titre, mais cet article m’a fait changer d’avis. Maintenat j’ai bien envie de découvrir cette série. En attendant, je vais aller lire l’article sur le shoji 🙂

  2. Le manga, un véhicule culturel ? Entrevue avec Pika sur le cas Chihayafuru - Journaldujapon a dit :

    […] qui se déroule dans cette série, Pika tire aussi les leçons d’un passé récent, celui de Kings Of Shôgi, un seinen mettant en avant le jeu de plateau du même nom qui a connu accueil plutôt mitigé. […]

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