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Yozakura Quartet : tranche de vie chez les yokaïs

yozakura quartet

Après quelques interviews ces dernières semaines (JE, Ki-oon, Kazé, etc), j’ai enfin trouvé le temps de mettre un peu à jour mes lectures et j’ai donc quelques chroniques sous le coude. On commence aujourd’hui avec l’un des derniers titres des éditions Pika : Yozakura Quartet, de Suzuhito Yasuda, l’illustrateur qui s’est fait connaître grâce à son chara-design sur la série Durarara !!

Le second tome est sorti début février en France et ce shōnen, toujours en cours, compte 11 tomes au Japon, chez la Kodansha. La série est publiée dans le magazine Shōnen Sirius, un mensuel de la maison d’édition nippone. (Plus d’infos en fin d’article, comme d’habitude)

Plongeons-nous sans plus attendre dans le quotidien d’une ville pas vraiment ordinaire… Bonne lecture ;)

Bienvenue dans la ville nouvelle de Sakura !

Afin de venir en aide aux yokaïs souvent persécutés par les humains, certaines personnes ont décidé de planter des cerisiers, seul lien connectant ces êtres immatériaux avec le monde des humains. Ainsi fut créée une ville où humains et yokaïs cohabitent librement : Sakura.

Akina, héritier du pouvoir du clan Hizumi, appartient à une famille chargée d’assurer la protection des habitants et de renvoyer dans leur monde les esprits ayant de mauvaises intentions. Cependant Akina n’est pas encore décidé pour reprendre ce flambeau et se contente d’aider au bon déroulement de la vie dans son quartier, en compagnie de Hime Yarizakura, la lycéenne maire.

Intégrer les yokaïs parmi les humains n’est pas de tout repos, tout comme gérer leurs pouvoirs et les dégâts potentiels qu’ils peuvent engendrer. Akina et Hime doivent également affronter tous les mauvais esprits qui veulent nuire aux habitants et qui menacent le fragile équilibre entre les deux populations. L’aide de Kotoha la lexicologue, d’Ao le yokaï aux oreilles de chat qui lit dans le cœur des gens ou encore du démon Kyōsuke ne seront pas de trop !

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 Suzuhito Yasuda : de l’illustration au manga

Tous ceux qui ont déjà vu Durarara !! le savent : le trait de Suzuhito Yasuda est des plus séduisants. Influencé par les travaux de Range Murata, l’homme se lance comme illustrateur à 19 ans et se fait connaître à partir de 2003 pour ses couvertures de light novels comme Kamisama Kazoku et Durarara !!, qui furent ensuite adaptées en anime. Il a également créé quelques logos pour des compagnies ou des jeux vidéo (Shin Megami Tensei : Devil Survivor entre autres).

Il s’est lancé dans le monde du manga en 2005 avec Pinky : Comic puis a débuté Yozakura Quartet un an plus tard. De son propre aveu (dans les commentaires du tome 2), passer d’illustrateur à mangaka est un exercice des plus difficiles, en raison de l’écriture et gestion d’un scénario mais aussi de la quantité de travail que suggère la création d’une œuvre de A à Z.

Yozakura Quartet tome 2 Yozakura en couverture du Shonen Sirius

Bien qu’il s’agisse de sa seconde œuvre, les deux premiers tomes de Yozakura Quartet sont le reflet des débuts de Yasuda et il existe une vraie différence entre la maîtrise graphique et le manque d’expérience sur la narration.

Le chara-design est d’un excellent niveau, avec des expressions marquées et variées, tantôt pleines de ruses et de malices, tantôt franches et rayonnantes… Avec une préférence pour le sourire qu’il nous sert à toutes les sauces : le rictus sadique, le laaaaarge sourire, le fou-rire, le sourire ironique, le sourire mystérieux, le sourire « tout-va-bien« , etc, etc.

Globalement, Yasuda a donc  un vrai talent pour les portraits et ne s’en prive pas, quitte à déformer les traits pour marquer clairement le sentiment qu’il veut imprimer à son protagoniste. Autre arme : la mise en page et un découpage en bannière de ses cases, pour aligner plusieurs portraits en une seule fois, ce qui apporte du dynamisme et permet de poser clairement une situation, d’un seul regard.

Yozakura Quartet

Seul défaut : les décors sont souvent absents et les arrières plans brillent par leur vacuité. Choisir un style épuré n’excuse pas tout car l’apport de luminosité d’un fond blanc est un bon outil pour peu qu’il soit utilisé avec parcimonie. Mais on rentre dans du détail qui passe globalement inaperçu, le regard étant happé par les personnages qui constituent donc, comme vous l’avez compris, la plus belle réussite de cette nouvelle série.

Mais le visuel ne fait pas tout et un illustrateur, aussi doué qu’il soit, ne peut rien sans un scénario prenant qui donne une valeur ajoutée et une raison de vivre à ses coups de crayon. En ce qui concerne Yozakura Quartet, l’ensemble est pour l’instant bancal, mais n’est pas dénué de potentiel…

 Yozakura Quartet : une bonne ambiance… Et un beau bordel

yozakura-quartet-tome-11Les deux premiers opus nous dévoilent un scénario qui sort très rapidement des sentiers battus du shōnen. La place de héros n’est pas clairement définie et ce rôle est confié, selon les chapitres, à Akina ou Hime. L’idée de base, une ville de yokaïs, pourrait servir de prétexte à une baston généralisée d’esprits belliqueux (façon Kyoko Karasuma) ou à l’affrontement basique humains contre esprits mais là encore, rien n’est clairement établi : le premier tome est orienté vers l’action alors que le second se concentre sur l’aspect social et psychologique du quotidien d’un yokaï chez les humains.

Yasuda mélange les esprits, les fantômes, ou les démons de toutes sortes… On croise même une mort vivante qui officie en livreuse de nouilles. Le tout tourne autour de quelques personnages clés aux pouvoirs assez originaux, avec une mention spéciale à la lexicologue qui peut faire apparaître toutes les choses dont elle prononce le nom. Vraiment toutes.

Les chapitres se suivent sans se ressembler dans un ordre parfois quelconque… Voir même interchangeable comme c’est le cas pour les chapitres du tome 1, dont l’ordre en prépublication a été modifiés pour la parution en tankobon.

Nous sommes donc au beau milieu d’une histoire aussi loufoque que fantastique qui débute sur un modèle de tranche de vie chez les yokaï, sans une chronologie très claire. Le manque de lisibilité du récit n’est pas pour autant rédhibitoire, tant qu’on accepte de rentrer dans l’histoire sans tout comprendre tout de suite.

De plus, quelques pistes de fond sont tracées dans le volume 2 et d’après les confidences de l’auteur et de lecteurs qui sont allés plus loin, le prochain tome est censé amorcer un vrai virage avec une trame de fond plus solide.

Espérons que l’histoire saura tout de même garder une certaine liberté scénaristique et narrative, car cette série a aussi l’avantage de son inconvénient : c’est une histoire aussi naïve que  rafraichissante, absolument pas linéaire et qui remets au goût du jour la lecture d’un manga sans prise de tête.

En un mot, Yozakura Quartet, c’est fun.


YOSAKURA QUARTET Tome 1Titre : Yozakura Quartet / Yozakura Shijuusou
Auteurs : Suzuhito YASUDA
Date de parution : 02 novembre 2011
Éditeurs fr/jp : Pika / Kodansha
Nombre de pages : 208
Prix de vente : 6,95 €
Nombre de volumes : 11 (série en cours)

Lire un extrait de la série : cliquez ici.

Visuels : YOZAKURA QUARTET © Suzuhito YASUDA / Kodansha Ltd.


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4 Commentaires pour “Yozakura Quartet : tranche de vie chez les yokaïs”

  1. Demian a dit :

    Très bonne chronique, tu mets bien en exergue les qualités du titre, mais aussi les quelques faiblesses qui peuvent lui porter préjudice, notamment sur le début.

    Pour moi c’est un titre qui bénéficie d’un gros capital sympathie, de part son ambiance très agréable, mi tranche de vie mi fantastique (basé en plus sur le folklore japonais et les Yokais <3 ), mais aussi comme tu le dit grâce à ses personnages, très frais, tous plus sympa et barrés les uns que les autres, et auxquels on s'attache facilement, avec chacun leurs propres mimiques et expressions.
    (Kotoha est extra <3 et je suis assez fan de Toka et ses "yeux d'alien", mais sur la grosse dizaine de personnages centraux des premiers tomes je pense qu'il y en a pour tous les gouts, avec mention spéciale pour les "dieux" XD )

    Cela dit sur le démarrage on peut clairement reprocher une partie action pas très présente, ni très bien maitrisée, de même que le fait qu'on sait pas très bien où on va, ce qui risque de refroidir pas mal de lecteurs sur ces 2 premiers tomes… Pourtant le titre mérite vraiment qu'on lui laisse sa chance parce qu'il monte ensuite en puissance, gommant petit à petit ses défauts :)

    Julien B

    P.S. Ah et surtout il ne faut pas se baser sur les extraits de Pika, trop court et hors contexte, qui ne rendent vraiment pas justice au manga à mon avis.

  2. Demian a dit :

    Et sinon à l’avant dernier paragraphe : « De plus, quelques pistes de fond commencent sont tracées dans le volume 2″. Un reliquat d’une précédente formulation t’a échappé ;)

  3. ramza a dit :

    Yep c’est corrigé, merchi bien ;)

    En fait c’est vrai que c’est un titre compliqué à vendre. Il faut qu’il y ait ce coup de cœur pour la patte graphique, pour pousser le lecteur a se lancer et à suivre les débuts un peu chaotiques. pour adhérer progressivement au style.

  4. ZGMF Balmung a dit :

    Ça fait plaisir de lire une bonne critique sur YQ !

    Ça fait un bon de temps que je suis le manga (que j’avais découvert alors avec l’animé), j’achetais même la version américaine. J’espère qu’il arrivera à se faire une petite place chez nous. Il y a beaucoup de qualités dans cette série, comme tu dis c’est fun ; les personnages sont bien attachants, c’est à mes yeux le must du titre, et l’auteur a su créer un univers à la fois original, intéressant et un peu décalé sans être totalement farfelu.

    Yozakura reste pour moi un des meilleurs mangas qui existent. : »)

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